A l'indépendant

Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'une conversion est pour l'individu: changer le but et le sens de la vie (Roger Garaudy)

dimanche 29 novembre 2009

Politique israélienne et "choc des civilisations"

Le fil conducteur de ma réflexion sur le rôle nouveau de la politique israélienne, en ce qui concerne non plus seulement le Proche Orient, mais la politique de domination mondiale des Etats-Unis, fut le véritable Discours sur l'histoire universelle que constitue l'article - programme de Samuel Huntington sur Le choc des civilisations   (publié dans la revue Commentaire n· 66, à l'été 1994.)

 

Jusque-là le Pentagone avait simplement exprimé l'utopie optimiste de son rêve de domination mondiale avec le livre de Fukuyama sur La fin de l'histoire qui consisterait à imposer au monde entier la pire théorie libérale de la domination: le monothéisme du marché

 

La thèse de Samuel Huntington est plus subtile: elle montre les obstacles à la    réalisation de ce nouvel ordre mondial.

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, c'est-à-dire pendant un demi - siècle, la politique de surarmement américain avait donné pour prétexte: la menace soviétique.

 

C'était, au nom de la sécurité américaine, la justification d'agressions en tous les points du monde jusqu'au Viet Nam ou en Corée, de soutien à toutes les dictatures militaires en Amérique latine comme aux Philippines de Marcos, à la protection de l'apartheid dans l'ancienne Afrique du Sud.

 

Après l'effondrement de l'URSS il fallait trouver un remplaçant dans le rôle du méchant, de l'Empire du mal, à combattre sur trois continents, et ce fut l'Islam, afin qu'une    menace mondiale de terrorisme justifie la continuation et même l'accélération de la course aux armements, et les occasions "d'intervention" économique ou militaire dans tous les points du monde.

 

Les thèses d'Huntington sur le Choc des civilisations constituent la base théorique de cette nouvelle orientation stratégique.

 

Ses conclusions sont révélatrices:

 

"Le choc des civilisations dominera la politique mondiale. Les lignes de fracture entre    civilisations seront les lignes de front de l'avenir...

 

Dans ses conclusions il montre clairement les implications de son analyse du point de vue de la politique internationale:

 

"Limiter l'accroissement de la force militaire des Etats confucéens et musulmans; ne pas trop réduire les capacités militaires occidentales et conserver une supériorité militaire en Extrême-Orient et dans l'Asie du Sud-Ouest; exploiter les différences et les conflits entre Etats confucéens et Etats musulmans; soutenir, dans les civilisations non occidentales, les groupes favorables aux valeurs et aux intérêts de l'Occident.

 

L'Occident devra par conséquent conserver la puissance économique et militaire nécessaire à la protection de ses intérêts dans ses relations avec ces civilisations."

 

Voilà qui a au moins le mérite d'être clair.

 

Quel peut être le rôle d'Israël dans la géopolitique ainsi conçue?

 

Israël a une position stratégique déterminante dans cet affrontement des  deux mondes.

 

Le père spirituel de l'Etat d'Israël lui avait assigné, avant même qu'il n'existât, sa mission fondamentale. Pour créer l'Etat juif, dans toutes ses démarches auprès des    puissances occidentales alors colonialistes (Angleterre, Allemagne, Italie, Russie) son argument majeur était que si l'une d'elles était la protectrice de cet Etat juif, elle    aurait non seulement un avantage décisif sur toutes ses rivales, mais cet Etat représenterait pour tous un coin enfoncé en Orient, pour la pénétration coloniale de l'Occident. Il écrivait, en 1895, dans son livre: L'Etat juif: "Pour l'Europe nous constituerions là-bas un morceau du rempart contre l'Asie, nous serions la sentinelle avancée de la civilisation contre la barbarie."    (L'Etat juif Ed. Lipschutz. Paris 1926. p. 95)

 

Eisenhower considérait déjà le Moyen-Orient comme "le lieu stratégique le plus important du monde." (cité par Steven Spiegel: The other Arab-Israeli conflict, Université de Chicago 1985 p.51)

 

Israël a l'avantage de trois privilèges majeurs:

 

1· - Sa position stratégique au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique.

 

2 · - Sa position économique au coeur de cette partie du monde qui contient la moitié du pétrole du monde, nerf de la croissance  (au sens occidental du mot.)

 

3· - Sa légende théologique de peuple élu de Dieu, servant de couverture aux convoitises occidentales sur la position stratégique et la position économique d'Israël,   en plaçant ses exactions, quelles qu'elles soient, au-dessus de toute loi et de toute sanction humaines, en particulier au-dessus de toute décision de la communauté internationale (par exemple des 192 condamnations de l'ONU prononcées contre elle, et dont le veto des Etats-Unis la protège en dernière instance.)


 

a) -    Sa position stratégique au carrefour de trois continents       

La Palestine qu'Israël veut annexer tout entière, comme première  étape de la conquête de ce qu'Hitler appelait déjà son espace vital (Lebensraum), c'est-à-dire tout le Proche et Moyen Orient, de l'Euphrate au Nil, par la désintégration de tous les Etats voisins (Liban, Syrie, Irak, Jordanie, Egypte), est située au carrefour géographique et stratégique de trois continents: l'Europe, dont elle est le front avancé, l'Asie et l'Afrique, et d'abord le passage obligé vers l'Océan Indien et l'Asie du Sud- Ouest: de là sa première ambition déjà réalisée, de s'installer dans le Golfe d'Akaba qui s'ouvre sur la Mer Rouge, à condition que le détroit de Tiran soit en de bonnes mains. Les Etats-Unis et Israël ont obtenu en deux temps cette garantie: d'abord par les accords   de Camp David, le Munich égyptien, signé aux Etats-Unis et sous leur pression le 18 septembre 1977, par lequel était brisé un possible front uni des pays voisins d'Israël et menacés par son expansionnisme.

 

Quatrième point du    programme d'aide: Israël reçut, de 1948 à 1952, autant, à lui seul, que cinq pays du Machrek (Egypte, Liban, Jordanie, Syrie, Irak) comptant une population 20 fois supérieure.

 

La coopération    militaire, commencée en 1961, prit une ampleur considérable après Camp David: le Protocole d'entente stratégique signé à Washington, le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes par Reagan, plus grande que celle prévue par les accords antérieurs, notamment 75 nouveaux chasseurs F.16, quelques jours avant l'invasion du Liban. Si bien que six semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, se produisait l'invasion du Liban. Ainsi commençait à se réaliser le projet de Grand Israël et d'un véritable empire du Moyen Orient qu'Ariel Sharon avançait déjà en décembre    1981.

 

A l'exemple des Etats-Unis chassant les Indiens sans fixer de limites à leur propre   expansion, Moshe Dayan en 1982, ajoutait: "Prenez la Déclaration américaine de l'indépendance. Elle ne contient aucune mention de limites territoriales. Nous ne   sommes pas obligés de fixer les limites de l'Etat."  (Jérusalem-Post du 10 août 1967).

 

Tout ceci sous la protection inconditionnelle des Etats-Unis, non seulement opposant leur veto à toute sanction, mais fournissant les armes du crime. L'International Herald Tribune du 22 juillet 1982 nous apprend que "le gouvernement israélien aura dépensé cette année 5 milliards et demi de dollars en armements et équipements militaires. Le tiers de cette somme provient du Trésor américain."

 

Cette politique de surarmement est couronnée par un équipement nucléaire sur   lequel, Israël, se plaçant, en ceci comme en tout, au-dessus de toute légalité internationale (192 condamnations de l'ONU sont restées lettres mortes depuis 1972) refuse tout contrôle.

 

Le 29 juin 1975, le journal israélien Haaretz écrivait, sous la plume de Shlomo   Aharonson:

 

"L'arme nucléaire est l'un des moyens qui peuvent renverser l'espérance des Arabes d'une victoire finale sur Israël... Un nombre suffisant de bombes atomiques pourrait causer des dommages énormes dans toutes les capitales arabes, et provoquer   l'effondrement du barrage d'Assouan. Avec une quantité supplémentaire, nous pourrons toucher les villes moyennes et les installations pétrolières... Il y a, dans le monde arabe, une centaine de cibles dont la destruction... enlèverait aux Arabes tous les avantages qu'ils ont retirés de la guerre du Kippour..."

 

L'Etat d'Israël n'est plus seulement le mandataire d'un colonialisme collectif de l'Occident sous hégémonie américaine. Il est devenu, pour les Etats-Unis, une pièce majeure dans le rapport des forces sur l'échiquier planétaire, et ceci bien au-delà du Proche Orient.



b) -    Sa surveillance des pays pétroliers du Golfe.

 

Dans cette politique mondiale, Israël joue un rôle privilégié comme gendarme des champs pétroliers du Moyen Orient.

 

Or, plus encore que depuis la chute du Shah d'Iran qui assurait aux Etats-Unis le contrôle du Golfe Persique, et notamment du détroit d'Ormuz où transite la moitié du pétrole mondial, Israël est investi de cette charge.

 

C'est pourquoi d'ailleurs, dans son rêve d'expansion du Grand Israël qui coïncide si bien avec les visées des Etats-Unis dans la région, son rôle essentiel, grâce à son   hégémonie dans les médias mondiaux, est de diaboliser le nouvel Iran en lui attribuant la fonction satanique d'être le chef d'orchestre clandestin du terrorisme mondial.

 

Lorsque les Etats-Unis envoyèrent leurs troupes en Arabie Saoudite en août 1990 "Les Etats-Unis n'envoient pas des troupes dans le golfe uniquement pour aider l'Arabie Saoudite à résister à l'agression mais pour appuyer le pays de I'OPEC qui est le plus à même de servir les intérêts de Washington." ("Wall Street Journal" du 31 août    1989.)

 

Il s'agissait là, de faire un exemple pour montrer au Tiers-monde tout entier qu'il n'est permis à aucun peuple, sous peine de destruction, de s'élever au plus haut niveau technique, d'exploiter ses richesses nationales (en l'occurrence: le pétrole) sans le contrôle de leurs prix par les grandes puissances, et surtout d'échapper à la religion qui n'ose pas dire son nom mais qui est imposée au monde entier par les  Etats-Unis: le monothéisme du marché et l'idolâtrie de l'argent.

 

Le bombardement de l'Irak coûta, selon la Croix Rouge, plus de 200.000 morts à la population civile, et le maintien arbitraire de l'embargo a ... tué plus encore d'enfants par manque de nourriture et de soins.

 

c) -    Son mythe pseudo-thélogique de peuple élu


La logique biblique du Grand  Israël, avec l'appui inconditionnel de Washington, peut ainsi servir de détonateur à une troisième guerre mondiale, ou, pour reprendre l'expression de Huntington, à la première guerre civilisationnelle...

La revendication  biblique du grand Israël, de l'Euphrate au Nil, par une lecture intégriste de la Bible, c'est-à-dire une lecture littéraliste, transformant les grandioses paraboles des patriarches et des prophètes, en une histoire nationaliste et même tribale, est l'hérésie nécessaire à la politique sioniste. Elle conduit à ce paradoxe: les statistiques du gouvernement israélien estiment que 15 % seulement des israéliens   sont religieux, et pourtant l'on fait croire à la grande majorité du peuple que cette terre lui appartient parce qu'elle lui a été promise par un Dieu... auquel il ne croit pas.

 

La référence aux textes bibliques pour justifier les agressions et les massacres de la politique israélienne est une constante de cette politique. Cette utilisation sanglante des textes bibliques pour justifier une politique criminelle ne repose sur aucune base   religieuse, mais sur une lecture intégriste, littéraliste, des textes sacrés, lecture    intégriste qui devient une escroquerie raciste sanglante.

 

L'intégrisme consiste, (comme les talibans le font pour le Coran), en une lecture   littérale, tribale, qui, transformant la parabole en une fausse histoire, transforme par exemple la promesse faite, par leurs dieux, à toutes les tribus nomades du Fertile   Croissant, d'une Terre féconde et d'une postérité nombreuse pour toutes les familles de la terre en une donation inconditionnelle signée par un Dieu tribal excluant tous les peuples pour en privilégier un seul pour l'éternité. Abraham Herschel dans son livre: Israel An Echo Of Eternity (Doubleday. N.Y. 1969, p.115: "L'Etat d'Israël, c'est la réponse de Dieu à Auschwitz.".) Cela dure aujourd'hui: le professeur Moshe   Zimmerman chef du département d'études germaniques  à l'Université hébraïque de   Jérusalem, spécialiste de l'étude du nazisme, déclare dans le journal Yerushalayim du 28 avril 1995: "Il est de bon ton de dire que l'Holocauste est la justification  principale de l'instauration d'Israël.", et il ajoute: "Il y  a un secteur entier de la population juive que je définis sans hésitation comme une copie des nazis allemands. Regardez les enfants des colons juifs d'Hébron, ils ressemblent exactement à la jeunesse hitlérienne.» En 1974 déjà, dans le journal Yediot Ahronot, Menahem Barash exaltait l'enseignement du rabbin Moshe Ben-Zion qui utilisait les textes bibliques pour définir l'attitude israélienne à l'égard des Palestiniens, "cette peste déjà dénoncée dans la    Bible,... pour nous emparer de la terre promise par Dieu à Abraham. Nous devons suivre l'exemple de Josué pour conquérir la terre d'Israël et nous y installer, comme le commande la Bible... Il n'y a pas place, en cette terre, pour d'autres peuples que celui d'Israël. Ce qui signifie que nous devons en expulser tous ceux qui y vivent... C'est une guerre sainte exigée par la Bible."

