Doit-il y avoir des ministres communistes après le 17 juin ?
Lors de la réunion du conseil national du Parti communiste français qui s’est tenu le vendredi 11 mai, la question de la participation des communistes à un gouvernement avec les socialistes a été abordée. Ainsi le journal L’Humanité du 14 mai, page 4, précise que « au lendemain du second tour des élections législatives, le conseil national du PCF se réunira pour discuter […] notamment d’une éventuelle participation au gouvernement ».
Mais cette question ne se pose pas ! Elle ne peut pas se poser ! Comment les dirigeants communistes peuvent-ils envisager un seul instant, dans le cadre politique, idéologique et électoral actuel, de participer à un gouvernement avec les socialistes ? Le programme de François Hollande, en effet, ne contient aucune avancée sociale digne des grandes poussées de la gauche comme en 1936, 1945, 1981. C’est même le contraire puisque le nouveau président de la République se fixe comme priorité le désendettement de la France, c’est-à-dire l’austérité, alors qu’il faudrait annuler et restructurer la dette publique. François Hollande a parlé de « réorienter l’Union européenne » mais n’a pas précisé son plan « B », autrement dit ce qu’il entend faire si – cas le plus probable – les autres membres de l’UE ne souhaitent par « réorienter » cette dernière.
François Hollande et le PS, qui avaient appelé à voter « oui » au référendum de 2005, comme l’UMP, restent sur une position totalement européiste. Rappelons que l’européisme est à l’Union européenne ce que le nationalisme est à la nation. Le PS de François Hollande n’a pas eu un mot de réprobation à l’égard des premiers ministres « socialistes » de Grèce, d’Espagne et du Portugal – balayés depuis par les urnes – lorsqu’ils ont décidé de plans d’austérité d’une violence inouïe contre leurs peuples. Il est parfaitement évident que le rapport des forces issu de la présidentielle, qui restera à peu près identique après les législatives, ne permettra pas au Front de gauche de faire admettre la moindre proposition significative de son programme au PS (sauf, peut-être, sur des questions de détail). Qu’iraient faire des ministres communistes dans cette galère ? Seules des luttes sociales puissantes, dès le mois de juin, seront susceptibles de permettre des avancées sociales que le PS refuse aujourd’hui.
Cette décision du conseil national du PCF d’organiser une consultation des adhérents de ce parti sur l’entrée de ministres communistes au gouvernement socialiste est un très mauvais coup porté au Front de gauche. Les électeurs, en effet, sont en droit d’attendre des réponses franches. Que pèseront quelques ministres communistes dans un gouvernement totalement contrôlé par les socialistes ? La désastreuse expérience de la « gauche plurielle », où il y avait 3 ministres communistes, n’a-t-elle pas été suffisante ? Le PCF n’a-t-il pas suffisamment payé pour cette succession d’erreurs pour avoir envie de recommencer ? Si cela ne concernait que lui, après tout, il pourrait faire ce qu’il veut ; mais en l’espèce, l’attitude du PCF concerne toute la gauche de gauche. Certes, la décision n’est pas prise. Mais le seul fait de laisser entendre qu’elle pourrait l’être à la suite de cette consultation crée une confusion dans les esprits dommageable au rayonnement du Front de gauche.
[...]
Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)
Sitôt passé le deuxième tour des élections législatives, nous aurons tout de suite à évaluer la nouvelle situation politique et les nouveaux rapports de forces politiques, à évaluer aussi de l'évolution des choses autour du traité budgétaire européen, à décider de notre positionnement et de nos initiatives dans ce contexte ; nous aurons également à répondre à la question d’une éventuelle participation au nouveau gouvernement que François Hollande et le premier ministre composeront au lendemain des élections législatives.
Nous avons décidé, vous le savez, lors du dernier Conseil National, de consulter les communistes et d’organiser sur cette question une Conférence Nationale ; il est évident que cette consultation devra se tenir dans des délais très rapides, au tout début de la semaine qui suivra le deuxième tour.
Le processus pourrait donc être le suivant : le Conseil National se réunira dès le lundi 18 juin au matin, de 9h30 à 13heures : il discutera et adoptera en fin de matinée une courte résolution précisant notre orientation et les premières initiatives de notre parti dans la situation politique nouvelle : cette résolution comportera une proposition précise sur la question de la participation de notre parti au gouvernement.
Cette résolution adoptée sera envoyée aux fédérations dès 13heures : les fédérations organiseront sur leur territoire, le lundi 18 et le mardi 19 juin, des assemblées générales de communistes et des conseils départementaux pour en discuter.
La conférence Nationale se réunira le mercredi 20 juin 2012 de 10h à 16h 30, et pourrait être suivie d’un meeting militant.
