20 avril 2012

6ème République

   Dans un pays de vieille tradition parlementaire, comme la France, quel rôle [...] peut jouer le Parlement [...] ?


   Dès l'origine, le Parlement, instrument par lequel la bourgeoisie entend exprimer ses intérêts de classe face à la monarchie féodale, présente un double caractère:
   - il est un organe représentatif de la nation,
   - il est un organe de gouvernement de l'Etat bourgeois.
   En tant qu'organe représentatif, la tendance a toujours été de conserver à ce Parlement son caractère de classe par une série de lois électorales qui [...] ont toujours eu le même objectif: réduire au minimum la représentation des travailleurs.
   En tant qu'organe de gouvernement, la tendance constante de la bourgeoisie dominante a été d'utiliser le décor parlementaire pour camoufler la réalité de sa dictature de classe s'exerçant à travers l'appareil permanent de l'Etat.
   L'utilisation du Parlement comme l'un des instruments politiques permettant le passage au socialisme exige donc que l'on mette fin à l'utilisation de classe du Parlement par la bourgeoisie, c'est-à-dire que l'on fasse en sorte:
   - qu'il cesse dêtre faussement représentatif,
   - qu'il cesse d'être faussement le pouvoir.
   Le problème ne peut pas être résolu seulement au plan politique, car le jeu politique est fondamentalement faussé par l'influence politique exercée par les forces économiques.
   Néanmoins, un certain nombre de mesures politiques, institutionnelles, sont nécessaires pour que le Parlement ne donne pas une image déformée de l'opinion et pour qu'il ne soit pas une apparence de pouvoir.
   Du point de vue des institutions quatre mesures fondamentales seraient nécessaires pour réaliser un véritable régime représentatif: la représentation proportionnelle, le mandat impératif, le contrat de législature, la démocratie directe.

   La représentation proportionnelle est nécessaire pour que le Parlement et les diverses assemblées élues soient l'expression la plus exacte des grands courants d'opinion [...]

   Le mandat impératif est la deuxième garantie d'une démocratie loyale. L'on a souvent dégagé cette loi constante de la politique française traditionnelle: les électeurs envoient à la Chambre des députés une majorité de gauche, et à la fin de la législature un gouvernement de droite est au pouvoir. Ce jeu de bascule découle évidemment de l'organisation d'ensemble de l'économie et de l'appareil d'Etat dont l'influence sur le Parelement est infiniment plus puissante que celle des électeurs. Mais, avant d'aborder ce problème de la transformation des structures économiques et de la machine d'Etat correspondante, il est certaines dispositions institutionnelles qui doivent pouvoir assurer fidélité et stabilité de l'institution parlementaire. Jusqu'ici les élus demandent une véritable délégation de pouvoir "en blanc" sur un programme abstrait ou sur des options trés générales. L'une des institutions les plus propres à assainir les moeurs parlementaires serait le mandat impératif, exigeant de chaque candidat non des promesses floues et susceptibles d'interprétations multiples mais un catalogue précis de mesures législatives, définies dans la forme même où elles devront être votées, et un calendrier des réalisations afin que la fidèlité aux engagements pris puisse être jugée d'après un critère objectif et simple.

    Le contrat de législature , c'est-à-dire  un programme liant le gouvernement et la majorité sur les problèmes essentiels de la politique intérieure et extérieure pendant la durée de la législature, ne peut avoir sa pleine efficacité que comme corollaire du mandat impératif, car ainsi seulement le programme ne sera pas un compromis entre  des états-majors de partis, mais une émanation directe du corps électoral. La violation du contrat si elle est le fait du gouvernement implique sa censure et son remplacemejnt par une nouvelle équipe fidèle au contrat; si elle est le fait de la majorité, elle implique la dissolution et le retour devant les électeurs.

    La démocratie directe: Rousseau estimait qu' "à l'instant qu'un peuple se donne des représentants il n'estn plus libre", et, en même temps, qu'il n'est pas "désormais possible au souverain de conserver parmi nous l'exercice de ses droits si la cité n'est trés petite" (Du Contrat Social, Livre III, chap.XV, Editions Sociales, p.157). L'on ne pouvait en effet concevoir, de son temps, comment pouvait s'exercer une démocratie directe lorsque la totalité des citoyens (quelques milliers à peine dans l'Athènes classique) ne pouvait s'assembler sur une même place pour discuter des problèmes de l'Etat.
    Mais les conditions nouvelles de communication [...] permettent de surmonter cette contradiction. Il est devenu possible de s'adresser à des millions d'hommes à la fois, à tout un peuple. Dans le cadre du capitalisme [...], cette possibilité technique a été utilisée comme moyen d'une mise en condition de l'opinion publique pour instituer, pour maintenir ou pour renforcer le pouvoir personnel par une communication à sens unique: le chef de l'Etat, son gouvernement et ses porte-parole organisent un monologue apologétique, la nation entière jouant le rôle de récepteur passif. Le camouflage de l'opération est assuré par une diversion: le dialogue est autorisé, à dose homéopathique, en octroyant la parole quelques minutes, tous les quatre ou cinq ans, aux leaders de l'opposition.
    Il s'agit d'institutionnaliser le dialogue, et de le rendre permanent, en permettant à chaque grand courant d'opinion, sans discrimination ni exclusive, de s'exprimer à la radio et à la télévision sur chaque problème important de la politique intérieure ou extérieure, afin que chacun puisse juger contradictoirement de tout, non seulement pour critiquer l'action entreprise mais aussi pour s'y associer activement et coopérer personnellement à son succès.

    Bien entendu ces quatre premières mesures impliquent un profond changement constitutionnel et une restauration des libertés publiques tant en ce qui concerne les syndicats, que la presse ou les collectivités locales.

    Mais de telles dispositions politiques ne suffisent pas pour instituer une démocratie véritable, car elles ne touchent pas encore aux racines économiques de toutes les perversions de la démocratie.

  [...] La démocratie politique n'est pas suffisante pour assurer à chaque homme sa pleine initiative et son plein épanouissement. La démocratie est une création continue. Les communistes ne séparent pas la lutte pour la démocratie de la lutte pour le socialisme. Ils ne séparent pas la création des conditions de l'initiative politique de chaque citoyen de la création des conditions de l'initiative économique de chaque travailleur.
   Il ne saurait y avoir de démocratie véritable si la démocratie s'arrête à la porte de l'usine et si le citoyen, théoriquement souverain devant l'urne électorale, est tenu, dans son travail,  de se soumettre inconditionnellement à l'autocratie patronale.

Roger Garaudy, Pour un modèle français du socialisme, Gallimard, Collection "Idées actuelles", 1968, pages 323 à 328

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01 novembre 2011

La régénération

  Nous ne voulons pas fonder un parti nouveau, ni nous rallier à un parti ancien, mais nous souhaitons que s'opère une régénérescence à partir des quatre sources qui alimentent la gauche: la source libertaire, qui se concentre sur la liberté des individus; la source socialiste, qui se concentre sur l'amélioration de la société; la source communiste, qui se concentre sur la fraternité communautaire. Ajoutons-y la source écologique, qui nous restitue notre lien et notre interdépendance avec la nature et plus profondément notre Terre-mère, et qui reconnaît en notre Soleil la source de toutes les énergies vivantes.
  Nous souhaitons que les partis politiques actuels, dont les ressourcements sont taris et se sont de surcroït fossilisés, acceptent de se décomposer pour une recomposition qui puiserait conjointement aux quatre sources.
  Nous ne proposons pas de pacte aux partis existants. Nous souhaitons contribuer à la formation d'un puissant mouvement citoyen, d'une insurrection des consciences qui puisse engendrer une politique à la hauteur de ces exigences.

