A l'indépendant

Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'une conversion est pour l'individu: changer le but et le sens de la vie (Roger Garaudy)

samedi 7 novembre 2009

Harcèlement médiatique anti-communiste

 

  Lettre du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (CISC)

à Monsieur le Président du Conseil supérieur de l'audiovisuel.

 Objet: protestation contre la campagne anticommuniste sur les médias publics. Demande d’intervention du CISC dans les médias au titre du pluralisme et du droit de réponse.  

 

   
    Monsieur le Président,
 

 

    Une indécente campagne totalitaire(1)et grossièrement manichéenne de diffamation contre l'histoire, les idéaux et les militants du Mouvement communiste international, est actuellement menée à l'occasion du 20ème anniversaire de la rupture de la frontière berlinoise de la RDA. A notre connaissance, le CSA, pourtant charger de faire régner le pluralisme sur les ondes, est resté silencieux devant cette infamie.  

 

   
    Tous les jours, à chaque heure de la journée, sur toutes les chaînes privées et publiques payées par l'argent de tous les citoyens et de tous les consommateurs, est propagée une présentation caricaturale, foncièrement partiale et dénuée d’objectivité historique, des évènements qui entourèrent     l’érection puis la chute du mur de Berlin. Nul souci de montrer que ce mur, dont la signification tragique renvoie aux tensions planétaires des années soixante, fut érigé dans les conditions d'une guerre froide qui pouvait à tout moment dégénérer en conflit nucléaire mondial. Rien à notre connaissance, dans les présentations caricaturales qui ont été proposées jusqu’ici dans les médias, ne permet aux Français de savoir que la division de l'Allemagne résulta du refus des Occidentaux d'accepter la proposition soviétique de mettre en place une Allemagne unifiée, démilitarisée et sérieusement dénazifiée. Rien qui permette de comprendre que le "mur" fut une réponse tardive de la RDA et du camp socialiste à la tentative permanente de l'Occident de déstabiliser l'Allemagne socialiste. Rien qui permette de comprendre que la RDA était alors un pays pauvre, qui finissait de régler ses dettes de guerre à l'URSS, alors que la RFA fut dispensée par l’Ouest de régler ses réparations et que le "miracle allemand" dut beaucoup au plan Marshall et à la remilitarisation de l’Allemagne capitaliste en tant que pays de la « ligne de front » antisoviétique. Rien qui permette à la jeunesse d’apprendre que la création de l'OTAN a précédé de loin celle du Pacte de Varsovie, de même que la création unilatérale de la RFA par ses occupants occidentaux, suivie du rattachement illégal de Berlin-Ouest à la RFA capitaliste, a précédé et suscité la création de la RDA sur l'ex-zone d'occupation soviétique. Rien non plus pour indiquer aux usagers du service public que les acquis sociaux, éducatifs, sanitaires, culturels (le pays de Brecht !) et civilisationnels de la RDA (égalité hommes/femmes garantie par l’emploi massif des femmes et par les crèches d’entreprise) étaient très importants : c’est pourquoi la majorité d’« Ossis » qui juge positivement le bilan du socialisme, n’est pas constituée de "nostalgiques" sentimentaux ; comme en Russie, où selon les sondages, 80% des citoyens jugent le « socialisme supérieur au capitalisme », ces Allemands de l’est comparent, expérience faite, ce que leur a apporté le     capitalisme (chômage de masse, destruction acharnée de leur mémoire, disparition des solidarités, réunification vécue comme une annexion, chasse aux sorcières et licenciement pour délit d'opinion de milliers d' enseignants et de cadres "Ossis" remplacés par des "Wessis", « retraites de punition » pour les vétérans communistes, etc.) à ce que leur assurait le socialisme en matière de solidarité sociale. Et cela ne signifie pas qu’ils ferment les yeux sur les manquements, contradictions, défauts et déformations (E. Honecker a livré ses propres analyses sur ce point dans ses "Moabiter Notizen") dont ce socialisme de première génération fut porteur dans les conditions très
difficiles que l'Occident lui a constamment faites (course aux armements incessante, concurrence entre deux camps inégaux du point de vue de la puissance économique, pression anticommuniste permanente, pression permanente sur Berlin qui était la « ville-front » où s’affrontaient le plus directement le système capitaliste et le système socialiste).  

 

    Nous sommes tout spécialement outrés de la décision des chaînes publiques de transformer le lundi 9 novembre en lundi brun de l'anticommunisme d'Etat obligatoire : ce jour-là, en tout « pluralisme anti-totalitaire», les auditeurs auront le « choix » entre l'anticommunisme et l'anticommunisme, toutes les chaînes offrant le même programme. Jamais dans ces ex-pays socialistes qu'on accuse de totalitarisme on n'est allé si loin dans le conditionnement idéologique. Cette charge totalitairement anticommuniste contre le "communisme totalitaire" serait risible si elle ne cachait une entreprise continentale de criminalisation du communisme, de chasse aux sorcières et de réhabilitation insidieuse du fascisme, qui prend de l'ampleur dans toute l'Europe supranationale et dans nombre d'Etats de l'UE, dont la France. On assiste en effet ces derniers temps, sans que les médias en disent rien, à la mise en place de lois scélérates amalgamant le communisme au nazisme, quitte à banaliser le second tout en avilissant le premier. Ce n'est pas seulement une insulte aux Soviétiques (près de 30 millions !), et spécialement de communistes soviétiques, qui donnèrent leur vie pour permettre à l'Armée rouge d'écraser les nazis, de prendre seule Berlin et d’y faire flotter le drapeau rouge, mais c'est une injure aux communistes français qui moururent par milliers pour libérer la France des nazis, et dont de nombreux monuments portent trace de Chateaubriand au Mont-Valérien en passant par la Citadelle d’Arras. C’est aussi une insulte aux victimes du génocide hitlérien qu’il est indigne de banaliser et dont maint survivant doit la vie aux libérateurs de l’Armée rouge. C'est une insulte aussi le Général De Gaulle qui déclara en 1966 : "les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération". Enfin, c'est une menace pour les libertés car à l'abri de cette campagne de négation de l'histoire, qui permet à Hitler de prendre une revanche posthume sur les "rouges" allemands qui furent ses opposants les plus déterminés, des mesures liberticides sont prises partout, ou sont sur le point d’être prises dans l’Europe de Maastricht, pour réprimer les partis communistes. A terme de telles mesures menaceront toute opposition à l'U.E., toute forme de syndicalisme de classe, toute forme de militance anticapitaliste, comme c’est déjà le cas en ex-RDA, en Hongrie, en Tchéquie, dans les pays baltes où les ex-Waffen SS bénéficient de la complaisance scandaleuse des autorités. Et quand chez nous on honore Guy Moquet, c’est en cachant aux lycéens qu’il fut réprimé en vertu de lois anticommunistes antérieures à l’Occupation (le décret Sérol), du même genre que celle que voudraient raviver en Europe des dirigeants italiens ouvertement nostalgiques de Mussolini.  

 

    De manière plus générale, comme de très nombreux     citoyens, nous sommes excédés par ces campagnes médiatiques harcelantes qui durent des semaines et où un seul thème bien-pensant est martelé en violation du droit à la différence, à la pensée libre et au droit de chacun d'entendre des arguments contradictoires pour forger sa propre conviction politique. Qui donc décide en haut lieu que pendant des semaines on martèlera sur les ondes, tantôt que le communisme est intrinsèquement pervers, tantôt (après le 11 septembre) que "nous sommes tous américains", tantôt que les     Français doivent toutes affaires cessantes se passionner pendant des jours aux présidentielles américaines, etc. Qui décide d’embrigader ainsi notre     jeunesse ? Trouverait-on en haut lieu que cette jeunesse est encore trop rebelle, trop anticapitaliste et insuffisamment « européenne » comme elle l’a certes montré lors du référendum de mai 2005, des luttes anti-CPE et des européennes…? Quand les médias se décideront-ils à laisser les gens penser par eux-mêmes au     pays de Descartes ? Qu'est-ce qui fait que, par ex., on consacre des milliers d'heures d'émission à sens unique au mur de Berlin alors qu'on évoque à peine, et sans les dénoncer franchement, ces "murs de la honte » bien réels et très actuels qu’ont érigés les puissances dominantes du monde capitaliste- : mur construit par Israël pour ghettoïser le peuple de Palestine, mur érigé pour empêcher la     réunification pacifique des deux Corée, barbelés séparant les riches USA des pauvres du Mexique, murs invisibles protégeant     « l’Europe-forteresse » des « dangereux immigrés » qui fuient la faim créée chez eux par les spéculateurs du monde capitaliste… Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » permanent sinon parce que les grands médias ne défendent pas les droits de l’homme, mais le     CAPITALISME ?  

