Comme le président François Hollande - victime d'un récurrent contresens érigé en art du déni de dette par la France débitrice dès qu'il s'agit de rendre pécuniairement les 17 milliards d'euros correspondant au montant pris arbitrairement à Haïti au 19ème siècle pour indemniser ses colons - a semblé confondre lors de sa visite en Haïti les lemmes Réparer et Restituer, nous tenons à préciser pour le chef de l'État français, ce qui suit sur les deux termes concernés, à savoir: réparer et restituer.

 

1) Réparer

 

La véritable réparation n'existe logiquement qu'en cas de préjudice matériel ou de la perte de certaines positions sociales subis par la faute d'un individu ou d'un système. Réparer, c'est réhabiliter la jouissance légitime et légale d'un un objet ou d'une situation sociale d'autrui que l'on a empêchée soit en lui consentant une somme convenable pour remplacer ledit bien, soit en lui rendant le bien multiplié ou la place sociale qui lui revient et dont il fut injustement écarté, indignement privé par une personne morale ou physique (un individu, la société, l'État, la commune, une compagnie...).

Nous devons rappeler que réparer, quand il s'agit de reconnaître des torts causés à autrui, tient toujours d'une forme de dédommagement. Par exemple, un enfant dont le père est tué par un chauffard brûlant le feu rouge, recevra un dédommagement qui ne répare rien, parce que ne ramenant pas vivant à l'enfant son père mort! Là, il est simplement question du minimum de justice et de reconnaissance de droit assumé comme dette à la victime du préjudice causé par l'acte criminel irresponsable dudit chauffard coupable de l'accident. Pas plus que l'on ne répare les années perdues par un accusé emprisonné pour un crime qu'il n'a pas commis. Ce qu'on lui verse pour le dédommager après reconnaissance tardive d'innocence, ne sera qu'une manière pour la société de s'excuser et de lui faire sentir qu'il y a de la justice parmi les hommes, que l'on ne vit pas parmi d'horribles monstres qui crient justice et démocratie mais foulent au pied tout principe d'équité. Là, ce que l'on versera au prisonnier innocenté, sans réparer le temps de vie perdu en prison, atténuera ses douleurs par réhabilitation de son nom tout en l'aidant à avoir une vie pécuniairement acceptable à sa sortie de prison. 

 

2) Restituer

 

Restituer, c'est rendre un bien volé ou ravi par des voies arbitraires.

On ne répare que les dommages ayant trait à l'avoir, on ne saurait réparer ce qui touche à l'être. On ne peut réparer des sévices physiques, des morts provoquées, des années détruites, quand on se reconnaît coupable de tels préjudices contre autrui, l'on dédommage les victimes de ces souffrances, ces injustices causées pour s'acquitter de la part possible de justice en ces occurrences. Par contre, la restitution comme reconnaissance-honoration de dette, intervient dans le contexte d'une expropriation arbitraire, d'un vol, il s'agit en toute justice et simplicité de rendre l'argent ou le bien ravi ou volé à son propriétaire.

Sachant que si la France devait dédommager en toute justice les victimes de son colonialo-esclavagisme - sans doute le plus barbare, le plus rétrograde, le plus inhumain de l'histoire - elle serait rendue un pays du tiers-monde, nous ne lui demandons aucun dédommagement pour ses crimes et génocides esclavagistes, non, pour l'heure, ce que nous voulons recevoir, en restitution, ce sont les 17 milliards de dollars pris à Haïti par l'État voyou français du 19ème siècle; cas spécifique pour un pays vainqueur des armées napoléoniennes que la France a pillé grâce à la mollesse permissive de Pétion, notre Pétain tropical, un peu comme les torts subis par les juifs de France à cause de Pétain, ex héros devenu sinistre collabo de Vichy... 

 Nous demandons restitution à la prestigieuse France, pour sa propre dignité, pour que ces intervenants sur tv5, dont Fabius, qui parlent d'art de vivre à la française en faisant ostentation de civilisation face au monde appelé à redécouvrir le raffinement français contre le "french bashing", mais aussi pour la démocratie que la France prétend promouvoir fut-ce par guerres et interventions. Cette restitution montrera au monde le sérieux du statut de défenseur des droits de l'homme de l'État français car la démocratie, c'est aussi en substance, le respect et la promotion des droits économiques des peuples, c'est, par des gestes dignes, enrayer de son propre passé, les ignominies criminelles en restituant ce qui fut pris crapuleusement et criminellement dans le but de détruire et d'appauvrir par haine raciale et aigreur raciste, un petit pays dont la seule faute est d'avoir forcé, précipité l'abolition de l'esclavage tout en montrant à l'humanité occidentale que le colonialo-esclavagisme est un crime qui jette hors de l'humanité, bien avant l'esclave, les civilisés racistes qui l'ont instauré comme trait marquant de leur prétendue civilisation.  

 

 CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
et son remarquable blog http://intellection.over-blog.com/