Redéfinir les rapports droite gauche ?
Peut on redéfinir les rapports droite gauche ?
Publié le 17 décembre 2010 par Marx
La question se pose, doit on et faut il redéfinir ces rapports qui
conditionnent les désistements pour le second tour de chaque élection.
Le désistement « républicain » a pour origine le combat des républicains contre les monarchistes. Face à ses derniers, un
front républicain se constituait au second tour.
Nous ne sommes plus dans le même cas de figure. Les monarchistes ont laissé
place aux capitalistes et à la grande bourgeoisie, nouvelle aristocratie
de l’argent. La gauche qui selon la première
définition représente les défenseurs de l’intérêt collectif et
public face à la droite qui représente l’intérêt particulier et privé.
Là aussi c’est une configuration qui n’existe pas réellement de nos jours ou qui est très largement modifiée. La ligne de
fracture actuelle passe entre les partisans du néo libéralisme et le
maintien du système capitaliste et ceux qui y sont opposés, au nom du critère originel qui définit ce qu’est la gauche.
Les radicaux et radicaux socialistes dès le 19ième siècle ne se
proposent pas de changer les rapports de production mais ils
s’inscrivent dans le combat républicain et laïque et pour le progrès social. L’école, la laïcité, la démocratie parlementaire, les
premières lois sur les retraites ouvrières, autant de mesures qui
participent à plus d’égalité de liberté et de fraternité. Ces réformes sont progressistes et participent à l’amélioration de vie
et d’existence des travailleurs et de l’ensemble de la population. Il y a
bien des points sombres, certes mais nous sommes encore dans la définition de la gauche. Ce n’est pas le socialisme
mais une des expressions de l’intérêt public. Naturellement les radicaux
se trouvent dans tous les fronts républicains et partie prenante de la « discipline républicaine ».
Il y a eu quelques entorses à la discipline républicaine, après le cartel des
gauches, l’aile de la SFIO pousse la direction du PS à la conditionner
avant même le premier tour, sur la base de propositions programmatiques minimales car il ne s’agit pas de laisser les
radicaux faire « n’importe quoi » en prenant des mesures anti
populaires. Ce fut d’ailleurs salutaire face à un glissement droitier des différents « cabinets » dominés par les radicaux. Ces derniers
sont d’ailleurs composés de plusieurs tendances parfois particulièrement
antagonistes.
La discipline républicaine est également mise à mal pendant la stratégie "«
classe contre classe » défendue par le PCF et initiée par Staline. C’est ensuite avec la stratégie de Front Populaire que
la discipline républicaine reprend du service, avec l’appui sans
participation au gouvernement de Léon Blum. Les différents Partis de
gauche de cette époque, la SFIO et le PCF sont des partis de classe et de transformation sociale et résolument anti capitalistes.
Des instruments de la lutte des classes, quoi que l’on puisse penser de
l’un ou de l’autre. Le Parti Radical n’est pas un Parti de lutte des classes, malgré la résolution du Congrès de
Bordeaux de 1933. Résolution qui fera débat entre Blum et Herriot ,de
manière assez vive, (On sait ce que parler veut dire à l’adresse de Blum et celui ci répliquera par la dictature du
prolétariat, dans son entretien avec le journaliste Georges Suarez).
Malgré tout le Parti Radical est dans la plupart des mouvements
progressistes et participe à la plupart des grandes réformes
républicaines et sociales.
Nous ne sommes pas dans le même cas de figure, le néo libéralisme,
expression du capitalisme moderne a largement débordé le camp de la
droite, politiquement et idéologiquement, pour « coloniser » une partie de la gauche. L’idéologie dominante a gagné du terrain
jusque dans le camp de ceux qui sont sensés la combattre. La ligne de
fracture est ainsi déplacée, comme d’ailleurs le faisait remarquer un grand dirigeant socialiste, Jean Poperen.
Il y a d’abord , le terrain des idées et ensuite celui de la pratique. Or
avec le gouvernement Jospin, la pratique, c’est les privatisations et le
recul sur tous les thèmes traditionnels de la gauche, services publics , école, santé et les quelques points « positifs »
ne sont pas de nature à effacer le pire de cette politique. Le PS ne
fait même plus ce que les vieux radicaux faisaient et en opposition avec les grandes conquêtes. Or « ceux qui ne peuvent ou
ne veulent défendre les vieilles conquêtes, n’en feront pas de nouvelles
! ». Toute la problématique est là car tous ceux qui refusent d’avancer se posent souvent en réaction au progrès. La
gauche par définition c’est de pousser plus en avant les grandes
conquêtes et non de les sacrifier sur l’autel des profits. Si la gauche c’est aussi la réforme, ce n’est en aucun cas la contre
réforme et le débat pour la définir n’est plus réformistes contre
révolutionnaires mais bien réforme face à la contre réforme. Le débat entre révolution et réforme est un débat interne à la gauche
mais qui ne détermine pas à lui seul la ligne de fracture droite gauche,
ni celle de la lutte des classes.