(Extraits du rapport au Conseil national du PCF d'Olivier Dartigolles, porte-parole, 11 mai 2012 )
NDLR: "Au lendemain du second tour des élections législatives " ? Et pourquoi pas avant ? Ce serait la moindre des choses si l'on prétend respecter le peuple: lui dire AVANT qu'il vote ce que le candidat va faire APRES. Faute de quoi voter consiste à donner un chèque en blanc. Loin de la "révolution citoyenne" !
(2e publication)
Il n'aime pas notre pays
J'appelle tous les citoyens attachés à la France libre, souveraine, éternelle, j'appelle tous les citoyens attachés à l'éthique et à la justice sociale - entre autres -, à faire barrage à celui qui a maintes fois déclaré qu'il n'aimait pas notre pays. Si Nicolas Sarkozy est réélu contre la volonté réelle des Français, s'il impose à nouveau, via une campagne de manipulation et des médias aux ordres, sa présence à la tête de l'Etat comme il a imposé le Traité de Lisbonne, alors nous n'aurons plus que nos larmes pour regretter amèrement un choix pervers, lourd de menaces pour tous, et aux conséquences effroyablement durables.
Eva.
Lire l'article dans son entier ici
La peur et la terreur...
[...]Il y a un peu moins de cinq ans, peu de temps après les élections présidentielles gagnées par Nicolas Sarkozy, Alain Badiou avait publié aux Editions Lignes, De quoi Sarkozy est-il le nom ? Il soulignait l’importance prise aujourd’hui par les affects collectifs propagés par les médias plus soucieux de spectaculaire, d’immédiateté et de culte de l’actualité que d’information.
Par définition, l’affect – la peur plus particulièrement – est sans principe, il désorganise la raison, brouille les convictions et mène au populisme et à l’apolitisme. C’est la voie suivie aujourd’hui par le candidat Sarkozy qui fait son beurre de la peur en ne craignant pas d’aller patauger dans les écuries du FN, en attisant les craintes de la société française devenue pétocharde, en stigmatisant les "élites", jetées en pâture au "peuple", en dénonçant le "système", dont on se demande bien ce qu'il est, sinon la République dont, comme Président, il devrait être le garant.
L’avertissement de Badiou mérite d’être entendu quand il affirme que la peur n’a jamais d’autre avenir que la terreur. Quelques semaines avant la Présidentielle de 2007, le philosophe pointait déjà le programme néopétainiste de Sarkozy : travail, famille, patrie. Il précisait : pétainisme et non fascisme qui est une force affirmative puisque le pétainisme « présente les abominations subjectives du fascisme (peur, délation, mépris des autres) sans son élan vital ». Depuis quelques jours, ce programme s’adresse à une nouvelle catégorie de Français baptisée la France invisible. C’est, dans la terminologie sarkozyste, le nom des sans noms, de ceux qui souffrent, nous dit-on, de ceux qui ont peur comme de ceux qui ont peur de la peur.
Je dois bien avouer que ces Présidentielles ne sont pas spécialement enthousiasmantes puisque qu’elles se déroulent dans un contexte de crise très préoccupant. Il ne faut pas un nez spécialement exercé pour flairer dans le pays comme une odeur de dépression.
Certes, Sarkozy n’a pas à lui seul le pouvoir de nous déprimer. Il est plutôt, pour suivre les développements d’Alain Badiou, le serviteur de cette Chose nauséabonde, obscène, innommable dont il est un prête-nom. Au service de la pulsion, il tord les symboles qui organisent nos représentations du monde. Ces symboles constituent l’atmosphère que nous respirons et ordonnent notre pensée. Si leur sens devient instable et flottant, il a pour effet de désorienter un certain nombre de nos concitoyens. On ne s’étonnera pas alors que 6,4 millions de Français accordent leurs suffrages à la candidate FN [...]
Jean Mirguet
Lire l'intégralité de l'article ici
Langue et défense nationale sous le sarkozisme
Même maltraitée par des usages inappropriés, la langue reste un lieu et un enjeu de pouvoir. Le souci de la langue a longtemps été une priorité de l’Etat français, qui avait compris à quel point son efficacité et son prestige dépendaient de la maîtrise et de l’imposition d’un idiome considéré comme porteur à la fois d’un système politique et d’une vision du monde: la langue française telle qu’elle fut définie par l’Académie Française à la fin du XVIIème siècle fut l’instrument d’une reconnaissance sociale par la culture; le français de la IIIème République
naissante fut la pierre de touche d’un régime qui, pour la première fois, avait uniformisé une nation aux particularismes affirmés.
Le début du XXIème siècle, après les errements de la fin du XXème, semble sonner le glas de cette tradition à la fois régalienne et civilisatrice. Un exemple caricatural va le montrer. Courant novembre 2010, les militaires français se sont vu remettre un dépliant illustré sur la “mission” actuellement en cours en Afghanistan intitulé France’s commitment in Afghanistan: a comprehensive approach for the Afghan People… Ils ont sans doute pensé au départ à un canular. Le double cartouche de la dernière page, frappé d’une Marianne encore tricolore, les a ramenés à la réalité: c’est bien le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes (!!!) et le Ministère de la Défense qui ont commis l’opuscule. “Impossible mais pas français”, disait paraît-il Napoléon. L’Empereur a été entendu mais on peut douter que ce soit dans le sens qu’il eût souhaité.
