29/06/08
Arc Républicain de Progrès
Tout ce qui va dans le sens d'un rassemblement du peuple va pour moi dans le bon sens et je m'en fais l'écho:
Samedi 21 juin des représentants du Comité Valmy, du Pôle de Renaissance Communiste en France, du Rassemblement des Citoyens pour la République et du Collectif Républicain de la Gauche Gaulliste se sont rencontrés et ont décidé de se coordonner pour la réalisation d’actions communes et la recherche d’une alliance durable, dans un rassemblement républicain, patriotique et de progrès social à construire, que nous nommons : Arc Républicain de Progrès.
Cette rencontre à été rendue possible à partir des convergences qui existent entre nos organisations :
En premier lieu sur l’accord existant quant au programme du Conseil National de la Résistance, qui demeure l’énonciation la plus limpide des principes du régime politique et social que nous voulons aujourd’hui pour la France, et dont nous souhaitons la réactualisation, dans la perspective d’une politique alternative conforme à l’intérêt du peuple et de la nation, de la reconquête de leur souveraineté.
En second lieu sur la nécessité de s’affranchir de l’Union Européenne irréformable, de défaire les traités européens supranationaux en les remplaçant, par des traités de coopération, rendant leur liberté aux Etats et aux nations, et qui permettraient également de rompre avec les politiques néo-libérales qui leur furent imposées. Les volontés populaires exprimées lors des référendums français, néerlandais et irlandais doivent être respectées, les peuples ne veulent plus de ce système fédéral.
Mais aussi sur le fait que notre combat s’inscrit dans un contexte international de lutte pour l’indépendance des Nations et des peuples souverains, pour la paix et dans un monde multipolaire, contre tous les impérialismes et en premier lieu, contre celui des USA et la globalisation néo-libérale qu’il orchestre, contre tous les agissements qui visent à provoquer des chocs de civilisations.
Il est prévu que d’autres organisations et des personnalités soient invitées à rejoindre ce rassemblement qui a naturellement vocation à s’élargir car il s’inscrit dans une démarche de Résistance et d’union du peuple Français autour de la Nation et de la République. Une perspective de rassemblement populaire que nous considérons comme étant majoritaire.
Pour le Comité Valmy : Claude Beaulieu Pour le PRCF : Georges Gastaud Pour le RCR : François Bunner Pour le CRGG : Gilles Bachelier
11/06/08
Solidarité active avec le peuple palestinien

http://membres.lycos.fr/boycottisrael/
Lutter de manière pacifique contre l'occupation et l'humiliation de la guerre coloniale en Israël
Peut on renvoyer dos à dos les 2 parties ? Est ce un problème de race, de religion ?
Le problème israélo-palestinien est un problème de colonisation. Le droit à l'auto-détermination promis par la SDN (société des Nations, ancêtre de l'ONU) en 1947 n'a jamais été appliqué (à l'époque en palestine, 3% de juifs, 97 % de non juifs).
De même que le problème de l'Afrique du Sud n'a jamais été simplement un problème de blancs contre noirs, le problème israélo-palestinien n'est pas un problème juif/arabe, c'est avant tout un problème lié à un apartheid : citoyen juif (d'origine européenne, africaine, américaine, etc..) / sous citoyen palestinien (chrétien ou musulman).
L'état d'Israël, qui se définit comme état exclusivement juif, ne peut se permettre d'être démocratique avec les palestiniens. Ceux ci étant à moyen terme plus nombreux que les israéliens (rappelons que les israéliens qui sont des européens ont un taux de natalité assez faible, à l'exception des colons) Israël deviendrait un pays démocratique à majorité non juive, ce qui est inconcevable.
Ce qui explique qu'Israël ne veut pas entendre parler du retour des réfugiés palestiniens (chassés de leur terre depuis 1948 jusqu'à aujourd'hui) alors que des juifs du monde entier peuvent tranquillement venir s'installer (sous prétexte de droits sur la terre des ancêtres il y'a 2000 ans).
Chez les israéliens, comme chez les juifs de France, des voix s'élèvent pour l'application des droits de l'homme aux palestiniens.
A l'exception de certains bien pensants médiatiques sionistes (comme Bernard Henri Levy, ou Arnaud Klarsfeld) et d'organisation qui se disent représentative (mais qui sont surtout représentative d'Israël) , une majorité d'intellectuels juifs français, ne soutiennent pas la politique de l'état d'Israël, et sont pour l'application du droit international...
Au sein même de la société israélienne, se sont crées des associations de boycott des produits israéliens provenant des colonies.
Que faire ?
La solution ne viendra pas des dictateurs arabes, pour la plupart corrompus et qui ont tissé des relations économiques avec Israël (dont le volume a augmenté de manière conséquente entre 2000 et 2002). Elle ne viendra pas non plus des états-unis, puisqu' Israël est un point stratégique essentiel pour les USA. L'union européenne est le premier partenaire économique d'Israël. Elle peut donc agir et influer si elle s'en donne les moyens ! C'est à nous citoyens européens, français (dans la patrie des droits de l'homme) d'agir. Rappelons que l'ampleur atteinte par les missions civiles n'avait pas du tout été prévue par Israël. Des simples citoyens (européens et de nulle part ailleurs ...) se sont déplacés et par leur présence ont influé sur la politique israélienne tout en attirant l'attention des médias sur ce qui se passe en Israël.
De même que le concept de mission civile a réussi, le boycott lui aussi peut réussir !
Si vous souhaitez vous convaincre de l'efficacité du boycott, jetez un oeil sur les sites sionistes (veto the boycott, Buy Israel, etc ...). Ils vous expliquent que l'économie israélienne est à l'agonie, malgré l'aide américaine et que le seul moyen de sauver Israel, c'est d'acheter israélien. Eh bien, achetons français !
Si vous trouvez les listes trop longues, faites ce que vous pouvez : Coca, MacDo, fruits et légumes, et tout produit dont le code barre commence par 729
Rappelez vous que pendant que les israéliens vivent à l'européenne, en bronzant au bord d'une piscine du club-med, ou à la terrasse d'un café, des bébés meurent ayant commis comme seul erreur d'être né, des réfugiés vivent dans des conditions désespérées en subissant les punitions collectives, et que donc notre effort n'est sans doute pas surhumain.
Ci-dessous une traduction du texte de Diane Langford concernant la campagne de boycott au Royaume-Uni
La campagne de boycott contre les produits israéliens (et le tourisme en Israël) a été lancée par "Palestine Solidarity Campaign" et un millier d'autres organisations. (voir http://www.palestinecampaign.org). L'espoir est que ce boycott ait des résultats similaires aux résultats du boycott envers l'Afrique du sud. Le boycott en Angleterre concerne toutes les relations avec Israël (sport, culture, recherche, économie). Un tel boycott ne peut faire de mal à l'économie palestinienne puisqu'Israël s'est chargé de la détruire.
Le boycott restera en place jusqu'à la fin de l'occupation de Jérusalem, et des territoires occupés, jusqu'à ce qu'Israël arrête de bafouer les droits de l'homme, et applique les résolutions de l'ONU.
Le boycott n'est pas dirigé à l'encontre des biens juifs. Il ne confond pas Judaisme et état d'Israël. Il concerne les produits israéliens, le tourisme, les accords commerciaux avec l'europe. Il étudie les grandes chaines de supermarchés, explique les changements d'étiquettage frauduleux visant à cacher la provenance des produits de colonies, et explique les raisons pour lesquels les consommateurs devraient éviter les produits israéliens.
Le boycott a plusieurs buts :
il permet aux palestiniens de savoir qu'ils ne sont pas oubliés, et que malgré le fait que tous leurs appels à l'envoi d'une force de protection internationale sont ignorés par la "communauté internationale", la justesse de leur cause est reconnue.
il permet d'envoyer un signal à Israel, qui continue à baffouer résolutions de l'ONU, déclaration universelle des droits de l'homme, convention de genève, et ce jusqu'à la fin de l'occupation. Il aura ainsi le même sort, que n'importe quel autre pays totalitaire qui ne respecte pas les lois internationales et ne sera pas exempté d'avoir le même traitement.
Il donne l'opportunité aux personnes d'être des consommateurs éthiques et des touristes éthiques.
Il exerce une pression morale sur le gouvernement pour une réelle politique étrangère éthique.
En tant qu'élement dans une campagne non violente, et quand de nombreuses personnes le pratiquent, il procure une excellente façon de stimuler un débat public et d'exercer une pression morale et économique sur Israël, pour que s'applique le droit international et les principes de justice.
L'antisémitisme est réel et est un danger bien présent. Il est crucial de faire la différence entre les sentiments de partis antisémite (le KKK / David Duke aux états-unis, BNP & NF ici, par exemple) et le mouvement pour les droits des palestiniens qui est basé sur des principes anti-racistes et une foi en une paix avec justice. Il y'a eu pendant longtemps, des tentatives d'assimiler la critique de la politique de l'état d'Israël à de l'antisémitisme, et il est clair, que de plus en plus de militants refuse de se taire sous ces prétextes malhonnêtes.
