A l'indépendant

Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'une conversion est pour l'individu: changer le but et le sens de la vie (Roger Garaudy)

vendredi 11 décembre 2009

Les Palestiniens chrétiens et le boycott d'Israël

 

Les dirigeants des Palestiniens chrétiens appellent les Eglises du Monde à rejoindre le BDS

Le Comité National Palestinien du BDS se réjouit du Document Kairos de Palestine.

« Un moment de vérité – une parole de foi du cœur de la souffrance palestinienne »

Palestine occupée, 11 décembre 2009

Aujourd’hui, les dirigeants éminents des Palestiniens chrétiens ont publié un Document Kairos de Palestine*, appelant les Eglises autour du monde à « dire une parole de vérité et à prendre une position de vérité concernant l’occupation de la terre palestinienne par Israël ». Soutenant sans ambigüité le boycott, les désinvestissements et les sanctions (BDS) comme une des formes décisives de solidarité non-violente que les organisations confessionnelles internationales sont priées d’adopter, le document affirme : « Nous voyons le boycott et les désinvestissements comme des outils de justice, de paix et de sécurité… »

Kairos est un terme grec antique signifiant le moment juste ou opportun. Le Document Kairos de Palestine est inspiré par la théologie de la libération, particulièrement d’Afrique du Sud où un document similaire a été publié à un moment crucial de la lutte contre l’Apartheid. Informés par une vision lucide basée sur les principes universels de « égalité, justice, liberté et respect du pluralisme », les Palestiniens chrétiens publient ce document aujourd’hui pour explorer une issue moralement saine à l’ « impasse » atteinte par la tragédie palestinienne, « oû les êtres humains sont détruits »

Le comité national palestinien du BDS (BNC) salue la clarté morale, le courage et la hauteur de vues portées par ce nouveau document, qui souligne que résister à l’injustice devrait « concerner l’Eglise » et est « un droit et un devoir pour un Chrétien », ajoutant que c’est « une résistance dont la logique est l’amour ».

Le NBC note avec intérêt l’importance de la publication de ce document historique aujourd’hui 11 décembre, qui marque le 61eme anniversaire de la résolution 194 de l’Assemblée Générale de l’ONU de 1948 appelant au retour des réfugiés Palestiniens dans leurs foyers d’origine « à une date aussi rapprochée que possible ». Alors que les réfugiés Palestiniens attendent toujours leur retour six décennies plus tard, nous partageons le message d’espoir dans le Kairos palestinien d’aujourd’hui : « Un des signes les plus importants d’espoir est la persévérance des générations et la continuité de la mémoire, qui n’oublie pas la Nakba (catastrophe) et sa signification. Cette terre est notre terre et il nous incombe de la défendre et de la reprendre ».

L’insistance du Kairos à presser toutes les Eglises à répondre positivement à l’appel de la société civile palestinienne, y compris des institutions religieuses, pour « un système de sanctions économiques et de boycott à appliquer à Israël », qui « n’est pas une revanche mais plutôt une action sérieuse pour parvenir une paix juste et définitive », est particulièrement digne d’éloges.

Le Comité National Palestinien du Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BNC)

* Le document Kairos de Palestine est téléchargeable en arabe, français, anglais et allemand à http://www.kairospalestine.ps/ ?q=node/2

Traduction :

JPB pour la CCIPPP


BNC - www.bdsmovement.net

Campagne BDS France

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jeudi 10 décembre 2009

Des pressions intolérables du Crif sur les représentants de la République

Communiqué de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS)



La France se renie. Le prix des droits de l’Homme de la République française ne sera pas remis au PNGO au Ministère des Affaires étrangères.

Nous apprenons avec consternation et colère que le Ministère des Affaires étrangères a cédé à des pressions intolérables en démocratie.

Chaque année la France décerne le prix des droits de l’Homme de la République française à des associations qui ont fait montre de détermination et de courage pour les faire respecter, dans des conditions souvent très dures. Les lauréats sont souvent prestigieux.

Une ONG palestinienne, PNGO, est lauréate cette année.

Le PNGO, représentant quelque 200 associations et ONG palestiniennes qui travaillent dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la défense des droits humains, du droit des femmes, de la culture, de l’eau..., est emblématique de la volonté du peuple palestinien de vivre librement et dignement, dans des formes démocratiques où le droit des peuples et les droits humains ne sont pas de vains mots.

La France lui a reconnu cet honneur et s’est honorée ce faisant.

Mais le Crif, association de plus en plus communautariste qui affiche un soutien zélé aux autorités israéliennes d’occupation de la Palestine, a mené une campagne acharnée auprès du Quai d’Orsay dès qu’il fut rendu public qu’une association palestinienne de renom -et irréprochable- était lauréate de ce prix.

Alors la France s’est déshonorée. Elle a déplacé le lieu -symbolique- de remise de ce prix prestigieux. Elle se tiendra demain jeudi 10 décembre à 17 h à « Sciences Po » et non au Quai d’Orsay. La République, qui avait fait ce choix souverainement, se couche devant des pressions auxquelles il était pourtant facile de résister au nom des valeurs qu’elle est supposée représenter.

L’Afps condamne cette capitulation de nos gouvernants devant un groupe d’intérêt communautaire allié d’une puissance occupante qui ridiculise à la fois la notion de droits humains et la France.

Comment espérer alors de la patrie des droits de l’Homme ?

Paris, 9 décembre 2009

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dimanche 29 novembre 2009

Politique israélienne et "choc des civilisations"

Le fil conducteur de ma réflexion sur le rôle nouveau de la politique israélienne, en ce qui concerne non plus seulement le Proche Orient, mais la politique de domination mondiale des Etats-Unis, fut le véritable Discours sur l'histoire universelle que constitue l'article - programme de Samuel Huntington sur Le choc des civilisations   (publié dans la revue Commentaire n· 66, à l'été 1994.)

 

Jusque-là le Pentagone avait simplement exprimé l'utopie optimiste de son rêve de domination mondiale avec le livre de Fukuyama sur La fin de l'histoire qui consisterait à imposer au monde entier la pire théorie libérale de la domination: le monothéisme du marché

 

La thèse de Samuel Huntington est plus subtile: elle montre les obstacles à la    réalisation de ce nouvel ordre mondial.

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, c'est-à-dire pendant un demi - siècle, la politique de surarmement américain avait donné pour prétexte: la menace soviétique.

 

C'était, au nom de la sécurité américaine, la justification d'agressions en tous les points du monde jusqu'au Viet Nam ou en Corée, de soutien à toutes les dictatures militaires en Amérique latine comme aux Philippines de Marcos, à la protection de l'apartheid dans l'ancienne Afrique du Sud.

 

Après l'effondrement de l'URSS il fallait trouver un remplaçant dans le rôle du méchant, de l'Empire du mal, à combattre sur trois continents, et ce fut l'Islam, afin qu'une    menace mondiale de terrorisme justifie la continuation et même l'accélération de la course aux armements, et les occasions "d'intervention" économique ou militaire dans tous les points du monde.

 

Les thèses d'Huntington sur le Choc des civilisations constituent la base théorique de cette nouvelle orientation stratégique.

 

Ses conclusions sont révélatrices:

 

"Le choc des civilisations dominera la politique mondiale. Les lignes de fracture entre    civilisations seront les lignes de front de l'avenir...

 

Dans ses conclusions il montre clairement les implications de son analyse du point de vue de la politique internationale:

 

"Limiter l'accroissement de la force militaire des Etats confucéens et musulmans; ne pas trop réduire les capacités militaires occidentales et conserver une supériorité militaire en Extrême-Orient et dans l'Asie du Sud-Ouest; exploiter les différences et les conflits entre Etats confucéens et Etats musulmans; soutenir, dans les civilisations non occidentales, les groupes favorables aux valeurs et aux intérêts de l'Occident.

 

L'Occident devra par conséquent conserver la puissance économique et militaire nécessaire à la protection de ses intérêts dans ses relations avec ces civilisations."

 

Voilà qui a au moins le mérite d'être clair.

 

Quel peut être le rôle d'Israël dans la géopolitique ainsi conçue?

 

Israël a une position stratégique déterminante dans cet affrontement des  deux mondes.

 

Le père spirituel de l'Etat d'Israël lui avait assigné, avant même qu'il n'existât, sa mission fondamentale. Pour créer l'Etat juif, dans toutes ses démarches auprès des    puissances occidentales alors colonialistes (Angleterre, Allemagne, Italie, Russie) son argument majeur était que si l'une d'elles était la protectrice de cet Etat juif, elle    aurait non seulement un avantage décisif sur toutes ses rivales, mais cet Etat représenterait pour tous un coin enfoncé en Orient, pour la pénétration coloniale de l'Occident. Il écrivait, en 1895, dans son livre: L'Etat juif: "Pour l'Europe nous constituerions là-bas un morceau du rempart contre l'Asie, nous serions la sentinelle avancée de la civilisation contre la barbarie."    (L'Etat juif Ed. Lipschutz. Paris 1926. p. 95)

 

Eisenhower considérait déjà le Moyen-Orient comme "le lieu stratégique le plus important du monde." (cité par Steven Spiegel: The other Arab-Israeli conflict, Université de Chicago 1985 p.51)

 

Israël a l'avantage de trois privilèges majeurs:

 

1· - Sa position stratégique au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique.

 

2 · - Sa position économique au coeur de cette partie du monde qui contient la moitié du pétrole du monde, nerf de la croissance  (au sens occidental du mot.)

 

3· - Sa légende théologique de peuple élu de Dieu, servant de couverture aux convoitises occidentales sur la position stratégique et la position économique d'Israël,   en plaçant ses exactions, quelles qu'elles soient, au-dessus de toute loi et de toute sanction humaines, en particulier au-dessus de toute décision de la communauté internationale (par exemple des 192 condamnations de l'ONU prononcées contre elle, et dont le veto des Etats-Unis la protège en dernière instance.)


 

a) -    Sa position stratégique au carrefour de trois continents       

La Palestine qu'Israël veut annexer tout entière, comme première  étape de la conquête de ce qu'Hitler appelait déjà son espace vital (Lebensraum), c'est-à-dire tout le Proche et Moyen Orient, de l'Euphrate au Nil, par la désintégration de tous les Etats voisins (Liban, Syrie, Irak, Jordanie, Egypte), est située au carrefour géographique et stratégique de trois continents: l'Europe, dont elle est le front avancé, l'Asie et l'Afrique, et d'abord le passage obligé vers l'Océan Indien et l'Asie du Sud- Ouest: de là sa première ambition déjà réalisée, de s'installer dans le Golfe d'Akaba qui s'ouvre sur la Mer Rouge, à condition que le détroit de Tiran soit en de bonnes mains. Les Etats-Unis et Israël ont obtenu en deux temps cette garantie: d'abord par les accords   de Camp David, le Munich égyptien, signé aux Etats-Unis et sous leur pression le 18 septembre 1977, par lequel était brisé un possible front uni des pays voisins d'Israël et menacés par son expansionnisme.

 

Quatrième point du    programme d'aide: Israël reçut, de 1948 à 1952, autant, à lui seul, que cinq pays du Machrek (Egypte, Liban, Jordanie, Syrie, Irak) comptant une population 20 fois supérieure.

 

La coopération    militaire, commencée en 1961, prit une ampleur considérable après Camp David: le Protocole d'entente stratégique signé à Washington, le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes par Reagan, plus grande que celle prévue par les accords antérieurs, notamment 75 nouveaux chasseurs F.16, quelques jours avant l'invasion du Liban. Si bien que six semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, se produisait l'invasion du Liban. Ainsi commençait à se réaliser le projet de Grand Israël et d'un véritable empire du Moyen Orient qu'Ariel Sharon avançait déjà en décembre    1981.

 

A l'exemple des Etats-Unis chassant les Indiens sans fixer de limites à leur propre   expansion, Moshe Dayan en 1982, ajoutait: "Prenez la Déclaration américaine de l'indépendance. Elle ne contient aucune mention de limites territoriales. Nous ne   sommes pas obligés de fixer les limites de l'Etat."  (Jérusalem-Post du 10 août 1967).

 

Tout ceci sous la protection inconditionnelle des Etats-Unis, non seulement opposant leur veto à toute sanction, mais fournissant les armes du crime. L'International Herald Tribune du 22 juillet 1982 nous apprend que "le gouvernement israélien aura dépensé cette année 5 milliards et demi de dollars en armements et équipements militaires. Le tiers de cette somme provient du Trésor américain."

