Une chose - légitime - est de poser la question de "l'opportunité" stratégique que peut présenter pour les USA le séisme dont Haïti a été victime, une autre chose - contestable - est d'imputer à une nouvelle arme "sismique" américaine la responsabilité de ce drame. Allusion est ainsi faite au programme HAARP. Voici le résumé d'un rapport du GRIP au sujet de ces recherches bien réelles aux dangers aussi bien réels mais dont il est cependant et pour l'instant sans fondement de les prétendre à l'origine de cette catastrophe. On lira ce rapport dans son intégralité à l'adresse http://www.grip.org/pub/rapports/rg98-5_haarp.pdf


Le Programme HAARP, science ou désastre ?

 

(Résumé)

Sur un site du département américain de la défense (DoD) à Gakona, en Alaska, l'U.S. Air Force
et U.S. Navy ont entrepris, en 1993, de faire construire une station de recherche sur les propriétés de
l'ionosphère d'une puissance jusqu'ici inégalée: c'est le programme HAARP, High Frequency Active
Auroral Research Program.
Pure recherche scientifique affirment les militaires; étape supplémentaire et risquée dans les
tentatives militaires de manipuler l'environnement à des fins hostiles, rétorquent quelques scientifiques
et des organisations écologistes ou pacifistes.
A première lecture, rien ne distingue pourtant HAARP des installations de recherches ionosphériques
déjà en fonctionnement. Sauf le gigantisme des puissances évoquées, et le contrôle exclusivement
militaire du projet. D'où les inquiétudes et la perplexité qu'il suscite, amplifiées encore par la
langue de bois, ou les silences, des autorités militaires. HAARP n'est-il que la partie émergée de nouveaux
projets militaires, préludes à une nouvelle course aux armements? HAARP risque-t-il de provoquer
des dommages irréversibles ou majeurs à l'environnement? Ou bien n'y a-t-il vraiment aucune
raison de s'inquiéter?
Les modifications de la biosphère à des fins militaires, ou à d'autres fins hostiles, sont interdites
par une Convention de 1977, dite la Convention ENMOD. Pourtant, le concept de Environmental
Warfare fait bien partie du langage et des manuels militaires. Depuis le début des années 90 cependant,
alors que se développe aux Etats-Unis une Revolution in Military Affairs (RMA) sensée adapter
les forces armées à leurs missions du 21ème siècle, les références aux techniques de modifications environnementales
se multiplient.
Ces nouvelles missions, ou Future Warfare, reposent sur une domination dans l'air et dans l'espace,
et nécessitent une maîtrise optimale de l'information, de l'environnement et des moyens de
communication, ainsi que de nouvelles classes d'armes à énergie dirigée. Vue sous cet angle, une intensification
des recherches militaires sur les propriétés ionosphériques et les ondes électromagnétiques
n'a rien de surprenant.
Il n'en fallait pas davantage pour propulser le Programme HAARP au coeur d'une controverse,
qui finit par franchir l'Atlantique. Ce travail propose d'en faire le point.
La première partie rappellera certaines notions élémentaires de physique et de chimie de l'atmosphère.
Ces rappels fondamentaux permettront de mieux comprendre ce qu'est l'ionosphère et l'importance
qu'elle revêt, notamment pour les opérations militaires. La deuxième partie s'intéressera au
concept et aux définitions de l'Environmental Warfare ainsi qu'aux règles de droit international qui s'y
appliquent. La troisième partie s'intéressera au Programme HAARP proprement dit: la description du
programme, la procédure d'impact sur l'environnement, son inscription dans un contexte historique et
militaire, et la confrontation des points de vue à son égard.
HAARP est un programme scientifique. Aux mains des puissants, il peut cependant conduire au
progrès comme à l'oppression et au désastre. Sans préjuger des intentions finales des Etats-Unis, et
reconnaissant que ce travail émet plusieurs hypothèses, et relaye certaines spéculations, il s'avère fondé
d'affirmer que le programme HAARP, en synergie avec d'autres programmes militaires, peut
conduire à des déséquilibres dangereux pour l'environnement et les populations