A l'indépendant

Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'une conversion est pour l'individu: changer le but et le sens de la vie (Roger Garaudy)

lundi 7 décembre 2009

Loupé sur l'identité nationale, première victoire sur le sarkozysme ?

[...] Le sarkozysme est avant tout une technique de manipulation, qui masque une parfaite continuité sur le fond.
   
En 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait déployé avec talent et moult renforts médiatiques cette technique d'enfumage. Les électeurs s'étaient laissés prendre au piège, accordant massivement leurs suffrages à un candidat dont ils croyaient qu'il allait incarner le volontarisme politique et une certaine rupture idéologique, sur des questions comme l'immigration, l'euro, la repentance, le pouvoir d'achat ou la sécurité.
   
    Pendant les deux premières années du quinquennat, l'enfumage marcha à plein régime, et à chaque fois les Français, en premier lieu les électeurs du Sarkozy de 2007, tombaient dans le panneau : sur la gestion de la crise, présentée comme exemplaire par les médias et le pouvoir, sur la guerre en Géorgie, soi-disant réglée en une nuit par le chef de l'Etat, sur la présidence de l'UE, réputée exceptionnelle, sur les G20, décryptés par le bruit médiatique comme l'oeuvre du président français, sur la sécurité et l'immigration bien sûr, thèmes sur lesquels le pouvoir parut longtemps crédible et Nicolas Sarkozy combattif.
Les coups médiatiques succédaient aux coups médiatiques, et l'opinion publique ne parvenait pas à sortir la tête de la fumée.
   
    Mais le ressort s'est brutalement cassé. A l'occasion du débat sur l'identité nationale, énième manoeuvre électoraliste avant les élections régionales. Pour la première fois en effet, les Français, très vite et dans des proportions massives, déjouèrent la stratégie de communication élyséenne et perçurent la supercherie.
On aurait pu craindre qu'une nouvelle fois les électeurs croient aux beaux discours de fermeté, aux envolées patriotiques du pouvoir.
   
    Il n'en fut rien heureusement.
    Et lorsque le pouvoir se rendit compte que le piège dans lequel il comptait une nouvelle fois enfermer les Français se retournait contre lui, il décida de couper court au débat, et de passer à autre chose.
Ainsi, Nicolas Sarkozy préféra vendredi envoyer François Fillon prononcer un discours sur l'identité nationale. Ce discours ressemblait d'ailleurs fortement à un enterrement du sujet en bonne et due forme.
Le pouvoir sortira probablement très vite de son chapeau un nouveau thème, un nouvel enfumage. Les impôts certainement. Il tentera de manipuler en faisant croire que l'explosion des impôts locaux s'explique simplement par la mauvaise gestion socialiste des régions, alors qu'en réalité c'est toute la décentralisation, portée par l'UMP et le PS depuis 30 ans, qui est en cause.
   
    Le loupé sur l'identité nationale démontre que, pour la première fois, la machine à enfumer n'a pas fonctionné. Il révèle aussi à quel point Nicolas Sarkozy est un imposteur, préférant passer à un autre débat lorsque la manipulation ne prend pas, affichant ainsi le peu d'intérêt qu'il porte en réalité au fond du sujet. Les Français ont perçu que le chef de l'Etat se moquait éperdûment de l'identité nationale, comme il s'en moquait déjà tout autant en 2007. C'est en cela que le système est touché au coeur.
   
Une fois le ressort cassé, il est peu probable qu'il puisse refonctionner. Un magicien ne peut pas refaire un tour quand le public a perçu la ficelle.
    Cela ne veut pas dire qu'il ne faudra pas poursuivre sur la route du désenfumage. Il faudra continuer d'expliquer inlassablement les techniques de communication du pouvoir. Il faudra continuer à expliquer que la vraie opposition n'est pas entre l'UMP et le PS, mais bien entre ceux qui croient en la France, et ceux qui n'y croient plus, les mondialistes. Il faudra être attentif aux stratégies de manipulation du pouvoir, relayées par les médias.
C'est en oeuvrant en ce sens depuis des années, notamment sur la Toile, que le brouillard de l'enfumage a fini par se déchirer. Ce n'est donc pas le moment de relâcher l'effort [...]
   