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(2011, pages 59-60, prix 5€)

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25 octobre 2011

"Une communauté mondiale sans classes, sans discrimination, sans pays et sans Etat est réalisable depuis longtemps"

par Michel Peyret

UNION SOVIETIQUE LA REVOLUTION ECONOMIQUE N'A PAS ETE FAITE

 

Le véritable et indispensable débat aura-t-il enfin lieu ?

C'est la question que l'on se pose à la lecture de la plupart des textes de Mansoor Hekmat (1).

Dans une interview de 1992, intitulée : « Le marxisme et le monde actuel. », Mansoor Hekmat revient, entre autres, sur les raisons de l'écroulement du bloc soviétique.

Pour lui, ce sont les commentateurs bourgeois qui qualifient cet écroulement de « défaite du socialisme » et de « fin du communisme ».

 

NECESSITE DE REVOLUTIONNER L'ECONOMIE

Pour les marxistes, dit-il, la leçon principale de l'expérience soviétique, c'est qu'une révolution ouvrière est condamnée à échouer si elle ne remplit pas ses taches économiques, si elle n'opère pas un changement dans les bases économiques de la société... La révolution socialiste est indivisible et doit réussir dans sa totalité comme une révolution sociale.

« Mais, poursuivait-il, cette révolution dans les rapports économiques doit être une véritable révolution et non une réforme du système existant.

« Les bases de cette révolution sont l'abolition du salariat et la collectivisation des moyens de production et de distribution.

« Cela n'a jamais été fait en Union soviétique. »

Dans un débat plus global sur ces questionnements, qui serait indispensable, mais qui peine à s'établir, Mansoor Hekmat exposait des arguments forts, qui ne peuvent être ignorés.

Et il le fait avec ténacité et persévérance.

Déjà, dans un texte de 1986, « L'expérience de la révolution ouvrière en Union soviétique », que j'avais déjà évoqué (2), Mansoor Hekmat allait directement au coeur de ce qu'il considérait comme essentiel de ce point de vue.

 

CE QUI EST ESSENTIEL

« De nombreuses tendances néfastes, disait-il, sont observables en ce qui concerne les compromis passés avec les institutions de l'ancienne société, le développement de la bureaucratie, l'affaiblissement de la démocratie interne du parti, l'affaiblissement des pouvoirs des organes d'action directe des ouvriers, l'absence d'approfondissement des transformations politiques dans la vie juridique et culturelle de la société, etc.

« Mais ces erreurs, poursuivait-il, ne nous donnent pas les causes de la défaite, à savoir que la bataille décisive pour la transformation économique de la société n'a pas été engagée.

« Cela s'est joué dans les années 20.

« Si l'alternative prolétarienne en faveur de la propriété commune et l'abolition du salariat, c'est-à-dire l'alternative prolétarienne en matière de perspectives économiques pour la Russie, si cette alternative avait été retenue, avait prédominé, elle aurait privé ces erreurs des bases matérielles qui permettent leur survie, elles se seraient éteintes au cours du processus de transformation économique profond de la société, auraient été remplacées par de nouvelles méthodes et mécanismes correspondants à la nouvelle économie pour tout ce qui est des points décisifs ».

 

CE N'EST PAS LA DEFAITE DU COMMUNISME

 Aussi, dans « Le marxisme et le monde actuel », texte déjà évoqué ci-dessus, Mansoor Hekmat montre-t-il que ce qui est advenu de l'Union soviétique n'est ni la défaite du socialisme, ni la fin du communisme, mais plutôt la défaite d'un type particulier du socialisme bourgeois et du modèle de capitalisme d'Etat sur lequel il était fondé.

« Pour nombre de ceux qui se disent communistes, dit-il, - en fait, la majorité – il a toujours été clair que l'Union soviétique n'était pas un pays socialiste, qu'elle était absolument étrangère à l'interprétation marxiste du communisme.

« Même certains penseurs bourgeois, certains soviétologues l'ont admis. Aujourd'hui, l'idéologie officielle bourgeoise insiste pour identifier de nouveau l'Union soviétique au marxisme et au communisme, sans prendre en compte ces études contradictoires. C'est une arme de propagande dans le combat contre le marxisme et le véritable communisme ouvrier » (3).

 

C'EST LA BOURGEOISIE QUI LE DIT

« Les tenants de cette idéologie bourgeoise officielle disent que le socialisme a été vaincu pour pouvoir le mettre en échec. Ils disent que le communisme est fini pour qu'ils puissent y mettre fin. Ce sont des cris de guerre de la bourgeoisie ; plus ils sont violents, plus ils confirment la vitalité du communisme comme une menace ouvrière potentielle pour la société bourgeoise ».

Mansoor Hekmar considère qu'il faudra du temps pour que cette campagne contre le communisme et contre le marxisme soit neutralisée. L'offensive de la bourgeoisie a mis la gauche sous pression. Le courant des « intellectuels réformistes » qui se réfèrent au marxisme s'est inversé.

« Il faudra, dit-il, que la classe ouvrière inflige de sacrés coups à la bourgeoisie pour que les intellectuels des classes moyennes considèrent de nouveau que le marxisme ajoute à leur crédibilité...Les nationalistes et les réformistes, les partisans de l'industrialisation dans le tiers-monde, les indépendantistes, les antimonopolistes, les minorités opprimées et autres tendances, se sont servis du marxisme pour exprimer leurs doléances.

« Hier, le marxisme était à la mode, alors ils étaient marxistes. Aujourd'hui c'est la démocratie qui est à la mode, alors ils se sont groupés autour de cette idée, en espérant réaliser les mêmes buts et les mêmes aspirations à travers la démocratie et le marché. »

 

UN ARGUMENT POUR LE COMMUNISME OUVRIER

Cependant, Mansoor Hekmat pense que c'est plutôt une bonne chose que cette évolution : cela facilite, à certains égards, la formation d'un communisme ouvrier, profondément marxiste.

Le marxisme, dit-il, si on le sépare de la multitude de stéréotypes véhiculés en son nom pendant plusieurs décennies, n'a pas besoin de révision...C'est la vision marxiste qui manque dans les problématiques de la société contemporaine et dans les changements décisifs que le monde actuel est en train de vivre.

« Se baser, poursuit-il, sur le marxisme comme vision du monde et comme théorie sociale ne signifie pas répéter ses principes généraux en les isolant des conditions sociales, mais participer aux combats théoriques de chaque époque en tant que marxistes, et mettre en avant l'analyse des problèmes nouveaux qui surgissent au cours du mouvement historique de la société et de la lutte des classes.

