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Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'une conversion est pour l'individu: changer le but et le sens de la vie. Roger Garaudy, 1979
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Amériques

02 février 2012

American way of life

...

#1 48% des américains sont considérés comme ayant de « faibles revenus » ou vivant dans la pauvreté.

#2 Approximativement 57% des enfants des USA vivent dans des foyers à « faible revenus » ou sous le seuil de pauvreté.

#3 Si le nombre d’américains « ayant ou désirant un emploi » étaient aujourd’hui le même qu’en 2007, le taux de chômage officiel selon le gouvernement serait de 11%.

...

#6 Il y a aujourd’hui moins d’emplois salariés aux USA qu’en 2000, alors que la population a augmenté de 30 millions de personnes.

#7 Depuis Décembre 2007, le revenu médian aux USA a diminué de 6,8% compte tenu de l’inflation.

#8 Selon le « Bureau of Labor Statistics », 16.6 millions d’américains étaient des travailleurs indépendants en Décembre 2006. Aujourd’hui leur nombre a chuté à 14.5 millions.

#9 Un sondage effectué cette année a montré qu’environ 20% des américains ayant un emploi se considèrent comme sous-employés.

#10 Selon Paul Osterman, environ 20% des adultes travaillent pour une rémunération au niveau du seuil de pauvreté.

#11 En 1980, moins de 30% des emplois aux USA étaient à bas salaires. Aujourd’hui, plus de 40% des emplois sont à bas salaires.

#12 En 1969, 95% des hommes entre 25 et 54 ans avaient un emploi. En Juillet 2011, seulement 81.2% des hommes de cette tranche d’âge avaient un emploi.

#13 Une étude récente a montré que 1 américain sur 3 serait incapable de payer la mensualité de son emprunt immobilier ou le loyer du mois prochain s’il perdait soudainement son emploi.

...

#22 La construction d’habitations neuves aux USA est sur le point d’atteindre son plus bas niveau  historique.

#23 19% des américains de 25 à 34 ans vivent chez leurs parents.

#24 Les factures d’électricité aux USA ont augmenté plus vite que le taux de l’inflation pendant 5 années consécutives.

#25 Selon le Bureau of Economic Analysis, les dépenses de santé comptaient pour 9,5% du total des dépenses personnelles en 1980. Aujourd’hui elles comptent pour environ 16,3%.

#26 Une étude a montré qu’approximativement 41% des actifs avaient des problèmes à payer leurs factures de santé ou ont actuellement un emprunt pour y faire face.

#27 1 américain sur 7 possède au moins 10 cartes de crédit

...

#30 La crise des retraites aux USA continue à empirer. Selon le Employee Benefit Research Institute, 46% des actifs ont moins de 10 000$ d’épargne pour leur retraite, et 29% des actifs ont moins de 1000$ d’épargne retraite.

#31 Aujourd’hui, 1 personne âgée sur 6 vit sous le seuil de pauvreté.

#32 Selon une étude qui vient de paraître, les revenus des PDG des plus grosses entreprises américaines ont augmenté de 36,5% sur les 12 derniers mois.

#33 Aujourd’hui, les banques « too big to fail » (trop grosses pour faire faillite) sont plus grandes que jamais. Le total des actifs des 6 plus grandes banques américaines a progressé de 39% entre le 30 septembre 2006 et le 30 septembre 2011.

#34 Les six héritiers du fondateur de Wall-Mart, Sam Walton, ont un capital net presque équivalent à celui des 30% des américains les plus pauvres.

#35 Selon une analyse des données du Census Bureau, faite par le Pew Research Center, le capital médian des ménages de plus de 65 ans est 47 fois plus important que le capital médian des ménages de moins de 35 ans.

#36 37% des ménages américains de moins de 35 ans ont un capital de 0$ ou moins.

#37 Le pourcentage d’américains vivant dans l’extrême pauvreté (6.7%) a atteint un nouveau record.

#38 Le nombre d’enfants sans-abris aux États-Unis est désormais 33% plus élevé que ce qu’il était en 2007.

#39 Depuis 2007, le nombre d’enfants vivant dans la pauvreté a augmenté de 30% dans l’État de Californie.

#40 Tristement, la pauvreté infantile a littéralement explosé partout aux États-Unis. Selon le « National Center for Children in Poverty », 36.4% des enfants vivants à Philadelphie vivent dans la pauvreté, 40,1% à Atlanta, 52,6% à Cleveland et 53,6% à Detroit.

#41 Aujourd’hui 1 américain sur 7, et 1 enfant sur 4, dépend de l’aide alimentaire.

#42 En 1980, les prestations sociales représentaient 11,7% des revenus. Aujourd’hui elles représentent plus de 18% des revenus

#43 48,5% des américains reçoivent des aides du gouvernement. En 1983, seulement 30% en bénéficiaient.

#44  Actuellement, les dépenses du gouvernement fédéral représentent 24% du PIB. En 2001, elles représentaient seulement 18%.

...

#47 Le gouvernement des Etats-Unis a accumulé une dette totale de 15 000 milliards de dollars. Quand Barack Obama est devenu président, la dette nationale était de 10 600 milliards de dollars.

#48 Si le gouvernement fédéral commençait à l’instant même à rembourser la dette nationale au rythme de 1$ par seconde, il faudrait 440 000 ans pour effacer la dette.

#49 La dette nationale a progressé en moyenne de 4 milliards de dollars par jour depuis le début de l’administration Obama.

#50 Pendant la présidence de Barack Obama, le gouvernement américain a plus augmenté la dette que pendant la période allant de l’investiture de George Washington à celle de Bill Clinton.

...

Source : The Economic Collapse


 

Voir l'intégralité de l'article: http://www.les-crises.fr/50-chiffres-incroyables-usa/

Posté par Alaindependant à 23:13 - Amériques - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : capitalisme, usa


17 décembre 2011

Pour rompre le blocus ?

Benoît XVI confirme sa visite à
Cuba et au Mexique

embargo_cartoon_Neubecker_Cuba(Dessin sur le blogue d'Eva)

ROME, 12 décembre.— Le pape Benoît XVI a confirmé aujourd’hui au Vatican qu’il se rendra l’année prochaine au Mexique et à Cuba.

Pendant une messe en hommage à la Vierge de Guadeloupe, patronne de Cuba, le souverain pontife a annoncé que son voyage aura lieu avant la Semaine Sainte, qui débute le 1er avril.

« J’ai l’intention d’entreprendre un voyage apostolique avant la Semaine Sainte au Mexique et à Cuba », a-t-il indiqué.

Dans l’homélie célébrée ce lundi, après avoir annoncé le voyage, le Pape a déclaré : «  Alors que dans de divers lieux de l’Amérique latine on commémore le Bicentenaire de l’indépendance, le chemin de l’intégration dans ce continent bien aimé avance, en même temps que l’on remarque son rôle de protagoniste émergent dans le concert des nations ».

Benoît XVI confirme ainsi l’annonce faite en novembre dernier par le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, sur son voyage dans ces pays au printemps 2012.

Ce sera son second voyage en Amérique latine. En 2007, il s’était rendu au Brésil pour présider la 5e Conférence générale de l’Épiscopat latino-américain.

Ont participé à la messe des cardinaux et des évêques d’Amérique latine, notamment le cardinal cubain Jaime Ortega, ainsi que le corps diplomatique accrédité auprès du Saint Siège, et des milliers de fidèles latino-américains résidant en Italie et d’autres pays européens. (PL)

[Dépêche sur le site de Granma]

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13 septembre 2011

Un autre 11 septembre

Une amie du blogue me fait passer:

Bonjour à tous,

Je me souviens du 11 septembre, quand nous avons appris que les avions survolaient la ville et bombardaient le palais présidentiel, quand nous avons appris la prise de la Moneda par les putschistes formés et financés par les États-Unis. Je me souviens de la mort du président Allende démocratiquement élu et je me souviens aussi de la litanie des exécutions sommaires, des tortures et des disparitions organisées.

C'était à Santiago du Chili, le 11 septembre 1973.

Je m'en souviens bien.
Mais tout cela n'a pas d'importance, c'est l'autre 11 septembre que l'oligarchie médiatique occidentale vend à grands renforts de frissons simulés et d'émotions calculées.


