A l'indépendant

Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'une conversion est pour l'individu: changer le but et le sens de la vie (Roger Garaudy)

vendredi 11 décembre 2009

Les Palestiniens chrétiens et le boycott d'Israël

 

Les dirigeants des Palestiniens chrétiens appellent les Eglises du Monde à rejoindre le BDS

Le Comité National Palestinien du BDS se réjouit du Document Kairos de Palestine.

« Un moment de vérité – une parole de foi du cœur de la souffrance palestinienne »

Palestine occupée, 11 décembre 2009

Aujourd’hui, les dirigeants éminents des Palestiniens chrétiens ont publié un Document Kairos de Palestine*, appelant les Eglises autour du monde à « dire une parole de vérité et à prendre une position de vérité concernant l’occupation de la terre palestinienne par Israël ». Soutenant sans ambigüité le boycott, les désinvestissements et les sanctions (BDS) comme une des formes décisives de solidarité non-violente que les organisations confessionnelles internationales sont priées d’adopter, le document affirme : « Nous voyons le boycott et les désinvestissements comme des outils de justice, de paix et de sécurité… »

Kairos est un terme grec antique signifiant le moment juste ou opportun. Le Document Kairos de Palestine est inspiré par la théologie de la libération, particulièrement d’Afrique du Sud où un document similaire a été publié à un moment crucial de la lutte contre l’Apartheid. Informés par une vision lucide basée sur les principes universels de « égalité, justice, liberté et respect du pluralisme », les Palestiniens chrétiens publient ce document aujourd’hui pour explorer une issue moralement saine à l’ « impasse » atteinte par la tragédie palestinienne, « oû les êtres humains sont détruits »

Le comité national palestinien du BDS (BNC) salue la clarté morale, le courage et la hauteur de vues portées par ce nouveau document, qui souligne que résister à l’injustice devrait « concerner l’Eglise » et est « un droit et un devoir pour un Chrétien », ajoutant que c’est « une résistance dont la logique est l’amour ».

Le NBC note avec intérêt l’importance de la publication de ce document historique aujourd’hui 11 décembre, qui marque le 61eme anniversaire de la résolution 194 de l’Assemblée Générale de l’ONU de 1948 appelant au retour des réfugiés Palestiniens dans leurs foyers d’origine « à une date aussi rapprochée que possible ». Alors que les réfugiés Palestiniens attendent toujours leur retour six décennies plus tard, nous partageons le message d’espoir dans le Kairos palestinien d’aujourd’hui : « Un des signes les plus importants d’espoir est la persévérance des générations et la continuité de la mémoire, qui n’oublie pas la Nakba (catastrophe) et sa signification. Cette terre est notre terre et il nous incombe de la défendre et de la reprendre ».

L’insistance du Kairos à presser toutes les Eglises à répondre positivement à l’appel de la société civile palestinienne, y compris des institutions religieuses, pour « un système de sanctions économiques et de boycott à appliquer à Israël », qui « n’est pas une revanche mais plutôt une action sérieuse pour parvenir une paix juste et définitive », est particulièrement digne d’éloges.

Le Comité National Palestinien du Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BNC)

* Le document Kairos de Palestine est téléchargeable en arabe, français, anglais et allemand à http://www.kairospalestine.ps/ ?q=node/2

Traduction :

JPB pour la CCIPPP


BNC - www.bdsmovement.net

Campagne BDS France

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dimanche 29 novembre 2009

Politique israélienne et "choc des civilisations"

Le fil conducteur de ma réflexion sur le rôle nouveau de la politique israélienne, en ce qui concerne non plus seulement le Proche Orient, mais la politique de domination mondiale des Etats-Unis, fut le véritable Discours sur l'histoire universelle que constitue l'article - programme de Samuel Huntington sur Le choc des civilisations   (publié dans la revue Commentaire n· 66, à l'été 1994.)

 

Jusque-là le Pentagone avait simplement exprimé l'utopie optimiste de son rêve de domination mondiale avec le livre de Fukuyama sur La fin de l'histoire qui consisterait à imposer au monde entier la pire théorie libérale de la domination: le monothéisme du marché

 

La thèse de Samuel Huntington est plus subtile: elle montre les obstacles à la    réalisation de ce nouvel ordre mondial.

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, c'est-à-dire pendant un demi - siècle, la politique de surarmement américain avait donné pour prétexte: la menace soviétique.

 

C'était, au nom de la sécurité américaine, la justification d'agressions en tous les points du monde jusqu'au Viet Nam ou en Corée, de soutien à toutes les dictatures militaires en Amérique latine comme aux Philippines de Marcos, à la protection de l'apartheid dans l'ancienne Afrique du Sud.

 

Après l'effondrement de l'URSS il fallait trouver un remplaçant dans le rôle du méchant, de l'Empire du mal, à combattre sur trois continents, et ce fut l'Islam, afin qu'une    menace mondiale de terrorisme justifie la continuation et même l'accélération de la course aux armements, et les occasions "d'intervention" économique ou militaire dans tous les points du monde.

 

Les thèses d'Huntington sur le Choc des civilisations constituent la base théorique de cette nouvelle orientation stratégique.

 

Ses conclusions sont révélatrices:

 

"Le choc des civilisations dominera la politique mondiale. Les lignes de fracture entre    civilisations seront les lignes de front de l'avenir...

 

Dans ses conclusions il montre clairement les implications de son analyse du point de vue de la politique internationale:

 

"Limiter l'accroissement de la force militaire des Etats confucéens et musulmans; ne pas trop réduire les capacités militaires occidentales et conserver une supériorité militaire en Extrême-Orient et dans l'Asie du Sud-Ouest; exploiter les différences et les conflits entre Etats confucéens et Etats musulmans; soutenir, dans les civilisations non occidentales, les groupes favorables aux valeurs et aux intérêts de l'Occident.

 

L'Occident devra par conséquent conserver la puissance économique et militaire nécessaire à la protection de ses intérêts dans ses relations avec ces civilisations."

 

Voilà qui a au moins le mérite d'être clair.

 

Quel peut être le rôle d'Israël dans la géopolitique ainsi conçue?

 

Israël a une position stratégique déterminante dans cet affrontement des  deux mondes.

 

Le père spirituel de l'Etat d'Israël lui avait assigné, avant même qu'il n'existât, sa mission fondamentale. Pour créer l'Etat juif, dans toutes ses démarches auprès des    puissances occidentales alors colonialistes (Angleterre, Allemagne, Italie, Russie) son argument majeur était que si l'une d'elles était la protectrice de cet Etat juif, elle    aurait non seulement un avantage décisif sur toutes ses rivales, mais cet Etat représenterait pour tous un coin enfoncé en Orient, pour la pénétration coloniale de l'Occident. Il écrivait, en 1895, dans son livre: L'Etat juif: "Pour l'Europe nous constituerions là-bas un morceau du rempart contre l'Asie, nous serions la sentinelle avancée de la civilisation contre la barbarie."    (L'Etat juif Ed. Lipschutz. Paris 1926. p. 95)

 

Eisenhower considérait déjà le Moyen-Orient comme "le lieu stratégique le plus important du monde." (cité par Steven Spiegel: The other Arab-Israeli conflict, Université de Chicago 1985 p.51)

 

Israël a l'avantage de trois privilèges majeurs:

 

1· - Sa position stratégique au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique.

 

2 · - Sa position économique au coeur de cette partie du monde qui contient la moitié du pétrole du monde, nerf de la croissance  (au sens occidental du mot.)

 

3· - Sa légende théologique de peuple élu de Dieu, servant de couverture aux convoitises occidentales sur la position stratégique et la position économique d'Israël,   en plaçant ses exactions, quelles qu'elles soient, au-dessus de toute loi et de toute sanction humaines, en particulier au-dessus de toute décision de la communauté internationale (par exemple des 192 condamnations de l'ONU prononcées contre elle, et dont le veto des Etats-Unis la protège en dernière instance.)


 

a) -    Sa position stratégique au carrefour de trois continents       

La Palestine qu'Israël veut annexer tout entière, comme première  étape de la conquête de ce qu'Hitler appelait déjà son espace vital (Lebensraum), c'est-à-dire tout le Proche et Moyen Orient, de l'Euphrate au Nil, par la désintégration de tous les Etats voisins (Liban, Syrie, Irak, Jordanie, Egypte), est située au carrefour géographique et stratégique de trois continents: l'Europe, dont elle est le front avancé, l'Asie et l'Afrique, et d'abord le passage obligé vers l'Océan Indien et l'Asie du Sud- Ouest: de là sa première ambition déjà réalisée, de s'installer dans le Golfe d'Akaba qui s'ouvre sur la Mer Rouge, à condition que le détroit de Tiran soit en de bonnes mains. Les Etats-Unis et Israël ont obtenu en deux temps cette garantie: d'abord par les accords   de Camp David, le Munich égyptien, signé aux Etats-Unis et sous leur pression le 18 septembre 1977, par lequel était brisé un possible front uni des pays voisins d'Israël et menacés par son expansionnisme.

 

Quatrième point du    programme d'aide: Israël reçut, de 1948 à 1952, autant, à lui seul, que cinq pays du Machrek (Egypte, Liban, Jordanie, Syrie, Irak) comptant une population 20 fois supérieure.

 

La coopération    militaire, commencée en 1961, prit une ampleur considérable après Camp David: le Protocole d'entente stratégique signé à Washington, le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes par Reagan, plus grande que celle prévue par les accords antérieurs, notamment 75 nouveaux chasseurs F.16, quelques jours avant l'invasion du Liban. Si bien que six semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, se produisait l'invasion du Liban. Ainsi commençait à se réaliser le projet de Grand Israël et d'un véritable empire du Moyen Orient qu'Ariel Sharon avançait déjà en décembre    1981.

 

A l'exemple des Etats-Unis chassant les Indiens sans fixer de limites à leur propre   expansion, Moshe Dayan en 1982, ajoutait: "Prenez la Déclaration américaine de l'indépendance. Elle ne contient aucune mention de limites territoriales. Nous ne   sommes pas obligés de fixer les limites de l'Etat."  (Jérusalem-Post du 10 août 1967).

 

Tout ceci sous la protection inconditionnelle des Etats-Unis, non seulement opposant leur veto à toute sanction, mais fournissant les armes du crime. L'International Herald Tribune du 22 juillet 1982 nous apprend que "le gouvernement israélien aura dépensé cette année 5 milliards et demi de dollars en armements et équipements militaires. Le tiers de cette somme provient du Trésor américain."

 

Cette politique de surarmement est couronnée par un équipement nucléaire sur   lequel, Israël, se plaçant, en ceci comme en tout, au-dessus de toute légalité internationale (192 condamnations de l'ONU sont restées lettres mortes depuis 1972) refuse tout contrôle.

