01 octobre 2011

Sexe

Quant au sexe ça dépend comment on s'en sert. ça peut être un poignard ou une douceur. Une tulipe ou un porc. Il faut du temps pour s'en apercevoir.

Pierre Alix, Don Quichotte de Sainte-Enimie, Editions JML, 1981, p186

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20 septembre 2011

Le Mum Mam, par Pierre Alix

A la mémoire du Docteur Jean-Pierre Decombas, qui savait lire entre les lignes

 

Le Mum Mam                    

De douillets naïfs s’auto justifient parfois leurs carences, leurs excès ou maladresses. La surconsommation, peut leur fournir une bonne conscience de soi. Pour les esprits forts et les radins les supermarchés ont créé les caisses de moins de dix articles.

C’était un à côté altruiste du Mum Mam. Passaient là, effectivement des gens sans vindicte ou contestations suspendues aux carnets de chèques, voire aux cartes bancaires. A propos de ces dernières, certains les soupçonnaient, outre de renseignements collectés par leur agence sur leurs personnes, d’indices perçus par les Russes, la C.I.A ou de coercitifs régimes dictatoriaux.

Des SDF également y réglaient des achats de bières ou de nourritures pour animaux, avec parfois de peureuses paroles vis à vis des caissières. Elles avaient leur âge. Les glottes avalaient la salive. Les caissières des supermarchés pourraient constituer des panels de sociologues. Elles vendent, elles vendent…

Donc, si moins de dix articles, on passe à la caisse rapide, l’une des caisses rapides. D’abord une maman, avec son caddie anté- décadaire si on peut dire. Elle est la plus belle de la file. Elle a un piercing et un bec de lièvre. Les deux sont décoratifs. C’est ce que pense un monsieur dont la casquette stabilise les bons sentiments dans ses limbes cervicaux. La jeune femme est fringante. Elle pousse un bébé, assis dans le caddie.

Fleuron du lieu, il y a le caissier, intérimaire, lui. Est-ce que Dieu l’aime ?Si on pense que oui, Dieu n’a pas pu faire mieux. Oui, car une vieille fille se présente derrière le gus à casquette. Mais il y a la jeune femme au bébé. Elle doit avoir un joli museau de caniche nain en guise de clitoris. O, doigt minou, ma chérie. Mais le caissier ne dit rien. Il doit penser que la pauvreté est un péché, et il encaisse. Avec ordre de donner bonne conscience aux clients.

La femme-bébé-caddie intercale la barrette « client suivant » entre elle et la vieille fille. Celle –ci a des yeux de saurien laiteux. Aussi la jeune femme réfugie son regard sur son joli bébé assis dans le caddie. Cela lui donne bonne conscience. La bonne conscience s’attribue comme les bons points dans les petites classes d’autrefois. Elle n’est pas pour les laids. Mon bébé partons, roule, roule caddie chéri.

Aux alentours, les caisses traditionnelles finissent par enregistrer plus rapidement que la prioritaire de moins de dix articles. Car la vieille fille, sans bijou, au cou, qui puisse suggérer une connotation religieuse, explique à l’homme à la casquette qu’elle veut lui céder sa place. Or celui-ci vient de lui céder le passage. A-t-il l’air d’un « nanti » ? Il n’est nullement coupable d’une fortune illicite…ni de biens tangibles. Le péché originel ne le concerne pas…

La misère, et l’affection bafouée attirent les tracas. La vieille fille a mal à l’âme de voir que chacun joue et peut réussir à être soi-même. Ô, Monsieur, si vous saviez, vous accepteriez que je vous redonne ma place. Et que je vous explique. Je vais payer vos articles. Si, si. Non ?Oh, enfin payez-les ! Et écoutez-moi. Nous nous mettrons sur ce banc, là-bas. Il est libre.