 

Cette politique de surarmement est couronnée par un équipement nucléaire sur   lequel, Israël, se plaçant, en ceci comme en tout, au-dessus de toute légalité internationale (192 condamnations de l'ONU sont restées lettres mortes depuis 1972) refuse tout contrôle.

 

Le 29 juin 1975, le journal israélien Haaretz écrivait, sous la plume de Shlomo   Aharonson:

 

"L'arme nucléaire est l'un des moyens qui peuvent renverser l'espérance des Arabes d'une victoire finale sur Israël... Un nombre suffisant de bombes atomiques pourrait causer des dommages énormes dans toutes les capitales arabes, et provoquer   l'effondrement du barrage d'Assouan. Avec une quantité supplémentaire, nous pourrons toucher les villes moyennes et les installations pétrolières... Il y a, dans le monde arabe, une centaine de cibles dont la destruction... enlèverait aux Arabes tous les avantages qu'ils ont retirés de la guerre du Kippour..."

 

L'Etat d'Israël n'est plus seulement le mandataire d'un colonialisme collectif de l'Occident sous hégémonie américaine. Il est devenu, pour les Etats-Unis, une pièce majeure dans le rapport des forces sur l'échiquier planétaire, et ceci bien au-delà du Proche Orient.



b) -    Sa surveillance des pays pétroliers du Golfe.

 

Dans cette politique mondiale, Israël joue un rôle privilégié comme gendarme des champs pétroliers du Moyen Orient.

 

Or, plus encore que depuis la chute du Shah d'Iran qui assurait aux Etats-Unis le contrôle du Golfe Persique, et notamment du détroit d'Ormuz où transite la moitié du pétrole mondial, Israël est investi de cette charge.

 

C'est pourquoi d'ailleurs, dans son rêve d'expansion du Grand Israël qui coïncide si bien avec les visées des Etats-Unis dans la région, son rôle essentiel, grâce à son   hégémonie dans les médias mondiaux, est de diaboliser le nouvel Iran en lui attribuant la fonction satanique d'être le chef d'orchestre clandestin du terrorisme mondial.

 

Lorsque les Etats-Unis envoyèrent leurs troupes en Arabie Saoudite en août 1990 "Les Etats-Unis n'envoient pas des troupes dans le golfe uniquement pour aider l'Arabie Saoudite à résister à l'agression mais pour appuyer le pays de I'OPEC qui est le plus à même de servir les intérêts de Washington." ("Wall Street Journal" du 31 août    1989.)

 

Il s'agissait là, de faire un exemple pour montrer au Tiers-monde tout entier qu'il n'est permis à aucun peuple, sous peine de destruction, de s'élever au plus haut niveau technique, d'exploiter ses richesses nationales (en l'occurrence: le pétrole) sans le contrôle de leurs prix par les grandes puissances, et surtout d'échapper à la religion qui n'ose pas dire son nom mais qui est imposée au monde entier par les  Etats-Unis: le monothéisme du marché et l'idolâtrie de l'argent.

 

Le bombardement de l'Irak coûta, selon la Croix Rouge, plus de 200.000 morts à la population civile, et le maintien arbitraire de l'embargo a ... tué plus encore d'enfants par manque de nourriture et de soins.

 

c) -    Son mythe pseudo-thélogique de peuple élu


La logique biblique du Grand  Israël, avec l'appui inconditionnel de Washington, peut ainsi servir de détonateur à une troisième guerre mondiale, ou, pour reprendre l'expression de Huntington, à la première guerre civilisationnelle...

La revendication  biblique du grand Israël, de l'Euphrate au Nil, par une lecture intégriste de la Bible, c'est-à-dire une lecture littéraliste, transformant les grandioses paraboles des patriarches et des prophètes, en une histoire nationaliste et même tribale, est l'hérésie nécessaire à la politique sioniste. Elle conduit à ce paradoxe: les statistiques du gouvernement israélien estiment que 15 % seulement des israéliens   sont religieux, et pourtant l'on fait croire à la grande majorité du peuple que cette terre lui appartient parce qu'elle lui a été promise par un Dieu... auquel il ne croit pas.

 

La référence aux textes bibliques pour justifier les agressions et les massacres de la politique israélienne est une constante de cette politique. Cette utilisation sanglante des textes bibliques pour justifier une politique criminelle ne repose sur aucune base   religieuse, mais sur une lecture intégriste, littéraliste, des textes sacrés, lecture    intégriste qui devient une escroquerie raciste sanglante.

 

L'intégrisme consiste, (comme les talibans le font pour le Coran), en une lecture   littérale, tribale, qui, transformant la parabole en une fausse histoire, transforme par exemple la promesse faite, par leurs dieux, à toutes les tribus nomades du Fertile   Croissant, d'une Terre féconde et d'une postérité nombreuse pour toutes les familles de la terre en une donation inconditionnelle signée par un Dieu tribal excluant tous les peuples pour en privilégier un seul pour l'éternité. Abraham Herschel dans son livre: Israel An Echo Of Eternity (Doubleday. N.Y. 1969, p.115: "L'Etat d'Israël, c'est la réponse de Dieu à Auschwitz.".) Cela dure aujourd'hui: le professeur Moshe   Zimmerman chef du département d'études germaniques  à l'Université hébraïque de   Jérusalem, spécialiste de l'étude du nazisme, déclare dans le journal Yerushalayim du 28 avril 1995: "Il est de bon ton de dire que l'Holocauste est la justification  principale de l'instauration d'Israël.", et il ajoute: "Il y  a un secteur entier de la population juive que je définis sans hésitation comme une copie des nazis allemands. Regardez les enfants des colons juifs d'Hébron, ils ressemblent exactement à la jeunesse hitlérienne.» En 1974 déjà, dans le journal Yediot Ahronot, Menahem Barash exaltait l'enseignement du rabbin Moshe Ben-Zion qui utilisait les textes bibliques pour définir l'attitude israélienne à l'égard des Palestiniens, "cette peste déjà dénoncée dans la    Bible,... pour nous emparer de la terre promise par Dieu à Abraham. Nous devons suivre l'exemple de Josué pour conquérir la terre d'Israël et nous y installer, comme le commande la Bible... Il n'y a pas place, en cette terre, pour d'autres peuples que celui d'Israël. Ce qui signifie que nous devons en expulser tous ceux qui y vivent... C'est une guerre sainte exigée par la Bible."

 

Deux mois plus tard le rabbin  Elazar Valdman du Gush Emounim écrivait dans le   journal Nekurah des colons de la Cisjordanie: "Nous devons évidement établir l'ordre au Moyen Orient et dans le monde. Si nous n'en prenons pas la responsabilité nous   sommes des pécheurs, non seulement devant nous-mêmes mais devant le monde. Car qui peut rétablir l'ordre dans le monde? Tous les dirigeants occidentaux ont des caractères faibles" (Repris dans Davar, 8 octobre 1982).

 

L'un des fondateurs du mouvement, Yehuda Ben Meir dénonçait les conséquences d'une telle politique: "D'après Gush Emounim, nous devons conquérir non seulement la Syrie et la Turquie mais le sang de nos enfants doit devenir le gardien du monde entier".

 

Ariel Sharon, lors de la convention du Likoud de mai 1993, a proposé ouvertement   qu'Israël fonde sa politique officielle sur la notion des frontières bibliques.

 

Cette hérésie, dont le fondateur est Théodore Herzl, a été dénoncée, dès son apparition, par les rabbins et les juifs fidèles à la foi de leurs prophètes.

 

Parmi beaucoup d'autres exemples, le rabbin Moshé Menuhin (le père du génial musicien Yéhudi Menuhin) écrit un livre: The decadence of judaism, dans lequel il montre que cette décadence du judaïsme, c'est précisément le nationalisme sioniste. Le titre primitif de son livre était: Le nationalisme juif: un crime et une malédiction historique monstrueuse.

 

Il établit qu'à l'encontre de l'universalisme des prophètes juifs, l'interprétation tribale et nationaliste de l'alliance et du peuple élu, par ceux qu'il appelle "les barbares tribaux comme Ben Gourion, Moshé Dayan, et tout le gang militaire qui a dévoyé Israël" (p.XIII) ont fait de l'Agence juive et des organisations sionistes, dans le monde  entier "des organes du gouvernement d'Israël" (pp. 350, 429    et 457); avec la même idéologie raciale que les antisémites. (p. 308)

 

Le rabbin Elmer Berger ne cessait de rappeler que la Promesse était conditionnelle:

 

Lévitique. XXV, 18: "Mettez mes lois en pratique... et vous habiterez en sécurité dans le pays."

 

XXVI, 3: "Si vous suivez mes lois, si vous les..mettez en pratique.. 9: Je    maintiendrai mon alliance avec vous... 14...

 

Deuteronome:    

XI, 26: "Je mets aujourd'hui devant vous bénédiction et malédiction,       

27. La bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur, votre Dieu...       

28. La malédiction si vous n'écoutez pas les commandements du Seigneur votre  Dieu. 

 

     

La tentative, en 1956, d'envahir l'Egypte pour s'emparer du Canal de Suez, avec la   complicité de la France et de l'Angleterre, échoua. Surtout parce que les Etats-Unis n'acceptaient pas, comme le général de Gaulle le montra plus tard dans son discours de Pnom Penh, que le contrôle de la Mer Rouge leur échappe pour leurs entreprises au Viet Nam et en Extrême Orient.

 

Les dirigeants israéliens retinrent la leçon: leur prochaine entreprise d'expansion devait s'appuyer prioritairement sur les E.U. Le Protocole d'entente stratégique, signé à Washington le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes,... si bien que dix semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, grâce aux accords de Camp David qui l'assuraient de n'avoir pas à combattre sur deux fronts, était engagée l'invasion du Liban: sur 567 avions dont disposait alors Israël, 457 venaient des Etats-Unis subventionnés par les dons et les prêts de Washington.

 

Après la guerre des Six jours, Israël, qui avait occupé toutes les frontières de ses voisins, du Liban au Golan et à la Cisjordanie, annexait Jérusalem alors qu'elle n'avait   été admise à l'ONU qu'à trois conditions:

 

1. Ne pas toucher au statut de Jérusalem,       

2 Permettre aux Palestiniens le retour chez eux,       

3 Respecter les frontières de la partition.       

La loi internationale était ainsi tenue pour un chiffon de papier ainsi que l'avait dit déjà Ben Gourion lors de la première guerre d'expansion de 1948.

 

En décembre 1981, avant même l'invasion du Liban, Ariel Sharon déclarait: "Dans les années qui viennent la sphère des intérêts stratégiques d'Israël ne s'étend pas seulement aux pays arabes de la Méditerranée, mais à tout le Proche-Orient, et elle doit s'étendre à l'Iran, au Pakistan, au Golfe, à l'Afrique et à la Turquie.»

 

Ce plan, exposé en clair dans la revue Kivounim (Orientations) publiée à Jérusalem par l'Organisation sioniste mondiale sous le titre: Plan stratégiques d'Israël, exige la   désintégration de tous les Etats voisins d'Israël, du Nil à l'Euphrate. En voici les passages essentiels:

 "En  tant que corps centralisé, l'Egypte est déjà un cadavre, surtout si l'on tient compte de  l'affrontement de plus en plus dur entre musulmans et chrétiens. Sa division en provinces géographiques  distinctes doit être notre objectif politique pour les années 1980, sur le front occidental. 

Une fois l'Egypte ainsi disloquée et privée de pouvoir central, des pays      comme la Libye, le Soudan, et d'autres plus  éloignés, connaîtront la même dissolution. La formation d'un Etat copte en Haute-Egypte, et      celle de petites entités régionales de faible importance, est la clef d'un développement historique actuellement retardé par l'accord de paix, mais inéluctable à long terme.

 

En dépit des apparences, le front Ouest présente moins de problèmes que celui de l'Est. La partition du Liban en cinq provinces... préfigure ce qui se passera dans  l'ensemble du monde arabe. L'éclatement de la Syrie et      de l'Irak en régions déterminées sur la  base de critères ethniques ou religieux, doit être, à long terme, un but prioritaire pour Israël, la première étape étant la destruction de la puissance militaire de ces      Etats.

 

Les structures ethniques de la Syrie l'exposent à un démantèlement  qui pourrait aboutir à la création d'un Etat chi'ite le long de la côte, d'un Etat sunnite dans la région d'Alep, d'un autre à Damas, et d'une entité druze qui pourrait souhaiter constituer son propre Etat - peut-être sur notre Golan - en tout cas avec l'Houran et le nord de la Jordanie... Un tel Etat serait, à long terme, une garantie de paix et de sécurité pour la région. C'est un objectif qui est déjà à notre portée.

