mardi 20 octobre 2009
Dictionnaire Teilhard

Vient de paraître chez Aubin éditeur
Pour le commander sur internet: http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/baudry-gerard-henry/dictionnaire-teilhard-de-chardin,25505989.aspx
mercredi 30 septembre 2009
Teilhard de Chardin et les courants ethniques
Teilhard de Chardin croyait en une synthèse de l’humanité qui lui donnerait enfin un esprit unique, une âme unifiée. Cependant, il distinguait fondamentalement cette synthèse d’un projet de fusion, et il rejetait avec la dernière énergie toute forme de massification dépersonnalisante, comme celle qu’à ses yeux favorisait la doctrine de Karl Marx. Il désapprouvait toute tendance à l’uniformisation.
Il
affirmait, de fait, que la synthèse finale accomplirait l’individu dans
sa spécificité, mais aussi les cultures ethniques. En effet,
“Zoologiquement parlant, pourrait-on dire, le groupe humain peut se
définir comme le produit d’une ramification (spéciation) constante,
constamment surmontée et synthétisée par convergence en milieu
spatialement et psychiquement courbe.” Et ainsi, “il faut tenir compte
du fait que, non seulement individuellement, mais encore ethniquement,
les hommes représentent des éléments complémentaires (...). Par suite
de sa structure ramifiée, l’Humanité est formée, si l’on peut dire,
d’un grand nombre d’‘isotopes’ réfléchis, - chacun doué de ses vertus
particulières. Et ne pas tenir compte de cette diversité des écailles
humaines pour en surveiller et assurer le développement en proportions
convenables serait aussi grave que de chercher à contrarier la double
force, externe et interne, qui les oblige à se reployer sur soi.”
C’est assez clair. La vraie synthèse, et donc un universalisme authentique ne peuvent passer que par le respect des spécificités culturelles de tous les groupes humains, parce que le progrès vers l’Unité ne peut se faire que par le développement des vertus propres à chacun d’eux. En aucun cas, il n’est possible de sacrifier l’humanité particulière à l’humanité globale, puisque la seconde n’est que l’accomplissement de la première.
On peut toujours contester qu’une culture ou une autre puisse se relier à l’universel: mais cette idée est l’essence du colonialisme, je pense.
Le projet de Teilhard est ambitieux, mais il a raison de dire, ailleurs, qu’il est le seul qui soit logique et cohérent, et donc, réalisable. Toute voie apparemment plus facile, plus réaliste, manque le but. La base de l’humanité unifiée ne peut être que la fraternité: non la soumission à un centre décrété relié au divin a priori. Et ici, je ne vise pas forcément ce qui s’affiche officiellement comme religion.
http://remimogenet.blog.tdg.ch/
et aussi sur le même blog et toujours à propos de Teilhard: http://remimogenet.blog.24heures.ch/archive/2009/10/02/science-et-christ-et-teilhard-de-chardin.html
lundi 15 juin 2009
Pierres vivantes de Teilhard
Sur http://apocalypsis.hautetfort.com/
"Teilhard ne méconnaît pas la valeur spirituelle du désert ; mais il n'est pas dupe. Il n'a pas oublié la prière du Christ pour ses Apôtres : "Père, je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais." Il montre à plusieurs reprises du respect pour les contemplatifs, mais il craint que les monastères expriment encore une désertion, une fuite du monde, alors même que "c'est la passion (non la fuite) du Monde qui devrait pousser à la solitude !"... Et jose penser que la fascination de Teilhard pour les déserts, ceux d'Égypte ou ceux d'Asie en particulier, n'est pas seulement le fait du scientifique en quête de roches ou de fossiles, mais bien celui d'un "passionné du Monde " !