Suivant les évènements catastrophiques survenus à New York et Washington, une coalition formée du mouvement pour la paix (qui a été aussi opposé au commerce d'armes entre l'angleterre et israël) et les organisations anti-racistes qui sont en alerte face aux attaques racistes. En finir avec l'occupation israélienne c'est la clé d'une paix juste au moyen-orient, et notre boycott non violent est important contre la guerre à venir.
En tant que consommateurs, nous avons l'opportunité d'entreprendre des actions locales seul, ou en petits groupes. Toute aide pour la mise à jour de l'information est la bienvenue. Notez ce que vous achetez comme vêtements, produits alimentaires etc .. Et prévenez nous si nous avons oubliés une marque.
Nous avons interrogé les groupes suivants sur leur politique à l'égard d'Israël : Asda, Fresh & Wild, Marks & Spencer, Morrisons, J.Sainsbury, Safeways, Cullens and Tesco. En majorité, ils ont répondu qu'ils invitaient les consommateurs à lire les étiquettes et à faire leur choix. Alors allons y ! Mais premièrement, vérifions que les étiquettes sont correctes. Les produits provenant des colonies sont souvent marqués "Made in Israël" pour les faire passer en europe (pratique qui s'apparente à de la contrebande).
Les produits à vérifier spécialement : tomates, oranges Jaffa, Carmel, pommes de terre (nouvelles), avocats.
Attention aux jus de fruits, l'étiquetage est sciemment pas clair. Les oranges marquées "Valencia" peuvent s'avérer provenir d'Israël
30/05/08
Sur les 35 heures, la méthode du gouvernement est malhonnête
(Sur http://www.cgt.fr/)
Mardi, le président de la République assurait sur RTL que la durée légale du travail resterait à 35 heures tandis que son ministre du Travail peaufinait l’avant-projet de loi gouvernemental sur la démocratie sociale dans lequel il élargit dans chaque entreprise la possibilité de s’affranchir des 35 heures.
Le texte, communiqué aux organisations syndicales a provoqué stupeur et colère (voir le communiqué de la CGT) . Dans une interview à Libération ce matin 29 mai, Bernard Thibault qualifie la méthode de « malhonnête ». Le gouvernement entend passer en force grâce à une sorte de cavalier législatif, alors que le sujet de la durée du travail n’a rien à voir avec la réforme de la représentativité. Il veut ainsi aller plus loin dans son projet de loi que la « position commune » sur la représentativité syndicale, qui permet à titre expérimental (article 17) de relever les contingents d’heures supplémentaires par accords majoritaires en entreprise.
Le texte de Xavier Bertrand permet de renégocier en entreprise d’autres modalités concrètes des 35H (repos compensateurs, règles de modulation du temps de travail, forfaits annuels ou journaliers, etc) sans nécessairement un accord majoritaire.
Comme justification à ce coup de force, Xavier Bertrand reproche dans le quotidien les Echos aux partenaires sociaux de n’avoir « pas voulu réellement se saisir de ce sujet. […] Nous les avions prévenus que nous irions plus loin et, aujourd’hui, nous l’assumons pleinement ».
Pourtant dès lundi, Bernard Thibault et François Chérèque pour la CFDT ont mis en garde « solennellement » le gouvernement contre « l’adoption en catimini » de mesures de déréglementation du temps de travail. Dans Le Monde, François Chérèque estime que « le gouvernement choisit de s’affronter à la CFDT et la CGT » et les pousse « à réagir simultanément sur le temps de travail et les retraites ». « Il va falloir mobiliser les salariés sur ce sujet-là » en plus de la question de la réforme des retraites, a déclaré Bernard Thibault à l’AFP.
Manifestations et grèves à l'appel de la CGTet de la CFDT le 17 juin.
Ensemble pour les retraites, les 35 heures, le pouvoir d'achat, la défense du code du travail.
11/05/08
L'hypercapitalisme mène le monde à la ruine
La crise mondiale qui commence à frapper durement, et qui, hélas, n’en est qu’à ses tous premiers frémissements, n’est autre que le fruit du capitalisme outrancier tel que nous le vivons actuellement.
Les grandes compagnies, leurs dirigeants, propriétaires ainsi que les chefs d’états de la plupart des pays (pauvres ou riches) sont les seuls responsables de la misère qui s’abat sur le monde.
Ils multiplient leurs profits, engrangent la manne gagnée à la sueur de leurs employés ou administrés, sans redistribuer. A l’accroissement de la fortune des uns correspond l’augmentation ou la chute des autres dans la pauvreté, et malheureusement, le nombre du second groupe est largement plus élevé que celui du premier. L’augmentation de la misère va bientôt devenir ingérable. Tout cela à cause de la cupidité, du goût insatiable pour un luxe inutile, de la mégalomanie, de la soif de pouvoir, de l’égoïsme de certains. Et à cause, ce qui est pire encore, du dédain, du mépris pour ceux qu’ils jugent « inférieurs »
Pourtant, ils ne doivent leur richesse ni à un travail personnel surhumain, ni à la sueur de leur front, ni au fait qu’ils se lèvent tôt pour aller travailler - ils vont se coucher quand les employés se lèvent, sans doute pour ne pas voir le visage du monde qui travail ! Ils ne se rendent pas compte que ce sont les gens qu’ils exploitent et méprisent qui les font vivre, qui leur permettent de se noyer dans le luxe.
La misère rampante se profile à l’horizon, nous pouvons l’entendre, la toucher, la regarder à notre propre porte. Elle n’est plus une illusion, un mirage, une idée. Elle est là ! Et, dans le même temps, les profits des gros actionnaires, des gestionnaires, des chefs d’états augmentent. Rien n’est redistribué à ceux qui sont la source de ces profits.
Les prix de l’essence à la pompe grimpent chaque jour un peu plus et atteint des sommets inégalés. Les pétroliers accusent les pays producteurs ; Certes, leurs prix ont augmenté mais pas de cette façon ! Et en même temps, les profits des pétroliers n’ont jamais été aussi élevés. Ces gens nous prennent pour des imbéciles... 25% de profits de plus depuis le début de l’année !!! Il y a un gros problème quelque part.
Le pouvoir d’achat diminue, les prix augmentent mais les compagnies engrangent sans redistribuer et sans se soucier de la misère qui monte. Ce n’est pas leur problème. EUX ne sont pas touchés, pas encore. Mais cela va venir !
C’est ahurissant d’entendre les membres du gouvernement, la droite traiter les gens « d’assistés », de « profiteurs » parce que ne pouvant joindre les deux bouts, ils demandent à l’état, à ceux qui ont trop, de les aider. Certains travaillent à plein temps pour un salaire de misère. Ils suent sang et eau pour, en fin de mois, ne pas avoir de quoi vivre le mois suivant, alors que les « grands » (qui sont en fait tout petit d’esprit) touchent des salaires faramineux et injustifiés qu’ils augmentent de façon éhontée, empochent des dividendes, augmentent leurs profits sans aucune justification, sans travailler plus que le minimum, etc. , vivent hors de la réalité, ne savent pas ce que c’est que de survivre, d’aller travailler le ventre creux, de voir ses enfants partir à l’école le ventre presque vide et se coucher de même...
Questions : Qui sont les assistés ? Qui sont les profiteurs ?
Ce sont tous ces gens qui se disent « les grands de ce monde » qui sont les responsables de cette situation.
Leur incapacité, leur incompétence à gérer les états, leur insolence vis à vis des populations, leur refus de partager, leur refus de renoncer ne serait-ce qu’une goutte d’eau de leur richesse sont les facteurs principaux de la crise profonde et durable dans laquelle nous entrons. Et plus la crise va se faire sentir, plus ces gens vont amasser pour surmonter les années de récession et de misère qui nous arrivent droit dessus. Ne savent-ils pas qu’ils seront bientôt dans le même panier ? Que la misère devient une arme à retardement redoutable ? Ont-ils oublié 1789 ? Les raisons de la révolution et ce qui est arrivé aux profiteurs de l’époque ? L’arrogance et le mépris de Marie-Antoinette et de Louis XVI leur ont coûté la tête. Si on ne décapite plus, physiquement en France, on peut toujours détrôner.
Le peuple commence à avoir faim et les gouvernements continuent à faire des guerres inutiles, injustifiées. Guerres résultant, une fois de plus, de l’incompétence, de l’arrogance, de la soif de pouvoir, du besoin de contrôler la vie des autres, d’imposer ses propres vues, l’intolérance vis à vis des autres,
La récession est là, les faillites personnelles sont en augmentation dramatiques, les faillites de petites et moyennes entreprises aussi. Les prix des produits alimentaires de base montent en flèche, mettre des produits frais sur les tables devient un luxe. Le nombre de gens demandant des coupons d’aide alimentaire progresse chaque jour. Des familles qui se croyaient à l’abri des soucis se retrouvent à la rue. Et les dirigeants se drapent dans leurs mensonges et annoncent que tout va bien ! Jusqu’à quand vont-ils jouer ce petit jeu débile ? Ils ne se rendent pas compte qu’à force de nous mentir, plus personne ne croit ce qu’ils disent ? Ils peuvent bien nous dire que le soleil brille, on ira dehors pour vérifier ! En 1929, quand éclata la grande crise du capitalisme, la dette totale américaine (publique et privée) représentait 140 % du PIB. Elle représente aujourd’hui 210 % du PIB ! La crise était donc prévisible. Et il est faux aussi d’affirmer, comme le fait Sarkozy, qu’on pourrait sortir de la crise en se contentant d’accroître la "transparence" des marchés financiers. Le problème est bien plus grave et bien plus profond qu’il ne le dit. A ce demander s’il est conscient de l’extrême gravité de la situation.
