En retournant aux propos de Valls évoquant les racines sociales du terrorisme sur le territoire français, où le premier ministre parle d’un « apartheid territorial, social et ethnique en France », nous ne pouvons, vu les hautes fonctions du locuteur, ne pas y voir au prime abord, un aveu d’inanité gouvernementale par impouvoir des dirigeants, en même temps qu’une finesse démagogique…

Est-ce pour se faire sympathique que Valls, chef de gouvernement, nous répète par l’image connotative du mot apartheid, l’indécence honteuse de l’injustice socio-économique sévissant en France? Ce qui, d’ailleurs, est l’apanage bien plus d’un pays mais d’un ordre du monde, d’un mode économique d’un système idéologique. Comme je l’ai toujours clamé, la dictature autocratique propre au monarchisme du passé dont elle fut caractéristique, a évolué vers celle de l’oligarchie économique. C’est sur fond de radotages médiatiques et de menteries politiques que se façonnent les servitudes contemporaines où à peu près tous soumettent leur être et leur vie aux diktats de quelques-uns. Alors pourquoi cette annonce sans révélation mais de type histrionique d’un premier ministre?  

Nous savons tous et n’avons jamais cessé de dénoncer avec force d’élaboration et d’indication que nos pays d’immigration sont des prisons à ciel ouvert pour plusieurs avec une ghettoïsation dissimulée par les manières, ghettoïsation inhérente au racisme inavoué et aggravé par les structures de la société capitaliste où les puissants cossus peuvent donner libre cours à leur morgue immonde de racistes au détriment de ceux qui n’ont pas l’origine idoine… Ce, avec la complicité infâme des politicards des gouvernements. Un dirigeant d’État, pardon, fait partie du mal en tant qu’il orchestre la politique qui structure, administre et oriente l’économique et le social… D’où, je me demande quand un politicien parle des discriminations sociales sues de tous, même du plus modeste des citoyens sincères, si ce n’est pas une tentative d’ablutions verbales autonettoyantes sans nul ménage systémique! Quand les prédateurs idéologiques s’accusent et reconnaissent leur mal en parole, ne serait-ce pas pour ne rien changer des structures de l’ordre socio-économique dont ils sont les esclaves cossus!? À travers Valls, c’est en fait l’inutilité du pouvoir gouvernemental qui sest exprimée en émouvant l’opinion publique, surtout les plus simples, les moins informés, grâce à la déclaration de fausse bonne foi du p.m. Car la vérité de la bonne foi politique ne saurait se passer du devoir d’action de l’homme politique au pouvoir contre tout système d’injustice sociale devant la condition de reclus de la misère sociale que génère un mode socio-économique et son attirail idéologique ploutocratique. Nous savons tous que la condition de souffrance des moins nantis, voire d’une bonne part des classes moyennes défavorisées, tout comme les discriminations contre les non originaires de souche, ne sont pas des faits accomplis involontaires, fatalement suprahumains ou suprasystémiques mais des conséquences des politiques appliquées et des choix et suggestions idéologiques dans la société…   

De toute façon, on ne lave pas une salissure, on la jette aux poubelles, précisément en purifiant ce quelle infecte, qui lui, peut et doit être lavé. 

Pour synthétiser nos dires, nous affirmons que Valls nous aura donc fait un pathétique aveu de sa propre inanité fonctionnelle, ce, avec une grande finesse démagogique, pour se dispenser d’entreprendre le moindre renversement systémique vraiment correcteur. Car tant que quelques bouffis capitalistes auront le pouvoir de facto de décider du sort économique de tous, l’État sans pouvoir propre que séquestrent les oligarques, ne pourra qu’engendrer des ghettos. Toutefois, en brisant la langue de bois protocolaire, Valls aura quand même osé briser ce qui tient lieu d’omerta inviolable de principe inamovible parmi des premiers ministres d’autres pays pluriethniques et multiculturels qui pratiquent sciemment de l’apartheid social, économique, ethnique tout en faisant exhibition d’individus cooptés, issus de leurs minorités nationales pour berner l’opinion et se donner bonne conscience étant bien perçus, eux, les dirigeants et leur système étatique.

En guise d’une vraie discursivité qui établirait les causes systémiques et viserait à rejeter et remplacer le mode socioéconomique en cours soit provoquant soit exacerbant tous les maux,  Valls s’est lâchement rabattu sur le mirage de démocratie d’un ordre oppressif dont il sait les tares incorrigibles.  

Reconnaître que le système va mal sans oser l’expédier pour en adopter un autre, alors qu’on est au pouvoir, constitue une trahison du peuple par lâcheté et soumission aux oligarques qui séquestrent l’État. 

Camille Loty Malebranche