 

    Dans ces conditions, nous exigeons, en tant que     citoyens ayant droit à la libre expression de leurs opinions, que lopération     totalitaire de lundi 9 novembre (une journée entière sur le mur de Berlin avec programme unique et à sens unique de toutes les radios de Radio-France !), soit     annulée et qu’un débat contradictoire et « à armes égales » soit organisé à une heure de grande écoute sur les médias publics à propos du bilan comparatif du « socialisme réel » et de la restauration capitaliste à l’Est. Et qu’on n’inverse pas les choses en disant que notre modeste organisation, constamment censurée ou caricaturée depuis sa fondation, appelle à la censure : elle appelle au contraire au respect du PLURALISME et à la RUPTURE DE LA CENSURE qui     frappe les communistes (exceptés ceux qui font profession d’autoflagellant !).  

 

    Nous demandons aussi     que l'un ou plusieurs d'entre nous soi(en)t invité(s) à une heure de grande écoute lundi 9 novembre pour présenter le "livre noir de l'anticommunisme" édité par notre comité avec la participation de plusieurs PC : au nom de quoi les auteurs très controversés du « livre noir du communisme » (sic) bénéficieraient-ils d’un quasi-monopole d’expression ? Y aurait-t-il une vérité historique officielle en France ? Et qu'on ne nous dise pas que le harcèlement médiatique anticommuniste est mené sous le contrôle scientifique d’historiens au-dessus de tout soupçon : à notre connaissance, aucun historien NON ANTISOVIETIQUE n'a été récemment accueilli sur les chaînes ; à aucun moment on n'a entendu à une heure de grande écoute d’anciens dirigeants NON REPENTIS de la RDA évoquer leur bilan. Qu'est-ce donc que ce procès anticommuniste permanent où la parole n'est     jamais accordée qu'à l'accusation, sauf à dose homéopathique et en dehors des heures de grande écoute ?  

 

    Nous demandons aussi que les médias permettent à ses organisateurs d’annoncer le rassemblement du 7 novembre à Paris à 15 heures, devant le métro Stalingrad, en l'honneur du 92ème anniversaire de la Révolution d'Octobre et avec le soutien du PRCF, de l'URCF, du RCC, de G. Hage, de dirigeants locaux ou nationaux du PCF, et la participation des PC de Grèce, de Cuba, d’Algérie, du PC Brésilien, des défenseurs allemands du Mémorial Ernst Thälmann, le président du KPD assassiné par les nazis, un monument dont le démontage est en cours.  

 

    Cela ne compensera pas pour autant l'énorme déséquilibre médiatique qui est créé pour discréditer le communisme à une époque où le capitalisme fait chaque jour un peu plus, y compris dans notre pays, la preuve de sa nocivité pour les acquis sociaux, l'emploi, les conditions de vie des travailleurs, le pouvoir d’achat populaire, la souveraineté des peuples, les libertés et la paix.
    On connaît le mot célèbre: "quand ils s'en sont pris aux communistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste... Quand ils ont arrêté les Juifs, je n’ai pas bougé, je n’étais pas juif  (…) ; quand ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour me défendre"...
Que nul ne dise à nouveau un jour qu'il ne savait pas, surtout parmi ceux qui sont payés pour défendre le pluralisme et la liberté et qui propagent en réalité jusqu’à l’écoeurement la « pensée unique » anticommuniste.
 

 

    (1) Au sens que l’idéologie dominante donne à ce     mot.  

 

    Veuillez agréer, Monsieur le Président,     l'assurance de notre vigilance indignée.

  Vincent Flament et Georges Gastaud, avec le soutien de Landini Léon - Officier Lég. d'honneur – Méd. de la     Résistance - Grand Mutilé de Guerre - décoré par L'URSS - Officier FTP-MOI. Roussel René – Chev. Lég. d'Honneur – Méd. de la Résistance - Croix de Guerre – Resp. cadres FTP Zone Sud - Liquidateur Nat. auprès du ministère des Armées du Front National pour la Libération de la France - des FTPF et FTP-MOI. Tchakarian Arsène – Chev. de la Lég. d'Honneur -  Croix de Guerre – Compagnon de Manouchian aux seins des FTP-MOI de la RP. Pranchère Pierre, a. député, a. FTPF des Maquis de Corrèze ; Hage Georges, a. député     du nord ; Hemmen Jean-Pierre,  fils de Jean Hemmen membre du C.C. des J.C., commissaire pol. des Brigades Internationales,     commandant FTPF fusillé au Mont Valérien (médaille de la Résistance, médaille de C.V. de la Résistance à titre posthume).  

 

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vendredi 12 juin 2009

Mutuel des peuples d'Europe

Sous les cocoricos officiels , on devine l’inquiétude , la panique même .

Les peuples d’Europe viennent de construire du mutuel .

Du mutuel de haut niveau .

Il serait dommageable pour l’avenir de toute l’humanité de ne point prendre en considération cette expression quasi unanime qui s’est manifestée à l’occasion du vote européen du 7 juin .

L’abstention, en %, dans les 27 états membres de l’Union européenne, en 2009:

Allemagne...... 56,7 %
Autriche.......... 57,6 %
Belgique..........  9,6 % (*)
Bulgarie.......... 62,5 %
Chypre............ 40,6 %
Danemark....... 40,5 %
Espagne.......... 54,0 %
Estonie............ 56,8 %
Finlande.......... 59,7 %
France.............. 59,5 %
Grèce................ 47,4 %
Hongrie........... 63,7 %
Irlande.............. 42,4 %
Italie.................. 33,5 %
Lettonie............ 47,4 %
Lituanie............ 79,1 %
Luxembourg....  9,0 % (*)
Malte................. 21,2 %
Pays-Bas............ 63,5 %
Pologne............. 75,5 %
Portugal............ 63,0 %
Tchéquie........... 71,8 %
Roumanie......... 72,6 %
Royaume-Uni... 65,7 %
Slovaquie.......... 80,4 %
Slovénie............ 71,8 %
Suède................ 56,2 %

(Source : Résultats des élections européennes 2009, Parlement européen.)

Un mutuel contre le carcan dans lequel l’essentiel des forces politiques voudraient les corseter .

Un carcan derrière lequel se profilent les intérêts des multinationales capitalistes qui , en réalité , dictent leur loi .

Leur besoin d’une nouvelle forme d’impérialisme pour conduire leurs affaires dans les nouvelles réalités et contradictions d’un monde devenu multipolaire .

Les peuples en ont fait la redoutable expérience .

Il est hautement symbolique que les peuples de l’Europe de l’Est , lesquels ont connu les évolutions que l’on sait , se distinguent particulièrement dans le refus d’un ordre , un ordre dont ils ont déjà fait l’expérience . Le super-étatisme , ils connaissent !

Un Etat , c’est déjà des dominations , des contraintes de trop , c’est l’organisation commune des intérêts de la classe capitaliste dirigeante . Un super-étatisme , c’est reléguer définitivement Marx au rayon des accessoires . Le changelent de société aussi .

Mais l’on aurait tort de se contenter de considérer seulement l’idée de refus , même si elle occupe bien sa place , laquelle n’est pas mineure .

Il y a aussi , au moins à égalité , l’aspiration à devenir enfin des peuples libres , débarrassés de toutes les dominations , à commencer par celle , pesante , insupportable même quand elle s’exprime dans cette période de crise , de ces multinationales et leurs marchés financiers accapareurs et destructeurs des richesses produites par le travail des peuples .

A devenir enfin des peuples libres , libres de coopérer et d’échanger en dehors de toutes contraintes . Une mutualisation par le développement du dialogue entre les civilisations et les cultures .

Libres de ne pas limiter ces nouvelles relations à « ce croupion de l’Asie » , à moins de constater qu’il a ses prolongement derrière l’Oural d’une part , jusqu’au Golfe du Mexique ou des îles du Pacifique et de l’Océan Indien d’autre part .

Lorsque l’on assiste , à la fois médusés et révoltés , à ces désordres mondiaux qui ensauvagent la vie de notre planète dans les concurrences , les affrontements , les guerres , on prend conscience , comme viennent de l’exprimer les peuples de « l’Union » , qu’il est temps , grand temps , de bâtir enfin la civilisation contre l’inhumanité , mondiale et féroce , du capitalisme .

Quand on prend conscience également de l’ampleur généralisée des désastres du productivisme capitaliste , l’accumulation des héritages aux allures de catastrophe, la faim , l’eau , les pollutions , les sous-développements , l’analphabétisme , les accultures , tout cela à l’époque où l’automatisation et l’informatisation annoncent ou confirment une nouvelle révolution des moyens de production en mesure de répondre pour la première fois de l’histoire humaine à tous les besoins matériels , sociaux et culturels des sociétés , on peut penser que la mutualisation , telle qu’elle s’est exprimée le 7 juin dans cette partie de la planète , est une voie pour toute l’humanité .

D’autant qu’elle rejoint ainsi les voies qu’empruntent d’autres peuples dans d’autres continents .

Ce vote a été une mutualisation d’espérances .

A nous tous de savoir les faire vivre contre la coalition de ceux qui souhaitent les enterrer.