Le néo libéralisme est ainsi le critère actuel de la droite face à
la gauche révolutionnaire et réformiste. Dès lors comment, à
l’expérience de la pratique, ne pas être tenté de redéfinir ses nouveaux rapports entre la droite et la gauche, avec d’un côté
ceux qui pratiquent des politiques néo libérales et ceux qui y ont
opposés. Le problème n’est pas simplement français, il se pose à peu près partout en Europe, notamment en Grèce, en Espagne,
au Portugal et en Irlande à la lumière des événements actuels. Ces
Partis socialistes et sociaux démocrates défendent le système actuel, ne défendent plus les acquis et appliquent des politiques
sous la pression des organismes les plus libéraux et les plus
réactionnaires et sans la moindre rébellion. Il n’est plus question de réformes allant dans le sens de l’amélioration de la condition
salariale et du renforcement des politiques publiques, c’est l’inverse
comme le ferait et le fait par ailleurs tous les autres gouvernements de droite. Tout est sacrifié, secteur nationalisé
comme le secteur socialisé et tout est offert à la recherche maximum du
profit. Le vieux Parti Radical malgré toutes les divergences avec le mouvement ouvrier n’est jamais allé aussi loin
et loin s’en faut.
Les programmes sociaux de la droite et des sociaux libéraux, n’est autre
que le contenu de la doctrine sociale de l’église et il y a là aussi
rupture idéologique avec la gauche traditionnelle et y compris avec le radicalisme républicain. La doctrine sociale de
l’église a toujours été considérée par toute la gauche comme une
doctrine de droite, vecteur idéologique entre autre du national catholicisme et du fascisme et pivot de la démocratie chrétienne.
Cela explique partiellement l’abandon des références laïques d’une
certaine gauche actuelle. A la fracture sociale vient s’ajouter, ou l’inverse, la fracture idéologique. Le meilleur
représentant du christianisme social, le Comte Albert de Mun siégeait à
droite. Il y a eu pendant une période, avec la « deuxième gauche » une représentation de cette idéologie, vers la gauche,
circonstanciée par les trente glorieuses et le recul de la SFIO sur ses
fondamentaux et l’idéologie dominante à gauche d’un PCF dominé par le stalinisme.
La « discipline républicaine » n’a pas été selon les époques d’un
automatisme à toute épreuve, loin de là. Les frictions entre socialistes
et communistes ont été nombreuses , y compris quand les uns et les autres se réclamaient du marxisme. C’est à partir du Congrès
d’Epinay et de l’union de la gauche que les uns et les autres car
objectif oblige renouent avec la discipline républicaine et non sans remous de la part d’une partie des bases et d’électeurs
respectifs. Il y a le programme commun et le PS , le PCF et le MRG , la
vieille gauche ensemble sur un accord programmatique et de rupture avec le capitalisme. Nous n’en sommes plus là et depuis 1983
et le tournant de la rigueur, le système n’est plus remis en cause et
les contre réformes néo libérales sont conduites par la droite comme par une partie de la gauche. L’aristocratie financière
trouve aussi des appuis et des gestionnaires zélés à gauche. Alors que
peut bien signifier la discipline républicaine pour ceux qui la vendent à la découpe aux milieux financiers et à la «
monarchie capitaliste ».
La candidature ou la non candidature de DSK soulève la question. Est il
de gauche ou de droite ? Dans le même temps de nombreux dirigeants du
PS repoussent d’un revers de main toute discussion et tout accord éventuel avec le NPA, LO ou le PT, en y collant le
qualificatif de « gauchiste », refusent de répondre pour un éventuel
désistement en faveur de Mélenchon, si d’aventure celui ci arrivait en tête en 2012. Les mêmes se tournent vers le Modem qui
pourtant n’a jamais été un partenaire de la discipline républicaine. Ils
sont donc les partisan d’une discipline républicaine à sens unique et à leur seul bénéfice en écartant toute autre
possibilité dans le sens inverse. De fait ce n’est plus la « discipline
républicaine » mais l’expression d’un profond mépris de celui qui se croit en position de force pour l’éternité et pour qui les
autres ne peuvent que représenter une force d’appoint. Le FN représente
une menace pour la République mais nous n’y trompons pas, le néo libéralisme également . C’est ce que l’on constate à
l’épreuve des faits puisque c’est la remise en cause systématique de
toutes les avancées républicaines et sociales depuis l’interdiction du travail de nuit, la loi de 1905, de 1901, du Front
populaire et de la libération. Tout y passe avec un contenu idéologique
plus proche de Pétain que des républicains les plus modérés. Même Guy Mollet fourvoyé était un républicain. Ce terme de
républicain est incompatible avec le neo libéralisme, la mondialisation
capitaliste n’est pas l’avenir de la démocratie, au contraire elle en est la fin. Si le néo libéralisme n’est pas la
gauche, si il ne signifie pas la République, que devient la discipline
républicaine. Elle risque de prendre du plomb dans l’aile
lorsque l’organisation la plus importante refuse de l’assumer en
exigeant aux plus petites de la prendre en charge, sans endosser de
responsabilité. C’est le risque avec DSK, entre autre, dont on sait que quelque soit le programme ou le projet du PS, son candidat
quel qu’il soit aura le sien et indépendamment de tout le reste. Avec
DSK, c’est une certitude, la gauche et la République aura tout ce qu’elle ne veut pas . Il y a avis de tempête sur la
discipline républicaine si l’on n’en redéfinie pas les contours à la
lumière des positions actuelles.