Un des Leitmotivs de la droite est de dire que « aider les populations c’est du communisme » et que « le communisme a tué des millions de personnes. » A ceux-là je dis : Le communisme n’a pas tué, ce sont les gens qui tuent, ce ne sont pas les idées communistes (dont un homme nommé Jésus est à l’origine) qui ont tué mais la folie paranoïaque d’un homme. Ce ne sont pas les idées de partage qui ont créé les goulags mais bien des hommes sur ordre d’un homme. Partager est à l’opposé du meurtre. Partager veut dire agir en être Humain. Tous ces braves politiciens qui nous jette l’église catholique à la figure comme exemple « moral ». Ne devraient-ils pas demander à cette même église de vendre les « trésors » inutiles qui encombrent ses caves en nombre tel que même ceux qui répertorient ces choses en ignorent le nombre exact. L’argent extorqué aux pauvres et qui sert à toutes ces « parades » devrait revenir aux pauvres et non servir à acheter des « Prada »... Encore une belle hypocrisie. Entre les « grands » et l’église catholique les pauvres sont biens coincés. Bien exploités et bien appauvris.
Le capitalisme outrancier tue également, des milliers de gens meurent de famine chaque jour dans les pays du tiers monde et le chiffre augmente. Ces chiffres augmentent également dans les pays « riches ». La famine ne touche pas que l’Afrique ou certains pays d’Asie. Elle est chez nous. Que font donc nos dirigeants ? Entre deux dîners au Fouquet’s ou autre « grand restaurant » ? Un banquet pour parler de la misère et oublié sitôt passé la porte du restaurant ! On récolte des pièces jaunes pour la recherche et une grande partie des fonds est détournée au profit de ceux qui récoltent. C’est une honte !
La relecture de la « lettre d’un Américain au peuple de France » nous montre à quel point cet homme avait raison. En voici un extrait :
........ Bien qu’ils hésitent à l’admettre, beaucoup des supporters de M. Sarkozy issus de la moyenne bourgeoisie sont motivés par la jalousie. Ils sont jaloux des avantages sociaux dont jouissent les fonctionnaires et sont manipulés par M. Sarkozy pour soutenir une politique qui dépouillerait les fonctionnaires de ces avantages. Ce que cette classe moyenne supérieure échoue à comprendre, c’est qu’en soutenant actuellement l’action gouvernementale contre la classe ouvrière, ils se préparent eux-mêmes un traitement similaire dans un avenir proche. Ne vous trompez pas, les seuls gagnants qui émergeront de la « rupture » de M. Sarkozy seront l’élite dirigeante, les grandes entreprises internationales et les vautours étrangers qui becquetteront les os de la France. Les classes moyennes/professionnelles qui soutiennent actuellement M. Sarkozy perdront aussi leurs confort de vie, ils ne le savent simplement pas encore. Ils croient que par quelque mécanisme miraculeux, ils deviendront plus riches aux frais du travailleur ordinaire et que cela est « juste », « nécessaire » et « moderne ». Il se peut que l’élite dirigeante permette qu’une petite part des richesses de la France soit « prêtée » aux classes moyennes à court terme, et qu’elle achète ces classes moyennes pour quelques euros, mais cela sera transitoire et finalement illusoire. Croyez-moi, je le sais. La banque c’est mon métier. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le mécanisme utilisé pour soudoyer les classes moyennes a été l’inflation immobilière. Au cours de ces dernières années, un boom massif des valeurs immobilières a été manigancé pour fournir l’illusion de la richesse. Pourtant aujourd’hui, alors que les prix commencent à chuter, cette richesse s’évapore tandis que la dette contractée pour acquérir cette propriété reste bien réelle et s’accroît de plus en plus, ce qui sonnera au final le glas des classes moyennes dans ces pays. M. Sarkozy est un homme malin et impitoyable. Il sait qu’il ne peut pas persuader la France d’accepter le néolibéralisme (1), et finalement, le fascisme, de façon directe. Il doit manipuler la France pour l’amener dans une situation où le résultat sera un « fait accompli ». Comment cette manœuvre sera-t-elle réalisée ?
Le gouvernement actuel se moque de nous. Il a fini de vider les caisses de l’état à son propre profit et maintenant, il demande aux pauvres de payer pour les plus pauvres. C’est un comble. Il installe un système qui sert uniquement les « élites » Les lois promulguées protègent ces gens. Ils peuvent détourner tout ce qu’ils veulent, ils sont à l’abri de tout recours en justice. Par contre, un citoyen lamda qui, parce qu’il est au chômage, n’a pas les moyens de payer un ticket de métro, pour se rendre à une interview pour une embauche éventuelle, se voit condamné. La fraude, l’abus de biens sociaux est acceptable, le détournement de millions d’euros appartenant aux Français est pratique courante pour ces gens et ne doit pas être un scandale mais une fraude de 1,40 euros, c’est un crime de lèse-majesté. C’est innommable !
Les caisses de l’état sont vides : pas pour tout le monde.
On licencie des dizaines de milliers d’enseignants qui éduquent des millions d’enfants. Mais on embauche 350 personnes pour servir 1 seule personne ! Il y a un malaise quelque part. D’un côté le président met en jeu l’avenir de NOS enfants et de l’autre, il se sert de l’appareil de l’état pour SON propre bien-être, pour SON compte personnel et celui de SON parti. Parce qu’il ne faut pas se faire d’illusions, les employés de l’Elysée sont au service de l’UMP.
Nos impôts servent uniquement à payer les intérêts de la dette de l’état et uniquement à cela. Ceci est anticonstitutionnel. Sarkozy ne doit pas s’en soucier beaucoup puisqu’il n’en est pas à sa première violation de la constitution. Le plus malheureux est que les Français ne peuvent pas faire grand chose, si ce n’est la révolution, contre toutes ces violations et mises en danger de nos libertés et de nos vies, Le Conseil Constitutionnel étant entre les mains de l’UMP.
Nous voilà en plan, abandonnés sur le bord de la route. Nous sommes gouvernés par une meute de Bling-Blings, cernés de belles promesses oubliées sitôt émises (mises à part celles qui nous font chavirer dans la pauvreté, l’impossibilité grimpante de nous soigner, le chômage, l’exclusion). Cloués au pilori par une petite poignée de votants endormis par les mensonges.
Le résident momentané fait, maintenant, de l’Europe « SA priorité absolue », pauvre Européens, ils n’ont rien fait ! Voilà maintenant qu’il va détruire 60 ans de travail acharné et l’économie de 26 autres pays. IL vise certainement la présidence de l’Europe puis celle du monde. Vite dépêchons nous de mourir avant que le monde ne s’écroule.
Brigitte sur http://www.betapolitique.fr/
19/04/08
Une quête identitaire, par Luc Collès
La quête identitaire des adolescents issus de l’immigration maghrébine à travers un roman de la littérature beur
par Luc Collès – Centre de recherche en didactique des langues et litteratures romanes (UCL – Louvain-la-Neuve – Belgique)
A mi-chemin entre littérature et anthropologie, notre article s’attellera à élucider les liens entre la construction identitaire des jeunes issus de l’immigration maghrébine et les œuvres romanesques issues de cette même immigration. On en parle de plus en plus : des auteurs d’origine algérienne, marocaine ou tunisienne, comme Azouz Begag, Leila Houari, Tahar Ben Jelloun, Rachid Boudjedra…émergent dans le monde littéraire francophone. Leurs romans mettent souvent en scène des personnages partagés entre deux cultures, aux prises avec des questionnements identitaires profonds. Ces auteurs se trouvent eux-mêmes dans une position particulièrement intéressante pour parler de “ l’entre-deux ” (ou trois ou quatre, comme nous le verrons) puisqu’ils ont le même vécu interculturel que les jeunes auxquels nous nous intéressons. En outre, et contrairement à l’a priori négatif lié à la présence maghrébine en Belgique et en France, ils sont bien placés puisqu’ils s’en sont visiblement “ bien sortis ”. Par le simple acte d’écrire, ils peuvent témoigner de l’espoir pour ces jeunes d’être reconnus à leur juste valeur.
Notre question de base pourrait se formuler ainsi : comment aider les jeunes issus de l’immigration maghrébine à vivre leur construction identitaire dialectique de manière positive, par le biais de la littérature produite par d’autres migrants adultes ? Au fur et à mesure de notre parcours réflexif, nous creuserons différentes idées : la nécessaire valorisation du public scolaire issu de l’immigration par le biais d’œuvres issues de leur communauté, les composantes littéraires qui permettent cette valorisation, les éléments de la construction identitaire de ces jeunes et les capacités particulières de ceux-ci à trouver des solutions innovantes pour notre société multiculturelle.