Michel Peyret
vendredi 12 juin 2009


(*) Dans ce pays, le vote est obligatoire (note de l'administrateur du blog)

 

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jeudi 4 juin 2009

Bonjour les cabris ! par Bernard Langlois

Européennes : Le Boycott de Bernard Langlois (Politis)

par  Comité Valmy

 

L’interdit gaulliste

Voici revenu le temps des cabris, comme disait le Général, qui avait du vocabulaire et de la verve. C’était entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1965, et il était interrogé sur l’Europe par mon confrère Michel Droit, un gaulliste pur jus, qui ne risquait pas de lui chercher des poux sous le képi. Mais, même en réponse à des questions convenues, c’était toujours un régal d’écouter le vieux chef d’État dans ses numéros de voltige, on n’en dira pas autant de celui d’aujourd’hui. Il s’était donc gaussé des européistes de l’époque en les comparant aux petits de la chèvre : « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !... Mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien… [1] » Le général n’était pas anti-européen. D’abord, il avait été l’un des acteurs essentiels, avec le chancelier Adenauer, de la réconciliation franco-allemande, pierre angulaire indispensable à toute construction européenne. Il disait « prendre le traité de Rome comme il l’avait trouvé [2] », même s’il ne cachait pas qu’il l’aurait négocié autrement. Mais il s’opposait fermement à une Europe supranationale, une fédération bâtie dans la précipitation, de bric et de broc, qui en l’état ne pouvait être que sous tutelle américaine (d’où aussi son opposition à l’entrée de la Grande-Bretagne, qui de l’aveu même de Churchill ferait toujours « le choix du grand large » ; c’est Pompidou qui leva l’interdit gaulliste, en 1973). « Les cabris », pour de Gaulle, étaient donc les chantres d’une Europe province de l’Empire, succursale de l’hypermarché mondial à l’enseigne unique de l’american way of life, agence locale de la Federal Reserve, annexe du Pentagone et base avancée de l’US Army (je caricature à peine). Ils s’incarnaient en Lecanuet et ses partisans centristes.

Fourrier

Eh bien, grâce à l’Angleterre, qui en fut le fourrier, c’est exactement ce qu’elle est devenue, l’Europe. Cette zone de libre-échange, espace marchand sans âme, sans principe, sans projet autre que d’ouvrir toujours de nouveaux rayons, de nouvelles succursales, de nouvelles agences bancaires. Non une Europe des nations « de l’Atlantique à l’Oural », comme la rêvait de Gaulle ; non une Europe des peuples, comme on peut la souhaiter dans l’idéal d’une gauche radicale et internationaliste ; mais une Europe américaine, de Berlin à Vancouver, comme les libéraux s’emploient à la construire dans le secret des cénacles et sous la tutelle des lobbies. Une Europe que, pour ma part, je me refuserai toujours de cautionner, si je suis bien contraint de la subir.

Boutiquier

Mais justement, me dit-on (et certains vieux amis notamment), nous sommes en train de changer tout ça ! Et le levier pour soulever cette chape, le bélier pour forcer cette forteresse – on ne sort pas des comparaisons caprines –, c’est ce Parlement européen pour lequel nous allons voter le 7 juin. Ma parole, ils me prennent pour une chèvre ! Ce Parlement n’a pas de réel pouvoir. Il ne peut rien décider, rien imposer sans l’aval de la Commission, qui elle-même dicte ses lois au Conseil des ministres. Qu’est-ce qu’un Parlement qui se borne à souhaiter, à proposer, à suggérer (respectueusement) à ses maîtres sans jamais pouvoir imposer sa volonté – quand bien même il serait autre chose qu’une palanquée de notables tenus bien au chaud (c’est un sacré bon job, député européen) où les convictions ultralibérales sont ultramajoritaires et où les quelques interventions dignes d’intérêt se noient dans les sables d’une indifférence générale ? C’est un Parlement croupion. Et tant pis si je suis un sot : le sot l’y laisse !

On se passera donc de moi, le 7 juin, au bureau de vote de mon village. Et, si l’on en croit les sondages, je ne serai pas le seul à m’abstenir. Bien le bonjour du vieux bouc, les cabris [3]) !

S’il y avait eu quelque chance de faire émerger une gauche de gauche un peu musclée, regroupant tous ceux qui, de la gauche du PS aux trotskistes en passant par le PC, les écolos conséquents et autres Alternatifs, ont voté « non » au référendum sur le traité constitutionnel, je me serai fait une douce violence – en pensant du reste surtout aux enjeux nationaux : l’unité, enfin, que nous n’avons pas été foutus de faire pour la présidentielle. Même pas ! Les mêmes boutiquiers font boutiques séparées – et je ne veux pas faire de choix entre leurs étalages : de Besancenot et son Nulle Part ailleurs, à Mélenchon enfermé dans son tête-à-tête amoureux avec Buffet (le PC y aura au moins gagné un sursis, avec un orateur), en passant par Bové, qui, dans son alliance avec Cohn-Bendit, semble renier ses engagements de campagne pour le « non » [4], pas un pour racheter l’autre ! Tous ensemble, ils auraient pu faire un joli score : ils seront rivaux dans la déconfiture et compteront leurs élus sur une main sans doigts. Bien fait ! (Et il va de soi que je n’engage que moi…)


Notes [1] Visionner cette intervention (ou juste la petite phrase) sur le site de l’INA : http://www.ina.fr/archivespourtous.

[2] À la différence de Mendès, qui avait voté contre sa ratification, le jugeant d’essence trop libérale et trop peu démocratique.

[3] Je dis bien m’abstenir, et non voter blanc : le seul enjeu de cette élection étant le taux de participation, je ne tiens pas à être comptabilisé parmi les votants. Boycott ! (cf. http://boycott.ouvaton.org/Bienvenu...)

[4] Voir son entretien avec Claude-Marie Vadrot (Politis du 21 mai) : « J’ai voté non au traité constitutionnel, mais je n’ai pas fait campagne. Une campagne très écoutée au nom de vieux principes archéo-souverainistes qui nous ramèneraient au repli identitaire sur l’État-Nation. »

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mardi 2 juin 2009

Lettre ouverte à celles et ceux qui s’apprêtent à aller voter

Elections européennes

 

A grand renfort de tambours et trompettes, gavé-e-s de promesses et de clins d’œil, vous vous apprêtez à aller « remplir votre devoir de citoyen-ne ».

Vous allez, l’espace d’un instant – en glissant l’enveloppe dans l’urne – avoir la sensation de vivre un « orgasme démocratique », croire naïvement que vous participez à une œuvre de salubrité publique, à un grand moment de « vie citoyenne ».

Le bulletin – quelle que soit sa couleur politique – n’est en réalité qu’un passeport de capitulation politique, de démission citoyenne, un « chèque en blanc » pour des politiciens qui se contrefichent de ce que vous pouvez penser, souhaiter, désirer.

Rappelez vous comment la volonté populaire en France concernant le Traité Constitutionnel Européen a été bradée, violée, détournée par les politiciens sans scrupules.

Les prochaines élections européennes sont une nouvelle et ultime humiliation pour les peuples de l’Europe. Tout ce que l’Europe compte de bureaucrates politiques, d’arrivistes, de démagogues, d’assoiffés de pouvoir et de fric, de gestionnaires d’un système qui nous mène au désastre social et écologique, sont entrain de nous mendier une légitimité. On peut d’ailleurs constater que ce sont les mêmes profiteurs qui mangent à tous les râteliers – élections locales, nationales, européennes.

Ils vont venir nous faire pleurer au nom d’un « avenir radieux », au nom des « morts des conflits passés », au nom de la « modernité » (mot « passe partout » instrument de toutes les liquidations des acquis sociaux et politiques) et nous supplier de voter en nous expliquant, la voix chevrotante et la larme à l’œil, que des « hommes et des femmes sont morts pour le droit de vote »… Ben voyons ! …

Pensez vous vraiment que les victimes de la lutte pour la démocratie, la liberté et l’égalité auraient donné leur vie pour le système inégalitaire et mortifère dans lequel nous vivons aujourd’hui ? Pour permettre à des profiteurs de se gaver à nos dépends ? Leur permettre de liquider les services publics, la protection sociale, les retraites qu’ils avaient créés à la Libération ?

Demandez à celles et ceux que vous allez élire qu’elles sont leurs conditions de vie, leurs revenus, leur retraite, leur régime de protection sociale, leurs conditions de déplacement… alors qu’ils restreignent systématiquement les nôtres.

Vous faites partie certainement de cette proportion conséquente de naïfs, d’inconscients qui vont une fois encore se faire piéger. Je me permets d’être franc avec vous, n’ayant aucune prétention politicienne… Par contre celles et ceux pour qui vous allez voter ont la même opinion que moi vous concernant, mais eux vont vous flatter, vous caresser dans le sens du poil, tenter de vous séduire… pour avoir vos voix.

On sait ce que vaut la parole de ces individus.