Buenos dias

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08 septembre 2011

Mexique: la théologie de la libération dérange (encore)

Raul Vera convoqué au Vatican! ou quand la théologie de la libération dérange

 L’Evêque Mexicain Raul Vera, fidèle collaborateur de Monseigneur Samuel Ruiz, adeptes tous deux de la théologie de la libération, a été convoqué au Vatican pour rendre des comptes sur son engagement militant hors des sentiers battus du Vatican.
 En 1995 il fut nommé évêque au Chiapas au côté de Mgr Samuel Ruiz, officieusement pour surveiller ce dernier qui était surnommé «  l’évêque Rouge », ou « Commandant Samuel » tant son action dans l’évêché de San Cristobal, inspirée en 1968 par la théologie de la libération de la conférence de Medellin, fut forte.
Censé récupérer l’évêché en  2000, à la retraite de Samuel Ruiz, Raul Vera est désavoué par l’Eglise qui viole ses propres règles (le droit canon) et l’envoie ainsi dans le nord du pays, à Saltillo, Coahuila, Nord du Mexique.
Après 15 ans passés aux cotés de Mgr. Ruiz, Raul Vera épouse la cause des indigènes et les théories de la libération, « Dieu agit pour libérer son peuple », « relever les hommes et leur redonner dignité », promouvant ainsi la critique des réalités sociales présentes, la prise de conscience et l’auto organisation des opprimés, acteurs de leur propre histoire luttant pour des revendications politiques et culturelles !
Les réalités dans le Nord du pays sont bien différentes, et Raul Vera appui les migrants venus d’Amérique Centrale, tentant de passer au Texas, évitant de devenir victime du crime organisé. Non seulement il apporte un fort soutien mais propose également des solutions comme son idée de visa humanitaire pour la traversée du Mexique pour sortir ces derniers de la clandestinité.
Au décès de Mgr Ruiz, cette année, Raul Vera se voit devenir président du centre des droits de l’homme Frayba, alors qu’il est déjà à la tête d’une entité semblable dans son état. Invité au XXIe anniversaire du CIDECI (université autonome et autosuffisante de San Cristobal) il a dû décliner l’invitation suite à la convocation de Rome.
 
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Mgr. Vera, 66 ans, a reçu de nombreuses menaces tant son combat contre l’inertie politique et la responsabilité de l’état dans la guerre contre les narcos, dérange. Après avoir qualifié de génocide la guerre déclarée par le président Felipe Calderon aux Narcotrafiquants (40 000 morts et 10 000 disparus depuis 2006). Pour lui cette guerre est une « farce » qui ne saurait être résolue si le ménage n’est pas fait dans les sphères politiques, financières qui sont pieds et mains liés avec le trafic. Cette position va bien au-delà de l’opinion de l’Eglise mexicaine qui soutient cette guerre indispensable malgré le prix du sang !
 Il dénonce régulièrement la corruption, les dysfonctionnements de la justice ou l’exploitation économique des plus opprimés. Il s’est battu pour les familles des 65 mineurs qui sont resté ensevelis en 2006, dans une mine sans que la justice ne fasse lumière sur ces faits. Il continue d’ailleurs à dénoncer les conditions de travail des ouvriers dans les mines de charbon et le désintérêt de l’état pour améliorer la situation. Il a soutenu 14 prostituées qui en 2006 avaient été violées par des paramilitaires sans condamnations sérieuses.
Depuis cette année Raul Vera est attaqué sur de nouveaux fronts, Tout d’abord des agences catholiques et divers militants mettent en cause son travail avec les associations promouvant la dépénalisation de l’avortement. Pour lui « Etre pour la dépénalisation n’est pas être pour l’avortement, on arrête des femmes indigènes parce qu’elles ont fait des fausses couches, des avortements non provoqués…Elles se retrouvent en prison ». Les plus traditionnalistes le nomment « l’évêque génocidaire ».

Sa dénonciation «de discriminations, violences, rejet social et familial dont sont victimes les homosexuels au Mexique » a définitivement été la goutte qui a fait débordé le vase, et provoqué la convocation immédiate de l’évêque au Vatican. L’implication d’associations homosexuelles chrétiennes dans son diocèse, la figuration de l’objectif de « sauvegarder la dignité de la communauté LGBT dans une Eglise inclusive » dans le nouveau plan diocésain Pastorale a provoqué l’ire de certains prêtres de son diocèse.
« J'ai dû accepter ce qui me tomberait dessus de la part de ces bons catholiques qui m'ont dénoncé à la nonciature, mais je suis sorti pour défendre la dignité et les droits que les homosexuels ont eux aussi, en tant que citoyens »; faisant partie des catégories « les plus vulnérables de la société », ils doivent bénéficier de la « protection de l'Etat », dit-il. Le prélat mexicain maintient pourtant son rejet de l'idée de « mariage homosexuel » et assure de sa différence par rapport à l'association.
Objet de nombreuses menaces de morts (dont diverses ont été dénoncées auprès de l’ONU) en juillet dernier une pancarte énorme a été déposée sur la cathédrale de Saltillo « NOUS VOULONS UN EVEQUE CATHOLIQUE ». De nombreuses ONG ont appelé l’Etat à prendre des mesures de sécurité que Vera a refusé.
 C’est donc ce mois-ci que ce dernier devra s’expliquer, et défendre cette église qui travaille au côté du peuple, cherchant son émancipation.
 
 
Ainsi donc une autre église » existe et pour les anticléricaux les plus radicaux nous terminerons cet article par un communiqué de la comandancia de l’ezln suite au décès de Samuel Ruiz :
« Aujourd'hui qu'il est à la mode de condamner toute l'Église catholique pour des crimes, des exactions commises ou omises par certains de ses prélats...

Aujourd'hui que le secteur autoproclamé "progressiste" trouve divertissant de se moquer et de tourner en dérision l'Église catholique tout entière...

Aujourd'hui qu'on encourage à voir dans tout prêtre un pédophile en puissance ou en activité...

Aujourd'hui, il serait bon de tourner son regard vers en bas, et de trouver là ceux qui, comme don Samuel auparavant, ont défié et défient le pouvoir.

Parce que ces chrétien-ne-s croient fermement que la justice doit régner aussi dans ce monde.

Et c'est ainsi qu'ils le vivent, et le meurent, en pensée, en parole et en acte. »

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23 juillet 2011

Mexique: menaces contre un prélat courageux

Menaces contre Mgr Paul Vera Lopez
 
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C’est un prélat d’un rare courage. Nommé coadjuteur au Mexique de Dom Samuel Ruiz, il avait pour mission de contrôler et de neutraliser cet évêque évangélique et prophétique qui déplaisait au Nonce Apostolique Mgr Girolamo Prigione. Défenseur de la théologie de la libération et des communautés ecclésiales de Base, actuellement évêque de Saltillo, Mgr Raul Vera Lopez est un dominicain de 66 ans dont nul ne conteste l’envergure et la forte personnalité.

Il a défendu le mariage des gays et plaide pour une plus large place des femmes dans l’Eglise. De quoi se faire des ennemis parmi les bien-pensants. Mais c’est également l’engagement social de l’évêque qui le met en danger. Des menaces viennent d’être faites à l’évêque de Saltillo. Ecrites sur quatre pancartes placés dans sa cathédrale. Récemment Mgr Vera Lopez a tenu des paroles très dures contre les groupes de la délinquance organisée. Il a fait référence à de nombreuses disparitions et à la séquestration d’enfants utilisés ensuite par des bandes criminelles pour faire de mauvais coups. Certains estiment que l’évêque de Saltillo devraient se cantonner à sa sacristie. Nous pas. Mgr Gerardo Escareno Arciniega, son vicaire général souligne combien l’engagement de l’évêque dominicain s’inscrit bien dans sa mission pastorale.

On redoute une collusion de circonstance entre certains milieux troubles et les secteurs conservateurs de l’Eglise qui ne parviennent pas à digérer le revirement de Raul Vera Lopez, d’abord très classique. Et on peut songer à l’assassinat resté mystérieux en 1993 du cardinal Juan Jésus Posadas Ocampo, archevêque de Guadalajara. Dont on sait le combat qu’il menait contre le crime organisé dénonçant les intérêts financiers en présence.

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03 mai 2011

Vengeance ou justice ?

  Ben Laden est mort assassiné. Il portait une très lourde responsabilité dans les attentats du 11 septembre et dans bien d'autres sans doute à travers le monde. On aurait du l'arrêter et le juger pour ses crimes. Il n'en n'a rien été, peut-être parce qu'il l'a voulu lui-même , peut-être aussi parce que les Américains n'avaient pas envie d'un procès qui d'une façon ou l'autre les auraient éclaboussé aussi.

  Ce qui s'est passé hier  au centre de New York est indigne et indécent. 