    (extraits)

http://www.levraidebat.com/

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vendredi 30 octobre 2009

Le "pétainisme" et l'identité française

On peut décrire ainsi la situation subjective de notre pays: la désorientation des esprits, facteur d'impuissance, chemine de longue date, au moins depuis Mitterrand, savant organisateur de la confusion. Mais avec l'élection de Sarkozy, le ralliement des rats et l'inertie de tous, elle a enfin trouvé son symbole, les formes de rupture qui font désormais la loi de la situation...
Nous cherchons un élément analytique concernant la nature particulière de la désorientation des consciences, désorientation dont Sarkozy est le nom. Je voudrais sur ce point reprendre...une hypothèse qui énonce que cette désorientation, saisie dans sa dimension globale, son historicité, son intelligibilité, impose de remonter jusqu'à ce qu'on doit nommer son transcendantal pétainiste...

Je ne suis pas en train de dire que les circonstances ressemblent à la défaire de 1940, et que Sarkozy ressemble à Pétain. Pas du tout. Je dis que la subjectivité de masse qui porte Sarkozy au pouvoir, et soutient son action, trouve ses racines inconscientes, historico-nationales, dans le pétainisme. C'est ce que j'appelle un transcendantal: quelque chose qui, sans apparaître à la surface..., configure de loin, donne sa loi et son ordre, à une disposition collective...
Dans le cas de notre pays, nommer ce transcendantal "pétainiste" évite de le nommer, soit, faiblement, antidémocratique ou bonapartiste (ce sont des qualifications "de gauche"), soit de le qualifier de fasciste, ou de pré-fasciste, ce qui serait excessif, ultra-gauche.
Je propose de dire que "pétainiste" est le transcendantal, en France, des formes étatisées et catastrophiques de la désorientation...
Premièrement, la désorientation obtenue par le renversement explicite du contenu réel de l'action de l'Etat: révolution là où il y a réaction noire, régénération quand on capitule, nouvelle liberté quand on est au comble de la servilité. Deuxièmement, le thème antipolitique de la crise morale, qui accable le peuple, et donne les mains libres à l'Etat pour organiser de nouvelles formes de répression. Troisièmement, le motif de l'évènement néfaste, origine et symbole du déclin moral, évènement qui est toujours un épisode marquant des tentatives politiques ouvrières et populaires (Révolution dans sa phase robespierriste, Commune de Paris, Front Populaire, Mai 68). Quatrièmement, la fonction paradigmatique, la valeur de modèle du redressement, des figures les plus marquantes de l'extrême réaction à l'étranger. Cinquièmement, les différentes variantes de la supériorité de notre civilisation sur des populations étrangères (les Africains par exemple), mais aussi sur des "minorités" internes (les jeunes Arabes, par exemple).
Au vu de ces critères, nous dirons sans hésiter que Sarkozy relève du transcendantal pétainiste.

Alain Badiou, "De quoi Sarkozy est-il le nom ?", Editions Lignes, Extraits des chapitres cinq et six.

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jeudi 15 octobre 2009

Faut-il soutenir Villepin ?

La France est en danger,
    par Eva R-sistons à l'intolérable

   
Vas-y Dominique ! S'il n'est pas condamné - alors qu'il s'agit d'un combat d'ambitions (les deux hommes se détestent et pour cause, ils sont diamétralement opposés, l'un a de la dignité, l'autre est un roquet), mais Sarkozy est intouchable aujourd'hui, du fait de sa fonction, alors qu'il est aussi responsable, sinon plus étant donné sa hargne -, il pourra se présenter contre Sarkozy, il y aura donc deux Droites et on peut supposer que celle de de Villepin supplantera l'autre - celle de l'UMP qui aujourd'hui se vautre dans la fange. Disons-le, ce gouvernement est non seulement inique, mais indigne. Sarkozy est le fossoyeur de la France, je le répète, de son modèle social, de ses services publics, de son indépendance, de ses traditions, de ses valeurs... C'est honteux !
   
    A-t-on réalisé que nous allons peut-être vers un scrutin uninominal, à un tour, avec une Droite unie (si de Villepin ne se présente pas) et une Gauche dispersée ? Autrement dit, nous aurons au final une chambre introuvable, un parlement avec seulement les élus de la droite sarkozienne !  Nous serons dans une dictature ! D'ailleurs, toute la France appartient désormais à un seul homme, décidant de tout, même de détruire tout ce qui fait la     spécificité de notre pays ! Et cette France doit s'aligner sur l'Empire, adopter le mode de vie yankee, celui des cows-boys, barbare, brutal, où le Droit est celui de la force, où la loi est celle du colt (avec les shérifs Sarkozy et Kouchner, la France sera au premier rang des bagarres, des bastons, des guerres préventives, permanentes, nucléaires) ! Une France, de surcroît, dirigée en réalité par Israël, pour défendre ses intérêts, et au risque d'envoyer les jeunes Français mourir pour Israël et même le Grand Israël (aux dimensions de la région, du Moyen Orient, de la planète ? La question mérite d'être débattue...) !
   