« Nous avons besoin, non pas de réviser la seule conception radicale de la société, mais bien de l'appliquer au monde contemporain et à ses problématiques. »

 

L'OPPOSITION DE LA PLANIFICATION ET DU MARCHE

Mansoor Hekmat confirme : le socialisme au sens où l'entendent les marxistes n'a été réalisé nulle part. A aucun moment, du point de vue du marxisme et de la classe ouvrière, le système économique en Union soviétique ne peut être qualifié de socialiste.

« L'économie soviétique, en tant que modèle réformé du capitalisme, n'a pas pu créer une structure plus favorable et plus efficace pour l'accumulation du capital et pour atténuer la contradiction interne du mode de production fondé sur le capital.

« La caractéristique principale de ce modèle, c'était de circonvenir le mécanisme du marché par un système administratif décrit comme « l'opposition de la planification et du marché ».

« Vous pouvez, dit-il alors, abolir le marché, mais à condition d'abolir toute la base économique du capitalisme, c'est-à-dire la force de travail comme marchandise, la valeur comme base de l'échange et de la distribution des marchandises entre individus et sections de la société, l'économie monétaire, etc ».

 

PLUTÔT UN TRANSFERT DES FONCTIONS DU MARCHE

« Mais, dit-il, préserver ces relations et, en même temps, contourner le marché comme le lieu dans lequel ces relations et ces catégories sont objectivées et reliées, sans perturber sérieusement le fonctionnement du capitalisme, n'est pas possible.

« C'est ce qui s'est produit en Union soviétique. Ce qui est arrivé n'est pas la substitution de la planification au marché mais, plutôt, un transfert des fonctions du marché à des institutions administratives. »

Mansoor Hekmat montre alors que le marché prend aujourd'hui sa revanche sur le système économique soviétique. La non-existence des crises, le chômage déguisé, le maintien des bas prix, l'industrie subventionnée...ont soudain laissé place à l'augmentation massive du chômage, à une inflation galopante et à des usines abandonnées...

 

AUJOURD'HUI LE MARCHE PREND SA REVANCHE

 Ce qui apparaît, dit-il, c'est que durant tout ce temps, la logique du marché a fonctionné en négatif.

 Le modèle soviétique a, dans un premier temps et du fait de son pouvoir idéologique et politique mobilisateur, prouvé son efficacité dans le développement initial de l'infrastructure industrielle et économique.

En particulier, tant que la croissance économique était essentiellement basée sur l'emploi croissant de la force de travail et sur la production de la plus-value absolue (les zones rurales fournissant la main d'oeuvre en quantité), les défauts de ce système n'étaient pas visibles.

Mais au-delà de cette première étape, et surtout une fois que la production de plus-value relative, par l'amélioration de la technique de production, devient dominante, une fois que les besoins sociaux (dans la production aussi bien que dans la consommation) se diversifient, une fois que la qualité des marchandises devient un déterminant important, le système révèle son défaut fatal.

 

CE N'ETAIT PAS UNE SOCIETE PLUS JUSTE

L'Union soviétique, poursuit Mansoor Hekmat, a été incapable de participer à la révolution technique des deux dernières décennies. Son modèle manquait de capacité à répondre aux besoins diversifiés d'une économie industrielle avancée.

Ainsi, du point de vue du capital, son modèle était inutilisable, et le modèle capitaliste occidental fondé sur le rôle central du marché était encore la seule alternative efficace et viable.

« Certains, dit-il, pourraient objecter que l'Union soviétique était une société plus juste, qu'il y avait plus de sécurité sociale et économique, et que l'écart entre les classes était plus restreint, etc.

« En tant que travailleurs communistes, nous avons notre propre alternative de justice économique. Nous avons l'intention de construire un système fondé sur cette justice économique, un système qui la reproduit continuellement et s'épanouit sur cette base.

« Ce n'est pas une consolation d'avoir connu, pendant quarante ans de soi-disant « justice », la pénurie perpétuelle, au prix d'un travail éreintant, pour ensuite se trouver plongé dans la pauvreté et le chômage, abandonné à la merci d'une réaction économique, politique et idéologique débridée.

 

NOUS NE VOULONS PAS DU PARTAGE DE LA MISERE

« Ensuite, nous considérons la croissance économique, le progrès technologique, le développement des capacités de production, l'élévation du niveau de consommation, le bien-être et les loisirs de la société humaine comme absolument vitaux.

« Notre solution n'est pas le partage de la misère.

« Evidemment, s'il y a une pénurie, tout le monde va la prendre en charge, mais le socialisme est une économie pour le développement des capacités humaines, une économie de l'accomplissement permanent de ses besoins matériels et intellectuels. »

Pour Mansoor Hekmat, un autre système économique, bien meilleur, est possible et l'était déjà depuis le début de ce siècle.

 Si l'humanité, aujourd'hui, ne vit pas dans un régime socialiste, c'est bien parce que l'ancien système se défend, becs et ongles, par le meurtre et la torture, par la peur et le mensonge.

Des millions de gens, dit-il, se sont battus et se battent pour cet autre système depuis qu'il a été défini.

L'affirmation selon laquelle le capitalisme est le meilleur système est le plus grand mensonge dans l'histoire de l'humanité...

 

NE PLUS VENDRE SES CAPACITES PHYSIQUES, INTELLECTUELLES

« Par-dessus tout, ajoute-t-il, le fondement même de cette société, c'est l'ignoble manière dont la majorité doit vendre ses capacités physiques et intellectuelles à une minorité pour pouvoir vivre.

« C'est une société où la production des besoins essentiels des gens est liée à la rentabilité du capital.

« Voilà la base de toutes ces inégalités, de toutes ces privations.

« Le salariat, la division de la société entre travailleurs et capitalistes, entre salariés et patrons, la dégradation du travail d'activité productive et créative en un simple « job », un moyen de gagner sa vie, voilà le verdict de la banqueroute de ce système. »

 

UN AUTRE SYSTEME POUR L'ETRE HUMAIN

« Celui qui considère le système économique actuel comme le meilleur et le plus réaliste admet sa propre sauvagerie. La vérité c'est que, surtout depuis la critique marxienne du capitalisme, l'être humain a proclamé la nécessité et la possibilité d'un système économique et social supérieur, et a même tracé ses contours : une société fondée sur l'égalité et la liberté totale, une société fondée sur le travail collectif et créatif pour satisfaire les besoins humains, une société dans laquelle les moyens de production appartiennent collectivement au peuple.

« Une communauté mondiale sans classes, sans discrimination, sans pays et sans Etat est réalisable depuis longtemps. Le capitalisme lui-même a créé les conditions matérielles préalables d'une telle société.

 

Note1: présentation de Mansoor Hekmat : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mansoor_Hekmat

Note2 : voir mon article : « Pourquoi n'a-t-on pas construit une société socialiste en Union soviétique », La Tribune de Michel Peyret, Rouge Midi.

Note3 : « Le marxisme et le monde actuel », 1992, La Bataille socialiste, traduction de Nicolas Dessaux.

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10 mai 2011

Pour une action citoyenne. Point de vue

Voici trois propos pour une action citoyenne. Citoyenne c’est-à-dire appelant au respect de l’éthique toujours et partout. L’état, la politique, la religion ne peuvent faire exception.