Derrière ces critiques et ces attaques, non dénuées d'ironie, se cache le souci de Teilhard de discerner, dans l'Église de son temps, "trois pierres périssables dangereusement engagées dans les fondations : la première est un gouvernement qui exclut la démocratie ; la deuxième est un sacerdoce qui exclut et minimise la femme ; la troisième est une révélation qui exclut, pour l'avenir, la Prophétie."
(...)
À notre époque où les catholiques aiment à parler des pierres vivantes de l'Église, cette mise en garde de Teilhard à l'égard des pierres périssables ne manque pas d'intérêt, voire même de pertinence (à moins qu'il ne s'agisse d'impertinence). Je laisse au lecteur le soin d'en juger, le priant seulement de ne pas oublier que jamais Teilhard ne met en question le rôle essentiel de l'Église. "Sans l'Église, martèle-t-il, le Christ s'évapore ou s'émiette ou s'annule !"
[in (l'excellente biographie de) Teilhard de Chardin, par Jacques Arnould]
Alina Reyes
La biographie "Teilhard de Chardin" par Jacques Arnould, Editions Perrin, vient d'être rééditée dans la collection de poche "Tempus" du même éditeur. Prix: 9€50
lundi 25 mai 2009
L’universalisme selon Teilhard de Chardin
[Les articles sur Teilhard sont assez rares sur le net pour que ceux qui y paraissent méritent d'être remarqués, surtout s'ils sont accessibles à tous et fidèles à la pensée "teilhardienne", ce qui est le cas de celui qui suit publié sur http://remimogenet.blog.24heures.ch/ ]
Teilhard
de Chardin était prêtre, mais sa philosophie reposait fondamentalement
sur l’universalisme. Cependant, chez lui, il ne s’agissait pas d’un
simple concept: il croyait à une force psychique universelle réelle,
avec laquelle l’individu humain était en relation plus ou moins intime.
Cette force, dans son esprit, était le Christ. Celui-ci exerçait une
force d’attraction sur les âmes, qui tendaient à se fondre en lui.
L’universalisme était donc une idée vivante qui se glissait dans les consciences avec plus ou moins de netteté: car si Teilhard croyait en l’excellence de l’Homme, il ne regardait pas les individus comme égaux dans les faits.
La mondialisation était, ainsi, l’effet naturel de l’attraction christique. L’économie telle qu’elle est devenue, rompant les digues des États, attestait la présence, par-delà les nations, d’une force universelle non seulement dans les consciences, mais dans l’instinct, c’est à dire dans la nature. Ainsi s’expliquait l’Évolution, aussi.
La Nation était pour Teilhard de Chardin un concept dépassé, une étape intermédiaire vers une unité vraiment humaine - et, même, cosmique.
Cependant, il disait comprendre les peurs modernes, face à la perspective de l’universelle synthèse. Le refuge dans les nations était leur reflet: l’individu ne veut pas d’une sublimation qui le ferait se perdre dans un tout qui, pour lui, serait en réalité un néant, un tout dissolvant. Mais il était convaincu que la parousie de l’univers n’ôterait rien à l’individu, qu’il lui donnerait une ampleur cosmique en s’ajoutant à ce qu’il est, et non en le détruisant.
Il faut admettre l’extrême modernité d’un tel point de vue, face à la mystique chrétienne traditionnelle, et à ce qui en est issu. On pourrait par exemple évoquer la doctrine de Jeanne Guyon, qui défendit l’idée d’une forme de passivité intérieure face à Dieu, et la suprématie absolue d’un amour qui se fond en lui sans plus pouvoir s’en détacher et donc créer une forme de distinction entre Dieu et Soi.
Néanmoins, le Christ fait Homme contenait en germe l’idée que l’Homme pouvait à son tour sans cesser d’être lui-même évoluer jusqu’au monde divin. Teilhard a poussé jusqu’au bout cette logique.
mercredi 6 mai 2009
Réflexions sur l'origine de la vie
L'année scolaire à peine débutée, chacun débattait de ses croyances, persuadé que la sienne a préséance sur l'autre. Le cours d'éthique traumatisait. Les uns, Bible à la main défendaient leur droit à l'ignorance, les autres brandissaient les écrits darwiniens convaincus de leur véracité. Chacun vénéraient ses dogmes avec une inébranlable foi. L'autre a tort et moi j'ai raison.