    Et quelle France ! Celle des parvenus, des nouveaux riches, insolents, vulgaires, méprisants, sacrifiant le peuple et le pays à leurs ambitions, à leurs fastes, à leurs caprices ! Une France qui ne songe qu'à l'avoir, plutôt qu'à l'être, quitte à exiger qu'on travaille le dimanche, ou en changeant de région tous les trois ans (et tant pis pour la famille, les projets, l'achat d'une maison...), et jusqu'à la fin de sa vie (pas de retraités, ils sont trop coûteux pour la société, et la rentabilité, - pardon, la modernité -, sera bientôt le seul critère de cette société nauséabonde) ! Une France où l'école et les facs seront payantes, les services publics privatisés, les retraites et la SS abolies, une France où ce sera le chacun pour soi, violent, cruel, bref la compétition féroce, une France où chaque communauté essaiera de supplanter l'autre, une France, aussi, sans paysans, sans villages,  et pire que tout, inféodée à l'étranger, privée de sa souveraineté, de ses traditions, de sa culture, vassale des Anglo-Saxons, un pion parmi d'autres au service     des Grandes Banques et des multinationales mafieuses....
   
Est-ce la société que nous voulons ? Une société où on achète la sagesse des enfants ? Une société où le plus fort, le plus malin, le plus cynique, impose sa loi aux autres ? Une société où l'on désigne les enfants de pauvres comme futurs délinquants, alors qu'on exonère les délinquants ayant une position sociale élevée et même les pervers ? La liste serait longue...    
   
Il est temps de tout faire pour arrêter la machine infernale. Il y a des jusqu'aux boutistes, je ne suis pas de ceux-là: Je suis une pragmatique. Et aujourd'hui, je le dis clairement : Soutenons de Villepin, lui seul peut éviter à la France de sombrer dans une dictature effroyable, SANS RETOUR, et une dictature héréditaire, ce que j'annonçais déjà au début de ce blog. Oui, la France est en voie de destruction, désormais. Alors, les états d'âme n'ont plus leur place. Nos préférences ne comptent pas. Quand on voit la France couler, on dit: Stop ! Et aujourd'hui, seul celui qui a défendu l'indépendance de notre pays à l'ONU, peut freiner l'irrésistible ascension de celui qui a décidé la perte de la France telle que nous la connaissons, quel que soit le coût pour nous tous.
   
   
La Gauche de Besancenot n'a aucune chance d'arriver au pouvoir. Si le PS gagne les élections, on se demande d'ailleurs comment avec un scrutin à un tour, il n' y aura pas de vraie politique de Gauche. Et peu d'opposition syndicale... et l'indépendance de la France sera sacrifiée ! Car le PS est presqu'entièrement dirigé par des atlantistes et des sionistes (DSK, Delanoë, Fabius, Hollande etc), et leurs options sont contraires à l'intérêt de notre pays. Ségolène Royal est l'une des rares à tirer son épingle de ce jeu joué d'avance. Mais jusqu'à quand ? Il faut un Chevènement pour claquer la porte quand c'est nécessaire !   
   
Si l'Opposition, quelle qu'elle soit, ne triomphe pas, nous aurons à nouveau Sarkozy, qui achèvera de détruire la France, même ses collectivités, et cela de façon sans doute irréversible. Alors, je demande à chacun de voir la situation en face. Un seul homme, aujourd'hui, peut nous éviter le pire. Et il faut éviter le pire... un pire sans retour ! Avec de Villepin, au moins, la souveraineté du pays sera préservée; aux travailleurs, ensuite, de se faire entendre pour que leurs revendications soient prises en compte. Et je parie que cette fois, après ce qu'il a vécu, le gaullien de Villepin sera plus attentif aux souhaits du peuple. Il n'aura pas le choix, d'ailleurs, s'il veut gouverner.
   
Je sais que cette position ne plaira pas à nombre de mes lecteurs. Mais je ne suis pas là pour plaire, mais pour faire réfléchir. Et la maison France brûle de tous côtés... Nous sommes même la risée de l'étranger !
   