Deux ministères français peuvent désormais s’associer pour produire dans une langue qui n’est pas choisie au hasard un opuscule à destination des Afghans (auxquels on explique, bons princes, que, grâce à la coalition, ils progressent dans leur aptitude à lire toute forme d’écrit: la guerre américaine comme vecteur de culture, il fallait y penser...). L’Etat français a donc décidé de pousser jusqu’à l’absurde sa logique de soumission à l’empire américain et au pseudo modèle qu’il incarne. On n’adopte pas la langue de l’ennemi: même Vichy rédigeait sa propagande en français. Si on l’adopte, c’est qu’on a renoncé à se définir selon son identité nationale (un thème récurrent du discours sarkozyen pourtant). Notre gouvernement, ou ce qui en tient lieu, jette le masque sur plusieurs points:
- il viole la Constitution de 1958 qui, en son article 2, stipule que “le français est la langue de la République”
- il rompt le pacte républicain, qui fait de l’Etat le garant et l’interprète de la nation, au nom de laquelle il s’exprime dans sa langue
- il humilie son armée, réduite de façon explicite à n’être qu’un supplétif de forces onusiennes qui parlent américain, dans une guerre où elle ne défend aucun de nos intérêts fondamentaux.
Tout cela a bien entendu une cohérence. La cancérisation progressive de nos sociétés par le simili-anglais “officiel” répond à un objectif. Non pas celui d’instiller une langue de culture, comme pouvait l’être le français au XVIIIème siècle: l’anglais qu’on tend à imposer dans nos écoles, nos administrations et maintenant notre armée n’a pas plus à voir avec la langue de Shakespeare que le français de Sarkozy avec celui de Racine. L’anglais qu’on promeut dans les écoles de commerce et les séminaires gouvernementaux est un vague “globish” digne du volapuk bruxellois dont se gaussait le général de Gaulle et qui vise à introduire la “world culture” la plus inepte et la plus fade dans les cultures qui résistent encore à la mondialisation capitaliste. Ce globish n’est pas par hasard à connotation anglo-saxonne: il est la langue de la puissance américaine qui, après avoir fait croire qu’elle avait gagné la Seconde Guerre Mondialepour sauver les démocraties, s’est comportée avec l’arrogance que l’on sait depuis l’effondrement du monde communiste. On pourrait rire de cette collaboration d’Etat avec l’empire des marchands yankees qui a tout de même le bon goût de s’effondrer peu à peu. On peut aussi, sans verser dans un nationalisme à la Déroulède, en être profondément révulsé.
Au tribunal de l’Histoire, Nicolas Sarkozy et le “gang” dont il est l’émanation seront traduits, à n’en pas douter, pour intelligence avec une puissance étrangère et trahison de l’intérêt national. Il ne tient qu’à notre génération de les déférer devant une juridiction plus concrète…
Pour une société interculturelle
Samedi 19 novembre, 400 personnes ont participé aux premières Assises nationales de la diversité culturelle à Paris. La journée composée de conférences et d'ateliers, organisée par Témoignage chrétien et Salamnews, s'est conclue par le lancement d'un Appel pour une société interculturelle, point de départ d'un mouvement citoyen pour la mise en oeuvre d'une politique de construction d'un vivre-ensemble durable exploitant les richesses de la diversité pour mieux combattre les replis identitaires de tous bords et le communautarisme. Lisez, signez et faite signez autour de vous cet Appel !
Notre société a connu en un demi-siècle une mutation sociétale et économique inédite. La cohésion sociale fondée sur des siècles d’Histoire et de valeurs nationales, religieuses et identitaires collectives a été balayée par un individualisme forcené, porté par un libéralisme réduit à sa plus simple expression, la consommation. Aujourd’hui, face au désarroi de la crise économique et dans une société morcelée, la tentation est générale d’en faire porter l’échec sur l’étranger, sa religion, sa culture. Or, ces populations et leurs cultures issues d’Orient, d’Asie, d’Afrique… sont désormais partie intégrante de la société française et de son Histoire. Elles doivent être pleinement actrices de la construction du vivre-ensemble de nos sociétés du XXIe siècle.
Pourtant, au lieu d’être considérés comme une chance pour construire une société de solidarité, les femmes et les hommes porteurs des cultures du monde qui habitent depuis des décennies en France sont de plus en plus dénoncés comme des obstacles à la vie commune. L’obsession d’une identité nationale pétrifiée dans une Histoire plus mythique que réelle impose à tous un modèle d’assimilation qui nie les différences et appauvrit la démocratie.