  C'est hélas la preuve la les USA n'ont jamais rompu avec la justice, pardon l'injustice et le racisme qui caractérisaient ce pays au temps où, pour exister, il a pratiqué une sorte de génocide déguisé en se débarrassant des habitants légitimes. Les indiens étaient présentés comme des bandits  et il est encore souvent ainsi dans les Média,  alors que les bandits c'étaient le plus souvent les shérifs.

ll n'y a même pas eu de partage, il y a eu spoliation pure et simple.

  Hergé a magnifiquement illustré ce crime d'état dans "TINTIN EN AMERIQUE" que je vous invite à relire de même d'ailleurs que "LE LOTUS BLEU" pour comprendre pourquoi l'Occident laisse tant de mauvais souvenirs en bien d'endroits du monde.

  Il est vrai que la politique du FAR WEST est encore vivement pratiquée par l'état d'Israël qui agit envers les Palestiniens comme les Yankees le faisaient vis à vis de Indiens.

  Ce qui s'est passé au Pakistan puis à  New York hier est partiellement tout au moins acte de justice mais aussi acte de vengeance.  On a parlé souvent à la radio de la maxime biblique "OUIL POUR OEIL, DENT POUR DEN" mais il y a longtemps en Israël comme aux USA que cette maxime est devenue : Cent yeux pour un oeil ou mille dents pour une dent."

   Les trois mille victimes innocentes de New York ont raison de demander justice et j'aurais aimé voir BEN LADEN jugé puis retenu dans une prison américaine jusqu'à son dernier souffle et ses biens, s'il lui en reste, partagés entre les plus pauvres de ses victimes.. 

Mais je me demande aujourd'hui: Comment va-t-on réparer les souffrances causées par la mort de centaines de milliers d'Irakiens, victimes d'une guerre illégale, d'Afgans tués ou assassinés si souvent par erreur ou lâcheté des troupes de l'OTAN, des Libyens ou si vite la protection de Benghasi est devenu une chasse à l'homme, qui a déjà tué beaucoup  de petits enfants innocents victimes de ceux qui prétendent venir au secours des populations civiles.

  Viendra-t-il le jour, où justice sera faite pour eux aussi et  où les criminels de guerre Bush, Rumsfeld, Wolkowitz, Blair, Aznar ... se verront traduits , au moins moralement sinon hélas physiquement, devant un tribunal impartial qui nous dira s'ils sont coupables ou innocents ?  J'en doute. Comme je ne crois pas à l'Ethique de la vengeance mais bien à celle de la Justice.

  J'espère que les peuples qui ont souffert de nos mauvaises guerres seront capables un jour de nous  pardonner le mal commis après le jugement chez nous  des auteurs de ces méfaits.

  Il n'en demeure pas moins, que nous avons, nous tous qui avons participé au dépeçage de certains de ces peuples au nom de  notre loi du "PLUS FORT", trop souvent  confondue  avec l'humanisme universel, une réparation à opérer.

  N'avons-nous pas  parfois attaqué des populations simplement pour le pétrole, rappelons-nous ce qui s'est passé au temps de Mossadek en Iran et quand avec raison Nasser nationalisa son canal de Suez.

  La justice , trois fois OUI et non à la vengeance,  pour les américains assassinés à  New York mais aussi pour les peuples martyrisés par ceux qui se targuent d'être les civilisés. 

Nous avons une dette considérable vis à vis des peuples agressés par l'OTAN ou parfois l'ONU, trop dépendante des grandes puissances néocolonialistes ;  nous devons, au-delà du jugement nécessaire des criminels responsables, aider par tous les moyens possibles, financiers et humains, ces peuples à se reconstruire.

  Nous voilà bien loin de la joie indécente hier à Times Square !!!!

   

Yvan Balchoy

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26 février 2011

Révolte aux USA

Révolte aux USA, 70 000 manifestants dans les rues au Wisconsin.

Dedefensa.org - 21/02/11

Le tourbillon de Madison

Les événements du Wisconsin se développent d’une façon organisée et particulièrement impressionnante dans leurs effets.Après une semaine de protestations, de manifestations et d’actions diverses, la capitale du Wisconsin, Madison, est devenue le centre bouillonnant d’une crise nationale US. (Pour Noam Chomsky, il s’agit d’une insurrection démocratique, la révolte qu’on attendait aux USA.) Vendredi 17 février, les membres démocrates du Sénat de l’Etat avaient quitté le Wisconsin pour l’Ohio contigu, hors de la juridiction de leur Etat, créant par leur absence une impossibilité d’atteindre le quorum pour un vote (prévu ce 17 février) de la loi du gouverneur Walker restreignant très fortement les dépenses publiques et mettant en cause l’existence des syndicats des services publics ; ces parlementaires ont annoncé qu’ils resteraient “en exil” dans l’Ohio, toujours pour la même raison du blocage du vote, tant que le gouverneur Walker ne céderait pas, – alors que Walker réaffirmait dimanche qu’il ne céderait pas. Samedi, la manifestation, quotidienne depuis 5 jours à Madison, rassemblait une foule impressionnante de plus de 70.000 personnes. L’intention des protestataires de Madison est d’occuper et de “tenir” le Capitole, à la façon que les Cairotes ont “tenu” la place Al Tihrir, dans le but d'empêcher le fonctionnement du “gouvernement” du gouverneur Walker et de paralyser l’Etat du Wisconsin.

 

Différents aspects de la crise ont été passés ici en revue, pour en détailler quelques-uns des caractères.

• Un long texte de Rose Aguilar, de AlterNet.org, du 17 février 2011, fait un récit complet des événements de Madison, Wisconsin. Le titre de l’article situe le climat : «Is Wisconsin Our Egypt ?», rejoignant l'analogie que nous mettons par ailleurs en évidence…

 

• Christopher Fons, pour CounterPunch, met en évidence, le 19 février 2011, le caractère d’organisation spontanée et de solidarité des manifestants et activistes de Madison. Il est par exemple remarquable que la police municipale, qui n’est pas touchée par les restrictions, ait pris faits et cause pour les protestataires.

 

• Le site Crooks and Liars met en ligne, le 18 février 2011, une bande vidéo avec l’interview de Chris Hayes, de The Nation, et de Naomi Klein, également de The Nation et auteur de l’excellent Stratégie du choc, sur le fonctionnement de l’hyper-capitalisme postmoderne.

 

• La crise de Madison prenant une extension “nationale” ? D’ores et déjà, il y a des signes dans ce sens. Les habitants de l’Etat de l’Ohio commencent à montrer les premiers signesd’une colère similaire à celle des habitants du Wisconsin. D’autre part, Madison devient un point de ralliement national, comme dans ce cas de la parlementaire Diane Russell, du Maine, qui se rend dans le Wisconsin pour proclamer sa solidarité avec les protestataires.

 

• Il y a un long article de Politico.com (le 18 février 2011) concernant l’attitude d’Obama dans cette crise. Obama soutient les syndicats contre le gouverneur Walker, mais seulement pour certains aspects de la loi concernée. Le tout est l’objet de calculs savants de son équipe pour savoir la place que tiendra le Wisconsin dans la campagne électorale de 2012… Aucun élan, aucune espèce de signe qui pourrait faire croire qu’il y a chez Obama autre chose qu’un politicien en train de faire ses comptes d’épicier, – en homme parfait du Système. Le commentaire que fait Paul Woodward (ce 18 février 2011) concernant l’attitude d’Obama vis-à-vis des événements de Bahrain pourrait après tout parfaitement convenir pour le Wisconsin ; la situation y est moins tragique mais l’homme est toujours le même…

 

• Il faut aussi lire l’analyse avec de nombreuses références que fait ThinkProgress.com dans son Progress Report du 17 février 2011sur “la droite radicale”. En rapport direct avec la situation dans le Wisconsin, le rapport examine les politiques en train d’être mises en œuvre par des gouverneurs républicains radicaux dans un certain nombre d’Etat de l’Union. S’il fait la part un peu trop belle à l’attitude d’Obama (ThinkProgreess.com, de tendance progressiste, reste favorable à Obama malgré les déceptions imposées par sa politique à la gauche progressiste US), le rapport donne un excellent aperçu du potentiel explosif de cette situation, avec la première explosion déjà réalisée à Madison.