Faudrait-il dire : « Pub pour tous, et Dieu pour personne ? ». Oh que le Catéchisme est lointain. Il en reste si peu sur le teint de parchemin biblique de cette personne. Elle se laisse expliquer par le bonhomme à la casquette, qu’il n’est ni homme politique, ni syndicaliste, ni médicastre, pas non plus curé. De toutes façons, il est athée. Si elle veut un service, qu’elle passe. Bien sûr si vous et lui-même aviez été jeunes, il ne sait pas très bien…De forts courtois gentilhommes offrent peut-être des caddies pleins à ras- bord à des jeunes femmes. Cela n’est le cas ni pour vous, ni pour moi.. Vous n’êtes encore pas contente. ? Vous voulez une fois de plus que nous changions ? Tenez ,voici la barrette ! Passez !Je n’y suis pour rien dans vos histoires Vous n’êtes pas contente de vos neveux  ? Moi c’est de mes nièces…Elles me trouvent brenneux. Si vous ne savez pas ce que ça veut dire, consultez un dictionnaire ou regardez votre chapeau…Ce qu’il a votre chapeau ? Un peu de bran !Mais passez donc. Et n’oubliez pas d’embrasser vos neveux. J’en ferai autant pour mes nièces. Non, je n’ai pas d’enfant.

Pierre Alix

 

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07 mars 2010

Pour écrire du doigt..., par Pierre Alix

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http://www.journeedelafemme.com/(affiche de Fanny Lopez)


Pour écrire du doigt sur le sein d'une femme
Il faut se dire que l'on n'écrit pas sur du papier glacé
Que la peau ne supporte pas les griffures et les bavures du stylo

          Si l'on veut écrire avec le crayon de son doigt
on doit se tailler l'ongle pour garder au bout une douceur équivalente à celle de la langue

          Il faut se mettre au bout du doigt du graphite parfumé et sur le sein écrire une phrase trés douce et trés courte

          Il ne faut pas appuyer en mettant un point final à la phrase pour ne pas piquer le sein

          Ceux qui auraient besoin d'un point pour un I auront soin de faire figurer la barre de cette lettre juste en dessous de la pointe du sein qui en tiendra lieu naturellement

Pierre Alix, Libres dialogues n°5

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25 février 2010

Famille recomposée, de Pierre Alix

L'ami Pierrot nous offre cette chanson, à vous d'y mettre votre petite musique:


C’est une famille recomposée

  ça ne fait pas tout oublier

  Y avait un chat et des enfants

  Dans un jardin petit ou grand

 

  Les chagrins se mouchaient le nez

  On pleurait moins qu’on ne riait

  T étais craquante et tu chantais

  Pour nous ma foi ça suffisait

 

Et les plus grosses et les moins beaux

Offraient la joie sur des plateaux

Et on pense à ce beau temps

Des cheveux jeunes flottant au vent

 

Nos avenirs sont derrière nous

Dans des partouses labellisées

On baise parfois sans rêver

C’est une famille recomposée

 

 

     Pierre Alix

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15 février 2010

Le dévissage des bossus, par Pierre Alix

On a dévissé la bosse du bossu. Il voulait, on voulait qu'il ne soit plus dodu du dos. Sa bosse n'était pas une roue de paon. On ne doit pas amputer les paons de leurs esthétiques rectrices, alors que pour certaines bosses le problème est discutable. L'Académie Française a émis des doutes, et le Conservatoire des Arts et Métiers s'est penché sur les techniques de déposition des bosses au-delà de minuit. Car aprés cette heure-ci les bosses dorment sur des coussins blancs, que risquent de maculer les mécaniciennes clés anglaises.
Au passage nous signalons que le port du tournevis par le bossu n'est pas celui du haut de forme par le gentleman.
Le bossu aveugle méconnait son bonheur. Sa bosse peut convenir à une dentellière, qui la fleurira de guirlandes et de coutures.
La bosse vaut moins cher que le kilo de veau. C'est pour cela qu'on ne décabosse pas les bossus.
Certains, ayant des bosses au front ne sont pas mieux lotis. Enfin il suffisait d'ajouter une virgule dans la phrase écrite par l'ovule spermatozoïde de la vierge pour que Jésus fut bossu.
Préférez-vous les bosses aux platitudes ?