Les références culturelles des jeunes issus de l’immigration
Les auteurs ont souvent théorisé la situation de ces enfants de migrants en distinguant deux pôles qui entrent en conflit : celui de la culture d’origine traditionnelle, incarné par la famille, et celui de la culture du pays d’accueil, incarné par le système scolaire. On parle de “ double socialisation ”. Dans ce cas, il est commun d’affirmer que cette dissonance produite dans la construction identitaire du jeune le confrontera au choix impossible entre adaptation sociale et rejet de ses origines, entre respect des valeurs parentales et échec de l’intégration dans la société d’accueil. Certains vont même jusqu’à faire de ce dilemme la source de la délinquance, thèse à laquelle nous n’adhérons pas.
Non satisfait de cette dichotomie simpliste, nous cherchons à la dépasser pour prendre en considération d’autres références culturelles chez les jeunes des cités. François Dubet (1987) nous aide déjà à faire un pas en avant en identifiant non pas deux mais trois instances de socialisation : la famille, les institutions et les mass-médias, les adolescents s’appropriant de manière spécifique le langage du look et de la musique notamment. Il nous semble aussi qu’ils vivent quelque chose de particulier dans les quartiers, où le “ business ” impose ses règles et fonctionne comme système à part entière. Afin de montrer comment ces pôles de socialisation sont ressentis par ces jeunes, nous allons les passer chacun en revue en les illustrant par des observations et des propos recueillis par Elodie Mopty lors d’une étude de terrain faite en 2004 dans les cités de Longwy ou par des extraits de romans issus de l’immigration.
Le milieu familial peut être considéré, dans le cas particulier des familles maghrébines, comme l’espace privilégié de transmission de la culture d’origine. Une des premières choses qui frappent dans le discours de ces jeunes, qu’il soit pris sur le vif ou transposé littérairement par un auteur, c’est que le respect est un mot récurrent et souvent en lien avec la famille. En effet, les premiers à devoir être respectés sont les parents. Un signe de cette règle : les injures les plus mal prises sont celles adressées à la mère ou au père. Ce respect semble s’inscrire dans un cadre plus large de respect aux plus âgés. En lien avec cette idée, nous retrouvons les notions d’honneur et de honte, présentes en filigrane derrière l’attitude de certains jeunes, et très largement issues du système de valeurs maghrébin, comme le démontre David Praile (1996) dans sa recherche sur “ l’honneur naufragé ”. Celui-ci, sur la base d’une analyse anthropologique des soci étés du Rif, retrace les grands traits de ce système de base dans les relations sociales au Maghreb. Si nous posons l’hypothèse que ce système de l’honneur versus la honte est hérité de la culture d’origine, nous pouvons nous poser la question de la transposition d’un tel modèle à la société belge ou française. Il s’agit ici d’un pôle d’interculturalité : il est intéressant de noter que l’honneur pour ces jeunes semble réinvestir des objets nouveaux comme les biens de consommation : vêtements de marque comme symbole de virilité et de richesse (“ Si tu t’habilles comme un bouffon, c’est trop la honte ”).L’honneur va parfois jusqu’à servir de justification à des actes de violence. Il y a clairement un honneur à défendre si le jeune perçoit qu’il n’a pas été respecté.
Ensuite, évidemment, nous ne pouvons parler de la socialisation familiale sans aborder la question de l’islam et de sa transmission à la génération actuelle. On pourrait souligner par exemple la barrière dressée entre filles et garçons et le tabou important autour de la sexualité. Certains indices nous laissent supposer que ce tabou vient de l’éducation familiale, celle-ci étant en lien étroit avec les principes de la religion : “ Même avec mes sœurs c’est difficile de parler de garçons. Tu peux essayer d’amener le sujet, tu verras, elles vont être gênées. Elles pensent virginité avant le mariage, comme c’est écrit dans le Coran. ” (Taous, éducatrice d’origine maghrébine). De plus, il est frappant de relever dans les propos de Sofia : “ (à propos de son futur mari) Je m’en fous de sa religion, tant qu’il est bien et qu’il respecte. Je crois que je voudrais quand même que mes enfants soient musulmans ”. On retrouve ici le concept de reproduction culturelle : en effet, l’éducation des enfants est le lieu par excellence de la transmission des valeurs. Par ailleurs, la référence à l’islam n’est pas forcément vécue comme problématique. Leur islam n’est plus celui de leurs parents, mais il n’est pas non plus cet intégrisme que l’on montre souvent d’un doigt accusateur. Il semble plutôt représenter une source de valeurs (respect, solidarité…). Leur manière d’affirmer leur islamité montre que leur religion remplit une fonction de reconnaissance sociale et donc d’identification à une communauté. Nous rejoignons ici la conclusion de l’enquête de terrain de David Praile (1996 : 91) : “ Leur rapport à l’islam est donc lâche (ils ne sont pas vraiment pratiquants) et pourtant ferme à la fois : la référence est là, bien présente, indéracinable ”.
Un troisième point à envisager par rapport à la culture familiale, c’est la question du pays d’origine. Chez ces enfants de migrants subsiste le mythe du pays d’origine, comme un “ retour aux sources de sa vraie culture ”. Tous ces jeunes retournent un été sur deux en vacances “ au bled ” comme ils disent. On a pu à ce sujet recueillir des propos paradoxaux, focalisés sur deux pôles, parfois mentionnés par une seule et même personne. D’un côté, ils parlent de “ leur vraie culture ”, de“ leurs origines ”, de “ retour aux valeurs ”. Puis, d’un autre côté, ils ne sont pas dupes, ils savent que le bled, c’est aussi l’endroit où “ c’est comme au Moyen Age ”, “ on n’est pas libres, on est trop surveillés ”, “ c’est pauvre, c’est la misère, c’est le chômage, on voit des gens qui mendient dans la rue ”. Ils finissent donc tous par dire qu’ils n’aimeraient pas vivre là-bas tout le temps. Donc, ce pays d’origine idéalisé fait office pour eux de “ paradis perdu ” aux sources de leur identité. Remarquons aussi que ceux qu’on appelle ici “ immigrés ” sont, une fois de retour dans “ leur ” pays, traités également d’ ”immigrés ”, ce qui fait dire à certaines : “ on se sent rejetées là-bas ” (Kahina et Faroudja) alors qu’elles-mêmes se disent d’abord algériennes avant d’être françaises. Cet aspect est également mis en exergue par plusieurs auteurs. Frank Andriat (1986), auteur du Journal de Jamila, fait dire à la jeune fille : “ Ici, nous sommes de sales Marocains, de sales bougnoules, là-bas, nous sommes de sales Belges ”. De même, Azouz Begag (2004), dans son roman autobiographique Le marteau pique-cœur, raconte son retour au pays pour enterrer son père sur sa terre natale et ressent également cette sensation étrange que son pays d’origine n’est plus le sien.
Par ailleurs, il s’avère que l’image de la grande famille maghrébine “ plus solidaire ” et “ plus unie ” que nous décrivent les jeunes est déjà mise à mal. De fait, l’univers traditionnel familial ne garantit plus la continuité entre les générations. “ Ma mère, comme tous les parents maghrébins ici, ils se sentent complètement dépassés par les jeunes ” (Taous). Un premier facteur d’explication est la perte d’autorité du père, auparavant tout-puissant dans la famille maghrébine. Le chômage lui a souvent fait perdre son rôle fondamental de maintien de la famille et il se retrouve désoeuvré, ayant perdu une part de sa raison d’être ou du moins de sa source de respect. Un autre bouleversement est apporté par les jeunes eux-mêmes qui, par leur fréquentation entre autres de l’école, font entrer la modernité et la culture française dans la sphère traditionnelle, ce qui remet celle-ci potentiellement en cause. La confrontation est d’autant plus forte que, comme le dit Tariq Ragi (1997 : 121) “ Les parents se représentent de façon statique leur pays natal, dont ils essaient de transmettre, coûte que coûte et en l’état, les éléments culturels à leurs enfants. Or, ces normes et ces comportements, d’emblée inadaptés à la situation française, sont également déjà dépassés dans le pays d’émigration.(…) A terme, cela détériore leurs relations avec leurs enfants socialisés en France. ”
En conclusion, nous pouvons donc relativiser ce premier pôle de références culturelles. Bien que lieu primordial de transmission de l’appartenance à la communauté d’origine, avec ses codes, ses valeurs, ses habitudes, il s’avère que le milieu familial est fragilisé, entre autres, par la situation socioéconomique et par l’introduction d’une tension interculturelle propre à la relation intergénérationnelle des enfants de migrants avec leurs parents.