 

Riche en pétrole, et en proie à des luttes intestines, l'Irak est dans la      ligne de mire israélienne. Sa dissolution serait, pour nous, plus importante que celle de la Syrie, car c'est lui qui  représente, à court terme, la plus      sérieuse menace pour Israël." (Source: Kivounim. Jérusalem. n· 14, n· de février 1982. Pages 49 à 59.)
      
      

 

(Le texte intégral, dans  son original hébreu, est reproduit dans mon livre: Palestine, terre des messages divins Ed. Albatros. Paris 1986 p. 377 à 387, et dans sa traduction française à partir de la page 315.)
   
   

 

Pour la réalisation de  ce vaste programme les dirigeants israéliens disposaient d'une aide américaine sans restriction.

 

Ce plan d'embrasement de tout le Moyen Orient (avec les implications mondiales qu'il est aisé de concevoir) n'a cessé, avant même d'être explicité avec tant de cynisme, d'orienter toute la politique de guerre d'Israël et de violer toutes les décisions de la Communauté internationale des Nations Unies, avec l'appui inconditionnel des Etats-   Unis.

 

Pour ne retenir que l'essentiel rappelons que, sous prétexte de sécurité l'Etat d'Israël occupe, depuis 1968, les frontières de tous ses voisins: le Liban et la Syrie notamment (malgré la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l'ONU affirmant "I'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre" et exigeant "le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés"). Il ne cesse d'émietter, par sa colonisation, le territoire palestinien dont il contrôle 96 %.

 

Là encore, Natanayou a franchi de nouvelles étapes: pour mieux tenir Jérusalem sous sa griffe (malgré la résolution unanime de l'ONU) il ouvre dans la partie arabe de Jérusalem, à Bar Homa, un chantier pour construire 2000 appartements de plus réservés à des juifs.

 

Il refuse d'exécuter les engagements pris à Oslo au nom de l'Etat d'Israël de retirer ses troupes d'une partie des territoires occupés. Il viole délibérément les accords malgré les protestations internationales.

 

Le mardi 18 mars 1997, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne ont vivement   critiqué la décision israélienne d'engager les travaux de construction d'une onzième colonie à Jérusalem Est.

 

Il maintient, à Hébron, une véritable poudrière: au milieu de 120000 habitants palestiniens, sont installés 500 colons, ceux là mêmes qui fleurissent le tombeau de   l'assassin Baruch Goldstein, qu'ils tiennent pour un Héros et où règne l'esprit du vieux Parti national religieux qui prétend faire une synthèse entre le judaïsme orthodoxe et le nationalisme séculier du sionisme politique en donnant à la colonisation une   légitimation religieuse.

 

Même le président d'Israël, chef de l'Etat, Ezer Weitzman, accuse Netanyahou d'être responsable du blocage des négociations de paix et de l'isolement grandissant de l'Etat Hébreu. Parlant de Natanyahou il dit: "Cet homme m'a utilisé et trompé trop souvent. Aujourd'hui, dit-il, la coupe est pleine." (Le Monde du 2 juillet 1998).

 

Natanyahou poursuit néanmoins sa politique de nettoyage ethnique, empêchant toute négociation sur le Golan Syrien comme sur Jérusalem et le Liban. M. Théo Klein ancien   dirigeant du CRIF, écrit: "Le slogan de sécurité d'abord , proclamé par M.   Natanyahou, est une manoeuvre criminelle." (Le Monde 2 mai 1998)

 

Ce qui est évident. Comment invoquer la sécurité des frontières quand on occupe les frontières de tous les voisins et qu'on viole systématiquement à la fois les accords   internationaux, et la signature donnée aux Palestiniens lors des accords d'Oslo.

 

La conclusion est fournie par le professeur Leibowitz (qui dirigea - rappelons le -   l'Encyclopédie judaïque, dans son livre: Israël et judaïsme (13) "Je dis que l'idée u grand Israël est une abomination." (p. 253)

 

"Les Américains ne sont intéressés que par l'idée de maintenir ici une armée de mercenaires américains sous l'uniforme de Tsahal qu'ils pourront utiliser à leur gré le   moment voulu." (p. 226)

 

Et, il conclut: "la force du poing juif vient du gant d'acier américain qui le recouvre, et des dollars qui le capitonnent." (p. 253)

 

Cette réaction de rejet de la politique sioniste, au nom même de la piété juive et de l'universalisme de ses Prophètes, s'exprime de plus en plus fortement: déjà lors de l'invasion du Liban Pierre Mendès France et Nahum Goldmann avaient exprimé leur    réprobation.

 

Avec la même indignation contre une telle politique plus de cent intellectuels juifs   français dénonçaient la politique de Jérusalem. Parmi eux, les professeurs Jankélevitch, Minkovski, Rodinson, Pierre Vidal Naquet, dénonçant  "le recours systématique à la force brute et la recherche d'une hégémonie militaire dans cette région du monde." Ils concluaient: "Devant ce déni de justice, devant ce mépris des valeurs auxquelles ont   adhéré des générations de Juifs, nous refusons énergiquement toute solidarité avec la   politique actuelle d'Israël."

 


   

 

d)    Une éducation    néo-nazie

 

Cette politique de guerre, d'expansion coloniale permanente, implique plus encore que des exactions et des ruines matérielles: un conditionnement de l'homme lui-même, visant à lui inculquer le sentiment d'une supériorité raciale, comme tout colonialisme,   mais aussi le ressentiment engendré par une théorie pseudo-théologique, vue à travers le prisme sioniste, fondée sur trois principes destructeurs de l'humanité de l'homme:

1· - Le refus de l'autre,fondée sur l'idée qu'entre les juifs et tout le reste du monde il y a "une barrière de feu", comme l'écrit le rabbin Cohen.

2· Que L'Autre, (tous les autres) est un ennemi en puissance comme si l'histoire   entière était celle de la persécution éternelle d'un "Peuple juif" éternellement   innocent.

3· - Que l'Etat sioniste israélien ne peut être formé qu'à un Bréviaire de la haine comme unique motivation de sa jeunesse, de son armée, de son peuple tout entier. Le  militarisme fondé sur ce mépris et cette haine de l'autre étant une fin en soi, le reste du monde, par exemple l'Allemand pour Goldhagen ou le peuple français et sa culture pour Bernard Henri Lévy, étant par essence un peuple de tueurs ou une culture de   l'abjection.

 

Ce culte de la haine éternelle peut se résumer dans ce qu'un historien israélien a appelé "le complexe d'Amalec", Le 7 janvier 1952, lors du débat, à la Knesset, sur les   réparations, une banderole gigantesque proclamait sur le fronton de l'édifice: "Souviens-toi de ce qu'Amalec a fait de toi!" Et l'on sait ce que représente Amalec dans  l'histoire de Josué: ce qu'il faut exterminer (cf. Les  Puritains d'Amérique justifiant leur chasse à l'homme en identifiant les Indiens aux Amalècites)

 

Politiquement cela s'exprime dans le cri de haine de Begin: "Ce n'est pas un allemand tout seul qui a tué vos pères. Chaque allemand est un nazi. Chaque allemand est un assassin. Adenauer est un assassin. Tous ses collaborateurs sont des assassins."

 

Goldhagen n'avait plus, quarante ans après, qu'à délayer en 500 pages ce thème pour que le mouvement sioniste en fasse un best- seller, alors qu'un historien sérieux, comme Yehuda Bauer, reconnaissait que son université le refuserait même comme thèse de doctorat d'un étudiant.

 

En juillet 1981, la Knesset faisait du Génocide un dogme national, par une loi   interdisant toute critique sous peine d'un an de prison (c'est l'ancêtre et le modèle de ce que la LICRA obtint en France avec la loi Gayssot)

 

Ceci à la suite de l'article publié en 1980 par le célèbre éditorialiste, Boaz Evron, sous le titre: Le    génocide, un danger pour la nation, faisant observer que le massacre des juifs s'il était en effet, dans l'histoire juive, le plus grand des pogroms n'était pas dans l'histoire universelle ni le premier ni le plus grand, et que même les nazis ne   s'étaient pas seulement acharnés sur les Juifs, mais sur les Slaves, les gitans, et même sur les Allemands, notamment communistes, qui s'opposaient au régime.

 

Boaz Evron montrait la malfaisance de ce mythe de la singularité juive qui dissociait le Juif du reste de l'humanité, le conduisant ainsi à son isolement. "Ainsi, concluait-il, les  gouvernants agissent dans un monde peuplé de mythes et de monstres qu'ils ont eux-mêmes crées."

(Boaz Evron: ITON 77 · 21. Mai- juin 1980 p. 12. cité par Tom Segev op. cit. p467.)

 

Ce thème obsessionnel d'une Mémoire qui ne serait que haine, répété chaque jour à l'école, dans l'armée, dans la presse, le cinéma, la télévision, crée cet état d'esprit. Un  jour le rédacteur de Maariv écrit: "Un jour un véritable mouvement de paix s'élèvera dans le monde et assurera la paix en Europe en effaçant l'Allemagne de la face du monde." (Azriel Karlebach. "Amalec", Maariv du 5 octobre 1951, p. 3)

 

Comme si les 3/4 des Allemands qui sont nés après la chute d'Hitler étaient   responsables des crimes nazis, de même que Jean Sébastien Bach ou Goethe, ou Kant, sans parler de ces autres grands Allemands que furent le poète Heine ou le physicien Einstein, expressions les plus grandioses de la culture allemande.

 

Cette propagande donne ceci chez l'homme de la rue, eût-il été victime des nazis, comme beaucoup de résistants et moi-même (qui écrivis mon principal ouvrage sur la philosophie de Hegel). Un homme par ailleurs respectable en arrive, intoxiqué par   cette propagande funèbre, à déclarer: "Si  vous me demandez ce que je réclamerais au peuple allemand, je dirais: une mère pour une mère, un père pour un père, un enfant pour un enfant. Mon âme serait en paix si l'on me disait que six millions d'Allemands  mourraient pour contrebalancer les six millions de morts Juifs. Si   cela n'est pas en notre pouvoir alors accomplissons au moins une action historique qui leur causera une souffrance similaire à celle du sang versé, crachons-leur au visage." (Mair Dworcezki, au Comité central du Mapaï. 13 décembre 1951)

 

Même l'expression du Lévitique (XIX, 16): "Ne te venge pas et ne sois pas rancunier à l'égard des fils de ton peuple: c'est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même" est interprété de la manière la plus exclusive: utilisant la formule "à l'égard des fils de ton peuple" l'on conclut: le non-juif n'est pas ton prochain.

 

Comme l'écrit le rabbin A. Cohen, dans son livre sur le Talmud. (Ed. Payot 1983. p.    269) lorsqu'on dit "Prochain, le Talmud spécifie souvent qu'il s'agit de l'Israélite à l'exclusion du païen."

 

Le rabbin A Cohen évoque ce qu'il appelle "une frontière de feu... distinguant et   séparant le Juif de tous les autres." (p. 19)

 

C'est la seule interprétation retenue aujourd'hui comme officielle, celle qu'on inculque aux enfants à l'école, aux soldats dans l'armée et à l'homme de la rue par les    médias.

En voici quelques exemples:

Pour son cinquantième anniversaire, le 14 mai 1998, l'Etat d'Israël a fait publier par son ministère de l'Education un Livre du Jubilé, destiné à animer la commémoration de l'événement dans toutes les écoles du pays. Curieusement, nous apprend le très   sérieux quotidien Haaretz, le livre ne fait aucune mention de l'existence d'un peuple palestinien, ni avant l'établissement d'Israël, ni après, pas plus que du plan de partage de 1947 qui avait créé deux Etats l'un juif, l'autre arabe en Palestine. Plus loin la   journaliste Relly Sa'ar ajoute: "Le chapitre concernant les efforts de paix évoque les traités avec l'Egypte et la Jordanie, mais ignore complètement les accords d'Oslo et   l'actuel processus de paix avec les Palestiniens."

 

L'étude du livre de Josué figurant au programme des écoles israéliennes, de la classe de 4e à celle de 8e, un professeur de Tel Aviv, Tamarin, distribua un formulaire à    1000 écoliers, disant:

"Tu connais les extraits suivants du livre de Josué (VI, 20): Le peuple monta vers la ville (Jéricho) et s'en empara. Il tua ceux qui s'y trouvaient, hommes, femmes, enfants, vieillards, sans distinction aucune.