La démocratie ! Pas les présidentielles !
Merci de signer et de faire signer ce
texte : NOUS VOULONS LA DEMOCRATIE, PAS LES
PRESIDENTIELLES! Nombre d'entre-nous parmi les plus âgés
ont, en 1958 et en 1962, répondu à l'appel du PCF et ont dit NON lors des
référendums qui visaient à faire avaliser les institutions de la 5ème
République, dont l'élection du Président de la République au suffrage
universel. En matière de coup d'Etat, la continuité,
comme en d'autres domaines, est bien assurée! Depuis 2005, à la faveur des institutions
maintenues, en permanence des décisions contraires aux intérêts du peuple ont
été prises. Les gérants de « droite » et de
« gauche » du capitalisme prennent peur. Ce système a fait son temps. NOUS, SOUS-SIGNES, EXIGEONS QUE LE DEBAT
NATIONAL SOIT ENGAGE SUR CES IDEES: Adresser nom, prénom, qualités...à michel.peyret@gmail.com
( projet de texte )
Pour eux, il s'agissait de dire NON à
l'instauration d'un pouvoir personnel au service de la classe
capitaliste.
D'autres disaient que ces institutions
visaient à installer une sorte de monarchie élective.
Et rappelons-nous de celui qui parlait de
« coup d'Etat permanent ».
En 2005, le peuple français a
majoritairement récusé les institutions européennes regroupées dans le
TCE.
La majorité des forces politiques a ignoré
ce vote, l'a en quelque sorte considéré comme illégal et une nouvelle mouture du
TCE, le traité de Lisbonne a été approuvée par la majorité des députés et
sénateurs.
Ainsi, la majorité des représentants du
peuple a voté contre les décisions du peuple souverain.
C'est bien un coup d'Etat qui a été
perpétré contre la souveraineté du peuple.
Et depuis Victor Hugo on sait que le coup
d'Etat ne peut être accepté, c'est un crime!
Dernièrement encore, le projet de réformes
des retraites a été adopté alors que plus de 70% d'entre-nous demandaient son
retrait pur et simple.
Et 72% d'entre-nous considérons le
capitalisme comme négatif!
Aussi les élections prévues par les
institutions de ce système sont-elles de plus en plus massivement boycottées,
entre autres manifestations d'opposition.
Ils précipitent les préparatifs de la
prochaine élection présidentielle, veulent mettre le peuple français devant le
fait accompli de la perpétuation du système dont le peuple ne veut
plus.
Car la preuve a été faite depuis 1958 que
ces élections préfabriquées ne permettent pas de rompre avec le système et ses
malfaisances qui se perpétuent.
L'urgent, aujourd'hui, c'est d'en finir
avec ces démocraties dévoyées!
L'urgent, aujourd'hui, serait de prendre
les décisions qui permettraient pleinement au peuple d'assumer le plus
démocratiquement possible ses responsabilités!
L'urgent, aujourd'hui, c'est d'instaurer
une véritable souveraineté populaire permettant au peuple de décider
véritablement de son avenir.
Programme du Conseil national de la Résistance-15 mars 1944
Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.
Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.
Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.
I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE
Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.
Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :
D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.
Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.
Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.
Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.
Ces comités devront :
1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;
2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;
3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;
4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;
5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;
6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;
7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;
8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :
a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;
b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.
Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :
1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;
2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;
3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;
4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.
Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.
Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.
Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.
II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE
Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :
1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;
2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;
3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;
4) Afin d’assurer :
- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
- le respect de la personne humaine ;
- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a) Sur le plan économique :
- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;
- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
b) Sur le plan social :
- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;
- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.
Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.
En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !
En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !
LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
URL de cet article 11013
http://www.legrandsoir.info/Programme-du-Conseil-national-de-la-Resistance.html
Une mutation des fins et des moyens de notre société
Tous nos problèmes majeurs: chômage, immigration, culture et sens de la
vie, violence et guerre, découlent d'un seul problème fondamental: la
déchirure post-coloniale du monde...
"Ce monde où des fous mènent des aveugles", écrivait Shakespeare dans le Roi Lear, à cette époque de la Renaissance où débutaient ces dérives de l'Occident dont nous vivons aujourd'hui la "fin de partie".
A ce monde du non-sens, à cette nouvelle défaite de l'homme, aggravée
par la puissance technique de la barbarie informatisée, il s'agit
d'opposer l'alternative d'une conversion à l'humain.
Quatre objectifs sont prioritaires pour réaliser cette mutation à la fois des fins et des moyens de notre société:
1. Eveiller une réflexion populaire critique sur les raisons de vivre et
sur les fins de notre commune histoire. A contre-courant de
l'individualisme du "chacun pour soi", faire prendre conscience à tous
que chacun est personnellement responsable du destin collectif. L'unité
et l'interdépendance, de la technique à l'économie, de l'écologie à la
culture, est devenue telle qu'aucun problème ne peut être résolu à
partir d'une seule nation, d'une seule église, d'un seul parti, d'une
seule ethnie.