Au lieu d’unir les citoyens pour vaincre ensemble les défis vitaux qui permettent l’accès de tous à une vie digne, de plus en plus de discours et de pratiques, en France et en Europe, alimentent les peurs et agitent le spectre d’une menace provenant de l’étranger et des personnes de cultures et de religions autres que celles qui ont dominé et dominent encore le Vieux Continent.
Les propagateurs de ces discours font des différences culturelles et religieuses des obstacles indépassables à la construction de la Cité et de la démocratie. Ils jettent la vindicte sur des boucs émissaires, notamment les musulmans ou encore les Roms, bafouent le devoir d’accueil inconditionnel de l’immigré, se servent de la détresse sociale, des difficultés du vivre-ensemble qui touche l’ensemble de la société, réduisent les personnes à leur appartenance communautaire ou religieuse, pour prôner le rejet de l’autre et laisser libre cours à la xénophobie, au racisme et à la discrimination.
Le développement de ces logiques de rejet fait courir des risques graves à la démocratie. Nous, citoyens, associations, médias, réunis dans ces Assises pour une société interculturelle, refusons de toutes nos forces ces dérives au moment où s’annoncent les élections présidentielle et législatives.
Nous nous devons de résister à la propagation de la peur et de la défiance. Nous nous appuyons pour cela sur les ressources et les initiatives développées par les citoyens, de multiples associations et des collectivités territoriales pour inventer une société interculturelle. Beaucoup font déjà l’expérience de manières fraternelles de vivre ensemble, qui répondent à la quête de justice et de dignité sans abolir les différences, sans nier les ressemblances et en augmentant les capacités d’être de chacun.
Nous ne voulons pas d’une société où chacun est sommé de nier ses multiples appartenances culturelles, ethniques, religieuses, spirituelles, pour se conformer à un moule républicain, qui, dans ce cas, nie ou réduit la singularité de chacun. Nous ne voulons pas plus d’une société qui soit l’addition de communautés repliées sur elles-mêmes, qui enferment chacun dans une partie de son identité et ne cherchent pas à construire avec d’autres un espace commun à tous les citoyens.
Nous voulons d’une laïcité qui, pleinement dans l’esprit de la loi de 1905, garantisse et permette la liberté de conscience et le libre exercice des cultes – et des cultures.
Nous croyons fermement qu’une société interculturelle est possible. En cette période de grande dépression économique et d’extrême fragilité sociale, nous croyons vivement qu’il est indispensable et vital de s’attacher dès aujourd’hui à sa construction pour éviter l’implosion de notre société et les replis communautaires destructeurs de la cohésion sociale.
Citoyens, politiques, associations, institutions, nous nous devons de construire un vivre-ensemble durable donc interculturel ! Il est temps d’apprendre à vivre « unis et divers » pour témoigner que notre commune humanité est une espérance.
Aussi, forts de nos expériences et de nos convictions, nous demandons aux responsables politiques de mettre définitivement fin dans leurs discours et leurs pratiques aux arguments désignant une religion, une communauté ethnique ou culturelle comme la cause des problèmes de la France et de l’Europe.
Nous exigeons que soient mises en place des politiques d’accueil respectueux des droits des migrants et que cessent les véritables chasses à l’homme auxquelles se livrent les forces de l’ordre pour atteindre ses objectifs d’expulsion des étrangers en situation irrégulière.
Nous demandons que cesse la mise à l’écart du travail d’une partie de la population du fait de son appartenance ethnique ou de son lieu d'habitation et que les personnes de nationalité étrangère, quel que soit leur pays d’origine, bénéficient du droit de vote aux élections locales dans les mêmes conditions que les citoyens de l’Union européenne à qui ce droit est déjà octroyé.
Enfin, nous demandons la mise en valeur, la mutualisation et l’accompagnement des expériences qui construisent un véritable vivre-ensemble interculturel, notamment dans les quartiers populaires, afin qu’elles servent de références aux politiques publiques dans ce domaine ; et nous proposons que l’école soit, dans un esprit de laïcité ouverte comme l’insuffle la loi de 1905, un lieu de connaissance des différentes cultures et religions du monde et un espace d’éducation au vivre-ensemble.
>> POUR VOUS JOINDRE À L'APPEL <<
Cet Appel, fort de ses signatures, sera remis aux candidats aux élections présidentielle et législatives dans le courant du premier trimestre 2012.
OU
•> Téléchargez le pdf et renvoyez le nous au 3/5 rue de Metz 75010 Paris
PLUS D'INFO SUR: www.assisesinterculturelles.com
Pompidou (et son ministre Giscard) : une faillite française

Rétention
Zapolète (voir Note en bas de page, ajoutée par Alaindépendant)) ? Non merci - « En politique, une absurdité n'est pas un obstacle » Napoléon Bonaparte
Journée difficile aujourd'hui. J'ai eu le temps de réfléchir… C'est toujours un peu délicat dans le monde de l'enfermement.