I- Opportunité règlementaire pour modifier la constitution

Le président de la république convoque le congrès pour inscrire l’interdiction de la peine de mort dans la constitution. Nous avons là une occasion inespérée de mobiliser pour la citoyenneté. Pas même besoin d’un nouveau numéro de république.

Un congrès a le pouvoir de modifier la constitution. Citoyennes, Citoyens, nous pouvons former une majorité. Non pas de "non", mais de "oui". Exerçons une pression légitime sur les parlementaires réunis à Versailles pour les décider à innover. Beaucoup veulent un parlement renforcé dans son rôle de bâtisseur de la loi contre un présidentialisme monarchisant. Bientôt des dynasties comme aux USA est-ce cela que nous voulons ?

Les mots ont un pouvoir

Cette direction suppose d’abandonner (au moins jusqu’à la fin du congrès), non les idées de justice, de vérité, d’égalité, de liberté, de fraternité, de solidarité, d’honnêteté, de laïcité, etc... mais d’abandonner des mots qui nous sont chers. Des mots qui, pour diverses raisons regrettables mais historiques, ne font pas ou plus consensus ; je pense à communisme, socialisme, gauche, droite, centre, gaullisme, libéralisme. Notons aussi qu’écologie, antilibéralisme et même révolution (voir les dires de Jacques Chirac) sont des mots récupérés par nos démagogues.

Mettons-nous dans l’esprit de la déclaration des Droits de 1789, dans celui de 1946 au sortir de la guerre ou même dans celui de 1958. Puisque c’est le texte en vigueur, partons de là.

Centrons-nous, simples citoyens, collectifs et groupes désorientés, sur notre constitution actuelle. Formulons des propositions de modifications courtes. Cet effort peut nous aider à nous rassembler avant des présidentielles ouvertes à des risques de déchirement du pays.

Une constitution sur l’essentiel du bien commun sera une référence pour l’Europe.

Si vous prenez des initiatives de réunions dans ce sens, cette activité développera - localement la démocratie citoyenne, - dans chaque circonscription, une meilleure (s)élection de députés (voir point II) plus conscients de leur responsabilité - en France, une présidence plus consciente de ses limites.

II- Faire cesser l’inadmissible Insister auprès des candidats aux présidentielles et aux législatives (leur réaction sera un tri) pour qu’ils dénoncent une pratique observable actuellement dans les rangs de l’UMP et du PS. Ce ne sont pas des cas rares. Manoeuvres des appareils UMP (par exemple 1ere du Cantal) et PS (Hérault ou Aude, je ne sais plus) pour imposer des candidats parachutés ou soumis contre l’avis des militants de base PS et UMP.

Il y a là une démarche grossièrement contraire à la démocratie. En démocratie, c’est la base qui doit choisir son candidat et non l’inverse.

- Affaiblir le parlement, se fabriquer une majorité de "godillots" voilà une perversion du présidentialisme.

- N’oublions pas que le calendrier qui prévoyait législatives puis présidentielle a été inversé par simples décrets d’un premier ministre.

- Résistons à ces pratiques qui concernent tout l’éventail des organisations.

III- Philosophie de la laïcité : Vers une laïcité pleine et entière

Philippe Val de Charlie Hebdo a déclaré dans Interactive sur France-Inter que les religions ne sont que des opinions et j’en suis d’accord. Pour être complet, il faut aussi dire que l’athéisme est objectivement une opinion ; comme les religions.

Il existe un athéisme professionnel, déontologique, nécessaire au chercheur qui travaille dans son laboratoire, à son observation. Mais dès qu’il quitte cette fonction, le chercheur devient un citoyen comme les autres. En dehors de sa spécialité, il n’a pas d’éclairage particulier sur ce qu’est dans son fond la Nature, le Cosmos.

Chaque chercheur peut recueillir le témoignage de l’ensemble de ses confrères : effectivement aucun ne trouve Dieu dans son travail. Ce résultat est logique puisque leurs observations portent uniquement sur la matière. Cette insaisissabilité matérielle n’est pas preuve de l’inexistence d’une Divinité créatrice.

L’athéisme scientifique est une posture professionnelle. En faire une position publique est un abus de langage, une privatisation de la laïcité. L'athéisme scientifique devient une position intime ou communautaire, lorsque un ou plusieurs choisissent librement d'affirmer que seule la matière existe. On peut se dire Athée à titre privé ou à titre communautaire (les Chrétiens furent traités d’Athées parce qu’ils ne croyaient pas aux Dieux de la cité) pas à titre public. L’athéisme technique de la science ne doit pas être confondu avec l’Athéisme choisi par telle personne ou tel groupe. Cet Athéisme est une croyance, une opinion respectable ; et comme les autres Croyances improuvables.

Devant la part de mystère que conserve l’univers malgré nos savoirs, tous les Humains sans exception sont dans le manque. La position qu’ils prennent reste métaphysique, partiellement ignorante. Elle touche, inévitablement, à une forme de croyance.

Pour devenir pleine et entière, la laïcité doit garder sa balance égale face à toutes les métaphysiques ou spiritualités. Plus facile à dire qu’à faire !

Chacun, évidemment, a la sensation que sa position spirituelle ou métaphysique est la bonne, la meilleure ou la plus fondée... sans quoi il changerait d’opinion.

L’effort pour devenir moins intégriste de sa propre croyance, de son propre engagement est un effort moral qui concerne tous les Humains.

Je ne peux pas changer de force ou par la ruse l’attitude d’un autre, d’autres (ou c’est la guerre, une forme de guerre larvée). Chacun ne peut que changer sa propre attitude. Et parfois l’autre, librement, peut changer.

Cordialement et citoyennement

Michel Portal

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14 avril 2011

L'auto-association pour l'auto-gestion de la société

Enquête http://journcritiques.canalblog.com:

QUELQUES REFLEXIONS A PARTIR DU QUESTIONNAIRE

 

(ou l'auto-association pour l'auto-gestion de la société tout entière)


 

Clarification des idées ! Qu'est-ce qu'une idée claire ?

Les idées et la réalité, le mouvement de la réalité, le mouvement des idées...

La question du retard des idées sur le mouvement de la réalité ( on ne peut connaître ce qui se passe avant de l'avoir vécu).

 Les idées peuvent-elles anticiper le mouvement de la réalité ?

Lénine : l'étude concrète d'une situation concrète. La situation concrète, c'est la réalité à tel ou tel moment de son mouvement concret.

Le mouvement de la réalité et des idées est scandé par des « manifestations » concrètes de différentes nature (référendums, élections, luttes d'origine et de nature diverse...). Et qu'en est-il quand, au moins en apparence, il ne se passe rien ? 

1992 et renaissance du mouvement populaire sur une question de classe, le recommencement de la rébellion ?

Après les années Mitterrand et sa « pédagogie du renoncement », le référendum sur Maastricht : 50/50, ou peut s'en faut !

Le mouvement populaire frôle la victoire contre les partisans de l'Union européenne ( une forte partie de la droite et la quasi-totalité du PS).

Les résultats provoquent la surprise : les initiateurs de droite et de gauche espéraient en une victoire beaucoup plus large !

1995 : les luttes populaires, leurs formes , leur ampleur. Le « tous ensemble » ! Et nouveaux progrès de la conscience !