2. Prendre conscience de cette unité voulue et non subie à l'échelle du
monde. Un changement radical de nos rapports avec le tiers-monde afin
d'inverser les méthodes de contrainte dévastatrices du Fonds monétaire
international, est la clé de nos problèmes majeurs.
Ceux du chômage, par reconversion de notre appareil économique pour répondre à nos besoins réels et à ceux du tiers-monde.
Ceux de l'immigration, qui deviendront, si les disparités actuelles continuent de s'aggraver, une invasion de la misère.
Ceux de la culture, si les prétentions de l'Occident à la
supériorité et à la fausse universalité de ses modèles de croissance et
de culture s'effacent pour s'ouvrir aux autres cultures, dans un désir
de fécondation réciproque et si cesse la destructuion, par la domination
coloniale, des développements endogènes.
3. L'obstacle principal est le monothéisme du marché, avec ses deux fondements idéologiques: le mythe de la modernité
et le mythe de la démocratie. Pour l'abattre, peuvent se conjuguer les
efforts de tous ceux pour qui la vie a un sens: foi en Dieu ou foi en
l'homme.
4. Le changement de notre mode de vie ne se fera pas par une prédication
moralisante et par une conversion subite, mais par une progressive
reconversion de notre production et de notre écomomie entière. Avec la
participation de tous ceux qui ne vivent pas de spéculation parasite et
de corruption, mais de créations et de productions réelles au service de
la communauté.
Roger Garaudy, "Les fossoyeurs. Un nouvel appel aux vivants", L'Archipel, 1992, pp 181-182
Badiou commente l'actualité politique
Enfin des bonnes nouvelles
Nous voilà enfin rassurés, comme quoi la grève a porté ses fruits.........
Pour une bonne nouvelle c'est une bonne nouvelle !
Au moment de la réforme des retraites, certains n'ont pas à se faire de soucis !
Le groupe LVMH dirigé par Bernard Arnaud , grand ami de notre président,
accueille deux petites nouvelles au sein de son conseil d'administration :
- Mme Bernadette Chirac , jeune espoir de la finance française, grande
spécialiste du luxe à travers le monde (!), est nommée au conseil
d'administration de LVMH.
- Mme Florence Woerth , femme du ministre du budget est nommée au conseil de
surveillance de la société Hermès , filiale de LVMH.
Gageons que ces nominations assureront à leurs maris une partie de leur
retraite et ne les obligeront pas à travailler jusqu'à 63 ans
ans. Mme Woerth était déjà en charge de la gestion du patrimoine de Liliane
Bettancourt , 1ère fortune de France.
Petit détail : la participation au conseil d'administration d'une entreprise
donne droit à des "jetons de présence" venant rémunérer ce pénible travail.
Ainsi, Mme Chirac recevra 650 000 Euros par an en juste retour de son
dévouement à la cause du luxe français
et Mme Woerth, quand à elle, recevra 400 000 Euros !
Calmez-vous ! Tout est en règle, tout est légal. C'est simplement la vie
normale de gens qui "se lèvent tôt" et qui "travaillent plus pour gagner
plus".
Et puis, c'est rassurant de voir que l'on s'occupe de l'emploi des seniors !
J.B
L'Occident et Israël
Allégeance en rase campagne ou diabolisation des antisionistes?
«Quand un voleur vous embrasse, comptez vos dents.» Proverbe hébreu
L’actualité de ces dernières semaines nous a
interpellés à la fois sur le plan convulsions climatiques et sur la
politique moyen-orientale dominée encore une fois par l’arrogance
d’Israël dans sa politique de destruction de la société palestinienne
et, pire encore, par une judaïsation rampante d’El Quods sous les yeux
complices d’un Occident tétanisé et qui, a des degrés divers, continue
d’expier les massacres de masse opérés par l’un des leurs sur la terre
européenne. Et pour reprendre une expression de Sophie Bessis,
l’idéologie nazie du troisième Reich n’est pas une rupture d’avec les
politiques ambiantes en Europe d’alors, mais une continuité. Il faut
savoir que c’est le XVIIIe avec le siècle des Lumières et surtout le
XIXe siècle qui ont créé le mythe des races supérieures avec les
chantres connus Renan, Gobineau, Jules Ferry; Chamberlain, Kipling et
Rhodes..Leurs formatages des sociétés par des idées franchement
racistes ont amené inexorablement le fascisme et le nazisme. Les
victimes furent nombreuses! Il y eut 20 millions de Russes morts, des
centaines de milliers de Juifs mais aussi de Tziganes.
Cependant,
par une curieuse amnésie sélective, la doxa occidentale, notamment
française et américaine, n’a retenu que les massacres des Juifs. Déjà
au tribunal de Nuremberg, le calvaire des Tziganes ne fait pas partie
de la repentance européenne. La «faute» occidentale vis-à-vis
d’Israël n’en finit pas d’être expiée continuellement et tous les pays
européens sont passés à la caisse. Comme l’écrit si bien Normal
Finkielstein dont les parents sont morts à Auschwitz, scandalisé par ce
racket sans fin, il le dénonce dans son fameux ouvrage: L’industrie de
l’holocauste Plus encore, les Occidentaux n’osent pas critiquer Israël.