Pour paraphraser Marx, je me sens chaque jour davantage glisser depuis le « droit de la misère » vers la « misère du droit ». Ces lois contre lesquelles je me suis battu… Ces textes que j'ai qualifiés de « Directive de la honte »… J'en demande aujourd'hui la simple application. Quelle dérision.
Depuis plusieurs semaines, il me faut changer mon discours lorsque je reçois les retenus : ce n'est plus 32 jours que j'annonce comme peine maximum mais 45. Un monde. Un gouffre. On s'y fera comme l'on s'est fait au passage successifs de 8, 12,…,32 jours. Il n'y a pas moins de sans papier pour autant en France. Ils sont davantage punis. Ce qui a des conséquences en termes de coûts tout d'abord puisqu'il faut être cynique, mais surtout en termes sociaux.
L'inefficacité patenté de ces politiques répressives est évidente mais toujours utile à rappeler : pourquoi focaliser sur les roumains les efforts de reconduite sinon pour parvenir au chiffre de 30 000 annuelles ? Pourquoi entraver la libre-circulation des personnes par le biais des arrêtés de réadmissions sinon pour une fois encore atteindre ce chiffre ? Utiliser l'arsenal juridique pour effectuer un maximum d'éloignements sans que le pouvoir de contrôle du juge, issu de l'article 66 de la Constitution, ne puisse s'exercer… Tout un projet… Mais un projet qui prouve une chose : allonger la durée de la rétention est inutile. La majorité des éloignements sont effectués dans les premiers jours et concernent les personnes possédant soit un droit au séjour (les roumains) soit un titre de séjour dans l'espace Schengen (les ressortissants de pays tiers réguliers en Europe).
Mais cela fait bien longtemps qu'en matière d'immigration – comme en d'autres d'ailleurs – le gouvernement a repris à son compte l'idée napoléonienne selon laquelle « en politique, une absurdité n'est pas en obstacle »
Alors les 45 jours de rétention ? Comme les 32 : de la poudre aux yeux jetée aux yeux d'une population qui bien souvent ne veut pas voir. Cela évite que ladite poudre ne nous les brûle. En tout cas, moi, elle me les brise parce que j'ai du mal à accepter d'être pris pour un imbécile…
Je ne veux pas, par mon inaction ou mon désintérêt, devenir un zapolète [voir la note]. Alors quitte à avoir plein de poudre dans les yeux, je préfère les ouvrir encore un peu…
Le Zapolète, peuple barbare, farouche et sauvage, ne se plait qu’au milieu des forêts et des rochers où il a été nourri. Endurci à la peine, il souffre patiemment le froid, le chaud et le travail. Les délices de la vie lui sont inconnues ; il néglige l’agriculture, l’art de se bien loger et celui de se bien vêtir. Il ne possède d’autre industrie que le soin des troupeaux, et, le plus souvent, il n’a d’autres moyens d’existence que la chasse et le pillage.
Exclusivement nés pour la guerre, les Zapolètes recherchent et saisissent avidement toutes les occasions de la faire ; alors ils descendent par milliers de leurs montagnes, et vendent à vil prix leurs services à la première nation venue qui en a besoin. Le seul métier qu’ils sachent exercer est celui qui donne la mort ; mais ils se battent bravement et avec une fidélité incorruptible au service de ceux qui les engagent. Jamais ils ne s’enrôlent pour un espace de temps déterminé ; c’est toujours à la condition de passer le lendemain à l’ennemi, si l’ennemi leur offre une plus forte paye, et de revenir après sous leurs premiers drapeaux, s’ils y trouvent une légère augmentation de solde.
Il est rare qu’une guerre s’élève en ces contrées, sans qu’il y ait des Zapolètes dans les deux camps opposés. Aussi voit-on journellement de très proches parents, des amis étroitement liés pendant qu’ils servaient la même cause, se battre ensuite avec le plus vif acharnement, dès que le hasard les disperse dans les rangs de deux partis contraires. Ils oublient famille, amitié, et s’entre-tuent avec une horrible rage, par la raison que deux souverains ennemis payent leur sang et leur fureur de quelques pièces de menue monnaie. La passion de l’argent est chez eux tellement forte, qu’un sou de plus sur leur solde journalière suffit pour les faire changer de drapeau. Cette passion a dégénéré en une avarice effrénée, et cependant inutile ; car ce que le Zapolète gagne par le sang, il le dépense par la débauche, et la débauche la plus misérable.
