C'est avec beaucoup de retenue, après des tergiversations, que je me vois obligé de reconnaïtre que le Christ, fils supposé de Dieu, mais aussi mythe de l'écriture, était aussi croustillament barjot que Don Quichotte de la Manche ! Don Quichotte était certes sublime, mais le Christ rayonnait. Mais autour de ce dernier étaient les apôtres, qui étendaient des descentes de lit pour ses idées, tandis que l'auréole de Don Quichotte était grignotée par le scepticisme de Sancho Pança, et les relations picaresques que Cervantès faisait de ses épopées. Les Evangélistes, eux, prenaient tout pour argent comptant, pour manne transcendante. On ne saura peut-être jamais, lequel de Don Quichotte ou du Christ, était le plus parano ? Le dernier faisait dans le miracle: on s'extasiait. Le premier tentait aussi des prouesses, mais à l'inverse de Jésus, un perroquet moqueur tournait ses actes en dérision. Une générosité se trouvait sublimée, l'autre dégénérait.

Chacun de nous peut, entre autre dans le sein de la religion se proclamer part du Christ, personne en dépit de la fascination qu'il exerce sur nous ne se sent sincèrement part de Don Quichotte ! Peut-être parce qu'il n'y a pas de papauté ni d'église cervantesque ? Il n'aurait peut-être pas fallu se moquer du chevalier ?

Pierre Alix Dialogues 53