 

Deux mois plus tard le rabbin  Elazar Valdman du Gush Emounim écrivait dans le   journal Nekurah des colons de la Cisjordanie: "Nous devons évidement établir l'ordre au Moyen Orient et dans le monde. Si nous n'en prenons pas la responsabilité nous   sommes des pécheurs, non seulement devant nous-mêmes mais devant le monde. Car qui peut rétablir l'ordre dans le monde? Tous les dirigeants occidentaux ont des caractères faibles" (Repris dans Davar, 8 octobre 1982).

 

L'un des fondateurs du mouvement, Yehuda Ben Meir dénonçait les conséquences d'une telle politique: "D'après Gush Emounim, nous devons conquérir non seulement la Syrie et la Turquie mais le sang de nos enfants doit devenir le gardien du monde entier".

 

Ariel Sharon, lors de la convention du Likoud de mai 1993, a proposé ouvertement   qu'Israël fonde sa politique officielle sur la notion des frontières bibliques.

 

Cette hérésie, dont le fondateur est Théodore Herzl, a été dénoncée, dès son apparition, par les rabbins et les juifs fidèles à la foi de leurs prophètes.

 

Parmi beaucoup d'autres exemples, le rabbin Moshé Menuhin (le père du génial musicien Yéhudi Menuhin) écrit un livre: The decadence of judaism, dans lequel il montre que cette décadence du judaïsme, c'est précisément le nationalisme sioniste. Le titre primitif de son livre était: Le nationalisme juif: un crime et une malédiction historique monstrueuse.

 

Il établit qu'à l'encontre de l'universalisme des prophètes juifs, l'interprétation tribale et nationaliste de l'alliance et du peuple élu, par ceux qu'il appelle "les barbares tribaux comme Ben Gourion, Moshé Dayan, et tout le gang militaire qui a dévoyé Israël" (p.XIII) ont fait de l'Agence juive et des organisations sionistes, dans le monde  entier "des organes du gouvernement d'Israël" (pp. 350, 429    et 457); avec la même idéologie raciale que les antisémites. (p. 308)

 

Le rabbin Elmer Berger ne cessait de rappeler que la Promesse était conditionnelle:

 

Lévitique. XXV, 18: "Mettez mes lois en pratique... et vous habiterez en sécurité dans le pays."

 

XXVI, 3: "Si vous suivez mes lois, si vous les..mettez en pratique.. 9: Je    maintiendrai mon alliance avec vous... 14...

 

Deuteronome:    

XI, 26: "Je mets aujourd'hui devant vous bénédiction et malédiction,       

27. La bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur, votre Dieu...       

28. La malédiction si vous n'écoutez pas les commandements du Seigneur votre  Dieu. 

 

     

La tentative, en 1956, d'envahir l'Egypte pour s'emparer du Canal de Suez, avec la   complicité de la France et de l'Angleterre, échoua. Surtout parce que les Etats-Unis n'acceptaient pas, comme le général de Gaulle le montra plus tard dans son discours de Pnom Penh, que le contrôle de la Mer Rouge leur échappe pour leurs entreprises au Viet Nam et en Extrême Orient.

 

Les dirigeants israéliens retinrent la leçon: leur prochaine entreprise d'expansion devait s'appuyer prioritairement sur les E.U. Le Protocole d'entente stratégique, signé à Washington le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes,... si bien que dix semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, grâce aux accords de Camp David qui l'assuraient de n'avoir pas à combattre sur deux fronts, était engagée l'invasion du Liban: sur 567 avions dont disposait alors Israël, 457 venaient des Etats-Unis subventionnés par les dons et les prêts de Washington.

 

Après la guerre des Six jours, Israël, qui avait occupé toutes les frontières de ses voisins, du Liban au Golan et à la Cisjordanie, annexait Jérusalem alors qu'elle n'avait   été admise à l'ONU qu'à trois conditions:

 

1. Ne pas toucher au statut de Jérusalem,       

2 Permettre aux Palestiniens le retour chez eux,       

3 Respecter les frontières de la partition.       

La loi internationale était ainsi tenue pour un chiffon de papier ainsi que l'avait dit déjà Ben Gourion lors de la première guerre d'expansion de 1948.

 

En décembre 1981, avant même l'invasion du Liban, Ariel Sharon déclarait: "Dans les années qui viennent la sphère des intérêts stratégiques d'Israël ne s'étend pas seulement aux pays arabes de la Méditerranée, mais à tout le Proche-Orient, et elle doit s'étendre à l'Iran, au Pakistan, au Golfe, à l'Afrique et à la Turquie.»

 

Ce plan, exposé en clair dans la revue Kivounim (Orientations) publiée à Jérusalem par l'Organisation sioniste mondiale sous le titre: Plan stratégiques d'Israël, exige la   désintégration de tous les Etats voisins d'Israël, du Nil à l'Euphrate. En voici les passages essentiels:

 "En  tant que corps centralisé, l'Egypte est déjà un cadavre, surtout si l'on tient compte de  l'affrontement de plus en plus dur entre musulmans et chrétiens. Sa division en provinces géographiques  distinctes doit être notre objectif politique pour les années 1980, sur le front occidental. 

Une fois l'Egypte ainsi disloquée et privée de pouvoir central, des pays      comme la Libye, le Soudan, et d'autres plus  éloignés, connaîtront la même dissolution. La formation d'un Etat copte en Haute-Egypte, et      celle de petites entités régionales de faible importance, est la clef d'un développement historique actuellement retardé par l'accord de paix, mais inéluctable à long terme.

 

En dépit des apparences, le front Ouest présente moins de problèmes que celui de l'Est. La partition du Liban en cinq provinces... préfigure ce qui se passera dans  l'ensemble du monde arabe. L'éclatement de la Syrie et      de l'Irak en régions déterminées sur la  base de critères ethniques ou religieux, doit être, à long terme, un but prioritaire pour Israël, la première étape étant la destruction de la puissance militaire de ces      Etats.

 

Les structures ethniques de la Syrie l'exposent à un démantèlement  qui pourrait aboutir à la création d'un Etat chi'ite le long de la côte, d'un Etat sunnite dans la région d'Alep, d'un autre à Damas, et d'une entité druze qui pourrait souhaiter constituer son propre Etat - peut-être sur notre Golan - en tout cas avec l'Houran et le nord de la Jordanie... Un tel Etat serait, à long terme, une garantie de paix et de sécurité pour la région. C'est un objectif qui est déjà à notre portée.

 

Riche en pétrole, et en proie à des luttes intestines, l'Irak est dans la      ligne de mire israélienne. Sa dissolution serait, pour nous, plus importante que celle de la Syrie, car c'est lui qui  représente, à court terme, la plus      sérieuse menace pour Israël." (Source: Kivounim. Jérusalem. n· 14, n· de février 1982. Pages 49 à 59.)
      
      

 

(Le texte intégral, dans  son original hébreu, est reproduit dans mon livre: Palestine, terre des messages divins Ed. Albatros. Paris 1986 p. 377 à 387, et dans sa traduction française à partir de la page 315.)
   
   

 

Pour la réalisation de  ce vaste programme les dirigeants israéliens disposaient d'une aide américaine sans restriction.

 

Ce plan d'embrasement de tout le Moyen Orient (avec les implications mondiales qu'il est aisé de concevoir) n'a cessé, avant même d'être explicité avec tant de cynisme, d'orienter toute la politique de guerre d'Israël et de violer toutes les décisions de la Communauté internationale des Nations Unies, avec l'appui inconditionnel des Etats-   Unis.

 

Pour ne retenir que l'essentiel rappelons que, sous prétexte de sécurité l'Etat d'Israël occupe, depuis 1968, les frontières de tous ses voisins: le Liban et la Syrie notamment (malgré la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l'ONU affirmant "I'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre" et exigeant "le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés"). Il ne cesse d'émietter, par sa colonisation, le territoire palestinien dont il contrôle 96 %.

 

Là encore, Natanayou a franchi de nouvelles étapes: pour mieux tenir Jérusalem sous sa griffe (malgré la résolution unanime de l'ONU) il ouvre dans la partie arabe de Jérusalem, à Bar Homa, un chantier pour construire 2000 appartements de plus réservés à des juifs.

 

Il refuse d'exécuter les engagements pris à Oslo au nom de l'Etat d'Israël de retirer ses troupes d'une partie des territoires occupés. Il viole délibérément les accords malgré les protestations internationales.

 

Le mardi 18 mars 1997, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne ont vivement   critiqué la décision israélienne d'engager les travaux de construction d'une onzième colonie à Jérusalem Est.

 

Il maintient, à Hébron, une véritable poudrière: au milieu de 120000 habitants palestiniens, sont installés 500 colons, ceux là mêmes qui fleurissent le tombeau de   l'assassin Baruch Goldstein, qu'ils tiennent pour un Héros et où règne l'esprit du vieux Parti national religieux qui prétend faire une synthèse entre le judaïsme orthodoxe et le nationalisme séculier du sionisme politique en donnant à la colonisation une   légitimation religieuse.

 

Même le président d'Israël, chef de l'Etat, Ezer Weitzman, accuse Netanyahou d'être responsable du blocage des négociations de paix et de l'isolement grandissant de l'Etat Hébreu. Parlant de Natanyahou il dit: "Cet homme m'a utilisé et trompé trop souvent. Aujourd'hui, dit-il, la coupe est pleine." (Le Monde du 2 juillet 1998).

 

Natanyahou poursuit néanmoins sa politique de nettoyage ethnique, empêchant toute négociation sur le Golan Syrien comme sur Jérusalem et le Liban. M. Théo Klein ancien   dirigeant du CRIF, écrit: "Le slogan de sécurité d'abord , proclamé par M.   Natanyahou, est une manoeuvre criminelle." (Le Monde 2 mai 1998)

 

Ce qui est évident. Comment invoquer la sécurité des frontières quand on occupe les frontières de tous les voisins et qu'on viole systématiquement à la fois les accords   internationaux, et la signature donnée aux Palestiniens lors des accords d'Oslo.

 

La conclusion est fournie par le professeur Leibowitz (qui dirigea - rappelons le -   l'Encyclopédie judaïque, dans son livre: Israël et judaïsme (13) "Je dis que l'idée u grand Israël est une abomination." (p. 253)

 

"Les Américains ne sont intéressés que par l'idée de maintenir ici une armée de mercenaires américains sous l'uniforme de Tsahal qu'ils pourront utiliser à leur gré le   moment voulu." (p. 226)

 

Et, il conclut: "la force du poing juif vient du gant d'acier américain qui le recouvre, et des dollars qui le capitonnent." (p. 253)

 

Cette réaction de rejet de la politique sioniste, au nom même de la piété juive et de l'universalisme de ses Prophètes, s'exprime de plus en plus fortement: déjà lors de l'invasion du Liban Pierre Mendès France et Nahum Goldmann avaient exprimé leur    réprobation.

 

Avec la même indignation contre une telle politique plus de cent intellectuels juifs   français dénonçaient la politique de Jérusalem. Parmi eux, les professeurs Jankélevitch, Minkovski, Rodinson, Pierre Vidal Naquet, dénonçant  "le recours systématique à la force brute et la recherche d'une hégémonie militaire dans cette région du monde." Ils concluaient: "Devant ce déni de justice, devant ce mépris des valeurs auxquelles ont   adhéré des générations de Juifs, nous refusons énergiquement toute solidarité avec la   politique actuelle d'Israël."

 


   

 

d)    Une éducation    néo-nazie

 

Cette politique de guerre, d'expansion coloniale permanente, implique plus encore que des exactions et des ruines matérielles: un conditionnement de l'homme lui-même, visant à lui inculquer le sentiment d'une supériorité raciale, comme tout colonialisme,   mais aussi le ressentiment engendré par une théorie pseudo-théologique, vue à travers le prisme sioniste, fondée sur trois principes destructeurs de l'humanité de l'homme:

1· - Le refus de l'autre,fondée sur l'idée qu'entre les juifs et tout le reste du monde il y a "une barrière de feu", comme l'écrit le rabbin Cohen.

2· Que L'Autre, (tous les autres) est un ennemi en puissance comme si l'histoire   entière était celle de la persécution éternelle d'un "Peuple juif" éternellement   innocent.

3· - Que l'Etat sioniste israélien ne peut être formé qu'à un Bréviaire de la haine comme unique motivation de sa jeunesse, de son armée, de son peuple tout entier. Le  militarisme fondé sur ce mépris et cette haine de l'autre étant une fin en soi, le reste du monde, par exemple l'Allemand pour Goldhagen ou le peuple français et sa culture pour Bernard Henri Lévy, étant par essence un peuple de tueurs ou une culture de   l'abjection.

 

Ce culte de la haine éternelle peut se résumer dans ce qu'un historien israélien a appelé "le complexe d'Amalec", Le 7 janvier 1952, lors du débat, à la Knesset, sur les   réparations, une banderole gigantesque proclamait sur le fronton de l'édifice: "Souviens-toi de ce qu'Amalec a fait de toi!" Et l'on sait ce que représente Amalec dans  l'histoire de Josué: ce qu'il faut exterminer (cf. Les  Puritains d'Amérique justifiant leur chasse à l'homme en identifiant les Indiens aux Amalècites)

 

Politiquement cela s'exprime dans le cri de haine de Begin: "Ce n'est pas un allemand tout seul qui a tué vos pères. Chaque allemand est un nazi. Chaque allemand est un assassin. Adenauer est un assassin. Tous ses collaborateurs sont des assassins."

 

Goldhagen n'avait plus, quarante ans après, qu'à délayer en 500 pages ce thème pour que le mouvement sioniste en fasse un best- seller, alors qu'un historien sérieux, comme Yehuda Bauer, reconnaissait que son université le refuserait même comme thèse de doctorat d'un étudiant.