Pierre Alix, Dialogues 23


Pour acheter les livres de P. Alix:

- Don Quichotte de Sainte Enimie
- Les thaumaturges de la folle avoine
- Mon âne est pauvre et musicien
- Des années des années
- Un patron aphrodisiaque

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18 janvier 2010

L'origine est perdue dans l'infini, par Pierre Alix

Il est peut être un peu facile d'être iconoclaste ? Souvent, il nous suffit de ne pas comprendre pour condamner ou railler. J'ai eu un temps envie de parler d'Abram, ou Abraham, personnage biblique de la Genèse. J'aurai tout juste été capable de relever des incongruités, et il m'a semblé plus opportun d'écrire autre chose pour "Dialogues".
Je pense avoir une certaine foi, un peu hérétique dans la mesure où elle se démarque de certains canons religieux, mais je ne pense pas être seul ainsi.
Soit ! Des notions trés simples de mathématiques décèlent des failles dans notre intelligence. Réfléchissons au fini et à l'infini. L'origine à une extrémité, et la finalité de l'autre. Elles ne nous sont pas pensables. On ajoute un, on retranche un, l'infini devient fini et inversement. L'origine échappe, la finalité aussi. Nous ne pouvons concevoir et régir intellectuellement qu'un univers clos. Nous ne pouvons raisonner ou du moins aménager un espace mental que dans la mesure où il est circonscrit, ou fixe, ne serait-ce que provisoirement.
A la faveur de ceci, on peut concevoir, que si par exemple la perception d'un aveugle de naissance est sous-dimensionnée par rapport à celle d'un voyant, cette dernière est peut-être handicapée par rapport à celle d'une entité humanoïde, qui penserait simultanément le fini et l'infini. Il est assez tentant d'attribuer ce don à Dieu ou à certaines formes de vie plus élabirées que la nôtre.
Je pense qu'il doit exister dans d'autres domaines de la connaissance des impuissances à cerner, qui suggèrent peut-être des conceptions voisines ? La question est posée.

Pierre Alix, écrivain
Texte publié dans "Dialogues 60" (février 1995)

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01 février 2009

Jésus et Don Quichotte, par Pierre Alix

C'est avec beaucoup de retenue, après des tergiversations, que je me vois obligé de reconnaïtre que le Christ, fils supposé de Dieu, mais aussi mythe de l'écriture, était aussi croustillament barjot que Don Quichotte de la Manche ! Don Quichotte était certes sublime, mais le Christ rayonnait. Mais autour de ce dernier étaient les apôtres, qui étendaient des descentes de lit pour ses idées, tandis que l'auréole de Don Quichotte était grignotée par le scepticisme de Sancho Pança, et les relations picaresques que Cervantès faisait de ses épopées. Les Evangélistes, eux, prenaient tout pour argent comptant, pour manne transcendante. On ne saura peut-être jamais, lequel de Don Quichotte ou du Christ, était le plus parano ? Le dernier faisait dans le miracle: on s'extasiait. Le premier tentait aussi des prouesses, mais à l'inverse de Jésus, un perroquet moqueur tournait ses actes en dérision. Une générosité se trouvait sublimée, l'autre dégénérait.

Chacun de nous peut, entre autre dans le sein de la religion se proclamer part du Christ, personne en dépit de la fascination qu'il exerce sur nous ne se sent sincèrement part de Don Quichotte ! Peut-être parce qu'il n'y a pas de papauté ni d'église cervantesque ? Il n'aurait peut-être pas fallu se moquer du chevalier ?

Pierre Alix Dialogues 53

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25 août 2008

La fontaine est en nuisette

La fontaine est en nuisette -
Pierre Alix > Nouvelle(s)

Petites dérives du quotidien Un recueil plein d’humour sur un futur absurde « Faire le livre, et puis mourir ! », s’est un jour déclaré l’auteur. Cela aurait pu s’appeler «L’Autophage». Il se serait agi de l’histoire d’un homme qui descend un fleuve en s’immergeant dans l’eau et qui se mangerait le corps des pieds jusqu’à la tête. Quand il serait arrivé à la mer, il ne resterait que la langue et les dents. Mais cela, il ne l’a finalement pas écrit. Il se contente de polir des petits galets, des nouvelles comme « La fontaine est en nuisette » Fervent lecteur d’Albert Cohen et de Christian Bobin, vouant une tendresse particulière à Jean Giono, après avoir exercé dans la fonction publique, Pierre Alix profite de sa sédentarité pour se plonger dans les recherches littéraires qu’il admire