Cette Europe que tous les politiciens, à quelques nuances près, essayent de nous vendre est une véritable escroquerie politique : un Parlement croupion qui donne l’illusion de la démocratie, une Commission qui fait la « pluie et le beau temps », parfaitement bureaucratique et animée du plus pur esprit du « libéralisme », dont on peut mesurer aujourd’hui les dégâts… le tout sous la dictature de fait des groupes de pressions (lobbys) qui font, eux, réellement, les décisions. Ceci donne par exemple, la « loi sur les étiquetages » qui permet aux industriels toutes les escroqueries sur le prix et le poids,… liberté totale pour les producteurs et distributeurs au détriment du consommateur qui n’a qu’une seule chose à faire : payer.

Plus nous avançons dans le temps, plus la situation sociale et économique se gâte, se durcie, plus les inégalités se creusent, l’environnement se dégrade. Nos enfants et nos petits enfants auront, paradoxalement, un niveau de vie inférieur au notre, n’auront plus de protection sociale, de retraites, ne bénéficieront plus de services publics. Les écoles, les Université, les hôpitaux, seront – ils le sont déjà en partie – livrés à la loi du profit…. Et c’est dans cette Europe que se forge cette liquidation.

Tous les acquis sociaux sont entrain d’être bradés par des politiciens qui nous couvrent de promesses mais n’obéissent, à Bruxelles qu’aux lobbys qui constituent dans la capitale belge la principale activité.

Votre opinion, votre voix ne valent rien, face aux intérêts des lobbys. Elles ne sont que les cautions « démocratiques » d’un système qui s’auto alimente à nos dépends et pour le profit de quelques uns – sachez par exemple que la Reine d’Angleterre, entre autres, touche des subventions agricoles en tant que propriétaire terrienne ( ?).

Tous ces individus n’ont besoin que d’une chose pour assouvir leur soif de pouvoir et assurer leur existence sociale parasitaire : la légitimité populaire. Une fois qu’elle leur est acquise – à force de séduction et de démagogie - ils opèrent à leur guise, en faveur d’un système économique et politique qui, nous le voyons aujourd’hui, nous conduit à la ruine sociale et au désastre écologique.

Ils se bâtissent une carrière politique, grassement rémunérée, tout en nous demandant à nous de nous serrer la ceinture. Eux si prolixes en explications, sont des plus discrets sur leurs revenus, avantages et privilèges.

Bien sûr, de bons apôtres, démocrates à souhait, écologistes plus verts que vert, altermondialistes comme ce n’est pas permis, voire « révolutionnaires » (sic)… vont vous expliquer qu’avec eux ce sera différent … Ben voyons !

Ils vont vous mettre sous le nez des promesses mirifiques, des programmes alléchants, se livrer à des démonstrations aussi brillantes que théoriques, élaborer des scénarios qui seront autant de « planches de salut » pour les pauvres citoyens que nous sommes… et une bonne proportion de naïfs va leur faire, une fois encore, confiance.

Que restera-t-il de tout cela une fois les élections passés ? Rien, rigoureusement rien.

Qu’ont fait les écologistes, les « révolutionnaires » qui ont été élus au Parlement Européen jusqu’à présent ? Rien…. A si, soyons juste, des discours, des déclarations… Mais à regarder où nous en sommes… Rien ,… rigoureusement rien.

Bien sûr, on va vous expliquer que « si vous ne votez pas,… vous votez pour la Droite ». Argument classique, éculé et bien évidemment faux.

1er argument : la Droite vous demande aussi avec insistance de voter ! Donc ….

2e argument : êtes vous vraiment sûr que les Socialistes au Pouvoir c’est mieux… Voyez DSK au FMI et Pascal Lamy à l’OMC… tous deux socialistes.

3e argument : les jeux sont déjà faits. Tout l’arsenal médiatique, idéologique est là pour conditionner et séduire… les résultats, à quelques détails près, sont connus d’avance… On parie à propos du résultat,… et sur les suites ?

4e  argument : les candidats dits « alternatifs » n’ont aucune chance dans ce contexte d’être majoritaires, et même s’ils l’étaient que feraient-ils ? Ils feraient la « révolution » ?… et sur quelle base concrète ? Non, ça n’est pas sérieux… Ils veulent tout simplement faire une carrière et assurer des finances pour leurs organisations.

5e argument : l’expérience du Traité Constitutionnel Européen, rejeté par référendum, mais finalement adopté, suite à une entourloupe anti démocratique, est là pour nous signifier clairement que notre avis n’a aucune importante.

Notre avis ne les intéresse pas, ce qui les intéresse c’est le geste de voter qui donne tout son sens – sa légitimité – à leurs pratiques qui n’ont rien à voir avec nos intérêts.

Certes, l’abstention n’est pas une fin en soi, mais encore faudrait-il que voter ait encore un sens…

Enfin, une forte abstention délégitimera les politiciens, au pouvoir fragilisé, et donnera une légitimité accrue à la désobéissance civique, moyen d’opposition et de résistance qui s’impose de plus en plus.

Ne leur donnons pas ce qu’ils ont besoin pour nous enfoncer encore plus, la légitimité.

Patrick MIGNARD

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lundi 1 juin 2009

Une ambition planétaire

Article paru
le 12 avril 1995 dans "L'Humanité"
et qui pour l'essentiel conserve son actualité et sa pertinence au moment où l'on nous demande de participer "malgré nous" (voir le non au traité constitutionnel ! ) à l'actuelle "construction européenne".

 

Le philosophe Roger Garaudy n’est pas un inconnu pour les lecteurs de « l’Humanité ». Depuis qu’il a été exclu du PCF en 1970, son cheminement singulier, du christianisme à la religion musulmane, n’a pas dévié de la grande route de la libération humaine.

Y a-t-il une constance de principe dans votre appel à voter Robert Hue ?.

Je n’ai aucune hésitation à voter pour Robert Hue par fidélité au marxisme qui, depuis soixante ans, m’aide à comprendre le monde car, en dépit des criailleries, pour ma part, j’avais dit en 1970 que l’Union soviétique n’était pas un pays socialiste, et par conséquent, ce qui s’est effondré avec l’Union soviétique, ce n’est pas le marxisme, c’est sa caricature, comme je l’ai montré dans « Souviens-toi ! Brève histoire de l’Union soviétique » (1). Le marxisme est en effet plus vivant que jamais. Il y a deux grands théoriciens du capitalisme, Adam Smith, prétendant que si chacun poursuit son intérêt personnel, l’intérêt général sera réalisé ; et Karl Marx disant, à partir de la critique de Smith, que le capitalisme créera de grandes richesses, mais aussi d’immenses misères.

On voit aujourd’hui qui avait raison…

Les choses sont claires. Nous vivons dans un monde cassé entre le Nord et le Sud, entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas, au Nord comme au Sud. Les 20% les plus riches de la planète disposent de 83% du revenu mondial ; les 20% les plus pauvres de 1,4%. Le résultat de cette cassure, c’est que 40 millions d’êtres humains meurent chaque année de malnutrition ou de faim. C’est dire que le modèle de croissance de l’Occident coûte au monde l’équivalent d’un Hiroshima tous les deux jours. Dans le monde industrialisé, l’on dépasse les 30 millions de chômeurs. Certains prétendent que la croissance réduira le chômage. Or, la productivité accrue par les sciences et les techniques chasse l’homme de l’entreprise. Là encore, je me sens tout à fait aux côtés de Hue lorsqu’il propose que cette croissance ne profite pas seulement aux propriétaires des moyens de production, mais que la durée du travail soit indexée sur les progrès de productivité.

Cela permettrait-il de s’attaquer au chômage ?

On nous promet, avec l’Europe, un marché de 300 millions de clients, en omettant de dire qu’il s’agit de 300 millions de concurrents sur le marché du travail. Et, là encore, je suis heureux que Hue ait placé la lutte contre Maastricht au centre de sa campagne. Il devient en effet chaque jour plus clair que Maastricht est une cause majeure des malheurs des Français, non seulement des agriculteurs en exigeant des jachères, mais de tous les travailleurs en encourageant, sous prétexte de compétitivité européenne, le nivellement par le bas des conditions de travail (sous le nom de flexibilité), en liquidant toutes nos industries, de l’aviation à l’informatique, en bafouant notre culture par l’invasion du cinéma et de la télévision américains, et en faisant de notre armée les supplétifs des interventions impérialistes.

Rien à espérer, donc, dans le cadre du traité de Maastricht et de ses prolongements ?

Le traité de Maastricht répète à trois reprises que l’Europe ne peut être que le pilier européen de l’Alliance atlantique. Comment donc inverser les actuelles dérives pour résoudre à la fois le problème du chômage, celui de la faim dans le monde et celui de l’immigration qui sont un seul et même problème, comme je l’ai montré dans mon dernier livre « Vers une guerre de religion ? Le débat du siècle » (2), en montrant que ce n’est pas une guerre contre l’islam ni contre le marxisme, mais contre tous ceux pour qui la vie a un sens et pour qui le monde est un, une guerre donc contre cette religion dominante et qui n’ose pas dire son nom, le monothéisme du marché et l’idolâtrie de l’argent. Comme solution concrète et déterminante au problème de chômage, c’est un changement radical de nos rapports avec le tiers-monde. Tant que les trois cinquièmes du monde seront insolvables, subsisteront le chômage, la faim et l’immigration.