Quant au rapport à l ‘école et aux institutions, nous pouvons dire que les enfants de migrants montrent une certaine attitude de consommateur : ils prennent ce qui les arrange et laissent le reste. Certains incorporent davantage d’éléments de la société d’accueil dans leur construction identitaire, en travaillant à l’école, en se faisant des amis d’origine belge ou française, en respectant un minimum les lois. D’autres “ utilisent ” ce pôle afin d’en tirer le plus possible, de justifier leurs échecs et de revendiquer leurs droits, sans pour autant prendre conscience de la répartie du système qui leur impose des devoirs. Cette attitude de consommateur nous semble héritée en partie de la logique de la sphère médiatique, poussant à la satisfaction de désirs immédiats et égoïstes.
Arrêtons-nous sur un objet particulier qui influence fort la vie de ces jeunes : la télévision. On peut remarquer que les programmes les plus regardés sont les chaînes de clips (MTV et MCM). La musique constitue un facteur d’identification important. Elle est au moins aussi déterminante que la race ou l’appartenance au quartier. Le hip hop et le rap offrent à ces jeunes deux modèles identificatoires principaux, différencié selon le sexe. Pour les garçons, qu’il chante en français ou en anglais, le modèle du chanteur change assez peu : tenue sportive de marque, bijoux massifs, entouré de filles pulpeuses, possédant une voiture décapotable de luxe, le tout dans un environnement d’une richesse matérielle évidente. Pour les filles ensuite, la figure récurrente est celle de la chanteuse de rap en tenue sexy, attractive, jouant au maximum de son pouvoir de séduction sur les hommes..Ici nous nous retrouvons dans un cas un peu différent par rapport à celui des garçons puisque les jeunes filles musulmanes sont supposées être tout à l’opposé de ce type de femmes. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles elles semblent moins influencées par cela dans les rêves de vie future, à l’image de ce qu’exprimait Sofia : “ (de quoi tu rêves pour ta vie future ?) Je veux être infirmière et avoir une famille et pas trop galérer ”.Il est intéressant de remarquer que les rappeurs américains représentent tout ce à quoi ces jeunes n’ont pas accès en raison de leurs difficultés économiques et du tabou de la sexualité impliqué par l’islam.
Pour terminer ce tour d’horizon des pôles de références culturelles de ces jeunes, il nous faut faire un détour par un territoire qu’ils se sont approprié plus que les adultes : le quartier. Le nom du quartier d’où l’on vient est souvent plus important que la couleur de peau et les jeunes en font un principe de reconnaissance en soi. Nous posant la question de ce qui fait du quartier une unité si forte, nous nous rattachons au concept de Dubet ((1987 : 130) qui parle de “ l’expérience de la Galère ”, se référant aux difficultés socioéconomiques généralisées dans ces quartiers. Si l’idée nous paraît plus que pertinente, nous ne pouvons cependant le suivre jusqu’au bout. En effet, si celui-ci dit que “ la Galère détruit la sociabilité qui s’élabore ”, il nous semble qu’au contraire, cette expérience en commun construit la sociabilité, renforce les liens au sein du quartier, et permet de dépasser les différences. Les jeunes peuvent passer des journées entières à ne rien faire, à “ squatter ” sur les terrains publics, à l’entrée des maisons ou sur les parkings des supermarchés.
Nous avons déjà mentionné le “ business ” pratiqué dans les cités, comme moyen de débrouille parallèle développé par certains jeunes. Celui-ci concerne la drogue, mais aussi le trafic de voitures, les cambriolages, les biens “ tombés du camion ”…Si la grande majorité des adolescents n’y jouent pas un rôle actif, nous pouvons cependant penser que certains y ont recours. Or ce système souterrain comporte ses règles, de pouvoir notamment, et toute personne qui habite dans ces quartiers est plus ou moins soumis. Elody Mopty (2004) a pu en deviner quelques-unes, en filigrane dans le discours des jeunes : on ne dénonce pas, on n’affiche aucune sympathie envers les forces de l’ordre, les grands dominent les petits, on défend et on surveille le territoire.
Nous venons de mettre en évidence les différents pôles de socialisation des jeunes issus de l’immigration et nous avons pu constater que chacune de ces sources de références culturelles était déjà en elle-même marquée par l’interculturalité, celle-ci pouvant provoquer des tensions ou apporter des éléments novateurs. Ces jeunes ne se construisent pas leur identité comme un puzzle avec des pièces culturellement bien définies qu’ils mettraient ensemble, mais plutôt à la manière d’un enchevêtrement de références culturelles dont eux-mêmes ne distinguent plus toujours très bien les différentes sources. La notion d’identité a été entre autres élaborée par David Praile (1996 : 23) dans le cadre de son étude sociologique sur les représentations identitaires chez les jeunes issus de l’immigration maghrébine. Ce dernier définit l’identité comme suit : “ la constitution progressive, par le biais de différents processus intégrateurs (ou de socialisation) qui jalonnent l’expérience individuelle, d’un système relativement cohérent de représentations de soi et de son inscription sociale (rôles, statuts ou positions) ”. Cette définition rejoint notre idée d’une identité dynamique, jamais acquise une fois pour toutes mais au contraire remise en jeu dans les interactions.
Pour analyser l’interculturalité au cœur de l’identité des jeunes, nous posons cette hypothèse à la suite d’Elodie Mopty (2004): chaque jeune choisit les traits culturels qu’il affiche en fonction de différents facteurs afin de donner de lui la meilleure image possible (“ meilleure ” étant pris ici non dans le sens d’un jugement de valeur, mais lui permettant d’atteindre au mieux ses objectifs). Ces différents facteurs, empruntés aux quatre sphères culturelles, sont comme les paramètres d’une boussole qui l’aident à “ sentir ” la situation et à agir en fonction de celle-ci : lieu où l’on se trouve, statut de l’interlocuteur, intérêts qu’on devine chez celui-ci et les siens propres, état d’énervement, objectifs à court et à long terme, sentiment subjectif de menace d’un des pôles de son identité…Enfin, nous parlions dès le début de l’interculturalité comme fondatrice de l’identité des jeunes. Il nous semble en effet que ce processus se fait dans les deux sens : non seulement dans un mouvement allant de l’intérieur vers l’extérieur (en adaptant l’identité individuelle affichée à l’environnement), mais aussi de l’extérieur vers l’intérieur (les différentes sources culturelles de l’environnement construisent l’identité personnelle). Cela revient à dire que les différentes sphères culturelles sont à la fois pour ces jeunes un outil de “ navigation sociale ” dont ils usent pour s’adapter et un outil de construction identitaire qui détermine en partie leurs réactions. Notre idée est donc que ce processus se réalise de manière circulaire.
Rôle de la littérature dans la construction identitaire des enfants de migrants
Cette plongée dans l’univers des enfants de migrants nous a permis de mieux comprendre leurs références culturelles et les difficultés vécues à ce niveau. Cette étape était plus que nécessaire puisque nous nous fixons comme objectif de donner à ces jeunes la possibilité d’être eux-mêmes et d’assumer leur identité fragmentée sans la réduire à l’une ou l’autre de leurs appartenances multiples. Il semble à présent temps de se pencher sur la littérature qui leur est destinée, afin de voir en quoi celle-ci peut participer à l’intégration de leur identité interculturelle. Plus spécifiquement, nous allons évoquer le roman pour adolescents puisque ceux-ci constituent notre public-cible.
Ce type de roman s’articule autour de deux pôles identifiés par Monique Noël-Gaudreault (2003): le roman-miroir et le roman de la découverte de l’altérité. En ce qui concerne le premier pôle, il s’agit de répondre à une demande du jeune, qui est en recherche quasi-permanente de son identité et du sens de son existence. Quant au second pôle, il est important si l’on ne veut pas tomber dans une dérive nombriliste. L’adolescence, c’est la période des doutes existentiels, mais c’est aussi l’apprentissage de la confrontation au monde réel et notamment à l’autre différent de soi. S’ouvrant à l’altérité, l’adolescent introduit du relief dans sa quête personnelle. Les romans permettent de répondre à des questions fondamentales assez éloignées de la vision d’un ego étriqué. Exemples cités par M. Noël-Gaudreault: Comment vivre avec le cancer? Comment vivre en étant l’Etranger? Comment vivre dans un monde conformiste? Que faire si les non-conformistes qu’on admire se droguent? Etc.
Comment un jeune peut-il faire avancer sa quête identitaire par le biais de la littérature? Dans le roman pour adolescents, l’auteur joue très souvent du ressort identificatoire. A cet âge du regard sur soi, la narration en je est le procédé par excellence pour faciliter l’identification du lecteur : elle permet de donner la parole à un être humain oscillant entre sensibilité et raison, et d’exclure la morale en peignant le mal de vivre de l’intérieur. Le fait de voir ses problèmes traités en dehors de soi, tout en agissant à l’intérieur de soi, permet une mise à distance de son propre vécu. En ce qui concerne les jeunes issus de l’immigration, il s’agit de les amener à s’interroger sur les multiples facettes de leur identité, sur leur interculturalité. A côté des textes français recommandés ou prescrits par les programmes, nous introduirons en classe, à destination de ce public, des textes de littérature maghrébine (Collès, 1994 et Lebrun-Collès, 2007), non pas nécessairement pour que ces enfants de migrants se les approprient, mais pour les “valoriser” au même titre que les textes des littératures française et belge, l’objectif étant que chacun des élèves puisse être légitimement fier de sa famille et de sa culture. Et si nous proposons également la lecture de textes issus de l’immigration, c’est que nous nous rallions à l’avis de Camille Lozares (1984 : 117): “C’est leur histoire récente qu’ils (les jeunes immigrés) doivent assumer (les dangers d’un interculturalisme se référant uniquement à une prétendue culture d’origine sont le folklorisme et le risque d’alimenter un certain idéalisme nationaliste). Mais le fait migrant, avec ses valeurs et ses misères, est la médiation pour les enfants migrants.”