Eva R-sistons au pire, d'abord et avant tout
   
NB: J'alerte sur le fait que si de Villepin est blanchi, comme la Justice le commande (ou alors, il faudra condamner Sarkozy comme de Villepin), et qu'il prépare sa candidature, il n'est pas exclu qu'on s'arrange pour se débarrasser de lui. Ce ne serait pas la première fois ! Les gêneurs, notamment dans le pays qu'on nous propose en modèle, les USA, on les retire du circuit politique...les Kennedy, en particulier, ont payé un lourd tribut !
   
   

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jeudi 8 octobre 2009

Empire Sarkozy

"Cette fraction de la classe moyenne sentait qu'il n'y avait plus qu'une alternative, la Commune ou l'Empire, sous quelque nom qu'il pût reparaître. L'Empire l'avait ruinée économiquement par son gaspillage de la richesse publique, par l'escroquerie financière en grand, qu'il avait encouragée, par l'appui qu'il avait donné à la centralisation artificiellement accélérée du capital, et à l'expropriation corrélative d'une grande partie de cette classe. Il l'avait supprimée politiquement, il l'avait scandalisée moralement par ses orgies, il avait insulté à son voltairianisme en remettant l'éducation de ses enfants aux frères ignorantins, il avait révolté son sentiment national de Français en la précipitant tête baissée dans une guerre qui ne laissait qu'une seule compensation pour les ruines qu'elle avait faites : la disparition de l’Empire." ("La guerre civile en France", Karl Marx, 1871)

On remplace Empire par Sarkozy?

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mardi 25 août 2009

Le grand homme et le petit

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http://revuedepresse.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/08/25/deux-grands-hommes-autour-d-un-cafe.html

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samedi 4 juillet 2009

Le prestidigitateur

"Pressé par les exigences contradictoires de sa situation et contraint, tel un prestidigitateur, de tenir par quelque tour surprenant les yeux du public constamment fixé sur lui comme le "succédané" de Napoléon et, par conséquent de faire tous les jours un coup d'Etat en miniature, Bonaparte met sens dessus dessous toute l'économie bourgeoise, touche à tout ce qui a paru intangible à la révolution de 1848, rend les uns résignés à la révolution et les autres désireux d'une révolution, et crée l'anarchie au nom même de l'ordre, tout en  enlevant à la machine gouvernementale son auréole, en la profanant, en la rendant à la fois ignoble et ridicule"

Karl Marx, le 18 Brumaire

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lundi 22 juin 2009

Drogue - partie à Versailles

Nicolas Sarkozy sera reçu aujourd’hui à Versailles. Il arrivera, nous dit-on, à 15h, en limousine noire (et Ray Ban ?) dans les anciens appartements des enfants royaux. Comme un roi en somme ! Là, députés et sénateurs (moins les communistes et les Verts décidés à boycotter la cérémonie) entendront pour la première fois un président de la République s’adresser à eux. C’est la conséquence de la révision constitutionnelle. Alors, avancée démocratique ou pas ? Personnellement, cela ne me dérangerait pas que Nicolas Sarkozy puisse défendre sa politique devant le Congrès à Versailles, si députés et sénateurs sensés représenter le peuple de France pouvaient lui adresser la parole et lui poser des questions. La moindre des choses, en démocratie, non ? Ce ne sera malheureusement pas le cas. Narcisse Sarkozy parlera tout seul devant le Congrès métamorphosé en immense miroir. Ce ne sera donc pas un échange mais un monologue auto-satisfait avec roulements d’épaule. Une oraison jaculatoire que l’on peut d’ores et déjà prévoir toute à la gloire de Nicolas 1er ! Or, je ne sais pas vous, mais moi je ne me sens pas en manque de parole sarkozienne depuis 2007. Je dirai même que grâce à ses amis des médias, véritables dealers qui sévissent impunément à la sortie de l’Elysée pour nous fournir la dope présidentielle, nous frôlons l’overdose. A ce rythme, vous verrez, dans trois ans nous serons tous bons pour une cure de désintoxication. A moins de trouver d’ici là des patchs anti-sarko… Ce qui n’est pas gagné, je vous l’accorde. J’ai lu dernièrement que la cure miracle que nous propose le lion sot du PS (oui, le montebourgeois Arnaud !), ce sont des primaires à gauche. Comme aux Etats-Unis ! Que voulez-vous, depuis qu’il est parti aux pays du Cauchemar climatisé, Montebourg ne jure plus que par Obama. Ce qui en dit long sur la dernière métamorphose du PS : le passage de Marx à Coca-Cola !