Quels remèdes préconisez-vous ?

D’abord l’abolition de la dette. Le mot même est un mensonge. Qui rendra au Pérou les 185.000 kilogrammes d’or qui lui ont été pillés ? Les pays du Sud sont endettés parce que cinq cents ans de colonisation ont déstructuré leurs économies pour en faire des appendices des économies de la métropole. Et, enfin, cette dette est remboursée depuis longtemps. Par exemple : l’Algérie doit 26 milliards de dollars et paie, chaque année, 8 milliards de dollars pour le remboursement du capital et des intérêts. Ensuite, suppression de toute aide aux gouvernements. La France dépense chaque année 40 milliards de francs sous prétexte d’aide au développement ; 95% de cette masse n’est pas de l’aide, elle est absorbée, d’une part par les bénéficiaires comme Mobutu, soit pour acheter des armements contre leur propre peuple, soit pour exporter, comme si c’était leurs biens propres, ceux-ci dans les banques et les paradis fiscaux.

Enfin, des prêts publics ou privés doivent être accordés directement aux organisations de base (coopératives, syndicats ou groupements de producteurs) et pour des projets précis d’utilité publique en priorité pour les régions agraires et l’autosuffisance alimentaire (équipements agricoles, forages de puits, construction de routes, d’écoles…). Là encore, seul le Parti communiste peut transformer ces rapports. Tant que trois milliards d’êtres humains sur cinq demeurent insolvables, il ne s’agit pas de mondialisation, mais d’américanisation et de marchandisation.

Contre les mirages de la croissance aveugle et de l’Europe, l’exigence des reconversions nécessaires peut créer des millions d’emplois et viser ce que Marx considérait comme le but essentiel du socialisme : donner à tous les enfants, à toutes les femmes, à tous les hommes, à quelque civilisation qu’ils appartiennent, les moyens économiques, politiques, culturels de développer pleinement toutes les richesses qu’ils portent en eux.

ARNAUD SPIRE

(1) « Souviens-toi ! Brève histoire de l’Union soviétique ». Editions Le Temps des Cerises, 1994. 128 pages, 80 francs.

(2) « Vers une guerre de religion ? Le débat du siècle ». Préface : Leonardo Boff. Editions Desclée de Brouwer, 1995. 182 pages, 98 francs.

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samedi 30 mai 2009

Pour un vote non-européiste: abstention, blanc ou nul !

UMP_PS_Modem_Verts

Sans entrer dans le détail je veux indiquer que de mon point de vue les intentions de la liste du Front de Gauche, dont je me sens le plus proche, ou de la liste du NPA, ou de la liste Debout la République, n'ont pas les moyens de leur réalisation pratique, que le Parlement européen est et restera un parlement croupion, qu'après ces élections - et quels qu'en soient les résultats, en dépit des fanfaronnades vertes et oranges  - l'Europe restera capitaliste, anti-populaire et vassale économiquement, politiquement, militairement et culturellement des USA (que change l'élection d' Obama, dont l'UMPS fait tant de cas ?). Je ne veux pas cautionner cet état de fait en votant pour une liste quelle qu'elle soit. Par ailleurs, du fait notamment de l'extrême - et lamentable - division des forces de la gauche de gauche, je ne pense pas que cette élection soit l'occasion d'un rassemblement porteur d'avenir. Pour l'instant donc, et en attendant de voir ce qui se passe dans les autres pays, j'ai décidé de recommander - si je puis me permettre de recommander quelque chose - l'abstention ou le vote blanc ou nul. Seul ce type d'expression est actuellement susceptible d'être compris facilement par tous (medias, institutions et simples citoyens) comme résolument non - européiste.

europeamericaine

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http://alainindependant.canalblog.com/archives/2009/03/24/13108210.html
http://alainindependant.canalblog.com/archives/2009/03/03/12776633.html
http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/05/28/9363027.html

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mardi 26 mai 2009

Dans le peuple comme des poissons dans l'eau...

par Michel Peyret


ETRE DANS LE PEUPLE COMME DES POISSONS DANS L'EAU !

La « Longue Marche » est devenue une légende .

En 1911 , l'Empire chinois s'était effondré , une république était née à la présidence de laquelle furent placés Sun Yat-Sen , puis Chiang Kai- shek , tous deux plutôt nationalistes de droite .

Ce fut un temps de chaos . La République était attaquée de l'extérieur par les Japonais , et à l'intérieur , connaissait une guerre civile alimentée par de petits seigneurs locaux et nombre de bandits de grand chemin...Le chaos total !

Dans ce contexte , ou à cause de lui , le parti communiste chinois réussit à prendre pied et à s'installer dans quelques bases , enclaves territoriales , où il promulguait des institutions faites pour le peuple . Cela tout à fait inacceptable pour Chiang-kai- shek qui , en 1936 , lance des troupes nombreuses et aguerries contre ces bases .

LA LONGUE MARCHE

Les partisans communistes entament alors une retraite tourbillonnante qui les conduit à 12000 kilomètres de leur point de départ , dans la Chine du nord-ouest . Pour surmonter les pertes , les difficultés considérables , s'approvisionner , il était essentiel pour cette armée rouge de ménager , et même de séduire les populations des territoires traversés afin d'en obtenir l'aide nécessaire et faire aimer le communisme qu'elle représentait .

Aussi Mao , devenu chef suprême , institue un nouveau style de comportement militaire : il disait que le soldat communiste doit être parmi les populations civiles comme le poisson dans l'eau .

La Longue Marche a été l'épopée fondatrice de la Chine de Mao . Et si la légende embellit toujours l'histoire , il est difficile de dire jusqu'où !

LE PARTI-ETAT .

D'autre pays , y compris la Chine , ont connu d'autres formes de rapports entre les partis communistes , au moins s'affirment-ils comme tels , et les peuples .

Le temps et l'expérience nous ont finalement appris que la préoccupation principale de ces partis ne fait plus , et le pouvait-elle ?, de la séduction pour mieux faire aimer le communisme !

Souvent le « Parti-Etat » , appelé ainsi tant les deux structures étaient étroitement liées dans la direction du pays , s'est substitué au pouvoir du peuple , pouvoir qui là comme ailleurs , est demeuré une fiction . C'est un hyper-étatisme qui y a été établi jusqu'à nier sous différentes formes toute démocratie , tandis que cet étatisme exacerbé exerçait également sa tutelle sur tous les moyens de production et d'échange .

En fait , les partis communistes s'étaient placés en posture d'extériorité par rapport aux peuples à qui ils prétendaient imposer de pseudo-choix scientifiques .

Au nom de Marx et du communisme , ils en imposèrent une caricature , au point que l'un de mes amis estime aujourd'hui devoir parler de « communisme démocratique » , comme si le communisme pouvait ne pas être démocratique ou tout simplement n'être pas !

LE COMMUNISME A-T-IL EXISTE COMME SOCIETE ?

Aussi , avec d'autres communistes de notre temps , j'ai fait le choix motivé de considérer que le communisme n'avait pas existé , au moins en tant que société réalisée ou même en construction .

Il est néanmoins nécessaire de se prémunir contre des apparences qui , souvent , sont trompeuses , ainsi que le reconnaît la sagesse populaire .

Ainsi , Philippe Sollers , en 1976 , n'y allait pas de main-morte :

« Mao a échoué , comme Marx , comme Lénine , comme la Commune de Paris , comme Mai 68 , le paysage de ce point de vue est accablant . Une fois de plus , on part pour l'abolition de l'Etat et on arrive à son renforcement maximal . On part pour l'autodétermination des masses et on arrive à leur anesthésie , à leur manipulation . Il y a là un problème terrible . Des exceptions viennent rétablir la règle : est-ce que l'on peut dire alors que la règle avance ? Peut-être , mais à quel prix ! »

C'est là la négation pour la négation , et elle est mortifère !

Philippe Sollers , en effet , poursuit :

« Je crois que l'humanité reste en proie à la passion religieuse , celle-ci n'est jamais si patente qu'autour du problème de la mort . Quoi de plus simple , en effet , que de refermer l'horizon sur la terreur et le respect sacré du cadavre ? C'est , si vous voulez , une vieille histoire égyptienne... Jamais l'analyse du père mort n'a été autant d'actualité . Il y a , pourrait-on dire, comme une passion nécrophile de l'humanité . C'est la fascination de la lettre qui tue , la lettre morte . Après tout , le Christ aussi , dans sa simplicité grandiose , serait bien étonné s'il pouvait juger du christianisme . »

LE RETOUR DE L'IDEE COMMUNISTE .