De ce point de vue, la littérature dite “beur” offre de nombreux témoignages dont nous aurons à examiner l’originalité, notamment par rapport à la littérature maghrébine d’expression française. Les auteurs sont des jeunes Maghrébins nés le plus souvent en Europe de parents immigrés. Leur expression résulte généralement de l’appartenance à deux pays. En trente ans, on a constaté de ce point de vue une évolution. Au début, la plupart d’entre eux ne se sentaient chez eux ni au Maghreb ni en Europe; aujourd’hui certains se sentent appartenir à la fois à l’un et l’autre lieu. En tout cas, “le développement de cette ‘culture immigrée’ procède du constat d’une triple impossibilité : celle de prolonger ailleurs et sans alteration la culture du pays d’origine, celle de s’intégrer sans douleurs dans la société d’accueil et celle de retrourner, comme si rien ne s’était passé, dans le pays des parents.” (Joubert, 1988: 20).
Reprenant les définitions du mot “beur” de l’édition 1987 du Grand Larousse en cinq volumes (n. et adj. – de arabe en verlan – Fam. Jeune d’origine maghrébine né en France de parents iommigrés) et de l’édition 1988 du Petit Larousse (n.- déformation du verlan Rebeu, arabe – Fam. Immigré maghrébin de la 2ème génération, né en France), Michel Laronde (1991 : 54) souligne notamment la réduction de la définition dans un sens négatif : “Selon la définition du Petit Larousse, le nom commun “beur” ne suppose-t-il pas en effet un glisssement de sens entre Rebeu=Arabe, et Beur= immigré? N’est-ce pas choisir que “beur” signifie “immigré” avant de signifier “Maghrébin”, que le terme renvoie à l’espace social du prolétariat des banlieues françaises (le mot a été adopté par certaines banlieues parisiennes et lyonnaises avant de se généraliser) avant de renvoyer à l’espace géographique et culturel du Maghreb?”. M. Laronde note également que la formule “immigré de la 2ème génération” perpétue le statut d’immigré pour les Beurs. Il se rallie au point de vue de Françoise Gaspard et de Claude Servan-Schreiber (1984 : 47) selon lesquels cette notion de “seconde génération d’immigrés” nie une évidence; ces jeunes ne sont pas des émigrés pour la simple raison que la plupart d’entre eux n’ont pas émigré: “En les désignant à travers l’émigration de leurs parents, on les identifie à ces derniers, à une histoire qui constitue leur héritage mais qui n’est pas le seul élément de leur identité.” Mais il ne faudrait pas que cette discussion terminologique nous fasse perdre l’essentiel que traduit la recherche d’un nouveau vocable : les difficultés de se définir qu’éprouvent ces descendants d’immigrés maghrébins. Leur littérature1 témoigne largement de ces déchirements.
Parmi les écrivains beurs, nous retiendrons, dans le cadre de cet article, Azouz Begag, fils d’immigrés algériens, élevé dans un bidonville de la banlieue de Lyon. Dans Le Gone du Chaäba (1986) et Béni ou le Paradis privé (1989), celui-ci raconte son existence, au fil des années 60, auprès d’un père analphabète qui tente de maintenir ses enfants dans les coutumes ancestrales, mais qui, confusément, rêve pour eux d’une autre vie. Sans présenter son itinéraire comme un modèle valable pour tous, Azouz Begag, qui est aujourd’hui docteur en économie et ministre de la promotion de l’égalité des chances, montre la voie d’une insertion possible. Ce qui caractérise aussi la plupart de ces ouvrages, c’est leur humour, sorte d’autodérision qui permet d’aborder le thème de la déchirure dans un rapport distancié. En classe de français, il sera intéressant d’observer les references qui les inspirent, à l’intersection entre l’héritage arabo-islamique, les traditions populaires du Maghreb et leur contestation éventuelle suite à la confrontation avec les modes de vie occidentaux.
Azouz Begag : Les Chiens aussi
Si nous avons choisi Begag, c’est pour refuter une idée largement répandue, selon laquelle la littérature migrante serait de qualité inférieure, car une impulsion autobiographique, souvent présente dans ce type de récits, serait incompatible avec un travail authentiquement littéraire. Certains critiques vont jusqu’à parler d’”infra-littérature” ou de littérature mineure. L’oeuvre de Begag vient selon nous discréditer cette hypothèse. En effet, faisant référence à sa propre expérience de fils d’immigré, il n’en utilise pas moins un jeu langagier complexe mêlant différents codes et niveaux de langage. De plus, il échafaude des trames romanesques qui dépassent de loin la simple dimension autobiographique, et plusieurs de ses romans s’éloignent même de ce thème pour proposer une véritable création originale, comme L’ilet-aux-vents ou Les Chiens aussi, dans lesquels la dimension métaphorique est particulièrement riche. Enfin, cet auteur nous semble aussi intéressant en ce qu’il intègre dans ses écrits la tradition littéraire française de contestation sociale, tout en se la réappropriant autour du thème de l’immigration et de l’égalité des chances.
Parmi tous les romans d’Azouz Begag, nous avons retenu Les chiens aussi, écrit en 1995. Il s’agit d’un livre corrosif dans lequel plusieurs métaphores sont utilisées en mêlant réalisme, cynisme et humour. La première idée est de mettre en scène des chiens anthropomorphisés qui ont supplanté la communauté franco-maghrébine. La seconde consiste à employer la puissante métaphore de la roue pour figurer la destinée et l’exploitation sociale des immigrés pauvres vivant en France. Le protagoniste, César, est un petit chien bâtard vivant une “vie de chien” normale jusqu’au jour où son père l’emmène voir le lieu où il travaille, cette fameuse grande roue qu’il faut toujours faire tourner sans raison apparente. Cette vision d’horreur réveille dans la conscience du chiot adolescent une révolte qu’il va vouloir mener de manière non violente et qui va prendre petit à petit une dimension collective : les Chiens s’organisent pour faire valoir leurs droits. Comme le dit la quatrième de couverture, il s’agit d’une “fable sociale pleine d’humour et de tendresse”. Par le recours à l’allégorie, ce roman s’inscrit en continuité avec les deux précédents, L’ilet-aux-vents2 et Béni ou le paradis privé, même si, ici, la dimension révolutionnaire apporte une force supplémentaire à des images au départ poétiques. Comme l’affirme très justement Mark Mc Kinney (2002), “L’allégorie d’un prolétariat de chiens traduit l’aliénation causée par l’inégalité sociale et le racisme. Begag invite donc le lecteur à déchiffrer l’allégorie, et ainsi à redonner un sens à un monde qui l’a perdue”. Mc Kinney verra même dans ce livre une reprise des revendications de Germinal de Zola, par le biais de références intertextuelles.
L’intérêt principal de ce roman est lié au public qui nous concerne. En effet, nous apprécions particulièrement la prise de distance que l’auteur propose par l’utilisation de l’humour et de la métaphore canine. Or c’est bien là toute l’idée guidant notre démarche : rendre ces adolescents conscients des mécanismes interculturels dans lesquels ils baignent, en leur faisant opérer un recul critique sur leur propre position socioculturelle, loin des extrêmes de la victimisation ou de la glorification abusives. Le récit en je pousse le jeune lecteur à mettre en place les phénomènes de projection et d’identification au héros présenté, mais, en même temps, il l’en garde toujours un peu éloigné puisqu’il s’agit d’un chien et non d’un être humain. Une première prise de distance s’opère donc. Ensuite, ces phénomènes psychanalytiques se poursuivent à travers l’évocation de thèmes touchant le quotidien des adolescents, comme la rencontre de l’amour, l’importance de l’amitié, l’incompréhension intergénérationnelle, la révolte contre l’ordre établi qui apparaît comme vidé de sens…De plus, Begag donne une dimension collective aux questionnements existentiels de César, puisque celui-ci prend la tête d’un mouvement de révolte “pluraliste”. Ce pluralisme s’exprime par la participation de chiens tout autant que d’êtres humains, d’oiseaux et de “zimigrés”, ce qui permet d’éviter la tendance communautariste où une seule catégorie de gens serait impliquée dans la révolte. Remarquons que la dimension non violente de cette révolte collective nous semble particulièrement riche à exploiter avec les élèves: étant donné le contexte décrit plus haut et les récents événements dans les cités françaises, il y a lieu de donner à ces jeunes d’autres modèles d’action de revendication que celui de “cramer des bagnoles”…
Une autre raison, de type littéraire cette fois, intervient dans le choix de ce roman et consiste en la richesse du texte. Mettant en place des jeux de mots, des xénolectes et une polyphonie linguistique, il se prête particulièrement bien à l’examen d’aspects stylistiques en classe de français, d’autant que ce sont eux qui permettent une prise de recul anthropologique. On pourrait aussi aborder avec les élèves la question du “politiquement correct” dans le roman. Quels sont les mots utilisés pour caractériser les chiens, représentant les jeunes issus de l’immigration? Est-il justifié de les employer? Peut-on évoquer “l’esclavagisme sexuel” auquel se soumet César par rapport à sa maîtresse? Où sont les limites de l’ironie, de la provocation, de l’humour, du réalisme?