1997 : dans le mouvement, la victoire de la « gauche plurielle », c'est la grande espérance, on ne s'est pas battu pour rien !

2002 : l'espérance est largement déçue, les électeurs sanctionnent sévèrement. Le Pen en seconde position devant Joséphine. Plus bas résultats du PCF avec Robert Hue ! Qui est particulièrement sanctionné !

2005 : référendum sur le TCE . Victoire du mouvement populaire en France, c'est la reprise de l'offensive ! Réactions identiques dans d'autres pays d'Europe ! Le rejet grandit et s'internationalise !

Les gouvernements arrêtent les consultations ! 

L'adoption du Traité de Lisbonne c'est, en France, un coup d'Etat. Le peuple souverain n'a pu se désavouer puisqu'il n'a pas été appelé à revoter! La démocratie représentative viole ou trahit la démocratie directe, référendum en l’occurrence ! Toutes les forces politiques cautionnent. Qu'en pense le peuple ?

2007, c'est l'élection présidentielle. Tout est mis en œuvre pour que la victoire de 2005 ne soit pas transformée. MG Buffet est particulièrement sanctionnée au 1er tour. Sarkozy l'emporte nécessairement au 2ème tour !

2009, élections au Parlement européen. « L'abstention » est majoritaire dans la plupart des pays d'Europe, c'est la confirmation du rejet de cette Europe, qui n'est pas, et ne peut être, l'Europe des peuples, c'est celle du Capital ! En France, « l'abstention » atteint les 60% !

2010, « abstention » à nouveau majoritaire aux élections régionales !

Enquête SOFRES : 72% des salariés considèrent le capitalisme comme négatif, en progrès sur les résultats de la précédente enquête (61%).

72%, c'est un précédent historique : jamais, nulle part, un peuple a porté un tel jugement sur le capitalisme !

« L'abstention » aux élections est à mettre en relation avec ce jugement.

N'est-on pas là dans la « clarification des idées » ?

Bien évidemment, rien, ni personne, ne présente une stratégie qui traduirait ces évolutions. Forces syndicales et politiques sont intégrées au système, à la perpétuation du capitalisme.

A l'automne dernier, 70% pour le retrait du projet sur les retraites ! Et toutes les forces politiques vont le discuter à l'Assemblée . La démocratie est à nouveau violée !

Dans le prolongement, nouvelle victoire de « l'abstention » aux élections cantonales.

Dans cette situation, de nouvelles formes d'organisation apparaissent nécessaires. Forces politiques et syndicales s’arque boutent dans leur volonté de ne pas vouloir s'engager dans le changement de société.

Le mouvement populaire a certainement des questionnements.

Si majoritairement il considère le capitalisme comme négatif, il a pour le moins encore des hésitations à s'engager dans le changement de société. Les évènements du 20ème siècle pèsent certainement lourd dans les consciences.

Dans quel sens va faire bouger le résultat du mouvement de l'automne ? Quelles réflexions vont en sortir ?

Le résultat des élections cantonales a un sens indicatif (voir l'analyse, à ma connaissance unique, de ces élections dans Rouge Midi).

Aucune des forces politiques ne progresse en voix exprimées. Donc toutes perdent ! Aucune ne peut de prévaloir d'un progrès de son influence !

A l'évidence, le mouvement populaire n'attend une réponse d'aucune des forces politiques ! Ces forces politiques, il les rejette avec le système qui les produit !

C'est donc bien en lui-même que le mouvement populaire doit trouver la solution.

Des éléments de réflexion et d'organisation existent bien dans l'histoire.

En 1789, ce peuple a su trouver les formes, alors que les partis et les syndicats n'existaient pas, pour élaborer les Cahiers de doléances, désigner les députés aux États-Généraux...

A la fin de la première guerre mondiale, dans nombre de pays d'Europe, l'organisation en Conseils ouvriers s'est imposée.

Dans le même esprit, en France, nous avons les « assemblées générales », les « coordinations »...

C'est certainement dans cet esprit d'une organisation indépendante, autonome, ouverte à tous les salariés et autres citoyens sur les lieux de travail, les quartiers, les bourgs et villages, qu'il conviendrait d'aller !

Mais le rejet du principe de la « délégation de pouvoir » est-il suffisamment fort et ancré pour bousculer la tradition électorale et imposer une logique où chacun est amené à prendre ses responsabilités devant chaque décision.

Parce que, en définitive, personne d'autre que les intéressés ne peut fournir la réponse et franchir le pas qu'il reste à franchir pour s'engager dans une auto-organisation, ou une auto-association, cheminement vers une auto-gestion à tous les niveaux, de tous les aspects de la vie de la société, et donc pas seulement des aspects économiques.

Sans doute serait-il également utile de montrer que le communisme n'a jamais existé jusqu'alors !

Montrer que, selon Marx, au moins trois grandes orientations sont nécessaires pour s'engager dans cette voie, et qu'aucune d'entre-elles n'a reçu n'a reçu un commencement de mise en œuvre dans tous les régimes qui se sont réclamés, alors illusoirement du communisme :

  • l'abolition du travail salarié, du travail contraint ;

  • l'appropriation sociale des grands moyens de production, d'échanges, établissements financiers, assurances, etc..et non leur étatisation-nationalisation ;

  • le dépérissement de l'Etat et non hyperbole-étatisme ;

  • auxquelles on pourrait utilement ajouter le développement des gratuités.

 

Michel Peyret, 14 avril 2011

 

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13 février 2011

Église 2011 : un renouveau indispensable

Le manifeste des théologiens allemands

Par Jérôme Anciberro

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Le manifeste "Kirche 2011, Ein notwendiger Aufbruch"  (" Église 2011 : un renouveau indispensable") a été publié le 3 février dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Presque la moitié des 400 professeurs de théologie catholique enseignant dans les universités allemandes l'ont pour l'instant signé. Le dernier mouvement de ce type date de 1989 ("Déclaration de Cologne"). La traduction du manifeste proposée ici a été effectuée par le service religion de TC et n'a rien d'officiel. Les notes sont également de TC...


Cela fait maintenant un an que des cas d'abus sexuels commis sur des enfants et des adolescents par des prêtres et des religieux au collège Canisius de Berlin ont été rendus publics. L'année qui a suivi a plongé l'Église d'Allemagne dans une crise sans précédent. L'image qui se donne à voir aujourd'hui est ambivalente : beaucoup a été fait pour rendre justice aux victimes, réévaluer le mal qui leur a été fait et remonter aux causes qui ont conduit aux abus, au silence et au double discours dans nos propres rangs. Après un premier mouvement d'effroi, l'idée s'est imposée à de nombreux chrétiennes et chrétiens responsables, ordonnés ou non, que des réformes de fond étaient nécessaires. Cet appel à un dialogue ouvert sur les structures de pouvoir et de communication, sur la forme des ministères et la participation des fidèles à la responsabilité ecclésiale, ainsi que sur la morale et la sexualité, a suscité des attentes, mais aussi des inquiétudes. Va-t-on, par attentisme et minimisation de la crise, laisser passer ce qui est peut-être la dernière chance de s’arracher à la paralysie et à la résignation ? Le tumulte que peut susciter un dialogue ouvert et sans tabous peut inquiéter certains, surtout à quelques mois d’une visite papale (1). Mais l’autre solution, un silence de mort qui serait la conséquence d’un anéantissement de tous les espoirs, n’est pas acceptable.