De fait, on ne peut critiquer Israël en toute impunité sans s’exposer
aux sanctions. Quelle est la «technique utilisée» pour
diaboliser celles et ceux qui trouvent qu’Israël ne respecte pas le
droit international qu’aucune des 40 résolutions de l’ONU n’a eu de
suite? Quelques exemples nous permettront de mesurer la dimension de
cette épée de Damoclès.
Cela tient en un mot aux réseaux d’influence
souterrains aux bons endroits qui traquent la moindre critique d’Israël
ayant réussi à créer un amalgame entre le peuple juif, la politique
israélienne, l’antisémitisme et le sionisme. Le racisme? En clair, tout
jugement défavorable à la politique israélienne vis-à-vis des
Palestiniens est assimilé à de l’antisémitisme amenant ainsi tous les
pays occidentaux à édicter des lois contre l’antisémitisme et, au
passage, condamner lourdement ceux qui osent remettre en cause la
singularité «indiscutable» du massacre des Juifs pendant la
Seconde Guerre mondiale. Souvenons-nous de Roger Garaudy, l’Abbé Pierre
et Dieudonné qui ont été effacés des médias pour avoir seulement pensé
comme l’écrit l’ancien président américain, Jimmy Carter, que «ce que fait Israël aux Palestiniens est une abomination»
Les intellectuels communautaristes veillent, les médias veillent, les
organismes représentatifs des communautés juives veillent. (Aipac,
Crif...)
Un exemple récent nous est encore donné par un chantre
invétéré du sionisme et de la politique d’Israël, Bernard Henry Levy.
Alors qu’il s’en prenait dans son bloc-notes hebdomadaire du Point à
Frédéric Taddeï, coupable, selon lui, d’avoir invité à plusieurs
reprises la «bête immonde» Dieudonné, le 1er juillet 2010.
Pourtant il se trouve et pour l’honneur des Juifs, des intellectuels
israéliens qui remettent en cause la politique israélienne bravant
ainsi les foudres du pouvoir. On trouve aussi des personnalités juives
qui se démarquent totalement d’Israël. L’exemple de Bruno Kreisky en
Autriche montre qu’on peut être juif et «antisioniste» à la fois et celui de Marx qu’on peut être juif et antisémite à la fois.
L’autre
technique, c’est l’attaque: Israël culpabilise les pays occidentaux qui
osent discuter sa politique. Dernier exemple en date, le président
Shimon Peres a suscité la fureur des membres du Parlement de
Grande-Bretagne en déclarant dans une interview que l’Angleterre est «profondément pro-arabe et anti-Israël», ajoutant qu’«ils ont toujours travaillé contre nous». «Il y a en Angleterre un proverbe qui dit qu’un antisémite est quelqu’un qui hait les Juifs plus qu’il n’en a besoin», affirme Peres...Avant de reprendre, «l’attitude
de l’Angleterre envers les juifs et Israël est un grand problème. Il y
a plusieurs millions d’électeurs musulmans ici, et de nombreux
parlementaires qui se font élire sur la haine des juifs.(...)»(1)
Dans l’impunité
Il
faut cependant témoigner du courage intellectuel de personnalités qui
ont dénoncé les exactions multiples et impunies d’Israël. Ainsi, les
massacres demeurés impunis de 1400 Palestiniens dont 400 enfants en
janvier 2009, ont permis de prendre la dimension de la force des lobbys
militant sans relâche pour Israël d’un côté, le courage de
personnalités insensibles aux pressions. C’est le cas, à titre
d’exemple, du professeur André Noushi, juif natif de Constantine, qui
écrit une lettre à l’adresse de l’ambassadeur d’Israël à Paris. «Monsieur
l’ambassadeur. Pour moi, depuis plusieurs années, la colonisation et le
vol israélien des terres palestiniennes m’exaspère. (...) Il n’est plus
possible de se taire devant la politique d’assassinats et d’expansion
impérialiste d’Israël. Vous vous conduisez exactement comme Hitler
s’est conduit en Europe avec l’Autriche, la Tchécoslovaquie. Vous
méprisez les résolutions de l’ONU comme lui celles de la SDN et vous
assassinez impunément des femmes, des enfants; n’invoquez pas les
attentats, l’Intifada. Tout cela résulte de la colonisation illégitime,
illégale et qui est un vol. Vous vous conduisez comme des voleurs de
terres et vous tournez le dos aux règles de la morale juive. Honte à
vous! Honte à Israël! (...) J’ai honte comme Juif, ancien combattant de
la Seconde Guerre mondiale, pour vous. Que votre Dieu vous maudisse
jusqu’à la fin des siècles! J’espère que vous serez punis.».(2)
Pascal Boniface, directeur de l’Institut français des Relations internationales écrit: «Je
trouve inadmissible le terrorisme intellectuel consistant à accuser
d’antisémitisme toute personne qui critique le gouvernement israélien,
accusation d’ailleurs qui devrait s’appliquer aux pacifistes israéliens
et aux juifs français qui partagent ce point de vue.» Dans une
contribution qui lui vaudra d’être limogé 10 jours plus tard de son
poste de sous-préfet de Saintes par le gouvernement français...Bruno
Guigue serait «violemment» hostile à Israël. Bruno Guigue aurait écrit qu’Israël est «le seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles».