 

Le 29 juin 1975, le journal israélien Haaretz écrivait, sous la plume de Shlomo   Aharonson:

 

"L'arme nucléaire est l'un des moyens qui peuvent renverser l'espérance des Arabes d'une victoire finale sur Israël... Un nombre suffisant de bombes atomiques pourrait causer des dommages énormes dans toutes les capitales arabes, et provoquer   l'effondrement du barrage d'Assouan. Avec une quantité supplémentaire, nous pourrons toucher les villes moyennes et les installations pétrolières... Il y a, dans le monde arabe, une centaine de cibles dont la destruction... enlèverait aux Arabes tous les avantages qu'ils ont retirés de la guerre du Kippour..."

 

L'Etat d'Israël n'est plus seulement le mandataire d'un colonialisme collectif de l'Occident sous hégémonie américaine. Il est devenu, pour les Etats-Unis, une pièce majeure dans le rapport des forces sur l'échiquier planétaire, et ceci bien au-delà du Proche Orient.



b) -    Sa surveillance des pays pétroliers du Golfe.

 

Dans cette politique mondiale, Israël joue un rôle privilégié comme gendarme des champs pétroliers du Moyen Orient.

 

Or, plus encore que depuis la chute du Shah d'Iran qui assurait aux Etats-Unis le contrôle du Golfe Persique, et notamment du détroit d'Ormuz où transite la moitié du pétrole mondial, Israël est investi de cette charge.

 

C'est pourquoi d'ailleurs, dans son rêve d'expansion du Grand Israël qui coïncide si bien avec les visées des Etats-Unis dans la région, son rôle essentiel, grâce à son   hégémonie dans les médias mondiaux, est de diaboliser le nouvel Iran en lui attribuant la fonction satanique d'être le chef d'orchestre clandestin du terrorisme mondial.

 

Lorsque les Etats-Unis envoyèrent leurs troupes en Arabie Saoudite en août 1990 "Les Etats-Unis n'envoient pas des troupes dans le golfe uniquement pour aider l'Arabie Saoudite à résister à l'agression mais pour appuyer le pays de I'OPEC qui est le plus à même de servir les intérêts de Washington." ("Wall Street Journal" du 31 août    1989.)

 

Il s'agissait là, de faire un exemple pour montrer au Tiers-monde tout entier qu'il n'est permis à aucun peuple, sous peine de destruction, de s'élever au plus haut niveau technique, d'exploiter ses richesses nationales (en l'occurrence: le pétrole) sans le contrôle de leurs prix par les grandes puissances, et surtout d'échapper à la religion qui n'ose pas dire son nom mais qui est imposée au monde entier par les  Etats-Unis: le monothéisme du marché et l'idolâtrie de l'argent.

 

Le bombardement de l'Irak coûta, selon la Croix Rouge, plus de 200.000 morts à la population civile, et le maintien arbitraire de l'embargo a ... tué plus encore d'enfants par manque de nourriture et de soins.

 

c) -    Son mythe pseudo-thélogique de peuple élu


La logique biblique du Grand  Israël, avec l'appui inconditionnel de Washington, peut ainsi servir de détonateur à une troisième guerre mondiale, ou, pour reprendre l'expression de Huntington, à la première guerre civilisationnelle...

La revendication  biblique du grand Israël, de l'Euphrate au Nil, par une lecture intégriste de la Bible, c'est-à-dire une lecture littéraliste, transformant les grandioses paraboles des patriarches et des prophètes, en une histoire nationaliste et même tribale, est l'hérésie nécessaire à la politique sioniste. Elle conduit à ce paradoxe: les statistiques du gouvernement israélien estiment que 15 % seulement des israéliens   sont religieux, et pourtant l'on fait croire à la grande majorité du peuple que cette terre lui appartient parce qu'elle lui a été promise par un Dieu... auquel il ne croit pas.

 

La référence aux textes bibliques pour justifier les agressions et les massacres de la politique israélienne est une constante de cette politique. Cette utilisation sanglante des textes bibliques pour justifier une politique criminelle ne repose sur aucune base   religieuse, mais sur une lecture intégriste, littéraliste, des textes sacrés, lecture    intégriste qui devient une escroquerie raciste sanglante.

 

L'intégrisme consiste, (comme les talibans le font pour le Coran), en une lecture   littérale, tribale, qui, transformant la parabole en une fausse histoire, transforme par exemple la promesse faite, par leurs dieux, à toutes les tribus nomades du Fertile   Croissant, d'une Terre féconde et d'une postérité nombreuse pour toutes les familles de la terre en une donation inconditionnelle signée par un Dieu tribal excluant tous les peuples pour en privilégier un seul pour l'éternité. Abraham Herschel dans son livre: Israel An Echo Of Eternity (Doubleday. N.Y. 1969, p.115: "L'Etat d'Israël, c'est la réponse de Dieu à Auschwitz.".) Cela dure aujourd'hui: le professeur Moshe   Zimmerman chef du département d'études germaniques  à l'Université hébraïque de   Jérusalem, spécialiste de l'étude du nazisme, déclare dans le journal Yerushalayim du 28 avril 1995: "Il est de bon ton de dire que l'Holocauste est la justification  principale de l'instauration d'Israël.", et il ajoute: "Il y  a un secteur entier de la population juive que je définis sans hésitation comme une copie des nazis allemands. Regardez les enfants des colons juifs d'Hébron, ils ressemblent exactement à la jeunesse hitlérienne.» En 1974 déjà, dans le journal Yediot Ahronot, Menahem Barash exaltait l'enseignement du rabbin Moshe Ben-Zion qui utilisait les textes bibliques pour définir l'attitude israélienne à l'égard des Palestiniens, "cette peste déjà dénoncée dans la    Bible,... pour nous emparer de la terre promise par Dieu à Abraham. Nous devons suivre l'exemple de Josué pour conquérir la terre d'Israël et nous y installer, comme le commande la Bible... Il n'y a pas place, en cette terre, pour d'autres peuples que celui d'Israël. Ce qui signifie que nous devons en expulser tous ceux qui y vivent... C'est une guerre sainte exigée par la Bible."

 

Deux mois plus tard le rabbin  Elazar Valdman du Gush Emounim écrivait dans le   journal Nekurah des colons de la Cisjordanie: "Nous devons évidement établir l'ordre au Moyen Orient et dans le monde. Si nous n'en prenons pas la responsabilité nous   sommes des pécheurs, non seulement devant nous-mêmes mais devant le monde. Car qui peut rétablir l'ordre dans le monde? Tous les dirigeants occidentaux ont des caractères faibles" (Repris dans Davar, 8 octobre 1982).

 

L'un des fondateurs du mouvement, Yehuda Ben Meir dénonçait les conséquences d'une telle politique: "D'après Gush Emounim, nous devons conquérir non seulement la Syrie et la Turquie mais le sang de nos enfants doit devenir le gardien du monde entier".

 

Ariel Sharon, lors de la convention du Likoud de mai 1993, a proposé ouvertement   qu'Israël fonde sa politique officielle sur la notion des frontières bibliques.

 

Cette hérésie, dont le fondateur est Théodore Herzl, a été dénoncée, dès son apparition, par les rabbins et les juifs fidèles à la foi de leurs prophètes.

 

Parmi beaucoup d'autres exemples, le rabbin Moshé Menuhin (le père du génial musicien Yéhudi Menuhin) écrit un livre: The decadence of judaism, dans lequel il montre que cette décadence du judaïsme, c'est précisément le nationalisme sioniste. Le titre primitif de son livre était: Le nationalisme juif: un crime et une malédiction historique monstrueuse.

 

Il établit qu'à l'encontre de l'universalisme des prophètes juifs, l'interprétation tribale et nationaliste de l'alliance et du peuple élu, par ceux qu'il appelle "les barbares tribaux comme Ben Gourion, Moshé Dayan, et tout le gang militaire qui a dévoyé Israël" (p.XIII) ont fait de l'Agence juive et des organisations sionistes, dans le monde  entier "des organes du gouvernement d'Israël" (pp. 350, 429    et 457); avec la même idéologie raciale que les antisémites. (p. 308)

 

Le rabbin Elmer Berger ne cessait de rappeler que la Promesse était conditionnelle:

 

Lévitique. XXV, 18: "Mettez mes lois en pratique... et vous habiterez en sécurité dans le pays."

 

XXVI, 3: "Si vous suivez mes lois, si vous les..mettez en pratique.. 9: Je    maintiendrai mon alliance avec vous... 14...

 

Deuteronome:    

XI, 26: "Je mets aujourd'hui devant vous bénédiction et malédiction,       

27. La bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur, votre Dieu...       

28. La malédiction si vous n'écoutez pas les commandements du Seigneur votre  Dieu. 

 

     

La tentative, en 1956, d'envahir l'Egypte pour s'emparer du Canal de Suez, avec la   complicité de la France et de l'Angleterre, échoua. Surtout parce que les Etats-Unis n'acceptaient pas, comme le général de Gaulle le montra plus tard dans son discours de Pnom Penh, que le contrôle de la Mer Rouge leur échappe pour leurs entreprises au Viet Nam et en Extrême Orient.

 

Les dirigeants israéliens retinrent la leçon: leur prochaine entreprise d'expansion devait s'appuyer prioritairement sur les E.U. Le Protocole d'entente stratégique, signé à Washington le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes,... si bien que dix semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, grâce aux accords de Camp David qui l'assuraient de n'avoir pas à combattre sur deux fronts, était engagée l'invasion du Liban: sur 567 avions dont disposait alors Israël, 457 venaient des Etats-Unis subventionnés par les dons et les prêts de Washington.

 

Après la guerre des Six jours, Israël, qui avait occupé toutes les frontières de ses voisins, du Liban au Golan et à la Cisjordanie, annexait Jérusalem alors qu'elle n'avait   été admise à l'ONU qu'à trois conditions:

 

1. Ne pas toucher au statut de Jérusalem,       

2 Permettre aux Palestiniens le retour chez eux,       

3 Respecter les frontières de la partition.       

La loi internationale était ainsi tenue pour un chiffon de papier ainsi que l'avait dit déjà Ben Gourion lors de la première guerre d'expansion de 1948.

 

En décembre 1981, avant même l'invasion du Liban, Ariel Sharon déclarait: "Dans les années qui viennent la sphère des intérêts stratégiques d'Israël ne s'étend pas seulement aux pays arabes de la Méditerranée, mais à tout le Proche-Orient, et elle doit s'étendre à l'Iran, au Pakistan, au Golfe, à l'Afrique et à la Turquie.»

 

Ce plan, exposé en clair dans la revue Kivounim (Orientations) publiée à Jérusalem par l'Organisation sioniste mondiale sous le titre: Plan stratégiques d'Israël, exige la   désintégration de tous les Etats voisins d'Israël, du Nil à l'Euphrate. En voici les passages essentiels:

 "En  tant que corps centralisé, l'Egypte est déjà un cadavre, surtout si l'on tient compte de  l'affrontement de plus en plus dur entre musulmans et chrétiens. Sa division en provinces géographiques  distinctes doit être notre objectif politique pour les années 1980, sur le front occidental. 