 

• Maintenant, un autre point de vue, un point de vue opposé, celui d’un républicain, d’un ancien de l’administration Bush, Joshua Trevino (dans le Guardian du 18 février 2011). Le titre est résolument dramatique : «Who governs Wisconsin? Our democracy is at stake as these featherbedded public sector unions try to bully Madison's elected officials into submission…» On notera évidemment que Trevino ne parle pas du gouvernement des Etats-Unis mais du “gouvernement” du Wisconsin, et de la démocratie dans le Wisconsin, comme si l’on parlait d’une entité indépendante. (C’est un peu ironique de la part d’un homme de l’ancienne administration GW Bush, laquelle n’a jamais montré une sollicitude particulière pour les droits des Etats ; qui utilisa en Irak les Gardes Nationales des Etats sans demander leur avis à ces Etats ; qui traita l’Etat de Louisiane, pendant et après la catastrophe de l’ouragan Katrina, comme une métropole sans scrupules traite une colonie taillable et corvéable à merci.)

 

Notre commentaire

Enfin, après deux années d’exubérance de la droite conservatrice, dans la vague de Tea Party, c’est la gauche progressiste US qui exulte. Elle est du côté de la révolte, du soulèvement contre un pouvoir jugé oppressif et arbitraire. Tea Party, lui, se trouve exposé dans son côté le plus ambigu, – lequel n’a jamais été dissimulé à nos yeux, tant ce mouvement est insaisissable dans son identification, – notamment par le biais indirect des liens entre le gouverneur Walker, qui se réclame de l’esprit de Tea Party, et les frères milliardaires Koch qui le subventionnent, – tout comme ils subventionnent Tea Party d’ailleurs, au nom de leur hostilité à tout ce qui est service public (et de tout ce qui est, ajouteront les critiques, faveur et puissance pour le corporate power). (Au reste, ces liens ne sont pas plus incestueux et révélateurs que ceux de l’administration Obama et des démocrates avec Wall Street, ce qui n’enlève rienau mouvement de Madison, soutenu par les démocrates et Obama.)

Mais qu’importent ces contradictions, que nous n’avons jamais dissimulées, et même au contraire parce qu’elles constituent justement l’aspect révélateur fondamental de la situation générale. Le jeu, et la compréhension du jeu, sont faussés si l’on s’en tient aux étiquettes et connexions idéologiques de tous ordres, avec la corruption de tous bords qui accompagne ce rangement ; la seule référence qui vaille est l’attaque objectivement(et inconsciemment, ce qui va de pair) portée contre le Système, selon les situations contradictoires, les occurrences différentes, etc., dans le chef de tous les mouvements impliqués. Aujourd’hui, à Madison, Wisconsin, c’est la gauche progressiste qui s'affirme, et les foules animées par cet esprit qui attaquent, – eh bien, va pour la gauche progressiste ! Ce qui importe est que, dans ce cas, comme dans d’autres qui sembleraient inverses si l’on s’en tient au point de vue idéologique (Tea Party, certes), il s’agit des mêmes coups de déstructuration portés contre le Système.

 

Pour l’instant, à Madison, Wisconsin, tous les ingrédients de la crise sont là, et les grands esprits progressistes, même les plus prudents comme Noam Chomsky, y voient les prémisses de la grande révolte attendue aux USA.Une détermination et une organisation exceptionnelles des foules, avec des actes entravant effectivement le fonctionnement des institutions de l’Etat du Wisconsin ; un soutien affirmé des officiels démocrates de l’Etat, avec des actes à mesure (“exil” dans l’Ohio, pour échapper à l’obligation de présence au vote de la loi Walker, qui permettrait d’atteindre le quorum) ; une détermination affichée comme sans faille du gouverneur Walker pour imposer sa loi ; après un temps d’hésitation, la crise de Madison élevée au rang de grande crise intérieure US, et traitée comme telle par les réseaux de communication, et aussi par les commentateurs et intellectuels comme on l’a vu plus haut avec Chomsky. (Pour l’instant, on s’abstiendra de dire un mot sur Obama, dont le soutien au mouvement est trop calculé pour avoir un impact décisif.) Gardons-nous bien de nous attacher aux causes directes mais apparentes seulement de la crise ; ces causes sont toujours les mêmes dans le cadre du Système en crise, entre les maximalistes de l’hyper-capitalisme et les réformistes de l’hyper-capitalisme ; c’est un débat jamais tranché car on ne tranche pas un débat sur la substance d’une chose par une attitude radicale ou une attitude réformiste qui ne met pas en cause cette substance, parce que le cœur de la crise se trouve dans la substance informe elle-même du capitalisme comme créature du système du technologisme, de l’“idéal de puissance” et de la dynamique du “déchaînement de la matière”. Ce qui nous intéresse est l’effet indirect, justement sur ces situations connectées à la substance de la chose (système du technologisme, “idéal de puissance”, dynamique du “déchaînement de la matière”).

 

Dans cette logique, le point essentiel de la crise du Wisconsin concerne la structure de cette puissance centrale du Système, et, par conséquent, du système du technologisme, que sont les USA. Ce point pourrait se résumer, après tout, dans le titre de l’article de Trevino («Who governs Wisconsin?») ; même si la réponse implicite puis explicite qu’il donne est partisane, qu’elle soit juste ou non, il reste que la question est effectivement fondamentale. Le conflit de Madison est gros des enchevêtrements et des interférences des conflits de compétences et de pouvoir entre les citoyens, les législatures des Etats de l’Union et le pouvoir fédéral. Peu importe de quel côté se trouve telle ou telle cause, et ce que vaut cette cause, reste que Madison et la révolte du Wisconsin nous montrent la complication extraordinaire de la situation structurelle des USA, de l’ambiguïté volontaire des compétences respectives des différents pouvoirs, des blocages potentiels et antagonistes entre ces pouvoirs, par conséquent des tensions centrifuges qui seront exacerbées à mesure que se développent la crise et les mésententes fondamentales entre les divers groupes de citoyens et leurs conceptions. Comme nous l’avons déjà souvent écrit, nous pensons que la cohésion des USA en une énorme puissance générant des politiques agressives, déstructurantes et paralysantes à la fois, constituent l’un des verrous fondamentaux du Système ; tout ce qui menace cette cohésion menace le Système en son cœur ; que cela soit dit ou pas importe peu, il reste que la crise du Wisconsin est grosse d’une menace contre cette cohésion, passant par une phase de désordre grandissant. Certains pourraient juger que nous ne sommes pas loin d’y être. ..

 

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10 janvier 2011

Le terrorisme américain

Etats-Unis : deux siècles de violence (Article sur http://polymedia.skynetblogs.be/ )

Beaucoup d’Etasuniens voient leur pays et leurs soldats comme les « bons » qui propagent la « démocratie » et la « liberté » dans le monde entier. Quand les Etats-Unis infligent mort et destruction inutile, cela est vu comme une erreur ou une aberration. Dans l’article suivant, Peter Dale Scott et Robert Parry examinent la longue histoire de ces actes de brutalité, une trajectoire qui suggère qu’il ne s’agit pas d’une « erreur » ou d’une « aberration », mais plutôt d’une doctrine plutôt consciente de contre-insurrection par le « côté obscur ». Consortium News.

21590.jpgIl y a un fil obscur – rarement reconnu – qui parcourt la doctrine militaire des Etats-Unis, qui provient des premiers jours de la République.

Cette tradition militaire a explicitement défendu l’usage sélectif de la terreur, que ce soit dans la répression de la résistance des américains natifs aux frontières du XIXe Siècle, dans la protection d’intérêts étasuniens à l’étranger au XXe Siècle, ou dans « une guerre contre la terreur » pendant la dernière décennie.

Une grande partie du peuple étasunien ne prend pas en compte cette tradition occulte parce que la plupart de la littérature qui défend la terreur soutenue par l’État se limite soigneusement aux cercles de sécurité nationale et elle s’étend rarement au débat public, qui est dominé par des messages de bon ton sur les interventions bien intentionnées des EU à l’étranger.

Pendant des décennies, des enquêtes du Congrès et de journalistes ont mis en lumière certains de ces abus. Mais quand cela arrive, généralement les dossiers sont considérés comme des anomalies ou des excès de soldats hors contrôle.

Mais la documentation historique montre que les tactiques de terreur sont depuis pas mal de temps le côté obscur de la doctrine militaire des EU. Les théories demeurent toujours dans les manuels sur la guerre de contre-insurrection, les conflits « de basse intensité » et le « contre-terrorisme ».

Quelques historiens datent l’acceptation formelle de ces doctrines brutales aux années 1860 quand l’armée des EU affrontait le Sud rebelle et la résistance des américains natifs à l’ouest. De ces crises, a émergé le concept militaire moderne de la « guerre totale » qui inclut des attaques contre les civils et l’infrastructure économique comme une partie intégrale d’une stratégie victorieuse.

