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Nicolas Sarkozy a prononcé aujourd'hui (cet article a été publié le 17 juin 2008, ndlr)) un "discours fondateur" (ce sont ses mots) sur la Défense.

Il a annoncé une réforme majeure - et nécessaire à bien des égards - de notre outil militaire.

On retiendra bien sûr l'accent mis, à juste titre, sur les services secrets, le renseignement spatial, la réduction des effectifs et la modernisation des équipements.

On retiendra aussi que le président ne veut pas "assumer" la décision de construire un second porte-avions (décision qu'il ne juge pas urgente, on ne sait pourquoi).

On retiendra enfin son plaidoyer pour l'Otan et l'Europe de la Défense, Nicolas Sarkozy promettant qu'une réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Alliance atlantique ne se fera que "si au préalable il y a un progrès de l'Europe de la Défense"(le président se gardant bien de préciser quel progrès il attend, surtout après le rejet irlandais du traité de Lisbonne qui devait justement être le cadre institutionnel de cette relance.)

Mais il y a un point qui passera peut-être inaperçu et qui me semble pourtant mériter une attention toute particulière.

C'est ce que Nicolas Sarkozy a dit et ce qu'il a sous-entendu concernant l'Iran.

Le chef de l'Etat a, en effet, insisté sur la nécessité de "recentrer" notre présence militaire à l'étranger "sur nos zones d'intérêt stratégique"et, à ce propos, il a mentionné les accords qu'il a passés avec les Émirats Arabes Unis et donc l'ouverture de la base française à Abou Dhabi, située en face des côtes iraniennes.

Et quelques minutes plus tard, il a justement parlé de la République islamique en disant que "la crise iranienne était la première menace qui pèse sur le monde".

En fait, l'Iran est le seul pays étranger (en dehors de l'allié américain) que le chef de l'Etat a mentionné au cours de son discours sur la défense - le seul.

S'agit-il d'une simple gesticulation visant à faire pression sur Téhéran au moment où les leaders iraniens viennent, une nouvelle fois, de refuser une proposition des Six?

Ou est-ce une préparation de l'opinion à d'éventuelles frappes américaines et/ou israéliennes que la France soutiendrait en se chargeant, par exemple, de contrôler une partie du Golfe persique à partir notamment de sa base d'Abou Dhabi?

Vincent Jauvert http://globe.blogs.nouvelobs.com/