Bruno Testa sur http://www.clicanoo.com/index.php

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vendredi 2 janvier 2009

Heureusement qu'on l'a !

Chronique
Passage de témoin, par Robert Solé
LE MONDE | 02.01.09 | 13h20  •  Mis à jour le 02.01.09 | 13h21

De Nicolas Sarkozy, président honoraire de l'Union européenne, à Mirek Topolanek, premier ministre tchèque.

Mon cher Mirek,

Ton pays prend donc la présidence tournante de l'UE. Tu n'as pas de chance. Tu aurais pu succéder à un Grec, empêtré dans des combats de rue ; à un Italien, traînant trente-six casseroles ; ou même à une Allemande têtue, manquant totalement de charisme. Mais le sort a voulu que tu viennes après moi, qui ai changé l'Europe, et peut-être le monde.

Ton petit pays n'a adopté ni l'euro ni le traité de Lisbonne. Ton président de la République est un eurosceptique proclamé et ton gouvernement de coalition ne tient qu'à un fil. Mais tu peux compter sur mon aide. Lundi, je pars au Proche-Orient régler la question israélo-arabe. A mon retour, je prendrai plusieurs initiatives pour mettre fin à la crise économique mondiale. Ce qui ne m'empêchera pas, ensuite, de supprimer les gaz à effet de serre et d'arrêter définitivement le réchauffement climatique.
Ne t'inquiète pas, Mirek. Tu ne verras même pas passer ces six mois de présidence. Courage ! Et mes respects à Mme Topolanek.

Robert Solé
Article paru dans l'édition du 03.01.09

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mardi 23 décembre 2008

Islam et communisme, les nouveaux épouvantails

Ce matin, écoutant “France Culture” (pour échapper à “France Inter” de plus en plus sarkozysée…), j’avoue avoir été consterné.
Un des “spécialistes” de l’Asie Centrale et du sous-continent indien, M. Olivier Roy était interrogé sur son dernier livre “La sainte ignorance, le temps de la religion sans culture” (ed. Seuil), un ouvrage qui porte sur la “crise des religions” et les fondamentalismes dans les trois religions monothéistes, Judaïsme, Christianisme, Islam et leur rapport à la mondialisation.
Jusque là, rien que de très normal.
Là où ça l’est moins, c’est dans les questions et commentaires sur “France-Culture”.

Les fondamentalismes deviennent au fil des propos  “le” fondamentalisme, puis l’Islamisme puis l’Islam, puis, tout simplement, la religion musulmane…
Propos on ne peut plus réducteurs et stigmatisants, scandaleux sur une chaîne de radio publique (donc payée aussi par nos concitoyens musulmans) et qui devrait expliquer plutôt que de nourrir les fantasmes islamophobes et identités meurtrières…

Ces mécanismes de stigmatisation sont exactement les mêmes que les nazis ont employé à l’égard des communistes.
“Communiste, pas Français”,
disait le soldat allemand qui cassa les jambes du jeune Résistant Guy Môquet, après son exécution, pour le faire entrer dans un cercueil trop petit…
Communiste, Paul Euzière. “Un risque” pour Grasse (!!!) écrit le candidat-employé du maire de Grasse à l’élection cantonale de Grasse-Nord.

“Musulman!”,  ”Communiste” aujourd’hui, hier “sous-homme juif”…

Les Bush, Berlusconi et autres Sarkozy (et ses relais locaux) responsables de tant de malheurs dans le monde et dans leur pays n’ont que la haine et la stigmatisation à la bouche.

Je rêve et je me bats -et je continuerai de me battre- pour un monde sans guerre, pour une société fraternelle ou chacun a sa place, la place qu’il mérite au regard de ses seules valeurs et de ses compétences, qu’il soit Musulman, Juif, Chrétien, croyant ou pas.

Tous les hommes sont mes frères. Sauf ceux qui excluent et stigmatisent.


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dimanche 19 octobre 2008

Le nouveau lycée de Sarkozy et Darcos

L'ami Yves ( Lanterne de Diogène) me fait passer ce texte:

Cerise sur le gâteau libéral : Sarkozy & Darcos suppriment l'Histoire-Géo du tronc commun des lycéens.
   
