Juste une petite contribution au débat actuel sur le traitement de l’information sécuritaire! Non, aucun avis, ni point de vue. Juste quelques pistes. Commençons par l’information tout court, avant d’entamer ses dérivés. Il est clair que «le droit à l’information» et «le devoir d’informer» sont, en ce troisième millénaire, admis et reconnus universellement. Tous les citoyens ont droit à l’information. Entendez: toute l’information. Sans censure.
En face, les journalistes ont l’obligation d’informer les citoyens. Sans aucune restriction. Jusque-là, tout est parfait dans le meilleur des mondes. Mais qu’en est-il dans notre monde qui, lui, n’est pas parfait? C’est bien l’Occident qui a «drapé» (pour ne pas dire «menotté») notre monde de ces généreux concepts. Les droits de l’homme, la liberté d’expression, c’est lui, n’est-ce pas? Un Occident qui veille à l’application de ses «lois». Gare à celui ou ceux qui les bafouent ou simplement, s’en éloignent! Tous pays confondus. Les riches et les pauvres. Tout le monde sait tout cela. Les journalistes plus que les autres.
Mais là où cela devient plus difficile à comprendre, c’est lorsqu’on constate que ces «lois» sont bafouées en toute impunité en Occident même ou que les chantres de ces «lois» s’en éloignent sans états d’âme. Des exemples? Allez, on fait un choix arbitraire d’exemples car ces lignes ne suffiraient pas, tant il y en a.
Quelle différence peut-il y avoir entre un Salman Rushdie et un Roger Garaudy? Par leurs écrits, le premier s’est attaqué à la religion, à l’Islam, tandis que le second dénonce une doctrine, le sionisme.
Quelle différence peut-il y avoir entre l’auteur des caricatures «danoises» et le dessinateur français Siné? Le premier s’est attaqué à la religion, à l’Islam, tandis que le second dénonce la mainmise sioniste sur la France.
Quelle différence peut-il y avoir entre le sort des Tibétains et celui des Palestiniens? Pour les premiers, l’ONG «Reporters sans frontières» dénonce la Chine mais personne -ou très peu- pour témoigner du crime contre l’humanité qui se déroule à Ghaza.
Trois exemples sur mille pour dire comment l’Occident conçoit l’information chez lui. La version qu’il exporte est complètement différente de celle qu’il consomme.
Cela dit, la manipulation de l’information ne date pas d’aujourd’hui. Et quand on ne dit pas «information» seulement, mais en reprenant à son compte la précision «information sécuritaire», tout est dit. En matière de sécurité, l’information a toujours été et est toujours une arme de guerre. Qui ne se souvient de Goebbels? C’était juste une petite contribution!

Zouhir MEBARKI sur http://www.lexpressiondz.com