En 1864, le général William Tecumseh Sherman a laissé une trace de destruction sur un territoire civil en Géorgie et en Caroline. Son plan était de détruire la volonté de combattre du Sud et sa capacité de maintenir une grande armée sur le terrain. La dévastation a incendié des plantations et a généré les plaintes généralisées de la Confédération sur des viols et des assassinats de civils.

Pendant ce temps, dans le Colorado, le colonel John M. Chivington et la Troisième Cavalerie du Colorado employaient ses propres tactiques de terreur pour pacifier les cheyennes. Un explorateur appelé John Smith a décrit par la suite l’attaque par surprise à Sand Creek, Colorado, contre des indiens pris au dépourvu dans un campement pacifique.

« Ils ont été scalpés ; leurs cerveaux vidés ; les hommes ont utilisé leurs couteaux, ils ont étripé les femmes, ils ont battu les petits enfants, ils les ont frappés sur la tête avec leurs fusils, ils ont vidé leurs cerveaux par les coups, ils ont mutilé leurs corps dans tous les sens du mot. » [Congrès des EU, Sénat, 39 eme Congrès, 2eme séance, « The Chivington Massacre, des Rapports of the Committees ».

Bien que l’objectivité de Smith fût controversée à l’époque, même des défenseurs de l’incursion de Sand Creek acceptent que la majorité des femmes et des enfants fut assassiné et mutilée. (Voir : lieutenant colonel William R. Dunn, I Stand by Sand Creek.)

Cependant, en 1860, de nombreux blancs du Colorado ont considéré le massacre comme l’unique chemin réaliste pour obtenir la paix, comme Sherman a considéré que sa « marche vers la mer » était nécessaire pour imposer la reddition au Sud.

Les tactiques brutales de l’[Far]Ouest ont aussi aidé à aplanir le chemin pour le chemin de fer transcontinental, ont créé des fortunes pour les hommes d’affaires favorisés et ont consolidé le pouvoir politique républicain pendant plus de six décennies, jusqu’à la Grande Dépression des années trente. Voir : « Indian Genocide and Republican Power  », Consortiumnews.com, le 3 octobre 2010.

Quatre ans après la Guerre civile, Sherman est devenu commandant général de l’armée et a intégré les stratégies de pacification des indiens – ainsi que ses propres tactiques – à la doctrine militaire des EU. Le général Philip H. Sheridan, qui avait dirigé les guerres contre les indiens sur le territoire du Missouri, a succédé à Sherman en 1883 et a encore plus enraciné ces stratégies dans la politique. Voir : « Ward Churchill, A Little Matter of Genocide. »

À la fin du XIXe Siècle, les guerriers américains natifs avaient été vaincus, mais les stratégies victorieuses de l’armée ont continué d’exister.

Les Etats-Unis impériaux

Quand les Etats-Unis ont revendiqué la conquête des Philippines dans la guerre Hispano-Etasunienne, les insurgés philippins ont résisté. En 1900, le commandant étasunien, le général J. Franklin Bell, a consciemment modelé sa campagne brutale de contre-insurrection comme les guerres indiennes et « la marche à la mer » de Sherman.

Bell croyait que, après avoir écrasé les Philippins les plus riches grâce à la destruction de leurs maisons – comme Sherman l’avait fait au Sud – Ils se trouveraient obligés d’aider à convaincre leurs compatriotes pour qu’ils se soumissent.

Apprenant des « guerres indiennes » il a aussi isolé les groupes de guérilleros en obligeant les Philippins à aller dans des zones strictement contrôlées où des écoles et d’autres installations sociales ont été construites.

« Toute la population en dehors des villes principales à Batangas a été dirigée vers des camps de concentration », a écrit l’historien Stuart Creighton Miller. « L’objectif principal de Bell fut les classes les plus nanties et mieux élevées … Comme si ce n’était pas assez, Bell a fait que ces gens transportent le pétrole utilisé pour brûler leurs propres maisons de campagne. » Voir : « Benevolent Assimilation » de Miller.

Pour ceux qui étaient en dehors des zones protégées, la terreur a prévalu. Le correspondant favorable a décrit une scène dans laquelle des soldats étasuniens ont tué « des hommes, des femmes, des enfants … à partir de 10 ans et plus, puisque prévalait l’idée que le Philippin, tel quel, était un peu moins qu’un chien … »

« Nos soldats ont introduit de l’eau salée dans les hommes, ‘pour les faire parler’, ils ont emprisonné les gens qui levaient les mains et qui se rendaient pacifiquement, et une heure après, sans un atome de preuve montrant qu’ils étaient des insurgés, ils les ont planté sur un pont et ils les ont tué un à un par coup de feu, pour qu’ils tombent dans l’eau et flottent comme exemple pour ceux qui trouvaient ces corps criblés de balles. »

Pour défendre ces tactiques, le correspondant souligne que « ce n’est pas une guerre civilisée, mais nous n’avons pas à faire à des gens civilisés. L’unique chose qu’ils connaissent et dont ils ont peur est la force, la violence et la brutalité. » [Philadelphia Ledger, le 19 novembre 1900]

En 1901, des anti-impérialistes au Congrès sont sortis à la lumière et ont dénoncé les tactiques brutales de Bell. Cependant, les stratégies de Bell ont été acclamées par les militaires comme une méthode raffinée de pacification.

Dans un livre de 1973, un historien militaire favorable à Bell, John Morgan Gates, a qualifié d’ « exagérés « les rapports sur ces atrocités et a salué « une compréhension excellente de Bell du rôle de la bienveillance dans la pacification ».

Gates a rappelé que la campagne de Bell au Batanga a été considérée par des stratèges militaires comme une pacification « dans sa forme la plus perfectionnée ». ir : « Schoolbooks and Krags : The United States Army in the Philippines, 1898-1902 de Gates ».

Ils propagent la méthodologie

Au début du siècle, la méthodologie de pacification a aussi été un cliché populaire parmi les puissances coloniales européennes. De la Namibie à l’Indochine, les Européens ont eu des difficultés pour soumettre les populations locales.

Souvent le massacre sans limites a donné des résultats, comme les Allemands l’ont démontré avec les massacres de la tribu Herrero en Namibie entre 1904 et 1907. Mais les stratèges militaires ont souvent comparé leurs notes sur des techniques plus subtiles de terreur sélective combinée avec des manifestations de bienveillance.

Les stratégies de contre-insurrection sont revenues à la mode après la Deuxième Guerre mondiale quand de nombreux peuples opprimés ont exigé une indépendance du régime colonial et que Washington s’est préoccupé de l’expansion du communisme. Dans les années cinquante, la rébellion Huk contre la domination des EU a recommencé à transformer les Philippines en laboratoire, et ils se sont clairement rappelé les leçons passées de Bell.

« La campagne contre le mouvement Huk aux Philippines … s’est considérablement ressemblée à la campagne américaine de presque 50 ans avant », a remarqué l’historien Gates. « L’objectif américain vers le problème de la pacification avait été étudié ».

Mais la guerre contre les Huk a eu quelques nouveaux objectifs, particulièrement le concept moderne de la guerre psychologique ou psy-war.

En suivant les stratégies pionnières du général de division de la CIA, général Edward G. Lansdale, la guerre psychologique a été un nouveau tour de l’ancien jeu de briser la volonté d’une population cible. L’idée était d’analyser les faiblesses psychologiques d’un peuple et de développer des « sujets » qu’ils puissent induire des actions favorables à ceux qui réalisaient l’opération.

Bien que la guerre psychologique inclût la propagande et la désinformation, elle était aussi basée sur des tactiques de terreur de nature démonstrative. Un pamphlet de la guerre psychologique de l’armée, qui est basé sur l’expérience de Lansdale aux Philippines, défendait « la violence criminelle exemplaire – l’assassinat et la mutilation de captifs et l’exhibition de leurs corps », selon « Instruments of Statecraft » de Michael McClintock.

Dans ses mémoires, Lansdale s’est vanté d’un truc légendaire de la guerre psychologique utilisé contre les Huk, qui étaient considérés superstitieux et peureux d’une créature similaire à un vampire appelée asuang.

« L’escadron de la guerre psychologique montait une embuscade le long d’un sentier utilisé par les Huk », a écrit Lansdale.

Quand une patrouille Huk apparaissait par le sentier, les participants à l’embuscade capturaient le dernier homme de la patrouille, sans que leur action ne fût détectée dans l’obscurité de la nuit. Ils perforaient deux trous dans son cou, comme si cela avait été un vampire, soutenaient le corps par les pieds, le vidaient d’un sang, et replacaient le cadavre dans le sentier. »

« Quand les Huk revenaient chercher le disparu et trouvaient leur compagnon saigné à blanc, tous les membres de la patrouille croyaient que l’asuang en avait fini avec lui. » Voir : « In the midst of wars de Lansdale  ».

