Les partis dits de « gauche » ne sont pour rien dans la crise mondiale que traverse le capitalisme et que Lénine a prévue en prophétisant que « le capitalisme contient les propres germes de sa destruction ». Seulement, il n'avait pas  prévu que cela se passerait à une si longue échéance. La crise que vit le capitalisme est donc une crise structurelle, mais aussi culturelle dans la mesure où elle démontre une crise idéologique profonde. Cela ne veut pas signifier la fin du capitalisme, loin de là, car la social-démocratie, après avoir trahi les travailleurs, est …et guette le moment de se placer durablement comme idéologie de remplacement, remplacement du capitalisme par le capitalisme. Les travailleurs doivent démasquer la social-démocratie sous quelque apparence qu'elle se présente. Nous savons déjà qu'elle  dirige les Partis Socialistes, en dehors des partis socialistes sud-Américains qui, eux, ont une base marxiste. Mais le combat de la social-démocratie contre l'ultralibéralisme est une querelle d'une famille se disputant la sueur, et parfois le sang, des travailleurs. La gauche classique, c'est-à-dire la social-démocratie qui s'est démasquée comme étant le pompier du capitalisme, n'est pas une alternative mais un substitut de ce même capitalisme. La situation quasi insurrectionnelle de la Grèce démontre que le capitalisme n'est pas invincible, d'une part,  et le contexte actuelle de crise financière, crise du capitalisme, d'autre part, offre  une opportunité irremplaçable pour les travailleurs et les syndicats radicaux d'entreprendre la construction de ce qui semble être une utopie, mais qui est pourtant là, à portée de main : un front des travailleurs.

Ce front ne se contentera plus de faire du trade-unionisme et de « défendre les acquis ». Il doit partir à la conquête d'autres acquis dont l'autogestion n'est pas le moindre. L'autogestion est une étape qualitative de la lutte des classes.

Les travailleurs doivent se fixer comme premier objectif la renationalisation des entreprises privatisées, puis de les transformer en coopératives.

Par ailleurs, l'Europe des travailleurs doit saisir la main tendue par les pays sud-américains membres de L'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) qui  se sont affranchis de la tutelle étatsunienne pour faire une jonction révolutionnaire féconde. L'Europe a besoin du potentiel révolutionnaire des pays membres de l'ALBA comme ces derniers ont besoin, pour développer leurs programmes sociaux, en matière de Santé et d'Education  notamment, de l'Europe. Il existe un fort lien dialectique entre le développement des relations avec les pays membres de l'ALBA et le rejet de la domination US.

                                                                                                                                       Djamal Benmerad

                                                                                                                          http://euromed.skyblog.com