Le Journal du dimanche du 5 octobre 2008 annonce « en exclusivité » l'incroyable programme pour les lycées, applicable au pas de charge dès la rentrée 2009. « En juin prochain, le lycée d'aujourd'hui aura vécu. »
 
« Poussé par l'Elysée », le ministre Darcos va annoncer officiellement très prochainement sa (contre) réforme du lycée :
 
1 - Une réduction importante des horaires en lycée : 27 heures hebdomadaires au lieu de 28 à 35 (Ne dites pas que c'est pour accompagner les suppressions de postes de profs, ça ferait de la peine à TF1).Pour les parents qui voudraient bêtement que leurs enfants étudient le latin, le grec ou encore une troisième langue et beaucoup d'autres options, il restera le privé d'élite à prix d'élite pour les élites !

2 - Une formule compliquée d'options (« modules exploratoires » ou d'« accompagnement ») qui aura l'originalité d'être à rythme semestriel, soit deux demi-années scolaires au lieu d'une, et donc la fin du groupe classe comme facteur de socialisation et de solidarité. C'est selon le propre aveu de Darcos le « lycée à la carte ». La liberté du renard libre dans le poulailler libre. Tant pis pour ceux qui n'auront pas choisi les bonnes matières semestrielles.

3 - En seconde la priorité est donnée au français, à l'anglais, aux maths et à l'EPS, l'essentiel est de savoir vendre la camelote (en anglais aussi pour l'exportation), faire sa comptabilité et un peu de sport pour ne pas être malade et risquer de ne pouvoir travailler plus. Après réflexion et pressions diverses, l'histoire-géographie n'est pas supprimée (les programmes seront-ils modifiés?). En revanche, tant pis pour les sciences expérimentales, les autres langues, les options....
 
4 - Les sciences économiques et sociales (déjà depuis longtemps dans le collimateur du MEDEF et de ce gouvernement car pas assez zélatrice de notre formidable système capitaliste qui fonctionne si bien) vont également faire les frais de cette diminution des horaires et sans doute d'autres dispositions de cette (contre) réforme.

5 - Et pour finir, cette nouvelle inouïe. La suppression pure et simple de l'histoire-géographie du « tronc commun » obligatoire en première et en terminale. Certes, ce sera aussi le cas des maths, mais ceux-ci n'en souffriront pas, restant matière dominante à sélection pour la filière Scientifique, hypocritement rebaptisée « dominante sciences » pour les futurs cadres de la société, tandis que la filière L deviendra « Humanité et arts ». (Au fait, pourquoi pas d's à « humanités » ? Une faute de frappe du Journal du Dimanche ? Mystère.)

Supprimer l'histoire géographie pour tous et toutes à partir de l'âge de 15 ans constitue une rupture majeure avec tous les siècles précédents d'humanisme scolaire, de l'Ancien régime jusqu'à nos jours.

Cette suppression pourrait permettre un jour à un gouvernement populiste et vichysto-compatible de ...

... Célébrer Guy Môquet tout en faisant ignorer pourquoi il est mort ;
... Réunir les ministres européens à Vichy (en novembre prochain ! Une première ! Une idée d'Hortefeu ! Les ministres européens en charge de ... l'Immigration ! ) pour en finir enfin avec l'antifascisme culturel, avec le tabou vichyste et vichyssois, et faire oublier de quoi cette ville fut la capitale et le symbole ;
... Mieux faire admirer le colonialisme, le paternalisme et le cléricalisme d'antan tout en jetant pudiquement aux oubliettes des siècles de patients combats émancipateurs pour les droits humains, sociaux, démocratiques, féministes, etc ;
... Épargner aux sarkoboys l'apprentissage de tant de dates funestes et qui portent malheur : 1789, 1830, 1848,1871, 1917,1929, 1936, 1945, 1968...
... Esquiver trop de questions gênantes des géographes sur l'habitat humain, le climat, l'écologie, et le remodelage des paysages et de la planète par les flux financiers et mafieux ;
... Flatter les mémoires particulières et communautaristes pour mieux ruiner définitivement la culture historique commune, base de citoyenneté et du Vivre ensemble ;

Bref, il est quand même flatteur de comprendre que Sarkozy veut personnellement prendre soin de nos enfants.
Que, malgré tout, malgré l'intensif bourrage de crânes des médias aux ordres, Sarkozy nous trouve encore trop intelligents et cultivés, encore trop peu obscurantistes, encore trop peu oublieux des leçons de notre Histoire. Mais heureusement, Darcos est là.

Merci de faire passer ce message, il est urgent de se mobiliser !

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