 

En juillet 1981, la Knesset faisait du Génocide un dogme national, par une loi   interdisant toute critique sous peine d'un an de prison (c'est l'ancêtre et le modèle de ce que la LICRA obtint en France avec la loi Gayssot)

 

Ceci à la suite de l'article publié en 1980 par le célèbre éditorialiste, Boaz Evron, sous le titre: Le    génocide, un danger pour la nation, faisant observer que le massacre des juifs s'il était en effet, dans l'histoire juive, le plus grand des pogroms n'était pas dans l'histoire universelle ni le premier ni le plus grand, et que même les nazis ne   s'étaient pas seulement acharnés sur les Juifs, mais sur les Slaves, les gitans, et même sur les Allemands, notamment communistes, qui s'opposaient au régime.

 

Boaz Evron montrait la malfaisance de ce mythe de la singularité juive qui dissociait le Juif du reste de l'humanité, le conduisant ainsi à son isolement. "Ainsi, concluait-il, les  gouvernants agissent dans un monde peuplé de mythes et de monstres qu'ils ont eux-mêmes crées."

(Boaz Evron: ITON 77 · 21. Mai- juin 1980 p. 12. cité par Tom Segev op. cit. p467.)

 

Ce thème obsessionnel d'une Mémoire qui ne serait que haine, répété chaque jour à l'école, dans l'armée, dans la presse, le cinéma, la télévision, crée cet état d'esprit. Un  jour le rédacteur de Maariv écrit: "Un jour un véritable mouvement de paix s'élèvera dans le monde et assurera la paix en Europe en effaçant l'Allemagne de la face du monde." (Azriel Karlebach. "Amalec", Maariv du 5 octobre 1951, p. 3)

 

Comme si les 3/4 des Allemands qui sont nés après la chute d'Hitler étaient   responsables des crimes nazis, de même que Jean Sébastien Bach ou Goethe, ou Kant, sans parler de ces autres grands Allemands que furent le poète Heine ou le physicien Einstein, expressions les plus grandioses de la culture allemande.

 

Cette propagande donne ceci chez l'homme de la rue, eût-il été victime des nazis, comme beaucoup de résistants et moi-même (qui écrivis mon principal ouvrage sur la philosophie de Hegel). Un homme par ailleurs respectable en arrive, intoxiqué par   cette propagande funèbre, à déclarer: "Si  vous me demandez ce que je réclamerais au peuple allemand, je dirais: une mère pour une mère, un père pour un père, un enfant pour un enfant. Mon âme serait en paix si l'on me disait que six millions d'Allemands  mourraient pour contrebalancer les six millions de morts Juifs. Si   cela n'est pas en notre pouvoir alors accomplissons au moins une action historique qui leur causera une souffrance similaire à celle du sang versé, crachons-leur au visage." (Mair Dworcezki, au Comité central du Mapaï. 13 décembre 1951)

 

Même l'expression du Lévitique (XIX, 16): "Ne te venge pas et ne sois pas rancunier à l'égard des fils de ton peuple: c'est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même" est interprété de la manière la plus exclusive: utilisant la formule "à l'égard des fils de ton peuple" l'on conclut: le non-juif n'est pas ton prochain.

 

Comme l'écrit le rabbin A. Cohen, dans son livre sur le Talmud. (Ed. Payot 1983. p.    269) lorsqu'on dit "Prochain, le Talmud spécifie souvent qu'il s'agit de l'Israélite à l'exclusion du païen."

 

Le rabbin A Cohen évoque ce qu'il appelle "une frontière de feu... distinguant et   séparant le Juif de tous les autres." (p. 19)

 

C'est la seule interprétation retenue aujourd'hui comme officielle, celle qu'on inculque aux enfants à l'école, aux soldats dans l'armée et à l'homme de la rue par les    médias.

En voici quelques exemples:

Pour son cinquantième anniversaire, le 14 mai 1998, l'Etat d'Israël a fait publier par son ministère de l'Education un Livre du Jubilé, destiné à animer la commémoration de l'événement dans toutes les écoles du pays. Curieusement, nous apprend le très   sérieux quotidien Haaretz, le livre ne fait aucune mention de l'existence d'un peuple palestinien, ni avant l'établissement d'Israël, ni après, pas plus que du plan de partage de 1947 qui avait créé deux Etats l'un juif, l'autre arabe en Palestine. Plus loin la   journaliste Relly Sa'ar ajoute: "Le chapitre concernant les efforts de paix évoque les traités avec l'Egypte et la Jordanie, mais ignore complètement les accords d'Oslo et   l'actuel processus de paix avec les Palestiniens."

 

L'étude du livre de Josué figurant au programme des écoles israéliennes, de la classe de 4e à celle de 8e, un professeur de Tel Aviv, Tamarin, distribua un formulaire à    1000 écoliers, disant:

"Tu connais les extraits suivants du livre de Josué (VI, 20): Le peuple monta vers la ville (Jéricho) et s'en empara. Il tua ceux qui s'y trouvaient, hommes, femmes, enfants, vieillards, sans distinction aucune.

Répondez aux deux questions suivantes:

a) A votre avis, Josué et les israélites ont-ils bien agi ou non?

b) Supposons que l'armée Israélienne occupe un village arabe pendant la guerre;   devrait-elle, oui ou non, faire subir à ses habitants le sort que Josué a réservé aux habitants de Jéricho?".

 

En 1972, pour avoir publié les résultats terrifiants de son enquête sur ce conditionnement des enfants (70 %  répondent: oui), le professeur G. Tamarin fut chassé de l'Université de Tel Aviv. (Cité par le pasteur Claude Raynaud dans son livre: Liban-Palestine. Ed. l'Harmattan, 1987. p. 84-86.)

 

Sur le conditionnement des enfants à l'école le journal Haaretz du 15 février 1995 rapporte la réaction suivante d'un pédagogue:

"Dans une étude  récente, le professeur Bar-Tal de l'Université de Tel-Aviv, a montré à quel point le système d'éducation israélien a été mobilisé pour justifier la position d'Israël dans le conflit israelo-arabe. Il a insisté sur la nécessité de modifier la manière dont on parle des Arabes dans les manuels scolaires en même temps que doit changer le jugement que les Israéliens portent sur eux-mêmes... que l'enseignement concernant l'Holocauste et les pogroms a grandement contribué à créer en Israël une mentalité de pays assiégé et alimenté la croyance que les Juifs sont supérieurs et qu'ils ont toujours raison."

 

"Bar-Tal a trouvé l'expression de ces " certitudes " dans 107 livres d'histoire et de textes, parmi ceux qui ont été approuvés cette année par le ministre de l'Education. Dans les livres d'histoire (et notamment de l'histoire juive) on ne parle pratiquement pas de la paix, sinon comme "Utopie". L'idée que les Juifs sont toujours les victimes y joue un rôle central. Dans un livre de textes sur "Les premières colonies sionistes" il n'est fait mention de la présence des Arabes dans la région que deux fois - pour dire que, dans leur grande majorité, ce ne sont que des pillards, une minorité étant jugée "positive " parce qu'elle accepte de vendre des terres aux Juifs."

 

"Dans sa conférence d'ouverture de la session de l'Association israélienne pour la recherche en matière d'éducation, Bar-Tal a rappelé que, dans le conflit israélo-arabe, nous    n'avons pas été seulement des victimes mais aussi des agresseurs... Présenter les Arabes, et en particulier les Palestiniens, d'une manière aussi tendancieuse et   négative, c'est ignorer les souffrances d'un peuple qui subit un sort amer dont nous sommes en partie responsables." Il a montré qu'"Israël a utilisé l'histoire et    les autres disciplines au service de l'idéologie sioniste."

 

En 1979 le ministère de l'Education annonça que l'enseignement du génocide était obligatoire pour les lycéens des classes terminales. Un comité rédigea un nouveau programme de travail soulignant la nécessité de l'engagement affectif des élèves. "Le génocide doit avant tout être ressenti, déclara le président de ce comité, il doit être appréhendé en tant que tel, et non comme l'élément d'un contexte historique plus large, ou bien dans la perspective d'une recherche purement scientifique."

 

Le 26 mars 1980, la Knesset vota "la connaissance et le souvenir du Génocide et de l'héroïsme." Depuis, Le génocide est    enseigné dans les écoles primaires et dans les   lycées, et ces questions représentent désormais 20 % du programme d'histoire aux examens de fin d'études.

 

Le professeur Zimmerman, spécialiste de l'histoire du nazisme à l'université hébraïque de Jérusalem, porte un témoignage terrifiant sur cette déshumanisation de l'homme:

"Il y a un monstre en chacun de nous et si nous continuons à affirmer que nous sommes toujours justifiés, ce monstre peut grandir...Déjà aujourd'hui je pense à un   phénomène qui prend des proportions toujours plus grandes: il y a un secteur entier de la population juive que je définis, sans hésitation, comme une copie des nazis   allemands. Regardez les enfants des colons juifs d'Hébron, ils ressemblent exactement à la jeunesse hitlérienne. Depuis leur enfance on les imprègne de l'idée que tout Arabe est mauvais, et que tous les non-juifs sont contre nous. On en fait des paranoïaques: ils se considèrent comme une race supérieure, exactement comme les jeunesses hitlériennes."

 

Le conditionnement à l'école se poursuit à l'armée. Cela commence avec la Préface de la Bible, écrite par l'Aumônier général des armées, le rabbin Gad Navon. Le journal Haaretz du 22 janvier 96, nous apprend:

"Il est difficile de trouver une expression plus navrante de la tentative de politisation des    textes sacrés "par la falsification de leur message universel" que la préface de la Bible remise actuellement aux jeunes qui entrent dans l'armée.

 

L'édition de 1958 était préfacée par le rabbin Shlomo Goren qui présentait le Livre comme un appel à l'héroïsme et au sacrifice, et une source constante d'inspiration. Celle qui est diffusée aujourd'hui comporte une introduction du grand rabbin de l'armée Gad Navon, chargée de connotations ultranationalistes.

 

La Bible y est présentée comme un bien réservé aux seuls Juifs, qui leur reconnaît un droit exclusif sur la terre de leurs pères et comme une preuve de la présence continue du peuple Juif dans la région. Elle devient une partie intégrante du système   idéologique du sionisme religieux.

 

Le mot de "Paix" a disparu, pour faire place à la mention de l'Ennemi", Abraham devient le père de la nation juive, qui se tient debout seul, face au reste du monde. Le rabbin Gad Navon croit ainsi fortifier l'esprit des soldats et il termine sa Préface par le verset   du Deutéronome (20/4): Car le Seigneur se tient à tes côtés, il lutte pour toi contre les ennemis et te donne la victoire."

 

Pour couronner cette introduction ethnocentriste, on a joint à la Bible, en annexe, un atlas où chaque soldat pourra trouver une carte du Grand Israël, qui inclut non seulement la Judée et la Samarie, mais la Jordanie.

 

Une autre carte, intitulée: La terre donnée par Dieu aux juifs a pour légende le verset bien connu sur "Le territoire qui s'étend de la rivière d'Egypte au grand fleuve   Euphrate.."

 

Cet état d'esprit est répandu à tous les niveaux de la hiérarchie militaire. Le grand rabbin A. Avidan, aumônier de corps d'armée avec le grade de colonel, écrit dans un   livre: La pureté des armes à la lumière de la Halakhah.

 

"Quand au cours d'une guerre, ou lors d'une poursuite armée ou d'un raid, nos forces se trouvent devant des civils dont on ne peut être sûr qu'ils ne nous nuiront pas, ces civils, selon la Halakhah, peuvent et même doivent être tués [...] En    aucun cas l'on ne peut faire confiance à un arabe, même s'il a l'air civilisé [...] En guerre, lorsque nos troupes engagent un assaut final, il leur est permis et ordonné par la Halakhah de tuer même des civils bons, c'est-à-dire les civils qui se présentent comme tels."

 

Conditionnés par de tels Bréviaires de la haine "trop de soldats se sont mis à croire que le Génocide peut justifier n'importe quelle action déshonorante." dit le colonel Praver, 15 juin 1990, dans un entretien enregistré. (Tom Segev, op. cit., p.473)

 

En voici une illustration  éclatante lors du bombardement de civils à Cana, la   conversation du correspondant de Kol Ha'ir du 10 mai 1996 avec 5 soldats de la batterie responsable de ce tir:

 

"Aucun n'a manifesté le moindre trouble... Ils ont raconté qu'ils avaient appris,   quelques minutes plus tard, où étaient tombés les obus. Le commandant les a rassemblés pour leur dire qu'ils avaient bien agi et devaient continuer. "Personne ici n'a parlé d'une erreur". Après tout, ce ne sont que des Arabushes (terme méprisant composé du mot "Arabe" et de "rat" en hébreu. ("Akhabaroshim") Les arabes, il y en a   des millions!

 

Q Vous n'avez eu aucun problème de conscience?...

R - Pourquoi? Nous n'avons fait que notre travail. Nous avons obéi aux ordres. D'ailleurs    personne ne nous demande notre avis...

Q Et si on vous l'avait demandé?

R Nous aurions tiré d'avantage d'obus et tue d'avantages d'Arabes...

Q Et la " pureté des armes " (dont se prévalait un temps l'armée sioniste)?

R- Je ne sais pas de quoi vous parlez...

Nous autres, artilleurs, n'avons pas de temps à perdre à discuter de pareilles stupidités. Ce qu'on nous apprend, c'est à nous comporter comme des soldats professionnels."


