A l'indépendant

Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'une conversion est pour l'individu: changer le but et le sens de la vie. Roger Garaudy

dimanche 27 décembre 2009

Chrétiens, vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse

 

[Larges extraits d'un texte qui vient de paraître sur http://www.anti-imperialisme.com/ ]


 

« Nul ne peut servir deux maîtres : car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez ou boirez ; ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? (…) Ne vous mettez donc point en peine, disant : Que mangerons-nous, ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous ? Car ce sont les Gentils qui recherchent toutes ces choses, et votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus. N’ayez donc point de souci du lendemain ; le lendemain aura souci de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » (Matthieu, VI, 24-26 ; 31-34)

Cet avertissement s’adresse non seulement aux chrétiens progressistes mais aussi à tous les catholiques qui fréquentent les églises de la Tradition et continuent néanmoins à pratiquer des activités professionnelles ou de consommation INCOMPATIBLES avec leur FOI ! Experts comptables catholiques, ingénieurs en chef chez Coca-Cola, agents commerciaux dans une agence de voyage, gentils organisateurs au Club Med,…sachez que le Seigneur est autant attentif à la manière dont vous gagnez votre argent qu’à la manière dont vous le dépensez ! Contrairement au dicton bien connu, l’argent a une odeur particulièrement fétide lorsque son origine est satanique. Mais Satan est rusé, on ne le qualifie pas de MALIN sans raison et il est vrai que ses effluves infernales peuvent se faire très discrètes pour des narines non averties. C’est pourquoi nous souhaitons aujourd’hui mettre en garde tous les catholiques capitalistes, qui tentent de justifier leur comportement économique par des tours de passe-passe jésuitiques. Qu’ils sachent qu’ils blasphèment gravement le Seigneur en expliquant par exemple doctement à des interlocuteurs naïfs les raisons pour lesquelles un bon catholique peut travailler dans une banque, investir en bourse, pratiquer l’usure, faire de la publicité commerciale ou être le manager d’une grande entreprise import-export de textiles fabriqués en Chine. Au-delà de ces exemples professionnels, nous pousserons plus loin le raisonnement et rangerons dans la même catégorie des chrétiens en porte-à-faux avec leur FOI, ceux qui continuent aujourd’hui à cautionner le système capitaliste en nourrissant les vautours de la finance cosmopolite par des vacances fréquentes sous les tropiques, par des divertissements impurs en boîtes de nuit, voire tout simplement par des achats répétés de coca-cola…

A bien écouter les catholiques favorables ou indifférents au capitalisme, il serait bon ou du moins naturel et inéluctable que l’économie, en toutes circonstances, génère du profit. Tout système économique qui refuserait de suivre cet axiome serait inévitablement condamné à la ruine. L’exemple éculé utilisé par les catholiques « occidentalistes » étant la chute du communisme, preuve la plus formelle s’il en est de la faillite d’un système économique « antinaturel » et antichrétien. Argument fallacieux par excellence lorsque l’on sait que le mur s’est écroulé, non pas tellement sous la pression d’une soi-disant misère économique présente à l’est du rideau de fer, mais plutôt par absence d’ « attractivité » de la société communiste en face du « grand bazar occidental ». En réalité, à défaut d’être motivés par quelque-chose de plus élevé sur le plan spirituel que le matérialisme historique, les habitants des pays de l’Est ont fini par idolâtrer les pires aspects de la société occidentale. Ils sont passés logiquement d’un matérialisme idéologique et austère à un matérialisme anarchique et libertaire. Les catholiques qui, à la suite de Jean-Paul II, célèbrent la chute du mur comme le symbole de la « liberté religieuse » enfin retrouvée par nos frères de l’est, ne sont pas des chrétiens, ce sont des crétins ! Il saute aux yeux de tous les analystes avisés que la première chose que les habitants d’Europe de l’Est se sont empressés de faire une fois le mur tombé n’est pas d’aller brûler un cierge dans les églises de Berlin-Ouest mais de s’engouffrer dans les sex-shops et les grands magasins de la capitale allemande, dont les rayons étaient remplis de biens de consommation complètement inutiles. Les froufrous, les strass et les paillettes, les hamburgers dégoulinant de graisse dans un décor de Walt Disney, la liberté de circuler aux quatre coins de la planète, tous ces beaux emblèmes de l’Occident capitaliste sont les vraies causes de la chute du mur. Les attributs clinquants de Lucifer, voilà ce qui attirait véritablement les anciens citoyens du bloc soviétique. « Nous ne voulions pas nécessairement voyager à l’étranger, déclarait dernièrement à la télévision un ancien habitant de la RDA, mais nous voulions savoir que nous pouvions le faire ! » Restons donc sérieux ! que celui qui voit dans cet esprit nomade et envieux la moindre once de foi chrétienne me fasse signe, j’attends ses arguments avec impatience.