Les derniers livres de Pierre Alix sur http://www.manuscrit.com/catalogue/catalogue.asp

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15 août 2008

Aprés l'eau, par Pierre Alix

Certains paysages sont des visages de Dieu. Regarde ces arbres. Regarde-les depuis l'invisible. Les robots arrivent à travers les feuillages. Les feuilles sont leurs esprits. Puis ils pâlissent, et maintenant c'est la mer qui s'empare du vent dans les branches. Ses orgues cassent des pierres à mes oreilles. Mais où sont mes oreilles dans tes songes ?

Il y a une montagne, une pente couverte d'arbres joufflus, une piste de ski de verdure. L'air coule comme une rivière jusqu'aux cascades qui se suicident dans le torrent.

J'allais à la pêche autrefois. La pêche fut un des cadeau de mon enfance. Le nylon des lignes reliait à l'obscur de l'eau, aux éclats de rire des torrents. Les truites ocellées vibraient sur les bijoux du sable. De grosses algues légumineuses étaient les tentures du théâtre de l'eau. Les rivières furent les tabernacles de mes hérétiques dévotions. Des rocs et des arbres abattus étaient de noirs confessionnaux. La pierre et le bois laissaient passer la chasuble rebondie d'une cascade jusqu'au chœur éclaboussé d'une vasque.

Chaque rivière est une église. Chaque courant est une fraîcheur des premiers temps. L'aube sur les rivières est parsemée de libellules irrévélées. Là, les oiseaux se nourrissent d'invisible pêché dans le cresson. Parfois le silence tue le bruit de l'eau. Dieu se meurt doucement. Puis l'horizon éclairci redarde ses atomes de rose pour signifier le jour. Dieu redrape la rivière de son vacarme.

J'aimerais tant avoir des comptes à rendre à Dieu ! Peut-être lui ferais-je accepter qu'il nous réunisse ? Pourtant, qu'est-ce qu'être unis ? " Les pas réunis " disait Guy Béart.

J'avais alenti mes pas pour les accorder aux tiens. A notre bouquet tu apportais des fleurs inquiètes. Fleurs de paroles sombres. Tes yeux parlaient du néant. Ils étaient vrillées par la souffrance d'un autre œil, en toi, un feu de douleur irrécusable à tous les médicaments.

Parfois tu essayais de me faire comprendre que tu ne pouvais pas toujours me donner l'illusion que tu vivais. Qu'était-ce vivre pour toi ? Me regarder tisser du sentimental à ton entour. Des riens. T'offrir une carte postale qui s'appelait : " Le bonheur ". C'était une carte postale d'une vieille dame qui souriait des yeux.

Extrait du recueil de nouvelles "Des années, des années", de Pierre Alix , Editions http://www.manuscrit.com/

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08 octobre 2007

Mon ami et écrivain Pierre Alix

Pierre Alix est clermontois. N’a jamais voyagé. Retraité de la Fonction Publique il est écrivain intermittent. Il a, antan été recalé au bac philo, 2 années consécutives.  Autodidacte, aidé par des institutrices bénévoles et des libraires.

« Don Quichotte de Sainte-Enimie » 1981.Roman.Jacques-Marie Laffont, Editeur.

« Les thaumaturges de la folle avoine » 1983. Roman. Jean-Luc Lesfargues, Editeur

« Mon âne est pauvre et musicien »  2001  manuscrit.com

« Un patron aphrodisiaque » 2002  manuscrit.com

Des années, des années » 2002.  : manuscrit.com

Certains de ces textes ont paru dans ARPA,« La Nouvelle Revue Française »,

« La Montagne Dimanche », ainsi que dans « Aux Vents d’Auvergne », aux Editions du Miroir.

Collaborations aussi à « Minuit », à « L’inconnue », « Transit », et « Noésis »

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