Une fois l'Egypte ainsi disloquée et privée de pouvoir central, des pays      comme la Libye, le Soudan, et d'autres plus  éloignés, connaîtront la même dissolution. La formation d'un Etat copte en Haute-Egypte, et      celle de petites entités régionales de faible importance, est la clef d'un développement historique actuellement retardé par l'accord de paix, mais inéluctable à long terme.

 

En dépit des apparences, le front Ouest présente moins de problèmes que celui de l'Est. La partition du Liban en cinq provinces... préfigure ce qui se passera dans  l'ensemble du monde arabe. L'éclatement de la Syrie et      de l'Irak en régions déterminées sur la  base de critères ethniques ou religieux, doit être, à long terme, un but prioritaire pour Israël, la première étape étant la destruction de la puissance militaire de ces      Etats.

 

Les structures ethniques de la Syrie l'exposent à un démantèlement  qui pourrait aboutir à la création d'un Etat chi'ite le long de la côte, d'un Etat sunnite dans la région d'Alep, d'un autre à Damas, et d'une entité druze qui pourrait souhaiter constituer son propre Etat - peut-être sur notre Golan - en tout cas avec l'Houran et le nord de la Jordanie... Un tel Etat serait, à long terme, une garantie de paix et de sécurité pour la région. C'est un objectif qui est déjà à notre portée.

 

Riche en pétrole, et en proie à des luttes intestines, l'Irak est dans la      ligne de mire israélienne. Sa dissolution serait, pour nous, plus importante que celle de la Syrie, car c'est lui qui  représente, à court terme, la plus      sérieuse menace pour Israël." (Source: Kivounim. Jérusalem. n· 14, n· de février 1982. Pages 49 à 59.)
      
      

 

(Le texte intégral, dans  son original hébreu, est reproduit dans mon livre: Palestine, terre des messages divins Ed. Albatros. Paris 1986 p. 377 à 387, et dans sa traduction française à partir de la page 315.)
   
   

 

Pour la réalisation de  ce vaste programme les dirigeants israéliens disposaient d'une aide américaine sans restriction.

 

Ce plan d'embrasement de tout le Moyen Orient (avec les implications mondiales qu'il est aisé de concevoir) n'a cessé, avant même d'être explicité avec tant de cynisme, d'orienter toute la politique de guerre d'Israël et de violer toutes les décisions de la Communauté internationale des Nations Unies, avec l'appui inconditionnel des Etats-   Unis.

 

Pour ne retenir que l'essentiel rappelons que, sous prétexte de sécurité l'Etat d'Israël occupe, depuis 1968, les frontières de tous ses voisins: le Liban et la Syrie notamment (malgré la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l'ONU affirmant "I'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre" et exigeant "le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés"). Il ne cesse d'émietter, par sa colonisation, le territoire palestinien dont il contrôle 96 %.

 

Là encore, Natanayou a franchi de nouvelles étapes: pour mieux tenir Jérusalem sous sa griffe (malgré la résolution unanime de l'ONU) il ouvre dans la partie arabe de Jérusalem, à Bar Homa, un chantier pour construire 2000 appartements de plus réservés à des juifs.

 

Il refuse d'exécuter les engagements pris à Oslo au nom de l'Etat d'Israël de retirer ses troupes d'une partie des territoires occupés. Il viole délibérément les accords malgré les protestations internationales.

 

Le mardi 18 mars 1997, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne ont vivement   critiqué la décision israélienne d'engager les travaux de construction d'une onzième colonie à Jérusalem Est.

 

Il maintient, à Hébron, une véritable poudrière: au milieu de 120000 habitants palestiniens, sont installés 500 colons, ceux là mêmes qui fleurissent le tombeau de   l'assassin Baruch Goldstein, qu'ils tiennent pour un Héros et où règne l'esprit du vieux Parti national religieux qui prétend faire une synthèse entre le judaïsme orthodoxe et le nationalisme séculier du sionisme politique en donnant à la colonisation une   légitimation religieuse.

 

Même le président d'Israël, chef de l'Etat, Ezer Weitzman, accuse Netanyahou d'être responsable du blocage des négociations de paix et de l'isolement grandissant de l'Etat Hébreu. Parlant de Natanyahou il dit: "Cet homme m'a utilisé et trompé trop souvent. Aujourd'hui, dit-il, la coupe est pleine." (Le Monde du 2 juillet 1998).

 

Natanyahou poursuit néanmoins sa politique de nettoyage ethnique, empêchant toute négociation sur le Golan Syrien comme sur Jérusalem et le Liban. M. Théo Klein ancien   dirigeant du CRIF, écrit: "Le slogan de sécurité d'abord , proclamé par M.   Natanyahou, est une manoeuvre criminelle." (Le Monde 2 mai 1998)

 

Ce qui est évident. Comment invoquer la sécurité des frontières quand on occupe les frontières de tous les voisins et qu'on viole systématiquement à la fois les accords   internationaux, et la signature donnée aux Palestiniens lors des accords d'Oslo.

 

La conclusion est fournie par le professeur Leibowitz (qui dirigea - rappelons le -   l'Encyclopédie judaïque, dans son livre: Israël et judaïsme (13) "Je dis que l'idée u grand Israël est une abomination." (p. 253)

 

"Les Américains ne sont intéressés que par l'idée de maintenir ici une armée de mercenaires américains sous l'uniforme de Tsahal qu'ils pourront utiliser à leur gré le   moment voulu." (p. 226)

 

Et, il conclut: "la force du poing juif vient du gant d'acier américain qui le recouvre, et des dollars qui le capitonnent." (p. 253)

 

Cette réaction de rejet de la politique sioniste, au nom même de la piété juive et de l'universalisme de ses Prophètes, s'exprime de plus en plus fortement: déjà lors de l'invasion du Liban Pierre Mendès France et Nahum Goldmann avaient exprimé leur    réprobation.

 

Avec la même indignation contre une telle politique plus de cent intellectuels juifs   français dénonçaient la politique de Jérusalem. Parmi eux, les professeurs Jankélevitch, Minkovski, Rodinson, Pierre Vidal Naquet, dénonçant  "le recours systématique à la force brute et la recherche d'une hégémonie militaire dans cette région du monde." Ils concluaient: "Devant ce déni de justice, devant ce mépris des valeurs auxquelles ont   adhéré des générations de Juifs, nous refusons énergiquement toute solidarité avec la   politique actuelle d'Israël."

 


   

 

d)    Une éducation    néo-nazie

 

Cette politique de guerre, d'expansion coloniale permanente, implique plus encore que des exactions et des ruines matérielles: un conditionnement de l'homme lui-même, visant à lui inculquer le sentiment d'une supériorité raciale, comme tout colonialisme,   mais aussi le ressentiment engendré par une théorie pseudo-théologique, vue à travers le prisme sioniste, fondée sur trois principes destructeurs de l'humanité de l'homme:

1· - Le refus de l'autre,fondée sur l'idée qu'entre les juifs et tout le reste du monde il y a "une barrière de feu", comme l'écrit le rabbin Cohen.

2· Que L'Autre, (tous les autres) est un ennemi en puissance comme si l'histoire   entière était celle de la persécution éternelle d'un "Peuple juif" éternellement   innocent.

3· - Que l'Etat sioniste israélien ne peut être formé qu'à un Bréviaire de la haine comme unique motivation de sa jeunesse, de son armée, de son peuple tout entier. Le  militarisme fondé sur ce mépris et cette haine de l'autre étant une fin en soi, le reste du monde, par exemple l'Allemand pour Goldhagen ou le peuple français et sa culture pour Bernard Henri Lévy, étant par essence un peuple de tueurs ou une culture de   l'abjection.

 

Ce culte de la haine éternelle peut se résumer dans ce qu'un historien israélien a appelé "le complexe d'Amalec", Le 7 janvier 1952, lors du débat, à la Knesset, sur les   réparations, une banderole gigantesque proclamait sur le fronton de l'édifice: "Souviens-toi de ce qu'Amalec a fait de toi!" Et l'on sait ce que représente Amalec dans  l'histoire de Josué: ce qu'il faut exterminer (cf. Les  Puritains d'Amérique justifiant leur chasse à l'homme en identifiant les Indiens aux Amalècites)

 

Politiquement cela s'exprime dans le cri de haine de Begin: "Ce n'est pas un allemand tout seul qui a tué vos pères. Chaque allemand est un nazi. Chaque allemand est un assassin. Adenauer est un assassin. Tous ses collaborateurs sont des assassins."

 

Goldhagen n'avait plus, quarante ans après, qu'à délayer en 500 pages ce thème pour que le mouvement sioniste en fasse un best- seller, alors qu'un historien sérieux, comme Yehuda Bauer, reconnaissait que son université le refuserait même comme thèse de doctorat d'un étudiant.

 

En juillet 1981, la Knesset faisait du Génocide un dogme national, par une loi   interdisant toute critique sous peine d'un an de prison (c'est l'ancêtre et le modèle de ce que la LICRA obtint en France avec la loi Gayssot)

 

Ceci à la suite de l'article publié en 1980 par le célèbre éditorialiste, Boaz Evron, sous le titre: Le    génocide, un danger pour la nation, faisant observer que le massacre des juifs s'il était en effet, dans l'histoire juive, le plus grand des pogroms n'était pas dans l'histoire universelle ni le premier ni le plus grand, et que même les nazis ne   s'étaient pas seulement acharnés sur les Juifs, mais sur les Slaves, les gitans, et même sur les Allemands, notamment communistes, qui s'opposaient au régime.

 

Boaz Evron montrait la malfaisance de ce mythe de la singularité juive qui dissociait le Juif du reste de l'humanité, le conduisant ainsi à son isolement. "Ainsi, concluait-il, les  gouvernants agissent dans un monde peuplé de mythes et de monstres qu'ils ont eux-mêmes crées."

(Boaz Evron: ITON 77 · 21. Mai- juin 1980 p. 12. cité par Tom Segev op. cit. p467.)

 

Ce thème obsessionnel d'une Mémoire qui ne serait que haine, répété chaque jour à l'école, dans l'armée, dans la presse, le cinéma, la télévision, crée cet état d'esprit. Un  jour le rédacteur de Maariv écrit: "Un jour un véritable mouvement de paix s'élèvera dans le monde et assurera la paix en Europe en effaçant l'Allemagne de la face du monde." (Azriel Karlebach. "Amalec", Maariv du 5 octobre 1951, p. 3)

 

Comme si les 3/4 des Allemands qui sont nés après la chute d'Hitler étaient   responsables des crimes nazis, de même que Jean Sébastien Bach ou Goethe, ou Kant, sans parler de ces autres grands Allemands que furent le poète Heine ou le physicien Einstein, expressions les plus grandioses de la culture allemande.