Répondez aux deux questions suivantes:

a) A votre avis, Josué et les israélites ont-ils bien agi ou non?

b) Supposons que l'armée Israélienne occupe un village arabe pendant la guerre;   devrait-elle, oui ou non, faire subir à ses habitants le sort que Josué a réservé aux habitants de Jéricho?".

 

En 1972, pour avoir publié les résultats terrifiants de son enquête sur ce conditionnement des enfants (70 %  répondent: oui), le professeur G. Tamarin fut chassé de l'Université de Tel Aviv. (Cité par le pasteur Claude Raynaud dans son livre: Liban-Palestine. Ed. l'Harmattan, 1987. p. 84-86.)

 

Sur le conditionnement des enfants à l'école le journal Haaretz du 15 février 1995 rapporte la réaction suivante d'un pédagogue:

"Dans une étude  récente, le professeur Bar-Tal de l'Université de Tel-Aviv, a montré à quel point le système d'éducation israélien a été mobilisé pour justifier la position d'Israël dans le conflit israelo-arabe. Il a insisté sur la nécessité de modifier la manière dont on parle des Arabes dans les manuels scolaires en même temps que doit changer le jugement que les Israéliens portent sur eux-mêmes... que l'enseignement concernant l'Holocauste et les pogroms a grandement contribué à créer en Israël une mentalité de pays assiégé et alimenté la croyance que les Juifs sont supérieurs et qu'ils ont toujours raison."

 

"Bar-Tal a trouvé l'expression de ces " certitudes " dans 107 livres d'histoire et de textes, parmi ceux qui ont été approuvés cette année par le ministre de l'Education. Dans les livres d'histoire (et notamment de l'histoire juive) on ne parle pratiquement pas de la paix, sinon comme "Utopie". L'idée que les Juifs sont toujours les victimes y joue un rôle central. Dans un livre de textes sur "Les premières colonies sionistes" il n'est fait mention de la présence des Arabes dans la région que deux fois - pour dire que, dans leur grande majorité, ce ne sont que des pillards, une minorité étant jugée "positive " parce qu'elle accepte de vendre des terres aux Juifs."

 

"Dans sa conférence d'ouverture de la session de l'Association israélienne pour la recherche en matière d'éducation, Bar-Tal a rappelé que, dans le conflit israélo-arabe, nous    n'avons pas été seulement des victimes mais aussi des agresseurs... Présenter les Arabes, et en particulier les Palestiniens, d'une manière aussi tendancieuse et   négative, c'est ignorer les souffrances d'un peuple qui subit un sort amer dont nous sommes en partie responsables." Il a montré qu'"Israël a utilisé l'histoire et    les autres disciplines au service de l'idéologie sioniste."

 

En 1979 le ministère de l'Education annonça que l'enseignement du génocide était obligatoire pour les lycéens des classes terminales. Un comité rédigea un nouveau programme de travail soulignant la nécessité de l'engagement affectif des élèves. "Le génocide doit avant tout être ressenti, déclara le président de ce comité, il doit être appréhendé en tant que tel, et non comme l'élément d'un contexte historique plus large, ou bien dans la perspective d'une recherche purement scientifique."

 

Le 26 mars 1980, la Knesset vota "la connaissance et le souvenir du Génocide et de l'héroïsme." Depuis, Le génocide est    enseigné dans les écoles primaires et dans les   lycées, et ces questions représentent désormais 20 % du programme d'histoire aux examens de fin d'études.

 

Le professeur Zimmerman, spécialiste de l'histoire du nazisme à l'université hébraïque de Jérusalem, porte un témoignage terrifiant sur cette déshumanisation de l'homme:

"Il y a un monstre en chacun de nous et si nous continuons à affirmer que nous sommes toujours justifiés, ce monstre peut grandir...Déjà aujourd'hui je pense à un   phénomène qui prend des proportions toujours plus grandes: il y a un secteur entier de la population juive que je définis, sans hésitation, comme une copie des nazis   allemands. Regardez les enfants des colons juifs d'Hébron, ils ressemblent exactement à la jeunesse hitlérienne. Depuis leur enfance on les imprègne de l'idée que tout Arabe est mauvais, et que tous les non-juifs sont contre nous. On en fait des paranoïaques: ils se considèrent comme une race supérieure, exactement comme les jeunesses hitlériennes."

 

Le conditionnement à l'école se poursuit à l'armée. Cela commence avec la Préface de la Bible, écrite par l'Aumônier général des armées, le rabbin Gad Navon. Le journal Haaretz du 22 janvier 96, nous apprend:

"Il est difficile de trouver une expression plus navrante de la tentative de politisation des    textes sacrés "par la falsification de leur message universel" que la préface de la Bible remise actuellement aux jeunes qui entrent dans l'armée.

 

L'édition de 1958 était préfacée par le rabbin Shlomo Goren qui présentait le Livre comme un appel à l'héroïsme et au sacrifice, et une source constante d'inspiration. Celle qui est diffusée aujourd'hui comporte une introduction du grand rabbin de l'armée Gad Navon, chargée de connotations ultranationalistes.

 

La Bible y est présentée comme un bien réservé aux seuls Juifs, qui leur reconnaît un droit exclusif sur la terre de leurs pères et comme une preuve de la présence continue du peuple Juif dans la région. Elle devient une partie intégrante du système   idéologique du sionisme religieux.

 

Le mot de "Paix" a disparu, pour faire place à la mention de l'Ennemi", Abraham devient le père de la nation juive, qui se tient debout seul, face au reste du monde. Le rabbin Gad Navon croit ainsi fortifier l'esprit des soldats et il termine sa Préface par le verset   du Deutéronome (20/4): Car le Seigneur se tient à tes côtés, il lutte pour toi contre les ennemis et te donne la victoire."

 

Pour couronner cette introduction ethnocentriste, on a joint à la Bible, en annexe, un atlas où chaque soldat pourra trouver une carte du Grand Israël, qui inclut non seulement la Judée et la Samarie, mais la Jordanie.

 

Une autre carte, intitulée: La terre donnée par Dieu aux juifs a pour légende le verset bien connu sur "Le territoire qui s'étend de la rivière d'Egypte au grand fleuve   Euphrate.."

 

Cet état d'esprit est répandu à tous les niveaux de la hiérarchie militaire. Le grand rabbin A. Avidan, aumônier de corps d'armée avec le grade de colonel, écrit dans un   livre: La pureté des armes à la lumière de la Halakhah.

 

"Quand au cours d'une guerre, ou lors d'une poursuite armée ou d'un raid, nos forces se trouvent devant des civils dont on ne peut être sûr qu'ils ne nous nuiront pas, ces civils, selon la Halakhah, peuvent et même doivent être tués [...] En    aucun cas l'on ne peut faire confiance à un arabe, même s'il a l'air civilisé [...] En guerre, lorsque nos troupes engagent un assaut final, il leur est permis et ordonné par la Halakhah de tuer même des civils bons, c'est-à-dire les civils qui se présentent comme tels."

 

Conditionnés par de tels Bréviaires de la haine "trop de soldats se sont mis à croire que le Génocide peut justifier n'importe quelle action déshonorante." dit le colonel Praver, 15 juin 1990, dans un entretien enregistré. (Tom Segev, op. cit., p.473)

 

En voici une illustration  éclatante lors du bombardement de civils à Cana, la   conversation du correspondant de Kol Ha'ir du 10 mai 1996 avec 5 soldats de la batterie responsable de ce tir:

 

"Aucun n'a manifesté le moindre trouble... Ils ont raconté qu'ils avaient appris,   quelques minutes plus tard, où étaient tombés les obus. Le commandant les a rassemblés pour leur dire qu'ils avaient bien agi et devaient continuer. "Personne ici n'a parlé d'une erreur". Après tout, ce ne sont que des Arabushes (terme méprisant composé du mot "Arabe" et de "rat" en hébreu. ("Akhabaroshim") Les arabes, il y en a   des millions!

 

Q Vous n'avez eu aucun problème de conscience?...

R - Pourquoi? Nous n'avons fait que notre travail. Nous avons obéi aux ordres. D'ailleurs    personne ne nous demande notre avis...

Q Et si on vous l'avait demandé?

R Nous aurions tiré d'avantage d'obus et tue d'avantages d'Arabes...

Q Et la " pureté des armes " (dont se prévalait un temps l'armée sioniste)?

R- Je ne sais pas de quoi vous parlez...

Nous autres, artilleurs, n'avons pas de temps à perdre à discuter de pareilles stupidités. Ce qu'on nous apprend, c'est à nous comporter comme des soldats professionnels."


Roger Garaudy, Le procès du sionisme israélien, Al Fihrist, pp 125 à 147(extraits)

 

       

 

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mercredi 21 octobre 2009

Antifascistes encore un effort... si vous voulez l'être vraiment ! Par Jean Bricmont

    

bricmont

                                           

Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère) ? Le temps où une majorité de gens aimait réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme.

                        
                                                « Pour guérir radicalement la censure, il faudrait la supprimer car l'institution est mauvaise et les institutions sont plus puissantes que les hommes. » Karl Marx (1)

Divers amis se sont inquiétés du fait que mon nom soit cité dans un article (non signé) de REFLEX, intitulé « Procès Dieudonné - Faurisson : la Cour des Miracles négationnistes » et relayé par l'AFPS , Bellaciao.

J'ai donc lu l'article avec attention ; il s'attaque à un certain nombre de gens qui ont assisté au procès de Dieudonné et Faurisson, suite au spectacle du Zénith (2) et particulièrement à Paul-Eric Blanrue, auteur du livre « Sarkozy, Israël et les juifs » dont j'ai recommandé la lecture. Cet article est intéressant parce qu'il illustre tous les défauts d'une certaine « gauche antifasciste ».

Le fond de l'affaire tourne autour de la liberté d'expression. Ayant expliqué ailleurs mon point de vue à ce propos, je ne vais pas y revenir en détail. Et, avant de continuer, je voudrais souligner (même si cela devrait être inutile) que défendre la liberté d'expression de X ne signifie nullement approuver les idées de X. Cette défense découle seulement d'une réflexion sur les principes de droit sur lesquels repose une société démocratique. Et, dans une société réellement démocratique, il y aura nécessairement une telle multiplicité d'opinions qu'il est impossible de les approuver toutes - mais on peut néanmoins considérer que l'expression de toutes ces idées, aussi folles et mutuellement contradictoires qu'elles soient, doit être légale. La liberté d'expression est un principe fondamental de la démocratie, et pas, comme on le dit trop souvent, un « prétexte » pour « soutenir » X ou Y. Il est pour le moins étrange que des « antifascistes » approuvent le fait que l'on rende, comme l'a dit Chomsky à propos de l'affaire Faurisson, un triste hommage aux victimes de l'holocauste en adoptant la doctrine centrale de leurs bourreaux, à savoir qu'il appartient à l'Etat de déterminer la vérité historique et de condamner ceux qui ne s'y conforment pas.

Mais, même si l'on ne partage pas ce point de vue, la question de la pente glissante se pose : jusqu'où ira-t-on dans la répression des opinions « scandaleuses » ? On requiert un an de prison (avec sursis) contre Dieudonné pour un sketch. On est évidemment libre d'estimer ce sketch de très mauvais goût, insultant, et le condamner moralement (3). Mais un an de prison (même avec sursis) ? Que répondra-t-on aux Noirs et aux Musulmans qui pourraient se sentir insultés par d'autres sketches (y compris certains sketches de Dieudonné) ? Comment éviter que les Musulmans, qui se considèrent insultés par les caricatures du Prophète, et l'impunité dont elles jouissent (heureusement), n'y voient une nouvelle preuve du « deux poids, deux mesures » à leur égard (4) ? Aujourd'hui, divers courants au sein de l'Union Européenne veulent sacraliser la mémoire des « victimes du communisme ». Où s'arrêtera-t-on? Une partie de la gauche s'inquiète de cette dernière sacralisation - mais peut-être aurait-elle été mieux avisée de ne pas entrer, justement à propos des victimes du fascisme, dans le jeu de la sacralisation.

A mon humble avis, c'est cette constante restriction de la liberté d'expression qui devrait donner « froid dans le dos » aux antifascistes véritables.