Roger Garaudy, Le procès du sionisme israélien, Al Fihrist, pp 125 à 147(extraits)

 

       

 

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dimanche 27 septembre 2009

Les masques de guerre, par Michel Peyret



Les peuples ont la nausée de vos masques , chants , tam-tam et danses de guerre !

Ils ont dit maintes et maintes fois : « Maintenant , c'est la Der , la Der des Der ! »

Et chaque fois , vous avez « remis le couvert » , de façon toujours plus ignoble , toujours plus mensongère , toujours plus dramatique , toujours plus horrible .

Ils auraient pu rire du spectacle de vos pantomimes de plus en plus médiatisées , bassement , piètrement exécutées et répercutées par des médias toujours plus domestiqués et abêtissants .

La politique du spectacle n'en finit pourtant pas , même dans sa dégénérescence de plus en plus accentuée .


CERTES , ON SAIT BIEN...

Certes , on sait bien que les productions , ô combien coûteuses , des complexes militaro-industriels ont besoin d'être détruites , et donc utilisées , pour pouvoir être renouvelées et donner naissance à de nouvelles sources de profit !

Certes , on sait bien que la Courbe de Hubbert de la production pétrolière et gazeuse a pris son option descendante et qu'il convient en conséquence de s'assurer le contrôle des réserves qui n'ont pas encore été gâchées par votre productivisme acharné alors même qu'aucune alternative énergétique sérieuse n'est encore programmée !

Certes , on sait bien que votre système et la « civilisation » qu'il a générée sont en crise , celle que provoque la baisse tendancielle du taux de profit quand toutes les contre-tendances , y compris les plus tordues financièrement , ont fini par l'approfondir dans les plus éloignés de ses dessous !

Certes , on sait bien que la sur-accumulation des capitaux qui en résulte a besoin d'une dévalorisation massive de ces capitaux , c'est-à-dire jusqu'à leur destruction massive sous toutes ses formes !

Certes , on sait bien que la guerre , les guerres , peuvent être le prétexte rêvé , sinon la cause réelle de cette destruction-dévalorisation de capital qui permet au capital survivant de retrouver un taux de profit convenable et la reprise de l'accumulation... jusqu'à la crise suivante !

Certes , on sait bien que le prochain affrontement a de fortes « chances » d'être le dernier si l'on considère les stocks d'armes nucléaires accumulées... et non détruites selon ce que prévoyaient les accords internationaux que vous avez vous-mêmes signés...!

Certes , on sait bien que le Ben Laden , issu de l'une des plus estimées et riches familles d'Arabie saoudite , a terminé son rôle dans une certaine décrépitude alors que ses débuts florissants avaient pu justifier la destruction du World Trade Center... et les guerres punitives qui en étaient résulté .

Certes , on sait que vous avez besoin d'un nouvel « bouc-émissaire » qui permettrait de donner l'ordre de départ aux bombardiers et autres sous-marins israéliens porteurs d'armes nucléaires destinées à vitrifier les témoignages d'une des plus anciennes civilisations de notre humanité .


NOUS SORTONS DU SIECLE DES GENOCIDES

Nos souffles restent « suspendus » tant vous avez l'art et la manière d'accommoder cette sauce guerrière aux meilleurs épices régionaux dans la variété de leurs arômes !

Ils n'oseront pas , me dit-on .

Mais ils ont déjà osé dans la passé bien qu'ils aient bien mesuré l'ampleur des dégâts que permettaient les technologies existantes !

Ne sortons-nous pas du « siècle des génocides » ?

Aussi , après ces quelques rappels en manière d'introduction , nous allons examiner quelques données sur l'ampleur de l'armement nucléaire de quelques pays et les comparer avec celles de ce « pelé , ce galeux d'où venait tout le mal » .



LES PAYS SIGNATAIRES DU TNP

Parmi les signataires du Traité de Non Prolifération Nucléaires , on trouve :

  • la Russie dotée de 16 000   armes , dont 5830 actives ,

  • Les Etats-Unis : 9962 dont   5735 actives ,

  • La France : 348 têtes   actives ,

  • Le Royaume-Uni : plus de   200 dont un peu moins de 200 actives ,

  • la République populaire de   Chine :environ 200 , dont environ 145 actives .


Pour les pays détenteurs non-signataires du TNP :

- L'Inde : 40 à 50 têtes , presque toutes actives ,

- Le Pakistan : 50 à 60 , presque toutes actives


LE PROGRAMME NUCLEAIRE D'ISRAEL

Selon Wikipédia , Israël dispose d'armes nucléaires dont une centaine seraient actives .

Selon un ancien technicien de la Centrale nucléaire de Dimona , Mordechaï Vanunu , Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques .

Cette déclaration lui a valu une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans .

Selon certaines sources , Israël aurait procédé , avec l'aide de l'Afrique du Sud , à un essai sous-marin dans l'Océan Indien le 22 septembre 1979 , connu sous le nom de l'Incident Vela , mais aucune certitude n'existe à ce sujet .

La position officielle israélienne a toujours été de ne pas confirmer ni infirmer les spéculations relatives à sa possession de l'arme atomique .

Le 6 décembre 2006 , Robert Gates , secrétaire à la défense américain déclarait lors de son audition au Sénat : « L'Iran est entouré de pays dotés de l'arme nucléaire : Le Pakistan à

l'Est , Israêl à l'ouest... » , une première pour un haut fonctionnaire américain .

Quelques jours plus tard , le 11 décembre 2006 , lors d'une interview de la chaîne de télévision N24 à propos des ambitions nucléaires iraniennes , Ehud Olmert déclarait : « Pourriez-vous dire que c'est la même chose que pour l'Amérique , la France , Israël et la Russie ? » .

Il a été obligé de corriger le déclaration de Robert Gates ainsi que son lapsus et a rappelé la position d'Israël sur le sujet : « Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient . C'était notre position , c'est notre position , cela restera notre position . »



ET L'IRAN ?

L'Iran fait partie avec le Brésil , l'Algérie , l'Arabie saoudite , la Syrie , des pays soupçonnés de développer un programme militaire ;

Wikipédia précise :

« L'Iran essaye depuis plusieurs années de se procurer l'énergie atomique à des fins , officiellement , civiles .

« Cependant plusieurs membres de la Communauté internationale pensent que ce programme peut être utilisé pour développer l'arme nucléaire , notamment depuis la découverte de l'installation de recherche de Natanz , en août 2002 , qui n'avait pas été déclarée à l'AIEA .

« Une troïka européenne , composée de l'Allemagne , de la France et du Royaume-Uni , s'est formée et tente de pousser l'Iran à accepter un contrôle strict de son programme civil par des experts de L'AIEA .

« Israël et les Etats-Unis pour leur part laissent planer le déclenchement de représailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait à être confirmé

« Au début du mois de janvier 2006 , l'Europe et les Etats-Unis se sont mis d'accord pour présenter l'affaire devant le Conseil de Sécurité de l'ONU . »



UNE LOGIQUE DE GUERRE

Dès décembre 2006 , Bernard Ravenel , dans « Pour la Palestine » , montrait que dès 2002 les Etats-Unis ont opté pour une politique de guerre active et « préventive » , de la péninsule arabe à l'Asie centrale .

« Dans ce contexte , précise-t-il , Israël doit jouer un rôle important sinon décisif .

« Déjà en 1982 , devant la guerre menée au Liban , le gouvernement du Likoud proposait une intervention contre l'Iran , après avoir bombardé le réacteur nucléaire de Tamouz en Irak .

« Mais avec l'existence de l'URSS , Washington hésitait .

« Aujourd'hui , entre la guerre en Irak et le soutien aux guerres israéliennes au Liban et en Palestine , les Etats-Unis de G.W. Bush visent à créer une situation de conflit permanent au Moyen-Orient .

« En fait , à partir de la non-résolution de la question palestinienne .

« Et l'Iran est devenu la cible centrale reposant , après Israêl , la question de la nucléarisation de la région avec toutes ses conséquences , y compris dans l'évolution de la stratégie des Etats-Unis et d' Israël .

« Comment arrêter la marche vers une catastrophe dont seraient victimes tous les peuples de la région ? »



POUR UNE ZONE LIBRE D'ARMES NUCLEAIRES AU MOYEN-ORIENT

Face à la logique de guerre , poursuit Bernard Ravenel , « risquant de devenir nucléaire , la seule réponse est celle d'une logique de paix construite par la négociation politique fondée sur l'application du droit.

« Mais dans l'immédiat , face au risque imminent , même reporté , de guerre nucléaire , la reprise de la proposition d'une zone libre d'armes nucléaires au Moyen-Orient devient une nécessité politique vitale .

« Cette proposition a été votée , à la demande pressante de l'Egypte en 1995 , à la conférence de révision du TNP , revotée en 2000 .

« En février 2006 , l'AIEA en a rappelé la nécessité , tout en rencontrant l'hostilité farouche d'Israêl soutenu par les Etats-Unis .

« Pour leur part , les pays européens l'ont promis aux Iraniens .

« Ils n'ont rien fait pour tenir leur engagement . »



L'IRAN POUR UN PLAN DE SECURITE

En diverses circonstances et avec détermination , les dirigeants de l'Iran ont fait des propositions allant en ce sens .

On comprend bien pourquoi ce pays , qui n'en a jamais agressé un autre , au moins dans les temps « modernes » , soit le plus en mesure d'être à l'initiative concernant la sécurité dans le Golfe Persique .

Ainsi , par exemple , en 2007 de nouveau , à l'occasion d'une réunion du Forum Mondial économique de Doha , un haut représentant du chef suprême de l'Iran a présenté un plan de sécurité en 10 points dont un prévoit expressément , et entre autres propositions , de mettre fin à la course aux armements dans la région «  et d'établir une coopération sérieuse parmi les pays régionaux pour un Moyen-Orient libre de tout ADM ( armes de destruction massives ) .



QUAND LA FRANCE TENAIT UN AUTRE LANGAGE

Il fut aussi un temps où les représentants de la France , moins inféodés , tenaient un autre langage que celui que l'on entend aujourd'hui .

Ainsi , par exemple , l'ambassadeur permanent de la France auprès de la Conférence du désarmement déclarait-il à propos de la Résolution sur le Moyen-Orient le 4 mai 1998 que « la France est également convaincue que le création de zones exemptes d'armes nucléaires , internationalement reconnues sur la base d'arrangements librement négociés entre les Etats de la région considérée , renforce la paix et la sécurité mondiales et régionales . »

Et il se félicitait de la résolution 52/34 sur la création d'une telle zone dans la région du Moyen-Orient ….



DONNER TOUTE SA FORCE AU COMBAT POUR LA PAIX ET LE DESARMEMENT

Ainsi quelques repères sans entrer dans l'évolution récente dont nous avons dit toutefois qu'elle pourrait rapidement devenir aiguë .

Le peuple français a une longue tradition dans les luttes contre les guerres , pour la paix et le désarmement et certainement l'évolution de la gravité de la situation justifierait-elle à nouveau un engagement fort .

Il a aussi fait l'expérience que ces luttes-là sont également constitutives de l'ensemble des luttes sociales et politiques contre le capitalisme et sa crise .

Leur redonner toute leur dimension de lutte contre l'impérialisme aujourd'hui quand les périls ressurgissent ne peut que contribuer à renforcer leur caractère global visant à la transformation de la société.

Michel Peyret

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dimanche 30 août 2009

Desmond Tutu appelle au boycott d’Israël

 

             

L’archevêque sud-africain Desmond Tutu, a dénoncé... le fait qu’Israël fasse “payer aux Palestiniens le prix de l’Holocauste” et a rappelé que "Pas plus que l’Afrique du Sud, Israël n’obtiendrait la sécurité par les armes, mais seulement à condition de reconnaître et respecter tous les droits de l’homme ».

             

Dans une interview au quotidien Haaretz, le prix Nobel de la Paix répondait aux propos de Netanyahou qui, de passage à Berlin, a justifié une fois de plus a politique israélienne par l’holocauste.

             

Desmond Tutu en a profité pour approuver les récents propos de l’opposant israélien Neve Gordon, en faveur du boycott de son pays.

             

Il a rappelé la nécessité de sanctions contre Israël, et l’importance particulière du boycott sportif, ainsi que son efficacité pour combattre le régime d’apartheid en Afrique du Sud. « Comme nous vivions dans un pays entiché de sport, cela a permis de toucher les gens ordinaires. Cela a été l’un des outils psychologiques les plus puissants ».

             

Il a également souligné la "nécessité de frapper le régime d’apartheid au portefeuille, comme cela a été le cas en Afrique du Sud avec l’embargo sur les armes et le boycott économique."

             

Ce sont, a-t-il déclaré, ces sanctions qui ont "donné de l’espoir à notre peuple en lui montrant que le monde s’en souciait".

             

Lors de sa visite au village de Bil’in où se tiennent chaque semaine des manifestations contre le mur, il a fait le parallèle avec l’Afrique du sud “du temps où nous devions passer les check-points et où nous étions à la merci de l’arbitraire le plus total des policiers », tout en soulignant : « Toutefois, nous ne subissions pas de châtiments collectifs, tels que les démolitions de maisons sous prétexte que l’un de ses habitants soit soupçonné de ‘terrorisme‘ ».

             

L’archevêque Desmond Tutu a également accusé les organisations juives aux États-Unis, "d’intimider tous ceux qui critiquent l’occupation en les qualifiant d’antisémites". Il a rappelé comment ces lobbies avaient fait annuler ses interventions dans les universités américaines.

   http://www.protection-palestine.org/      


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dimanche 5 juillet 2009

Honduras, mon beau souci

http://www.causeur.fr/:

Soudain, j’ai eu l’impression d’avoir neuf ans. En soi, ce n’était pas désagréable. Ce qu’on a vu, brièvement, sur nos écrans et qui m’a donné cette sensation, en revanche, l’était bien davantage. Des militaires, dans une capitale latino-américaine, qui sillonnent des avenues plus désertes que le cerveau d’un néo-conservateur. Des blindés qui prennent position devant un palais présidentiel. Des manifestations populaires, entre trouille et héroïsme, dispersées par des coups de feu.