La crise profonde que traverse notre Église exige de traiter aussi les problèmes qui ne paraissent pas au premier abord directement liés au scandale des abus sexuels et à leur étouffement durant des décennies. En tant que professeur(e)s de théologie, nous n'avons pas le droit de nous taire plus longtemps. Nous avons la responsabilité d’apporter notre contribution à un véritable nouveau départ : 2011 doit être l’année du renouveau pour l'Église. Il n'y a jamais eu autant de chrétiens qui sont sortis de l'Église catholique que l'année dernière (2); ils refusent de suivre la hiérarchie de l’Église ou bien entendent vivent leur foi dans la sphère privée afin de la protéger de l'institution. L'Église doit comprendre ces signes et s’extraire elle-même de certaines structures sclérosées afin de regagner sa crédibilité et une nouvelle vitalité.

La rénovation de structures ecclésiales n’aboutira pas si l’Église s’isole et a peur la société. La rénovation ne pourra se faire que si l’Église a le courage de l’autocritique et si elle accepte d’être critiquée, même de l'extérieur. C’est une des leçons de l'année passée : la crise des abus sexuels n'aurait pas été traitée de manière aussi résolue si elle n’avait pas eu un caractère public. L'Église ne peut regagner la confiance qu’elle a perdue que par une communication ouverte. L’Église ne sera crédible que si l’image qu’on a d’elle à l’extérieur ne diverge pas trop de celle qu'elle a d’elle-même. Nous nous adressons à tous ceux qui n'ont pas encore abandonné l'espoir d'un nouveau départ pour l'Église et qui s'engagent dans ce but. Nous voulons saisir les signes de renouveau et de dialogue qui ont été émis ces derniers mois par quelques évêques dans des discours, des homélies ou des interviews.

L'Église n'est pas en elle-même un but. Elle a pour mission d'annoncer Jésus-Christ, le Dieu libérateur et aimant, à tous les êtres humains. Elle ne peut remplir cette mission que si elle est elle-même un lieu et un témoin crédible du message libérateur de l'Évangile. Ses paroles et ses actions, ses règles et ses structures – toute sa relation avec les hommes à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église – sont soumises à l'exigence de reconnaissance et de promotion de la liberté de l'homme comme créature de Dieu. Le respect inconditionnel de toute personne, l’égard pour la liberté de conscience, l'engagement pour le droit et la justice, la solidarité avec les pauvres et les opprimés : ce sont là des principes théologiques essentiels qui découlent de l’Évangile et que l’Église doit s’obliger à suivre. C’est à travers eux que l'amour de Dieu et du prochain deviennent concrets.

Le rapport différencié à la société moderne découle du message libérateur de la Bible : sous de nombreux aspects, la société est en avance sur l'Église, lorsqu'il s'agit de la reconnaissance des libertés et de la responsabilité des individus. L'Église peut en tirer des leçons, comme l'a souligné le concile Vatican II. Sous d’autres aspects, la critique de cette société selon l'esprit de l'Évangile est incontournable, par exemple lorsque les êtres humains sont jugés selon leurs performances, lorsque la solidarité mutuelle se délite ou lorsque la dignité de l'homme est méprisée.

Mais dans tous les cas, c’est le message libérateur de l'Évangile qui constitue le critère d'une Église crédible, de son action, et de sa présence dans la société. Les défis concrets que doit relever l'Église ne sont pas nouveaux. Pourtant, on a du mal à voir advenir les réformes préparant l’avenir. Le dialogue ouvert à propos de ces réformes doit être mené dans les domaines d’action suivants :

1. Structures participatives

Dans tous les champs de la vie ecclésiale, la participation des fidèles est une pierre de touche de la crédibilité du message libérateur de l'Évangile. Selon un vieux principe juridique, «ce qui concerne tout le monde doit être décidé par tout le monde» : il faut donc plus de structures synodales à tous les niveaux de l'Église. Les fidèles doivent participer aux nominations des principaux ministres (évêque, curé). Ce qui peut être décidé localement doit être décidé localement. Et les décisions doivent être transparentes.

2. Paroisse

Les paroisses chrétiennes doivent être des lieux dans lesquels l’on partage des biens matériels et spirituels. Mais la vie paroissiale est en train de s’éroder. Sous la pression du manque de prêtres, on met en place des unités administratives de plus en plus grandes – des paroisses XXL -, dans lesquels la proximité et l'appartenance peuvent à peine être ressenties. Les identités historiques et les réseaux de sociabilité construits au cours du temps sont abandonnés. Les prêtres sont «envoyés au casse-pipe» et s’épuisent. Si on ne leur fait pas confiance, les fidèles ne se décident pas à participer aux responsabilités et à prendre leur place au sein de structures plus démocratiques de direction de leur communauté. Le ministère ecclésial doit servir la vie de la paroisse, et pas l'inverse. L'Église a aussi besoin d’hommes mariés et de femmes aux ministères ecclésiaux.

3. Culture du droit

La reconnaissance de la dignité et de la liberté de chacun se manifeste particulièrement lorsque des conflits sont gérés de manière juste et dans le respect réciproque. Le droit de l’Église ne mérite d’être appelé «droit» que si les fidèles peuvent effectivement faire valoir les leurs. La protection des droits et la culture du droit dans l'Église doivent être améliorés d’urgence. Un premier pas en ce sens est l’établissement d'un système juridictionnel administratif.

4. Liberté de conscience

Respecter la conscience individuelle, cela veut dire croire à la capacité de l’homme à être responsable et à décider lui-même. Soutenir cette faculté est un des devoirs de l'Église ; mais ce soutien ne doit pas se transformer en paternalisme. Cette question devient très concrète lorsqu’on aborde les grands choix de vie des personnes et leurs modes de vie. La haute considération dans laquelle l'Église tient le mariage et le célibat n’est pas en question. Mais cette considération ne doit pas avoir pour conséquence d’exclure ceux qui vivent de manière responsable l'amour, la fidélité et l’attention réciproque au sein d’un couple de même sexe ou divorcé-remarié.

5. Réconciliation

La solidarité avec les pécheurs suppose de prendre au sérieux le péché qui existe aussi dans nos propres rangs. Le rigorisme moral péremptoire ne sied pas à l'Église. L'Église ne peut pas prêcher la réconciliation avec Dieu si elle ne fait pas elle-même en sorte de créer les conditions d'une réconciliation avec ceux envers qui elle s'est rendue coupable par la violence, par le refus du droit, et par le renversement du message libérateur de la Bible en une morale rigoriste et impitoyable.

6. Le culte

La liturgie vit de la participation active de tous les fidèles. Les expériences et les formes d'expression contemporaines doivent y trouver leur place. Le culte ne doit pas se figer en traditionalisme. La diversité culturelle enrichit la vie cultuelle et cette diversité n’est pas compatible avec la tendance au centralisme unificateur. Le message porté par l’Église ne touchera les gens que si la fête de la foi prend en compte la vie concrète des fidèles.