Par une pure coïncidence, cette affaire Dieudonné se produit en même temps que la levée de boucliers du monde intellectuel et artistique en faveur de Roman Polanski. Alors que, dans cette dernière affaire, le « talent artistique » semble tout permettre, même des miracles, comme le fait de commettre une erreur de jeunesse (dixit BHL) à 43 ans, ou d'avoir des rapports sexuels avec une mineure non consentante sans commettre de viol (dixit Costa-Gavras), pas un mot n'est prononcé par ce même monde intellectuel et artistique en faveur de Dieudonné qui, au cours de toute sa carrière, n'a jamais été « coupable » que de délit d'opinion. Dans le cas de Polanski, le fait qu'une fille pose nue (Finkielkraut) ou paraisse plus âgée qu'elle n'est (Costa-Gavras), ou que le violeur soit une victime (du nazisme et du communisme-Finkielkraut et BHL) sert de circonstance atténuante. Finkielkraut vit dans « l'épouvante ». Lelouch compare la police suisse à la Gestapo. BHL en appelle à l'esprit de tolérance suisse, mentionnant Voltaire, comme si c'était Polanski et non Dieudonné qui était poursuivi pour délit d'opinion. Etrange époque où la lutte contre « l'ordre moral » et contre le « fascisme », ou encore le « il est interdit d'interdire », mènent simultanément à la complaisance à l'égard du viol et au rejet de la simple liberté d'expression.

L'article de REFLEXes soulève aussi le problème du « guilt by association », de la culpabilité par association, fortement dénoncée aux Etats-Unis, surtout dans la gauche, parce que c'était une des armes favorites du Maccarthysme. Que viennent faire dans cet article Michel Collon, la librairie Résistances et moi-même ? Michel Collon rien, à part le fait que j'en suis « proche ». Mais pourquoi le citer lui et pas Noam Chomsky, Alan Sokal, Régis Debray, Anne Morelli, ou quantité d'autres, dont je suis tout aussi « proche » ?

La Librairie Résistances, elle, a été attaquée par des nervis sionistes et a tenu un meeting en plein air suite à cette agression, au cours duquel Me Bastardi Daumont, avocat de Blanrue et de Faurisson, a pris la parole. Où est le crime ? Que reproche-t-on à Me Bastardi Daumont ? Suggère-t-on que Faurisson ne doit pas avoir d'avocat, contrairement aux pires assassins ? S'il doit bien en avoir un, est-ce un crime d'être celui-là ? Pense-t-on qu'un avocat partage nécessairement les vues de son client ? Pourquoi cette coïncidence (être à la fois l'avocat de Blanrue, de Faurisson et participer au meeting de soutien à la librairie) ? Sans doute parce que, précisément à cause du climat de terreur intellectuelle « antifasciste » qui règne en France, les avocats prêts à défendre le principe de la liberté d'expression ne se bousculent pas au portillon.

Et moi-même ? J'ai lu le livre de Blanrue et je l'ai trouvé salutaire. Bien que moins complet, il est un peu le « Mearsheimer et Walt » français, en ce sens qu'il met, pour la première fois, le doigt sur un problème fondamental de nos sociétés, à savoir l'extraordinaire influence sur notre vie politique des réseaux pro-israéliens (ou du lobby pro-israélien, comme disent Mearsheimer et Walt). Je le lui ai dit et je l'ai autorisé à me citer sur son site. Je ne lui ai pas trouvé d'éditeur, contrairement à ce qu'affirment nos spécialistes de l'antifascisme (et du renseignement), même si j'aurais été heureux de pouvoir le faire. Comme le dit Alain Gresh, le livre de Blanrue « mérite débat » ; mais le livre a été de facto censuré en France, vu que le diffuseur français de son éditeur belge a refusé de le distribuer (initiative extraordinaire de la part d'un diffuseur, si on y réfléchit : qu'est-il advenu du bon vieux capitalisme et de la « soif de profit » ?). De plus, bien que Blanrue soit un auteur relativement connu, aucun grand média ne parle de son livre. La puissance des réseaux sionistes est accrue par le tabou qui empêche de parler d'eux. Le terrorisme intellectuel « antifasciste » ne fait que renforcer ce tabou. Le grand mérite de Blanrue est de tenter de sortir de ce cercle vicieux qui, comme il le souligne d'ailleurs, n'est pas, à terme, « bon pour les juifs ».

Bref, j'apprécie le livre de Blanrue et je le dis. Quelle relation entre cela et le fait qu'il assiste au procès Dieudonné-Faurisson (ce qui, vu les enjeux juridiques de cette affaire, est tout à fait compréhensible) ou qu'il ait eu dans sa jeunesse des activités « suspectes » (aux yeux de la police de la pensée) en Moselle ? Il a été chrétien ? Je vais l'avouer : moi aussi (ainsi, il existe encore des chrétiens en France et en Belgique ; quelle horreur ! Que fait la police ?). Il a été royaliste ? Moi pas, mais en tant que Belge, j'en ai rencontré beaucoup et je n'ai pas remarqué qu'ils mangeaient des enfants au petit déjeuner. Et j'ai connu assez de gens qui ont, dans leur jeunesse, fait une apologie sans nuance de Staline, de Mao, ou de toute forme de violence, pourvu qu'elle soit « révolutionnaire » (et dont certains se sont recyclés dans l'antifascisme), pour que le genre d'accusations portées contre Blanrue me laisse froid (est-il vraiment si fréquent de trouver des gens en France dont le parcours est, comme dit REFLEXes, « politiquement limpide et irréprochable » ?).

De plus, quand il s'agit d'auteurs comme Heidegger, Céline ou Foucault (oui, oui, même Foucault), il est permis de citer, d'étudier, d'admirer une partie de leur œuvre sans se soucier de ce qu'ils ont dit ou fait par ailleurs, et qui est souvent plus étrange que ce que l'on reproche à Blanrue. Pourquoi ne pourrait-on pas avoir la même attitude par rapport au citoyen Blanrue ? Existe-t-il un principe de Polanski généralisé qui veut que pour des gens suffisamment célèbres (Heidegger et Co.), on puisse parler de leur œuvre ou d'une partie de celle-ci sans parler de la personne ou de l'ensemble de l'œuvre, mais pour les moins célèbres, non ?

J'avoue également avoir un petit problème avec la notion d'extrême droite en France. Pour les « antifascistes », l'extrême droite, ce sont exclusivement les gens qui sont supposés être nostalgiques de Vichy, de la monarchie, de l'Algérie française, qui sont trop souverainistes à leur goût, ou encore, pour certains, les « islamo-fascistes ».

Mais pourquoi la censure n'est-elle pas d'extrême droite ? Pourquoi l'apologie de la guerre (et la négation de crimes de guerre) à Gaza, au Liban, en Afghanistan et en Irak ne l'est-elle pas ? Pourquoi le fait de considérer qu'un peuple a le droit de s'installer sur la terre d'un autre et de l'en chasser à jamais (c'est-à-dire en lui refusant tout droit au retour) n'est-il pas d'extrême droite ? Pourquoi n'est-il pas d'extrême droite de célébrer comme démocratique (avilissant ainsi ce concept) un Etat défini explicitement sur une base ethnique (5) ? Pourquoi la notion de culpabilité collective (appliquée au peuple allemand, français etc.) n'est-elle pas de « l'essentialisme raciste » et donc d'extrême droite ? N'est-ce pas encore plus le cas quand cette culpabilité devient transmissible aux descendants ?

Si l'on veut bien élargir ainsi la notion d'extrême droite (ce qui me semble justifié d'un point de vue conceptuel et historique), on se rend compte que le gouvernement français, la plupart des médias et des intellectuels, et bien sûr, une bonne partie de la « gauche antifasciste » sont d'extrême droite, ce qui complique considérablement la nécessaire « lutte contre l'extrême droite ». Il ne suffit pas de ne pas « ouvrir son antenne » à Soral ou à de Benoist, mais il faudrait la refuser à pratiquement tout le monde. De plus, l'extrême droite la plus dangereuse est-elle celle de la « nostalgie », ou celle qui influence la politique et la pensée occidentale actuelles ?

Finalement, il est regrettable de voir que des articles comme celui de REFLEXes sont repris par des associations pro-palestiniennes comme l'AFPS (ou Bellaciao). Bien sûr, ils ont le droit de le faire, là n'est pas la question. Mais le fait de diffuser certains articles plutôt que d'autres est un choix politique, et ce choix peut être discuté. Or ce choix signifie que la priorité, pour ces organisations, n'est pas de défendre la liberté d'expression mais bien de hurler avec les loups dans la dénonciation des « méchants » (Dieudonné, Blanrue etc.).

Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère) ? Le temps où une majorité de gens aimait réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme.

La « solidarité avec la Palestine » commence ici, principalement dans la lutte contre les réseaux pro-israéliens. Diffuser et faire connaître le livre de Blanrue, ou celui de Mearsheimer et Walt, défendre la liberté d'expression, aider à libérer le discours et à ouvrir le débat, c'est réellement « aider la lutte des Palestiniens », et c'est l'aider de façon essentielle.

Nous ne devons pas montrer aux sionistes que nous sommes « gentils », en nous « démarquant » sans arrêt de X ou de Y qui a eu une parole trop dure ou trop franche, mais montrer que nous sommes libres et que le temps de l'intimidation est passé. Heureusement, de même que les Palestiniens résistent, il existe encore des gens en France qui défendent les principes les plus élémentaires de la République et de la laïcité. Il ne reste plus qu'à souhaiter que les « antifascistes » se joignent à eux.


Notes de lecture :

1. Remarque sur la récente réglementation de la censure prussienne, 1842, Textes philosophiques, 1842-1847, Cahier Spartacus, no 33, 1970.

2. Au cours duquel (en décembre 2008) Dieudonné fit remettre un « prix de l'infréquentabilité et de l'insolence» à Robert Faurisson, par son assistant déguisé en costume de déporté. Suite à cela, Dieudonné est poursuivi, entre autres, pour insultes à caractère raciste.

3. Il faut néanmoins rappeler que si la liberté d'expression était respectée en France, il n'y aurait jamais eu d'affaire Faurisson, ce dernier serait probablement inconnu et il n'y aurait probablement pas eu le show du Zénith. La censure incite toujours à la transgression et il n'y a aucune raison de penser que l'affaire du Zénith soit la dernière du genre, quelles que soient les peines qui seront prononcées.

4. Voir la vidéo pour une illustration de ce sentiment d'injustice.

5. Par exemple, où faut-il situer sur le spectre politique la citation suivante : « Si l’on regarde une carte du monde, en allant vers l’est : au-delà des frontières de l’Europe, c’est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s’arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c’est l’État d’Israël. Après, plus rien, jusqu’au Japon. [...] Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d’entretenir, chez des populations illettrées à 80%, une haine farouche de l’Occident, en tant qu’il est constitué de démocraties. » Elle est de Philippe Val (dans Charlie-Hebdo, 26 juillet 2006), ancien directeur de Charlie-Hebdo et actuel directeur de France Inter. Voir Le plan B, Frappes médiatiques sur le Liban, 5 janvier 2009 ; ce journal précise : « selon le Rapport des Nations unies sur le développement humain de 2003, seuls trois pays au monde avaient alors un taux d’illettrisme supérieur à 80%. Et aucun d’entre eux n’était situé entre Tel-Aviv et Tokyo, puisqu’il s’agissait du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ailleurs, entre Tel-Aviv et Tokyo, le taux d’illettrisme était de 23% en Iran, de 9% en Chine, de 7% aux Philippines. Et... de 13% au Liban. »

Jean Bricmont

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dimanche 30 août 2009

Desmond Tutu appelle au boycott d’Israël

 

             

L’archevêque sud-africain Desmond Tutu, a dénoncé... le fait qu’Israël fasse “payer aux Palestiniens le prix de l’Holocauste” et a rappelé que "Pas plus que l’Afrique du Sud, Israël n’obtiendrait la sécurité par les armes, mais seulement à condition de reconnaître et respecter tous les droits de l’homme ».

             

Dans une interview au quotidien Haaretz, le prix Nobel de la Paix répondait aux propos de Netanyahou qui, de passage à Berlin, a justifié une fois de plus a politique israélienne par l’holocauste.

             

Desmond Tutu en a profité pour approuver les récents propos de l’opposant israélien Neve Gordon, en faveur du boycott de son pays.

             

Il a rappelé la nécessité de sanctions contre Israël, et l’importance particulière du boycott sportif, ainsi que son efficacité pour combattre le régime d’apartheid en Afrique du Sud. « Comme nous vivions dans un pays entiché de sport, cela a permis de toucher les gens ordinaires. Cela a été l’un des outils psychologiques les plus puissants ».

             

Il a également souligné la "nécessité de frapper le régime d’apartheid au portefeuille, comme cela a été le cas en Afrique du Sud avec l’embargo sur les armes et le boycott économique."