Toujours sous l’emprise idéologique d’une pseudo « loi naturelle », nos chers chrétiens libéraux voient donc dans la RECHERCHE DU PROFIT une fonction ontologique, un principe de survie de l’homme dicté par Dieu contre lequel il ne serait pas juste de lutter. Bien entendu, ce profit devra préalablement être labellisé « éthique » par opposition aux mauvaises pratiques économiques comme le vol ou la fraude fiscale. Il faut en effet ménager un certain vernis moral au capitalisme faute de pouvoir s’en passer. Le bon croyant capitaliste bien propre sur lui jette toujours un regard gêné à la Croix du Christ suspendue au-dessus de son ordinateur, avant de se brancher sur internet et de placer avidement son argent en bourse ou sur des comptes KAUPTING BANK à haut rendement. Quoi de plus naturel, Seigneur Jésus, que de chercher à mettre du beurre dans ses épinards ? Quoi de plus naturel et rassurant, Seigneur Jésus, que de gérer ses petites économies « en bon père de famille ». Ce serait péché, Seigneur Jésus, que de passer à côté de ces dividendes si lucratifs…Amen, ainsi soit-il ! On christianise ainsi à peu de frais le capitalisme et il ne faut guère de temps à nos chrétiens libéraux pour protestantiser leur doctrine économique avec des formules creuses et insipides : « les bons comptes font les bons amis » – « un prêté pour un rendu » – « charité bien ordonnée commence par soi-même »… c’est si beau la solidarité chrétienne. Belle dérive vétérotestamentaire en vérité, bien mise en évidence par Max Weber ou Werner Sombart dans leurs travaux sur l’éthique judéo-protestante et la naissance du capitalisme. Et que l’on ne m’accuse pas ici d’antisémitisme puisque Jacques Attali lui-même affirme à qui mieux mieux dans ses écrits la glorieuse paternité juive du système capitaliste (ATTALI J., Les Juifs, le monde et l’argent). En gros, amassez des fortunes de façon « honnête », distribuez en un peu et Dieu ne vous en tiendra pas rigueur. Si l’on applique en plus à cette maxime la doctrine protestante de la prédestination, on poussera le vice un peu plus loin en déclarant que Dieu nous bénit pour notre « sainte épargne » et que si fortune nous amassons, il s’agit d’une preuve supplémentaire que Dieu caresse toutes nos activités économiques de son œil bienveillant. Quel dévoiement terrible de la vraie nature des choses et qui ne voit que cette recherche « naturelle » du profit n’est pas le sceau de Dieu mais la marque du Diable et la conséquence funeste du péché originel. Expliquons-nous.

Inutile de chercher à rentrer dans les arguties théologiques des damnés du capitalisme chrétien. A les entendre, leur comportement économique déviant procéderait de la sainte vertu de prudence si bien décrite par le grand docteur de l’Eglise qu’est Saint-Thomas. Ainsi, en amassant petit à petit leurs avoirs, ils ne chercheraient au fond qu’à mettre leur famille et leur entourage à l’abri d’un coup dur…leurs vacances deux fois l’année à la côte d’Azur faisant partie de ces nécessités de la vie auxquelles ils ne pourraient déroger. Les circonvolutions de leur discours embarrassé ne servent en réalité qu’à camoufler les pires défauts de leur esprit mercantile. Revenons donc plutôt aux fondements évangéliques et faisons-nous un peu mal à l’estomac. Nous avons déjà cité en introduction de ce billet le fameux avertissement du Christ « Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse » (Matthieu VI, 24). Bien entendu, on pourra toujours nous accuser de politiser ici les Ecritures et de sombrer dans les errements marxistes de la « Théologie de la Libération ». Ceux qui nous lisent régulièrement savent pertinemment que nous ne sommes ni communistes, ni socialistes. Il ne s’agit donc pas pour nous de promouvoir ici une société égalitaire et sans classe, comme un aboutissement nécessaire de la destruction du capitalisme puisque nous prêchons un retour à une société aristocratique. Cela ne nous empêche pas, en bons aristocrates catholiques, de goûter la pertinence de la critique marxiste du capitalisme et de réclamer, tout comme l’a fait récemment Hugo Chavez à la tribune de Copenhague, la destruction du système capitaliste en vertu même des paroles de Notre Seigneur Jésus Christ. Car si le président vénézuélien se berce de douces illusions en parlant avec emphase d’Egalité, d’Humanisme et de Droits de l’Homme – toutes ces idoles modernes antichrétiennes – il est un point sur lequel il n’a pas tort : le système capitaliste est résolument incompatible avec le christianisme. Et il ne s’agit pas ici de faire de la politique mais de lire simplement les Evangiles qui sont suffisamment explicites en de nombreux passages pour éviter toute ambigüité sur le sujet : « Je vous le dis en vérité, difficilement un riche entrera dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore une fois, il est plus aisé qu’un chameau passe par le trou d’une aiguille, qu’il ne l’est à un riche d’entrer dans le royaume des cieux. » (Matthieu, XIX, 23-24) ; « Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous courez les mers et la terre pour faire un prosélyte, et, quand il l’est devenu, vous faites de lui un fils de la géhenne, deux fois plus que vous. Malheur à vous, guides aveugles, qui dites : Si un homme jure par le temple, ce n’est rien ; mais s’il jure par l’or du temple, il est lié. Insensés et aveugles ! lequel est le plus grand, l’or, ou le temple qui sanctifie l’or ? » (Matthieu, XXIII, 15-18) ; « S’étant assis vis-à-vis du tronc, Jésus considérait comment le peuple y jetait de la monnaie ; plusieurs riches y mettaient beaucoup. Une pauvre veuve étant venue, elle y mit deux petites pièces, valant ensemble le quart d’un as. Alors Jésus, appelant ses disciples, leur dit : « Je vous le dis, en vérité, cette pauvre veuve a donné plus que tous ceux qui ont mis dans le tronc. Car tous ont mis de leur superflu, mais cette femme a donné de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » (Marc, XII, 41-44) ; « Heureux, vous qui êtes pauvres, car le royaume des cieux est à vous ! Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie ! Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, vous repousseront de leur société, vous chargeront d’opprobres, et rejetteront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. Réjouissez-vous en ce jour-là, et tressaillez de joie, car voici que votre récompense est grande dans le ciel : c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. Mais malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation ! Malheur à vous, qui êtes rassasiés, car vous aurez faim ! » (Luc, VI, 20-25). « Il y avait un homme riche dont le domaine avait beaucoup rapporté. Et il s’entretenait en lui-même de ces pensées : Que ferai-je ? car je n’ai pas de place pour serrer ma récolte. Voici, dit-il, ce que je ferai. J’abattrai mes greniers, et j’en construirai de plus grands, et j’y amasserai la totalité de mes récoltes et de mes biens. Et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as de grands biens en réserve pour beaucoup d’années ; repose-toi, mange, bois, fais bonne chère. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même on te redemandera ton âme ; et ce que tu as mis en réserve, pour qui sera-t-il ? Il en est ainsi de l’homme qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche devant Dieu. » (Luc, XII, 16-21). Et nous sommes loin d’avoir épuisé ici tout le Nouveau Testament !

