samedi 15 novembre 2008
Dissoudre le PCF - 2
Aprés "dissoudre le PCF" (article http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/10/23/11064846.html).
Pourquoi le maintien d'un Parti Communiste Français stricto-sensu ne me paraît ni possible ni souhaitable.
Voici, abruptement dit, pourquoi:
1/- Les PC, et le PC français plus que d'autres, nés avec, pour et par l'URSS ne peuvent biologiquement lui survivre. Mais l'agonie peut durer.
2/- Le PCF, pour cause entre autres d'électoralisme, n'est plus que faiblement porteur du radicalisme de l'hypothèse communiste.
3/- Les progrès de la révolution technologique et de l'éducation rendent caduque la conception du parti "sûr de lui et dominateur", extérieur à la classe, exigeant d'abord de la discipline puis, par défaut, de l'obéissance.
4/- Le PCF a intégré une culture du développement économique incompatible avec un socialisme autogestionnaire: croissance à tout prix, nucléaire civil et militaire, Europe,...
5/- Pas de vision planétaire, pas de politique internationale (Afrique, pays arabes, Tiers-Monde - on dit aujourd'hui "pays émergents"...).
6/- Cause et conséquence des points 1 à 5: abandon du marxisme vivant, absence de théorie révolutionnaire et de projet d'avenir cohérent.
7/- Déperdition irrémédiable de ses forces vives, ouvrières et intellectuelles. Car les points 2 à 6 sont acceptables pour un parti conservateur ou bassement réformiste mais mortels pour un parti à prétention révolutionnaire.
Donc, communistes oui, mais nous passons à autre chose. Une autre façon de voir, de projeter, d'organiser. J'aimerais entendre cela dans les semaines qui viennent avant le Congrès du PCF. Je parle de rassemblement pour le socialisme, d'autres de front populaire. L'idée est là sous le manteau des mots. Les révolutionnaires en sont-ils s'ils sont incapables de se révolutionner eux-mêmes ?
(Texte publié sur le forum http://sanseprendrelechou.forumactif.com/)
Commentaires
Dissoudre le PCF
La liste des griefs qu'on put avoir contre cet appareil français qui se réclame du communisme est longue, surtout pour les peuples anciennement colonisés. En passant par le "camarade" Thorez qui affirmait que "L'Algérie est une nation en voie de formation" jusqu'à la fumisterie idéologique du même appareil qui répétait que le bonheur résidait dans l'identification de la classe ouvrière algérienne (qui, à l'époque, n'existait même pas !)à sa soeur française était la solution, le PCF reste pétri de la culture judéo-chrétienne, voire raciste. Mais je suis contre la dissolution inutile du PCF, car ce dernier n'existe virtuellement plus. Plus depuis qu'il s'est accommodé du capitaliste. Ce n'est plus qu'un parti atteint de ménopause politique jaloux du P.S. qui, lui, s'est au moins déclaré ouvertement social-démocrate, c'est-à-dire la version soft du capitalisme.
Salutations militantes
Oui pour refonder la gauche anticapitalise française
Pour ajouter de l'eau à ton moulin,
Si je dis "je suis socialiste", l'immense majorité de la population en déduira que je suis un fan de Ségolène Royal et trouve François Bayrou très sympathique.
Combien en déduiront que je rêve d'une société sans classe, sens marxiste de ce mot ? Bien peu.
Il en va de même si je dis "je suis communiste". L'immense majorité de la population donnera à ce mot le sens qu'il a acquis depuis les années 30 jusqu'aux années 90, d'un parti qui s'est lié au stalinisme et ne s'en est défait qu'avec une peine immense.
Combien feront réference au sens marxiste de ce terme, en excluant tout ceux qui ont pris ce nom pour référence, de Lenine à Castro en passant par Staline, Mao et Pol Pot.
Je parais ne m'attacher qu'au nom, mais parcequ'il est symboliquement fondamental. En nous attachant au sens d'un mot tel qu'il a été définit pendant 150 ans, en refusant de voir que ce mot a changé de sens pendant les 80 dernières années, nous attachons aussi notre idéologie à des définitions d'il y'a 150 ans, et nous ne les laissons évoluer que très difficilement.
La lutte des classes est différente à chaque époque, et les rapports entre capital et travail ne saurait être les mêmes dans le monde globalisé de la finance du XXIème siècle et dans le capitlisme bourgeois du XIXème siècle.
Il y'a urgence à rebâtir un parti anticapitliste sur des bases neuves, à inventer le "socialisme du XXIème siècle" qui s'élabore en Amérique du Sud.
Marx et l'histoire du PCF peuvent être des pierres fondatrices -parmis d'autres- mais sur ces fondations, il faut bâtir un parti du XXIème siècle et non pas un parti nostaliguqe de la fin du XIXème siècle.
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