             

Ce sont, a-t-il déclaré, ces sanctions qui ont "donné de l’espoir à notre peuple en lui montrant que le monde s’en souciait".

             

Lors de sa visite au village de Bil’in où se tiennent chaque semaine des manifestations contre le mur, il a fait le parallèle avec l’Afrique du sud “du temps où nous devions passer les check-points et où nous étions à la merci de l’arbitraire le plus total des policiers », tout en soulignant : « Toutefois, nous ne subissions pas de châtiments collectifs, tels que les démolitions de maisons sous prétexte que l’un de ses habitants soit soupçonné de ‘terrorisme‘ ».

             

L’archevêque Desmond Tutu a également accusé les organisations juives aux États-Unis, "d’intimider tous ceux qui critiquent l’occupation en les qualifiant d’antisémites". Il a rappelé comment ces lobbies avaient fait annuler ses interventions dans les universités américaines.

   http://www.protection-palestine.org/      


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mardi 21 juillet 2009

La Gauche et l’Islam. Penser en dehors de la case laïque, par Gilad Atzmon

 
« La religion est le soupir de l’être opprimé ; c’est le cœur d’un monde dépourvu de cœur, c’est l’âme de ceux qui connaissent des conditions sans âme. C’est l’opium du peuple. »
— Karl Marx 1843

Avant de me lancer dans un exposé du traitement trompeur que les progressistes et les gens de gauche font subir aux religions, et en particulier quand ils se targuent de parler de l’Islam et de la Palestine, j’aimerais vous faire partager une très mauvaise blague raciste. Attention : vous ne serez peut-être pas enclins à partager cette petite histoire avec vos amies féministes :

Une militante américaine, qui s’était rendue en Afghanistan, à la fin des années 1990, avait été bouleversée de constater que les femmes, dans les rues de ce pays, marchaient derrière leur mari, à une distance d’environ quatre mètres. Elle ne tarda pas à apprendre, de la part de son interprète indigène, que cela était dû à certains manuels religieux qui stipulaient que telle est la manière dont on fait preuve de respect pour le « chef de famille ».

Une fois rentrée en Amérique, notre militante ulcérée lança campagne sur campagne en défense des droits des femmes afghanes. Or, il se trouve que cette même militante dévouée s’est rendue à nouveau à Kaboul, le mois passé. Cette fois-ci, elle a été stupéfaite de constater une réalité entièrement différente. De fait, les femmes déambulaient, non plus derrière leur mari, mais DEVANT, et à huit mètres de distance ! Notre activiste fit immédiatement un rapport à son QG, en Amérique : « La révolution des Femmes bat son plein, ici, en Afghanistan, accumulant victoire sur victoire ! Alors qu’auparavant, c’était les hommes qui marchaient devant, aujourd’hui, ce sont les femmes qui ouvrent la marche ! » Son interprète afghan, ayant eu vent de son rapport, s’adressa à la militante américaine en aparté, et il lui fit comprendre non sans ménagements que son interprétation était totalement erronée :

« Si ce sont les femmes qui marchent devant », lui expliqua-t-il, « c’est à cause des mines… »

Aussi tragique cela puisse paraître à certains, nous ne sommes pas aussi libres que nous pouvons le penser. Nous ne sommes pas exactement les auteurs de la plupart de nos pensées et de nos prises de conscience. Nos conditions humaines nous sont imposées ; nous sommes le produit de notre culture, de notre langue, de notre endoctrinement idéologique et, dans bien des cas, nous sommes les victimes de notre paresse intellectuelle. Comme la militante féministe américaine semi-fictionnelle évoquée plus haut, nous sommes, dans la plupart des cas, prisonniers de nos idées préconçues, et cela nous empêche de voir les choses pour ce qu’elles sont réellement. Partant, nous avons tendance à interpréter (et, dans la plupart des cas, à mésinterpréter) des cultures éloignées de la nôtre en employant notre propre système de valeurs et notre propre code éthique.

Cette tendance a de graves conséquences. Pour quelque raison, « nous » (les Occidentaux), nous avons tendance à croire que « notre » supériorité technologique, alliée à nos « Lumières » bien-aimées nous munissent d’un « système rationnel séculier anthropocentrique d’une éthique absolue », dont la position morale serait insurpassable.

La gauche progressiste

En Occident, nous pouvons détecter deux composantes idéologiques qui se font concurrence pour conquérir nos cœurs et nos esprits ; toutes deux affirment savoir ce qui est « faux » et ce qui est « vrai », ce qui est « bien » et ce qui est « mal ». Le Libéral aura tendance à insister sur le dithyrambe de la liberté individuelle et de l’égalité civique ; l’homme de gauche aura tendance, quant à lui, à être persuadé qu’il détient un outil « social scientifique » qui lui permet d’identifier qui est « progressiste » et qui est « réactionnaire ».

Les choses étant ce qu’elles sont, ce sont ces deux préceptes modernistes sécularistes qui jouent pour nous le rôle de gardiens de la vertu politico-morale occidentale. Mais en réalité, ce qu’ils ont réussi à faire, c’est exactement le contraire. Chaque idéologie, de sa manière particulière, nous a entraînés dans un état de cécité morale. Ce sont ces deux appels soi-disant « humanistes » qui, pour l’un (celui des Libéraux) a préparé consciencieusement le terrain à des guerres interventionnistes criminelles et, pour l’autre (celui de la gauche) a été incapable de s’y opposer, du fait même qu’il a eu recours à des idéologies erronées et à des arguments ineptes.

Tant les libéraux que les gens de gauche, sous leurs formes occidentales apparemment banales, suggèrent que le sécularisme est la réponse souveraine aux malheurs du monde. Sans aucun doute, le sécularisme occidental peut effectivement être un remède pour un certain malaise social occidental. Toutefois, les idéologies occidentales, libérale et de gauche, dans la plupart des cas, sont incapables de comprendre que le sécularisme est, en lui-même, un avatar naturel de la culture chrétienne, c’est-à-dire un produit direct de la tradition chrétienne, qui se caractérise par son ouverture vis-à-vis d’une existence civique indépendante. En Occident, la sphère spirituelle et la sphère sociale et civile sont très largement distinctes [1]. C’est cette division même qui a permis l’ascension du sécularisme et du discours rationnel. C’est cette distinction même qui a conduit, aussi, à la naissance d’un système de valeurs éthiques séculier, dans l’esprit des Lumières et du modernisme.

Mais c’est aussi cette séparation elle-même qui a conduit à l’apparition de certaines formes grossières de sécularisme fondamentaliste, qui ont mûri et se sont transformées en des visions du monde antireligieuses qui ont amené l’Occident à ignorer totalement un milliard d’êtres humains au simple motif qu’ils portent des foulards qui ne nous reviennent pas ou qu’ils croient en quelque chose que nous sommes incapables de saisir.

Progressiste VS Régressif-réactionnaire

à la différence du christianisme, l’Islam et le judaïsme sont des systèmes de croyance dont l’orientation est tribale. Plutôt que dans un « individualisme éclairé », c’est, de fait, dans la survie de la famille étendue que se situe l’intérêt essentiel de ces deux systèmes de croyance. Les Talibans, qui sont considérés, par la plupart des Occidentaux, comme ce qui se fait de pire en matière d’obscurantisme politique, ne sont, tout simplement, pas le moins du monde concernés par des questions ayant trait aux libertés individuelles ou aux droits de la personne. C’est la sécurité de la tribu, alliée au maintien des valeurs familiales, à la lumière du Qur’ân qui en constitue le noyau. Le judaïsme rabbinique ne diffère en rien de l’Islam, dont il partage les caractéristiques. Fondamentalement, sa mission est de protéger la tribu juive en perpétuant le judaïsme en tant que « mode de vie ».

Tant en Islam que dans le judaïsme, il n’y a pratiquement aucune séparation entre le spirituel et le civil. Les deux religions sont des systèmes qui apportent des réponses exhaustives en termes de problématiques spirituelles, civiles, culturelles et quotidiennes. Les Lumières juives (Hakalah) furent dans une grande mesure un processus d’assimilation juive au travers de la sécularisation et de l’émancipation, ainsi que de la diffusion de formes modernes très variées d’identités juives, au nombre desquelles figure le sionisme. Pourtant, les valeurs d’universalisme, propres aux Lumières, n’ont jamais été intégrées au corpus de l’orthodoxie juive. Comme dans le cas du judaïsme rabbinique, qui est totalement étranger à l’esprit des Lumières, l’Islam est très largement étranger à ces valeurs euro-centriques que sont le modernisme et la rationalité. Ne serait-ce qu’en raison de l’interprétation qu’ils font des Ecritures (l’herméneutique), tant l’Islam que le judaïsme sont, de fait, beaucoup plus proches de l’état d’esprit postmoderne [2].

Ni l’idéologie de gauche, ni le libéralisme ne pratiquent le moindre dialogue intellectuel ou politique avec ces deux religions. C’est là une réalité désastreuse, car la plus grave menace qui pèse aujourd’hui sur la paix mondiale est celle du conflit israélo-arabe, un conflit qui est en train de devenir à grande vitesse une guerre entre un Etat juif expansionniste et une résistance islamique. Néanmoins, tant l’idéologie libérale que l’idéologie de gauche sont dépourvues des moyens théoriques indispensables qui leur permettraient de comprendre les subtilités inhérentes à l’Islam et au judaïsme.

Le Libéral va vous rejeter l’Islam, le qualifiant de sinistre, en raison de son approche des droits de l’homme et des droits des femmes, en particulier. La gauche va vous tomber dans le piège consistant à dénoncer la religion, de manière générale, en condamnant sa nature intrinsèquement « réactionnaire ». Sans doute sans en avoir conscience, tant les libéraux que les gens de gauche succombent, en cela, à un argument manifestement suprématiste. L’Islam et le judaïsme étant plus que simplement deux religions, et étant donné qu’ils véhiculent un « mode de vie » et qu’ils jouent le rôle de réponse totalement exhaustive à des questions relatives à l’être-au-monde, les libéraux et la gauche occidentaux encourent le danger d’ignorer totalement un large secteur de l’humanité [3]. Récemment, j’ai été amené à accuser un homme authentiquement de gauche, qui est également un bon militant, d’islamophobie, parce qu’il avait accusé le Hamas d’être « réactionnaire ».

Ce militant, qui est manifestement un authentique sympathisant de la résistance palestinienne, se défendit prestement en affirmant que ce n’était pas seulement l’ « islamisme » qu’il n’aimait pas, mais qu’en réalité, il haïssait tout autant le christianisme et le judaïsme. Pour quelque raison, il était certain que le fait de haïr également toutes les religions était le bon moyen de remporter son certificat d’humanisme. En conséquence, le fait qu’un islamophobe soit aussi un judéophobe et un christianophobe n’est pas nécessairement une preuve d’engagement humaniste. J’ai continué à défier cet excellent homme ; il a alors argué du fait que c’était en réalité l’islamisme (comprendre : l’Islam politique) qu’il désapprouvait. Je l’ai à nouveau défié, attirant son attention sur le fait que dans l’Islam, il n’existe pas de réelle séparation entre le spirituel et le politique.

D’ailleurs, la notion d’Islam politique (islamisme) pourrait fort bien être une lecture occidentale délibérément trompeuse de l’Islam. J’ai fait observer que l’Islam politique, et même la mise en pratique, rare, du « jihâd armé », ne sont rien d’autre que l’Islam agissant. Malheureusement, ce fut, plus ou moins, ce qui mit un terme à notre discussion.

Le militant pro-palestinien a sans doute trouvé trop difficile d’admettre l’unité du corps et de l’âme, propre à l’Islam. La Gauche, de manière générale, est condamnée à échouer, en cela, tant qu’elle ne progressera pas, en écoutant, dans sa compréhension du lien organique, propre à l’Islam, entre le monde « matériel » et le soi-disant « opium du peuple ». Or, le fait de franchir ce pas représente, pour un homme de gauche, rien de moins qu’un saut intellectuel majeur. Un tel saut intellectuel a été suggéré, il y a peu, par le marxiste jordanien indépendant Hisham Bustani, lequel a déclaré :

« La gauche européenne doit procéder à une évaluation critique très sérieuse de son attitude « nous en savons plus que les autres », ainsi que de la manière dont elle a tendance à considérer idéologiquement et politiquement inférieures les forces populaires des pays du Sud ».