 

Cette propagande donne ceci chez l'homme de la rue, eût-il été victime des nazis, comme beaucoup de résistants et moi-même (qui écrivis mon principal ouvrage sur la philosophie de Hegel). Un homme par ailleurs respectable en arrive, intoxiqué par   cette propagande funèbre, à déclarer: "Si  vous me demandez ce que je réclamerais au peuple allemand, je dirais: une mère pour une mère, un père pour un père, un enfant pour un enfant. Mon âme serait en paix si l'on me disait que six millions d'Allemands  mourraient pour contrebalancer les six millions de morts Juifs. Si   cela n'est pas en notre pouvoir alors accomplissons au moins une action historique qui leur causera une souffrance similaire à celle du sang versé, crachons-leur au visage." (Mair Dworcezki, au Comité central du Mapaï. 13 décembre 1951)

 

Même l'expression du Lévitique (XIX, 16): "Ne te venge pas et ne sois pas rancunier à l'égard des fils de ton peuple: c'est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même" est interprété de la manière la plus exclusive: utilisant la formule "à l'égard des fils de ton peuple" l'on conclut: le non-juif n'est pas ton prochain.

 

Comme l'écrit le rabbin A. Cohen, dans son livre sur le Talmud. (Ed. Payot 1983. p.    269) lorsqu'on dit "Prochain, le Talmud spécifie souvent qu'il s'agit de l'Israélite à l'exclusion du païen."

 

Le rabbin A Cohen évoque ce qu'il appelle "une frontière de feu... distinguant et   séparant le Juif de tous les autres." (p. 19)

 

C'est la seule interprétation retenue aujourd'hui comme officielle, celle qu'on inculque aux enfants à l'école, aux soldats dans l'armée et à l'homme de la rue par les    médias.

En voici quelques exemples:

Pour son cinquantième anniversaire, le 14 mai 1998, l'Etat d'Israël a fait publier par son ministère de l'Education un Livre du Jubilé, destiné à animer la commémoration de l'événement dans toutes les écoles du pays. Curieusement, nous apprend le très   sérieux quotidien Haaretz, le livre ne fait aucune mention de l'existence d'un peuple palestinien, ni avant l'établissement d'Israël, ni après, pas plus que du plan de partage de 1947 qui avait créé deux Etats l'un juif, l'autre arabe en Palestine. Plus loin la   journaliste Relly Sa'ar ajoute: "Le chapitre concernant les efforts de paix évoque les traités avec l'Egypte et la Jordanie, mais ignore complètement les accords d'Oslo et   l'actuel processus de paix avec les Palestiniens."

 

L'étude du livre de Josué figurant au programme des écoles israéliennes, de la classe de 4e à celle de 8e, un professeur de Tel Aviv, Tamarin, distribua un formulaire à    1000 écoliers, disant:

"Tu connais les extraits suivants du livre de Josué (VI, 20): Le peuple monta vers la ville (Jéricho) et s'en empara. Il tua ceux qui s'y trouvaient, hommes, femmes, enfants, vieillards, sans distinction aucune.

Répondez aux deux questions suivantes:

a) A votre avis, Josué et les israélites ont-ils bien agi ou non?

b) Supposons que l'armée Israélienne occupe un village arabe pendant la guerre;   devrait-elle, oui ou non, faire subir à ses habitants le sort que Josué a réservé aux habitants de Jéricho?".

 

En 1972, pour avoir publié les résultats terrifiants de son enquête sur ce conditionnement des enfants (70 %  répondent: oui), le professeur G. Tamarin fut chassé de l'Université de Tel Aviv. (Cité par le pasteur Claude Raynaud dans son livre: Liban-Palestine. Ed. l'Harmattan, 1987. p. 84-86.)

 

Sur le conditionnement des enfants à l'école le journal Haaretz du 15 février 1995 rapporte la réaction suivante d'un pédagogue:

"Dans une étude  récente, le professeur Bar-Tal de l'Université de Tel-Aviv, a montré à quel point le système d'éducation israélien a été mobilisé pour justifier la position d'Israël dans le conflit israelo-arabe. Il a insisté sur la nécessité de modifier la manière dont on parle des Arabes dans les manuels scolaires en même temps que doit changer le jugement que les Israéliens portent sur eux-mêmes... que l'enseignement concernant l'Holocauste et les pogroms a grandement contribué à créer en Israël une mentalité de pays assiégé et alimenté la croyance que les Juifs sont supérieurs et qu'ils ont toujours raison."

 

"Bar-Tal a trouvé l'expression de ces " certitudes " dans 107 livres d'histoire et de textes, parmi ceux qui ont été approuvés cette année par le ministre de l'Education. Dans les livres d'histoire (et notamment de l'histoire juive) on ne parle pratiquement pas de la paix, sinon comme "Utopie". L'idée que les Juifs sont toujours les victimes y joue un rôle central. Dans un livre de textes sur "Les premières colonies sionistes" il n'est fait mention de la présence des Arabes dans la région que deux fois - pour dire que, dans leur grande majorité, ce ne sont que des pillards, une minorité étant jugée "positive " parce qu'elle accepte de vendre des terres aux Juifs."

 

"Dans sa conférence d'ouverture de la session de l'Association israélienne pour la recherche en matière d'éducation, Bar-Tal a rappelé que, dans le conflit israélo-arabe, nous    n'avons pas été seulement des victimes mais aussi des agresseurs... Présenter les Arabes, et en particulier les Palestiniens, d'une manière aussi tendancieuse et   négative, c'est ignorer les souffrances d'un peuple qui subit un sort amer dont nous sommes en partie responsables." Il a montré qu'"Israël a utilisé l'histoire et    les autres disciplines au service de l'idéologie sioniste."

 

En 1979 le ministère de l'Education annonça que l'enseignement du génocide était obligatoire pour les lycéens des classes terminales. Un comité rédigea un nouveau programme de travail soulignant la nécessité de l'engagement affectif des élèves. "Le génocide doit avant tout être ressenti, déclara le président de ce comité, il doit être appréhendé en tant que tel, et non comme l'élément d'un contexte historique plus large, ou bien dans la perspective d'une recherche purement scientifique."

 

Le 26 mars 1980, la Knesset vota "la connaissance et le souvenir du Génocide et de l'héroïsme." Depuis, Le génocide est    enseigné dans les écoles primaires et dans les   lycées, et ces questions représentent désormais 20 % du programme d'histoire aux examens de fin d'études.

 

Le professeur Zimmerman, spécialiste de l'histoire du nazisme à l'université hébraïque de Jérusalem, porte un témoignage terrifiant sur cette déshumanisation de l'homme:

"Il y a un monstre en chacun de nous et si nous continuons à affirmer que nous sommes toujours justifiés, ce monstre peut grandir...Déjà aujourd'hui je pense à un   phénomène qui prend des proportions toujours plus grandes: il y a un secteur entier de la population juive que je définis, sans hésitation, comme une copie des nazis   allemands. Regardez les enfants des colons juifs d'Hébron, ils ressemblent exactement à la jeunesse hitlérienne. Depuis leur enfance on les imprègne de l'idée que tout Arabe est mauvais, et que tous les non-juifs sont contre nous. On en fait des paranoïaques: ils se considèrent comme une race supérieure, exactement comme les jeunesses hitlériennes."

 

Le conditionnement à l'école se poursuit à l'armée. Cela commence avec la Préface de la Bible, écrite par l'Aumônier général des armées, le rabbin Gad Navon. Le journal Haaretz du 22 janvier 96, nous apprend:

"Il est difficile de trouver une expression plus navrante de la tentative de politisation des    textes sacrés "par la falsification de leur message universel" que la préface de la Bible remise actuellement aux jeunes qui entrent dans l'armée.

 

L'édition de 1958 était préfacée par le rabbin Shlomo Goren qui présentait le Livre comme un appel à l'héroïsme et au sacrifice, et une source constante d'inspiration. Celle qui est diffusée aujourd'hui comporte une introduction du grand rabbin de l'armée Gad Navon, chargée de connotations ultranationalistes.

 

La Bible y est présentée comme un bien réservé aux seuls Juifs, qui leur reconnaît un droit exclusif sur la terre de leurs pères et comme une preuve de la présence continue du peuple Juif dans la région. Elle devient une partie intégrante du système   idéologique du sionisme religieux.

 

Le mot de "Paix" a disparu, pour faire place à la mention de l'Ennemi", Abraham devient le père de la nation juive, qui se tient debout seul, face au reste du monde. Le rabbin Gad Navon croit ainsi fortifier l'esprit des soldats et il termine sa Préface par le verset   du Deutéronome (20/4): Car le Seigneur se tient à tes côtés, il lutte pour toi contre les ennemis et te donne la victoire."

 

Pour couronner cette introduction ethnocentriste, on a joint à la Bible, en annexe, un atlas où chaque soldat pourra trouver une carte du Grand Israël, qui inclut non seulement la Judée et la Samarie, mais la Jordanie.

 

Une autre carte, intitulée: La terre donnée par Dieu aux juifs a pour légende le verset bien connu sur "Le territoire qui s'étend de la rivière d'Egypte au grand fleuve   Euphrate.."

 

Cet état d'esprit est répandu à tous les niveaux de la hiérarchie militaire. Le grand rabbin A. Avidan, aumônier de corps d'armée avec le grade de colonel, écrit dans un   livre: La pureté des armes à la lumière de la Halakhah.

 

"Quand au cours d'une guerre, ou lors d'une poursuite armée ou d'un raid, nos forces se trouvent devant des civils dont on ne peut être sûr qu'ils ne nous nuiront pas, ces civils, selon la Halakhah, peuvent et même doivent être tués [...] En    aucun cas l'on ne peut faire confiance à un arabe, même s'il a l'air civilisé [...] En guerre, lorsque nos troupes engagent un assaut final, il leur est permis et ordonné par la Halakhah de tuer même des civils bons, c'est-à-dire les civils qui se présentent comme tels."

 

Conditionnés par de tels Bréviaires de la haine "trop de soldats se sont mis à croire que le Génocide peut justifier n'importe quelle action déshonorante." dit le colonel Praver, 15 juin 1990, dans un entretien enregistré. (Tom Segev, op. cit., p.473)

 

En voici une illustration  éclatante lors du bombardement de civils à Cana, la   conversation du correspondant de Kol Ha'ir du 10 mai 1996 avec 5 soldats de la batterie responsable de ce tir:

 

"Aucun n'a manifesté le moindre trouble... Ils ont raconté qu'ils avaient appris,   quelques minutes plus tard, où étaient tombés les obus. Le commandant les a rassemblés pour leur dire qu'ils avaient bien agi et devaient continuer. "Personne ici n'a parlé d'une erreur". Après tout, ce ne sont que des Arabushes (terme méprisant composé du mot "Arabe" et de "rat" en hébreu. ("Akhabaroshim") Les arabes, il y en a   des millions!

 

Q Vous n'avez eu aucun problème de conscience?...

R - Pourquoi? Nous n'avons fait que notre travail. Nous avons obéi aux ordres. D'ailleurs    personne ne nous demande notre avis...

Q Et si on vous l'avait demandé?

R Nous aurions tiré d'avantage d'obus et tue d'avantages d'Arabes...

Q Et la " pureté des armes " (dont se prévalait un temps l'armée sioniste)?

R- Je ne sais pas de quoi vous parlez...