D’autre part, le rapport à la mémoire est un élément d’importance dans cet ouvrage. Les parents qui ont vécu l’exil n’en parlent que très peu à leurs enfants car celui-ci est lié à une expérience douloureuse, honteuse, voire à un échec puisqu’ils ne sont jamais retournés dans leur pays d’origine. Or le travail de Begag se situe justement à ce niveau: il s’agit de montrer le mépris collectif à l’égard de ces populations migrantes et de le contrer en valorisant leur apport au pays d’accueil. Dans Les chiens aussi, l’immigré devient un héros et un acteur de l’Histoire à travers le personnage de César. En outre, avec le personnage secondaire du père, l’auteur rend hommage à la dignité des travailleurs immigrés et à leur vie de labeur destinée à faire vivre leur famille. La littérature vient ici créer les possibilités d’inventer un nouveau rapport aux migrants et invite à une “cohabitation renégociée des identités qui sont porteuses d’histoires douloureuses et complexes” (Rachédi, 2OO4).
Ces identités sont construites sur un travail de mémoire afin de donner du sens à l’expérience. Ce travail passe notamment par le personnage de Mohand, l’immigré algérien, seul Zumin ami de César. A travers ses récits un peu décousus, il évoque son vécu, sa migration, ses souvenirs de la participation à la guerre du Vietnam, et ouvre ainsi une fenêtre vers ce passé que n’ont pas vécu les jeunes. Mohand introduit une dimension supplémentaire dans le récit, toujours avec humour, émotion et un certain décalage. En effet, de manière quelque peu paradoxale, il agit comme un miroir du père, puisqu’il est un véritable immigré, alors que le père n’est qu’un chien, mais représente lui aussi un immigré. Mohand raconte donc des éléments de son parcours de vie qui renvoient à l’histoire implicite du père de César, qui lui n’aime pas répondre aux questions de son chiot. Ce dédoublement de la figure de l’immigré nous semble particulièrement intéressant, notamment par son lien double avec la mémoire de la migration, car il permet de comprendre le passé, de donner du sens au présent, et de construire un futur possible.
Plus encore, c’est à une véritable déclinaison de la figure de l’immigré que se livre Azouz Begag. L’ami de César, Akim, est lui aussi un immigré : “Akim et sa famille ont quitté l’Afrique, il y a belle lurette. Là-bas, les chiens n’ont que les restes des zumins à manger. Ca fait pas beaucoup. Là-bas, il n’y a pas grand-chose pour grossir, alors les zumins font la chasse aux chiens. (…) Ici, c’est pas pareil quand même. On ne meut pas de faim. Les poubelles sont des restaurants de luxe. (…). Il s’en fichait de se faire traiter de ‘sale chien–retourne dans ton pays.’ “ (pp.21-22). En plus de la figure du chien et de celle de l’immigré, l’auteur nous donne donc à imaginer un chien immigré. Mohand semble vivre en grande partie ancré dans sa culture d’origine et dans son passé, alors qu’Akim, lui, s’est très bien adapté à la société d’accueil et semble vivre la migration de manière sereine et sans questions face à la mémoire africaine. César vient se placer dans une position plus ambigüe, chien sans être explicitement immigré, faisant partie de la culture de la société sans pour autant l’accepter, reprenant à son compte la mémoire de ses parents pour alimenter sa révolte. C’est entre tous ces éléments qu’il construira plutôt son identité, en y ajoutant des valeurs propres et une réflexion très personnelle.
En classe de français, il importera donc de choisir d’abord des axes de lecture qui attireront l’attention des élèves sur certaines dimensions du récit. Nous imaginons cela sous la forme de quelques questions larges et ouvertes par rapport aux thèmes d’analyse, pour lesquelles les jeunes devraient formuler des hypothèses de réponses au fur et à mesure de la lecture. En voici quelques exemples: d’où naît le sentiment de révolte de César et à quoi celui-ci le mène-t-il? César est à la recherche de sa propre identité: montrez-le par différents éléments. Pourquoi peut-on dire que César vit un conflit intergénérationnel par rapport à ses parents? Il est certain que le professeur pourra aussi se baser sur les pôles de socialisation des jeunes dont il a été question plus haut, soit pour préparer les axes de lecture, soit pour les aborder directement avec les élèves. Amener ceux-ci à une réflexion sur ces pôles à partir du personnage de César constituerait un bon moyen de mêler littérature et culture.
Enfin, on pourra aussi amorcer un travail d’intertextualité. Il s’agira alors d’introduire en classe des textes de nature différente en relation avec les thèmes évoqués: un texte sociologique, un tract du front National, un extrait de presse d’époque sur l’arrivée d’autres immigrés, italiens par exemple, etc. On pourrait aussi demander aux élèves de trouver un document (de quelque nature que ce soit) parlant de la révolte, et de le mettre en parallèle avec le livre qu’ils ont lu, pour en tirer une petite analyse comprenant un volet littéraire (comparaison des caractéristiques des deux texts) et un volet sociologique (comparaison des points de vue des deux auteurs), suivie d’une partie exprimant leur avis personnel..
En conclusion, nous dirons que le récit littéraire migrant crée les conditions d’émergence d’un autre discours sociétal sur les migrants. Le récit peut insuffler une déconstruction des catégorisations et une reconstruction plus distanciée à la lumière de nouvelles visions. C’est l’expression de ces visions originales que nous avons voulu favoriser chez nos élèves d’origine maghrébine, par le biais de ce roman qui les invite à être auteurs de leur propre histoire.
Références bibliographiques
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Laronde, Michel (1991) Autour du roman beur. Paris : L’Harmattan
Lozares, Camille (1984) “Les relations interculturelles dans les contacts entre Ecole-Famille-Communauté : suggestions d’activités et de moyens”, in Pédagogie interculturelle, Actes des Journées de Formation d’Enseignants. Genève : Rey.
Mac Kinney, Mark (2002) “It’s a Dog’s Life : Azouz Begag’s Les Chiens aussi”, in Expressions maghrébines, vol.1 n°2. Azouz Begag de A à Z. Paris : CICLIM
Monique Lebrun et Luc Collès (2007) , La litéerature migrante dans l’espace francophone : Belgique – France – Québec – Suisse, Cortil-Wodon, Editions Modulaires Européennes (“Proximités-didactique”).
Mopty, Elodie (2004) La boussole interculturalité. Monographie d’un groupe de jeunes français issus de l’immigration maghrébine dans les cités de Longwy. Louvain-la-Neuve : UCL
Noël-Gaudreault, Monique (2003). “Le roman pour adolescent : quelques balises”, in La Littérature pour la jeunesse, 1970-2000, Montréal : Fides
Praile, David (1986) L’honneur naufragé. Des représentations identitaires chez de jeunes hommes issus de l’immigration maghrébine. Louvain-la-Neuve : UCL
Rachédi, Lilyane (2004) “Les littératures maghrébines issues de l’immigration en France: espace d’expression, de combat et de forces identitaires”, in Gohard A. (éd) Altérité et identités dans les littératures de langue française. Le français dans le monde. Recherches et applications, numéro special, pp. 80-91
Ragi, Tariq (1997) Minorités culturelles, école républicaine et configurations de l’Etat-nation. Paris:L’Harmattan.
26/02/08
Franchises médicales: le combat continue
Les franchises sur les soins sont entrées en application le 1er janvier 2008.
Malgré l’appel lancé sur Internet dès le mois de Mars 2007, malgré le relai pris par un collectif d’organisations contre les franchises*, malgré le travail militant pour expliquer et dénoncer cette mesure, les franchises sur les soins que Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux depuis de nombreuses années sont entrées en vigueur après que le principe en ait été voté le 26 octobre à l’Assemblée par les députés UMP, qui choisirent ainsi de « responsabiliser » les cancéreux, les dialysés, les diabétiques et les accidentés du travail.
Tout juste notera t’on que le projet initial de franchise sèche sur les 50 ou 100 premiers euros de dépenses annuelles, qui aurait exclu de tout remboursement 27% des assurés sociaux ( les plus jeunes, les moins malades ) avait été finalement abandonné par Nicolas Sarkozy, au grand dam des assureurs privés** qui attendaient ce signal pour fragiliser encore vis-à-vis de ce public le système solidaire.