La lecture de ces passages est suffisamment éloquente pour comprendre l’essence même de la Vérité catholique dans le domaine économique : la SIMPLICITE VOLONTAIRE, la condamnation de toute forme D’ACCUMULATION et en conséquence le DEPOUILLEMENT maximum. La parabole des talents elle-même (Matthieu, XXV, 14-30), qui à la rigueur pourrait faire songer à un assentiment du Christ pour le développement du capital, n’est rien d’autre qu’un éloge du développement des qualités humaines distribuées de façon inégale par Dieu aux hommes. S’il est un « capital » à faire fructifier au sens spirituel du terme, c’est la noblesse de l’homme créé à l’image de Dieu et rien d’autre. De même la parabole de l’intendant infidèle, où le Christ semble à première vue louer les actes frauduleux de l’intendant, doit au contraire être entièrement comprise dans un sens anticapitaliste : « Faites-vous des amis avec les richesses d’iniquité, afin que, lorsque vous quitterez la vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels » (Luc, XVI, 9). Il ne s’agit pas bien entendu ici d’encourager les chrétiens à accumuler malhonnêtement de l’argent pour acheter leur entourage mais bien d’encourager ceux qui ont accumulé de l’argent au mépris de toute charité de se racheter en en faisant profiter ceux qui en ont le plus besoin, sans rien attendre en retour. C’est à nouveau un éloge du dépouillement maximum que l’on peut mettre en parallèle avec cet autre passage de l’Evangile de Luc : « Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour, et ne te rendent ce qu’ils auront reçu de toi. Mais, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux et des aveugles ; et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent te rendre la pareille, car cela te sera rendu à la résurrection des justes. » (Luc, XIV, 12-14). D’ailleurs, la confrontation de Jésus avec les Pharisiens qui suit directement cette parabole de l’intendant infidèle ne laisse aucun doute sur le sens à lui donner : « Les Pharisiens qui aimaient l’argent, écoutaient aussi tout cela, et se moquaient de lui. Jésus leur dit : « Vous êtes ceux qui se font passer pour justes devant les hommes ; mais Dieu connaît vos cœurs ; et ce qui est élevé aux yeux des hommes est une abomination devant Dieu. » (Luc, XVI, 14-15).

Bref, inutile de tourner désormais autour du pot : tout artifice, toute superficialité matérielle flattant notre orgueil ou notre penchant peccamineux pour la luxure nous conduit peu ou prou à trahir le Christ. Les conséquences économiques de la Vérité catholique sont par conséquent très simples. Notre activité professionnelle n’est justifiable que d’un seul point de vue, tiré directement de la chute originelle d’Adam et Eve sur Terre : SUBSISTER pour racheter nos fautes et gagner le paradis. La seule économie en odeur de sainteté aux yeux de Dieu, si cette économie ne lui est pas directement consacrée, est donc l’économie de subsistance. En bons chrétiens, nous devons tirer notre subsistance de la Création et gérer les biens confiés à nous par Dieu en intendants respectueux, en vue d’assurer une éducation chrétienne à nos enfants, dans l’attente du retour du Christ à la Parousie. Ce faisant, nous devons surtout accumuler des bénéfices POUR NOTRE AME, en nous dépouillant en revanche au maximum des bénéfices matériels de ce monde qui sont autant d’obstacles à notre salut. La dérive de la pensée judéo-protestante est maléfique en l’essence car elle consiste au contraire à sacraliser le temporel. Cette dérive a véritablement libéré les forces incontrôlables de l’Argent-Dieu, et divinisé le terrain de jeu préféré du Veau d’Or : le Marché. Ce processus de désacralisation de l’économie se développe depuis plusieurs siècles mais a atteint aujourd’hui son paroxysme puisque les forces sataniques du Marché sont parvenues à leur fin et ont transformé la face du monde : la finance y est devenue le vecteur principal de création de richesses. Aujourd’hui faire de l’argent avec de l’argent est devenu « monnaie » courante ! Des fortunes immenses se bâtissent dans un temps incroyablement court, non par le fruit d’un travail acharné, mais par le simple jeu de la spéculation. L’accumulation de biens matériels inutiles, qui était déjà en soi grandement répréhensible d’un point de vue chrétien, n’est en définitive pas grand-chose si on la compare à l’actuelle fabrication démoniaque d’argent virtuel qui est au cœur du système capitaliste contemporain. Quel blasphème ! Car seul Dieu a le pouvoir de créer de la richesse à partir du néant ! C’est pourquoi, il n’existe pas de qualificatif assez fort pour condamner cette honteuse relation adultère passée aujourd’hui entre les chrétiens capitalistes et la richesse. Il s’agit véritablement d’une nouvelle religion ou idole que l’on épouse après répudiation de celle véritable venant du Seigneur.

A ceci, les anticatholiques primaires me répondent souvent : « Vendez le Vatican alors ! » tandis que les catholiques adorateurs de nos sociétés urbaines me lancent « Avec vous, on serait toujours dans les cavernes, à manger du poisson cru et des fruits des bois. » Ce raisonnement est stupide car il fait abstraction d’un élément fondamental : la finalité divine d’une large part de l’économie artistocratique d’Ancien Régime, économie tant stigmatisée par les modernes et si mal comprise aujourd’hui. Rappelons ainsi l’âge d’or de l’Ancien Régime, le moyen-âge, lorsque tous les chefs d’œuvre et les monuments importants étaient inspirés et exécutés exclusivement ad Maiorem Dei Gloriam. Si les cathédrales ont été réalisées à cette époque, ont pu traverser les siècles et venir étonner aujourd’hui nos contemporains par leurs prouesses techniques, la raison en est très simple ! tout ce qui ne contribuait pas au moyen-âge à la pérennité de l’économie de subsistance ou de l’économie guerrière (liée naturellement à la première) était utilisé pour rendre gloire directement à Dieu – ou indirectement mais dans une juste proportion pour magnifier non le confort personnel mais la fonction divine de Ses représentants sur terre, les rois, les princes, les papes, les évêques,… Ce sont les écarts et les excès humains par rapport à cette saine ligne directrice qui ont provoqué l’embourgeoisement de l’élite aristocratique et finalement la tragédie de la Révolution française. Mais ces écarts déplorables ne remettent nullement en cause philosophiquement les principes sains sur lesquels reposait alors l’économie médiévale.