J’ai cru, comme on dit dans les romans de science-fiction, à une déchirure du continuum spatio-temporel. J’étais revenu au 11 septembre1 1973 et la première chaîne en noir et blanc montrait l’armée chilienne cernant et bombardant Allende et ses derniers partisans dans le palais de la Moneda, pour la plus grande gloire de la CIA, d’ITT, des actionnaires des mines de cuivre et du général Pinochet.

Mais non, je n’avais plus neuf ans. Il y en avait maintenant des centaines, de chaînes, toutes en couleurs, dont certaines prétendent à une information en flux continu et pourtant se montraient bien avares d’informations sur la question. En même temps, ce n’était rien, ce n’était qu’un coup d’Etat, un putsch, un golpe, un pronunciamiento, et dans un pays d’intérêt franchement secondaire : le Honduras. Même pas une équipe de foutebaule digne de ce nom, c’est dire… Bref, un événement très périphérique. Vous imaginez un peu, ce qu’on peut en avoir à faire du Honduras, quand Téhéran s’enflamme et que Maïqueule Djaquesonne vient de mourir. Non, soyez sérieux, il faut savoir hiérarchiser l’information, tout de même. Et puis titrer sur “Coup d’État à Tegucigalpa”, cela vous a tout de suite l’allure d’un SAS des années 1970, ce qui manque de crédibilité pour les journaux de référence.

Mais voilà, le président renversé est bolivarien, c’est-à-dire très proche d’Hugo Chavez. Il s’appelle Manuel Zelaya et, à l’origine, était plutôt un homme de droite. Seulement, il s’est aperçu que la politique de Chavez, ce n’était pas si mal. Que la finalité de tout gouvernement, comme on le sait depuis Aristote, devrait être la philia, c’est-à-dire une certaine concorde entre les citoyens, une volonté d’harmonie et que cela suppose une relative égalité, donc une redistribution la plus juste possible des richesses produites. On s’excuse de dire tant de gros mots au pays du bouclier fiscal, mais il semblerait que quelque chose qui ressemble à la construction d’un socialisme du XXIe siècle soit en train de se jouer, en ce moment précis, dans toute une série de pays latino-américains, et que cette construction se fasse, ô rage, ô désespoir, avec l’assentiment des peuples qui reconduisent leurs gouvernants aux affaires avec une régularité désespérante pour l’observateur néo-libéral alexandreadlérisé.

Que s’apprêtait à faire Manuel Zelaya ? À organiser un référendum constitutionnel l’autorisant à se représenter. Les observateurs estiment qu’il allait le gagner de manière écrasante. Manuel Zelaya, contrairement à Nicolas Sarkozy, quand il veut changer sa constitution, le demande à son peuple. Il ne compte pas sur une unique voix de majorité au Congrès, celle d’un ex-futur ministre d’ouverture qui paraît-il est toujours socialiste. Mais demander son avis au peuple, pour le néo-libéral alexandradlerisé, et surtout depuis le référendum de 2005, c’est populiste. D’ailleurs, c’est bien connu, tous les chefs d’Etats bolivariens sont populistes. Populiste, dans la novlangue de l’Empire du Bien, fait partie du tiercé de la disqualification, juste après antisémite et pédophile. Plus généralement, il y aura, à l’avenir, une histoire à écrire du traitement de la révolution bolivarienne par les médias français. Les “spécialistes” du Monde par exemple, comme Marie Delcas ou Paulo Paranagua, écrivent sur la question des articles tellement caricaturaux qu’ils seraient refusés par la CIA qui trouverait ça un peu gros, même pour une opération de déstabilisation à l’ancienne.

Ce qui gêne, chez Chavez, Morales, Correa, Ortega, c’est qu’ils sont en train de réussir. Là où comme n’importe quel militaire hondurien, le penseur de garde français veut voir des dictateurs marxisants, il y a en fait une politique du “prendre soin”, telle que la définit Stiegler où le rapport à l’autre, au monde, à l’amour est en passe d’être réinventé. Qui sait que Chavez lit davantage Les Evangiles, Don Quichotte et Les Misérables2 que Marx et Engels pour mener sa politique ? Et qu’il pense déjà à l’après-pétrole alors que ce fut le carburant de sa révolution ? Que la fameuse phase du dépérissement de l’Etat, qui devrait pourtant plaire à nos libéraux, semble même déjà entamée avec des transferts de pouvoir de plus en plus grands aux communautés de base (communes, conseils ouvriers et paysans, etc.) ? Alors évidemment, comme le capitalisme est entrain de retourner à l’âge de pierre, ça énerve.

Ça énerve tellement qu’on poutche. Manuel Zelaya s’est retrouvé arrêté dans ses propres bureaux, envoyé au Costa Rica et au revoir monsieur. Confessons-le, nous avons cru à un moment à un coup des Américains. C’est vrai, quoi, la situation avait quand même un côté très vintage guerre froide. On s’était dit : “Tiens, Obama, il en profite que toute la planète ait les yeux tournés vers l’Iran pour renouer avec la bonne vieille doctrine Monroe qui veut que l’Amérique centrale et caraïbe soit l’équivalent de notre Françafrique.”

Mais non, la condamnation est tombée, ferme et sans appel, avec demande d’explication aux ambassadeurs et tout l’habituel toutim diplomatique. Celui qui a dû être embêté, c’est Roberto Micheletti, actuel président par intérim, et candidat malheureux à l’élection présidentielle. Il s’est trompé d’époque, le pauvre homme. Il a cru bien faire et voilà que tout le monde lui tombe dessus à l’ONU comme ailleurs. Même à Washington. Il doit se sentir presque aussi bête que certains journalistes français qui ont osé, dès le renversement de Zelaya connu, avancer l’explication d’une armée hondurienne sauvant la légalité et la liberté. Ce que furent d’ailleurs les arguments, déjà, d’une bonne partie de la presse française en… 1936 pour justifier l’agression franquiste contre la toute jeune République espagnole.

Alors, que cette sinistre pantalonnade serve au moins à modifier la perception caricaturale que l’on veut donner sous nos latitudes de l’ALBA (Alternativa Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América), un traité politique et commercial destiné résister à l’impérialisme étatsunien et à ses tentatives constantes de déstabilisation. L’ALBA comprend, outre le Honduras, le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, le Nicaragua et Cuba, des pays qui tentent d’élaborer une alternative à la catastrophe en cours et où les indicateurs de santé, d’éducation, de lutte contre les cartels et l’insécurité endémique semblent, enfin, indiquer que ces peuples potentiellement riches pourraient sortir de la misère noire.

Alors, sans croire pour autant aux modèles clés en main, on pourrait peut-être cesser de les caricaturer et les regarder faire. Et, peut-être, essayer à notre tour deux ou trois de leurs idées. Parce que depuis septembre 2008, sincèrement, on n’a plus grand chose à perdre.

Jerôme Leroy


  1. Il y a de ces dates tout de même. Et dire que c’est pourtant le jour anniversaire de la naissance d’une de nos plus charmantes causeuses.
  2. Chavez a fait distribuer dans les quartiers pauvres de Caracas, à l’été 2006, demi-million d’exemplaires de Don Quichotte. Il a beau avoir serré la main d’un ministre au nom de la real politik, ce que je déplore, ce genre de geste me fait dire qu’il n’a pas grand chose de commun avec les massacreurs enturbannés du Hamas ou de Téhéran. D’ailleurs, d’après mes informations, il y aurait moins de burqas à Caracas que dans certaines banlieues françaises. L’émancipation, sans doute…

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lundi 8 juin 2009

Boycott Israêl

 

Le 8ème Congrès départemental du Syndicat Départemental de l'Education Nationale CGT Nord (SDEN-CGT Nord), réuni les 25 et 26 mai 2 009 à Saint-Amand-les-Eaux a adopté la motion suivante :



L'offensive criminelle israélienne à Gaza en décembre-janvier 2009 a fait plus de 1500 morts et plus de 5000 blessés. Cette guerre totale par air, terre et mer, a été menée contre le peuple palestinien avec la volonté de détruire l'ensemble des infrastructures et installations : écoles, hôpitaux, routes, mosquées… Ambulances et cimetière n'ont pas été épargnés par l'armée d'occupation israélienne qui a largué pendant trois semaines, jours et nuits, des bombes au gaz sur des bébés, des femmes et des vieillards.

Les responsables de ce que l'Union Juive Française pour la Paix appelle « une abjecte boucherie » doivent être jugés devant les tribunaux nationaux et internationaux. L'impunité dont a toujours joui l'Etat sioniste doit cesser, comme doit cesser la complicité active des Etats Unis, de l'Europe et en particulier de la France ainsi que de certains Etats arabes, avec un Etat qui bafoue les droits élémentaires du peuple palestinien depuis plus de 60 ans.

L'aggravation de la situation des Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, comme celle des citoyens israéliens d'origine palestinienne, s'accélère davantage avec l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite israélienne.

Considérant que l'Etat d'Israël perpétue l'occupation et la colonisation de la Palestine, au mépris du droit international , des résolutions de l'ONU et de la Convention de Genève, qu'il poursuit la construction illégale du mur de l'apartheid, qu'il maintient arbitrairement en prison des dizaines d'élus du peuple palestinien, des maires, des députés, des ministres ainsi que 11 000 Palestiniens dont près de 500 enfants,

Considérant également que les fortes mobilisations populaires de janvier, où 20 000 manifestants de notre région ont témoigné leur solidarité internationale avec le peuple palestinien et auxquelles notre syndicat a pris part,

Le SDEN-CGT Nord, en application des statuts de la CGT qui défend « les valeurs humanistes et internationalistes », qui agit « pour la paix et le désarmement, pour les droits de l'homme et le rapprochement des peuples », s'engage, à l'instar de la campagne de boycott contre l'apartheid en Afrique du Sud, à répondre à l'appel des 172 associations palestiniennes et des anticolonialistes israéliens pour le « Boycott Désinvestissement Sanctions » (B.D.S.) à l'encontre d'Israël, boycott et désinvestissements économique, universitaire, culturel et sportif.

Le SDEN-CGT Nord s'engage à populariser la campagne B.D.S. et à y participer tant que le peuple palestinien n'aura pas recouvré tous ses droits nationaux dont le droit au retour.

Enfin, le SDEN-CGT condamne le silence assourdissant du syndicat israélien la Histadrout : ce syndicat, censé représenter les intérêts des travailleurs israéliens, a refusé de condamner les crimes du gouvernement israélien pendant ces 23 jours de bombardements sur la population affamée et assiégée par le blocus de Gaza.

Le SDEN-CGT Nord demande à la CGT de rompre toute relation avec ce syndicat tant qu'il n'aura pas condamné la politique coloniale israélienne et appelle à renforcer ses liens avec les syndicats palestiniens.

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lundi 26 janvier 2009

Silence! A Gaza, on tue. par Djohar Khater

Luc Collès (luc.colles@uclouvain.be http://www.fltr.ucl.ac.be/FLTR/ROM/CEDILL/bienvenue/personnes/colles.htm), ami du blog, me communique ces deux textes d'un de ses correspondants:

Cher Monsieur, bonjour

J'ai beaucoup apprécié vos textes que j'ai trouvés sur le Web, notamment l'analyse développée sur la conception du bonheur selon R.Garaudy. Vous avez raison de dire (avec lui)  que c'est le type de rapport à l'autre (être humain ou tout autre élément du monde naturel ou animal ) qui détermine pour tout un chacun, la qualité de vie. En résumé, c'est la symbiose avec le Cosmos, qui  est à la base du bonheur. Il  faut pour ce faire, un idéal transcendant, une morale d'Amour: le cerveau est moral, nous apprennent  les neurosciences: on ne peut s'y dérober sans en faire les frais. Or, l'hyperindividualisme - pièce maîtresse de la modernité - nous rattrape par tous les détours, nous condamnant au déséquilibre et à la malvie, mais surtout, très souvent malheureusement, au désespoir. D'où ces expéditives solutions de facilité, répondant aux pressions de l'immédiateté. Ainsi,  la vie s'écoule d'une fuite en avant à une autre, accumulant les dégâts (ou les désastres, c'est selon) en soi et tout autour. Il ne saurait en être autrement tant que nous en négligerons l'essence pour nous accrocher au factice.

*********************************************************************   

Gaza
Gaza en feu
Terreur en spectacle hécatombe
Maîtres de nos rêves et cauchemars
Votre foudre s'annonce  de plomb
Saufs sont les pouvoirs  grands airs nuées de fumée flots de sang tissés en bels espoirs

Gaza en feu
Les affaires prospèrent au mieux
La technologie assassine s'affine
En transe les illuminés peaufinent
Rêvant de paix les doux s'incinèrent  pour une vie meilleure à la face d'un monde avare

Gaza en feu
Focalise instinct de vie oblige les yeux
Entre parenthèse les soucis  des nantis
Et aux trouble-fêtes  une leçon de vie
Gaza l'assiégée grillée l'arabe dépecé en gros en pièces pour jamais n'oser lever la tête

Gaza en feu
Ton peuple se meurt pour n'avoir déserté
Les lieux où s'enracine son être d'éternité
Une froide raison  flétrit le juif en premier
Injure à Ibrahim l'Intime  de Yahvé ses fils lambeaux morts ou vivants sont un honneur.