La Palestine

La militance en solidarité avec la Palestine est une excellente opportunité de passer en revue la gravité de la situation. L’on peut constater qu’en dépit du traitement meurtrier que les Israéliens infligent aux Palestiniens, la solidarité avec les Palestiniens n’a toujours pas acquis l’ampleur d’un mouvement de masse. Elle risque fort de ne jamais réussir à acquérir cette ampleur. Etant donné l’échec de l’Occident à soutenir les droits des opprimés, les Palestiniens semblent avoir retenu la leçon : ils ont démocratiquement élu un parti islamique qui leur avait promis de résister. De manière très significative, il y eut extrêmement peu de gens de gauche pour soutenir le peuple palestinien dans son choix démocratique.

Dans les dispositions actuelles, qui sont celles d’une solidarité politiquement conditionnée, nous sommes en train de perdre des militants à chaque tournant de cette route cahoteuse. En voici les raisons :

1) Le mouvement palestinien de libération nationale est fondamentalement un mouvement de libération nationale : cette prise de conscience nous fait perdre tous les gens de gauche tenants du cosmopolitisme, c’est-à-dire tous ceux qui rejettent le nationalisme, quel qu’il soit ;

2) En raison de l’ascension politique du Hamas, la Résistance palestinienne est désormais perçue comme une résistance islamique : là, nous perdons les laïcistes et les athées rabiques, qui vomissent la religion, ce qui les envoie valdinguer dans la catégorie des PEP (Progressistes, Excepté en ce qui concerne la Palestine) [4] ;

De fait, les PEP se subdivisent en deux sous-groupes :

Les PEP-1 : ce sont ceux qui sont contre le Hamas au motif qu’il serait « réactionnaire ». Néanmoins, ils approuvent le Hamas, en raison de ses succès opérationnels, en tant que mouvement de Résistance. Fondamentalement, ces militants attendent des Palestiniens qu’ils changent d’esprit et qu’ils deviennent les adeptes d’une société séculière. Mais ils sont prêts à soutenir les Palestiniens, à certaines conditions (les leurs), en tant que peuple opprimé ;

Les PEP-2 : ce sont ceux qui sont contre le Hamas au motif qu’il s’agirait d’un mouvement « réactionnaire », et qui, de surcroît, en rejettent jusqu’aux succès sur le terrain. Ceux-là n’attendent rien de moins que la révolution mondiale. Ils préfèrent laisser mariner les Palestiniens, pour l’instant, comme si Gaza était une villégiature en bord de mer.

Avec l’évaporation rapide de ces forces de la solidarité, nous nous retrouvons avec un mouvement de solidarité avec les Palestiniens miniature, doté d’un pouvoir intellectuel (occidental) pitoyablement limité, et encore moins capable d’une quelconque efficacité au niveau de la base. Cette situation tragique a été dénoncée, récemment, par Nadine Rosa-Rosso, une marxiste indépendante vivant à Bruxelles. Elle écrit : « L’immense majorité de la gauche, communistes compris, est d’accord pour soutenir la population de Gaza contre l’agression israélienne, mais refuse d’en soutenir les expressions politiques, notamment le Hamas, en Palestine, et le Hezbollah, au Liban. »

Cela amène Nadine Rosa-Rosso à se demander « pourquoi la gauche et l’extrême-gauche mobilisent-elles aussi peu de gens ? Et, disons-le carrément, soyons clairs : la gauche et l’extrême-gauche sont-elles encore capables de mobiliser, sur ces questions ? »

Où allons-nous, comme çà ?

« Si le soutien qu’apporte la gauche aux droits de l’homme en Palestine est conditionné et dépendant de la dénonciation, par les Palestiniens, de leur religion et de leurs croyances idéologiques, de leur héritage culturel et de leurs traditions sociales, et de l’adoption, par les mêmes Palestiniens, d’un nouveau panel de croyances, de valeurs aliènes et de comportements sociaux convenant à ce que la culture de ladite gauche considère acceptable, cela signifie que le monde est en train de dénier aux Palestiniens un des droits humains les plus fondamentaux, à savoir le droit de penser et de vivre à l’intérieur du code éthique de leur choix. » Nahida Izzat.

Le discours actuel de la solidarité de gauche avec les Palestiniens est un discours futile : il s’aliène lui-même de son sujet, il ne réalise rien du tout et il semble n’aller nulle part. Si nous voulons aider les Palestiniens, les Irakiens et les autres millions de victimes de l’impérialisme occidental, nous devons vraiment nous arrêter une seconde, prendre une profonde respiration et tout recommencer de zéro.

Nous devons apprendre à écouter : au lieu d’imposer nos convictions aux autres, nous devons apprendre à écouter ce en quoi les autres croient.

Serons-nous capables de suivre les conseils de Bustani et de Rosa-Rosso, et réviser totalement notre notion de l’Islam, de ses racines spirituelles, de sa non-séparation de la sphère civile et de la sphère spirituelle, de sa vision de lui-même en tant que « façon de vivre » ? La question de savoir si nous en sommes capables, ou non, est une très bonne question.

Une autre option consisterait à reconsidérer notre cécité et à aborder les questions humanistes sous un angle humaniste (par opposition à politique). Plutôt que nous aimer au travers de la souffrance d’autrui, ce qui est la forme ultime de l’égoïsme, nous ferions mieux, pour la première fois, de mettre en pratique la notion de réelle empathie, en nous mettant à la place de notre prochain, tout en reconnaissant que ne nous serons sans doute jamais à même de comprendre totalement ledit prochain.

Au lieu de nous aimer nous-mêmes à travers les Palestiniens, et à leurs dépens, nous devons accepter les Palestiniens pour qui ils sont, et les soutenir pour qui ils sont, sans égard pour nos propres vues des choses. C’est là la seule forme réelle de solidarité possible : elle vise à une conformité éthique, plutôt qu’idéologique. Elle place l’humanité en son centre-même. Elle réfléchit à la profonde compréhension qu’avait Marx de la religion en tant que « soupir poussé par les opprimés ». Si nous prétendons avoir de la compassion pour les gens, nous devons apprendre à les aimer pour qui ils sont, plutôt que pour ce dont nous attendons d’eux qu’ils soient.

Gilad Atzmon
Palestine Think Tank, 14 juillet 2009.

http://sergeadam.blogspot.com/

Cet article est paru aussi sur les sites de Palestine Think Tank, Sylvia Cattori et des Bassines et du Zèle.

Gilad Atzmon est un écrivain et musicien de jazz qui vit à Londres. Son dernier CD est : In Loving Memory of America.

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lundi 8 juin 2009

Boycott Israêl

 

Le 8ème Congrès départemental du Syndicat Départemental de l'Education Nationale CGT Nord (SDEN-CGT Nord), réuni les 25 et 26 mai 2 009 à Saint-Amand-les-Eaux a adopté la motion suivante :



L'offensive criminelle israélienne à Gaza en décembre-janvier 2009 a fait plus de 1500 morts et plus de 5000 blessés. Cette guerre totale par air, terre et mer, a été menée contre le peuple palestinien avec la volonté de détruire l'ensemble des infrastructures et installations : écoles, hôpitaux, routes, mosquées… Ambulances et cimetière n'ont pas été épargnés par l'armée d'occupation israélienne qui a largué pendant trois semaines, jours et nuits, des bombes au gaz sur des bébés, des femmes et des vieillards.

Les responsables de ce que l'Union Juive Française pour la Paix appelle « une abjecte boucherie » doivent être jugés devant les tribunaux nationaux et internationaux. L'impunité dont a toujours joui l'Etat sioniste doit cesser, comme doit cesser la complicité active des Etats Unis, de l'Europe et en particulier de la France ainsi que de certains Etats arabes, avec un Etat qui bafoue les droits élémentaires du peuple palestinien depuis plus de 60 ans.

L'aggravation de la situation des Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, comme celle des citoyens israéliens d'origine palestinienne, s'accélère davantage avec l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite israélienne.

Considérant que l'Etat d'Israël perpétue l'occupation et la colonisation de la Palestine, au mépris du droit international , des résolutions de l'ONU et de la Convention de Genève, qu'il poursuit la construction illégale du mur de l'apartheid, qu'il maintient arbitrairement en prison des dizaines d'élus du peuple palestinien, des maires, des députés, des ministres ainsi que 11 000 Palestiniens dont près de 500 enfants,

Considérant également que les fortes mobilisations populaires de janvier, où 20 000 manifestants de notre région ont témoigné leur solidarité internationale avec le peuple palestinien et auxquelles notre syndicat a pris part,

Le SDEN-CGT Nord, en application des statuts de la CGT qui défend « les valeurs humanistes et internationalistes », qui agit « pour la paix et le désarmement, pour les droits de l'homme et le rapprochement des peuples », s'engage, à l'instar de la campagne de boycott contre l'apartheid en Afrique du Sud, à répondre à l'appel des 172 associations palestiniennes et des anticolonialistes israéliens pour le « Boycott Désinvestissement Sanctions » (B.D.S.) à l'encontre d'Israël, boycott et désinvestissements économique, universitaire, culturel et sportif.

Le SDEN-CGT Nord s'engage à populariser la campagne B.D.S. et à y participer tant que le peuple palestinien n'aura pas recouvré tous ses droits nationaux dont le droit au retour.

Enfin, le SDEN-CGT condamne le silence assourdissant du syndicat israélien la Histadrout : ce syndicat, censé représenter les intérêts des travailleurs israéliens, a refusé de condamner les crimes du gouvernement israélien pendant ces 23 jours de bombardements sur la population affamée et assiégée par le blocus de Gaza.

Le SDEN-CGT Nord demande à la CGT de rompre toute relation avec ce syndicat tant qu'il n'aura pas condamné la politique coloniale israélienne et appelle à renforcer ses liens avec les syndicats palestiniens.

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vendredi 29 mai 2009

Au Proche-Orient, une voie pour la non-violence ?

Dans le village de Bilin, coupé d’une partie de ses terres par le mur de sécurité israélien, des militants palestiniens protestent en refusant tout recours à la violence, un modèle qui fait école alentour

Dans le village de Bilin, des activistes palestiniens non-violents arborent, le 15 mai 2009,  de larges clés rappelant celles de leurs maisons abandonnées lors de la Naq ba, « la catastrophe », vécue par les Palestiniens expulsés de leurs maisons par l’armée israélienne en 1948. (Photo AP/Armangue)

Abdullah Abu Rahme est venu ramasser les dizaines de bombes de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc qui jonchent le sol tout près de la barrière électrique érigée par les Israéliens sur les terres des villageois de Bilin. Jetées dans un sac de jute, elles viendront s’ajouter à celles déjà collectées et placées dans des fûts qui attendent dans son garage. « On les récupère et on réfléchit à ce qu’on va en faire. Je voudrais les réutiliser pour fabriquer quelque chose d’artistique, ou bien des bougies. Une façon de dire aux Israéliens : “Vous tuez nos enfants avec des bombes, avec celles-ci nous allumons des bougies pour éloigner l’obscurité”, c’est-à-dire l’occupation, ainsi que la désignait notre poète national, Marmoud Darwish. »

Abdullah Abu Rahme a 37 ans. Il est l’un des fondateurs du comité populaire de Bilin qui rassemble une trentaine de personnes, tous militants de la non-violence pour la fin de l’occupation. « Lorsque la première Intifada a éclaté (1), j’avais 15 ans. J’avais lu les livres de Gandhi. Je connaissais aussi la lutte que menait Mandela contre l’apartheid en Afrique du Sud. À l’université, avec une poignée de mes amis, on militait déjà contre l’occupation. »

Père de trois enfants, deux filles et un garçon nouveau-né, ce professeur de langue arabe est l’un des piliers de la résistance non-violente de Bilin, un village de 1 700 habitants. « Nous sommes parmi les plus petits de Cisjordanie », reconnaît-il, mais Bilin fait beaucoup parler de lui et son action non-violente suscite des vocations parmi ses voisins, eux aussi privés d’une partie de leurs terres par l’érection de la barrière de sécurité israélienne.

Une large couverture médiatique

La clôture électronique et les rouleaux de barbelés ont permis à Israël d’annexer de facto la moitié des terres du village. Mais la résistance non-violente d’une partie des habitants est devenue une sorte de label qu’Abdullah et ses amis du comité populaire exportent déjà dans les villages voisins, comme Biddu, Derkadis, Beit Duku, dont les terres ont subi le même sort. « À l’aide de films, de diapositives, nous leur expliquons la stratégie et les techniques à utiliser pour les manifestations », précise-t-il.