Aujourd’hui, il est devenu évident que les dérapages de l’Ancien Régime, censés justifier dans la doxa officielle la Révolution de 1789, n’ont en rien disparu. Au lieu d’un retour salvateur aux sources médiévales, le dévoiement de l’économie à des fins personnelles est même devenu le modèle à suivre plutôt que le péché à ne pas commettre. La logique du développement économique sans finalité divine a été poussée à son paroxysme par la nouvelle élite bourgeoise au pouvoir. Les plaies purulentes de cette logique capitaliste mortifère sont innombrables et cruellement ressenties par les amoureux de la Beauté : construction de villas arrogantes sur les plages de Méditerranée à la plus grande gloire de l’Argent-Roi, destruction progressive de tous les écosystèmes de la planète, orgies libidineuses de nos ministres dans les grands hôtels internationaux, expositions d’art décadent et antichrétien dans les anciennes demeures de nos rois, refus des couples d’enfanter pour préserver un mode de vie confortable. Toute cette fange consumériste exposée au public comme modèle de réussite sociale provient du fait qu’on a oublié ce fondement essentiel d’une saine ECONOMIE : le SURPLUS doit être consacré à Dieu et à Dieu seul. Tel est le sens profondément anticapitaliste de la parabole du Christ relative à ce maître de domaine qui vient de jouir d’une abondante récolte. Le Seigneur ne lui conseille pas d’investir ses surplus dans une quelconque banque agricole et de spéculer avec malice sur ses bénéfices futurs mais de les investir plutôt dans la BANQUE DU CIEL. Tout le monde aura compris que cette façon de concevoir l’activité économique ne condamne nullement la société à une stérile simplicité, au nom de laquelle Dieu n’autoriserait l’homme qu’à planter des pommes de terre et à plonger ses mains dans la terre ! Une saine politique économique chrétienne ne refuse pas le progrès mais elle implique que tout essor de l’économie ou de la technique soit orienté vers une fin DIVINE, seule barrière éthique suffisamment solide pour éviter à l’économie de se vautrer dans l’accumulation égoïste du capital, c’est-à-dire dans le culte du Veau d’Or. Le plus beau symbole de ce principe économique étant la cathédrale médiévale.

N’ayons pas peur de le dire, l’économie communiste dans sa politique de grands travaux utiles à la nation, dans sa centralisation des ressources énergétiques, dans son souci d’assurer des moyens de subsistance à toute sa population, malgré certains défauts inhérents à une centralisation totalitaire de l’économie vivrière et à une carence manifeste de finalité spirituelle, était bien plus proche des principes de l’économie de subsistance chrétienne que sa pendante libérale, salie dans ses fondements-mêmes par la recherche du PROFIT INDIVIDUEL, qui est la marque éternelle de la Bête en ce bas monde. Cette logique du profit individuel consubstantielle à l’économie capitaliste, la condamne ipso facto à toujours inciter l’homme qui y participe à transgresser les règles morales dans ses rapports avec ses semblables. Fondamentalement, l’économie capitaliste est, par l’intermédiaire de la publicité, et des médias, la TENTATRICE, la mère de tous les vices de la modernité. Admettons-le sans ambages, une économie où seuls les saints sont capables de résister à la tentation n’est pas une économie juste, c’est un puits de perdition ! En tant que chrétien, il faut avoir le courage de reconnaître en elle une économie véritablement bestiale et apocalyptique : « Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, de façon à la faire parler et à faire tuer tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête. Elle fit qu’à tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, on mit une marque sur la main droite ou sur le front, et que nul ne pût acheter ou vendre, s’il n’avait pas la marque du nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse ! Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête ; car c’est un nombre d’homme et ce nombre est six cent soixante-six » (Apocalypse, XIV, 15-18). Et le chanoine Crampon de nous livrer ce commentaire édifiant à propos de ce passage : « La meilleure solution de l’énigme ne serait-elle pas de considérer le nombre 666, non plus comme la somme des valeurs numériques des lettres d’un nom propre, mais comme un nombre symbolique exprimant par lui-même, à la manière d’un nom, la nature de l’Antéchrist. Le nombre 7, est un nombre religieux, le nombre de la création sanctifiée par le sabbat divin. (…) Le nombre 6 restant en dessous de 7, ne serait-il pas le nombre de la création sans sabbat, de l’homme sans religion, sans Dieu ? » A l’heure où les dirigeants libéraux de tous les pays cherchent à abolir le repos dominical au nom du principe de laïcité de la société publique et afin de maximiser la croissance économique, il serait grand temps que les chrétiens s’interrogent sur la nature maléfique de pareilles « élites » et rejettent en bloc les principes économiques qu’ils défendent !

Vous y allez fort, me diront les employés catholiques de chez Pizza Hut ou de chez Leclercq obligés de travailler le dimanche ! Vous y allez fort parce qu’aujourd’hui aucun secteur professionnel n’est épargné par la logique capitaliste. Chacun d’entre nous, à des degrés divers, travaillera donc pour Mammon et il est presque impossible d’échapper à cette logique, surtout si on doit continuer à faire vivre sa femme et ses enfants. Certes, vous avez mille fois raison. Ce qui fait la spécificité de notre époque apocalyptique est que le Prince de ce monde y règne pratiquement en maître absolu. Je balaierai donc aussi devant ma porte en reconnaissant bien humblement que je ne suis pas un modèle de perfection dans tous mes comportements économiques. Il n’empêche, comme la pratique assidue de la prière demande des sacrifices et de l’investissement, la destruction du Veau d’Or – une fois bien entendu qu’on est pleinement conscient de son existence et de son incarnation dans le système démo-capitaliste actuel – demande pareillement un investissement de notre part. La conséquence pour un catholique devient évidente : il faut fuir comme la peste tous les secteurs d’activité trop manifestement liés à Satan, que ce soit en tant qu’esclave « consommateur » ou que « main d’œuvre » taillable et corvéable à merci du système capitaliste. Il faut de même se convaincre et convaincre son entourage qu’acheter ou travailler pour l’idole de la CROISSANCE ECONOMIQUE sont les deux faces d’une même médaille impie. La perspective d’une croissance continuelle et illimitée de l’économie dans un monde fini est un scandale pour la simple logique humaine comme pour l’économie céleste ! Car, nous le répétons, seul Dieu est Créateur, seul Dieu est infini. Il est évident que les médias aux ordres, les grandes chaînes de télévision, les banques, le tourisme de masse (croisières, Club Med, course au soleil, farniente…), les multinationales (Nestlé, Danone, Macdonald,…) les entreprises de divertissement hédonistes, les hypermarchés, les restaurants à la chaîne, les carrières politiques fondées sur le marchandising électoral…il est évident, dis-je, que tous ces secteurs d’activité servent MAMMON puisqu’ils fondent leur existence sur l’idole du Marché. Quant aux adeptes du « levain chrétien dans la pâte démo-capitaliste » à la sauce Caritas in Veritate, Vatican II et Opus Dei, je n’ai qu’une chose à répondre à ces optimistes béats, à ces éternels cocus du système : on ne transforme pas une banque, un temple maçonnique ou une synagogue talmudiste intégriste en église ! On les rase complètement et on fait du neuf en s’inspirant de l’expérience des meilleurs constructeurs de cathédrales !