Gaza
Ceux pour qui les mots dignité esclavage et humiliation ne se confondent pas te saluent.

                Janvier 2009/ Djohar Khater

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mardi 20 janvier 2009

Des juifs parlent...

Deux textes remarquables sur la guerre d’Israël contre Gaza
En ces temps bénis où dénoncer un massacre équivaut souvent à se faire suspecter d’antisémitisme, il est importants de noter que les auteurs de ces textes sont tous les deux des Juifs.
De quoi ne pas désespérer, donc, de l’humanité !
Serge

NB : - Entre crochets, une (petite) mise au point de l’historienne Annie Lacroix-Riz.

- En gras, je souligne ce qui me semble le plus significatif pour le lecteur pressé.

Combien de divisions, d'Uri Avnéry ; Vivre en en sursis sur une terre volée, de Gilad Atzmon, janvier 2009


Transmis par Annie Lacroix-Riz, 13 janvier 2009

« Combien de divisions », d'Uri Avnéry, 11 janvier 2009

(Article écrit en hébreu et en anglais le 10 janvier 2009, publié le 11 sde Xavier Dubois, Xarlo@aol.cur le site de Gush Shalom – Traduit de l’anglais "How Many Divisions ?" : SW ; parmi ses sources : http://www.france-palestine.org/article10814.html); traduction retenue : celle de l’association France Palestine Solidarité)

Dans cette guerre, comme dans toute guerre moderne, la propagande joue un rôle majeur. La disparité entre les forces, entre l’armée israélienne – avec ses avions, ses hélicoptères de combat, ses drones, ses navires de guerre, son artillerie et ses tanks – et les quelques milliers de combattants du Hamas légèrement armés, est peut-être de un à un million. Sur le plan politique, le fossé entre eux est encore plus grand. Mais en termes de propagande de guerre, le fossé est presque infini.

Il y a près de soixante dix ans, au cours de la Seconde guerre mondiale, un crime odieux fut commis dans la ville de Leningrad. Pendant plus de mille jours, une bande d’extrémistes appelée "l’Armée rouge" ont pris les millions d’habitants de la ville en otage et provoqué les représailles de la Wehrmacht allemande dans les centres de population à l’intérieur de la ville. Les Allemands n’ont eu d’autre alternative que de bombarder la population et d’imposer un total blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps avant cela, un crime semblable avait été commis en Angleterre. La bande à Churchill se cachait dans la population londonienne, utilisant les millions de citoyens comme boucliers humains. Les Allemands ont été obligés d’envoyer leur Luftwaffe et de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz. C’est la description qui serait faite dans les livres d’histoire aujourd’hui – si les Allemands avaient gagné la guerre. Absurde ? Pas plus que les descriptions quotidiennes dans nos médias, qui répètent ad nauseam : Les terroristes du Hamas utilisent les habitants de Gaza comme "otages" et exploitent les femmes et les enfants comme "boucliers humains", ils ne nous laissent aucune alternative que de procéder à des bombardements massifs, dans lesquels, à notre grand regret, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes désarmés sont tués et blessés.

Dans cette guerre, comme dans toute guerre moderne, la propagande joue un rôle majeur. La disparité entre les forces, entre l’armée israélienne – avec ses avions, ses hélicoptères de combat, ses drones, ses navires de guerre, son artillerie et ses tanks – et les quelques milliers de combattants du Hamas légèrement armés, est peut-être de un à un million. Sur le plan politique, le fossé entre eux est encore plus grand. Mais en termes de propagande de guerre, le fossé est presque infini.

Presque tous les médias occidentaux ont au début répété la ligne de propagande officielle israélienne. Ils ont presque entièrement ignoré la version palestinienne de l’histoire, et n’ont fait aucune mention des manifestations quotidiennes du camp de la paix israélien. La raison avancée par le gouvernement israélien ("l’Etat doit défendre les citoyens contre les roquettes Qassam") a été acceptée comme la pure vérité. L’autre version, selon laquelle les lancements de Qassam sont des représailles pour le siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a pas du tout été mentionnée. C’est seulement quand les horribles scènes venant de Gaza ont commencé à être montrées sur les écrans des télévisions occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à changer. Certes, les chaînes occidentales et israéliennes n’ont montré qu’une toute petite partie des événements meurtriers qui apparaissent 24 heures sur 24 chaque jour sur la chaîne arabe Al Jazira, mais une photo d’un enfant mort dans les bras de son père terrifié est plus forte qu’un millier de phrases bien structurées du porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif à la fin.

La guerre, toute guerre, est le royaume des mensonges. Si on en appelle à la propagande ou à la guerre psychologique, tout le monde accepte l’idée qu’on a le droit de mentir pour son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être traité de traître. L’ennui est que c’est pour celui qui la porte lui-même que cette propagande est la plus convaincante. Et après, vous vous convainquez qu’un mensonge est la vérité, vous falsifiez la réalité, et vous ne pouvez plus prendre de décisions rationnelles. Un exemple de ce processus entoure l’atrocité la plus choquante de cette guerre : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura dans le camp de réfugiés de Jabaliya. Dès après que l’événement a commencé à être connu dans le monde, l’armée a "révélé" que des combattants du Hamas avaient tiré des obus de mortier depuis l’entrée de l’école. Pour preuve, ils ont fourni une photo aérienne qui montrait en effet l’école et le mortier. Mais peu de temps après, le menteur officiel de l’armée admettait que la photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.

Par la suite, le menteur officiel a déclaré que "nos soldats étaient ciblés de l’intérieur de l’école". Il fallut à peine un jour pour que l’armée soit obligée d’admettre vis-à-vis d’un agent de l’ONU que c’était un mensonge aussi. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, et aucun combattant du Hamas ne se trouvait dans l’école, qui était pleine de réfugiés terrifiés. Mais cette reconnaissance n’avait plus vraiment d’impact. Entre temps, les Israéliens avaient été complètement convaincus qu’"ils tiraient de l’intérieur de l’école", et les présentateurs de télévision avaient annoncé cela comme un fait. Il en va de même pour les autres atrocités. Chaque bébé est transformé, en mourant, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commande terroriste, chaque bâtiment du gouvernement civil un "symbole de l’administration Hamas". Ainsi l’armée israélienne garde sa pureté et reste "l’armée la plus morale du monde".

La vérité est que les atrocités sont le résultat direct du plan de guerre. Il reflète la personnalité d’Ehoud Barak – dont le mode de pensée et les actions sont ce que l’on appelle "alinéation morale", un trouble sociopathe. L’objectif réel (à part gagner des sièges aux prochaines élections) est de mettre fin au gouvernement Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’imagination de ses concepteurs, Hamas est un envahisseur qui a pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est bien sûr toute autre.

Le mouvement Hamas a obtenu la majorité dans des élections éminemment démocratiques qui ont eu lieu en Cisjordanie, à Jérusalem-est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens étaient arrivés à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien obtenu d’Israël – ni gel de la colonisation, ni libération des prisonniers, ni aucun pas en direction de la fin de l’occupation et de la création d’un Etat palestinien. Le Hamas est profondément enraciné dans la population – pas seulement comme mouvement de résistance qui lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le groupe Stern dans le passé – mais aussi comme organisation politique et religieuse qui fournit des services dans les domaines social, éducationnel et médical. Pour la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils des familles de la bande de Gaza et d’autres régions de Palestine. Ils ne "se cachent pas derrière la population", la population ne les considère que comme ses défenseurs.

Donc, toute l’opération est basée sur de fausses hypothèses. Transformer sa vie en enfer ne conduit pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à l’unir derrière le Hamas et à renforcer sa détermination à ne pas se rendre. La population de Leningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens ne se sont retournés contre Churchill.

Celui qui donne l’ordre d’une telle guerre avec de telles méthodes dans un territoire si densément peuplé sait qu’il causera des massacres de civils. Apparemment cela ne l’a pas troublé. Ou il a cru qu’"ils changeront de voie" et que "cela engourdira leur conscience" de sorte qu’à l’avenir ils n’oseront plus résister à Israël. Une autre priorité pour les donneurs d’ordre de la guerre était de réduire au maximum les victimes parmi les soldats, sachant que l’état d’esprit d’une large partie de l’opinion pro-guerre changerait s’il y avait de telles victimes. C’est ce qui est arrivé dans la première et la seconde guerres du Liban.

Cette considération joue un rôle particulièrement important parce que toute la guerre fait partie de la campagne électorale. Ehoud Barak, qui a remonté dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que son score chuterait si des images de soldats morts défilaient sur les écrans de TV. Donc une nouvelle doctrine a été utilisée : pour éviter les pertes parmi nos soldats, tout détruire sur leur passage. Les auteurs de cette idée n’étaient plus seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour sauver un soldat israélien, come c’était le cas, mais 800. L’économie de victimes de notre côté est le commandement premier, qui cause un record du nombre des victimes civiles de l’autre côté. Cela signifie le choix conscient d’une sorte de guerre particulièrement cruelle – et c’est son talon d’Achille.

Un homme sans imagination, comme Barak (son slogan électoral : "Pas un brave type, mais un leader") ne peut pas imaginer comment les braves gens à travers le monde réagissent aux actions comme l’assassinat de familles entières, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, les cortèges de garçons et de filles dans leur linceul blanc prêts à être inhumés, les reportages sur les gens qui trouvent la mort au bout de plusieurs jours parce que les ambulances n’ont pas pu arriver à temps, l’assassinat de médecins et d’infirmiers en route pour sauver des vies, l’assassinat de chauffeurs de l’ONU apportant de la nourriture. Les images des hôpitaux, avec la mort, les morts et les blessés étendus ensemble sur le sol par manque de place, ont choqué le monde. Aucun argument n’est assez fort après l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur en criant : "Maman ! Maman !"

Les commanditaires de la guerre ont pensé qu’ils arrêteraient la diffusion de ces images en empêchant la couverture de la presse. Les journalistes israéliens, pour notre honte, ont accepté de se contenter des reportages et photos fournis par le porte-parole de l’armée, comme si c’était des informations authentiques, alors qu’eux-mêmes restent à des kilomètres du théâtre des événements. D’autre part, les journalistes étrangers n’étaient pas autorisés, jusqu’à ce qu’ils protestent et soient pris, pour des tours rapides dans des groupes sélectionnés et contrôlés. Mais, dans une guerre moderne, un tel point de vue stérile fabriqué ne peut pas complètement exclure les autres – les caméras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au centre du brasier, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazira diffuse les images au fil des heures et entre dans toutes les maisons.

La bataille pour l’écran de télévision est une des batailles décisives de la guerre.

Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans du Nigéria à l’Indonésie voient les images et sont horrifiés. Ceci a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs considèrent les dirigeants d’Egypte, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne comme des collaborateurs d’Israël qui commet ces atrocités contre leurs frères palestiniens. Les services de sécurité des régimes arabes enregistrent une dangereuse tendance parmi les peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé parce qu’il est près du passage de Rafah face aux réfugiés terrifiés, a commencé à faire pression sur les décisionnaires de Washington, qui jusqu’à présent ont bloqué tout appel au cessez-le-feu. Ceux-ci commencent à comprendre la menace pour les intérêts vitaux américains dans le monde arabe et ont soudain changé d’attitude. – ce qui a causé la consternation parmi les diplomates israéliens.

Les gens qui sont en état d’aliénation morale ne peuvent pas comprendre les motivations des gens normaux et deviner leurs réactions. "Combien de divisions a le Pape" ironisa Staline [Annie Lacroix-Riz : « cette citation apocryphe est stupide, comme je l’ai montré par ailleurs, mais le problème est ailleurs »]. "Combien de divisions ont les gens de conscience ?" pourra demander Ehoud Barak. Comme c’est en train d’advenir, ils en ont. Pas nombreuses. Pas très rapides de réaction. Pas très fortes et organisées. Mais, à un certain moment, quand les atrocités dépassent les bornes, et que les masses de protestataires se regroupent, cela peut décider d’une guerre.

L’erreur de compréhension de la nature du Hamas a conduit à une erreur d’appréciation des résultats. Non seulement Israël est incapable de gagner la guerre, mais Hamas ne peut pas la perdre. Même si l’armée israélienne parvenait à tuer tous les combattants du Hamas jusqu’au dernier, le Hamas gagnerait. Les combattants du Hamas seraient considérés comme les parangons de la nation arabe, les héros du peuple palestinien, les modèles pour l’émulation de tous les jeunes du monde arabe. La Cisjordanie tomberait dans les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah disparaîtrait dans un océan d’oubli, les régimes arabes seraient menacés d’effondrement. Si la guerre prend fin avec le Hamas encore debout, meurtri mais invaincu, face à la puissante machine militaire israélienne, elle ressemblera à une fantastique victoire, une victoire de l’esprit sur la matière.

Ce qui restera dans la conscience du monde sera l’image d’Israël comme un monstre tâché de sang, prêt à tout moment à commette des crimes de guerre et pas prêt à accepter la moindre contrainte morale. Ceci aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre place dans le monde, notre chance de parvenir à la paix et à la tranquillité.

Au final, cette guerre est un crime contre nous-mêmes aussi, un crime contre l’Etat d’Israël.

« Vivre en en sursis sur une terre volée », de Gilad Atzmon, 3 janvier 2009


Source: http://palestinethinktank.com/2009/01/03/gilad-atzmon-living-on-borrowed-time-in-a-stolen-land/

Discuter avec des Israéliens a de quoi laisser pantois. Même en ce moment, alors que l'aviation israélienne assassine au grand jour des centaines des civils, des personnes âgées, des femmes et des enfants, le peuple israélien parvient à se convaincre qu'il est la véritable victime de cette saga violente.