De plus, il a osé critiquer des sommités médiatiques comme Pascal
Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel,
Pierre-André Taguieff ou encore Frédéric Encel, des gens qui n’ont qu’à
claquer des doigts pour que toute la presse publie leurs plaidoyers
pro-Israël.
Une autre résistante qui a bravé l’interdit cette fois
aux Etats-Unis est la grande journaliste Helène Thomas qui a parlé
d’Israël en termes forts. Gilad Atzmon, universitaire israélien connu
pour ses positions antisionistes en parle: «Ceux qui sont engagés
dans le discours de la solidarité avec les Palestiniens sont accoutumés
à deux visions de la résolution du conflit: la "solution à deux Etats"
et la "solution à un seul Etat". Cette semaine, nous avons pris
connaissance d’une troisième solution possible, qui me semble
personnellement la plus raisonnable et la plus morale, les
circonstances étant ce qu’elles sont. Cette solution, Helen Thomas, 89
ans, doyenne des journalistes accrédités à la Maison-Blanche, l’a
résumée en une seule phrase. Un rabbin armé d’une caméra lui ayant
demandé "où les Israéliens devraient-ils aller?", elle a répondu que
les juifs devraient "aller se faire cuire un oeuf en dehors de la
Palestine, Ils doivent rentrer chez eux en Pologne, en Allemagne, en
Amérique et où que ce soit ailleurs"».
Mme Thomas s’est vu
rappeler très rapidement par celui qui gouverne sur Capitol Hill. Une
guerre mondiale a été déclenchée contre elle. Elle a été contrainte de
démissionner et de s’excuser. (..) Mme Thomas suggère, par exemple, que
les juifs aillent vivre en Allemagne: (..) Nous ne devons pas oublier
non plus que les sous-marins nucléaires israéliens qui sont en route
depuis quelque temps vers le Golfe arabo-persique (nous informe The
Times) ont été donnés à Israël par l’Allemagne en «cadeau»,
juste au moment où Israël réduisait le Liban en tas de ruines (2006).
(...) Comme tout le reste de l’humanité, la dame âgée qu’est Helen
Thomas est fatiguée du pouvoir juif et de la barbarie israélienne. Elle
a touché le nerf exactement là où cela fait mal en disant la vérité
toute pure. La vérité, semble-t-il, est l’écho de l’éthique et de la
raison.(3)
La droite européenne s’aligne sans discuter sur Israël
Il
y a de plus en plus un basculement net de la droite européenne pour qui
Israël est le dernier rempart contre la barbarie arabe et musulmane De
nombreuses forces politiques européennes, de la droite populiste à la
droite traditionnelle, écrit Alain Gresh, envisagent désormais le
conflit israélo-palestinien comme l’une des composantes de la guerre de
civilisation contre l’Islam. Geert Wilders, le chef du parti populiste
néerlandais, vient d’affirmer ses vues sur le conflit: «Si Jérusalem
tombe aux mains des musulmans, Athènes et Rome suivront. Ainsi,
Jérusalem est la principale ligne de défense de l’Occident. Ce n’est
pas un conflit sur le territoire, mais une bataille idéologique entre
la mentalité de l’Occident libéré et l’idéologie de la barbarie
islamique.» (..) La droite dure suisse n’est pas en reste. Oscar Freysinger, l’homme à l’origine de la «votation» sur l’interdiction de la construction de minarets en novembre 2009, explique: «Notre
parti a toujours défendu Israël parce que nous sommes bien conscients
que si Israël disparaissait, nous perdrions notre avant-garde. (...)
Aussi longtemps que les musulmans sont concentrés sur Israël, le combat
n’est pas dur pour nous. Mais aussitôt qu’Israël aura disparu, ils
viendront s’emparer de l’Occident.»(4)
Dans le même ordre, dans un interview au journal Le Times, José-Maria Aznar déclare: «Si Israël tombe, nous tomberons tous!» José-Maria Aznar appelle l’Europe «à
refuser les appels à la destruction d’Israël, car le lien qui lie
l’Etat juif à l’Occident est indispensable tout comme la collaboration
entre Juifs et Chrétiens». L’ancien Premier ministre n’utilise pas la langue de bois: «La
colère contre Israël à propos de Ghaza est une immense erreur. (...)