Nous autres, artilleurs, n'avons pas de temps à perdre à discuter de pareilles stupidités. Ce qu'on nous apprend, c'est à nous comporter comme des soldats professionnels."


Roger Garaudy, Le procès du sionisme israélien, Al Fihrist, pp 125 à 147(extraits)

 

       

 

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mercredi 21 octobre 2009

Antifascistes encore un effort... si vous voulez l'être vraiment ! Par Jean Bricmont

    

bricmont

                                           

Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère) ? Le temps où une majorité de gens aimait réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme.

                        
                                                « Pour guérir radicalement la censure, il faudrait la supprimer car l'institution est mauvaise et les institutions sont plus puissantes que les hommes. » Karl Marx (1)

Divers amis se sont inquiétés du fait que mon nom soit cité dans un article (non signé) de REFLEX, intitulé « Procès Dieudonné - Faurisson : la Cour des Miracles négationnistes » et relayé par l'AFPS , Bellaciao.

J'ai donc lu l'article avec attention ; il s'attaque à un certain nombre de gens qui ont assisté au procès de Dieudonné et Faurisson, suite au spectacle du Zénith (2) et particulièrement à Paul-Eric Blanrue, auteur du livre « Sarkozy, Israël et les juifs » dont j'ai recommandé la lecture. Cet article est intéressant parce qu'il illustre tous les défauts d'une certaine « gauche antifasciste ».

Le fond de l'affaire tourne autour de la liberté d'expression. Ayant expliqué ailleurs mon point de vue à ce propos, je ne vais pas y revenir en détail. Et, avant de continuer, je voudrais souligner (même si cela devrait être inutile) que défendre la liberté d'expression de X ne signifie nullement approuver les idées de X. Cette défense découle seulement d'une réflexion sur les principes de droit sur lesquels repose une société démocratique. Et, dans une société réellement démocratique, il y aura nécessairement une telle multiplicité d'opinions qu'il est impossible de les approuver toutes - mais on peut néanmoins considérer que l'expression de toutes ces idées, aussi folles et mutuellement contradictoires qu'elles soient, doit être légale. La liberté d'expression est un principe fondamental de la démocratie, et pas, comme on le dit trop souvent, un « prétexte » pour « soutenir » X ou Y. Il est pour le moins étrange que des « antifascistes » approuvent le fait que l'on rende, comme l'a dit Chomsky à propos de l'affaire Faurisson, un triste hommage aux victimes de l'holocauste en adoptant la doctrine centrale de leurs bourreaux, à savoir qu'il appartient à l'Etat de déterminer la vérité historique et de condamner ceux qui ne s'y conforment pas.

Mais, même si l'on ne partage pas ce point de vue, la question de la pente glissante se pose : jusqu'où ira-t-on dans la répression des opinions « scandaleuses » ? On requiert un an de prison (avec sursis) contre Dieudonné pour un sketch. On est évidemment libre d'estimer ce sketch de très mauvais goût, insultant, et le condamner moralement (3). Mais un an de prison (même avec sursis) ? Que répondra-t-on aux Noirs et aux Musulmans qui pourraient se sentir insultés par d'autres sketches (y compris certains sketches de Dieudonné) ? Comment éviter que les Musulmans, qui se considèrent insultés par les caricatures du Prophète, et l'impunité dont elles jouissent (heureusement), n'y voient une nouvelle preuve du « deux poids, deux mesures » à leur égard (4) ? Aujourd'hui, divers courants au sein de l'Union Européenne veulent sacraliser la mémoire des « victimes du communisme ». Où s'arrêtera-t-on? Une partie de la gauche s'inquiète de cette dernière sacralisation - mais peut-être aurait-elle été mieux avisée de ne pas entrer, justement à propos des victimes du fascisme, dans le jeu de la sacralisation.

A mon humble avis, c'est cette constante restriction de la liberté d'expression qui devrait donner « froid dans le dos » aux antifascistes véritables.

Par une pure coïncidence, cette affaire Dieudonné se produit en même temps que la levée de boucliers du monde intellectuel et artistique en faveur de Roman Polanski. Alors que, dans cette dernière affaire, le « talent artistique » semble tout permettre, même des miracles, comme le fait de commettre une erreur de jeunesse (dixit BHL) à 43 ans, ou d'avoir des rapports sexuels avec une mineure non consentante sans commettre de viol (dixit Costa-Gavras), pas un mot n'est prononcé par ce même monde intellectuel et artistique en faveur de Dieudonné qui, au cours de toute sa carrière, n'a jamais été « coupable » que de délit d'opinion. Dans le cas de Polanski, le fait qu'une fille pose nue (Finkielkraut) ou paraisse plus âgée qu'elle n'est (Costa-Gavras), ou que le violeur soit une victime (du nazisme et du communisme-Finkielkraut et BHL) sert de circonstance atténuante. Finkielkraut vit dans « l'épouvante ». Lelouch compare la police suisse à la Gestapo. BHL en appelle à l'esprit de tolérance suisse, mentionnant Voltaire, comme si c'était Polanski et non Dieudonné qui était poursuivi pour délit d'opinion. Etrange époque où la lutte contre « l'ordre moral » et contre le « fascisme », ou encore le « il est interdit d'interdire », mènent simultanément à la complaisance à l'égard du viol et au rejet de la simple liberté d'expression.

L'article de REFLEXes soulève aussi le problème du « guilt by association », de la culpabilité par association, fortement dénoncée aux Etats-Unis, surtout dans la gauche, parce que c'était une des armes favorites du Maccarthysme. Que viennent faire dans cet article Michel Collon, la librairie Résistances et moi-même ? Michel Collon rien, à part le fait que j'en suis « proche ». Mais pourquoi le citer lui et pas Noam Chomsky, Alan Sokal, Régis Debray, Anne Morelli, ou quantité d'autres, dont je suis tout aussi « proche » ?

La Librairie Résistances, elle, a été attaquée par des nervis sionistes et a tenu un meeting en plein air suite à cette agression, au cours duquel Me Bastardi Daumont, avocat de Blanrue et de Faurisson, a pris la parole. Où est le crime ? Que reproche-t-on à Me Bastardi Daumont ? Suggère-t-on que Faurisson ne doit pas avoir d'avocat, contrairement aux pires assassins ? S'il doit bien en avoir un, est-ce un crime d'être celui-là ? Pense-t-on qu'un avocat partage nécessairement les vues de son client ? Pourquoi cette coïncidence (être à la fois l'avocat de Blanrue, de Faurisson et participer au meeting de soutien à la librairie) ? Sans doute parce que, précisément à cause du climat de terreur intellectuelle « antifasciste » qui règne en France, les avocats prêts à défendre le principe de la liberté d'expression ne se bousculent pas au portillon.

Et moi-même ? J'ai lu le livre de Blanrue et je l'ai trouvé salutaire. Bien que moins complet, il est un peu le « Mearsheimer et Walt » français, en ce sens qu'il met, pour la première fois, le doigt sur un problème fondamental de nos sociétés, à savoir l'extraordinaire influence sur notre vie politique des réseaux pro-israéliens (ou du lobby pro-israélien, comme disent Mearsheimer et Walt). Je le lui ai dit et je l'ai autorisé à me citer sur son site. Je ne lui ai pas trouvé d'éditeur, contrairement à ce qu'affirment nos spécialistes de l'antifascisme (et du renseignement), même si j'aurais été heureux de pouvoir le faire. Comme le dit Alain Gresh, le livre de Blanrue « mérite débat » ; mais le livre a été de facto censuré en France, vu que le diffuseur français de son éditeur belge a refusé de le distribuer (initiative extraordinaire de la part d'un diffuseur, si on y réfléchit : qu'est-il advenu du bon vieux capitalisme et de la « soif de profit » ?). De plus, bien que Blanrue soit un auteur relativement connu, aucun grand média ne parle de son livre. La puissance des réseaux sionistes est accrue par le tabou qui empêche de parler d'eux. Le terrorisme intellectuel « antifasciste » ne fait que renforcer ce tabou. Le grand mérite de Blanrue est de tenter de sortir de ce cercle vicieux qui, comme il le souligne d'ailleurs, n'est pas, à terme, « bon pour les juifs ».

Bref, j'apprécie le livre de Blanrue et je le dis. Quelle relation entre cela et le fait qu'il assiste au procès Dieudonné-Faurisson (ce qui, vu les enjeux juridiques de cette affaire, est tout à fait compréhensible) ou qu'il ait eu dans sa jeunesse des activités « suspectes » (aux yeux de la police de la pensée) en Moselle ? Il a été chrétien ? Je vais l'avouer : moi aussi (ainsi, il existe encore des chrétiens en France et en Belgique ; quelle horreur ! Que fait la police ?). Il a été royaliste ? Moi pas, mais en tant que Belge, j'en ai rencontré beaucoup et je n'ai pas remarqué qu'ils mangeaient des enfants au petit déjeuner. Et j'ai connu assez de gens qui ont, dans leur jeunesse, fait une apologie sans nuance de Staline, de Mao, ou de toute forme de violence, pourvu qu'elle soit « révolutionnaire » (et dont certains se sont recyclés dans l'antifascisme), pour que le genre d'accusations portées contre Blanrue me laisse froid (est-il vraiment si fréquent de trouver des gens en France dont le parcours est, comme dit REFLEXes, « politiquement limpide et irréprochable » ?).

De plus, quand il s'agit d'auteurs comme Heidegger, Céline ou Foucault (oui, oui, même Foucault), il est permis de citer, d'étudier, d'admirer une partie de leur œuvre sans se soucier de ce qu'ils ont dit ou fait par ailleurs, et qui est souvent plus étrange que ce que l'on reproche à Blanrue. Pourquoi ne pourrait-on pas avoir la même attitude par rapport au citoyen Blanrue ? Existe-t-il un principe de Polanski généralisé qui veut que pour des gens suffisamment célèbres (Heidegger et Co.), on puisse parler de leur œuvre ou d'une partie de celle-ci sans parler de la personne ou de l'ensemble de l'œuvre, mais pour les moins célèbres, non ?

J'avoue également avoir un petit problème avec la notion d'extrême droite en France. Pour les « antifascistes », l'extrême droite, ce sont exclusivement les gens qui sont supposés être nostalgiques de Vichy, de la monarchie, de l'Algérie française, qui sont trop souverainistes à leur goût, ou encore, pour certains, les « islamo-fascistes ».

Mais pourquoi la censure n'est-elle pas d'extrême droite ? Pourquoi l'apologie de la guerre (et la négation de crimes de guerre) à Gaza, au Liban, en Afghanistan et en Irak ne l'est-elle pas ? Pourquoi le fait de considérer qu'un peuple a le droit de s'installer sur la terre d'un autre et de l'en chasser à jamais (c'est-à-dire en lui refusant tout droit au retour) n'est-il pas d'extrême droite ? Pourquoi n'est-il pas d'extrême droite de célébrer comme démocratique (avilissant ainsi ce concept) un Etat défini explicitement sur une base ethnique (5) ? Pourquoi la notion de culpabilité collective (appliquée au peuple allemand, français etc.) n'est-elle pas de « l'essentialisme raciste » et donc d'extrême droite ? N'est-ce pas encore plus le cas quand cette culpabilité devient transmissible aux descendants ?