Ce peuple fait la guerre pour les Utopiens, contre tout le monde, parce que nulle autre part il ne trouve meilleure paye. De leur côté, les Utopiens, qui recherchent les honnêtes gens pour en user convenablement, engagent très volontiers cette infâme soldatesque pour en abuser et pour la détruire. Quand donc ils ont besoin de Zapolètes, ils commencent par les séduire au moyen de brillantes promesses, puis les exposent toujours aux postes les plus dangereux. La plupart y périssent et ne reviennent jamais réclamer ce qu’on leur avait promis ; ceux qui survivent reçoivent exactement le prix convenu, et cette rigide bonne foi les encourage à braver plus tard le péril avec la même audace. Les Utopiens se soucient fort peu de perdre un grand nombre de ces mercenaires, persuadés qu’ils auront bien mérité du genre humain, s’ils peuvent un jour purger la terre de cette race impure de brigands.Thomas More, L'Utopie, 1516 (Wikisource)
Sénat à gauche, président de gauche, faut-il s'en réjouir ?
Ainsi, le Sénat a basculé à gauche. On se réjouit de voir que la haute assemblée ne soit plus le reflet de la bourgeoisie provinciale, ni la maison de retraite des anciens ministres et des anciens députés.
On se met à imaginer que le futur président de la République disposera, sinon d'une assemblée qui l'appuiera mais, au moins, qui ne lui mettra pas de bâtons dans les roues. Au cours de ses septennats, le Président Mitterrand a dû revoir à la baisse ses envies de reformes, notamment en ce qui concerne les institutions. Cette fois, son lointain successeur, ne rencontrera pas ces obstacles. Pourtant, on peut douter qu'en cas d'accession de la gauche au pouvoir, elle en profitera pour se lancer dans un vaste programme de rénovation et de transformations. Ce qui fait penser qu'il ne se passera pas grand chose et que la gauche au pouvoir ne profitera pas de l'occasion, ce sont les antécédents.
D'abord, justement, dans les années 1981 et 1982, Mitterrand pouvait tout se permettre. Tous les analystes sont d'accord sur ce point et n'ont pas attendu pour le dire. Il était porté par un courant qu'on n'avait plus connu depuis des années. Il répondait aux impatients qu'il avait sept ans pour accomplir son programme, les fameuses 110 propositions et qu'il fallait aussi penser à ceux qui n'avaient pas voté pour lui. Las, après les échecs dus, principalement, aux bâtons mis dans les roues par les financiers (déjà), les patrons, le Sénat et le Conseil Constitutionnel, après les premières déceptions, la gauche a renoncé progressivement à tout. Le tournant de 1983 a vu le renoncement à ce pourquoi les électeurs s'étaient prononcés massivement en faveur du changement. Si c'était pour faire à peine mieux que les autres, on pouvait les garder ou les rappeler. C'est ce qui s'est passé.
Autre précédent favorable, M. Jospin gagne l'élection législative de 1997 et se fait acclamer à la tribune de l'Internationale socialiste qui, heureux hasard, se réunit quelques jours plus tard. À cette époque, on ne comptait pas moins de 14 pays sur 15 membres de l'Union européenne dont les gouvernements appartenaient à l'Internationale socialiste. Il n'a jamais été question pour eux de commencer un début ni même une tentative pour harmoniser les législations européennes en matière sociale et fiscale notamment. Ils n'ont même jamais évoqué cette possibilité et prouver au monde entier qu'une Europe qui faisait encore rêver nombre de peuples du monde pouvait proposer une alternative sociale à l'ultra libéralisme funeste dont les ravages commençaient à se faire sentir. Au contraire, on aurait dit que les principaux gouvernements de gauche de l'UE mettaient un point d'honneur à montrer qu'ils pouvaient être aussi libéralistes que les autres. Sans même parler de Tony Blair à cause de l'insularité britannique proverbiale, M. Jospin a procédé à davantage de privatisations que la droite au pouvoir. Il a également mis en place les structures facilitant les privatisations de ce qui demeurait dans le giron de l'État ainsi que la mise en concurrence des services publics. Ses successeurs en ont largement profité et ne manquent pas de le rappeler quand la gauche fait mine de protester.
Il y a gros à parier qu'un Président de gauche se montrera aussi timoré que ses prédécesseurs et ne profitera nullement d'un Sénat favorable et d'un Conseil Constitutionnel qui ne lui sera pas systématiquement hostile comme dans les années 1980. On peut même penser que la gauche profitera de l'opinion favorable qui suit forcément des élections pour faire avaler des mesures impopulaires. On nous rabâchera qu'il faut garder la note de la France et rien ne sera trop dur pour la population pour y parvenir.
Il est bien évident que, quelque soit le prochain Président de la République et sa majorité, il devra faire face à une situation qui n'a jamais été aussi mauvaise. Les cinq ans qui auront précédé, ont vu une régression dans tous les domaines et la vie d'une grande partie de la population s'est détériorée. Les classes moyennes qui, traditionnellement, poussaient aux réformes à mesure qu'elles gravissaient l'échelle sociale, impulsaient un dynamisme dont tout le monde profitait et qui entretenait l'espoir que les générations à venir connaitraient une situation encore meilleure. Aujourd'hui, c'est tout le contraire. Les classes moyennes voient leurs effectifs s'éroder, tomber dans la précarité et le chômage, et vivent avec l'angoisse de voir les générations à venir connaître la misère.