Le processus de dialogue qui s’ouvre aujourd’hui dans l’Église peut conduire à la libération et au renouveau si tous les participants sont prêts à traiter ces questions pressantes. Il s'agit, par l'échange libre et honnête d'arguments, de rechercher des solutions qui tirent l'Église de cette obsession d’elle-même qui la paralyse. Il n’est pas question que le calme suive la tempête de l’année dernière ! Dans la situation actuelle, ce calme pourrait être mortel. La peur n'a jamais été bonne conseillère en temps de crise. L'Évangile invite les chrétien(ne)s à affronter l'avenir avec courage en gardant à l’esprit les paroles de Jésus lorsque Pierre a été invité à marcher sur l’eau : «Homme de peu de foi, pourquoi doutes-tu ?»

(Traduction française : Jérôme Anciberro pour temoignagechretien.fr)

(1) Une visite officielle de Benoît XVI en Allemagne est prévue pour le mois de septembre.

(2) En Allemagne, l'administration fiscale exige que les résidents sur le sol national déclarent leur affiliation à telle ou telle religion, ce qui permet de redistribuer aux institutions religieuses reconnues l'impôt religieux collecté par l'État auprès des particuliers. On peut donc aussi déclarer officiellement ne plus faire partie de telle ou telle Église.


Ce texte des théologiens allemands est aussi publié sur le site Golias.fr

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17 décembre 2010

La démocratie ! Pas les présidentielles !

Merci de signer et de faire signer ce texte :

NOUS VOULONS LA DEMOCRATIE, PAS LES PRESIDENTIELLES!
( projet de texte )


Nombre d'entre-nous parmi les plus âgés ont, en 1958 et en 1962, répondu à l'appel du PCF et ont dit NON lors des référendums qui visaient à faire avaliser les institutions de la 5ème République, dont l'élection du Président de la République au suffrage universel.
Pour eux, il s'agissait de dire NON à l'instauration d'un pouvoir personnel au service de la classe capitaliste.
D'autres disaient que ces institutions visaient à installer une sorte de monarchie élective.
Et rappelons-nous de celui qui parlait de « coup d'Etat permanent ».


En matière de coup d'Etat, la continuité, comme en d'autres domaines, est bien assurée!
En 2005, le peuple français a majoritairement récusé les institutions européennes regroupées dans le TCE.
La majorité des forces politiques a ignoré ce vote, l'a en quelque sorte considéré comme illégal et une nouvelle mouture du TCE, le traité de Lisbonne a été approuvée par la majorité des députés et sénateurs.
Ainsi, la majorité des représentants du peuple a voté contre les décisions du peuple souverain.
C'est bien un coup d'Etat qui a été perpétré contre la souveraineté du peuple.
Et depuis Victor Hugo on sait que le coup d'Etat ne peut être accepté, c'est un crime!


Depuis 2005, à la faveur des institutions maintenues, en permanence des décisions contraires aux intérêts du peuple ont été prises.
Dernièrement encore, le projet de réformes des retraites a été adopté alors que plus de 70% d'entre-nous demandaient son retrait pur et simple.
Et 72% d'entre-nous considérons le capitalisme comme négatif!
Aussi les élections prévues par les institutions de ce système sont-elles de plus en plus massivement boycottées, entre autres manifestations d'opposition.


Les gérants de « droite » et de « gauche » du capitalisme prennent peur.
Ils précipitent les préparatifs de la prochaine élection présidentielle, veulent mettre le peuple français devant le fait accompli de la perpétuation du système dont le peuple ne veut plus.
Car la preuve a été faite depuis 1958 que ces élections préfabriquées ne permettent pas de rompre avec le système et ses malfaisances qui se perpétuent.


Ce système a fait son temps.
L'urgent, aujourd'hui, c'est d'en finir avec ces démocraties dévoyées!
L'urgent, aujourd'hui, serait de prendre les décisions qui permettraient pleinement au peuple d'assumer le plus démocratiquement possible ses responsabilités!
L'urgent, aujourd'hui, c'est d'instaurer une véritable souveraineté populaire permettant au peuple de décider véritablement de son avenir.


NOUS, SOUS-SIGNES, EXIGEONS QUE LE DEBAT NATIONAL SOIT ENGAGE SUR CES IDEES:


Adresser  nom, prénom, qualités...à  michel.peyret@gmail.com



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29 novembre 2010

Une mutation des fins et des moyens de notre société

 

Tous nos problèmes majeurs: chômage, immigration, culture et sens de la vie, violence et guerre, découlent d'un seul problème fondamental: la déchirure post-coloniale du monde...
"Ce monde où des fous mènent des aveugles", écrivait Shakespeare dans le Roi Lear, à cette époque de la Renaissance où débutaient ces dérives de l'Occident dont nous vivons aujourd'hui la "fin de partie".
A ce monde du non-sens, à cette nouvelle défaite de l'homme, aggravée par la puissance technique de la barbarie informatisée, il s'agit d'opposer l'alternative d'une conversion à l'humain.
Quatre objectifs sont prioritaires pour réaliser cette mutation à la fois des fins et des moyens de notre société:
1. Eveiller une réflexion populaire critique sur les raisons de vivre et sur les fins de notre commune histoire. A contre-courant de l'individualisme du "chacun pour soi", faire prendre conscience à tous que chacun est personnellement responsable du destin collectif. L'unité et l'interdépendance, de la technique à l'économie, de l'écologie à la culture, est devenue telle qu'aucun problème ne peut être résolu à partir d'une seule nation, d'une seule église, d'un seul parti, d'une seule ethnie.
2. Prendre conscience de cette unité voulue et non subie à l'échelle du monde. Un changement radical de nos rapports avec le tiers-monde afin d'inverser les méthodes de contrainte dévastatrices du Fonds monétaire international, est la clé de nos problèmes majeurs.
Ceux du chômage, par reconversion de notre appareil économique pour répondre à nos besoins réels et à ceux du tiers-monde.
Ceux de l'immigration, qui deviendront, si les disparités actuelles continuent de s'aggraver, une invasion de la misère.
Ceux de la culture, si les prétentions de l'Occident à la supériorité et à la fausse universalité de ses modèles de croissance et de culture s'effacent pour s'ouvrir aux autres cultures, dans un désir de fécondation réciproque et si cesse la destructuion, par la domination coloniale, des développements endogènes.
3. L'obstacle principal est le monothéisme du marché, avec ses deux fondements idéologiques: le mythe de la modernité et le mythe de la démocratie. Pour l'abattre, peuvent se conjuguer les efforts de tous ceux pour qui la vie a un sens: foi en Dieu ou foi en l'homme.
4. Le changement de notre mode de vie ne se fera pas par une prédication moralisante et par une conversion subite, mais par une progressive reconversion de notre production et de notre écomomie entière. Avec la participation de tous ceux qui ne vivent pas de spéculation parasite et de corruption, mais de créations et de productions réelles au service de la communauté.