Nous ne sommes plus en 1976 ! Mais 33 ans , un tiers de siècle après ! Mais pas encore la longue durée de l'histoire !

Aujourd'hui que le capitalisme est en crise , le retour de l'idée communiste est surtout une façon de répondre à la propagande libérale .

En tout cas , c'est ce que considère Eric Hobsbwam pour qui :

« Le libéralisme a sous-estimé les aspirations et les succès des mouvements communistes . On a voulu les jeter entièrement à la poubelle , en faire de simples excuses pour fonder les goulags. Cette mythologie qui date de la guerre froide n'est pas encore morte . Elle reste très vive par exemple au Parlement européen , où l'on continue de passer des résolutions contre le totalitarisme comme si on était dans les années 60... »

Et Eric Hobsbawm constate :

« Ce n'est 1998-1999 , avec la crise asiatique , que les milieux d'affaires ont commencé à se dire que quelque chose ne marchait plus . Et à redécouvrir Marx . »

Et il évoque un déjeuner avec le spéculateur George Soros durant cette période :

« Il m'avait demandé ce que je pensais de Marx et m'avait fait l'éloge de ses prédictions sur le développement frénétique du capitalisme . C'était le moment où Long Term Capital Management venait de connaître une faillite retentissante . Ce fonds de placement était géré par deux prix Nobel , qui avaient calculé le risque d'un effondrement de leur fonds à une chance sur plusieurs millions... Tout le monde sait qu'il y a toujours des risques . Si Marx intéresse les banquiers n c'est parce qu'il dit que l'essence du capitalisme n'est pas la stabilité , mais la crise . »

Mais pourquoi n'intéresserait-il pas un monde autre que celui des métiers d'affaires , des banquiers et autres capitalistes ? Par exemple ceux qui sont victimes du capitalisme et de sa crise !

SON ANCIENNETE ET SA PUISSANCE .

On ne saurait toutefois réduire Marx et le communisme à ce seul moment de l'histoire !

L'idée communiste , si elle a de l'actualité et de l'opportunité en ces temps , possède aussi de l'ancienneté et donc de la puissance , celle des longs temps des aspirations humaines .

Symboliquement , c'est certainement ce que veut dire Robert Maggiori dans « Politiques » du 23 mai qui titre son article : « Aristophane , premier camarade » et le présente ainsi :

« De la Grèce à Marx , en passant par l'utopie au XVIe siècle , 2500 ans de collectivisme » , et

poursuit :

« Le capitalisme est un bébé , comparé au communisme , âgé de plus de 25 siècle ; Dès que l'on a voulu organiser la vie politique , les hommes ont élaboré des modèles « communistes ». Parfois sur le mode cocasse . On trouve un projet collectiviste dans « L'Assemblée des femmes » d'Aristophane (392 avant J.-C.) . Dans une période de profonde « crise » , à Athènes , les femmes , déguisées en hommes , gagnent la majorité des postesd à l'assemblée du peuple et votent des décrets qui leur assignent la gestion de la chose publique . Les biens , les terres , l'argent , sont mis en commun et partagés en fonction des besoins de  chacun ; Femmes et enfants appartiennent à tous . Déjà dans « Ploutos » , le poète comique avait imaginé une répartition égalitaire des richesses , et ici il pose en termes satiriques que la « sortie de la crise » se fera par un programme ultra-communiste , politique et sexuel . « Il n'est plus question de riches et de pauvres . L'un ne doit plus avoir de trop vastes terrains , pendant que l'indigent n'a pas assez d'argent pour se faire enterrer . Il n'est plus question que l'un soit servi par trois mille serviteurs alors que l'autre doit compter sur son labeur . »

Robert Maggiori énumère les différentes formes historiques de cet idéal communiste .

Les premières communautés chrétiennes : « Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun . Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens , pour en partager le prix entre tous , selon les besoins de chacun (Actes des apôtres – 2 , 44-45 ) .

Les deux grandes oeuvres de Thomas More ( Utopie , 1516 ) et de Tommaso Campanella ( La cité du Soleil , 1602 ) où la société communiste trouve sa description la plus fantastique...

Les anarchismes et socialismes utopiques : Fourier , Etienne Cabet , François-Noël Babeuf , Henri de Saint-Simon , Auguste Blanqui , Choiseul...

Et Marx...

POURQUOI LE COMMUNISME A PLUS DE POIDS QUE LE CAPITALISME.

Nulle part , dit Robert Maggiori , une telle société n'a été construite...

Parce que jamais , comme je l'ai déjà indiqué , deux pans essentiels de la projection de Marx n'ont été mis en oeuvre : la fin de la propriété privée par l'appropriation sociale et non par l'étatisation-nationalisation , le dépérissement de l'Etat et non par l'hypertrophie étatique …

« Mais on voit pourquoi , conclut Robert Maggiori , comme idéal , comme valeur , le communisme a plus de poids que le capitalisme ; Aussi loin qu'on le pousse , le capitalisme , comme son nom l'indique , a toujours affaire à des capitalisations , des avoirs , des « choses » , des échanges marchands – rien d'humain . Alors que le communisme , si l'on s'en tient à son nom , appelle à ce que les hommes mettent en commun , pour être plus riches , en savoir , en intelligence , en affects , en possibilités , en « être » , en humanité .

Comme le dit mon ami Pierre , « Maintenant la ressource humaine . »

Il poursuit :

« Les rapports sociaux sont l'essence de l'humain .

En économie , ce sont les échanges qui déterminent la vie économique et son développement . Lorsque les moyens de production augmentent la quantité des produits , si l'augmentation de la quantité des échanges n'est pas «  proportionnelle » , il y a crise .

« Lorsque l'on introduit l'automation dans la grande production , mais aussi une gestion cybernétique mondialisée , morcelée , sans rapport cohérent à l'ensemble , et que cela ne s'accompagne pas de la même explosion des échanges , il y a des déséquilibres qui entraînent des chutes ou plutôt une chute généralisée .

« Il en est de même de tous les rapports sociaux , qu'ils soient économiques , culturels , ludiques , psychologiques , etc... Il est d'ailleurs absurde de leur imaginer des frontières étanches . Ils sont intriqués , ils constituent une unité d'activités , pour l'individu comme pour la communauté humaine .

« Tous les échanges , de quelque sorte qu'ils soient , subissent et subiront donc cet effet de chute .

« C'est en ce sens que la mise en commun , si elle donne les moyens de mettre en correspondance les moyens de production et le mode de production , contient le remède réaliste de résolution de cette équation .

« Ce n'est donc pas au seul nom de l'utopie... mais au nom du réalisme qu'il nous faut revendiquer la transformation par cette mise en commun dans la société ... »

LA MISE EN COMMUN MAINTENANT !

Cette mise en commun , ce n'est pas seulement pour demain , les luttes et les votes d'aujourd'hui en sont aussi un laboratoire .

Dans sa longue marche , le peuple français a déjà construit une mise en commun considérable . Elle n'est plus le nouveau-né qui , ce jour , verrait la lumière . Il hérite de toute l'histoire humaine , bien avant celle qui permettait l'existence et l'oeuvre du camarade Aristophane , près de ce « croissant fertile » qui vit la naissance conjuguée de l'agriculture et du langage , de ces terres aussi où naquirent également les trois religions monothéistes se réclamant du même dieu .

Le peuple français a lui aussi apporté , dans les prolongements de ces temps , sa pierre à la construction de cette mise en commun , dans les contradictions et les obstacles de toutes sortes

LA PROCHAINE ETAPE

Une des prochaines étapes est le 7 juin .

Et ce n'est pas dans la simplicité qu'elle se présente !

Ni dans un désert absent de toute expérience et même de victoires !

J'ai dit dans d'autres articles les vois de ce cheminement .

Depuis plusieurs décennies ces voies ont aussi été celles de la lutte contre ce qui est une caricature du beau nom dont on l'a baptisé , l'Union européenne , en fait un super-Etat européen dont on considère mal les frontières , en fait un super-carcan pour museler les peuples européens .

Des victoires récentes ont été remportées .

En 2004 , à l'occasion des précédentes élections du Parlement européen , l'abstention a triomphé partout contre la totalité des forces politiques qui présentaient des candidats .

En mai 2005 , dans le prolongement de 2004 , c'est aussi le NON au TCE qui l'emportait contre la quasi-totalité des partis , des médias , qui appelaient à voter OUI .

C'est dans ces victoires , dans leurs contenus politiques et humains , dans leurs significations profondes , que peut se construire la mise en commun de notre temps pour des objectifs transformateurs de notre société malade de trop de capitalisme et de trop d'étatisme et de super-étatisme .

En tout cas , ce n'est pas en s'opposant , en combattant cette mise en commun que les forces politiques vont redorer leur blason .

Ce n'est pas non plus en considérant comme nulles et non-avenues les conséquences de ces victoires que le lien va se renouer entre ce peuple entré en rébellion et ces forces politiques ;

D'autant que la négation des résultats a pris un caractère particulier : nier le résultat d'élections qui se sont déroulées démocratiquement , c'est une négation officielle de la démocratie .