Dans un tel contexte, quelque soit le futur Président, il aura du mal. Il devra affronter une opposition de droite systématique, comme à son habitude et relayée par les financiers et les patrons. De plus, il devra affronter ses propres partisans qui lui reprocheront de ne pas mettre en œuvre la politique qu'ils ont plébiscitée. Comme si ça ne suffisait pas, les structures de l'UE contrecarreront tout ce qui ne leur convient pas. Lorsqu'un gouvernement passe au cran supérieur dans l'ultra libéralisme, les institutions européennes s'empressent de l'imposer aux autres. Si ça va dans le sens de la protection sociale et de la solidarité, elles brandiront toutes les avatars de leur technocratie et sortiront tout l'arsenal répressif. Le Parlement européen n'aura aucun moyen de l'en empêcher quand bien même serait-ce son souhait.
Dès lors, l'avenir est tout tracé. La droite revancharde et toujours plus libéraliste l'emportera cinq ans plus tard et le peu que la gauche aura pu faire passer sera effacé. S'il n'y a pas un changement radical, l'Europe s'enfoncera toujours plus dans le marasme. Tandis que le reste du monde sortira la tête de l'eau, que les pays émergents attireront les derniers damnés de la Terre, imposeront le dynamisme de leur jeunesse, l'UE s'accrochera aux vieilles lunes de l'ultra libéralisme, aux théories fumeuses de Milton Friedman et de son École de Chicago et leur cortège d'échecs patents qui ruinent les ménages et les entreprises, au sournoiseries du barrisme.
Les jours qui précèdent la primaire au PS, nous donnent déjà une indication. On loue les candidats qui soi-disant tiennent un langage de vérité plutôt que de faire rêver. On apprécie ceux qui, d'une façon ou d'une autre annoncent du sang et des larmes plutôt que des lendemains qui chantent ; pour reprendre des expressions célèbres en leurs temps.
En clair, il ne faudra pas attendre une politique de gauche mais bien un alignement sur les diktats de la Commission européenne, de la BCE et sous le regard des agences de notation qu'on n'a pas trop vues lorsque les banques ont failli.
Les peuples sont prêts à accepter du sang et des larmes encore que, quand ça fait plus de trente ans, y en a marre. Mais bon, on veut bien encore faire un effort et consentir des sacrifices. Pour cela, il faut encore avoir le sentiment que ça sert à quelque chose et que ce sang et ces larmes construiront des lendemains meilleurs à défaut de chanter. Quand on en bave depuis trente ans, qu'on voit que les jeunes vont en baver encore plus, on ne demande pas encore à chanter tous les jours. Seulement, quand on se dit que, encore une fois, ce sont toujours les mêmes qui vont s'en mettre plein le gosier, là, ça casse. Alors, les candidats de gauche feraient bien de regarder ce qui se passe en Grèce avant de mettre les citoyens au garde-à-vous devant les agences de notation. À bon entendeur.
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Égalité ou équité ?
Égalité ou équité, une bataille lexicale
Qui a prêté attention à ce détail ? Début 2010, la péniche amarrée dans le XVe arrondissement de Paris sur laquelle la droite établit son siège de campagne à l’occasion des élections régionales en Île-de-France était baptisée L’Équité.
Une façon discrète mais néanmoins ferme de révoquer le mot Égalité, avec l’espoir qu’il devienne un terme décoratif à l’usage des inscriptions et des médailles. Comme si la valeur active, la valeur vivante, la valeur objective, ce n’était plus l’Égalité, cet idéal proposant à tout Un de se voir soi-même dans l’Autre en harmonisant les conditions de vie, mais l’Équité, cette sagesse de boutiquier. À savoir la remise à chacun d’une part du butin correspondant à sa force et à ses mérites sans arasement des fortunes par une redistribution permettant aux membres d’une même société politique de vivre dans un monde qui leur paraisse commun.
À travers ce choix des mots, la droite révolutionnaire poursuit une bataille lexicale dont le modèle lui est venu des États-Unis lors du déclenchement de la Grande Guerre idéologique néolibérale dans les universités américaines par les prix Nobel Milton Friedman et George Stigler et qu’elle a tardivement provoqué sur le sol national – un triple héritage gaulliste, chrétien et social-syndicaliste ayant retardé le déclenchement des opérations.
LA GUERRE DES MOTS
C’est à force d’être attaqués jour après jour avec les plus basses méthodes de la propagande politique que les mots État, régulation, protection, assistance, égalité ont fini par être frappés d’indignité. Et par les mêmes méthodes, employées à rebours, que les mots risque, marché, utilité, concurrence, rationalité sont désormais auréolés de tous les prestiges.