Roger Garaudy, "Les fossoyeurs. Un nouvel appel aux vivants", L'Archipel, 1992, pp 181-182

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30 octobre 2010

Culture et mondialisation

On a tant espéré que la révolution des technologies des communications puisse mettre fin aux rivalités entre les peuples (dues surtout à l’ignorance de l’autre), rapprocher les cultures et faire revivre celles qui étaient en voie de disparition… Ceci était techniquement possible, mais plusieurs facteurs ont empêché ce processus : Les pays du sud ne peuvent pas suivre le rythme de cette évolution (et donc ils ne pourront pas en profiter) car leurs problèmes sociaux, économiques et politiques sont loin d’être résolus 

Dans ces circonstances, la mondialisation tendrait à uniformiser les cultures ou plutôt à américaniser le monde. Ainsi, les peuples des pays de sud se sont retrouvés devant un flux d’informations qui met en cause leurs cultures et promeut un mode de vie qui ne convient pas souvent au niveau de développement de leurs sociétés, à leurs histoires et à leur foi … Face à cela plusieurs réactions peuvent surgir.

La plus naturelle est l’effacement identitaire et l’imitation aveugle de l’autre ce qui est tout à fait explicable car selon Ibn Khaldûn :
« La raison en est que l’âme voit toujours la perfection dans l’individu qui occupe le rang supérieur et auquel elle est subordonnée. Elle le considère comme parfait, soit parce qu’elle suppose faussement que sa propre subordination n’est pas une suite naturelle de la défaite, mais résulte de la perfection du vainqueur. »
La deuxième réaction qui est plus « défensive  » consisterait à un repli sur soi afin d’éviter toute influence extérieure.

Les deux réactions citées reflètent un manque de confiance en soi et conduiront toutes les deux aux désastres car elles engendreraient la continuité des rivalités ayant conduit aux guerres les plus destructrices de l’humanité.

La solution consisterait selon Roger Garaudy  à:
« Réaliser une révolution culturelle profonde qui donne à la culture sa véritable mission : non plus nous acheminer par le positivisme athée et l’individualisme vers le désespoir, mais faire prendre conscience des fins et du sens de la vie et de l’histoire. »

Pour ceci, il fallait avant tout faire un effort personnel afin de bien connaître sa propre culture et son apport à la civilisation humaine, connaître la culture d’autrui loin de toute vision réductrice, et enfin faire valoir sa culture à la lumière des spécificités et des points communs qu’elle a avec celle d’autrui.

Je cite ici les propos de Goethe : « Qui se connaît soi même et connaît les autres saura également reconnaître ceci : L’Orient et l’Occident sont indissolublement liés. »

C’est en mettant en évidence la complémentarité et les richesses de leurs cultures que les humains pourraient construire une civilisation dans le cadre du respect de la planète, de l’environnement et de la dignité humaine. Ceci apporterait l’âme d’une nouvelle vie en commun pleine d’espérance et de progrès.

Chams

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27 octobre 2010

Retraites: tribune libre d'un objecteur de croissance

 

Les retraites : soutenir le mouvement, et après ?

 


Une dizaine de jours après le lancement d’une grève reconductible, toujours plus suivie et toujours plus soutenue par l’opinion publique, j’ai un sentiment amer.

A quoi rime tout cela ?

Hier (mardi 19 octobre), je suis allé manifester. C’est devenu une habitude, renforcée par de longues discussions avec mes collègues et mes amis. Je suis effaré par l’absence de réflexion, de débat de fond, de questionnement. Aux manif’, lorsque l’on écoute les slogans, que l’on lit les tracts, je suis désolé mais je trouve cela dramatique.

Ça l’est encore davantage en écoutant les Duflot, Aubry, Besancenot et Mélenchon… Tous sont en train de se positionner pour récupérer le mouvement mais, surtout, pour ne pas remettre en question notre modèle de société. Tous sont dans une posture électoraliste et opportuniste, pour défendre des acquis sociaux qui ne font pas grand sens si l’on ouvre les yeux sur l’absurdité  de cette société de croissance !Il faut comprendre que, même si une retraite à 60 ans, ou à un âge plus précoce encore, était possible, cela resterait absurde puisque l’enjeu est ailleurs. Il est dans le questionnement sur la centralité du travail, sur le sens de nos vies et de ce que l’on produit et comment, non dans le fait de se demander combien d’années il est acceptable de se livrer à une activité absurde et aliénante.

L’appel aux lycéens est encore plus tragique : quel sens, à 16 ans (et j’ai fait la même chose en mon temps), y a-t-il à descendre dans la rue, non pas pour une vie meilleure ou pour une réappropriation de nos choix de vie, maintenant, mais pour s’ennuyer en retraite à regarder Drucker à la TV, à tondre la pelouse de son petit pavillon de banlieue ou encore à laver sa belle bagnole dans 44 ans plutôt que 46 !

Je suis désolé mais j’ai un sentiment  d’amertume et de malaise par rapport à tout ça…

Et puis après, on fera quoi ? Comme pour le référendum sur le TCE, comme pour le mouvement social contre le CPE, il va y avoir retrait de la réforme mais de toute manière elle reviendra, sous une autre forme, dans 2-3 ans par le Parti Socialiste ou par d’autres, donc à quoi bon ?

Tout le monde va rentrer, en ayant la certitude d’avoir gagné une bataille, sans se poser plus de questions, bien au chaud chez soi et s’installer sur son canapé devant la télévision en mangeant des plats préparés achetés au supermarché du coin, en bagnole, après une dure semaine de labeur dans une entreprise de merde à produire ou à essayer de vendre des conneries !

A quoi rime tout cela ?

Lorsque l’on écoute la radio, que l’on lit les journaux, il n’y a rien : pas débat de fond, pas de réflexion ! Juste des faits sur, ici un abribus cassé, là Bussereau (Secrétaire d’Etat aux transports) qui raconte n’importe quoi sur l’approvisionnement de gazole, de manoeuvre de culpabilisation du citoyen à la sauce Borloo ou Lagarde, ou bien encore ici la queue dans les stations service, les trains qui soi-disant roulent normalement, etc. Ou pire, des arguments démagogiques et malhonnêtes tels que : « il ne s’agit pas d’un choix idéologique », « la société vieillit il faut allonger le temps de travail« … , en plus avec le soutien d’Angela (une bien pensante allemande) et de David (le sauveur du PIB anglais).

Et bien sûr, en parallèle, la stratégie de guerre civile mise en place par Sarko continue : le problème des banlieues, de l’insécurité puis des roms, les éternels casseurs et les grévistes fainéants maintenant. Que va-t-il se passer dans une semaine si blocage il y a ? Quelle issue à cette affaire ?

Le début d’une vraie prise ou crise de conscience ?

Je reste toutefois solidaire avec les camarades grévistes, qui vont y laisser des plumes, mais j’ai bien peur que tout cela ne se finisse mal (tensions entre grévistes et non grévistes, radicalisation du mouvement, provocations de la police, blocage et déblocage dans la violence, lycéens, étudiants, vrais faux casseurs, etc.) et pour pas grand-chose.

On est très loin du pas de côté. Pourtant, j’essaie de rester optimiste car à chaque manif’, il se passe des rencontres, des discussions, un enrichissement mais aussi de la convivialité autour des idées de la Décroissance. Alors, comme les collègues messins qui ont écrits : « N’attendons pas la retraite pour vivre la Décroissance ».           N’attendons pas non plus demain pour vivre dignement le présent.

 

Un  objecteur de  croissance sur le site du Parti pour la Décroissance

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