A plus forte raison quand l'enjeu était l'existence même de l'Etat européen , très abusivement nommé « Union européenne » . Le projet de traité constitutionnel qui était soumis au peuple français reprenait , et il ne pouvait pas ne pas le faire , l'ensemble des traités européens depuis le traité fondateur de Rome .

UN DOUBLE COUP D'ETAT .

C'est donc l'ensemble des traités constitutifs de cet Etat européen qui ont été annulés et , de ce fait cet Etat n'existe plus , et à plus forte raison son Parlement . Les traités antérieurs qui demeurent valables sont ceux antérieurs au traité& de Rome lui-même .

La constitutionnaliste Anne-Marie Le Pourhiet persiste et signe :

« La relance par voie parlementaire du processus constitutionnel européen malgré le NON référendaire relève du double  « coup d'Etat » , à la fois formel et matériel .

« On ne peut pas nier que le fait de bafouer la volonté populaire et de chercher à tromper les citoyens en leur présentant comme un traité « simplifié » la copie conforme de celui qu'ils ont rejeté , constitue un manquement grave aux devoirs d'un chef d'Etat démocratique manifestement incompatible avec la probité qu'implique son mandat . »

Et comment considérer tous ceux qui en appelant à voter aujourd'hui pour l'élection du Parlement européen apportent leur caution à ce double coup d'Etat ?

Ce faisant , en s'opposant à la majorité souveraine du peuple exprimée démocratiquement et légalement , le moins que l'on puisse en penser est qu'ils ne créent pas les meilleures conditions pour concrétiser la mise en commun possible avec la majorité exprimée à l'occasion de ces différents scrutins .

C'est certainement là le plus grand dol de ce moment en rupture totale avec une stratégie qui s'assignerait comme objectif le rassemblement le plus large du peuple pour une transformation révolutionnaire de la société .

C' »st un positionnement opportuniste ignorant les avancées réalisées par le peuple lui-même tout au long du parcours de cette marche qui ne l'est pas moins .

C'est aussi le retour dans les faits aux pratiques qui furent celles responsables de l'échec de la forme de société qui s'était érigée dans les pays dits « socialistes »

J'ai maintenant la certitude de ce que l'abstention sera de nouveau majoritaire lors de ce scrutin du 7 juin , au moins en France .

Et aucune force politique organisée ne sera avec cette majorité du peuple pour travailler à la mise en commun qu'elle devrait permettre .

Cela souligne l'urgence de cette phrase qui porte la solidarité internationale des peuples :

« Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !

« Décrétons le salut commun ! »

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samedi 23 mai 2009

J. P. Chevènement pour un vote blanc ou nul

 

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement Républicain et Citoyen:

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen ne prend pas part à la campagne des élections européennes. Il préconise, le 7 juin prochain, un vote blanc ou nul à ces élections européennes.

Pourquoi ?

Cette élection à un Parlement-fantôme est un trompe l’œil. Dans cette enceinte où 770 soi-disant députés inconnus de leurs électeurs peuvent s’exprimer trois minutes chacun, en usant de l’une des vingt-deux langues officielles reconnues, aucune volonté générale ne peut bien évidemment s’exprimer.

M. Sarkozy, à Nîmes, a parlé de politique de change volontariste, de protection communautaire et de politique industrielle commune, mais il sait très bien que le texte du traité de Lisbonne qu’il a fait adopter, l’en empêchera. La même schizophrénie – pour ne pas dire hypocrisie - frappe le Parti socialiste qui a approuvé lui aussi le traité de Lisbonne. D’ores et déjà MM. Brown et Zapatero ont fait savoir que les députés travaillistes anglais et ceux du PSOE espagnol soutiendraient le candidat libéral à la présidence de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso. Cette élection est vide de contenu.

Ni le NPA de M. Besancenot ni le « Front de gauche » ne proposent de stratégie de redressement crédible. L’un ne veut pas venir au pouvoir. L’autre méconnaît le ressort que peut constituer l’exercice de la souveraineté nationale, c’est-à-dire de la démocratie, dans une Europe qui est faite d’une trentaine de nations.

C’est sur celles-ci qu’il faudra s’appuyer pour redresser une construction européenne que le dogme libéral et le mythe d’un peuple européen inexistant vouent à l’impuissance. Le Mouvement républicain et citoyen appelle au vote blanc ou nul de préférence à l’abstention : le peuple français, en effet, ne doit pas laisser bafouer la volonté qu’il a démocratiquement exprimée le 29 mai 2005.

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jeudi 7 mai 2009

Leur Europe, non merci !

Au sommaire du nouveau titre de la presse alternative nationale, le FAKIR http://www.fakirpresse.info/frontoffice/main.php?rub=accueil.php:

bandeau
Journal d'enquête sociale - Fakir n'est lié à aucun parti, aucun syndicat, aucune institution. Il est faché avec tout le monde ou presque

Portrait
Jacques Delors : l'homme des firmes Les « lobbies », on croirait qu'ils se cachent sous les tapis. Pour mesurer leur influence, il suffit pourtant d'écouter Jacques Delors, l'ancien président (socialiste) de la Commission. Très fier d'avoir bâti l'Europe main dans la main avec les patrons...

Histoire
Communauté Européenne : le « monstre » de la CIA ? L'Europe serait née de la « volonté des peuples », « fruit de la démocratie » : c'est la version aseptisée d'aujourd'hui. Mais à l'époque, aux yeux d'un de Gaulle, d'un Mendès France et jusqu'au cinéma, les ficelles apparaissaient plus grosses : trusts, USA, CIA.

Reportage
La démocratie des lobbies. Puisqu'on va l'élire, on a décidé de faire un tour au Parlement européen. A Bruxelles. Mais dès l'entrée, un détail nous a arrêtés : « EAP. Society of european affairs professionnals. » Derrière ce sigle, se cachent Mac Donalds, Unilever, Carrefour and Co. Dont la marque est gravée dans le cœur démocratique de l'Europe...

Entretien
Pour un protectionnisme européen Vous ne le lirez pas ailleurs : le professeur Maurice Allais, seul Prix Nobel français d'économie, est privé de médias. Et pourquoi ? Parce que, hier libéral, adversaire du communisme, hostile à l'étatisme, partisan d'une Europe fédérale, il réclame aujourd'hui une autre Europe : qui protège ses travailleurs contre le dumping social.

Optimisme :
L'Europe par le haut : tous privilégiés ! Dressons la carte européenne des « privilèges » : en Belgique, les intermittents du spectacle ont un statut à vie, en Roumanie les femmes partent à la retraite à 58 ans, au Danemark les étudiants perçoivent un revenu... Plutôt que de saper les acquis, importons les avantages sociaux !

Région :
Vos candidats au bazooka Qui sont les candidats, dans votre coin ? Ont-il milité pour le « oui » ou pour le « non » en 2005 ? Ont-ils soutenu le Traité de Lisbonne ? Fricotent-ils avec les lobbys ? Revue de détail.

Et encore plein de surprises sur l'Europe forteresse, sur l'écologie, sur les maîtres chanteurs, sur la Cour européenne de justice, sur le parler technocrate, etc.

L'équipe de Fakir

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dimanche 29 mars 2009

Avec Marx, "brisons" l'état européen !, par Michel Peyret

Je ne cesse de le dire : tous ceux qui veulent changer la société et le monde ne peuvent faire l'impasse d'un retour à la lecture de Marx ou de sa découverte . Et , aujourd'hui , alors que montent à nouveau les luttes populaires sur des aspects essentiels de la vie , voire de la survie ,
l'intérêt constaté par les libraires des jeunes vers l'achat des oeuvres de Marx est tout à fait significatif .

REVENIR A MARX

Revenir à Marx , c'est constater que des pans entiers de cette oeuvre , et certainement parmi les plus essentiels , n'ont connu aucune application concrète par les régimes qui se disaient , ou se voulaient , communistes . Ainsi les étatisations qui se sont substituées à la propriété privée des grands moyens de production et d'échanges ont confisqué le pouvoir induit par la propriété au profit d'un hyperétatisme castrateur de toute démocratie , de tout pouvoir réel au peuple .
Pourtant les textes de Marx de la fin avril et de mai 1871 , c'est-à-dire ses écrits pendant la Commune elle-même , sont-ils le reflet puissant de ses fortes réflexions sur l'Etat issues du vif d'une non moins forte , et même tragique expérience , de celles qui permettent de saisir jusqu'à l'essence même des phénomènes qui peuvent être masqués ou estompés dans les périodes où la lutte des classes ne prend pas ce caractère d'acuité et de transparence , un peu à la façon dont les caractéristiques profondes du capitalisme apparaissent en toute clarté dans la crise qu'il connait aujourd'hui .