La manœuvre est toujours la même. Il s’agit de discréditer et de substituer. Dans son Saint Paul ou l’invention de l’universalisme (PUF, 120 p., 12 € ) – une lecture vivement recommandée – Alain Badiou évoque une oblitération par recouvrement nominal. « Le monde contemporain est ainsi doublement hostile aux processus de vérité. Le symptôme de cette hostilité se fait par des recouvrements nominaux : là où devrait se tenir le nom d’une procédure de vérité, vient un autre nom, qui le refoule. »
Dans le cas du mot Égalité, l’attaque a pris l’allure d’un tir croisé et l’oblitération par recouvrement nominal a été double. En plus du mot Équité – né de la rêverie libérale de l’« à chacun son mérite » –, le mot Diversité – né de la rêverie libertaire de l’« à chacun son genre » – lui est de plus en plus fréquemment substitué. Et à gauche cette fois-ci, où l’on accepte souvent que périsse l’Égalité pour que la Diversité triomphe.
Les socialistes parisiens n’avaient pas établi leur siège de campagne sur une péniche lors des élections régionales de 2010. C’est regrettable. L’Équité étant amarrée sur la Rive gauche, ils auraient pu occuper une péniche baptisée la Diversité et l’amarrer sur la Rive droite. On aurait mesuré à quel point le brouillage doctrinal était avancé.
L'ÂNE DE BURIDAN
Depuis quarante ans, dans tous les pays occidentaux, la révolution néolibérale s’est appuyée sur une guerre des idées et une bataille des mots d’une violence effroyable.
Allumez votre télévision, tournez le bouton de votre poste de radio, ouvrez le journal du matin. Les discours des experts, les admonestations des hommes politiques, les menaces des autorités financières internationales tendent partout à assurer le consentement de la classe moyenne à l’inégalité – en lui laissant croire que ce sont les pauvres qui allaient décrocher et partir à la dérive.
C’est ainsi que le citoyen des démocraties occidentales ressemble à une biche traquée par les chasseurs. Il comprend que la croissance des inégalités dans la satisfaction des besoins de base – se loger, se nourrir, se soigner, vivre dans la paix civile et nourrir ses enfants –, empêche la société d’être décente.
Mais il s’est en même temps laissé persuader que l’éclatement de l’échelle des revenus et l’augmentation des écarts de richesse étaient la conséquence du fonctionnement juste du marché. Il est partagé entre la société décente et le marché libre comme l’âne de Buridan entre son seau d’eau et son seau d’avoine.
D’où cette délégitimation de l’impôt au cœur de tous les débats actuels dans l’Occident marchand. Sous les coups de boutoir d’une propagande libérale dont les Républicains américains ont imposé le modèle, l’impôt est désormais assimilé à un vol – comme si l’impôt n’avait pas une fonction sociale, celle de rétablir un minimum d’égalité entre les citoyens sans lequel il n’est pas de société politique ainsi que l’expliquait déjà Aristote dans son Éthique à Nicomaque. Comme quoi cette idée n’a rien de bolchevique et comme quoi elle ne date pas d’hier.
2012: la surprise. Politique-fiction
Mélenchon crée la surprise en se qualifiant face à Marine le Pen au second tour...

En ce mois d'avril 2012, tout le monde ou presque, dans le Landerneau politique et médiatique, avait prévu la qualification de Marine le Pen au second tour de l'élection présidentielle, qui ne faisait plus guère de doute.
En revanche, personne n'avait imaginé que cette élection présidentielle constituerait une surprise, et de taille : l'élimination tant du Président sortant que du candidat socialiste, dès le premier tour de ce scrutin qui resterait dans l'histoire.
Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, représentant du Front de Gauche, qui a mené une campagne dynamique, se retrouve qualifié face à Marine le Pen, qui a mené une campagne similaire. C'est tant la défaite du PS que de l'UMP, éclaboussés dans divers scandales et qui n'ont pas su tirer les leçons de la chute prévisible de la maison euro. Nous voilà face à un duel opposant le candidat du Front National au candidat du Front de Gauche, qui pourrait être arbitré lui aussi, par Jean-Jacques Bourdin, de RMC.
Je sais : avec des si, on mettrait Paris en bouteille, mais au final, cette campagne ne serait-elle pas plus passionnante, si Jean-Luc Mélenchon se qualifiait tout comme Marine le Pen, au second tour de l'élection présidentielle ? Au fond des personnalités qui connaissent les réalités populaires, qui savent de quoi elles parlent, et proposent des solutions concrètes, alors même que tous les autres, qui ont gouverné la France depuis ces trente dernières années, n'ont fait que l'enfoncer et vendre notre pays aux plus puissants de ce monde ?
Pour ma part, je souhaiterais qu'un tel scénario se réalise, ce serait même une victoire du peuple, qui en aurait assez de subir les mêmes gouvernants depuis maintenant trois décennies, si ce n'est quatre. Bien sûr, dans une telle hypothèse, je ne voterais pas Marine le Pen, cela va sans dire...
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/et-si-melenchon-se-qualifiait-face-99644



