vendredi 11 décembre 2009
Les Palestiniens chrétiens et le boycott d'Israël
Les dirigeants des Palestiniens chrétiens appellent les Eglises du Monde à rejoindre le BDS
Le Comité National Palestinien du BDS se réjouit du Document Kairos de Palestine. « Un moment de vérité – une parole de foi du cœur de la souffrance palestinienne » Palestine occupée, 11 décembre 2009 Aujourd’hui, les dirigeants éminents des Palestiniens
chrétiens ont publié un Document Kairos de Palestine*, appelant les
Eglises autour du monde à « dire une parole de vérité et à prendre une
position de vérité concernant l’occupation de la terre palestinienne
par Israël ». Soutenant sans ambigüité le boycott, les
désinvestissements et les sanctions (BDS) comme une des formes
décisives de solidarité non-violente que les organisations
confessionnelles internationales sont priées d’adopter, le document
affirme : « Nous voyons le boycott et les désinvestissements comme des
outils de justice, de paix et de sécurité… » Kairos est un terme grec antique signifiant le moment
juste ou opportun. Le Document Kairos de Palestine est inspiré par la
théologie de la libération, particulièrement d’Afrique du Sud où un
document similaire a été publié à un moment crucial de la lutte contre
l’Apartheid. Informés par une vision lucide basée sur les principes
universels de « égalité, justice, liberté et respect du pluralisme »,
les Palestiniens chrétiens publient ce document aujourd’hui pour
explorer une issue moralement saine à l’ « impasse » atteinte par la
tragédie palestinienne, « oû les êtres humains sont détruits » Le comité national palestinien du BDS (BNC) salue la
clarté morale, le courage et la hauteur de vues portées par ce nouveau
document, qui souligne que résister à l’injustice devrait « concerner
l’Eglise » et est « un droit et un devoir pour un Chrétien », ajoutant
que c’est « une résistance dont la logique est l’amour ». Le NBC note avec intérêt l’importance de la publication
de ce document historique aujourd’hui 11 décembre, qui marque le 61eme
anniversaire de la résolution 194 de l’Assemblée Générale de l’ONU de
1948 appelant au retour des réfugiés Palestiniens dans leurs foyers
d’origine « à une date aussi rapprochée que possible ». Alors que les
réfugiés Palestiniens attendent toujours leur retour six décennies plus
tard, nous partageons le message d’espoir dans le Kairos palestinien
d’aujourd’hui : « Un des signes les plus importants d’espoir est la
persévérance des générations et la continuité de la mémoire, qui
n’oublie pas la Nakba (catastrophe) et sa signification. Cette terre
est notre terre et il nous incombe de la défendre et de la reprendre ». L’insistance du Kairos à presser toutes les Eglises à
répondre positivement à l’appel de la société civile palestinienne, y
compris des institutions religieuses, pour « un système de sanctions
économiques et de boycott à appliquer à Israël », qui « n’est pas une
revanche mais plutôt une action sérieuse pour parvenir une paix juste
et définitive », est particulièrement digne d’éloges. Le Comité National Palestinien du Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BNC) * Le document Kairos de Palestine est téléchargeable en arabe, français, anglais et allemand à http://www.kairospalestine.ps/ ?q=node/2 Traduction : JPB pour la CCIPPP
BNC - www.bdsmovement.net
dimanche 30 août 2009
Desmond Tutu appelle au boycott d’Israël
L’archevêque sud-africain Desmond Tutu, a dénoncé... le fait qu’Israël fasse “payer aux Palestiniens le prix de l’Holocauste” et a rappelé que "Pas plus que l’Afrique du Sud, Israël n’obtiendrait la sécurité par les armes, mais seulement à condition de reconnaître et respecter tous les droits de l’homme ».
Dans une interview au quotidien Haaretz, le prix Nobel de la Paix répondait aux propos de Netanyahou qui, de passage à Berlin, a justifié une fois de plus a politique israélienne par l’holocauste.
Desmond Tutu en a profité pour approuver les récents propos de l’opposant israélien Neve Gordon, en faveur du boycott de son pays.
Il a rappelé la nécessité de sanctions contre Israël, et l’importance particulière du boycott sportif, ainsi que son efficacité pour combattre le régime d’apartheid en Afrique du Sud. « Comme nous vivions dans un pays entiché de sport, cela a permis de toucher les gens ordinaires. Cela a été l’un des outils psychologiques les plus puissants ».
Il a également souligné la "nécessité de frapper le régime d’apartheid au portefeuille, comme cela a été le cas en Afrique du Sud avec l’embargo sur les armes et le boycott économique."
Ce sont, a-t-il déclaré, ces sanctions qui ont "donné de l’espoir à notre peuple en lui montrant que le monde s’en souciait".
Lors de sa visite au village de Bil’in où se tiennent chaque semaine des manifestations contre le mur, il a fait le parallèle avec l’Afrique du sud “du temps où nous devions passer les check-points et où nous étions à la merci de l’arbitraire le plus total des policiers », tout en soulignant : « Toutefois, nous ne subissions pas de châtiments collectifs, tels que les démolitions de maisons sous prétexte que l’un de ses habitants soit soupçonné de ‘terrorisme‘ ».
L’archevêque Desmond Tutu a également accusé les organisations juives aux États-Unis, "d’intimider tous ceux qui critiquent l’occupation en les qualifiant d’antisémites". Il a rappelé comment ces lobbies avaient fait annuler ses interventions dans les universités américaines.
http://www.protection-palestine.org/
jeudi 27 août 2009
Phra Ngang
Dans un vieux monastère isolé dans la rizière ensoleillée de Samrong, province frontalière avec la Thaïlande, se trouvait un krou, un maître gardien des légendes et des rites. Ce krou était l’un des rares fabricants encore vivant de Phra Ngang. Ces petites amulettes, à qui les Cambodgiens et leurs voisins siamois prêtent de nombreux pouvoirs, seraient la représentation du « dieu des montagnes ». Pour ce vieux krou qui se retirait souvent pratiquer la méditation sur les monts Kulen, ce dieu était une sorte de Bouddha imparfait, qui ne serait pas parvenu à atteindre totalement l’Éveil. Mais on trouve, dans d’autres provinces, d’autres origines à ce personnage. Phra Ngang serait ainsi un ami et disciple du Bouddha qui, durant sa vie, ne pouvait méditer en paix à cause de sa troublante beauté : de nombreuses femmes venaient en effet s’offrir à lui bien qu’il soit moine. Il aurait alors fait le voeu de perdre sa beauté pour pratiquer en toute sérénité le Dharma et se serait changé en un nain hideux pourvu de gros yeux rouges globuleux et de longues oreilles. Ainsi, toute sa vie, il parcourut les villages sous cette forme répugnante afin d’enseigner le Dharma aux pauvres. À sa mort, il aurait souhaité venir en aide, depuis l’au-delà, à ceux qui porteraient son effigie. Cela explique l’aspect étrange des amulettes Phra Ngang. Une dernière version estime, au contraire, que Phra Ngang serait le fantôme d’un grand guerrier mort au combat en protégeant les siens et déterminé à protéger tous ceux qui le lui demandaient. Il aurait ainsi atteint le niveau d’un Déva et pourrait se manifester à travers ses images (statues et amulettes). Si cette dernière version est la mieux documentée, la majorité des krous donnent à leurs Phra Ngang un aspect se rapportant à l’avant dernière version.
Ainsi, ces amulettes auraient des pouvoirs magiques. Elles servent tantôt de boucliers contre les esprits malsains, les sortilèges et les accidents ; tantôt elles fonctionnent comme un charme pour rendre irrésistible celui qui en fait la demande, lui permettre de s’enrichir avec modération, ou le guérir d’affections bénignes. Or, mettait en garde le krou, la pratique correcte du culte du Phra Ngang demande une certaine rigueur. Mais elle s’avère très positive si on l’entreprend « avec un coeur et une motivation purs ». Le Phra Ngang se transforme ainsi en compagnon de vie pour celui qui le porte sur lui, généralement dans un petit sac de tissu. Il est censé avertir des dangers approchants et donner des intuitions positives. Il est recommandé, par contre, d’éviter tout langage vulgaire, et surtout de ne pas maudire quelqu’un ou de le menacer. En effet le Phra Ngang pourrait prendre ces paroles pour argent comptant et s’acharner sur le destinataire de la malédiction. Ce qui aurait un effet boomerang terrible. Car toute mauvaise action projetée vers quelqu’un revient obligatoirement amplifiée vers son auteur. Certains krous utilisent la force noire de l’amulette et s’en servent pour nuire. Ils sont nombreux, ces sorciers sans scrupule, et peut être sans véritables talents, à répondre aux demandes de très nombreuses personnes qui désirent faire du mal à leur ennemi. Ces krous prétendent même pouvoir protéger contre le retour de bâton, en confectionnant d’autres amulettes. « La tentation de l’Orient », disait Teilhard de Chardin, c’est la tentation panthéiste. C’est croire à la sainteté des paysages, à la beauté des forêts, à la fulgurance de la lumière, à l’esprit des Phra Ngang qui murmurent à votre oreille que vous êtes fils du soleil et du vent ». Lui qui avait parcouru l’Asie avait ressenti cet abandon de l’idée rédemptrice et cet appel incessant de la nature et de sa divinité possible. Car, « les sages ne pleurent ni les vivants, ni les morts. Tout ce qui vit est éternel. L’esprit est impérissable, éternel, indissoluble ».
Si l’expatrié est généralement hermétique à ces pratiques, cela n’empêche pas qu’elles font partie intégrante de la vie des Khmers, pour qui la magie est comme la pluie, un phénomène naturel. Pourtant, il est des expatriés occidentaux qui tiennent, au fond de leur poche, une amulette bénie par un krou ou un papier rouge soigneusement plié sur lequel est dessiné un personnage recouvert de signes sanscrits. Ceux-là n’en parlent que rarement aux autres expats’, de peur des moqueries. Mais à la nuit tombée, ils s’installent à genoux, prennent leur Prah Ngang à deux mains et psalmodient le bref Khata nécessaire à la pérennité de la protection. D’autres, au contraire, ignorant totalement ces pratiques rituelles, sont parfois victimes d’un charme maléfique, généralement lancé par un ou une employée afin d’obtenir une meilleure position ou plus encore par une petite amie locale. Et parfois même par les deux. Que le charme agisse ou non, est une autre question. Certains Cambodgiens estiment souvent que le fait que certains expats’ perdent totalement la tête quelques mois seulement après leur arrivée, s’explique par le fait qu’ils sont victimes de cette magie. Ceux qui ont, durant leur enfance, voyagé sur les flots des écrits d’explorateurs, voyageurs au long cours, et qui sont baignés de spiritisme, voire d’ésotérisme, regarderont ce sujet d’un oeil intéressé, curieux même. Les autres, tout pétris qu’ils sont du dogme des religions judéo-chrétiennes et victimes d’une éducation cartésienne, n’y verront que du charlatanisme. La marche vers l’Orient n’est pas la même pour tous. Le soleil des tropiques éblouit parfois ceux qu’il est censé éclairer.
Article paru dans le Cambodge Soir Hebdo nº 90
vendredi 26 juin 2009
Iran: attendre des jours qui chantent
Sollicitée de donner son avis sur la situation en Iran, une amie algérienne me communique ce texte:
Succinctement, car je ne suis pas au fait des détails, et puisque vous voulez mon avis, il me semble que cette histoire de trucage des élections au profit de Ahmadinejad est un montage pour la façade du système, un clin d’œil à « l’Occident démocratique ». L’opinion occidentale étant regardante sur la forme, et sensible au discours de l’opposition ; notamment de l’opposition démocratique vraie ou fausse.
Souvent installée en Occident, terre d’exil ou d’élection, cette dernière appelle à l’aide au nom des Droits de l’homme et de la Démocratie. Pour autant, l’ingérence directe ne s’impose en tant que « solution inévitable » que lorsque les intérêts occidentaux l’exigent et que l’ingérence indirecte s’avère insuffisamment opérationnelle ou gratifiante.
Ahmadinejad a bien été élu à la majorité écrasante, à mon sens, même si bourrage des urnes, il y’a eu. Non seulement sur volonté du régime qui a mobilisé les moyens de sa politique. Mais aussi, et surtout, pour des raisons de compatibilité : les gens élisent ceux qui leur ressemblent, en lesquels ils se reconnaissent. Sens de l’égalité et respect de soi obligent.
En effet, Ahmadinejad parle, s’habille et vit comme le peuple. C'est-à-dire, simplement. Selon les infos officielles, bien entendu.
Il est aussi, un héros national. Celui qui titille l’égo du plus commun des iraniens: ne défie t’il pas, les USA et Israël pour l’intérêt national et la grandeur de l’Iran ? Il incarne ce sens du sacrifice que les iraniens glorifient en Ali, promu Prophète par le chiisme, et qui leur rend si facile le martyre. Disciplinés, ils le sont jusqu’au sacrifice suprême ; tout comme Ahmadinejad, paraît l’être.
Quant à Moussavi, c’est un inconnu qu’on sort de l’ombre pour les besoins de la cause. Premier Ministre sous Khomeiny, il a depuis disparu de la scène publique. Son intronisation sert à fabriquer un futur présidentiable, pour injecter du sang neuf dans un sérail connu pour ses frasques et sa corruption, et à jeter de la poudre aux yeux d’une opposition et d’un Occident, suspicieux. Naïve, la rue qui prend le mirage pour la réalité, répond présente : c’est dans la misère et l’ignorance que la manipulation tourne à fond.
Par conséquent, les deux adversaires, animés l’un et l’autre par sa propre ambition ne s’opposent, réellement pourrait-on dire, qu’à titre personnel. Pour le reste, Ahmadinejad ou Moussavi, c’est du pareil au même. Issus du système du Bazar et des Mollahs, ils portent, à quelques différences prés, le même projet de société et donc le même programme: pérenniser l’ordre établi.
Ainsi, s’il est des pays où le culte du marché amalgamé aux Droits de l’homme a pignon sur rue, en Iran c’est le culte de la religion qui est le chef de la sauce politique.
Dans ce pays multiethnique et multilingue, conservateur et rompu par choix politique, mais pas seulement, au sens du religieux dans sa grande majorité, la religion est décrétée source du code de conduite et du mode de gouvernance. Elle est en ce sens le facteur principal de légitimation du régime et donc du contrôle pour toujours plus de pouvoir. C’est pourquoi, à l’intérieur comme à l’extérieur, tout se joue au nom de la religion !
Pour rappel, l’empire Iranien a constitué à partir du V e siècle avant ère, l’entité politique territoriale indo-européenne, la plus étendue de l’antiquité. Le rêve de restaurer cet empire est plus que jamais présent. A défaut, devenir un partenaire géostratégique incontournable et décisif dans la gestion des affaires du monde. Les stratégies :
1-Se proclamer champion et gendarme de l’Islam; accuser l’Occident, USA en tête de satanisme.
2-Déstabiliser les pays du Moyen- orient (Palestine, Syrie, Irak, Liban, pays du Golfe, Arabie Saoudite), ceux de l’Asie mineure et d’Asie (Turquie, Afghanistan, Pakistan, Inde, Chine, ex-Républiques soviétiques) et autres (pays issus du démantèlement de l’ex- Yougoslavie).
Et ce, par la manipulation des groupes chiites ou islamistes qui s’y trouvent et dont les stratégies et techniques guerrières, importées ou imposées par la conjoncture, sont exportées et affinées ailleurs. Partout, elles sont instrumentalisées à nouveau, les mollahs n’étant pas les seuls à rêver de grandeur.
3-Jouer la Carte nucléaire, en tant que moyen de négociation avec les USA, car :
- Amis d’Israël, qui bien qu’extraordinairement armé, craint l’avènement dudit nucléaire à ses frontières.
- Et Puissance dominante dans la région où elle détient le monopole sur le pétrole, entre autres. En sus, des bases militaires.
4-Jouer la Carte du nucléaire, en tant que moyen de ralliement ou de dissuasion des arabes et musulmans, par rapport à ses visées de leadership et d’expansion.
5 - User des épouvantails ou épées de Damoclès précédents pour colmater les fissures sociales, susciter l’union et préserver la stabilité au plan interne.
Et si des iraniens, en nombre de plus en plus effarant, crèvent de misère et de maladie et que des jeunes, en nombre à donner le vertige, se droguent et s’intoxiquent, pour supporter malvie et chômage, alors que pays est classé 4e producteur de pétrole et 2e exportateur de l’OPEP, cela incombe au décret divin. Il n’y a pas de quoi s’alarmer, c’est leur inéluctable destin. Du point de vue d’une lecture fataliste et biaisée des textes fondateurs de l’Islam, c’est aussi clair.
En conclusion, Ahmadinejad est effectivement, par conviction, démagogie ou inconscience, l’homme qu’il faut pour le régime des mollahs. En digne héritier et représentant, il s’est brillamment illustré dans tous les segments sus-cités du programme politique qu’il avait à charge de réaliser. A l’exception des franges occidentalisées ou en accointance avec des régimes non amis, il l’est aussi pour les iraniens qui ont voté pour lui, par conviction ou par crainte.
Quant au peuple de façon générale, mûré dans la malvie et la pauvreté, il devra attendre des jours qui chantent. Qui ne sont pas pour demain. Encore moins, le leadership ou la grandeur de l’Iran.
Les uns et les autres requièrent la participation réfléchie et active du peuple à la vie sociale et politique de la nation. Laquelle participation dépend de la valeur qu’on reconnait et du respect qu’on accorde au peuple et par delà, à tout être vivant, du dehors comme du dedans.
D. K
samedi 20 juin 2009
Elections en Iran : Et si Ahmadinejad avait vraiment gagné ?
par Robert PARRY
L’idée que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a volé sa réélection par la fraude aux dépens de la « révolution verte » de Mir-Hossein Mousavi – soutenu par les milieux intellectuels et les classes moyennes – est petit à petit en train de s’installer comme un fait acquis.
Et pourtant la forte participation, estimée à environ 85%, était présentée comme la garantie d’une victoire écrasante d’Ahmadinejad, considéré comme l’allié des iraniens plus traditionnels des classes ouvrières et paysannes.
C’est ce qu’affirment Ken Ballen and Patrick Doherty dans un article du Washington Post qui citent les conclusions d’un sondage qu’ils ont mené à travers tout le pays au mois de mai et qui prévoyait pratiquement la même avance en voix - de l’ordre de 2 pour 1 en faveur d’Ahmadinejad - que celle annoncée à la sortie des urnes.
Ballen et Doherty démolissent aussi un des principaux arguments avancés par de nombreux observateurs qui affirment qu’il y a eu fraude. Cet argument est que Mousavi, un Azeri, avait très certainement gagné dans les circonscriptions à majorité Azeri mais où Ahmadinejad est sorti vainqueur. Cependant, Ballen et Doherty rappellent que « notre sondage montre… que les deux tiers des Azeri préfèrent Ahmadinejad à Mousavi ».
Leur sondage contredit aussi une idée largement partagée par les grands média selon laquelle la jeunesse branchée sur Internet soutient Mousavi. Ils ont trouvé que seul 1 Iranien sur 3 a accès à l’Internet et que « les intentions de vote en faveur d’Ahmadinejad parmi les 18-24 ans étaient plus fortes que dans toute autre tranche d’âge de la population ».
Néanmoins, la précipitation des médias américains à parler de « fraude » est en train de créer une réalité politique à laquelle sont confrontées à la fois Washington et Téhéran. Un des jugements à l’emporte-pièce des médias est qu’Ahmadinejad a « volé » ces élections et que cela prouverait que les faucons israéliens et les néoconservateurs américains avaient raison lorsqu’ils affirmaient qu’il était impossible de traiter avec l’Iran d’une manière rationnelle, que le Président Barack Obama était le « grand perdant » et que le recours à la force est la seule option possible s’agissant de l’Iran.
Il est curieux de constater comment les médias américains s’intéressent soudainement à la régularité d’une élection alors que ces derniers ont ignoré, tourné en ridicule ou même couvert le vol de l’élection présidentielle de 2000 par George W. Bush ainsi que celle de 2004.
En 2000, la Floride – état contrôlé par le frère de Bush, Jeb, et ses partisans – fut le théatre d’irrégularités à grande échelle. Ensuite, lorsqu’un recomptage des voix a été initié, les hommes de campagne de Bush ont envoyé à Miami des hooligans en costume cravate pour y organiser des émeutes destinées à déstabiliser le recomptage. Finalement, Bush a obtenu que cinq juges Républicains de la Cour Suprême des Etats-Unis ordonnent l’interruption du recomptage et déclarent Bush vainqueur.
La presse US fut extraordinairement silencieuse sur ce vol d’élection bien documenté. Même lorsqu’il était devenu évident qu’Al Gore avait remporté la majorité des suffrages et aurait remporté la Floride si tous les bulletins avaient été comptés, les principaux médias US, dont le New York Times et CNN, ont déformé les faits pour protéger la « légitimité » de Bush.
De même, de graves irrégularités ont entaché l’élection de 2004, particulièrement dans l’état du Ohio, et n’ont jamais fait l’objet d’un examen sérieux par les mass média, qui ont préféré dénigrer les sites internet (dont le notre, Consortiumnews.com) et les groupes de citoyens en les qualifiant de « théoriciens du complot » lorsqu’ils ont voulu attiré l’attention sur d’étranges résultats en faveur de Bush données par les machines à voter.
Cependant, lorsqu’une élection se déroule dans un pays étranger et qu’un candidat « impopulaire » semble se faire élire, là les règles changent. Tous ceux qui n’admettent pas immédiatement qu’il y a eu fraude sont des naïfs ; chaque « théorie du complot » est complaisamment citée tandis que les preuves du contraire sont minimisées ou ignorées, par exemple le vote des Azéris révélé par Ballen et Doherty.
L’autre ironie de cette histoire est que les leaders religieux iraniens ont ordonné une enquête sur les accusations de fraude dans un pays pas spécialement réputé pour ses institutions démocratiques. Mais c’est déjà plus que les américains n’ont obtenu en 2000 et 2004.
Robert Parry
Traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info
ARTICLE ORIGINAL
http://www.consortiumnews.com/2009/061509c.html
Voir aussi:
http://www.legrandsoir.info/Le-peuple-iranien-s-exprime-Washington-Post.html
lundi 8 juin 2009
Boycott Israêl
Le 8ème
Congrès départemental du Syndicat Départemental de l'Education
Nationale CGT Nord (SDEN-CGT Nord), réuni les 25 et 26 mai 2 009 à
Saint-Amand-les-Eaux a adopté la motion suivante :
L'offensive criminelle israélienne à Gaza en décembre-janvier 2009 a
fait plus de 1500 morts et plus de 5000 blessés. Cette guerre totale
par air, terre et mer, a été menée contre le peuple palestinien avec la
volonté de détruire l'ensemble des infrastructures et installations :
écoles, hôpitaux, routes, mosquées… Ambulances et cimetière n'ont pas
été épargnés par l'armée d'occupation israélienne qui a largué pendant
trois semaines, jours et nuits, des bombes au gaz sur des bébés, des
femmes et des vieillards.
Les responsables de ce que l'Union
Juive Française pour la Paix appelle « une abjecte boucherie » doivent
être jugés devant les tribunaux nationaux et internationaux. L'impunité
dont a toujours joui l'Etat sioniste doit cesser, comme doit cesser la
complicité active des Etats Unis, de l'Europe et en particulier de la
France ainsi que de certains Etats arabes, avec un Etat qui bafoue les
droits élémentaires du peuple palestinien depuis plus de 60 ans.
L'aggravation de la situation des Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie,
de Jérusalem, comme celle des citoyens israéliens d'origine
palestinienne, s'accélère davantage avec l'arrivée au pouvoir de
l'extrême droite israélienne.
Considérant que l'Etat d'Israël
perpétue l'occupation et la colonisation de la Palestine, au mépris du
droit international , des résolutions de l'ONU et de la Convention de
Genève, qu'il poursuit la construction illégale du mur de l'apartheid,
qu'il maintient arbitrairement en prison des dizaines d'élus du peuple
palestinien, des maires, des députés, des ministres ainsi que 11 000
Palestiniens dont près de 500 enfants,
Considérant également
que les fortes mobilisations populaires de janvier, où 20 000
manifestants de notre région ont témoigné leur solidarité
internationale avec le peuple palestinien et auxquelles notre syndicat
a pris part,
Le SDEN-CGT Nord, en application des statuts de la
CGT qui défend « les valeurs humanistes et internationalistes », qui
agit « pour la paix et le désarmement, pour les droits de l'homme et le
rapprochement des peuples », s'engage, à l'instar de la campagne de
boycott contre l'apartheid en Afrique du Sud, à répondre à l'appel des
172 associations palestiniennes et des anticolonialistes israéliens
pour le « Boycott Désinvestissement Sanctions » (B.D.S.) à l'encontre
d'Israël, boycott et désinvestissements économique, universitaire,
culturel et sportif.
Le SDEN-CGT Nord s'engage à populariser la
campagne B.D.S. et à y participer tant que le peuple palestinien n'aura
pas recouvré tous ses droits nationaux dont le droit au retour.
Enfin, le SDEN-CGT condamne le silence assourdissant du syndicat
israélien la Histadrout : ce syndicat, censé représenter les intérêts
des travailleurs israéliens, a refusé de condamner les crimes du
gouvernement israélien pendant ces 23 jours de bombardements sur la
population affamée et assiégée par le blocus de Gaza.
Le
SDEN-CGT Nord demande à la CGT de rompre toute relation avec ce
syndicat tant qu'il n'aura pas condamné la politique coloniale
israélienne et appelle à renforcer ses liens avec les syndicats
palestiniens.
vendredi 29 mai 2009
Au Proche-Orient, une voie pour la non-violence ?
Dans le village de Bilin, coupé d’une partie de ses terres par le mur de sécurité israélien, des militants palestiniens protestent en refusant tout recours à la violence, un modèle qui fait école alentour
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Dans le village de Bilin, des activistes palestiniens non-violents arborent, le 15 mai 2009, de larges clés rappelant celles de leurs maisons abandonnées lors de la Naq ba, « la catastrophe », vécue par les Palestiniens expulsés de leurs maisons par l’armée israélienne en 1948. (Photo AP/Armangue)
Abdullah Abu Rahme est venu ramasser les dizaines de bombes de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc qui jonchent le sol tout près de la barrière électrique érigée par les Israéliens sur les terres des villageois de Bilin. Jetées dans un sac de jute, elles viendront s’ajouter à celles déjà collectées et placées dans des fûts qui attendent dans son garage. « On les récupère et on réfléchit à ce qu’on va en faire. Je voudrais les réutiliser pour fabriquer quelque chose d’artistique, ou bien des bougies. Une façon de dire aux Israéliens : “Vous tuez nos enfants avec des bombes, avec celles-ci nous allumons des bougies pour éloigner l’obscurité”, c’est-à-dire l’occupation, ainsi que la désignait notre poète national, Marmoud Darwish. »
![]() |
Abdullah Abu Rahme a 37 ans. Il est l’un des fondateurs du comité populaire de Bilin qui rassemble une trentaine de personnes, tous militants de la non-violence pour la fin de l’occupation. « Lorsque la première Intifada a éclaté (1), j’avais 15 ans. J’avais lu les livres de Gandhi. Je connaissais aussi la lutte que menait Mandela contre l’apartheid en Afrique du Sud. À l’université, avec une poignée de mes amis, on militait déjà contre l’occupation. »
Père de trois enfants, deux
filles et un garçon nouveau-né, ce professeur de langue arabe est l’un
des piliers de la résistance non-violente de Bilin, un village de 1 700
habitants. « Nous sommes parmi les plus petits de Cisjordanie »,
reconnaît-il, mais Bilin fait beaucoup parler de lui et son action
non-violente suscite des vocations parmi ses voisins, eux aussi privés
d’une partie de leurs terres par l’érection de la barrière de sécurité
israélienne.![]()
Une large couverture médiatique
La
clôture électronique et les rouleaux de barbelés ont permis à Israël
d’annexer de facto la moitié des terres du village. Mais la résistance
non-violente d’une partie des habitants est devenue une sorte de label
qu’Abdullah et ses amis du comité populaire exportent déjà dans les
villages voisins, comme Biddu, Derkadis, Beit Duku, dont les terres ont
subi le même sort. « À l’aide de films, de diapositives, nous leur
expliquons la stratégie et les techniques à utiliser pour les
manifestations », précise-t-il.
Vendredi dernier, des habitants de Bilin brandissaient des pancartes « Stoppez la grippe de l’occupation », en référence à la grippe mexicaine, ou arboraient de larges clés rappelant celles de leurs maisons abandonnées lors de la Naq ba, « la catastrophe », vécue par les Palestiniens expulsés de leurs maisons par l’armée israélienne en 1948. Les « non-violents » de Bilin peuvent aussi compter sur le soutien fidèle de quelques organisations israéliennes et bénéficient d’une large couverture médiatique, notamment des télévisions arabes et internationales. D’autres villages comme Nelin, Jayyous, Beit Sina ont depuis contacté le comité populaire.
Ce jour-là, Abou Khamis, un berger du
village, veut faire paître son troupeau de chèvres sur ses terres,
situées désormais côté israélien. Il doit passer une première barrière,
puis franchir une sorte de no man’s land et passer une seconde porte.
Mais auparavant, il doit présenter ses papiers et obtenir
l’autorisation des soldats israéliens, et ce, tous les jours. Sauf que,
à la suite de la manifestation pacifique du vendredi précédent, le
rouleau de barbelés bouche l’espace par lequel pourraient se faufiler
ses bêtes.![]()
Les chèvres d’Abou Khamis ne passeront pas la barrière
Et
ce matin, le ton monte rapidement entre les militaires israéliens, d’un
côté, Abdullah et Abu Khamis, de l’autre. Les Palestiniens tirent sur
les barbelés, se blessent les mains, crient en hébreu contre les
soldats qui les regardent sans bouger. Le soldat insiste, il y a assez
de place pour que les chèvres se faufilent. Finalement, les deux
soldats pénètrent côté palestinien, avec leurs armes, le ton monte d’un
cran. Chacun brandit son téléphone. Le soldat réclame du renfort,
Abdullah informe le comité populaire de l’incident. Puis, chacun repart
de son côté.
Finalement, les chèvres d’Abou Khamis ne passeront pas la barrière. Lui seul traverse pour aller voir si les colons de Mitatyaho East n’ont pas investi son champ. Installé sur la colline qui fait face à Bilin, ce bloc de constructions illégales a été bâti sans permis de construire, mais le gouvernement israélien ferme les yeux. Et les colons ont arraché 50 oliviers du champ d’Abu Khamis, qu’ils ont replantés dans leur colonie.
Les colons de Mitatyaho East sont
des juifs ultra-orthodoxes à qui le gouvernement israélien aurait
offert l’équivalent de 50 000 € pour qu’ils s’installent dans des
baraquements provisoires, devenus depuis des blocs d’appartements en
dur. Un peu plus loin, d’autres colonies forment le bloc de Modin
Illit, bientôt le plus grand de Cisjordanie, situé entre Jérusalem et
Tel-Aviv.![]()
"En ne ripostant pas à leur violence, je me sens plus fort"
Cela
fait déjà quatre ans que les habitants de Bilin mènent leur combat. En
plus des manifestations hebdomadaires du vendredi devant la barrière,
ils ont intenté des actions en justice. Dans un jugement rendu le 15
décembre 2008, la Haute Cour de justice israélienne a une nouvelle fois
ordonné le déplacement du mur construit sur les terres de Bilin et
déclaré illégal le nouveau tracé proposé par l’armée israélienne.
L’État a également reçu l’ordre de se conformer à un nouveau tracé
n’incluant pas des projets d’expansion des colonies et de payer les
frais de justice aux habitants de Bilin. Mais, sur le terrain, rien n’a
changé et la colonisation progresse dans toute la Cisjordanie.
Le 17 avril 2009 lors de la manifestation hebdomadaire, un jeune Palestinien a été tué par une grenade lacrymogène tirée à bout portant. Elle lui a traversé la poitrine et a provoqué une hémorragie massive. Une pierre tombale a été érigée le long de la barrière. Le mois dernier, un volontaire américain, Tristan Anderson, a été touché par une grenade lacrymogène à la tête. Grièvement blessé, il souffre de lésions cérébrales et a perdu un œil. Comment dans ces conditions résister à la violence, quand elle tue vos amis ?
« J’ai peur des soldats, mais en ne ripostant pas à leur violence, je me sens plus fort que tous leurs chars et leurs fusils. Par exemple, en criant de toutes mes forces : “Non, je ne vous donnerai pas ma carte d’identité.” Que peuvent-ils contre ça ? » Abdullah a été arrêté et emprisonné trois fois, légèrement blessé à plusieurs reprises. « J’ai reçu des menaces du Shin Beth, les soldats israéliens ont fait irruption chez moi de nuit. Mes filles sont terrorisées dès qu’elles voient un soldat. » Même cela ne suffit pas à ébranler la volonté d’Abdullah. « Je suis persuadé qu’il est encore possible de récupérer nos terres, notre liberté, nos droits, sans faire parler les armes. »
Agnès ROTIVEL
(1) La première Intifada a duré de 1987 à 1993, la seconde de 2000 à 2007.
jeudi 21 mai 2009
Plus de 70% des Gazaouis souffrent de malnutrition
par Nadia Agsous
Qu’est devenue Gaza depuis l’arrêt des bombardements de l’armée israélienne sur la population civile et les biens publics en janvier 2009 ? Quelle est la situation socio-économique qui prévaut dans cette région de la Palestine qui tente tant bien que mal de panser ses blessures et de se reconstruire ? Quels sont les effets du blocus israélien sur la vie quotidienne des Gazaouis ? Quel est le bilan de la situation actuelle ?
Suffocation économique. Malnutrition : une atteinte à la santé humaine
« Peux-tu imaginer que lorsqu’un de mes enfants me demande un shekel (0,2 €), je ne peux même pas le lui donner. C’est pour ça que je me cache de mes enfants du matin au soir, écrit Rami Almeghari dans son article « Le blocus aggrave la malnutrition à Gaza » rapportant les confessions du Gazaoui, Naser Al-Batran (41 ans). Ce père de cinq enfants qui réside au centre de la Bande de Gaza s’est retrouvé au chômage après qu’Israël ait bouclé les passages frontaliers en juin 2007. Auparavant, il était ouvrier dans une usine de tissage. Puis pour rendre compte de l’extrême précarité de la situation dans cette région de la Palestine qui a vécu sous les bombes de l’armée israélienne pendant presque un mois, il ajoute « la vie est devenue misérable, extrêmement misérable".
En effet, selon les témoignages de la population locale et les observateurs, les conséquences du blocus économique qui est en vigueur à Gaza depuis 2007, sont visibles sur tous les aspects de la vie quotidienne. Effondrement de l’économie locale. Baisse du niveau de vie. Crise alimentaire. Pénurie des denrées les plus élémentaires. Appauvrissement du régime alimentaire. Difficulté voire impossibilité d’accéder à la nourriture et à l’eau potable. Restriction en fuel et en électricité. Carences nutritionnelles. Et cette situation socio-économique a bien évidemment des conséquences néfastes sur la santé des Gazaouis. Cette dégradation des conditions de vie ainsi que l’appauvrissement de la population gazaouie a également été mise en exergue par plusieurs instances nationales et internationales.
Ainsi, selon l’agence iranienne de presse SHABESTAN, Jamal Al-Khisri, président du comité populaire qui mène une lutte contre le blocus de Gaza a déclaré qu’environ 55% des enfants de Gaza souffraient de malnutrition et manquaient de fer.
De son côté, le Ministère Hamas de la Santé fait état d’une augmentation de la malnutrition au cours des 11 derniers mois chez la population gazaouie puisque plus de 70% des 1,5 millions d’habitants de Gaza souffrent d’anémie dont 44% de femmes enceintes. Cette situation semble concerner plus de 10% des enfants âgés de moins de 18 ans.
Dr Adnan Abdel Aziz Al Wahadi qui dirige le service de soins de l’organisation sanitaire Ard Al-Insan à Gaza impute cette situation à « l’impossibilité, pour beaucoup de ménages palestiniens d’acheter la nourriture de base. Situation qui a contribué à aggraver cette problématique de santé".
Par ailleurs, les résultats d’une enquête récente sur la malnutrition menée par cette institution sanitaire ont mis en évidence le fait qu’environ 10,4% des ménages de la Bande de Gaza souffrent de malnutrition chronique mettant ainsi en lumière l’existence de difficultés de croissance en poids et en taille.
L’UNICEF a pour sa part confirmé ce constat on ne peut plus déplorable. Pour cette institution, l’émaciation constitue un véritable problème de santé publique puisque le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition aiguë a doublé en 2008 atteignant 2,4%.
Et selon l’Organisation Mondiale de la Santé, ces retards de croissance semblent être le résultat d’un manque de protéines, de vitamines et de fer pendant et après l’offensive israélienne sur Gaza. Par ailleurs, des résultats d’une évaluation du taux d’anémie à Gaza doivent être rendus publics en mai 2009.
En juillet 2009, une évaluation similaire doit être menée par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). L’évaluation qualitative de la sécurité alimentaire à Gaza menée en 2008 et au début de l’année 2009 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) laisse apparaître une hausse de l’insécurité alimentaire. Le Bureau central palestinien de la statistique (PCBS) révèle une baisse de 10% des vivres et de la consommation d’énergie. En effet, Israël aurait procédé à une réduction des livraisons de nourriture, de diesel et de gaz au point où des conducteurs auraient été contraints d’utiliser de l’huile de table..
Les enfants à gaza souffrent de malnutrition - 8 June 08
envoyé par al_ikhlas
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La faute incombe à Hamas ... du point de vue des autorités israéliennes
Lors d’une déclaration en 2008, Mark Regev, le porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert, avait déjà imputé cette situation à Hamas car lors des retraits d’’Israël de la Bande de Gaza, « la population a, selon lui, été « l’otage » de l’idéologie « extrêmiste et nihiliste » du Hamas. "Si le Hamas avait concentré ses ressources sur le « régime alimentaire de la population » plutôt que sur les « roquettes Qassam et le Jihadisme violent », ce genre de problème n’aurait pas existé ».
Le blocus économique est plutôt une « punition collective... »
Selon Rashid Khalidi, professeur d’études arabes à Columbia, le blocus d’Israël sur la population de la bande de Gaza « avec le soutien des États-Unis et de l’Union Européenne » s’est davantage durci au moment où Hamas a gagné les élections au Conseil législatif palestinien en Janvier 2006. Par conséquent, « le carburant, l’électricité, les importations, les exportations et la circulation des personnes dans et hors de la bande de Gaza ont été lentement bloquée, aboutissant à des problèmes sanitaires, de santé, d’approvisionnement en eau et de transports qui mettent la vie des gens en danger ». Puis il poursuit, « en raison du blocus, beaucoup de gens se sont retrouvés au chômage, dans la misère et victimes de la malnutrition. Ce qui revient à une punition collective - avec le soutien tacite des États-Unis - d’une population civile pour l’exercice de ses droits démocratiques ».
Nadia Agsous sur http://www.oulala.net/Portail/
mardi 10 mars 2009
Tribunal Russell sur la Palestine
afps@france-palestine.org
www.france-palestine.org
Communiqué de presse
Mercredi 4 Mars 2009
Ce jour a été lancé le Tribunal Russell sur la Palestine, lors d’une conférence de presse présidée par l’Ambassadeur de France Stéphane Hessel.
En tant qu’initiateurs, Ken Coates, Président de la Fondation Bertrand Russell pour la Paix ; Leila Shahid, Déléguée Générale de la Palestine auprès de l'Union Européenne, de la Belgique et du Luxembourg ; et Nurit Peled, Prix Sakharov pour la Liberté de Pensée, ont présenté l’historique et les raisons qui les ont menés à demander la constitution de ce Tribunal. Au nom du Comité Organisateur, l’ancien sénateur Belge Pierre Galand en a expliqué le fonctionnement.
Parmi la centaine de personnalités internationales qui ont accepté de parrainer cette initiative, messieurs Ken Loach, Paul Laverty, Raji Surani, Jean Ziegler, François Rigaux, Jean Salmon et François Maspero ont tenu à être présents pour exprimer leur soutien.
Dans la lignée du Tribunal Russell sur les crimes de guerre au Vietnam, le Tribunal Russell sur la Palestine est un acte citoyen qui vise à réaffirmer la primauté du droit international comme base de règlement du conflit israélo-palestinien, et à éveiller les consciences sur la responsabilité de la communauté internationale dans la perpétuation du déni du droit du peuple palestinien.
Dans son fonctionnement, le Tribunal Russell sur la Palestine se basera sur des Comités d’Experts et de Témoins, chargés d’établir les faits et l’argumentaire juridique qui sera soumis au Tribunal. Des Comités Nationaux d’Appui prendront en charge la préparation de rapports d’expertise, assureront la mobilisation populaire et médiatique autour du projet et le développement des moyens et des ressources du Tribunal. On peut déjà tabler sur de forts appuis provenant de l’Angleterre, la France , la Belgique , l’Espagne, la Suisse , l’Autriche, les Pays-bas, le Portugal, l’Irlande, le Liban, l’Algérie, l’Australie, l’Italie, l’Afrique du Sud, l’Egypte et, bien sûr, de la Palestine et d’Israël. D’autres contacts sont en cours pour que la constitution de comités soit étendue à d’autres pays et continents.
Une fois les dossiers d’accusation constitués et les témoins auditionnés, les sessions du tribunal seront organisées début 2010 dans plusieurs grandes capitales. Un jury composé de personnes connues et reconnues pour leurs hautes qualités morales sera alors chargé de prendre connaissance de l’ensemble des rapports, d’entendre les témoins à charge et à décharge. Ce jury énoncera les conclusions qui, nous en sommes persuadés, entraîneront une large adhésion des opinions publiques internationales, et par delà, des décideurs politiques, en vue de contribuer à une paix juste et durable au Proche Orient.
Contact Tel / fax : 00 32 (0)2 2310174
Tel portable : 00 32 (0) 479 12 95 32
e-mail : trp_int@yahoo.com
web : www.russelltribunalonpalestine.com
mardi 6 janvier 2009
Déclaration des forces de la Gauche Palestinienne
Le jeudi premier janvier 2009, la direction du Front de Gauche composée du Front Démocratique pour la libération de la Palestine, du Front Populaire pour la Libération de la Palestine et du Parti du Peuple Palestinien, s’est réunie pour analyser la façon d’affronter la criminelle agression sioniste contre notre peuple et d’y résister, et a déclaré ce qui suit :
L’attaque brutale contre notre peuple continue, le nombre de martyrs augmente parmi les enfants, les femmes, les personnes âgées et se multiplient de façon indiscriminée les démolitions de maisons sur les têtes de leurs propres habitants, mais la résistance palestinienne continue en même temps, représentée sous la forme de l’unité populaire, avec la participation de toutes les organisations et bras armés.
Nous saluons notre peuple, nous saluons nos combattants aguerris.
Aujourd’hui, le peuple palestinien écrit une page de gloire. Ses sacrifices exigent la loyauté et la responsabilité , et une réponse à la nécessité urgente de consolider la Résistance et d’unir ses rangs pour pouvoir affronter l’agresseur.
Nous réitérons une fois de plus nos appels pour donner une solution à la division interne et nous en appelons au dialogue national pour recouvrer l’unité. Hier nous avons reçu des réponses positives en ce sens des frères Mahmoud Abbas, président palestinien, et Ismaïl Haniyeh.
Nous accueillons favorablement le fait que les deux parties acceptent avec de bonnes dispositions le dialogue et la réconciliation et fassent prévaloir les contradictions avec l’ennemi sioniste.
Dans ces temps de sang et de sacrifice, il n’est pas suffisant de répéter des mots, il faut des faits concrets, un mouvement urgent et des pas précis et sérieux qui mènent au dialogue uni, immédiat et désiré.
Aux enfants de notre peuple aguerri:
Aujourd’hui que vous écrivez les pages les plus valeureuses de résistance et de sacrifice, nous appelons à :
1. Mener à bien la coordination, sur le terrain, au moyen d’un poste de commandement unique entre les différents bras armés sans exception, pour que puisse être réussie l’organisation de la résistance d’une façon unie face à l’agresseur.
2. Créer des comités populaires dans les camps et les quartiers, dans les villes et les villages, qui incluent dans leurs rangs toutes les forces politiques, organisations de la société civile et personnalités nationales qui souhaitent participer, afin que ces structures soient à même d’organiser toutes les formes de solidarité et de secours pour ceux qui en ont besoin.
3. Ces comités auront la tâche de coordonner et de maintenir la communication avec l’UNRWA, les sièges municipaux et les autres institutions officielles, dans le but d’unir les efforts et de garantir le haut niveau de solidarité et de soutien requis.
Salut à notre peuple aguerri.
Gloire aux martyrs !
Victoire à la Résistance !
1er janvier 2009