Au risque de nous répéter, s’il n’était qu’un argument VISIBLE qui devrait achever de nous convaincre aujourd’hui de la nécessaire destruction du capitalisme, c’est celui de son impact mortifère sur la CREATION. Tout ce que touche l’économie capitaliste devient irrémédiablement LAID. Comme si le mal, même camouflé, finissait toujours par laisser une empreinte morbide sur l’objet contaminé. Cet aspect des choses n’est d’ailleurs pas un diagnostic chrétien mais un raisonnement partagé par un grand nombre d’êtres humains d’origines et de cultures diverses. A l’échelle mondiale, la rupture des économies traditionnelles locales provoque immanquablement un impact terrible sur l’environnement… Nous ne parlons pas ici du très médiatique réchauffement climatique mais du parasitisme visible des infrastructures modernes qui viennent littéralement bouleverser l’harmonie des paysages modelés jadis par les impératifs simples de l’économie de subsistance. Tel est le constat posé par tous les anthropologues, même des anthropologues très médiatiques comme Levi-Strauss, qui ont consacré leur vie à étudier la « conversion » – que ce terme est lourd de sens ! – des sociétés traditionnelles à l’économie de marché. Or Dieu ne nous avait-il pas demandé de prendre soin de sa Création ? Ne nous avait-il pas demandé de la faire fructifier à son image et non de la saccager ainsi sur l’autel anti-esthétique du PRATIQUE et du RENTABLE ?

Chers frères catholiques, chers camarades anticapitalistes, vous avez compris ce qu’il nous reste à faire. Nous devons incarner à côté du système démo-capitaliste dans lequel nous sommes aujourd’hui prisonniers, une nouvelle contre-société chrétienne. Cette nouvelle société chrétienne – car l’ancienne est définitivement morte – ne se construira pas en un jour. Peut-être faudra-t-il d’ailleurs attendre le retour du Sauveur sur cette Terre pour connaître son avènement. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas attendre sagement que tout s’écroule en continuant à profiter hypocritement du système, au risque réel de nous faire sévèrement disputer par le maître lorsqu’il sera de retour. Dans chaque activité de notre quotidien trop manifestement contaminée par Satan, il faut donc couper net le cordon ombilical. Nous devons travailler quotidiennement et à tous les niveaux de notre vie pour le BIEN, le BEAU, le VRAI. Car toute ACCEPTATION RESIGNEE de ce qui vient du Diable risque tôt ou tard d’avoir des conséquences dramatiques pour notre âme et celle de nos frères : « Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il vaut mieux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. » (Matthieu, V, 30). Rappelons-nous encore une fois de notre vocation divine, nous sommes dans le monde, nous ne serons jamais du monde !

Anticapitalisme véritable : la naissance du Sauveur dans une mangeoire

 


Posté par Alaindependant à 23:27 - Humeurs - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

mercredi 16 décembre 2009

Tour Eiffel minaret

[Article sur http://oumma.com/ ]:

En France, l’homme politique est de moins en moins préoccupé par la résolution des problèmes qui lui sont posés, il se contente plutôt de dénoncer avec force le coupable qui en serait à la source. Ainsi, à l’approche de chaque échéance électorale, la droite comme les médias tendent à se « décomplexer », le coupable est clairement désigné, tel un virus qui surgit de nulle part. Appelons-le « bouc émissaire pré-électoral ». Sans vouloir s’attarder sur sa description, tant les médias accomplissent cette tâche avec succès, tentons donc de nous projeter dans l’univers psychologique d’un innocent, à qui le nom dudit coupable aurait été transmis.

« Aujourd’hui, l’appel à la prière a résonné depuis la Tour Eiffel. Il a parasité mon ouïe à cinq reprises, pour rappeler à des millions de fidèles, et à beaucoup plus d’infidèles, qu’il était l’heure de penser. Dans les rues que j’arpente, j’ai croisé sur le même trottoir un hijab, puis deux. Soudain, j’aperçus une burqa, puis deux, puis une infinité. Les burqas ont proliféré ces derniers temps. Manifestement, le minaret qui surplombe la capitale parisienne y est pour quelque chose.

Aujourd’hui, j’ai amené trois délinquants-adolescents récemment relâchés d’un centre de rétention visiter le Louvre. Parce que le Louvre est un élément constitutif de notre identité nationale, quoi qu’en disent ceux qui accusent la France de leur avoir volé leurs œuvres les plus chères. Après avoir été fouillés, nous avons apprécié les pyramides jonchant le premier niveau.

Une fois parvenus à l’étage ultime, celui qu’une foule inépuisable de curieux réchauffe indéfiniment, nous avons aperçu la Joconde. Le chef d’oeuvre issu du pinceau de Léonard de Vinci est d’autant plus intriguant qu’il a séduit les plus réticents d’entre nous. C’est pourquoi, au nom du respect à la tolérance imposé par certains, il a été décidé qu’un niqab voile la Joconde, son visage y compris, le miroir de l’âme.