Ceux qui sont intimement familiers du peuple israélien réalisent que ce dernier n'est absolument pas informé des racines du conflit qui domine son existence. Assez souvent, les Israéliens en viennent à des arguments d'un genre bizarre qui ont tout leur sens dans le discours israélien, mais sont dénués de toute signification hors la rue juive. Un de ces arguments est le suivant: 'ces Palestiniens, pourquoi insistent-ils pour vivre sur notre terre (Israël), pourquoi ne s'installent-ils pas tout simplement en Égypte, en Syrie, au Liban ou dans n'importe quel autre pays arabe ?' Une autre perle de sagesse hébraïque est du genre : qu'est-ce-qui ne va pas avec les Palestiniens ? Nous leurs avons apporté l'eau, l'électricité, l'éducation et tout ce qu'ils trouvent à faire c'est d'essayer de nous jeter à la mer.'

De manière assez étonnante, les Israéliens même ceux de la soi-disant 'gauche' et même ceux de la 'gauche' intellectuelle sont incapables de comprendre qui sont les Palestiniens, d'où ils viennent et le pourquoi de leur résistance. Ils n'arrivent pas à comprendre qu'Israël a été créé aux dépens du peuple palestinien, de la terre palestinienne, des villages, des villes, des champs et des vergers palestiniens. Les Israéliens ne réalisent pas que les Palestiniens de Gaza et des camps de réfugiés de la région sont en réalité les populations dépossédées de Ber Shive, Jaffa, Tel Kabir, Sheikh Munis, Lod, Haïfa, Jérusalem et de bien d'autres villes et villages. Si vous vous demandez comment il se fait que les Israéliens ignorent leur histoire, la réponse est très simple, on ne la leur a jamais racontée. Les circonstances qui ont conduit au conflit israélo-palestinien sont bien cachées à l'intérieur de leur culture. Dans le paysage, les traces de la civilisation palestinienne d'avant 1948 ont été effacées. Non seulement la Nakba, le nettoyage ethnique en 1948 des indigènes palestiniens, ne fait pas partie des programmes scolaires israéliens, elle n'est pas même mentionnée ni discutée par aucun forum officiel ou universitaire israélien.

Dans le centre de presque chaque ville israélienne on peut trouver une statue commémorative en forme bizarre, presque abstraite, de tuyauterie. Cette tuyauterie est appelée Davidka et est en réalité un canon de mortier israélien de 1948. Il est intéressant de savoir que le Davidka était une arme particulièrement inefficace. Ses obus n'avaient pas une portée supérieure à 300 mètres et causaient peu de dégâts. Mais si le Davidka causait un minimum de dommages, il était par contre très bruyant. Selon l'histoire israélienne officielle, les Arabes, c'est à dire les Palestiniens, s'enfuyaient tout simplement pour sauver leurs vies dès qu'ils entendaient le Davidka au loin. Selon le discours israélien, les Juifs, c'est à dire les Israéliens 'récents' faisaient quelques feux d'artifices et les 'Arabes poltrons' couraient tout simplement comme des idiots. Dans la version israélienne officielle, on ne trouve aucune mention des nombreux massacres planifiés et perpétrés par la jeune armée israélienne et les unités paramilitaires qui l'ont précédée. Il n'y a aucune mention non plus des lois racistes qui interdisent aux Palestiniens de revenir sur leurs terres et dans leurs maisons. La signification de ce qui précède est assez simple. Les Israéliens ne sont absolument pas familiers avec la cause palestinienne. Dès lors, ils ne peuvent interpréter la lutte palestinienne que comme une lubie meurtrière irrationnelle. A l'intérieur de l'univers israélien avec son caractère judéo-centré et de seule réalité existante, l'israélien est une innocente victime et le Palestinien rien moins qu'un meurtrier barbare.

Cette grave situation qui laisse l'Israélien dans l'ignorance totale de son passé mine toute possibilité de réconciliation future. Dès lors que l'Israélien n'a pas un minimum de compréhension du conflit, il est incapable d'envisager la possibilité d'une solution qui ne serait pas l'extermination ou le nettoyage de 'l'ennemi.' Tout ce que l'Israélien a la possibilité de savoir sont des variations du récit de la souffrance juive. La souffrance des Palestiniens lui est complètement étrangère. 'Le droit au retour des Palestiniens' lui semble une idée farfelue. Même les 'humanistes israéliens' les plus en pointe ne sont pas prêts à partager le territoire avec ses habitants indigènes. Ce qui ne laisse guère d'autre possibilité aux Palestiniens que de se libérer eux-mêmes. A l'évidence, il n'y a pas de partenaire pour la paix du côté israélien.

Cette semaine, nous en avons appris un peu plus sur l'arsenal balistique du Hamas. Il est évident que le Hamas a fait preuve d'une certaine retenue avec Israël depuis trop longtemps. Le Hamas s'est retenu d'étendre le conflit à l'ensemble du Sud d'Israël. Il m'est venu à l'esprit que les volées de roquettes qui se sont abattues sporadiquement sur Sderot et Ashkelon n'étaient en réalité rien d'autre qu'un message des Palestiniens emprisonnés. C'était d'abord un message à la terre, aux champs et aux vergers volés : 'Notre terre adorée, nous ne t'avons pas oubliée, nous combattons encore pour toi, au plus vite nous reviendrons, nous reprendrons là où nous avons été arrêtés'. Mais c'était aussi un message clair aux Israéliens. 'Vous là-bas, à Sderot, à Beer Sheva, Ashkelon, Tel Aviv et Haïfa, que vous le sachiez ou pas, vous vivez en réalité sur la terre qui nous a été volée.’

Voyons les choses en face, en réalité la situation en Israël est assez grave. Il y a deux ans, c'était le Hezbollah qui bombardait à la roquette le Nord d'Israël. Cette semaine, le Hamas a prouvé sans doute possible sa capacité à distribuer au Sud d'Israël quelques cocktails de missiles vengeurs. Dans le cas du Hezbollah comme dans celui du Hamas, Israël n'a pas trouvé de réponse militaire. Il peut certes tuer des civils mais ne parvient pas à enrayer les tirs de roquettes. L'armée israélienne n'a pas les moyens de protéger Israël sauf si recouvrir Israël d'une toiture en béton peut être vu comme une solution viable. Au bout du compte, c'est peut-être ce que les responsables israéliens essaieront de faire.

Mais nous ne sommes pas à la fin de l'histoire. En fait ce n'est que le début. Tous les experts du Moyen-Orient savent que le Hamas peut prendre le contrôle de la Cisjordanie en quelques heures. En fait, le contrôle de l'Autorité Palestinienne et du Fatah sur la Cisjordanie est maintenu par l'armée israélienne. Dès que le Hamas se sera emparé de la Cisjordanie, les plus grands centres urbains israéliens seront à sa merci. Pour ceux qui ne parviennent pas à le voir, ce serait la fin de l'Israël juif. Ça peut arriver dès ce soir, dans trois mois ou dans cinq ans, la question n'est pas de savoir 'si ça se produira', mais 'quand.' A ce moment là, l'ensemble d'Israël sera à portée de tir du Hamas et du Hezbollah et la société israélienne s'effondrera, son économie sera ruinée. Le prix d'une maison individuelle de Tel Aviv Nord équivaudra à celui d'un cabanon à Kiryat Shmone ou à Sderot. Au moment où une seule roquette touchera Tel Aviv, c'en sera terminé du rêve sioniste.

Les généraux israéliens le savent, les dirigeants israéliens le savent. C'est pourquoi ils intensifient la guerre d'extermination contre les Palestiniens. Les Israéliens n'envisagent pas d'occuper Gaza. Ils n'ont rien perdu là-bas. Tout ce qu'ils veulent c'est terminer la Nakba. Ils larguent des bombes sur les Palestiniens dans le but de les anéantir. Ils veulent les Palestiniens hors de la région. Il est évident que ça ne marchera pas et que les Palestiniens resteront. Non seulement ils resteront, mais le jour de leur retour chez eux ne fait que se rapprocher vu qu'Israël a épuisé ses tactiques les plus meurtrières. C'est précisément à ce moment que le déni israélien de la réalité entre en jeu. Israël a dépassé le 'point de non-retour'. Son destin funeste est gravé au creux de chaque bombe qu'il largue sur les civils palestiniens. Il n'y a rien qu'Israël puisse faire pour se sauver lui-même. Il n'y a pas de stratégie de sortie. Il ne peut pas négocier une issue à ce conflit car ni les Israéliens ni leurs dirigeants n'en comprennent les paramètres fondamentaux. Israël n'a pas les moyens militaires d'achever cette bataille. Il peut réussir à tuer les leaders de la base palestinienne comme il le fait depuis des années, pourtant la résistance et l'opiniâtreté des Palestiniens ne font que se renforcer au lieu de faiblir. Ainsi que l'avait prédit un général des services de renseignements israéliens pendant la première Intifada, 'pour vaincre, tout ce que les Palestiniens ont à faire est de survivre.' Ils survivent et ils sont en fait en train de vaincre.

Les dirigeants israéliens comprennent tout ça. Israël a déjà tout essayé, retrait unilatéral, famine et maintenant extermination. Ils ont cru se débarrasser du problème démographique en se recroquevillant dans un ghetto juif intime et douillet. Rien n'a marché. C'est la ténacité palestinienne incarnée par la politique du Hamas qui définit l'avenir de la région. Tout ce qui reste aux Israéliens c'est de s'accrocher à leurs œillères et à leur déni de la réalité pour fuir leur le triste destin qui leur est déjà fixé. Tout au long de leur déchéance, les Israéliens entonneront les divers chants de victimisation dont ils sont coutumiers. Imprégnés d'une réalité faite de suprématie égocentrée, ils seront hypersensibles à leurs propres souffrances tout en restant aveugles à celles qu'ils infligent aux autres. De façon assez singulière, les Israéliens se comportent comme un collectif uni quand ils bombardent les autres mais, s'ils sont légèrement blessés, ils deviennent des monades de vulnérabilité innocente. C'est cet écart entre la façon dont les Israéliens se voient et celle dont les autres les voient qui transforme les Israéliens en monstrueux exterminateurs. C'est cet écart qui les empêche de comprendre les tentatives nombreuses et répétées de détruire leur État. C'est cet écart qui empêche les Israéliens de comprendre la signification de la Shoah et d'être capable d'éviter la prochaine. C'est cet écart qui empêche les Israéliens de faire partie de l'humanité.

Une fois encore, les Juifs devront errer vers une destinée inconnue. D'une certaine manière, j'ai personnellement commencé mon voyage depuis un moment.

Traduit par Djazaïri, révisé par Fausto Giudice.

[Annie Lacroix-Riz : Gilad Atzmon, musicien de jazz, ex-Israélien, a quitté Israël pour l’Angleterre depuis 1994, d'après sa fiche Wikipedia en langue anglaise]

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vendredi 16 janvier 2009

Là où se cache le Hamas

Le secteur H-1 de Hébron

Je suis rentré mardi soir, d’un troisième voyage en Palestine occupée et en Israël. Je me suis trouvé près de Gaza, là où les journalistes regardent de loin vu l’interdiction d’accès à la Bande de Gaza par Israël. Outre le fait que de voir le constant pilonnage (parfois jusqu’à une explosion à chaque minute) donne une réalité troublante de l’ampleur de l’offensive, outre l’incroyable violence des impacts (où les débris montent à des hauteurs qui donnent aux édifices adjacents des allures de nains), il me semble crucial de rapporter ici certains constats qui me sont venus lors de ce séjour.

Sans aucun doute, Israël a le droit de se défendre, il a droit de revendiquer la sécurité de ses citoyens et de prendre les moyens nécessaires pour qu’aucun d’entre eux ne vive dans la terreur. On comprend le souhait d’éradiquer le Hamas, un organisme obscurantiste et dangereux. Oui, les qassams doivent arrêter, tout comme doit arrêter l’occupation. La paix et la justice doivent s’installer en cette plaie ouverte avant que la gangrène n’infecte le monde entier.

Mais l’anéantissement du Hamas est-il vraiment ce que cherche Israël ?

Les mouvements comme le Hamas, ou encore le Hezbollah au Liban présent au Parlement malgré le massacre de 2006, se nourrissent du ressentiment, de l’humiliation et la souffrance d’un peuple, de son besoin de résistance et du besoin d’un avenir actuellement inaccessible. Le Hamas fait partie de ces groupes qui ont leurs lieux forts dans la tête et le cœur des gens, dans leurs rancunes et leurs douleurs. Inutile de chercher à les déloger par les armes, ils se cacheront encore plus profondément dans les âmes. Ils trouveront toujours des chefs pour se relever après les assassinats, ils trouveront toujours des armes pour crier, des actes pour résister. On ne peut pas nier à un peuple le droit d’exister et s’attendre ensuite à ce qu’il ne résiste pas. Et c’est sur ce besoin vital que le Hamas puise sa force. Il utilise la peur, l’humiliation, le désespoir et le manque pour grossir, pour vivre. On peut détruire tous les qassams de ses militants, ils reviendront encore et toujours, quitte à le faire avec les armes des plus pauvres d’entre les pauvres, les missiles artisanaux, les autos piégées, et finalement, le retour des bombes humaines. Faute de lancer leurs roquettes artisanales, ils feront sauter leur rancune, leur douleur et leur peur dans les autobus qui mèneront de l’enfance à l’horreur. Le trajet est simple. L’autobus est plein. On peut croire à la destruction des tunnels où ils s’approvisionnent, le plus puissant d’entre eux se creusera encore plus loin au cœur du désespoir des civils, des familles en deuils, des fils de « martyrs ». Ce tunnel, beaucoup plus profond, ne se comblera jamais par une surenchère de violence. Partout où je suis allé en Cisjordanie, là où le Hamas n’avait plus d’assises réelles ni de crédibilité, il m’a fallu constater son renforcement, voire, sa résurrection. Il a aujourd’hui la cote dans les passions. Par cette offensive, Israël dope le Hamas aux stéroïdes.