C’est un pays aux racines démocratiques profondes, un pays dynamique,
avec une société ouverte qui se distingue sur le plan culturel,
scientifique et technologique. Israël est notre première ligne de front
dans un Proche-Orient menacé de chaos. Et si Israël tombait, nous
tomberions alors tous.» «Abandonner Israël à son sort
aujourd’hui serait la plus belle preuve de la profondeur de notre vide,
et nous devons à tout prix empêcher que cela arrive. Nous devrions nous
inquiéter de notre attitude agressive envers Israël car elle reflète la
perte de nos valeurs occidentales. La force d’Israël est la nôtre, sa
faiblesse sera la nôtre....»(5)
Ce discours [de l’invasion
musulmane ndt] est désormais relayé par certains partis de la droite
populiste ou extrême; abandonnant l’antisémitisme pour l’islamophobie
(un tournant que d’autres formations comme le Front national n’ont pas
encore assumé, le vieil antisémitisme y restant puissant), ils
proclament qu’Israël serait le bastion avancé de la civilisation dans
sa lutte contre la barbarie.(4)
Parmi les laudateurs attitrés
d’Israël, on ne peut pas s’empêcher de citer Christian Barbier de
L’Express. Dans son éditorial lors de la boucherie de 2009, il écrit: «Une guerre juste, juste une guerre» - il félicite Israël pour son courage. «Israël agit pour nous».
Même Christine Boutin dont l’engagement personnel religieux est
profondément catholique, mais aussi sur le plan culturel, déclare
depuis toujours son réel attachement envers Israël et son peuple. Le 22
juin 2010, lors d’un rassemblement organisé par le Crif en soutien à
Israël, Claude Goasguen, député UMP, déclare: «Nous serons les
alliés indéfectibles d’Israël, notre ami, notre frère. Et nous
défendrons Israël jusqu’au bout. C’est notre destinée, à nous, de la
République de France». Dans le même meeting, Eric Raoult,
député-maire UMP, a fait sensation en révélant accorder plus
d’importance au soutien d’Israël qu’à la réforme des retraites. «Ce n’est pas, dit-il, un combat politique mais un combat du coeur! Guilad Shalit, c’est notre Betancourt à nous!».
L’allégeance
de la classe politique française à la politique israélienne est
notamment affirmée sur le ton de la disculpation au tribunal dinatoire
du Crif selon le juste mot - pour une fois - d’Alain Finkielkraut. Nous
citons à titre d’exemple quelques extraits du discours de Michèle
Alliot-Marie garde des Sceaux: La lutte contre l’antisémitisme demeure
plus que jamais une priorité du gouvernement. Elle s’inscrit dans le
cadre de relations fortes entre l’Etat et la communauté juive. (...)
Nous partageons le constat: des actes, trop d’actes antisémites ont
défrayé la chronique ces derniers mois. Je demande que tout auteur
d’actes antisémites soit poursuivi et fasse l’objet de réponses pénales
systématiques et adaptées. En amont, il faut renforcer le dialogue
entre l’institution judiciaire et la communauté juive. J’ai demandé aux
procureurs généraux et aux procureurs de la République de mieux
communiquer au plan local, avec les institutions représentatives de la
communauté juive. Les procureurs vous tiendront informés des actions
menées. Les instances représentatives pourront faire remonter leurs
préoccupations et leur analyse des situations locales. En aval, je
souhaite que les procès puissent jouer un rôle pédagogique.(6)
Que
peut-on dire en définitive? En France nous sommes loin de la phrase de
De Gaulle - le peuple juif est un peuple sûr de lui et dominateur -
suite au constat de la réalité de la guerre de 1967 à l’occasion de
laquelle Israël a trompé tout le monde: «David contre Goliath».
La droite européenne a basculé définitivement pour trois raisons: la
première est la dette toujours recommencée pour les massacres
hitlériens, la deuxième est à la fois bassement électoraliste mais
aussi une crainte du courroux des lobbys qui font et défont les
pouvoirs. La dernière est plus profonde, c’est le fond rocheux du
racisme et de l’islamophobie enfoui dans l’inconscient de l’Européen
qui règle ses comptes par procuration, avec l’Islam et les Arabes.
(*) Ecole nationale polytechnique
(*) enp-edu.dz
1.http://jssnews.com/2010/08/01/shimon-peres-langleterre-est-prodonfement-pro-arabe /
2.André Noushi: Lettre à l’ambassadeur d’Israël en France. Janvier 2009
3.Gilad
Atzmon - La solution d’Helen Thomas 14 juin 2010 http: //
www.gilad.co.uk/writings/...Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier
4.Alain Gresh: La droite dure au secours d’Israël. Le Monde Diplomatique 5-07-2010
5.http://www.boursorama.com/forum-politique-jose-maria-azna...
6.Michèle
Alliot-Marie:
www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=18926&returnto=
accueil/main&artyd=56. 19/02/10
Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
http://www.lexpressiondz.com/article/8/2010-08-16/79631.html
"Un processus de pétainisation rampante de l'Etat", un texte d'Alain Badiou
A s'en tenir à notre pays, au destin public de son état, que peut-on signaler comme tendance remarquable des quinze dernières années ? Indépendamment, bien entendu, de l'extension constante, sous les signifiants du libéralisme et de l'Europe, des automatismes du capital, extension qui ne saurait comme telle, étant la loi du marché-monde, singulariser notre site.