Si l'on veut bien élargir ainsi la notion d'extrême droite (ce qui me semble justifié d'un point de vue conceptuel et historique), on se rend compte que le gouvernement français, la plupart des médias et des intellectuels, et bien sûr, une bonne partie de la « gauche antifasciste » sont d'extrême droite, ce qui complique considérablement la nécessaire « lutte contre l'extrême droite ». Il ne suffit pas de ne pas « ouvrir son antenne » à Soral ou à de Benoist, mais il faudrait la refuser à pratiquement tout le monde. De plus, l'extrême droite la plus dangereuse est-elle celle de la « nostalgie », ou celle qui influence la politique et la pensée occidentale actuelles ?

Finalement, il est regrettable de voir que des articles comme celui de REFLEXes sont repris par des associations pro-palestiniennes comme l'AFPS (ou Bellaciao). Bien sûr, ils ont le droit de le faire, là n'est pas la question. Mais le fait de diffuser certains articles plutôt que d'autres est un choix politique, et ce choix peut être discuté. Or ce choix signifie que la priorité, pour ces organisations, n'est pas de défendre la liberté d'expression mais bien de hurler avec les loups dans la dénonciation des « méchants » (Dieudonné, Blanrue etc.).

Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère) ? Le temps où une majorité de gens aimait réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme.

La « solidarité avec la Palestine » commence ici, principalement dans la lutte contre les réseaux pro-israéliens. Diffuser et faire connaître le livre de Blanrue, ou celui de Mearsheimer et Walt, défendre la liberté d'expression, aider à libérer le discours et à ouvrir le débat, c'est réellement « aider la lutte des Palestiniens », et c'est l'aider de façon essentielle.

Nous ne devons pas montrer aux sionistes que nous sommes « gentils », en nous « démarquant » sans arrêt de X ou de Y qui a eu une parole trop dure ou trop franche, mais montrer que nous sommes libres et que le temps de l'intimidation est passé. Heureusement, de même que les Palestiniens résistent, il existe encore des gens en France qui défendent les principes les plus élémentaires de la République et de la laïcité. Il ne reste plus qu'à souhaiter que les « antifascistes » se joignent à eux.


Notes de lecture :

1. Remarque sur la récente réglementation de la censure prussienne, 1842, Textes philosophiques, 1842-1847, Cahier Spartacus, no 33, 1970.

2. Au cours duquel (en décembre 2008) Dieudonné fit remettre un « prix de l'infréquentabilité et de l'insolence» à Robert Faurisson, par son assistant déguisé en costume de déporté. Suite à cela, Dieudonné est poursuivi, entre autres, pour insultes à caractère raciste.

3. Il faut néanmoins rappeler que si la liberté d'expression était respectée en France, il n'y aurait jamais eu d'affaire Faurisson, ce dernier serait probablement inconnu et il n'y aurait probablement pas eu le show du Zénith. La censure incite toujours à la transgression et il n'y a aucune raison de penser que l'affaire du Zénith soit la dernière du genre, quelles que soient les peines qui seront prononcées.

4. Voir la vidéo pour une illustration de ce sentiment d'injustice.

5. Par exemple, où faut-il situer sur le spectre politique la citation suivante : « Si l’on regarde une carte du monde, en allant vers l’est : au-delà des frontières de l’Europe, c’est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s’arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c’est l’État d’Israël. Après, plus rien, jusqu’au Japon. [...] Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d’entretenir, chez des populations illettrées à 80%, une haine farouche de l’Occident, en tant qu’il est constitué de démocraties. » Elle est de Philippe Val (dans Charlie-Hebdo, 26 juillet 2006), ancien directeur de Charlie-Hebdo et actuel directeur de France Inter. Voir Le plan B, Frappes médiatiques sur le Liban, 5 janvier 2009 ; ce journal précise : « selon le Rapport des Nations unies sur le développement humain de 2003, seuls trois pays au monde avaient alors un taux d’illettrisme supérieur à 80%. Et aucun d’entre eux n’était situé entre Tel-Aviv et Tokyo, puisqu’il s’agissait du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ailleurs, entre Tel-Aviv et Tokyo, le taux d’illettrisme était de 23% en Iran, de 9% en Chine, de 7% aux Philippines. Et... de 13% au Liban. »

Jean Bricmont

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dimanche 27 septembre 2009

Les masques de guerre, par Michel Peyret



Les peuples ont la nausée de vos masques , chants , tam-tam et danses de guerre !

Ils ont dit maintes et maintes fois : « Maintenant , c'est la Der , la Der des Der ! »

Et chaque fois , vous avez « remis le couvert » , de façon toujours plus ignoble , toujours plus mensongère , toujours plus dramatique , toujours plus horrible .

Ils auraient pu rire du spectacle de vos pantomimes de plus en plus médiatisées , bassement , piètrement exécutées et répercutées par des médias toujours plus domestiqués et abêtissants .

La politique du spectacle n'en finit pourtant pas , même dans sa dégénérescence de plus en plus accentuée .


CERTES , ON SAIT BIEN...

Certes , on sait bien que les productions , ô combien coûteuses , des complexes militaro-industriels ont besoin d'être détruites , et donc utilisées , pour pouvoir être renouvelées et donner naissance à de nouvelles sources de profit !

Certes , on sait bien que la Courbe de Hubbert de la production pétrolière et gazeuse a pris son option descendante et qu'il convient en conséquence de s'assurer le contrôle des réserves qui n'ont pas encore été gâchées par votre productivisme acharné alors même qu'aucune alternative énergétique sérieuse n'est encore programmée !

Certes , on sait bien que votre système et la « civilisation » qu'il a générée sont en crise , celle que provoque la baisse tendancielle du taux de profit quand toutes les contre-tendances , y compris les plus tordues financièrement , ont fini par l'approfondir dans les plus éloignés de ses dessous !

Certes , on sait bien que la sur-accumulation des capitaux qui en résulte a besoin d'une dévalorisation massive de ces capitaux , c'est-à-dire jusqu'à leur destruction massive sous toutes ses formes !

Certes , on sait bien que la guerre , les guerres , peuvent être le prétexte rêvé , sinon la cause réelle de cette destruction-dévalorisation de capital qui permet au capital survivant de retrouver un taux de profit convenable et la reprise de l'accumulation... jusqu'à la crise suivante !

Certes , on sait bien que le prochain affrontement a de fortes « chances » d'être le dernier si l'on considère les stocks d'armes nucléaires accumulées... et non détruites selon ce que prévoyaient les accords internationaux que vous avez vous-mêmes signés...!

Certes , on sait bien que le Ben Laden , issu de l'une des plus estimées et riches familles d'Arabie saoudite , a terminé son rôle dans une certaine décrépitude alors que ses débuts florissants avaient pu justifier la destruction du World Trade Center... et les guerres punitives qui en étaient résulté .

Certes , on sait que vous avez besoin d'un nouvel « bouc-émissaire » qui permettrait de donner l'ordre de départ aux bombardiers et autres sous-marins israéliens porteurs d'armes nucléaires destinées à vitrifier les témoignages d'une des plus anciennes civilisations de notre humanité .


NOUS SORTONS DU SIECLE DES GENOCIDES

Nos souffles restent « suspendus » tant vous avez l'art et la manière d'accommoder cette sauce guerrière aux meilleurs épices régionaux dans la variété de leurs arômes !

Ils n'oseront pas , me dit-on .

Mais ils ont déjà osé dans la passé bien qu'ils aient bien mesuré l'ampleur des dégâts que permettaient les technologies existantes !

Ne sortons-nous pas du « siècle des génocides » ?

Aussi , après ces quelques rappels en manière d'introduction , nous allons examiner quelques données sur l'ampleur de l'armement nucléaire de quelques pays et les comparer avec celles de ce « pelé , ce galeux d'où venait tout le mal » .



LES PAYS SIGNATAIRES DU TNP

Parmi les signataires du Traité de Non Prolifération Nucléaires , on trouve :

  • la Russie dotée de 16 000   armes , dont 5830 actives ,

  • Les Etats-Unis : 9962 dont   5735 actives ,

  • La France : 348 têtes   actives ,

  • Le Royaume-Uni : plus de   200 dont un peu moins de 200 actives ,

  • la République populaire de   Chine :environ 200 , dont environ 145 actives .


Pour les pays détenteurs non-signataires du TNP :

- L'Inde : 40 à 50 têtes , presque toutes actives ,

- Le Pakistan : 50 à 60 , presque toutes actives


LE PROGRAMME NUCLEAIRE D'ISRAEL

Selon Wikipédia , Israël dispose d'armes nucléaires dont une centaine seraient actives .

Selon un ancien technicien de la Centrale nucléaire de Dimona , Mordechaï Vanunu , Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques .

Cette déclaration lui a valu une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans .

Selon certaines sources , Israël aurait procédé , avec l'aide de l'Afrique du Sud , à un essai sous-marin dans l'Océan Indien le 22 septembre 1979 , connu sous le nom de l'Incident Vela , mais aucune certitude n'existe à ce sujet .

La position officielle israélienne a toujours été de ne pas confirmer ni infirmer les spéculations relatives à sa possession de l'arme atomique .

Le 6 décembre 2006 , Robert Gates , secrétaire à la défense américain déclarait lors de son audition au Sénat : « L'Iran est entouré de pays dotés de l'arme nucléaire : Le Pakistan à

l'Est , Israêl à l'ouest... » , une première pour un haut fonctionnaire américain .

Quelques jours plus tard , le 11 décembre 2006 , lors d'une interview de la chaîne de télévision N24 à propos des ambitions nucléaires iraniennes , Ehud Olmert déclarait : « Pourriez-vous dire que c'est la même chose que pour l'Amérique , la France , Israël et la Russie ? » .

Il a été obligé de corriger le déclaration de Robert Gates ainsi que son lapsus et a rappelé la position d'Israël sur le sujet : « Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient . C'était notre position , c'est notre position , cela restera notre position . »



ET L'IRAN ?

L'Iran fait partie avec le Brésil , l'Algérie , l'Arabie saoudite , la Syrie , des pays soupçonnés de développer un programme militaire ;

Wikipédia précise :

« L'Iran essaye depuis plusieurs années de se procurer l'énergie atomique à des fins , officiellement , civiles .

« Cependant plusieurs membres de la Communauté internationale pensent que ce programme peut être utilisé pour développer l'arme nucléaire , notamment depuis la découverte de l'installation de recherche de Natanz , en août 2002 , qui n'avait pas été déclarée à l'AIEA .

« Une troïka européenne , composée de l'Allemagne , de la France et du Royaume-Uni , s'est formée et tente de pousser l'Iran à accepter un contrôle strict de son programme civil par des experts de L'AIEA .