Déjà, la situation était insupportable. Sans eau, sans électricité, sans horizon autre qu’un mur de ciment de 8 mètres de haut, sans avenir autre que les camps surpeuplés, les checkpoints omniprésents, l’humiliation des permis, l’aléatoire des incursions, des emprisonnements, des assassinats sélectifs, des maisons détruites par punitions collectives, des oliviers rasés, du racisme le plus abject et des sanctions les plus répressives, des couvre-feux et des barrages, sans les composantes même de la dignité, la vie n’est plus qu’une bulle dans le narguilé de Dieu. Ne reste que les mosquées où se rassembler. Et les barbus récoltent autant de disciples que de poils à leurs barbes.

Cette dernière offensive vient cimenter le désespoir. Ont déjà explosés : les stations de police, les ministères de l’intérieur, des affaires étrangères, des travaux publics, de la justice, de l’éducation, du travail et de la culture, le compound présidentiel, le Parlement, le bureau du Premier ministre. La population en conclut que ce n’est pas que le Hamas qui est visé mais la vie même de la bande de Gaza et de ses habitants. Trois écoles de l'ONU ont été bombardées dont une où plus de 40 personnes qui y avaient trouvé refuge, ont été tuées. Quand apparaît l’argument des boucliers humains, il est bon de savoir que la bande de Gaza est l’endroit où la densité de population est la plus élevée au monde. On trouve dans le camp de Jabalya, plus de 100 000 habitants sur un à deux kilomètre carré. Les humains qui servent supposément de boucliers n’ont nulle part où aller.

L’ONU crie au cessez-le-feu immédiat, la Croix-Rouge blâme Israël comme elle l’a fait auparavant avec aucun autre agresseur, et pourtant, personne ne bouge : aucune sanction économique, aucune pression comme celle sur Cuba, sur l’Irak, sur l’Afghanistan…

Ou sur l’Iran. Depuis le début de 2008, les rumeurs de frappes américaines sur l’Iran pour pulvériser ses installations nucléaires faisaient l’espoir de certaines classes israéliennes. Cependant peu à peu, un recul aux États-Unis face à cette stratégie s’est fait sentir. Et finalement, avec l’élection d’Obama, une vague d’ouverture est plausible envers Téhéran. Les frappes démesurées sur le Liban censées viser le Hezbollah et celles, encore plus horribles, sur Gaza, envers le Hamas, sont des gifles dangereuses à l’Iran qui ne peuvent que nourrir la tension entre ces pays. Ce sont de nouvelles marches dans l’escalade d’un conflit déjà international. Certains prétendent déjà que c’est l’objectif visé, afin d’ouvrir les hostilités envers l’Iran, seule menace réelle de la région. Je n’ose croire en ce scénario.

Quoi qu’il en soit, il faut remarquer qu’un Hamas fort permettra toujours aux Israéliens de repousser l’idée de deux États côte à côte, remettant à jamais la création de l’État de la Palestine. Ces agressions ne feront qu’enflammer la rage des groupes armés de Palestine, les poussant à l’action et permettant une fois encore à Israël de se défendre, et ainsi de ne pas respecter ce envers quoi il s’est engagé, soit : l’arrêt de la colonisation1, la levée des sanctions et des sièges, et finalement l’arrêt de l’occupation et la création d’un État palestinien indépendant.

Ceci dit, ce qui est encore plus terrifiant, c’est que ce nouveau massacre à ajouter à la liste perpétuelle des insultes que vit depuis 60 ans le peuple Palestinien grossit également la haine et la rancune des autres musulmans à travers le monde. Partout, les musulmans se sentent humiliés. Ils s’identifient aux Palestiniens, ils savent que leur cause ne pèse que trop peu dans la balance de la realpolitik. Même si leurs gouvernements ne font rien. Il est évident que les barbus, que ce soient ceux du Liban ou de Palestine, ou encore plus inquiétant, ceux d’Iran, d’Afghanistan ou ceux d’Al-Qaïda, ou des autres copycats qui en découlent, eux, sauront capitaliser sur l’horreur de ce cette destruction massive. Plus la supposée riposte sera démesurée, plus seront alimenté la rancune et la haine. Et ce, face à Israël précisément, mais aussi face aux démocraties de l’occident en général qui en toute complicité, parfaitement conscients ce qui se passe, accélèrent leurs échanges commerciaux et diplomatiques en proclamant inlassablement l’impunité de l’État d’Israël.

Car qui peut encore prétendre croire à un ordre mondial basé sur la liberté et les droits individuels quand nos pays laissent des massacres d’une telle importance continuer sans rien dire, ni faire ? Qui peut encore prétendre croire à la justice, à la démocratie, à la bonne conscience de nos dirigeants quand on voit les droits fondamentaux des Palestiniens bafoués sans vergogne, et ce, depuis plus de 60 ans ? La Croix-Rouge tente déjà de poursuivre Israël devant les tribunaux pour crime de guerre. L’ONU passe une résolution de cessez-le-feu à 14 voix pour et une abstention et ce document ne reste qu’une lettre d’opinion de plus dans un journal banal… Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté une autre résolution pour condamner « vigoureusement l'opération israélienne» et qui demande «l'arrêt immédiat» de l'offensive des forces armées israéliennes, en spécifiant qu’elle «s'est traduite par des violations massives des droits de l'homme et la destruction systématique des infrastructures» palestiniennes, exigeant également « qu'Israël cesse de prendre pour cible des civils ainsi que le personnel médical et les installations médicales… ». Cette résolution a été adoptée à 33 voix pour, 1 contre et 13 abstentions. La voix contre ? Le Canada. Notre gouvernement ! Le même gouvernement qui fut le premier à couper l’aide aux Palestiniens après l’élection du Hamas, avant même les Etats-Unis.

Nos gouvernements sont coupables d’une augmentation des tensions qui risquent fort d’être explosive. Nous devenons alors la vache à lait de cet ennemi invisible et omniprésent, en alimentant sa source de vie qui est cette rancune, ce désespoir. Nous devenons l’ennemi.

L’impunité complète face à ses actions qu’Israël possède dans le monde doit cesser. Et accuser tous ceux qui s’y opposent d’antisémitisme, censurer toute opposition, ne peut que mener à l’horreur. Quand un peuple ne peut plus faire son autocritique, quand il est sourd à toute critique extérieure, il marche alors inévitablement vers l’inacceptable. Le fait qu’Israël soit issu de l’oppression infâme des Juifs tout au long de l’histoire ne lui donne aucun droit à l’oppression, ni aucune circonstance atténuante.

Il y a moins d’une semaine, je marchais dans les rues désolées du secteur H-1 au centre ville d’Hébron, centre industriel du sud de la Cisjordanie. À Hébron, 400 colons y vivent protégés par 2000 soldats. Les chiffres varient d’après les sources, mais le rapport reste le même. Et lorsqu’on marche dans le secteur H-, contrôlé par les soldats Israéliens où les colons résident, il est facile de constater l’écart entre les soldats et les habitants. Les soldats sont partout. Certains sont en colère envers les colons qu’ils considèrent comme les plus radicaux de tous les radicaux. C’est à Hébron que Barush Goldstein colon radical a ouvert le feu en 1994 pendant la prière, dans la mosquée Ibrahimi, le caveau des Patriarches où repose Abraham. 29 morts sur le coup. C’était un fou, me direz-vous, un fanatique… Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que dans East Har Hevron, la colonie qui borde le secteur H-1, une stèle a été érigée en son honneur au milieu d’un parc.

À la sortie du secteur H-1, j’ai croisé un Palestinien, commerçant dans une des deux boutiques encore ouvertes pour les touristes. Je lui ai demandé, comment va la vie ? Il m’a répondu : On ne peut pas demander à un homme sans emploi comment va le travail ou à un célibataire, comment vont ses amours… C’est pareil pour nous avec la vie.

Si vous voulez qu’ils arrêtent de tuer au nom de la vie, donnez leurs le sentiment d’en avoir une.



Philippe Ducros
Montréal

hotelmotel@lecabinet.com

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jeudi 15 janvier 2009

Clermont-Ferrand avec Gaza et la Palestine

Les 35 organisations du
Collectif Clermontois pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens
appellent tous les citoyens à un rassemblement pour information
sur la situation en Palestine et les massacres commis par Israël à Gaza,
le samedi 17 janvier à partir de 15h00, Pl. de Jaude
Au programme :
-        tables de presse
-        panneaux explicatifs avec cartes
-        discussions avec les citoyens de toutes origines
-        signature d’une pétition (sur la base des exigences du collectif)
-        thé, café, et collecte en soutien aux habitants de Gaza
-        prises de parole des organisations du collectif (à partir de 16h30)
Le Collectif (au 13/01/09 ): Alter Ekolo, Amicale des Algériens, Amicale des Travailleurs et Commerçants Marocains, Association Afrique du Nord, Association du Centre Culturel Marocain 63, Association Culturelle Marocaine, Association des Elus Communistes et Républicains (ADECR), Association des Emigrés, Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association Socio-Culturelle des Emigrés (AESC), Association des Tunisiens 63, ATTAC 63, Collectif Unitaire 63 (Coordination Nationale des Collectifs Unitaires, CNCU), Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens (CBSP), Confédération Amitié France Algérie (CAFAL), Confédération Générale du Travail (CGT), Conseil de résidence des étudiants de la cité U des Cézeaux, Espace Marx, Jeunes Communistes 63, Femmes musulmanes, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Les amis du temps de cerises, Les Verts, Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Maison de la Paix/ Dar Salem, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche (PG), Parti Socialiste 63 (PS63), Réseau Education Sans Frontières (RESF), Solidarité Tchetchénie 63, Union Syndicale SOLIDAIRES (SUD), UNEF Auvergne, Université Populaire et Citoyenne (UPC63).
(Pour toute information : nade51@yahoo.fr )

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mercredi 14 janvier 2009

Je suis juif, et aujourd’hui j’ai honte

vendredi 9 janvier 2009 

Je suis juif et j'entends ces bruits, ces bombes, ces souffrances qui hurlent. C'est l'histoire qui me revient pour m'éclater à la face. L'histoire que mes parents m'ont légué pour honnir la guerre honteuse. Je suis juif et je vois le sang, le sang qui coule sous les bombes comme à Guernica. Je suis juif et je sais la révolte désespérée contre l'étouffement et la famine du ghetto de Varsovie. Je sais l'indifférence absolue qui précédait, comme à Gaza.

Je suis juif et je suis frère de racine et d'histoire de ces hommes d'Israël.  Ces fils de victimes adossant aujourd'hui l'armure des bourreaux. Quelle honte, quel désespoir de voir ceux qui ont tant souffert, qui ont été tant terrorisés n'engendrer de leur passé qu'un abomineux dédain pour l'âme humaine !

C'est à désespérer. Est-ce la victoire posthume d'Hitler que cette sauvagerie distillée ? Est-ce sa victoire que ce reniement de l'humanisme ? Ah ma mère ! Je me souviens lorsqu'enfant tu me fis l'apprentissage de ce gardien d'immeuble qui vous avait averti, il était communiste, puis de ces religieuses vous extrayant d'un Paris devenu trop dangereux. Ah ma mère ! Je me souviens de ce poème d'Aragon où le résistant arménien avait pour derniers mots « vive le peuple allemand » devant les Nazis qui allaient l'achever. Ma mère, où se cache aujourd'hui la dignité de nos frères d'Israël ou de notre famille aveuglée de haine et de conquête ? Ma mère, il était dur de naître en portant les souffrances de vos vies, mais les enfants d'aujourd'hui vont devoir affronter bien pire : la honte !

Gaza martyr, Liban martyr, Jenine martyr et rien d'autre ne vibre dans leur âme qu'un énervement et une volonté de soumettre ! Que leur demeure t il de sens humain ? N'auraient ils plus qu'un Bush dans les os ?

Les palestiniens perdent leurs chairs, leur sang, leur terre.

Les juifs perdent leur âme, aveuglément engagés derrière l'État d'Israël.

L'horreur s'ajoute à l'horreur sans jamais permettre qu'émerge une étincelle d'intelligence. L'intelligence, la bonne intelligence. La Paix ! Cette Paix qui en tout lieu du monde a la même science : celle du respect partagé. Cette Paix de Kant pour tous les peuples de la terre.

Ce respect est honteusement dénié en affamant, en occupant, en excluant, en dominant. Ce déni qui légitime la rage et fait monter les haines. Ce déni qui rend impossible la fin des armes et des souffrances. Ce déni qui nous plonge dans un massacre récurent où la vie n'a plus la valeur d'une vie.

Le respect, c'est le Droit, partout dans le monde. Le respect, c'est Israël entrant dans la Loi du monde, comme tout le monde. La Loi du monde délimite des frontières depuis 40 ans. Au-delà de ces frontières rien n'est à régenter, à occuper. Des frontières où commence la liberté des autres. Des frontières, tout simplement, comme partout dans le monde. Des frontières pour que monte le respect, premier pas, tout premier pas des humains.

Pour que demain les peuples partagent leurs rêves et que les frontières soient une invitation amicale aux rencontres. 

Posté par Alaindependant à 23:10 - Indépendants - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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