La rébellion Hukfut aussi témoin du perfectionnement des zones de libre feu, une technique utilisée effectivement par les forces de Bell un demi-siècle avant. Dans les années cinquante, ils ont assigné des escadrons spéciaux pour faire le sale travail.

« La tactique spéciale de ces escadrons était de clôturer des zones ; tous ceux qui se trouvaient dans celles-ci étaient considérés comme ennemi », a expliqué un colonel philippin favorable aux EU « Presque tous les jours on trouvait des corps flottant dans la rivière, plusieurs d’eux s victimes de l’Unité Nenita du major [Napoléon] Valeriano » Voir : « The Huk Rebellion : À Study of Peasant Revolt in the Philippines de Benedict J. Kerkvliet. »

Vers le Viêt-Nam

La répression heureuse des Huk a mené les architectes de la guerre à partager leurs leçons dans d’autres endroits en Asie et au delà. Valeriano a été coauteur d’un important manuel étasunien sur la contre-insurrection et a fait partie de l’effort de pacification étasunienne au Viêt-Nam, avec Lansdale.

En suivant le modèle philippin, les Vietnamiens ont été entassés dans des « villages stratégiques » ; déclarées « zones de libre feu », les maisons et les cultures ont été détruites ; et le programme Phoenix a éliminé des milliers de cadres présumés Vietcong.

Les stratégies implacables ont été absorbées et acceptées, même par des personnages militaires amplement respectés, comme le général Colin Powell qui a servi deux fois au Viêt-Nam et a appuyé la pratique routinière d’assassiner des hommes vietnamiens comme une partie nécessaire de l’effort de contre-insurrection.

« Je me rappelle une phrase que nous utilisons sur le terrain, MAM, pour military-age male [homme en âge militaire] » a écrit Powell dans ses mémoires si saluées My American Journey.

« Si un hélico [hélicoptère étasunien] voyait un paysan avec des pyjamas noirs qui paressait suspect, un MAM possible, le pilote tournait et tirait face à lui. S’il bougeait, son mouvement était jugé comme une intention évidente hostile, et la bordée suivante n’était pas lancée en face de lui, mais contre sa personne. »

« Brutal ? Peut-être. Mais un commandant de bataillon très capable avec qui j’avais servi dans la Gelnhausen [Allemagne de l’Ouest], le lieutenant colonel Walter Pritchard, est mort par le feu de francs-tireurs ennemis pendant qu’il observait des MAMs depuis son hélicoptère. Et Pritchard fut un parmi bien d’autres. La nature du tuer ou mourrir au combat tend à émousser des perceptions fines du bien et mal. »

En 1965, la communauté des renseignements des EU a formalisé ses leçons apprises de contre-insurrection de la pire façon, en établissant un programme de secret maximum appelé Project X. Basé au Centre et à l’École d’Intelligence de l’Armée des EU à Fort Holabird, dans le Maryland, le projet a été basé sur une expérience sur le terrain et a développé des plans de formation pour « fournir un entraînement en intelligence à des pays étrangers amis », selon un rapport du Pentagone préparé en 1991 et publié en 1997.

Appelé « guide pour la conduite d’opérations clandestines », le « Project X » a été utilisé par l’École d’Intelligence des EU à Okinawa pour entraîner pour la première fois des Vietnamiens et, peut-être, d’autres étrangers », signale le rapport.

Linda Matthews, de la Division de Contre-espionnage du Pentagone, a rappelé qu’en 1967-68 une partie du matériel d’entraînement du Project X a été préparé par des employés en liaison avec le programme Phoenix. « Elle a suggéré la possibilité qu’une partie du matériel délictueux du programme Phoenix ait pu être intégrée aux matériels du Project X à l’époque », dit le rapport du Pentagone.

Dans les années soixante-dix, le Centre et l’École d’Intelligence de l’Armée des EU ont déménagé à Fort Huachuca en Arizona et ont commencé à exporter du matériel du Project X aux groupes d’aide militaire des EU qui travaillaient avec « des pays étrangers amis ». Vers le milieu des années soixante-dix, du matériel du Project X arrivait à des armées dans le monde entier.

Dans son étude de 1992, le Pentagone a reconnu que le Project X a été la source de nombreuses leçons « réprouvables » de l’École des Amériques, où des Officiers Latinoaméricains ont été entraînés aux chantages, séquestrations, assassinats et espionnage contre des adversaires politiques non violents.

Mais la révélation de toute l’histoire a été bloquée juste à la fin du premier gouvernement Bush, quand les hauts fonctionnaires du Pentagone qui travaillaient pour le secrétaire de la Défense de l’époque Dick Cheney, ont ordonné la destruction de la plupart des fichiers du Project X. Voir : « Lost History » de Robert Parry.

Une vie dangereuse

Vers le milieu des années soixante-dix, une partie des leçons étasuniennes de contre-insurrection était aussi arrivée en Indonésie. L’entraînement militaire des EU a été rapide, parce que Washington considérait que le leader neutraliste Sukarno était politiquement suspect. L’entraînement fut permis uniquement pour faciliter l’influence des EU sur les forces armées indonésiennes qui étaient considérées plus fiables.

L’aide étasunienne et l’entraînement ont consisté presque entièrement en « action civique » de nature inoffensive, ce qu’ on pense en général consiste à la construction de routes, à la fourniture de personnel de cliniques de santé et à la réalisation d’autres activités « de cœurs et d’ esprits » avec des civils. Mais l’ « action civique » a aussi servi de couverture en Indonésie, comme aux Philippines et au Viêt-Nam, à la guerre psychologique.

Les connexions secrètes militaires entre les EU et l’Indonésie ont eu leur compensation pour Washington quand a éclaté une crise politique, qui menaçait le gouvernement de Sukarno.

Pour contrer le puissant Parti Communiste d’Indonésie, connu comme PKI, les Bérets Rouges de l’armée ont organisé le massacre de dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Les nombreux corps qui ont été jetés dans les rivières de la Java Orientale les ont teintées de sang.

Dans une classique tactique de guerre psychologique les cadavres gonflés ont aussi servi d’avertissement politique aux villages en aval.

« Pour assurer qu’ils ne coulaient pas, les cadavres ont été délibérément attachés ou empalés avec un pieu en bambou », a écrit le témoin oculaire Pipit Rochijat. « Et le départ des cadavres de la région Kediri par le Brantas a atteint son âge d’or quand les corps ont été entassés dans les radeaux sur lesquels ondoyaient orgueilleusement le drapeau du PKI ». Voir : «  Am I PKI or Non-PKI ?  » de Rochijat, Indonésie, octobre 1985.

Quelques historiens ont attribué la violence grotesque à une armée démente qui s’est lancée dans une « brutalité non planifiée » ou dans une « hystérie massive » qui a finalement conduit au massacre de près d’un million et demi d’indonésiens, plusieurs d’entre eux d’origine chinoise.

Mais la tactique répétée de mettre des corps en exhibition insupportable s’adapte aussi aux doctrines militaires de guerre psychologique [psy-war], mots que l’un des principaux assassins militaires a utilisés de façon non traduite pour ordonner l’élimination du PKI.

Sarwo Edhie, chef du bataillon para-commando politique connu comme les Bérets Rouges, a remarqué que « il ne faut pas donner l’occasion de se concentrer/consolider » à l’opposition communiste. « Elle doit systématiquement être repoussée par tous les moyens, y compris la guerre psychologique ». Voir : « The Revolt of the G30S/PKI and Its Suppression » traduit par Robert Cribb dans The Indonesian Killingsr

Sarwo Edhie avait été identifié comme contact de la CIA quand il a servi à l’ambassade indonésienne en Australie. Voir : « Pacific, mai - juin 1968 ».

Sympathie dans les médias des Etats-Unis.

La réaction de l’élite des Etats-Unis devant l’horrible massacre fut et continue à être ambivalente depuis ce temps-là. Le gouvernement de Johnson a nié toute responsabilité dans les massacres, mais le journaliste du New York Times, James Reston, a parlé pour beaucoup de leaders d’opinion quand il a favorablement qualifié les événements sanglants en Indonésie de « rayon de lumière en Asie ».

Les démentis étasuniens quant à leur participation se sont maintenus jusqu’à 1990 quand des diplomates des EU ont admis devant un journaliste qu’ils avaient aidé l’armée indonésienne grâce à la fourniture de listes de communistes présumés.