« Israël et les Etats-Unis pour leur part laissent planer le déclenchement de représailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait à être confirmé

« Au début du mois de janvier 2006 , l'Europe et les Etats-Unis se sont mis d'accord pour présenter l'affaire devant le Conseil de Sécurité de l'ONU . »



UNE LOGIQUE DE GUERRE

Dès décembre 2006 , Bernard Ravenel , dans « Pour la Palestine » , montrait que dès 2002 les Etats-Unis ont opté pour une politique de guerre active et « préventive » , de la péninsule arabe à l'Asie centrale .

« Dans ce contexte , précise-t-il , Israël doit jouer un rôle important sinon décisif .

« Déjà en 1982 , devant la guerre menée au Liban , le gouvernement du Likoud proposait une intervention contre l'Iran , après avoir bombardé le réacteur nucléaire de Tamouz en Irak .

« Mais avec l'existence de l'URSS , Washington hésitait .

« Aujourd'hui , entre la guerre en Irak et le soutien aux guerres israéliennes au Liban et en Palestine , les Etats-Unis de G.W. Bush visent à créer une situation de conflit permanent au Moyen-Orient .

« En fait , à partir de la non-résolution de la question palestinienne .

« Et l'Iran est devenu la cible centrale reposant , après Israêl , la question de la nucléarisation de la région avec toutes ses conséquences , y compris dans l'évolution de la stratégie des Etats-Unis et d' Israël .

« Comment arrêter la marche vers une catastrophe dont seraient victimes tous les peuples de la région ? »



POUR UNE ZONE LIBRE D'ARMES NUCLEAIRES AU MOYEN-ORIENT

Face à la logique de guerre , poursuit Bernard Ravenel , « risquant de devenir nucléaire , la seule réponse est celle d'une logique de paix construite par la négociation politique fondée sur l'application du droit.

« Mais dans l'immédiat , face au risque imminent , même reporté , de guerre nucléaire , la reprise de la proposition d'une zone libre d'armes nucléaires au Moyen-Orient devient une nécessité politique vitale .

« Cette proposition a été votée , à la demande pressante de l'Egypte en 1995 , à la conférence de révision du TNP , revotée en 2000 .

« En février 2006 , l'AIEA en a rappelé la nécessité , tout en rencontrant l'hostilité farouche d'Israêl soutenu par les Etats-Unis .

« Pour leur part , les pays européens l'ont promis aux Iraniens .

« Ils n'ont rien fait pour tenir leur engagement . »



L'IRAN POUR UN PLAN DE SECURITE

En diverses circonstances et avec détermination , les dirigeants de l'Iran ont fait des propositions allant en ce sens .

On comprend bien pourquoi ce pays , qui n'en a jamais agressé un autre , au moins dans les temps « modernes » , soit le plus en mesure d'être à l'initiative concernant la sécurité dans le Golfe Persique .

Ainsi , par exemple , en 2007 de nouveau , à l'occasion d'une réunion du Forum Mondial économique de Doha , un haut représentant du chef suprême de l'Iran a présenté un plan de sécurité en 10 points dont un prévoit expressément , et entre autres propositions , de mettre fin à la course aux armements dans la région «  et d'établir une coopération sérieuse parmi les pays régionaux pour un Moyen-Orient libre de tout ADM ( armes de destruction massives ) .



QUAND LA FRANCE TENAIT UN AUTRE LANGAGE

Il fut aussi un temps où les représentants de la France , moins inféodés , tenaient un autre langage que celui que l'on entend aujourd'hui .

Ainsi , par exemple , l'ambassadeur permanent de la France auprès de la Conférence du désarmement déclarait-il à propos de la Résolution sur le Moyen-Orient le 4 mai 1998 que « la France est également convaincue que le création de zones exemptes d'armes nucléaires , internationalement reconnues sur la base d'arrangements librement négociés entre les Etats de la région considérée , renforce la paix et la sécurité mondiales et régionales . »

Et il se félicitait de la résolution 52/34 sur la création d'une telle zone dans la région du Moyen-Orient ….



DONNER TOUTE SA FORCE AU COMBAT POUR LA PAIX ET LE DESARMEMENT

Ainsi quelques repères sans entrer dans l'évolution récente dont nous avons dit toutefois qu'elle pourrait rapidement devenir aiguë .

Le peuple français a une longue tradition dans les luttes contre les guerres , pour la paix et le désarmement et certainement l'évolution de la gravité de la situation justifierait-elle à nouveau un engagement fort .

Il a aussi fait l'expérience que ces luttes-là sont également constitutives de l'ensemble des luttes sociales et politiques contre le capitalisme et sa crise .

Leur redonner toute leur dimension de lutte contre l'impérialisme aujourd'hui quand les périls ressurgissent ne peut que contribuer à renforcer leur caractère global visant à la transformation de la société.

Michel Peyret

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dimanche 30 août 2009

Desmond Tutu appelle au boycott d’Israël

 

             

L’archevêque sud-africain Desmond Tutu, a dénoncé... le fait qu’Israël fasse “payer aux Palestiniens le prix de l’Holocauste” et a rappelé que "Pas plus que l’Afrique du Sud, Israël n’obtiendrait la sécurité par les armes, mais seulement à condition de reconnaître et respecter tous les droits de l’homme ».

             

Dans une interview au quotidien Haaretz, le prix Nobel de la Paix répondait aux propos de Netanyahou qui, de passage à Berlin, a justifié une fois de plus a politique israélienne par l’holocauste.

             

Desmond Tutu en a profité pour approuver les récents propos de l’opposant israélien Neve Gordon, en faveur du boycott de son pays.

             

Il a rappelé la nécessité de sanctions contre Israël, et l’importance particulière du boycott sportif, ainsi que son efficacité pour combattre le régime d’apartheid en Afrique du Sud. « Comme nous vivions dans un pays entiché de sport, cela a permis de toucher les gens ordinaires. Cela a été l’un des outils psychologiques les plus puissants ».

             

Il a également souligné la "nécessité de frapper le régime d’apartheid au portefeuille, comme cela a été le cas en Afrique du Sud avec l’embargo sur les armes et le boycott économique."

             

Ce sont, a-t-il déclaré, ces sanctions qui ont "donné de l’espoir à notre peuple en lui montrant que le monde s’en souciait".

             

Lors de sa visite au village de Bil’in où se tiennent chaque semaine des manifestations contre le mur, il a fait le parallèle avec l’Afrique du sud “du temps où nous devions passer les check-points et où nous étions à la merci de l’arbitraire le plus total des policiers », tout en soulignant : « Toutefois, nous ne subissions pas de châtiments collectifs, tels que les démolitions de maisons sous prétexte que l’un de ses habitants soit soupçonné de ‘terrorisme‘ ».

             

L’archevêque Desmond Tutu a également accusé les organisations juives aux États-Unis, "d’intimider tous ceux qui critiquent l’occupation en les qualifiant d’antisémites". Il a rappelé comment ces lobbies avaient fait annuler ses interventions dans les universités américaines.

   http://www.protection-palestine.org/      


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vendredi 26 juin 2009

Iran: attendre des jours qui chantent

Sollicitée de donner son avis sur la situation en Iran, une amie algérienne me communique ce texte:


Succinctement, car je ne suis pas au fait des détails, et puisque vous voulez mon avis, il me semble que cette histoire de trucage des élections au profit de Ahmadinejad est un montage pour la façade du système, un clin d’œil à « l’Occident démocratique ». L’opinion occidentale étant regardante sur la forme, et sensible au discours de l’opposition ; notamment de l’opposition démocratique vraie ou fausse.

 

Souvent installée en Occident, terre d’exil ou d’élection, cette dernière appelle à l’aide au nom des Droits de l’homme et de la Démocratie. Pour autant, l’ingérence directe ne s’impose en tant que « solution inévitable » que lorsque les intérêts occidentaux l’exigent et que l’ingérence indirecte s’avère insuffisamment opérationnelle ou gratifiante.

 

 Ahmadinejad  a  bien été élu à la majorité écrasante, à mon sens, même si  bourrage des urnes, il y’a eu.  Non seulement sur volonté du régime qui a mobilisé les moyens de sa politique. Mais aussi, et surtout, pour des raisons de compatibilité : les gens élisent ceux qui leur ressemblent, en lesquels ils se reconnaissent. Sens de l’égalité et respect de soi obligent.

En effet, Ahmadinejad parle, s’habille et vit comme le peuple. C'est-à-dire, simplement. Selon les infos officielles, bien entendu.

 

Il est aussi, un  héros national. Celui qui titille l’égo du plus commun des iraniens: ne défie t’il pas, les USA et Israël pour l’intérêt national  et la grandeur de l’Iran ? Il incarne ce sens du sacrifice que les iraniens  glorifient en Ali, promu Prophète par le chiisme,  et qui leur rend si facile le martyre. Disciplinés, ils le sont jusqu’au sacrifice suprême ;  tout comme Ahmadinejad, paraît l’être.

 

Quant à Moussavi, c’est un inconnu qu’on sort de l’ombre pour les besoins de la cause. Premier Ministre sous Khomeiny, il a depuis disparu de la scène publique. Son intronisation sert  à fabriquer un futur présidentiable, pour injecter du sang neuf dans un sérail connu pour ses frasques et sa corruption, et à jeter de la poudre aux yeux d’une opposition et d’un Occident, suspicieux. Naïve, la rue qui prend le mirage  pour la réalité, répond présente : c’est dans la misère et l’ignorance que la manipulation tourne à fond.

 

Par conséquent, les deux adversaires, animés l’un et l’autre par sa propre ambition  ne s’opposent, réellement pourrait-on dire, qu’à titre personnel.  Pour le reste, Ahmadinejad ou Moussavi, c’est du pareil au même.  Issus du système  du Bazar  et des Mollahs, ils portent, à quelques différences prés, le même projet de société et donc le même programme: pérenniser  l’ordre établi.

 

Ainsi, s’il est des  pays où  le culte du marché amalgamé aux Droits de l’homme a pignon sur rue, en Iran c’est  le culte de la religion qui est le chef de la sauce politique.

Dans ce pays multiethnique et multilingue, conservateur et rompu par choix politique, mais pas seulement, au sens du religieux  dans sa grande majorité, la religion est décrétée  source du code de conduite et du mode de gouvernance.  Elle est en ce sens  le facteur  principal  de légitimation  du régime et donc du  contrôle pour toujours plus de pouvoir.  C’est pourquoi, à l’intérieur comme à l’extérieur, tout se joue au nom de la religion !

 

 Pour rappel, l’empire Iranien  a constitué à partir du V e siècle avant ère, l’entité politique territoriale indo-européenne,  la  plus étendue de l’antiquité.   Le rêve de restaurer cet empire est plus que jamais présent. A défaut, devenir un partenaire géostratégique incontournable et décisif dans la gestion des affaires du monde.  Les stratégies :

 

1-Se proclamer champion et gendarme de l’Islam; accuser l’Occident, USA en tête de satanisme.