Le principe des franchises : une retenue de 50 centimes d’euros sur chaque boîte de médicaments, sur chaque acte infirmier ou de kinésithérapie, sur chaque prise de sang, et une retenue de 2 euros sur chaque transport sanitaire, à concurrence de 50 euros par an, pour l’instant***. ( en supplément des forfaits de 50 euros par an sur les consultations médicales, déjà en vigueur depuis la réforme Douste-Blazy de 2005)
Au prétexte de « responsabiliser » les malades, puis de financer l’Alzheimer ( en taxant en priorité les patients les plus fragiles et dépendants), le gouvernement a choisi de mettre à mal encore une fois le principe d’assurance-maladie solidaire hérité du pacte de 1945.
Pourtant, au moment où cette mesure entre en application, le réel se rappelle au bon souvenir du Président. Des patients fragilisés découvrent au jour le jour la réalité des franchises. Contrairement à ce qui a longtemps été claironné par le Ministère de la Santé, les pauvres paient les franchises sur les soins. Le seuil de pauvreté en France est de 817 euros, et seuls sont exemptés ( hormis les femmes enceintes et les enfants), les personnes subsistant avec moins de 610 euros par mois.
Dans ce contexte de détresse et de colère, la grève de soins de Bruno-Pascal Chevalier****, travailleur social de 45 ans, atteint du SIDA, représente hélas l’aboutissement inéluctable d’une logique purement financière, d’une lubie présidentielle. Les médias se tournent alors vers lui en masse, s’intéressent à la question des franchises, certains pour la première fois. Et de nombreux Français découvrent aujourd’hui, bien tardivement, la question des franchises sur les soins, qui met en difficulté de nombreuses personnes âgées, invalides, atteintes d'affections de longue durée, mais aussi de plus en plus de personnes et de familles à faibles revenus qui ne peuvent déjà plus faire face aux dépenses de santé et ne se soignent plus qu'en repoussant à plus tard leurs démarches de soins.
L’appel contre la franchise a ainsi engrangé au courant du mois de Janvier plus de 5000 signatures en une après-midi après un sujet au Journal télévisé de France 2, pour atteindre 116.000 signatures sur le site, et 36.000 signatures papier récoltées par Bruno-Pascal Chevalier.
L’appel contre la franchise, ainsi que les initiatives locales et nationales, restent d’actualité. Signez la pétition, faites la signer.
Les franchises sur les soins ne sont pas une fatalité.
Inutiles économiquement, dangereuses médicalement, injustes moralement, elles témoignent d’une étrange politique de civilisation, qu’il nous revient de combattre, et de sanctionner.
Christian Lehmann
www.appelcontrelafranchise.org
* Un collectif national regroupant partis politiques, associations, syndicats, s’est créé pour amplifier le mouvement initié par la pétition, à l’adresse : www.contre-les-franchises.org
** « Sarkozy a tué l’idée de mettre en place une vraie franchise, qui aurait consisté à ne pas prendre en charge du tout les 50 ou 100 premiers euros de dépense, puis à faire varier ce seuil en fonction des besoins de financement de la Sécu. A présent, la grogne est telle que cette mesure ne verra jamais le jour » soupire un courageux expert anonyme, artisan de ces réformes. L’Expansion, Novembre 2007, Stéphanie Benz.
*** Seul le principe des franchises a été voté par les parlementaires. Le montant en a été fixé par décret, et peut être révisé à tout moment par le fait du Prince. Comme le disait Nicolas Sarkozy en Juin 2006 : « Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. »
**** www.grevedesoins.fr
NOTE IMPORTANTE AU NIVEAU DES LISTES DE SIGNATAIRES ET DES PETITIONS PAPIER :
1-Toutes les signatures sont comptabilisées. Beaucoup aimeraient pouvoir retrouver facilement leur nom sur la liste mais le nombre de signataires rend ceci très difficile.
2-Sur ce site, vous trouverez un modèle de pétition papier à signer. Il n’existe pas d’adresse postale où envoyer cette liste… pour une bonne raison. Nous n’avons pas les moyens matériels d’entrer à la main des milliers de signatures. Nous vous demandons donc d’aller au bout de votre geste militant et d’intégrer ces signatures à la liste, en notant éventuellement *.* si vous n’avez pas l’adresse mail du signataire. Vous pouvez aussi adresser les pétitions papier à :
Bruno-Pascal CHEVALIER
17 Résidence Bois-Pommier
91390 Morsang-sur-Orge
10/02/08
Le spectre de Mai 68
Mai 68, ce n’est toujours qu’un début : un appel international.
Un spectre hante les tenants de l’ordre établi : le spectre de Mai 68.
Toutes les puissances du vieux monde se sont unies en une sainte-alliance pour traquer ce spectre : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre et consorts… Ne manque à l’appel aucun-e de celles et ceux qui n’ont comme seul horizon indépassable que le monde tel qu’il est, voire la fin de l’histoire.
Pour la France bien-pensante, Mai 68 est responsable de tout. Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à la faire frémir en agitant à nouveau le spectre. Il s’agit, selon lui, « de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes ». Dans cette liquidation seraient visés non seulement les droits syndicaux, le Smic et le salaire socialisé, mais aussi les avancées obtenues, entre autres par les luttes féministes.
Tel un ludion, le spectre de Mai 68 sort du placard tous les dix ans. C’est l’occasion des exorcismes et des oraisons funèbres, des enterrements de première classe et des cérémonies d’adieux, des célébrations compassées, des imprécations et des repentances de tous les ralliés.
Il est grand temps de se réapproprier Mai 68, les réalités derrière les mythes, le Mai des prolétaires (de la grève générale et des occupations), le Mai de la Commune étudiante, le Mai des murs qui prennent la parole, le Mai des barricades qui ferment la rue et ouvrent la voie, le Mai qui a pavé le chemin des libérations et des transformations sociales et sociétales arrachées au cours de la décennie suivante, le Mai qui a soufflé sur Berlin, Prague, Mexico ou Turin, soulevant l’espoir tout autant que la critique du monde réellement existant, des normes et des évidences.
Ce qui est advenu n’était pas le seul possible. Des retours critiques collectifs et discordants permettront de retrouver le sable chaud sous les grèves et les espérances, à la lumière d’une formidable expérience dont les traces marquent encore notre temps.
Des éditeurs, des revues, des journaux, des sites internet, des librairies, des instituts, des fondations, des lieux et des espaces culturels tentent d’interpréter le monde pour transformer l’ordre des choses.
Ils se sont réunis et proposent d’organiser ensemble, au printemps prochain, un « Mai 68, ce n’est pas qu’un début, c’est une actualité urgente ». C’est à cette fin qu’ils lancent cet appel, ici et au-delà des frontières.

Pour tout contact : contact@mai-68.org
Signatures collectives (au 16 JANVIER 2008) :
Babord (revue, Montréal), Actuel Marx (revue, Paris), Editions Aden (éditeur, Paris), Alternative libertaire ( journal, Paris), Alternatives Sud (revue, Louvain-la Neuve), Amis de Tribune socialiste, Éditions Amsterdam (éditeur, Paris), Editions Après la Lune(éditeur, Paris), , Association pour la coopération des radios libres (Corali), Autres voix de la planète (revue, Bruxelles), Bez Dogmatu (revue, Varsovie), Brumes et Blondes (revue, Alkmaar), Bulletin du Réseau Féministe « Ruptures », CADAC, CeDInCI (Centro de Documentación de las Izquierdas, Buenos Aires), Colères du présent, Collectif national pour les droits des femmes, ContreTemps (revue, Paris), Critique (revue, Grande-Bretagne), Critique communiste (revue, Montreuil), Dissidences (revue), École émancipée (revue, Paris), Écologie et politique (revue, Paris) Éditions du Monde libertaire, Espaces Marx (Paris), Les Empêcheurs de penser en rond (éditeur, Paris), Europe solidaire sans frontières, Fondation Copernic (Paris), Les Hasards Subjectifs, Infosurr (revue), Inprecor (revue, Paris), Institut d’histoire sociale de la CGT, Institut de recherche de la FSU (Paris), Jour Fixe Initiative (Berlin), Les Mondes du travail (revue, Amiens), Librairie La Brèche, Librairie du Monde libertaire, Le Monde Libertaire (journal, Paris), Lux Editeur (Montréal), Mouvements (revue, Paris), Observatoire des mouvements de la société (Paris), Page Deux (éditeur, Lausanne), Politis (journal, Paris), Punctum (éditeur, Paris), Quaderni Pietro Tresso (Florence), Raisons d’agir (Poitiers), Regards, Revue internationale des livres et des idées (revue, Paris), Rewolucja (revue, Varsovie), Rouge (journal, Paris) , Rouge et Vert (journal, Paris), Réseau Féministe « Ruptures » (Paris),Sarkophage, (journal, Paris),SOS Sexime (Paris), Support Transgenre Strasbourg, SolidaritéS (journal, Suisse), La Somme et le reste (revue, Paris), Syllepse (éditeur, Paris), TaPaGes (Strasbourg), Théâtre des Rues (compagnie de théâtre-action), Université Populaire de Saint-Denis-93, Union syndicale Solidaires, Vacarme (revue, Paris), La Vache bleue (cie théâtre, Lille), Variations (revue, Paris) Viento Sur (revue, Madrid).
