Le printemps arabe

Yves Montenay

Depuis 2 ans, les Occidentaux vont de surprise en surprise face à l'évolution des pays arabes. Cela montre tout simplement que nous ignorions les évolutions structurelles expliquant ces péripéties.

En effet, depuis plus d'un siècle, les Occidentaux vivant dans les pays arabes n'étaient pas en contact avec une population représentative de la majorité locale, qui était pieuse, rurale et peu visible, tandis que que des raisons tant psychologiques que démographiques ont dressé ces populations contre l'Occident et expliquent la dérive salafiste.

Les raisons psychologiques sont plus générales que la simple répercussion de la colonisation. Elles viennent de l'attitude vis-à-vis de la « modernité » assimilée à la supériorité occidentale, qui a continué à se manifester après les indépendances, notamment via l'alliance americano-israélienne, particulièrement humiliante et nuisible à l'image de l'Occident .

Cette modernité étant largement teintée de laïcité a été rejetée par les masses, tandis que la partie des élites qui l'avaient plus ou moins adoptée a certes pris le pouvoir dans certains pays musulmans  (Turquie, Iran, Tunisie) mais pour le perdre plus ou moins ensuite, tandis que d'autres pays (Algérie, Égypte, Syrie) n'en retenaient que la partie marxiste.

Par ailleurs  l'explosion démographique a joué un rôle important, puisque les masses restées à l'écart de l'évolution sont devenues très importantes, ont envahi les villes et ont pesé politiquement et culturellement. "L'hiver"est une conséquence logique de cette évolution.

Mais comme le printemps s' explique également par des raisons profondes, notamment elles aussi démographiques, mais plus récentes, l'évolution démocratique est loin d' être enterrée. Et l'Occident a un rôle à jouer pour la défendre.

 

Tout cela est développé et argumenté sur :

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/afrique/221158331/printemps-arabe-hiver-et-loccident

(article proposé par Luc Collès)