Après l’enrichissement culturel vint le temps de l’approvisionnement naturel. J’ai laissé sur le trottoir les trois gamins et suis parti à la recherche les victuailles dont nous avions tant besoin. A mon retour, ils furent raflés, parce qu’âgés de moins de treize ans. « Après 23 heures, a dit leur kidnappeur, c’est plus l’heure ».

Une fois dans le métro, trois Roumains m’ont éloquemment dévoilé leur plaidoyer en vue de récolter quelques pièces. Après quoi, je leur ai fait comprendre que les allocations familiales qu’ils percevaient devraient leur suffire. Parce que donner c’est bien, mais assister c’est trop. Surtout qu’avaliser un don à destination d’un Roumain, c’est être condamné à reproduire le même humanisme envers le Noir qui espère sur le quai.

D’ailleurs, si c’est pour se faire arracher son portefeuille par des Arabes en sortant du métro, c’est peine perdue. La France, et encore moins le Français que je suis, n’est pas en mesure d’accueillir toute la misère du monde. « Désolé je n’ai pas de monnaie » leur ai-je traduit. S’il faut donner à ceux qui nous volent des emplois, quand bien même les « dix millions » d’autres immigrés qu’ils sont censés nourrir ne « foutent rien », c’est injuste.

Demain, j’irai voter au référendum. Parce que je suis citoyen, parce que je pense que, tout comme l’identité nationale, il nous faut un vrai débat sur l’immigration. « Qu’est-ce qu’être un immigré ? Pourquoi un immigré ? Quoi faire des immigrés ? ». Ce sont les questions que je me pose actuellement, du moins que sont censés se poser les inquiets dont je fais partie. Soyons prudents.

Trop de couleurs foisonnent dans nos rues, trop de burqas voilent nous avenues. Tout ça s’est passé en un laps de temps, tel un ouragan pré-électoral : on ignore d’où est-ce que ça vient, mais ça disparaît avec des millions de votes incertains.

En quête de sagesse, je me suis alors tourné vers Albert Camus. Dans l’univers qu’il m’a décrit, un rat, puis deux, et enfin des milliers, ont été contaminés par La peste. Quelques jours plus tard, la ville était contaminée. Plutôt que se prémunir contre cette épidémie, on accusa l’incontrôlable prolifération de rats. Sans y remédier.

Avant de refermer mon livre, Camus m’a averti : « Il faut se méfier de la peste. Elle peut revenir à tout moment ».

Malcom M

Posté par Alaindependant à 12:37 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 30 novembre 2009

Laissez-nous à nos jeux de théatre, par Michel Peyret

Depuis quelques décennies , nous voyons "droite" et "gauche" , selon les acceptions aseptisées qu'elles se sont données , se succéder à la gestion gouvernementale , c'est-à-dire à la gestion du capitalisme , au fond en se donnant comme objectif d'être chacune la meilleure , les plus efficaces , pour faire accepter par les travailleurs les exigences de profit des capitalistes .


Quand ce n'est de parvenir , ici ou en Allemagne , à des gestions communes , ce que l'on a appelé les "cohabitations" , comme quand , par exemple , Chirac et Jospin se rendaient ensemble à Barcelone pour ensemble adopter , ou faire adopter , les décisions européennes de "libéralisation" des services publics ou de l'énergie . Ce qui est quelque peu passé inaperçu à l'époque , pour cependant revenir aujourd'hui à l'ordre du jour sous l'égide de Nicolas Sarkozy qui doit en accepter les inconvénients en termes de sondages , notamment à la veille , ou à proximité de prochaines élections .


Dès lors , nous voyons à nouveau s'ouvrir les rideaux de la scène politique pour avoir le plaisir de regarder se jouer , ou se rejouer , quelques-unes de ces tragi-comédies , dont les acteurs , qu'ils surgissent d'un côté ou de l'autre du plateau , connaissent bien toutes les astuces , tous les trucages , toutes les dramatisations pour emporter l'acceptation de ceux qui sont la plupart du temps réduits au rôle de spectateurs , avec interdiction d'entrer sur la scène avant le Jour "J" et l'Heure "H" où ils seront autorisés à désigner le meilleur acteur qui les assurera que , désormais , ils peuvent dormir tranquilles , qu'il s'occupera de tout !


Aussi voyons-nous ressurgir tous les deux ou trois ans ces fameux rendez-vous , évidemment cruciaux , où reviennent les thèmes consacrés des comédies les plus renommées pour enlever au mieux l'intérêt des spectateurs .


Parmi les meilleurs acteurs du passé , on compte François Mitterrand qui avait su se saisir d'un minable acteur mais à la voix forte pour lui dicter un rolet qui ferait son succès tout en lui assurant le sien .


La "droite" étant habituellement majoritaire parmi les spectateurs , il avait eu une idée de génie , celle de diviser cette "droite" entre une droite commune et monotonique et une autre "droite" dite extrème destinée à neutraliser une partie des spectateurs .


Dès lors , il n'avait eu de cesse de l'aider à creuser l'un de ces thèmes qui pouvait avoir quelque écho chez les classes populaires qui connaissaient le chômage , le travail précaire , la pauvreté sinon la misère et tous les les maux les accompagnant .


Il fallait alors trouver le pelé , le galeux , d'où venait tout le mal et qui ne pouvait être bien évidemment le capitaliste dominateur , exploiteur et aliénant mais plutôt celui que le capitaliste faisait venir lui-même d'ailleurs pour accentuer la mise en concurrence des exploités , les diviser , les dresser les uns contre les autres en dépit de toutes les solidarités apprises.


Ce pelé , ce galeux , c'était donc ce migrant , a fortiori si sa peau avait quelque couleur , c'était celui qui venait "prendre le travail" tandis que ses enfants semaient le désordre dans les cités où ils avaient le culot de résider !


Et cela a marché !


Comme aucune force politique ne dénonçait le véritable coupable , le capitalisme et son régime , que chacune attendait son tour de servir , il fallait se tourner vers celui qui pouvait en avoir les apparences , quitte à les lui donner avec quelque "burka" , voire en faisant ressurgir ces fameux "chocs de civilisations" chers aux amis de George Bush !