« C’était réellement une grande aide pour l’armée », a dit le fonctionnaire de l’ambassade Robert Martens à Kathy Kadane de States News Service.« J’ai probablement beaucoup de sang sur mes mains, mais ce n’est pas si mauvais. Il y a un temps où il faut frapper fort à un moment décisif ». Martens avait dirigé l’équipe des EU qui ont établi les listes de la mort.

L’histoire de Kadane a provoqué une réaction significative de l’auteur confirmé des éditoriaux du Washington Post, Stephen S. Rosenfeld. Il a accepté le fait que des fonctionnaires des Etats-Unis ont aidé « cet épouvantable massacre », mais ensuite il a justifié les assassinats.

Rosenfeld a argumenté que le massacre « fut, et continue d’être amplement considéré comme la chance sombre mais méritée d’un parti révolutionnaire conspirateur que représentait le même monstre communiste qui était en marche au Viêt-Nam ».

Dans une colonne intitulée : « L’Indonésie 1965 : L’année pour vivre cyniquement ? » Rosenfeld a justifié que « ou l’armée liquidait les communistes, ou les communistes liquidaient l’armée », on pensait : L’Indonésie était un domino, et la fin du PKI a maintenu l’Indonésie dans le monde libre …

« Bien que les moyens fussent gravement déshonorants, on peut dire que nous –les exigeants ainsi que les obstinés et les cyniques – jouissons des fruits de la stabilité géopolitique de cette partie importante de l’Asie, de la révolution qui n’a jamais eu lieu ». Washington Post, 13 juillet 1990

Cependant, le goût fut beaucoup plus amer pour les peuples de l’archipel indonésien. En 1975, l’armée du nouveau dictateur de l’Indonésie, le général Suharto, a envahi l’ancienne colonie portugaise du Timor Oriental. Quand les timorais orientaux ont offert de la résistance, l’armée indonésienne est revenue aux atrocités habituelles et a lancé un vrai génocide contre la population.

Un missionnaire catholique a fourni un témoignage direct d’une mission de recherche et de destruction au Timor Oriental en 1981.

« Nous avons vu de nos propres yeux le massacre de gens qui se rendaient : tous morts, y compris femmes et enfants, même les plus petits … ils n’ont même pas sauvé les femmes enceintes : elles ont été étripées … Ils ont fait la même chose qu’ils avaient fait aux petits enfants l’année précédente, ils les ont saisis par les jambes et ont frappé leurs têtes contre des roches …

« Les commentaires d’officiers indonésiens révèlent la qualité morale de cette armée : « Nous avons fait pareil [qu’en 1965] à Java, Bornéo, Célèbes, Irian Jaya, et cela a donné des résultats » ». Voir : “East Timor : Land of Hope” d’A. Barbedo de Magalhaes.

Les références au succès du massacre de 1965 n’ont pas été rares. Dans Timor : « A People Betrayed », l’auteur James Dunn a remarqué que « du côté indonésien, il y a eu de nombreux rapports selon lesquels beaucoup de soldats ont vu leur opération comme une phase de plus dans la campagne pour éliminer le communisme qui est venu après les événements de septembre 1965 ».

Les stratégies classiques de guerre psychologique et de pacification ont été inconditionnellement suivies au Timor Oriental. Les indonésiens ont exhibé des cadavres et les têtes de leurs victimes. Les timorais ont aussi été dirigés vers des camps contrôlés par le gouvernement avant d’être repositionnés d’une manière permanente dans des « villages de réimplantation » loin de leur maison.

« Le problème est que les gens sont obligés à vivre dans ces installations et qu’on ne leur permet pas de voyager dehors, » a dit monseigneur Costa Lopes, administrateur apostolique de Dili.« C’est le motif principal pouruoi les gens ne peuvent pas cultiver assez d’aliments. » Voir :« Indonesia’s Forgotten War : The Hidden History of East Timor » de John G. Taylor.

Une aversion publique

À travers la télévision dans les années soixante et soixante-dix, la Guerre du Viêt-Nam a fini par rapprocher les horreurs de la contre-insurrection de millions d’Etasuniens. Ils ont vu comment des soldats des Etats-Unis incendiaient des villages et obligeaient des vieilles désespérées à abandonner leurs foyers ancestraux.

Des équipes de chasseurs d’images ont gravé dans des films les interrogatoires brutaux de Vietcong présumés, l’exécution d’un jeune officier Viêt-Cong, et le bombardement d’enfants avec du napalm.

En effet, la Guerre du Viêt-Nam fut la première fois que les Etasuniens sont arrivés à être au courant des stratégies de pacification qui avaient été développées en secret comme politique de sécurité nationale dès le XIXe Siècle. Résultat, des millions d’Etasuniens ont protesté contre la conduite de la guerre et le Congrès a imposé tardivement en 1974 la fin de la participation des Etats-Unis.

Mais les débats doctrinaires de la guerre psychologique n’ont pas été résolus par la Guerre du Viêt-Nam. Les défenseurs de la contre-insurrection se sont regroupés dans les années quatre-vingts derrière le président Ronald Reagan qui a monté une défense enthousiaste de l’intervention au Viêt-Nam et a réaffirmé la décision d’Etats-Unis d’employer des tactiques similaires contre des forces gauchistes, surtout en Amérique Centrale. Voir : «  Guatemala : A Test Tube for Repression  », Consortiumnews.com, le 3 octobre 2010.

Reagan a aussi ajouté un nouveau composant important au mélange. En reconnaissant que les images et les rapports honnêtes de la zone de guerre avait affaibli l’appui public pour la contre-insurrection au Viêt-Nam, Reagan a autorisé une opération intérieure agressive de « diplomatie publique » qui correspond à ce qui a été appelé « gestion de la perception » – en effet, l’intimidation de journalistes pour assurer que seule l’information épurée arrivait au peuple étasunien.

Les journalistes qui ont révélé les atrocités des forces entraînées par les Etats-Unis, comme le massacre El Mozote par le bataillon Atlacatl au Salvador en 1981, ont été durement critiqués et leurs carrières bloquées.

Quelques opérateurs de Reagan ne se sont pas montrés timides au sujet de sa défense de la terreur politique comme nécessité de la Guerre Froide. Neil Livingstone, consultant en contre-terrorisme du Conseil National de Sécurité, a qualifié les escadrons de la mort « d’un instrument extrêmement efficient, aussi odieux qu’ il est, dans le combat contre le terrorisme et les défis révolutionnaires ». Voir : « Instruments of Statecraft » de McClintock.

Quand les démocrates au Congrès ont protesté contre les excès des interventions de Reagan en Amérique Centrale, le gouvernement a réagi avec plus de pression dans les relations publiques et politiques, en mettant en cause le patriotisme des critiques. Par exemple, l’ambassadrice de Reagan danauxNations Unies, Jeane Kirkpatrick, a accusé tous ceux qui prêtaient attention aux crimes appuyés par les Etats-Unis « d’accuser d’abord les Etats-Unis »

Beaucoup de démocrates au Congrès et de journalistes dans le milieu de la presse de Washington se sont pliés devant les attaques, en donnant beaucoup de liberté au gouvernement de Reagan pour mener les stratégies brutales « des escadrons de la mort » au Salvador, en Honduras, au Guatemala et Nicaragua.

Ce qui reste clair dans ces expériences en Indonésie, au Viêt-Nam, en Amérique Centrale et dans d’autres endroits, c’est que les Etats-Unis, pendant des générations, ont maintenu deux formes de pensée parallèles mais opposées sur les atrocités militaires et les droits de l’homme : l’une, d’une bienveillance étasunienne, en général soutenue par le public, et l’autre de la brutalité dans laquelle la fin justifie les moyens, embrassée par les spécialistes de la contre-insurrection.

Normalement les spécialistes mènent leurs actions dans des endroits lointains, sans que la presse nationale informe beaucoup sur le sujet. Mais parfois les deux visions en concurrence – d’un Etats-Unis juste et de l’autre implacable – se heurtent ouvertement, comment c’est arrivé avec le Viêt-Nam.

Ou le côté obscur de la politique de sécurité des Etats-Unis est sorti à la lumière par des exfiltrations non autorisées, comme les photos de détenus abusés dans la prison Abu Ghraib en Irak, ou par des révélations sur waterboarding [asphyxie avec de l’eau] et d’autres tortures autorisées par la Maison Blanche de George W. Bush comme faisant partie « de la guerre contre la terreur ».

Alors seulement le public arrive à avoir une idée de la réalité atroce, des tactiques sanglantes et brutales qui ont été considérées « nécessaires » pendant plus de deux siècles pour défendre des supposés « intérêts nationaux ».