Nous ne voyons hélas, pour répondre à cette question, que l'installation irréversible du parti de Le Pen, vraie singularité nationale dont pour trouver un équivalent il faut aller, et ce n'est pas une référence, jusqu'en Autriche. Et quelle est la maxime unique de ce parti ? La maxime à laquelle aucun des partis parlementaires n'ose s'opposer frontalement, en sorte que tous votent ou tolèrent les lois de plus en plus scélérates qui s'en déduisent implacablement ? Cette maxime est:"La France aux Français." Ce qui, s'agissant de l'Etat, reconduit à ce qui fut le nom paradoxal donné par Pétain à un gouvernement fantoche, zélé serviteur de l'occupant nazi: l'Etat français. Par quoi s'installe au coeur de l'espace public la question délétère: qu'est-ce qu'un Français ? mais à cette question, chacun sait que n'existe aucune réponse soutenable autrement que par la persécution de gens désignés arbitrairement comme les non-Français. L'unique réel politique du mot "français", tenu pour une catégorie fondatrice dans l'Etat, est la mise en place, de plus en plus insistante, de mesures discriminatoires acharnées visant des gens qui sont ici ou qui cherchent à y vivre. Et il est particulièrement frappant que ce réel persécutoire de la logique identitaire (la loi n'est bonne que pour les Français) réunisse sous la même bannière, comme le montre la triste affaire dite "du foulard", les tenants résignés de la dévastation capitaliste (la persécution serait inévitable de ce que le chômage interdit tout accueil) et les tenants d'une fantomatique autant qu'exceptionnelle "république française" (les étrangers ne seraient tolérables que pour autant qu'ils "s'intègrent" au magnifique modèle que leur proposent nos pures institutions, nos étonnants systèmes d'éducation et de représentation). Preuve qu'entre la logique mondialisée du capital et le fanatisme identitaire français, il y a, au regard de la vie réelle des gens et de ce qui leur arrive, une détestable complicité.
Sous nos yeux se construit la communautarisation de l'espace public, le renoncement à la neutralité transcendante de la loi. L'Etat aurait à s'assurer d'abord et en permanence de l'identité généalogiquement, religieusement et racialement attestable de ceux dont il a la charge. Il serait tenu de définir deux régions distinctes de la loi, ou même trois, selon qu'il s'agit de vrais Français, d'étrangers intégrés ou intégrables, et enfin d'étrangers qu'on déclare inintégrés, voire inintégrables. La loi passerait ainsi sous le contrôle d'un modèle "national" dépourvu de tout principe réel, sinon celui des persécutions auquel il engage. Tout principe universel abandonné, la vérification identitaire, qui n'est jamais que traque policière, devrait précéder la définition ou l'application de la loi. Ce qui veut dire que comme sous Pétain, où les juristes ne voyaient nulle malice à définir subtilement le juif comme prototype du non-Français, il faudrait que toute législation s'accompagne des protocoles identitaires requis, et que des sous-ensembles de la population soient à chaque fois définis par leur statut spécial. Cela suit son train, les gouvernements successifs y apportent chacun leur petite touche. Nous avons affaire à un processus de pétainisation rampante de l'Etat.
Alain Badiou, Saint-Paul La fondation de l'universalisme, PUF, première édition 1997, pages 8 à 10
Une révolution française

Image de la révolution de 1848 extraite de "Souvenirs sur Marx et Engels" (Editions en langues
étrangères, Moscou)
Révolution: elle ne saurait être imposée d'en haut. Si la réforme peut être octroyée d'en haut, la révolution est nécessairement imposée d'en bas. La réforme ne bouleverse pas les structures de base de la société, qu'elle ménage au contraire dans l'intérêt persistant des catégories sociales dominantes: elle s'affirme dans les cadres de la société existante qu'elle tend à renforcer. La réforme n'est pas une révolution tirée en longueur dans le temps; réforme et révolution ne se distinguent pas par leur durée, mais par leur contenu. Réforme ou révolution ? Il ne s'agît pas de choisir une voie, ou plus rapide ou plus lente, conduisant au même résultat, mais de préciser un but: à savoir ou l'instauration d'une société nouvelle ou des modifications superficielles à l'ancienne société. Le mouvement de réforme de Turgot à Loménie de Brienne, ne tendait pas à l'instauration d'un ordre social nouveau, mais à l'amélioration de l'ordre ancien, à la diminution des abus, non à la suppression du privilège et du féodalisme, à laquelle la révolution devait pourvoir. Si la bourgeoisie française s'est définitivement assise au pouvoir en 1830, c'est la Révolution, non la réforme, qui lui a permis la conquête de l'Etat, après avoir assuré le passage de la société d'une phase historique dépassée à une autre ouverte sur l'avenir.
Albert Soboul, La révolution française, Editeur Gallimard, p 597
17 juin 1940: l'appel du communiste Charles Tillon
"Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie... Et maintenant, ils livrent la France.
Ils ont tout trahi.
Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler, livrer le pays entier au fascisme.
Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme.
Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.
Il est le nombre : uni, il sera la force.
Pour l’arrestation immédiate des traîtres Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs, établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.
Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, UNISSEZ VOUS DANS L’ACTION !"
Charles Tillon, Gradignan, 17 juin 1940

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article124