Bien évidemment aussi , il convient de renouveler l'apparence des thèmes .


Celui qui veut rester au pouvoir doit dénoncer ce qui menace "l'identité nationale" tandis que ceux qui attendent leur tour nient l'évidence de toute identité nationale .


Mais que ne diraient-ils pas pour retrouver les délices et certainement les avantages de la gestion du capitalisme ?


Avant d'ailleurs de faire front commun pour ensemble promouvoir quelque idée et Etat européen destructeurs des peuples , des nations et de leurs cultures !


Avant d'ailleurs de faire front commun pour considérer comme nul tout vote des Français qui viserait à mettre un terme aux traités constitutifs de cet Etat qu'ils persistent à appeler "Union" .


Coup d'Etat ? Haute trahison ?


Mais de quoi donc parlez-vous ?


Pitié , laissez-nous à nos jeux de théâtre

Michel Peyret


Posté par Alaindependant à 10:15 - Humeurs - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 21 novembre 2009

C'est Dieu qu'on assassine

 

Nagib Aoun (L’Orient-Le Jour)

Le monde est fou ? Évidemment qu'il l'est, totalement, complètement. Un monde déboussolé, livré aux états d'âme des uns, aux humeurs perverses des autres, mais nullement conscient de sa démence, de sa schizophrénie.

Le monde est fou depuis qu'il existe, il l'est devenu à l'heure même où Ève a offert le fruit défendu à Adam, à l'heure même où Caïn a tué Abel. La folie s'est poursuivie tout au long des siècles, tout au long des années de désastres, de détresse, et ne s'arrêtera jamais aussi longtemps que l'homme prendra sa démence pour du génie, ses convictions pour révélations divines, ses propos pour paroles d'Évangile.

Faut-il égrener les horribles souvenirs, les pages d'une histoire universelle qui baigne dans le sang des innocents, qui s'écrit en lettres écarlates ? Tueries, massacres, crimes de guerre, génocides, est-il vraiment nécessaire de remonter le temps pour faire l'inventaire de la bêtise humaine ?

N'allons pas loin dans le passé : d'une Première Guerre mondiale où les soldats allaient à la mort une fleur au bout du fusil, à une seconde conflagration mondiale où la folie d'un homme a subjugué les esprits, a ouvert la voie à l'impensable, à la troisième guerre planétaire, celle qui est en cours, celle d'un terrorisme sacrificiel où des milliers d'hommes tuent ou tombent au nom d'Allah le Miséricordieux, les preuves de l'inévitable, quasiment du « maktoub », s'accumulent, chaque jour plus accablantes, chaque jour plus assassines.

De l'Afghanistan à l'Irak, d'un Ben Laden qui se prenait pour le glaive de l'islam, destiné à punir les infidèles, à éliminer « les nouveaux croisés », à un George Bush qui se disait investi d'une mission divine pour éradiquer le mal, le facteur religieux est omniprésent, toujours brandi pour justifier l'injustifiable, pour faire admettre le bien-fondé d'aventures hasardeuses, d'expéditions meurtrières.

Et comme par ricochet, à l'image de pions qui se déplacent d'une manière anarchique, l'on voit un Ahmadinejad, lui aussi totalement immergé dans ses convictions religieuses, promettre la fin prochaine d'Israël, sa quasi-élimination, nier la vérité historique des camps d'extermination nazis, au rythme de la litanie quotidienne de « mort à l'Amérique ».

À des milliers de kilomètres de là, dans une ville paisible des États-Unis, un officier supérieur américain, musulman d'origine palestinienne, entre soudainement en transes et, fusil à la main, abat treize de ses collègues au cri d'Allah Akbar.

Évidemment, il n'existe aucun lien entre Ben Laden, Ahmadinejad et le commandant Nidal Malik Hasan, mais en arrière-plan, en toile de fond, il y a la Palestine, il y a Jérusalem, et ce formidable héritage religieux, cette horrible incompréhension qui déchirent la région depuis vingt siècles.

Sur ce damier explosif, le Liban, lui, est aux premières loges, au centre d'une mosaïque qui a pour référence le même Dieu et qui implose chaque jour au nom du même Dieu. « Peuple élu », d'un côté, accroché à sa « Terre promise » et, de l'autre, un peuple martyrisé que l'État hébreu veut extraire, expulser du sol de ses ancêtres, de la terre qui est la sienne depuis des éternités.

Au Liban, c'est Anne Frank qui en fait les frais. Extrémisme plus ignorance : le journal d'une enfant juive promise à l'extermination est assimilé à une propagande sioniste et est frappé d'interdit !

C'est Allah le Miséricordieux qu'on assassine une fois de plus... et le meurtrier est un parti qui se revendique de Dieu ! Le monde n'est pas seulement fou, il est aussi, très souvent, infâme...

 

Posté par Alaindependant à 17:40 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 28 octobre 2009

Identité française

petain11polign10

 

Posté par Alaindependant à 23:20 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 16 octobre 2009

Le sabre, le goupillon et la salle de marchés, par Bernard Cassen

 

 

A la « Catho », hommage au cardinal putschiste de Tegucigalpa et à l’ancien directeur général du FMI

On aurait aimé que ce soit un canular, mais c’est une information vérifiée : le 24 novembre prochain aura lieu à Paris une cérémonie dont le casting est proprement ahurissant au regard de l’actualité française et internationale.

Ce jour-là, le cardinal archevêque de Tegucigalpa, Oscar Rodriguez Maradiaga, et l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Michel Camdessus, recevront les insignes de docteur honoris causa de l’Institut catholique de Paris. Et leur panégyrique (Laudatio) sera prononcé respectivement par Monseigneur Hippolyte Simon, archevêque de Clermont, et Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE).

Il faut vraiment croire que les puissances invitantes, à savoir le cardinal André Vingt-Trois, et le recteur de l’Institut, Pierre Cahné, vivent sur une autre planète pour oser mettre en scène publiquement cette nouvelle alliance du sabre, du goupillon… et de la salle de marchés.