 

Article original en anglais : A Long History of America's Dark Side, Consortium News, le 8 octobre 2010

Traduit de l’espagnol (publication en espagnol par Rebelión) pour « El Correo » de : Estelle et Carlos Debiasi.

 

Peter Dale Scott est un écrivain et poète dont les livres se sont concentrés sur la « politique occulte », « l’intersection d’économie, de criminalité et de sécurité nationale ». « Nouvel ordre mondial ou nouveau désordre mondial » (en français). (Pour plus d’information, voyez http://www.peterdalescott.net/) 

Robert Parry est un véteran journaliste d’investigation à Washington. (Pour ses livres, voyez http://www.neckdeepbook.com)

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19 décembre 2010

Prix Nobel alternatif

 

 

 

Un évêque défenseur des Indiens d’Amazonie reçoit le Prix Nobel alternatif (Extraits de l'article à lire en entier sur:https://ethnolyceum.wordpress.com/2010/12/07/un-eveque-defenseur-des-indiens-damazonie-recoit-le-prix-nobel-alternatif/)

Erwin Kräutler (Photo: Karl Gabor)

L’évêque catholique Erwin KRÄUTLER, qui exerce son ministère dans la région du Xingu, au Brésil, a reçu le Right Livelihood Award,   connu comme le Prix Nobel alternatif, pour son action en faveur des Indiens du Brésil. Lors de la cérémonie de remise des prix qui s’est déroulée lundi au   parlement suédois, il a été honoré « pour avoir consacré sa vie à la   défense des droits humains et environnementaux des peuples autochtones et pour ses efforts sans relâche pour sauver la forêt   amazonienne de la destruction« .

Radio Vatican est bien sûr l’un des rares médias à avoir salué l’attribution du Prix Nobel  alternatif à Mgr Erwin Kräutler:

De  nationalité brésilienne depuis trente ans, Mgr Erwin Kräutler est né en  Autriche, où il a fait ses études. Il est depuis 1981 prélat de Xingu,  le plus grand diocèse du Brésil avec une superficie supérieure à  l’Italie. Comme plusieurs autres religieux du Brésil, Mgr Erwin Kräutler  a reçu des menaces de mort, mais il n’a pas peur de dénoncer  publiquement les mauvaises conditions de vie des populations  autochtones. Récemment il s’est battu contre le projet de construction  sur les terres des indigènes du troisième plus grand barrage  hydroélectrique du monde qui forcera près de 40.000 personnes à quitter  leur foyer. Mgr Erwin Kräutler a été placé sous protection policière.

 

L'évêque Kräutler à l'Assemblée des peuples autochtones, Altamira, mai 2008.

L’évêque Kräutler, qui est président du Conseil indigéniste missionnaire de l’Église catholique brésilienne (CIMI), est engagé depuis longtemps dans un combat pour la    reconnaissance des droits des Indiens du Xingu, en Amazonie brésilienne,    qui sont aujourd’hui menacés par le barrage géant de Belo Monte. Dans son discours de réception, l’évêque Kräutler a expliqué le lien qui l’unit aux peuples du Xingu depuis qu’il est arrivé dans cette région du Brésil, en 1965...

L’évêque Kräutler met quotidiennement sa vie en danger: son combat en faveur des peuples autochtones et de la forêt amazonienne contrarie les ambitions de politiciens et d’hommes d’affaires sans scrupules, si bien qu’il est depuis 2006 sous la protection de la police militaire de l’État de Pará. Ceux qui mènent le combat à ses côtés sont également menacés, et certains ont d’ailleurs été brutalement assassinés: c’est en leur nom que l’évêque accepte le Right Livelihood Award. Dans son discours de réception, il a en effet une pensée particulière pour deux personnes qui, dit-il, ont donné leur vie: soeur Dorothy Mae Stang, qui, après avoir vécu 23 ans en Amazonie, a été tuée en 2005, et Ademir Alfeu Federicci, “Dema”, qui fut assassiné parce qu’il s’opposait au projet   du barrage hydroélectrique géant Belo Monte sur le Xingu:

 

L'évêque Kräutler lors d'une marche contre le projet du barrage hydroélectrique géant

En effet, comme je l’avais déjà écrit dans un billet en juillet dernier, l’impact de ce barrage hydroélectrique,  censé détourner sur 100 kilomètres  plus de 80% des eaux du Xingu, sera catastrophique, aussi bien pour les Indiens que pour l’environnement: il inondera un immense territoire d’environ 50000 hectares, obligera des dizaines de milliers de familles à migrer et asséchera certaines parties du Xingu,  réduisant ainsi le stock de poissons dont les Indiens de la  région,  notamment les Kayapó, les Arara, les Juruna, les Araweté, les  Xikrin,  les Asurini et les Parakanã, ont besoin pour vivre.

Pour l’évêque Kräutler, le projet Belo Monte nous montre plus généralement que le problème principal de l’Amazonie est lié à la  propriété et à l’usage  de la terre. Tous les autres problèmes, comme la violence rurale, qui est due à la concentration de propriétés terriennes, ou le trafic d’êtres humains, n’en sont que la conséquence...

Enfin, l’évêque Kräutler profite de recevoir ce Prix Nobel alternatif pour attirer l’attention de la communauté internationale sur le sort des Indiens Guarani-Kaiowá qui vivent dans le sud du Mato Grosso dans des conditions toujours plus misérables...

 

Les médias ne parleront pas de Mgr Erwin Kräutler. C’est pourtant un vrai héros de notre époque. Mais, comme Ainhoa me le faisait remarquer récemment, les médias parlent uniquement de prêtres impliqués dans des affaires de pédophilie. Ceux qui consacrent et risquent leur vie à défendre  les opprimés ne les intéressent pas. Seul le quotidien La Croix avait publié l’an dernier cette interview de l’évêque Kraütler où l’on apprenait que 200 religieux étaient menacés de mort au Brésil.


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08 décembre 2010

La retraite à 58 ans !

    Les sénateurs Boliviens ont voté la nationalisation du système de retraites et l'abaissement de l'âge minimum de départ à la retraite à 58 ans. Le président Evo Morales devrait promulguer la loi dans les jours qui viennent. Cela permettra également aux 70 000 mineurs que compte le pays de partir à la retraite à 56 ans. Sous le système actuel géré par le privé, les femmes doivent trimer jusqu'à 60 ans pour avoir droit à une retraite,     tandis que les hommes ne peuvent prétendre à une retraite qu'à partir de 65 ans. Le projet de loi, qui a été proposé par les députés du parti de Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), est prévu pour prendre effet à la mi-2011. Un organisme public, la Gestora publica de la seguridad social de largo plazo, gérera les fonds de pension de la nation qui sont actuellement pris en charge par les entreprises privées Futuro de Bolivia et Prevision. Le projet de loi, qui crée un fonds de solidarité auquel contribueront salariés et entreprises, étendra également l'accès à la retraite aux 60% de Boliviens qui travaillent dans le secteur informel et n'ont actuellement droit à aucune retraite.
 

 

    La Fédération des patrons de Bolivie a sans cesse fait pression contre cette réforme progressiste, affirmant que ce     nouveau système serait économiquement insoutenable, tandis que la Centrale ouvrière de Bolivie (COB) a pesé de tout son poids pour la soutenir. La décision des législateurs Boliviens de reprendre le contrôle du système de retraites s'inscrit dans la lignée de qui s'était déjà passé en Argentine, fin 2008. Le Congrès argentin avait alors adopté le projet de la Présidente Cristina Fernandez de reprise de contrôle publique du système de retraite privé vieux de 14 ans, et qui gérait pour 22 milliards d'euros d'actifs.
 

 

    L'abaissement de l'âge de départ à la retraite mis en place par la Bolivie défie l'orthodoxie néo-libérale qui a vu le gouvernement de droite Français faire grimper l'âge minimum de départ à la retraite à 62 ans et le gouvernement social-démocrate de Grèce remettre en cause les possibilités d'un départ à  la retraite anticipée.
 

 

    Depuis que les électeurs ont élu le premier gouvernement du MAS en 2006, ce dernier a nationalisé ou augmenté les taux d'impositions des grandes entreprises pétrolières et gazières, des télécoms et d'énergie. L'an dernier, les électeurs ont approuvé une nouvelle constitution qui incite le gouvernement à accroître le contrôle sur les ressources naturels et les services d'utilité publique du pays. Plus tôt dans l'année, le gouvernement du MAS a nationalisé quatre entreprises d'électricité.
 

 

    [Article légèrement retravaillé pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/sur la base d'un article initialement publié par le Morning Star, quotidien du PC de Grande-Bretagne]  

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Tags : progrès, socialisme


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