 

 2-Déstabiliser les pays du  Moyen- orient (Palestine, Syrie, Irak, Liban, pays du Golfe, Arabie Saoudite),  ceux de  l’Asie mineure et d’Asie (Turquie, Afghanistan, Pakistan, Inde, Chine, ex-Républiques soviétiques)  et autres (pays issus du démantèlement de l’ex- Yougoslavie).

Et ce, par la manipulation des groupes chiites ou islamistes qui s’y trouvent  et dont les stratégies et techniques  guerrières, importées ou imposées par la conjoncture, sont exportées et affinées ailleurs. Partout,  elles sont instrumentalisées à nouveau, les mollahs n’étant  pas les seuls à  rêver de grandeur.

 

3-Jouer la Carte  nucléaire, en tant que moyen de négociation avec les USA, car :

 -  Amis d’Israël, qui bien qu’extraordinairement armé, craint l’avènement dudit nucléaire à ses frontières.

- Et Puissance dominante dans la région où elle  détient le monopole sur le pétrole, entre autres. En sus, des  bases militaires.

 

4-Jouer la Carte du nucléaire, en tant que moyen de ralliement ou de dissuasion des arabes et musulmans, par rapport à  ses visées de leadership et d’expansion.

 

5 - User des épouvantails ou épées de Damoclès précédents pour colmater les fissures sociales, susciter l’union et préserver la stabilité au plan interne.  

 

Et si des iraniens, en nombre de plus en plus effarant, crèvent de misère et de maladie et que des jeunes, en nombre à donner le vertige, se droguent et s’intoxiquent, pour supporter malvie et chômage, alors que pays est classé 4e producteur de pétrole et 2e exportateur de l’OPEP, cela incombe au décret divin. Il n’y a pas de quoi s’alarmer, c’est leur inéluctable destin. Du point de vue d’une lecture fataliste et biaisée des textes fondateurs de l’Islam, c’est aussi clair.

 

En conclusion, Ahmadinejad  est effectivement, par conviction, démagogie ou inconscience,  l’homme qu’il faut pour le régime des mollahs. En digne héritier et représentant, il s’est brillamment illustré dans tous les segments  sus-cités du programme politique qu’il avait à charge de réaliser.  A l’exception des franges occidentalisées ou en accointance avec des régimes non amis,  il l’est aussi pour les iraniens qui ont voté pour lui, par conviction ou par crainte.

Quant au peuple  de façon générale, mûré dans la malvie et la pauvreté, il devra attendre des jours qui chantent. Qui  ne sont pas pour demain. Encore moins, le leadership ou la grandeur de l’Iran.

 Les uns et les autres  requièrent la participation réfléchie et active du peuple à la vie sociale et politique de la nation. Laquelle participation dépend de la valeur qu’on reconnait et du respect qu’on accorde au peuple et par delà, à tout être vivant, du dehors comme du dedans.

D. K

                                                                      

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lundi 8 juin 2009

Boycott Israêl

 

Le 8ème Congrès départemental du Syndicat Départemental de l'Education Nationale CGT Nord (SDEN-CGT Nord), réuni les 25 et 26 mai 2 009 à Saint-Amand-les-Eaux a adopté la motion suivante :



L'offensive criminelle israélienne à Gaza en décembre-janvier 2009 a fait plus de 1500 morts et plus de 5000 blessés. Cette guerre totale par air, terre et mer, a été menée contre le peuple palestinien avec la volonté de détruire l'ensemble des infrastructures et installations : écoles, hôpitaux, routes, mosquées… Ambulances et cimetière n'ont pas été épargnés par l'armée d'occupation israélienne qui a largué pendant trois semaines, jours et nuits, des bombes au gaz sur des bébés, des femmes et des vieillards.

Les responsables de ce que l'Union Juive Française pour la Paix appelle « une abjecte boucherie » doivent être jugés devant les tribunaux nationaux et internationaux. L'impunité dont a toujours joui l'Etat sioniste doit cesser, comme doit cesser la complicité active des Etats Unis, de l'Europe et en particulier de la France ainsi que de certains Etats arabes, avec un Etat qui bafoue les droits élémentaires du peuple palestinien depuis plus de 60 ans.

L'aggravation de la situation des Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, comme celle des citoyens israéliens d'origine palestinienne, s'accélère davantage avec l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite israélienne.

Considérant que l'Etat d'Israël perpétue l'occupation et la colonisation de la Palestine, au mépris du droit international , des résolutions de l'ONU et de la Convention de Genève, qu'il poursuit la construction illégale du mur de l'apartheid, qu'il maintient arbitrairement en prison des dizaines d'élus du peuple palestinien, des maires, des députés, des ministres ainsi que 11 000 Palestiniens dont près de 500 enfants,

Considérant également que les fortes mobilisations populaires de janvier, où 20 000 manifestants de notre région ont témoigné leur solidarité internationale avec le peuple palestinien et auxquelles notre syndicat a pris part,

Le SDEN-CGT Nord, en application des statuts de la CGT qui défend « les valeurs humanistes et internationalistes », qui agit « pour la paix et le désarmement, pour les droits de l'homme et le rapprochement des peuples », s'engage, à l'instar de la campagne de boycott contre l'apartheid en Afrique du Sud, à répondre à l'appel des 172 associations palestiniennes et des anticolonialistes israéliens pour le « Boycott Désinvestissement Sanctions » (B.D.S.) à l'encontre d'Israël, boycott et désinvestissements économique, universitaire, culturel et sportif.

Le SDEN-CGT Nord s'engage à populariser la campagne B.D.S. et à y participer tant que le peuple palestinien n'aura pas recouvré tous ses droits nationaux dont le droit au retour.

Enfin, le SDEN-CGT condamne le silence assourdissant du syndicat israélien la Histadrout : ce syndicat, censé représenter les intérêts des travailleurs israéliens, a refusé de condamner les crimes du gouvernement israélien pendant ces 23 jours de bombardements sur la population affamée et assiégée par le blocus de Gaza.

Le SDEN-CGT Nord demande à la CGT de rompre toute relation avec ce syndicat tant qu'il n'aura pas condamné la politique coloniale israélienne et appelle à renforcer ses liens avec les syndicats palestiniens.

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vendredi 10 avril 2009

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http://www.humanite.fr/Monsieur-le-President-nous-vous-rappelons-Salah-Hamouri

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samedi 28 mars 2009

Clermont-Ferrand et la fleur Palestine

L'association France Palestine Solidarité

appelle à un

Rassemblement

lundi 30 mars

à partir de 17h30 place de Jaude à Clermont-Ferrand

VENEZ TRES NOMBREUX AVEC UN POT DE FLEUR

Ne laissons pas mourir la fleur Palestine 

Le 30 mars 1976, l’armée israélienne tuait six Palestiniens d’Israël et en blessait des dizaines d’autres pour réprimer une manifestation contre la confiscation des terres.

Cette journée a été depuis décrétée Journée de la Terre et est commémorée chaque année en Palestine et à travers le monde.

Chaque année est ainsi réaffirmé le lien indestructible entre les Palestiniens et la terre de Palestine. Chaque année est ainsi réaffirmée la présence têtue des Palestiniens sur leur terre et leur résistance obstinée aux tentatives israéliennes de les inciter au départ et à l’abandon.

Chaque année, nous clamons à la face du monde notre exigence de justice.

Chaque année, nous dénonçons la persistance d’une situation coloniale anachronique.

Chaque année, nous dénonçons les crimes des gouvernements israéliens et la lâche complicité de la communauté internationale.

Chaque année, nous célébrerons cet événement jusqu’à ce qu’Israël réalise l’inutilité de sa tentative de déni du peuple palestinien.

Chaque année, nous rappellerons au monde sa mauvaise conscience.

Retrouvons-nous autour de cet événement pour dire notre refus de l’injustice, notre volonté de faire appliquer les résolutions internationales, notre exigence de sanction contre Israël qui refuse de se soumettre au droit international.

Posté par Alaindependant à 11:29 - Clermont-Ferrand - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mardi 10 mars 2009

Tribunal Russell sur la Palestine

afps@france-palestine.org
www.france-palestine.org
 
Communiqué de presse
Mercredi 4 Mars 2009
   
Ce jour a été lancé le Tribunal Russell sur la Palestine, lors d’une conférence de presse présidée par l’Ambassadeur de France Stéphane Hessel.
En tant qu’initiateurs, Ken Coates, Président de la Fondation Bertrand Russell pour la Paix  ; Leila Shahid, Déléguée Générale de la Palestine auprès de l'Union Européenne, de la Belgique et du Luxembourg ; et Nurit Peled, Prix Sakharov pour la Liberté de Pensée, ont présenté l’historique et les raisons qui les ont menés à demander la constitution de ce Tribunal. Au nom du Comité Organisateur, l’ancien sénateur Belge Pierre Galand en a expliqué le fonctionnement.
Parmi la centaine de personnalités internationales qui ont accepté de parrainer cette initiative, messieurs Ken Loach, Paul Laverty, Raji Surani, Jean Ziegler, François Rigaux, Jean Salmon et François Maspero ont tenu à être présents pour exprimer leur soutien.
 
Dans la lignée du Tribunal Russell sur les crimes de guerre au Vietnam, le Tribunal Russell sur la Palestine est un acte citoyen qui vise à réaffirmer la primauté du droit international comme base de règlement du conflit israélo-palestinien, et à éveiller les consciences sur la responsabilité de la communauté internationale dans la perpétuation du déni du droit du peuple palestinien.
 
Dans son fonctionnement, le Tribunal Russell sur la Palestine se basera sur des Comités d’Experts et de Témoins, chargés d’établir les faits et l’argumentaire juridique qui sera soumis au Tribunal. Des Comités Nationaux d’Appui prendront en charge la préparation de rapports d’expertise, assureront la mobilisation populaire et médiatique autour du projet et le développement des moyens et des ressources du Tribunal. On peut déjà tabler sur de forts appuis provenant de l’Angleterre, la France , la Belgique , l’Espagne, la Suisse , l’Autriche, les Pays-bas, le Portugal, l’Irlande, le Liban, l’Algérie, l’Australie, l’Italie, l’Afrique du Sud, l’Egypte et, bien sûr, de la Palestine et d’Israël. D’autres contacts sont en cours pour que la constitution de comités soit étendue à d’autres pays et continents.
 
Une fois les dossiers d’accusation constitués et  les témoins auditionnés, les sessions du tribunal seront organisées début 2010 dans plusieurs grandes capitales. Un jury composé de personnes connues et reconnues pour leurs hautes qualités morales sera alors chargé  de prendre connaissance de l’ensemble des rapports, d’entendre les témoins à charge et à décharge. Ce jury énoncera les conclusions qui, nous en sommes persuadés, entraîneront une large adhésion des opinions publiques internationales, et par delà, des décideurs politiques, en vue de contribuer à une paix juste et durable au Proche Orient.
 
Contact      Tel / fax : 00 32 (0)2 2310174
                   Tel portable : 00 32 (0) 479 12 95 32
                   e-mail : trp_int@yahoo.com
                   web : www.russelltribunalonpalestine.com

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