On ose espérer que l’invitation au cardinal Maradiaga reposait sur l’image « progressiste » que le prélat avait su se donner ces dernières années, notamment lors de sa candidature à la succession de Jean-Paul II. Mais les autorités de l’Institut catholique auraient dû se renseigner et lire ses déclarations après le coup d’Etat du 28 juin dernier au Honduras. Non seulement, comme d’ailleurs les autres membres de la Conférence épiscopale hondurienne et, dit-il, avec le plein soutien du Vatican, il n’a pas dénoncé le putsch, mais il l’a au contraire légitimé en déclarant que « les documents prouvent que les institutions ont correctement fonctionné et que la Constitution a été respectée ». Il n’a pas condamné ni même évoqué les assassinats, les tortures et les arrestations massives dont s’est rendu coupable le gouvernement de facto. Pas non plus un mot sur la suppression de toutes les libertés civiques, sur la fermeture de tous les moyens de communication qui n’avaient pas fait allégeance aux putschistes, en particulier la station de radio des Jésuites, Radio Progreso. Le goupillon du cardinal a aspergé d’eau bénite le sabre putschiste.

Voilà le récipiendaire du doctorat honoris causa de l’Institut catholique dont l’archevêque de Clermont s’apprête à célébrer les qualités. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui a condamné le coup d’Etat et continue de reconnaître officiellement le président Zelaya, devrait logiquement refuser le visa d’entrée en France à ce prélat considéré comme putschiste par le gouvernement légal.

Les états de service dont peut se prévaloir Michel Camdessus sont d’un autre ordre : il n’a certes jamais trempé dans une action armée, mais les politiques qu’il a impulsées à la tête du FMI, de 1987 à 2000, ont été infiniment plus coûteuses en détresse et en vies humaines que celles de la soldatesque hondurienne. Sa trajectoire est l’inverse de celle du cardinal de Tegucigalpa : il pose volontiers aujourd’hui à l’adepte de la mondialisation « à visage humain », alors que pendant des années, il a imposé d’impitoyables plans d’ajustement structurel aux malheureux pays qui avaient recours à son « aide ».

Grâce aux « recettes » du FMI, il a à son actif, si l’on peut dire, la création ou l’aggravation d’une dizaine de crises financières majeures, de celle du Mexique en 1994 à celle du Brésil en 1999. Fanatique du marché et de la libéralisation financière qui, pour lui, « demeure le but final correct », il s’est toujours désintéressé des conséquences sociales des mesures qu’il imposait. Après les émeutes de la faim qu’elles provoquèrent en 1997 en Indonésie, et la violente répression qui s’ensuivit, ce catholique pratiquant expédia ainsi ses regrets aux familles des victimes : « Je n’avais pas prévu que l’armée allait tirer sur la foule »…

Il n’y a certainement aucun pays du Sud où une institution universitaire accorderait une distinction à Michel Camdessus. Tout porte même à croire que sa venue dans un établissement d’enseignement supérieur provoquerait des troubles. Est-ce cette persévérance dans l’erreur, à peine compensée par des bribes tardives de repentance, que va récompenser l’Institut catholique ?

Que Jean-Claude Trichet ait été sollicité pour faire le panégyrique de l’ancien directeur général du FMI complète un tableau franchement caricatural. Le président de la BCE partage avec le récipiendaire une absolue certitude des bienfaits de l’orthodoxie monétaire et un souverain mépris des instances élues. Avec eux, les salles de marchés font leur entrée officielle dans les hauts lieux du savoir. La finance n’a que faire des franchises universitaires qui, pourtant, s’imposent encore à la police…

Tout cela fait beaucoup pour une seule journée. Certainement, le 24 novembre à 19 h, on refusera du monde à la « Catho »…

Bernard Cassen, secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac

Article publié sur http://www.m-pep.org/

                               

Posté par Alaindependant à 23:46 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

jeudi 8 octobre 2009

Empire Sarkozy

"Cette fraction de la classe moyenne sentait qu'il n'y avait plus qu'une alternative, la Commune ou l'Empire, sous quelque nom qu'il pût reparaître. L'Empire l'avait ruinée économiquement par son gaspillage de la richesse publique, par l'escroquerie financière en grand, qu'il avait encouragée, par l'appui qu'il avait donné à la centralisation artificiellement accélérée du capital, et à l'expropriation corrélative d'une grande partie de cette classe. Il l'avait supprimée politiquement, il l'avait scandalisée moralement par ses orgies, il avait insulté à son voltairianisme en remettant l'éducation de ses enfants aux frères ignorantins, il avait révolté son sentiment national de Français en la précipitant tête baissée dans une guerre qui ne laissait qu'une seule compensation pour les ruines qu'elle avait faites : la disparition de l’Empire." ("La guerre civile en France", Karl Marx, 1871)

On remplace Empire par Sarkozy?

Posté par Alaindependant à 00:13 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 24 septembre 2009

Besson le niveau

http://aymard.over-blog.com/

jungle

Posté par Alaindependant à 23:39 - Humeurs - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 25 août 2009

Le grand homme et le petit

366678558

http://revuedepresse.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/08/25/deux-grands-hommes-autour-d-un-cafe.html

Posté par Alaindependant à 19:20 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 26 juin 2009

A propos de la "participation" de militants CGT à l'évacuation des sans-papiers de la Bourse du travail de Paris

Rien, rien, rien, absolument rien, même pas l'idée saugrenue d'occuper un local syndical,  ne doit ni ne peut justifier la collaboration de militants Cgt comme supplétifs de la police ( c'est bien ce que signifie la formule du communiqué de la Cgt: "Les syndicats CGT de Paris ont contribué à mettre un terme à l’occupation de l’annexe Eugène Varlin, rue Charlot, de la Bourse du travail de Paris") dans une action qui en elle-même et dans son principe, sinon dans sa pratique, est une action d'une violence comparable à celle qu'emploient les traqueurs officiels des sans-papiers. Quel est le but recherché dans cette affaire si les moyens employés sont comme presque toujours, au-delà des mots qui les couvrent, révélateurs des fins poursuivies ?

Posté par Alaindependant à 13:49 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »