Indépendances

De Marx à Teilhard de Chardin pour un avenir à visage humain

16/06/08

Peut-on espérer du PCF...?

Le PCF tient congrès en décembre.

Améliorer la société et la transformer, est-ce incompatible ? La France doit marcher sur ses deux gauches. Sans doute est-il trop tôt pour les réunir dans un même parti, mais il est au moins possible et nécessaire à court terme de travailler à ancrer à gauche ce qui reste socialiste dans le courant socialiste, à fonder un nouveau mouvement issu du courant communiste - radicalement nouveau -, à fédérer la gauche transformatrice, à unir ces différentes gauches dans l'exercice des responsabilités.

Pour s'unir, il faut bâtir un projet. Pour bâtir un projet, il faut s'unir. Les deux vont ensemble, simultanément, dialectiquement. Sans préalable. Dés maintenant. Rassemblons-nous, dans nos diversités, pour avancer. Avançons pour faire progresser le processus unitaire. Le mouvement comporte un risque, mais ne pas avancer est un risque pire. N'attendons pas d'être d'accord sur tout pour nous mettre en route.

Nous ne partons pas de rien. La gauche a porté, contre les droites au service des classes dominantes, depuis 1789, toutes les conquêtes sociales et démocratiques. Mais le rappel du glorieux passé ne suffit pas pour construire l'avenir. Le monde a beaucoup changé. Les trahisons de la social-démocratie et les crimes du stalinisme (ou le contraire...) ont gravement terni l'image. La social-démocratie n'a nulle part transformé la société et construit le socialisme , le bilan du communisme historique est globalement négatif. Une refondation-réorganisation s'impose.

Les leçons du passé, les risques qui pèsent sur notre terre, la recherche d'un modèle différent de croissance et d'un sens à la vie, la nouvelle ligne que la complexité du monde trace entre réforme et révolution, tout cela rend possible et nécessaire la constitution de majorités dépassant l'absurde 51/49 (ou 53/47 !). La vraie démocratie doit tendre à l'unanimité, ce qu'on appelle l'intérêt général. La démocratie représentative, parlementaire, partout -dans les institutions, les partis, les syndicats -la délégation de pouvoir globale, permanente et professionnalisée, ca ne suffit plus !

Nous avons un idéal commun. Un socialisme, un communisme à visage humain. Etre "anti", c'est facile. Etre positif, c'est au départ un acte de foi mais ensuite plus efficace et plus utile. Définissons les mesures et les stratégies concrètes, actuelles, réalistes, permettant de le faire renaître. Inventons les nouvelles formes d'organisation permettant aux classes travailleuses, au peuple, de se l'approprier pleinement. Rien ne peut être tabou. Y compris le changement des noms.

Peut-on espérer du PCF une ou des initiatives fortes allant dans ce sens ?

Qu'il affirme par exemple:
Malgré l'échec du communisme, y compris en Occident, l'idée communiste, irréductible à ses caricatures, est encore porteuse d'avenir.
Il ne suffit pas de se proclamer communiste pour assurer l'existence sinon la victoire de cette idée.
L'héritage communiste, de l'Antiquité au XXème siècle, n'appartient pas aux seuls partis qui portent ce nom. Et il y a plus de communistes dehors que dedans.
Le mouvement de transformation sociale n'est pas réductible au marxisme. Par exemple, un courant comme la Théologie de la libération ouvre et enrichit sur le fond et dans la forme la pratique révolutionnaire. 
On peut donc être communiste dans un parti qui nominalement ne le serait pas.

Un parti, oui mais de  type nouveau, plus vaste et plus profond qu'un parti traditionnel. Un mouvement. Tout rafistolage doit être exclu.   
Un congrès fondateur du nouveau mouvement en 2009. Congrès où les "indépendants" disposeraient règlementairement des mêmes droits et possibilités d'expression que les adhérents de l'actuel parti communiste.
Peut-on espérer un tel appel, sursaut de grandeur tourné vers l'avenir, ou bien les pesanteurs du passé seront-elles encore une fois les plus fortes avec les petitesses de l'électoralisme ?

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18/05/08

Organiser l'alternative à gauche

Je publie, avec les liens habituels permettant à ceux qui le souhaitent de s'y associer, l'appel initié par Politis, qui, comme toute initiative rassembleuse, mérite réflexion...et publication sur ce blog qui aspire à la re-naissance de la gauche. Je ne voudrais pas cependant que se constitue un simple cartel des minoritaires. De ce point de vue, l'élaboration de propositions précises, peu nombreuses mais fortes, pour inscrire concrètement une force politique de type nouveau dans les luttes pour une société à visage enfin humain, devrait être au centre de la rencontre proposée en septembre.  Gauche Avenir est engagée dans une réflexion voisine. Le Congrès du PCF à la fin de l'année aura une responsabilité capitale à cet égard. Le PS choisira-t-il en définitive le socialisme ou le libéralisme, et dans ce dernier cas que feront alors les différents courants de gauche de ce parti ?: voilà qui est également d'une grande importance. Que les organisations prennent des voies transformatrices et unifiantes est de la responsabilité de chacun et de chacune: la base - nous - doit prendre la parole pour pousser dans ce sens.


Nous célébrons l'anniversaire de Mai 68.

Le temps n’est toutefois ni aux commémorations, ni à la nostalgie.

La planète s’est profondément transformée. Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l’enrichissement indécent d’une minorité de privilégiés. Les crises financières s’enchaînent et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s’étiole.

C’est à la refondation d’une politique d’émancipation qu’il importe de s’atteler.

En France, le sarkozysme se heurte déjà à la résistance du pays. Dans les entreprises du secteur privé, dans les services publics, à l’école, d’amples mobilisations se font jour.

À quarante ans de distance, deux questions se reposent à nous : quelles perspectives offrir à la colère sociale ? Comment la volonté de changer radicalement l’ordre des choses peut-elle redonner majoritairement le ton à gauche ?

À cet égard, chacun hélas peut le constater, il manque toujours une force incarnant un projet alternatif.

Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique.

La menace du bipartisme devient plus forte, avec son choix mortifère ramené à deux variantes de l’adaptation au libéralisme. Tout cela peut nous conduire à des désastres comme celui que vient de connaître la gauche italienne, incapable d’empêcher le retour de Berlusconi aux affaires et littéralement disloquée.

Les municipales et les cantonales viennent pourtant de prouver qu’il existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ou d’autres expériences similaires en Europe. Faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu’ici séparées, faute de prendre en compte l’apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d’elle seule.

Les échecs passés nous instruisent des difficultés de l’entreprise. Nous n’en restons pas moins convaincus que c’est le seul horizon porteur d’avenir.

Un cadre permanent pour faire front

Nous en appelons donc à l’affirmation d’une gauche enfin à gauche. Qui n’oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. Qui soit en phase avec les aspirations des salariés, avec ou sans papiers, des quartiers populaires, des jeunes. Qui conjugue urgence sociale, urgence démocratique et urgence écologique. Qui permette au peuple d’exercer sa souveraineté dans tous les domaines. Qui place l’égalité entre hommes et femmes au cœur de son projet. Qui milite pour un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Qui promeuve la construction d’une autre Europe et des rapports de codéveloppement avec le Sud. Qui devienne, ce faisant, une véritable force.

Militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel, nous pouvons dès à présent agir de façon coordonnée. Sans préalable sur les engagements des uns et des autres, construisons un cadre permanent qui nous permette, ensemble, nationalement et localement, de réfléchir aux moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d’aborder les grands rendez-vous qui s’annoncent. D’ici l’été, que chacun et chacune se saisisse de cette proposition sur le terrain. Et retrouvons-nous à l’occasion d’un grand rendez-vous national en septembre, afin de prolonger ces échanges.

Premiers signataires :

Paul Ariès, Ariane Ascaride, François Asensi, Clémentine Autain, Christophe Barbillat, Francine Bavay, Hamida Bensadia, Pierre Bergougnoux, Jacques Bidet, Martine Billard, Jean-Jacques Boislaroussie, Patrick Braouezec, Bernard Calabuig, Yves Contassot, Eric Coquerel, Emmanuelle Cosse, Thomas Coutrot, Claude Debons, Bernard Defaix, Marc Dolez, Annie Ernaux, Jean-Claude Gayssot, Jacques Généreux, Susan George, Dominique Grador, Robert Guediguian, Michel Husson, Raoul-Marc Jennar, François Labroille, Frédéric Lebaron, Jacques Lerichomme, Philippe Mangeot, Roger Martelli, François Maspero, Gérard Mauger, Marion Mazauric, Daniel Mermet, Mohammed Mechmache, Philippe Meyrieu, Claude Michel, Yann Moulier-Boutang, Dominique Noguères, Michel Onfray, Christian Picquet, Christophe Ramaux, Yves Salesse, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Evelyne Sire-Marin, Emmanuel Terray, Rémy Toulouse, Marcel Trillat, Christophe Ventura, Marie-Pierre Vieu, Claire Villiers.

Signer la pétition - Voir les signataires

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17/03/08

Pour un "Congrès de Tours" d'unification

On va nous dire que c'est impossible. Utopie ! Tant pis pour ceux qui n'imaginent le futur qu'à l'image du passé... La victoire de la gauche aux municipales et aux cantonales (malgré une forte abstention qui montre que l'offre politique n'est pas à la hauteur de la demande des citoyens; malgré les Voynet de circonstances, élus grâce aux voix de l'anti-communisme primaire - il y en a - et malgré les tyranneaux locaux - il y en a à gauche aussi...) impose des devoirs aux militants et dirigeants des partis , du moins à ceux qui aspirent sincèrement à la nécessaire refondation de cette gauche.


Pour avancer, pour aller en avant, pour imaginer et construire un avenir, il faut nous unir. Mais aussi: si nous avançons, si nous regardons dans la direction de l'avenir, en avant, sans oublier le passé mais sans en être prisonnier, alors nous pourrons nous unir.

Rassemblons-nous, dans la richesse de nos diverses personnalités, pour avancer, c'est-à-dire créer un avenir humain et, du même élan, avançons déjà pour nous rassembler, pour faire de la somme de nos énergies une énergie nouvelle, plus forte et plus exigeante. Plaçons-nous dans une perspective de mouvement, ne restons pas statiques. L'immobilité, le statu-quo, la guerre des tranchées, la défense des positions acquises comme seule perpective, le repli sur soi, cela ne suffira pas pour  faire refluer la vague réactionnaire et construire un avenir, "un socialisme, à visage humain" (2). Le mouvement comporte un risque, c'est un pari que de croire que "tout ce qui monte converge" (1), mais l'immobilisme est pire car ne pas avancer dans ce monde c'est reculer. N'attendons pas d'être d'accord sur tout pour nous mettre en chemin.

L'idéal qui nous anime, qui nous est commun, une société où l'homme prime sur l'économie, le travail sur le capital, le tout sur le partiel, l'avenir sur le passé, cet idéal doit être "plus réel que le réel" (3) car le réel est du passé fossilisé, quelque chose sur lequel nous n'avons pas prise, que nous devons comprendre mais pour nous en libérer. Seule la construction de l'avenir est digne de notre action et source "de cohérence, de fécondité" (1), et donc susceptible de nous réunir, de nous rassembler, de nous unifier. A travers des projets concrets et précis. L'horizon est certes chargé de nuages, qu'importe ! c'est en marchant que nous découvrirons le ciel derrière eux.

A condition que chacun - groupe, association, syndicat, parti, militant, simple citoyen, - soit persuadé que l'union enrichit, qu'il a quelque chose à apprendre de l'autre, qu'il doit renoncer à faire prévaloir en tout (projets et stratégie politique) son propre point de vue. Cet apprentissage est d'abord le fruit de la commune action dans la commune espérance d'un monde où la compréhension, la coopération, la cogestion l'emportent sur l'individualisme, "la concurrence de tous contre tous" (4), les égoïsmes et les dominations de classe, de nation, de religion ou de race.

Comment mettre en oeuvre cette grande ambition, cette "certaine idée de la France" (5) ? Aujourd'hui, si la gauche sait d'où elle vient, elle ne sait pas où elle va. La gauche gestionnaire, obnubilée par la ligne de "gestion loyale" (6) des "dérives du présent" (4) n'en peut plus des concessions au marché, au capitalisme, au libéralisme économique, à la loi de la croissance pour la croissance, qui lui ont fait perdre son identité, et donc sa crédibilité. La gauche transformatrice quand à elle a oublié que le parti n'est pas une fin en soi mais un moyen au service d'une cause. Le parti de demain n'est d'ailleurs pas celui d'aujourd'hui: "naissant du sol de la société moderne" (7), sans doute revêtira-t-il une forme inédite, plus réseau transversal autogéré par les adhérents, doté d'une coordination souple et donnant par son fonctionnement et ses actions une sorte de préfiguration de la société que nous voulons, que parti centralisé comme les partis actuels regroupés autour de professionnels de la politique.



Aider la gauche gestionnaire à retrouver une identité de gauche plutôt que de se perdre dans le marécage centriste, droite déguisée, aider la gauche transformatrice à se fédérer plutôt que de se livrer à d'incessants règlements de comptes, aider à l'union des deux gauches dans l'exercice des responsabilités, sans renoncer pour autant à la fonction tribunicienne, et pour cela promouvoir le dialogue plutôt que l'anathème , la recherche d'accords de fond (les projets) plutôt que du plus petit dénominateur commun, la prise en compte des différences qui enrichissent plutôt que la recherche de l'hégémonie qui appauvrit, l'intervention de la base plutôt que les projets imposés d'en haut: telle est ma gloire !

Le Congrès de Tours en 1920 a vu la scission entre communistes et socialistes; les leçons du passé, les dangers du monde, les risques qui pèsent sur notre terre, la nouvelle ligne que la réalité trace entre croissance et sens de la vie, entre réformes et révolution, n'indiquent-ils pas que le moment est venu de se fixer l'horizon d'un Congrès de Tours à l'envers, pour unir "les hommes (8) de bonne volonté" ? Communistes tournés vers l'avenir, socialistes clairement anti-libéraux, écologistes de gauche, humanistes, républicains sociaux, révolutionnaires et progressistes en ayant assez des groupuscules, militants associatifs cherchant une issue politique à leur engagement, et surtout simples et innombrables citoyens qui attendent souvent désespérément une initiative de ce type. La liste est longue des forces potentielles: encore faut-il les activer.

Les responsables et militants actuellement engagés dans les partis existants ont une responsabilité particulière (car ils ont plus de moyens que les autres). Vont-ils encore longtemps se contenter d'incantations sans franchir le pas de ce rassemblement de type nouveau ?

(1) Teilhard de Chardin
(2) Selon la belle expression du "Printemps de Prague" en 1968
(3) Fichte
(4) Garaudy
(5) De Gaulle
(6) Blum
(7) Marx
(8) les hommes ...et les femmes.  Romain Rolland

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26/02/08

Propositions pour un avenir à visage humain

A/ - FAVORISER LA  PARTICIPATION   AUX ELECTIONS

Un des aspects de la démocratie est la participation aux votes nationaux et européens pour désigner nos représentants, Députés et Président de la République, ou adopter une proposition de loi (referendum). Cette participation va en diminuant quantitativement souvent qualitativement surtout au fil des scrutins. Comment enrayer cette tendance ?

1- Chaque candidat ou parti aurait l'obligation de présenter un programme court d'engagements précis, limités dans le temps et chiffrés si nécessaire. C'est le point le plus important.

2- Le scrutin pour les députés devrait permettre une représentation juste des différents courants politiques, et comporter donc une part de "proportionnelle" à définir.

3- Le Sénat, fusionné avec le Conseil Economique et Social, démocratisés tous deux dans leur composition et leur mode d'élection, pourrait constituer une véritable "Haute Assemblée" moderne et utile.

4- Le vote pourrait (comme en Italie) s'étendre sur 2 jours.

5- En échange du caractère férié du deuxième jour (samedi ou lundi), le vote pourrait être rendu obligatoire (comme en Belgique).


B / DISTRIBUER ET MORALISER LE POUVOIR POLITIQUE: 8 propositions

- Une seule réélection possible pour toutes les fonctions électives.

- Scrutin proportionnel de liste.

- Mandat comportant un calendrier et un chiffrage, avec retour devant les électeurs s'ils ne sont pas respectés.

- Présentation pour chaque projet important de plusieurs options avec leurs conséquences, et vote populaire pour choisir.

- Stage annuel de culture d'un mois pour les ouvriers et les employés et retour à la base de même durée pour les cadres.

- Limitation du salaire des élus au niveau de celui d'un cadre moyen: être élu doit impliquer des devoirs plus que des droits.

- Suppression des cumuls: un seul mandat par élu.

- Fusion des Conseils Généraux et des Conseils Régionaux d'une part, du Sénat et du Conseil Economique et Social d'autre part.

C / -ELEMENTS DE POLITIQUE SOCIALE

Chaque habitant de notre pays - sans aucune restriction - doit pouvoir vivre dignement. Propositions pour une nouvelle politique sociale:

- Augmentation du "salaire monétaire" minimum et des minima sociaux. Ce qui n'implique pas l'augmentation de tous les salaires, souvent illusoire car réduite à néant par une dévaluation ou la hausse des prix (1936, 1968). D'ailleurs l'éventail des salaires - déjà trop grand - pose problème pour la cohésion sociale: un effort de persuasion par le dialogue doit être conduit en direction des techniciens et cadres afin de valoriser leurs fonctions autrement que par son accroissement.

- Elévation du "salaire social": santé, transports, logement, éducation, culture, sports, loisirs. Pour progresser dans tous ces secteurs, la puissance publique doit retrouver un rôle central: de création (nouvelles entreprises) de programmation (gouverner c'est organiser l'avenir), d'investissement, d'incitation et de coordination. La puissance publique, ce n'est pas uniquement l'état central, c'est aussi les collectivités territoriales et le mouvement associatif.

- Gestion de la sécurité sociale et des allocations familiales par des conseils d'administration élus comprenant paritairement des patrons et des salariés, la présidence étant acquise de droit à un de ces derniers comme représentant du collège de loin le plus nombreux, le contrôle de la puissance publique s'exerçant a - posteriori. Le retour à l'élection des administrateurs des régimes sociaux constituerait une amélioration de la démocratie représentative et contribuerait à une prise de conscience collective des enjeux liés à ces questions.

- Poursuite de la réduction du temps de travail (vers les 30 heures hebdo en moyenne annuelle ?). Lutte contre une division du travail qui n'a pas de justification technique mais dont le but est de conserver - et renforcer si possible - l'autorité patronale. Pour enclencher une véritable éducation permanente: stage annuel de culture d'un mois pour tout ouvrier ou employé et retour à la base de même durée pour tout cadre ou étudiant.

- Financement: nouvelle assise des cotisations fondée sur une plus grande contribution du capital, fin des exonérations abusives de "charges", modification des règles des subventions aux entreprises, réforme fiscale basée sur l'augmentation de la part du travail dans le revenu national, économies importantes (réorganisation de l'industrie et de la distribution du médicament, politiques de prévention, lutte contre la spéculation immobilière, ...).

Pour mener à bien ce type de politique: unité syndicale - avec en perspective déclarée la réunification - pour donner aux salariés l'image et le désir de leur propre unité. Le nécessaire renforcement des syndicats, que tout le monde, même à droite, déclare appeler de ses voeux, passe par cette unité. Sur le plan politique, idem: que les deux piliers de la gauche - gauche gestionnaire et gauche transformatrice -, rééquilibrés, s'unissent pour gouverner ensemble, et pourquoi ne pas poser là aussi en perspective, après l'effondrement du "communisme historique", une réunification, un " Congrès de Tours" dans l'autre sens, et élargi ?

D/ -NATIONALISATIONS ?

Les dérives du monde actuel imposent une reprise en mains par la collectivité d'un certain nombre de secteurs économiques. Les transports, l'énergie, l'eau, l'exploitation des matières premières, la santé et le médicament, l'éducation font partie de ces secteurs où la puissance publique, dans l'intérêt de tous, doit intervenir, soit en prenant le contrôle d'entreprises déjà existantes, soit en en créant de nouvelles.

Le problème est: comment ? Par des nationalisations - étatisations et de la centralisation autoritaire ? Non.

Par de vraies socialisations et une conception fédéraliste de l'Etat.

De vraies socialisations: l'entreprise socialisée est gérée par une direction où sont représentés le gouvernement, le parlement (majorité et opposition), les collectivités locales, les salariés de l'entreprise (organisations syndicales représentatives) et les usagers (associations).

Une conception fédéraliste du rôle de l'Etat: les décisions concernant les objectifs et les méthodes de l'entreprise ne sont prises qu'après un dialogue entre " la base" et "le sommet" afin de bien dégager les besoins réels et de s'adapter au "terrain".

Bien sûr, une loi-cadre devra prévoir les conditions générales de fonctionnement de ces entreprises nouvelles, ni soumises au profit privé ni esclaves de l'Etat, mais au service de la communauté, sans exclusives ni privilèges


E/ - PRINCIPES DE POLITIQUE INTERNATIONALE

S'il est un domaine où la politique est interdite au peuple, et réservée aux professionnels, ce sont bien les relations internationales. Au risque de paraître prétentieux, je vous propose des principes sur lesquels devrait se fonder selon moi la conduite du monde, et celle de mon pays dans ce monde. Je ferai court, et donc un peu provocateur.

Pour faire simple, ce qui n'est pas facile dans ce domaine: le problème central des relations internationales aujourd'hui est de réduire les écarts dus aux inégalités croissantes de développement pour diminuer les tensions elles-mêmes croissantes qui résultent de ces écarts, tout en prenant en compte la mondialisation des relations, l'interdépendance des sociétés européennes et la nécessité d'un nouveau type de "développement humainement soutenable".

Principe 1. L'indépendance vis-à-vis de l'empire. Le non-alignement de la période bipolaire du monde (Est - Ouest) a à être revisité pour la période actuelle, cassé aussi en deux (Nord-Sud) mais unipolaire. A une mondialisation américanisée devra succéder tôt ou tard (selon l'efficacité de nos efforts) une unité mondiale riche de la diversité des peuples (y compris du peuple américain). Le général de Gaulle avait en son temps quitté l'OTAN. Retrouver cet esprit de liberté aussi vis-à-vis de l'ONU actuelle, du FMI, de la Banque Mondiale et de l' O.M.C permettrait à la France de jouer mieux qu'elle ne le fait le rôle spécifique que son histoire et sa culture lui permettent auprès de nombreux pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique. Cette obligation d'indépendance ne s'impose pas qu'à la France, mais il appartient à la France d'en convaincre d'autres pays, notamment européens.

Principe 2. Fédérer l'Europe sur un projet humaniste. Donc non libéral, libéral signifiant - comprenons-nous bien - que le marché (et l'intérêt individuel qui va avec) est le principal voire le seul régulateur social. L'économie, la nation, le groupement de nations ne valent que s'ils placent les hommes - les hommes concrets, tous et chacun - au départ et au centre de leur action. L'Europe regroupe des pays qui pour l'essentiel ne sont pas complémentaires mais concurrents: pour faire réellement leur unité - une unité qui profiterait à tous - il leur faut donc se tourner vers les autres, c'est-à-dire les pays du Sud, en changeant leurs rapports avec eux dans le cadre d'une organisation rationnelle de la planète (avec le concours d'une nouvelle ONU ?).

Principe 3. Organiser la cogestion démocratique de la planète car aucun des problèmes vitaux d'aujourd'hui (faim et misère, immigrations, chômage, saccages économiques, sociaux et écologiques) ne peut trouver de solution dans le cadre national ou continental. Ce que le mouvement syndical a commencé à réaliser en créant à Vienne le 1er novembre 2006 la Confédération Syndicale Internationale, les responsables politiques conscients (au pouvoir ou non), les associations s'occupant de la paix et du développement, les minorités exploitées ou opprimées doivent s'y atteler: réaliser leur unité dans la diversité afin de mettre du sens humain à la mondialisation.

Principe 4. En finir avec les politiques de puissance est la condition de ce qui précède: soi - disants "droits" de veto ou d'ingérence, pressions ou agressions militaires ou financières, embargos économiques. L'unité du monde ne peut dépendre de la violence et des armes, qui furent précisément à l'origine de son morcellement en nationalismes et en intégrismes. Le rayonnement d'un homme, d'un pays, d'une communauté
à quelque niveau qu'elle soit, a à voir avec la magistrature morale qu'il/elle peut - ou non -exercer, et non avec la force brute. Jeanne d'Arc plutôt que Napoléon. Au lieu du droit issu de la force, la force pour faire respecter le droit, le droit de la justice.

Indépendances

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16/02/08

L'Appel républicain de Marianne

Pour une vigilance républicaine


Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.



- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.



Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
François Bayrou, ancien ministre, député des Pyrénées-Atmantiques
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancienne ministre
Nicolas Dupont-AIgnan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Loire
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gaulliennes

[...et parmi les signataires l'auteur de ce blog, qui regrette cependant que ne soit pas aussi dénoncée dans cet appel l'entreprise de destruction sociale en cours, mais je comprends et j'accepte que tel n'en est pas l'objet ]


Vendredi 15 Février 2008

Marianne

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02/02/08

Conversion à l'humain

Tous nos problèmes majeurs: chômage, immigration, culture et sens de la vie, violence et guerre, découlent d'un seul problème fondamental: la déchirure post-coloniale du monde...

"Ce monde où des fous mènent des aveugles", écrivait Shakespeare dans le Roi Lear, à cette époque de la Renaissance où débutaient ces dérives de l'Occident dont nous vivons aujourd'hui la "fin de partie".
A ce monde du non-sens, à cette nouvelle défaite de l'homme, aggravée par la puissance technique de la barbarie informatisée, il s'agit d'opposer l'alternative d'une conversion à l'humain.

Quatre objectifs sont prioritaires pour réaliser cette mutation à la fois des fins et des moyens de notre société:

1. Eveiller une réflexion populaire critique sur les raisons de vivre et sur les fins de notre commune histoire. A contre-courant de l'individualisme du "chacun pour soi", faire prendre conscience à tous que chacun est personnellement responsable du destin collectif. L'unité et l'interdépendance, de la technique à l'économie, de l'écologie à la culture, est devenue telle qu'aucun problème ne peut être résolu à partir d'une seule nation, d'une seule église, d'un seul parti, d'une seule ethnie.

2. Prendre conscience de cette unité voulue et non subie à l'échelle du monde. Un changement radical de nos rapports avec le tiers-monde afin d'inverser les méthodes de contrainte dévastatrices du Fonds monétaire international, est la clé de nos problèmes majeurs.
Ceux du chômage, par reconversion de notre appareil économique pour répondre à nos besoins réels et à ceux du tiers-monde.
Ceux de l'immigration, qui deviendront, si les disparités actuelles continuent de s'aggraver, une invasion de la misère.
Ceux de la culture, si les prétentions de l'Occident à la supériorité et à la fausse universalité de ses modèles de croissance et de culture s'effacent pour s'ouvrir aux autres cultures, dans un désir de fécondation réciproque et si cesse la destructuion, par la domination coloniale, des développements endogènes.

3. L'obstacle principal est le monothéisme du marché, avec ses deux fondements idéologiques: le mythe de la modernité et le mythe de la démocratie. Pour l'abattre, peuvent se conjuguer les efforts de tous ceux pour qui la vie a un sens: foi en Dieu ou foi en l'homme.

4. Le changement de notre mode de vie ne se fera pas par une prédication moralisante et par une conversion subite, mais par une progressive reconversion de notre production et de notre écomomie entière. Avec la participation de tous ceux qui ne vivent pas de spéculation parasite et de corruption, mais de créations et de productions réelles au service de la communauté.

Roger Garaudy, "Les fossoyeurs. Un nouvel appel aux vivants", L'Archipel, 1992, pp 181-182

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26/01/08

Pour une déclaration des devoirs

Un projet de déclaration écrit par Roger Garaudy ("L'avenir mode d'emploi") et que je fais mien sans réserves.

Projet de déclaration des devoirs de chaque homme et de tout homme

1 -- L'humanité est une seule communauté, mais non par l'unité impériale de domination d'un Etat ou d'une culture. Cette unité est au contraire symphonique, c'est à dire riche de la participation de tous les peuples et de leur culture.

2 -- Tous les devoirs de l'homme et des communautés auxquelles il participe découlent de sa contribution à cette unité: aucun groupement humain, professionnel, national, économique, culturel, religieux, ne peut avoir pour objet la défense d'intérêts ou de privilèges particuliers, mais la promotion de chaque homme et de tout homme, quel que soit son sexe, son origine sociale, ethnique ou religieuse, afin de donner à chacun la possibilité matérielle et spirituelle de déployer tous les pouvoirs créateurs qu'il porte en lui.

3 -- La propriété, publique ou privée, n'a de légitimité que si elle est fondée sur le travail et concourt au développement de tous. Son titulaire n'en est donc que le gérant responsable.

Nul intérêt personnel, national, corporatif ou religieux, ne peut avoir pour fin la concurrence, la domination l'exploitation du travail d'un autre ou la perversion de ses loisirs.

4 -- Le pouvoir, à quelque niveau que ce soit, ne peut être exercé ou retiré que par le mandat de ceux qui s'engagent, par écrit, pour accéder à la citoyenneté, à observer ces devoirs. Les titulaires peuvent en être exclus par leurs pairs s'ils en dérogent.

Il ne comporte aucun privilège mais seulement des devoirs et des exigences.

Poursuivant le même but universel il ne peut s'opposer en rival à aucun autre pouvoir.

5 -- Le savoir ne peut, en aucun domaine, avoir la prétention de détenir la vérité absolue, car cet intégrisme intellectuel engendre nécessairement l'inquisition et le totalitarisme.

La création étant le propre de l'homme elle ne peut être aliénée ou remplacée par aucune machine, si sophistiquée soit elle, sans déchoir en idolâtrie des moyens ( qui exclurait tout fondement du devoir ).

6 -- Le but de toute institution publique ne peut être que la Constitution d'une communauté véritable c'est à dire, à l'inverse de l'individualisme, d'une association en laquelle chaque participant a conscience d'être personnellement responsable du destin de tous les autres.

7 -- La coordination universelle de ses efforts de croissance de l'homme peut seule permettre de résoudre les problèmes de la faim dans le monde et de l'immigration, comme du chômage forcé ou de l'oisiveté parasitaire, et de donner à chaque être humain les moyens d'accomplir ses devoirs et d'exercer les droits que lui confère cette responsabilité.

Elle exclut donc tout privilège de puissance, qu'il s'agisse de Veto, de pressions militaires ou financières ou d'embargos économiques.

Il n'appartient qu'à la communauté mondiale -- sans différenciation numérique -- de veiller à l'observance universelle de ces devoirs.

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18/11/07

Pour une re-naissance de la gauche: le positionnement politique du blog

"Les grands mots et les grandes poses ne servaient qu’à masquer les canailleries les plus mesquines." (Marx, à propos du Second Empire, Napoléon III)

                                     Notre République tire au bonapartisme tant les pouvoirs du Président y sont exorbitants, une sorte de "coup d'état permanent"(Mitterrand). L'élection (toute élection peut charrier le pire comme le meilleur) qui a porté à la tête de cet "empire républicain" le candidat de l'ultra-droite néo-libérale, régressive et autoritaire, est donc lourd de conséquences. Elle a bien sûr de nombreuses causes et... remèdes. Je n'ai pas la prétention d'en passer la revue, simplement d'en pointer quelques unes...et quelques uns, qui comptent le plus pour moi.

A savoir: si la droite la plus dure est désormais, ainsi qu'elle le proclame, "décomplexée", affirmant haut et fort le socle foncièrement individualiste/égoïste de ses valeurs avec la politique économique et sociale de jungle (loi du plus fort) qui en découle, la gauche (qui n'est souvent qu'"opposition" sans projet), par contre, de renoncements en divisions, n'est plus audible par les classes populaires.

Habillée du blanc de la pureté par les spécialistes du marketing politique, servie par les talents personnels et l'ambition d'hommes prêts à tout pour accéder au pouvoir et le conserver, faisant appel d'abord à la peur -peur de l'étranger, peur de la "racaille" et de la violence, peur de la mondialisation, peur des actionnaires et des rentiers pour leurs sous -, martelée par les plus importants medias, la politique proposée par les capitalistes s'est emparée des "masses". Les idées dominantes sont bien les idées de la classe dominante (Marx)! Et la classe dominante veut maintenant aller plus loin dans sa domination.

En face, maintenant que la fausse gauche - celle qui se rallie au capitalisme et à la "démocratie de marché"(Garaudy) - se montre au grand jour (les rats quittent le navire), la vraie gauche doit elle aussi faire re-naître ses valeurs.
Elle a dans le passé porté les principales conquêtes démocratiques et sociales de notre pays: les Révolutions de 1789 et 1848, la Commune de 1871 dont de Gaulle reconnaissait qu'elle avait "assumé la France", le Front populaire de 1936, la libération du nazisme et du pétainisme, mai 68 et ses 10 millions de grévistes: tous ces mouvements et d'autres à la suite ont apporté à notre peuple des conquêtes matérielles et morales dont nous bénéficions encore: les droits de l'homme et du citoyen, l'éducation, la république démocratique et sociale, les congés payés, la sécurité sociale, les entreprises et services publics, le salaire minimum, la réduction du temps de travail, les droits syndicaux, etc.

Mais aujourd'hui, pour paraphraser Victor Hugo, si la gauche sait d'où elle vient, elle ne sait pas où elle va.

La gauche gestionnaire, obnubilée par la ligne jadis fixée par Léon Blum d'être "les gérants loyaux du capitalisme", n'en peut plus des concessions au "marché" et à l'idéologie libérale qui lui ont fait perdre une bonne part de son identité.

La gauche transformatrice, mélange des gauches "protestataire" et "révolutionnaire"(la distinction est de Debray), en est arrivée, par progressive dilution du militantisme, à oublier que le parti n'est pas une fin en soi mais un moyen au service d'une cause, et que, si son "appareil" doit être préservé, il ne saurait se réduire à lui. Le "parti" d'ailleurs n'est pas forcément celui qui existe déjà: naissant "du sol de la société moderne"(Marx), sans doute revêtira-t-il une forme inédite, plus réseau transversal coordonné que parti centralisé comme les partis actuels regroupés autour des professionnels de la politique (élus et permanents).

Je voudrais aider la gauche gestionnaire à retrouver une identité de gauche claire, moderne mais claire, plutôt que de se perdre dans le marécage "centriste". Je voudrais aider à fédérer la gauche transformatrice, plutôt que d'engager une nouvelle guerre des chapelles. Je voudrais aider à l'union des deux gauches dans l'exercice des responsabilités plutôt que de continuer à se distribuer les rôles du consul (qui gouverne) et du tribun (qui parle au nom...).

Et pour cela, promouvoir le dialogue plutôt que l'anathème , la recherche d'accords de fond plutôt que du plus petit dénominateur commun, le respect des différences qui enrichit plutôt que la recherche de l'hégémonie qui appauvrit, l'intervention de la "base" - même et surtout non encartée - plutôt que les projets imposés d'en haut.

La démocratie ne devrait pas résulter seulement de la pluralité des partis - qui à gauche est excessive - mais surtout de la pluralité des projets, pluralité qui ne peut émerger que de l'irruption du peuple avec ses besoins et ses aspirations dans le débat. Avec cette intervention directe des citoyens, il doit d'ailleurs devenir possible de dégager des majorités dépassant largement l'absurde 51/49: l'unanimité est quand même le but ultime de la démocratie, puisque celle-ci doit permettre de déterminer l'intérêt général, lequel n'est pas représenté par l'avis de 51 ou 53 citoyens contre l'avis des 49 ou 47 autres.

Rassembler car "nous n'avancerons qu'en nous unifiant" (Teilhard), tel me semble être le maître mot de la re-naissance (=la deuxième naissance) de la gauche. Le Congrès de Tours en 1920 a vu la scission entre communistes et socialistes. Les dangers du monde, les risques qui pèsent sur notre terre, la fin de l'hypothèque lénino-stalinienne, la nouvelle ligne que la réalité trace entre réformes et révolution, n'indiquent-ils pas que le moment est venu de se fixer l'horizon d'un Congrès de Tours à l'envers, pour revivifier (=redonner vie) à "l'hypothèse communiste"(Badiou), unir toutes les forces révolutionnaires  et progressistes ?

L'union n'uniformise pas, au contraire elle différencie, elle "super-personnalise" (Teilhard)  en permettant à chacun d'exprimer le meilleur de lui-même; l'union n'additionne pas seulement, "elle produit" , elle est plus, autre et mieux que la somme des éléments qui la composent.
Rassemblons-nous ! Au niveau syndical (unité d'action),au niveau politique, dans les associations, pour résister à l'offensive réactionnaire - car il ne s'agit pas de "réforme" mais bien de retour en arrière, de réaction - et préparer, dans une France où "la politique ne se décide pas à la corbeille" (De Gaulle), un avenir qui ait du sens pour chacun et pour tous, un "modèle français du socialisme" (Garaudy), un communisme, un avenir "à visage humain" (selon la belle formule du Printemps de Prague).

"Nous n'avancerons qu'en nous unifiant": le sens de cette phrase de Teilhard dépasse évidemment, mais donc inclut, l'évolution politique de l'homme en général et de chaque groupe humain en particulier. Elle évoque deux actions agissant dialectiquement l'une sur l'autre.

Pour avancer, pour aller en avant, pour imaginer et construire un avenir, il faut nous unir entre nous et nous unir au monde, il faut "être plus", c'est-à-dire être ensemble. Mais aussi: si nous avançons, si nous regardons dans la direction de l'avenir, en avant, sans oublier le passé mais sans en être prisonnier, alors nous pourrons nous unir entre nous et avec le monde.

Rassemblons-nous, dans la richesse de nos diverses personnalités, pour avancer, c'est-à-dire créer un avenir humain et, du même élan, avançons déjà pour nous rassembler, pour faire de la somme de nos énergies une énergie nouvelle, plus forte et plus exigeante. Plaçons-nous dans une perspective de mouvement, ne restons pas statiques. L'immobilité, le statu-quo, la guerre des tranchées, la défense des positions acquises comme seule tactique, le repli sur soi, cela ne suffira pas pour endiguer et faire refluer la vague réactionnaire et construire un avenir. Le mouvement comporte un risque, c'est un pari que de croire que "tout ce qui monte converge" (Teilhard) mais l'immobilisme est pire car ne pas avancer dans ce monde c'est reculer. N'attendons pas d'être d'accord sur tout pour nous mettre en chemin.

L'idéal qui nous anime, qui nous est commun, une société où l'homme prime sur l'économie, le travail sur le capital, le tout sur le partiel, l'avenir sur le passé, cet idéal doit être "plus réel que le réel" (Fichte) car le réel est du passé fossilisé, quelque chose sur lequel nous n'avons pas prise, que nous devons comprendre mais pour nous en libérer. Seule la construction de l'avenir est digne de notre action et source "de cohérence, de fécondité" et donc susceptible de nous réunir, de nous rassembler, de nous unifier. L'horizon est certes chargé de nuages, qu'importe ! c'est en marchant que nous découvrirons le ciel derrière eux.

A condition que chacun - groupe, association, syndicat, parti, militant, simple citoyen, - soit persuadé que l'union enrichit, qu'il a quelque chose à apprendre de l'autre, qu'il doit renoncer à faire prévaloir en tout son propre point de vue. Cet apprentissage est d'abord le fruit de la commune action dans la commune espérance d'un monde où la compréhension, la coopération, la cogestion l'emportent sur l'individualisme, "la concurrence de tous contre tous", les égoïsmes et les dominations de classe, de nation, de religion ou de race.

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Posté par Alain 3 à 15:17 - Positions - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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