LA COMMUNE , L'ANTITHESE DU POUVOIR D'ETAT

Pour Marx , la Commune est l'antithèse du pouvoir d'Etat :
« Ce pouvoir d'Etat est , en fait , la création de la bourgeoisie ; il fut l'instrument qui servit d'abord à briser le féodalisme , puis à écraser les aspirations des producteurs , de la classe ouvrière vers leur émancipation . Toutes les réactions et toutes les révolutions n'avaient servi qu'à transférer ce pouvoir organisé – cette force organisée pour maintenir en esclavage le travail – d'une main à une autre , d'une fraction des classes dominantes à une autre . Il avait été pour les classes dominantes un moyen d'asservissement et de lucre . Il avait puisé des forces nouvelles dans chaque changement nouveau . Il avait servi d'instrument pour briser tout soulèvement populaire , pour écraser les classes laborieuses après qu'elles eurent combattu et reçu l'ordre d'assurer le transfert de ce pouvoir d'un groupe de ses oppresseurs à un autre groupe . Ce ne fut donc pas une révolution contre telle ou telle forme de pouvoir d'Etat , légitimiste , constitutionnelle , républicaine ou impériale . Ce fut une révolution contre l'Etat lui-même , cet avorton surnaturel de la société : ce fut la reprise par le peuple et pour le peuple de sa propre vie sociale . Ce ne fut pas une révolution faite pour transférer ce pouvoir d'une fraction des classes dominantes à une autre , mais une révolution pour briser cet horrible appareil même de la domination de classe . »

EN 1918 , LENINE VEUT AUSSI BRISER L'ETAT

En 1918 , c'est encore cette thèse que l'on entend chez Lénine . Réfutant Vandervelde et Kautsky , il les accuse de citer de Marx et Engels tout ce qu'on veut , sauf ce qui est absolument inacceptable pour la bourgeoisie , ce qui distingue le révolutionnaire du réformisme :
« Tout ce que l'on veut en ce qui concerne la conquête du pouvoir politique par le prolétariat puisque pratiquement la chose est déjà confirmée dans un cadre uniquement parlementaire Que Marx et Engels aient jugé nécessaire , après l'expérience de la Commune , de compléter le Manifeste communiste partiellement vieilli par l'explication de cette vérité que la classe ouvrière ne peut pas simplement s'emparer de la machine d'Etat toute prête , qu'elle doit la démolir , là-dessus pas le moindre mot ! Vandervelde , de même que Kautsky , comme s'ils s'étaient entendus , passe sous silence absolu ce qu'il y a justement de plus essentiel dans l'expérience de la révolution prolétarienne , ce qui distingue justement la révolution prolétarienne des réformes bourgeoises . »

EN MAI 2005 LE PEUPLE FRANCAIS A DIT NON A L'ETAT EUROPEN

Le 29 mai 2005 , à sa façon , le peuple français faisait une sorte de révolution ! Il disait NON au Traité constitutionnel européen qui aurait couronné la création et l'existence d'un véritable Etat européen ! Nous étions bien là dans les prolongements , tout à la fois concrets et théoriques , des enseignements que Marx avait tiré de l'expérience de la Commune ! Par son vote souverain , le peuple français « brisait » bien le processus de construction de cet Etat européen ! Il fallait à nouveau tirer tous les enseignements de cette décision souveraine d'une importance capitale !
Pour leur part , le lendemain , le 30 mai 2005 , Alain Bocquet , Francis Wurtz , Marie-George Buffet , Nicole Borvo , dirigeants du PCF et dotés de mandats électoraux, s'adressaient en ce sens au Président de la République :
« Le peuple a rendu ce dimanche un verdict sans appel dans les urnes . A l'occasion du référendum , il a rejeté le traité établissant une Constitution pour l'Europe qui lui était soumis.
« En conséquence , il apparaît nécessaire que vous retiriez votre signature , engageant la France sous réserve de ratification , au bas de ce document .
« Vous avez dit vouloir « tenir compte » de l'expression de la souveraineté populaire . Le premier geste à faire , symboliquement , nous semble être celui-ci . »

LES TRAITES SONT FORCLOS

Ainsi donc , dans la plus grande clarté , ces dirigeants du PCF prenaient acte de ce que cette mouture du Traité constitutionnel était rejetée par le peuple français , qu'elle n'avait donc plus aucune légalité . Le Traité était forclos , et ce d'autant que le peuple hollandais prononçait le même verdict !
On connait les tribulations politiciennes qui conduisirent les instances dirigeantes européennes , y compris françaises à s'asseoir sur la volonté démocratiquement exprimée par les peuples français et hollandais , et à s'orienter vers une nouvelle mouture , copie conforme de la précédente , celle du Traité de Lisbonne , laquelle bien évidemment devrait éviter d'être confrontée à nouveau à des référendums et seulement soumise aux parlements nationaux bien plus dociles et favorables que leurs peuples à la poursuite de la construction de l'Etat européen . Bref , un véritable déni de démocratie !
Ce mode parlementaire de ratification n'était pas , hélas pour les porteurs du projet , possible en Irlande où le recours au référendum était légalement obligatoire pour ce faire . Las , le vote majoritaire des Irlandais en faveur du NON au Traité de Lisbonne remettait à nouveau tout en question !

Le 13 juin 2008 , le PCF donnait son opinion . Le peuple irlandais
« a su par son vote rejeter la mise en concurrence effrénée des salariés , la pression sur les dépenses publiques et les salaires , le sacrifice des services publics , LA MILITARISATION DE L'UNION EUROPEENNE...Le NON irlandais est porteur de la promesse d'un nouvel avenir pour l'Europe . Engageons-nous dans cette voie . »
Cependant , pour ce faire , le PCF devait constater que le Traité de Lisbonne était mort-né :
« La présidence française qui s'ouvre dans quelques jours doit proposer d'arrêter le processus de ratification et d'engager l'élaboration d'un nouveau traité fondateur de l'Union européenne sur de tout autres bases et dans de toutes autres formes , rompant avec celles qui la conduisent de crise en crise . »
Pour ma part , je ne suis pas pour un nouveau Traité de Rome mais je prends note de ce que en juin 2008 le PCF reconnaît alors qu'avec le NON irlandais au Traité de Lisbonne , c'est l' ensemble des traités constitutifs de ladite « Union européenne » qui n'ont plus de valeur légale ! Bref , l'Union européenne , en fait l'Etat européen , n'existe plus !

DES REVOLUTIONNAIRES FATIGUES

En ce début de printemps 2009 , les temps apparaissent avoir changé ! Les révolutionnaires fatigués d'aujourd'hui – mais sont-ils même encore révolutionnaires – n'ont plus d'ambition forte face aux tenants de l'Europe du capital , face à cet Etat europén nouveau carcan des peuples du continent .
Ainsi acceptent-ils aujourd'hui de considérer comme valables et existantes des structures de cet Etat européen , tel le Parlement européen , qui ne sont pourtant que l'application des traités reconnus n'avoir plus de légitimité de par la souveraineté des peuples !
Ainsi acceptent-ils d'apporter leur caution aux viols renouvelés perpétrés à l'encontre de la volonté des peuples !

NE PAS ACCEPTER LE VIOL DES PEUPLES

D'autres que moi l'ont également dit , et l'ont dit sans ambiguïté , tel Jacques Nikonoff , ancien Président d'ATTAC (*) :

« Il faut que toute la gauche s'y fasse et le reconnaisse , l'Union européenne n'est pas un cadre aménageable . Elle est à déconstruire pour que les peuples réapprennent à disposer d'eux-mêmes tout en retrouvant les voies de la solidarité internationale . L'idée même d'une « autre Europe » est devenue obsolète dès lors que l'oligarchie rejette la démocratie . Elle est en train de bâillonner les peuples d'Europe , elle est un garot , un noeud coulant qui étouffe l'espoir Cette Europe ne sera jamais sociale , ni démocratique , ni féministe , ni écologiste...
« Sortir de l'Union européenne n'est pas une stratégie seulement applicable à la France . Nous considérons que tous les pays doivent sortir de ce système monstrueux...pour rebâtir des coopérations entre pays européens , sur les décombres de l'eurolibéralisme ! C'est tout le contraire du nationalisme... c'est une démarche internationaliste ... »

Et Jacques Nikonoff de citer Jean Jaurès dans « L'armée nouvelle » :

« Ce qui est certain , c'est que la volonté irréductible de l'Internationale est qu'aucune patrie n'ait à souffrir dans son autonomie... C'est dans l'Internationale que l'indépendance des nations a sa plus haute garantie ; c'est dans les nations indépendantes que l'Internationale a ses organes les plus puissants et les plus nobles . On pourrait presque dire : un peu d'internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d'internationalisme y ramène . Un peu de patriotisme éloigne de l'Internationale ; beaucoup de patriotisme y ramène . »

Michel PEYRET
27 mars 2009

(*) et actuel dirigeant du MPEP (Mouvement Politique d'Education Populaire) qui rejoint le Front de gauche pour les élections européennes. [Note de Alaindependant]

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