Vendredi dernier, des habitants de Bilin brandissaient des pancartes « Stoppez la grippe de l’occupation », en référence à la grippe mexicaine, ou arboraient de larges clés rappelant celles de leurs maisons abandonnées lors de la Naq ba, « la catastrophe », vécue par les Palestiniens expulsés de leurs maisons par l’armée israélienne en 1948. Les « non-violents » de Bilin peuvent aussi compter sur le soutien fidèle de quelques organisations israéliennes et bénéficient d’une large couverture médiatique, notamment des télévisions arabes et internationales. D’autres villages comme Nelin, Jayyous, Beit Sina ont depuis contacté le comité populaire.

Ce jour-là, Abou Khamis, un berger du village, veut faire paître son troupeau de chèvres sur ses terres, situées désormais côté israélien. Il doit passer une première barrière, puis franchir une sorte de no man’s land et passer une seconde porte. Mais auparavant, il doit présenter ses papiers et obtenir l’autorisation des soldats israéliens, et ce, tous les jours. Sauf que, à la suite de la manifestation pacifique du vendredi précédent, le rouleau de barbelés bouche l’espace par lequel pourraient se faufiler ses bêtes.

Les chèvres d’Abou Khamis ne passeront pas la barrière

Et ce matin, le ton monte rapidement entre les militaires israéliens, d’un côté, Abdullah et Abu Khamis, de l’autre. Les Palestiniens tirent sur les barbelés, se blessent les mains, crient en hébreu contre les soldats qui les regardent sans bouger. Le soldat insiste, il y a assez de place pour que les chèvres se faufilent. Finalement, les deux soldats pénètrent côté palestinien, avec leurs armes, le ton monte d’un cran. Chacun brandit son téléphone. Le soldat réclame du renfort, Abdullah informe le comité populaire de l’incident. Puis, chacun repart de son côté.

Finalement, les chèvres d’Abou Khamis ne passeront pas la barrière. Lui seul traverse pour aller voir si les colons de Mitatyaho East n’ont pas investi son champ. Installé sur la colline qui fait face à Bilin, ce bloc de constructions illégales a été bâti sans permis de construire, mais le gouvernement israélien ferme les yeux. Et les colons ont arraché 50 oliviers du champ d’Abu Khamis, qu’ils ont replantés dans leur colonie.

Les colons de Mitatyaho East sont des juifs ultra-orthodoxes à qui le gouvernement israélien aurait offert l’équivalent de 50 000 € pour qu’ils s’installent dans des baraquements provisoires, devenus depuis des blocs d’appartements en dur. Un peu plus loin, d’autres colonies forment le bloc de Modin Illit, bientôt le plus grand de Cisjordanie, situé entre Jérusalem et Tel-Aviv.

"En ne ripostant pas à leur violence, je me sens plus fort"

Cela fait déjà quatre ans que les habitants de Bilin mènent leur combat. En plus des manifestations hebdomadaires du vendredi devant la barrière, ils ont intenté des actions en justice. Dans un jugement rendu le 15 décembre 2008, la Haute Cour de justice israélienne a une nouvelle fois ordonné le déplacement du mur construit sur les terres de Bilin et déclaré illégal le nouveau tracé proposé par l’armée israélienne. L’État a également reçu l’ordre de se conformer à un nouveau tracé n’incluant pas des projets d’expansion des colonies et de payer les frais de justice aux habitants de Bilin. Mais, sur le terrain, rien n’a changé et la colonisation progresse dans toute la Cisjordanie.

Le 17 avril 2009 lors de la manifestation hebdomadaire, un jeune Palestinien a été tué par une grenade lacrymogène tirée à bout portant. Elle lui a traversé la poitrine et a provoqué une hémorragie massive. Une pierre tombale a été érigée le long de la barrière. Le mois dernier, un volontaire américain, Tristan Anderson, a été touché par une grenade lacrymogène à la tête. Grièvement blessé, il souffre de lésions cérébrales et a perdu un œil. Comment dans ces conditions résister à la violence, quand elle tue vos amis ?

« J’ai peur des soldats, mais en ne ripostant pas à leur violence, je me sens plus fort que tous leurs chars et leurs fusils. Par exemple, en criant de toutes mes forces : “Non, je ne vous donnerai pas ma carte d’identité.” Que peuvent-ils contre ça ? » Abdullah a été arrêté et emprisonné trois fois, légèrement blessé à plusieurs reprises. « J’ai reçu des menaces du Shin Beth, les soldats israéliens ont fait irruption chez moi de nuit. Mes filles sont terrorisées dès qu’elles voient un soldat. » Même cela ne suffit pas à ébranler la volonté d’Abdullah. « Je suis persuadé qu’il est encore possible de récupérer nos terres, notre liberté, nos droits, sans faire parler les armes. »

Agnès ROTIVEL

(1) La première Intifada a duré de 1987 à 1993, la seconde de 2000 à 2007.

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jeudi 21 mai 2009

Plus de 70% des Gazaouis souffrent de malnutrition

            

par Nadia Agsous

      

Qu’est devenue Gaza depuis l’arrêt des bombardements de l’armée israélienne sur la population civile et les biens publics en janvier 2009 ? Quelle est la situation socio-économique qui prévaut dans cette région de la Palestine qui tente tant bien que mal de panser ses blessures et de se reconstruire ? Quels sont les effets du blocus israélien sur la vie quotidienne des Gazaouis ? Quel est le bilan de la situation actuelle ?

Suffocation économique. Malnutrition : une atteinte à la santé humaine

« Peux-tu imaginer que lorsqu’un de mes enfants me demande un shekel (0,2 €), je ne peux même pas le lui donner. C’est pour ça que je me cache de mes enfants du matin au soir, écrit Rami Almeghari dans son article « Le blocus aggrave la malnutrition à Gaza » rapportant les confessions du Gazaoui, Naser Al-Batran (41 ans). Ce père de cinq enfants qui réside au centre de la Bande de Gaza s’est retrouvé au chômage après qu’Israël ait bouclé les passages frontaliers en juin 2007. Auparavant, il était ouvrier dans une usine de tissage. Puis pour rendre compte de l’extrême précarité de la situation dans cette région de la Palestine qui a vécu sous les bombes de l’armée israélienne pendant presque un mois, il ajoute « la vie est devenue misérable, extrêmement misérable".

En effet, selon les témoignages de la population locale et les observateurs, les conséquences du blocus économique qui est en vigueur à Gaza depuis 2007, sont visibles sur tous les aspects de la vie quotidienne. Effondrement de l’économie locale. Baisse du niveau de vie. Crise alimentaire. Pénurie des denrées les plus élémentaires. Appauvrissement du régime alimentaire. Difficulté voire impossibilité d’accéder à la nourriture et à l’eau potable. Restriction en fuel et en électricité. Carences nutritionnelles. Et cette situation socio-économique a bien évidemment des conséquences néfastes sur la santé des Gazaouis. Cette dégradation des conditions de vie ainsi que l’appauvrissement de la population gazaouie a également été mise en exergue par plusieurs instances nationales et internationales.

Ainsi, selon l’agence iranienne de presse SHABESTAN, Jamal Al-Khisri, président du comité populaire qui mène une lutte contre le blocus de Gaza a déclaré qu’environ 55% des enfants de Gaza souffraient de malnutrition et manquaient de fer.

De son côté, le Ministère Hamas de la Santé fait état d’une augmentation de la malnutrition au cours des 11 derniers mois chez la population gazaouie puisque plus de 70% des 1,5 millions d’habitants de Gaza souffrent d’anémie dont 44% de femmes enceintes. Cette situation semble concerner plus de 10% des enfants âgés de moins de 18 ans.

Dr Adnan Abdel Aziz Al Wahadi qui dirige le service de soins de l’organisation sanitaire Ard Al-Insan à Gaza impute cette situation à « l’impossibilité, pour beaucoup de ménages palestiniens d’acheter la nourriture de base. Situation qui a contribué à aggraver cette problématique de santé".

Par ailleurs, les résultats d’une enquête récente sur la malnutrition menée par cette institution sanitaire ont mis en évidence le fait qu’environ 10,4% des ménages de la Bande de Gaza souffrent de malnutrition chronique mettant ainsi en lumière l’existence de difficultés de croissance en poids et en taille.

L’UNICEF a pour sa part confirmé ce constat on ne peut plus déplorable. Pour cette institution, l’émaciation constitue un véritable problème de santé publique puisque le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition aiguë a doublé en 2008 atteignant 2,4%.

Et selon l’Organisation Mondiale de la Santé, ces retards de croissance semblent être le résultat d’un manque de protéines, de vitamines et de fer pendant et après l’offensive israélienne sur Gaza. Par ailleurs, des résultats d’une évaluation du taux d’anémie à Gaza doivent être rendus publics en mai 2009.

En juillet 2009, une évaluation similaire doit être menée par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). L’évaluation qualitative de la sécurité alimentaire à Gaza menée en 2008 et au début de l’année 2009 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) laisse apparaître une hausse de l’insécurité alimentaire. Le Bureau central palestinien de la statistique (PCBS) révèle une baisse de 10% des vivres et de la consommation d’énergie. En effet, Israël aurait procédé à une réduction des livraisons de nourriture, de diesel et de gaz au point où des conducteurs auraient été contraints d’utiliser de l’huile de table..


Les enfants à gaza souffrent de malnutrition - 8 June 08
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La faute incombe à Hamas ... du point de vue des autorités israéliennes

Lors d’une déclaration en 2008, Mark Regev, le porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert, avait déjà imputé cette situation à Hamas car lors des retraits d’’Israël de la Bande de Gaza, « la population a, selon lui, été « l’otage » de l’idéologie « extrêmiste et nihiliste » du Hamas. "Si le Hamas avait concentré ses ressources sur le « régime alimentaire de la population » plutôt que sur les « roquettes Qassam et le Jihadisme violent », ce genre de problème n’aurait pas existé ».

Le blocus économique est plutôt  une « punition collective... »

Selon Rashid Khalidi, professeur d’études arabes à Columbia, le blocus d’Israël sur la population de la bande de Gaza « avec le soutien des États-Unis et de l’Union Européenne » s’est davantage durci au moment où Hamas a gagné les élections au Conseil législatif palestinien en Janvier 2006. Par conséquent, « le carburant, l’électricité, les importations, les exportations et la circulation des personnes dans et hors de la bande de Gaza ont été lentement bloquée, aboutissant à des problèmes sanitaires, de santé, d’approvisionnement en eau et de transports qui mettent la vie des gens en danger ». Puis il poursuit, « en raison du blocus, beaucoup de gens se sont retrouvés au chômage, dans la misère et victimes de la malnutrition. Ce qui revient à une punition collective - avec le soutien tacite des États-Unis - d’une population civile pour l’exercice de ses droits démocratiques ».

             

 

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lundi 13 avril 2009

Demain né d’hier, par Djouher Khater

L’œil  rentré
Surfe sur les écrans- voile Gaza les pieds en sang
Et pourtant
Ni la millénaire Errance du Peuple déchu, Châtiment
-Délivrance
Ni l’Occident ahanant sous son rocher enchaînant
l’infime grâce
Ni la déliquescence arabe Suicidaire mise au ban
de l’Islam
Larmes de sang banalisé marché froid anesthésiant   
de chair saine
Ni le malin, ce cheval de Troie du chacal instinct
Ne justifient
Tant de ruines
Encore moins Moise l’Interlocuteur de Jéhovah
Travestis
sanguinaires.
Mais à la lisière de Demain
Dévorant le magma de la planète, âmes  légères
vagissantes
Un sourd volcan fou et bavant  brisera en miettes
les barrages.
Pour l’instant,
Majesté l’ONU Théâtre de Savantes répétitions
de sauvetages
Suit exorbitée les égo-faucilles coupant allègres
Les épis poids- vent
Saturée, la vie née Soleil part aussi en fumée
Mais leur horizon enfin atteint, jouiront-ils vraiment
galonnés ?
Car, tous  pareils au feu de camp
Tels les hivers ou les printemps, cycles éternels du Temps
Maître absolu  de l’Univers
Civilisations et êtres filent au gré de qui aère
Demeurera par-delà les décombres l’Epine larguée
Dans le nerf
Plaie béante nageant dans l’âme pure de l’enfant mutilé
Sur le vif
Demeurera le cri de l’obscure lumière hululant
La vengeance
Absente sera la joie fraternelle sauf du cœur nu des
sans vouloirs
Eternelle absente la Paix sauf  au havre du cœur nu de
tout pouvoir
Demain-hier.

Janvier 2009 / Djouher Khater 

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