Bien sûr, le croyant empêtré dans les prêches de ses prédicateurs refuse de comprendre que la Bible est avant tout la compilation d'une tradition orale millénaire que la découverte de l'écriture a permis de sauvegarder à travers les âges. Les recherches ont démontré que la Bible rapporte rarement des faits historiques mais plutôt des allégories pour stimuler le peuple juif à croire en son rôle de peuple élu. Le christianisme s'est ensuite accaparé de ces écrits. On y annexa les évangiles, ces commodes outils marketing confortant les adeptes du Christ dans les fondements de leur croyance.
Du début du Christianisme jusqu'à Constantin, l'Église s'appuyait sur une recherche spirituelle pour tenter de comprendre, d'expliquer les souffrances et les joies qui façonnent nos vies. Mais voilà, Constantin était un politicien, il dota l'Église d'une structure politique, mélangeant avec adresse paganisme et Christianisme. Les demi-dieux devinrent des saints. On donna le nom de Noël et autres fêtes chrétiennes aux célébrations païennes pour conserver l'appui des classes nobles et leur faire avaler la couleuvre de sa conversion.
L'Église navigua dans les eaux du pouvoir pendant plus de seize siècles. Elle s'accommoda sans rougir du bien et du mal. Elle inventa les Croisades, l'Inquisition, le Droit Canon, l'infaillibilité du Pape. Il y eu les indulgences, le Jansénisme et j'en passe. Elle soutint le pouvoir des seigneurs sur leurs serfs et n'excommuniait personne lorsque l'un de ces derniers s'offrait la nouvelle épouse de son serf. Malheureusement, ces pasteurs égaraient plus souvent leurs brebis qu'ils ne les guidaient d'où la nécessité des dogmes et de la foi.
Mais cet aveuglement n'est pas le fait unique des religions déistes. Les adeptes des hypothèses scientifiques défendent bec et ongles leurs théories et vomissent sur qui osent mettre en doute les dogmes érigés pour appuyer leurs croyances.
Le darwinisme est une hypothèse qui tente d'expliquer les origines de la vie. L'hypothèse élaborée par Darwin est plausible, crédible. De nombreuses découvertes confirment qu'une évolution a eu lieu et permit à la vie de se développer au cours des millénaires qui nous ont précédés.
Toutefois, la prémisse «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme» attribuée (à tort) à Lavoisier devrait amener les défenseurs du dieu évolution à réfléchir sur les principes mêmes de leur religion.
La gravité peut-elle s'inventer? Peut-il y avoir un Big Bang sans matière? Peut-il y avoir matière sans création? Si l'homme survit à ses bêtises écologiques peut-être découvrira-t-il, un jour, d'autres mondes régis par des lois physiques différentes des nôtres et des êtres intelligents à l'opposé de ce que nous sommes.
Utiliser l'évolution pour nier Dieu est un dogme aussi difficile à démontrer que la virginité de Marie. Oui, il y eut évolution, mais l'intelligence n'est pas un hasard, le principe était inscrit dans la nature. Teilhard de Chardin, géologue et paléontologiste de haut niveau a écrit un livre (Phénomène Humain) qui concilie avec intelligence évolutionnisme et spiritualisme. Peut-être devrions-nous décrocher de nos dogmes et lire cette Histoire de l'Univers pour y reconnaître que spiritualité et science sont indissociable. Pierre Teilhard de Chardin était prêtre.
jeudi 26 mars 2009
Douceur
Si j'ai acquis une conviction, ces derniers temps, c'est que, dans les rapports avec autrui, on ne saurait jamais être trop bon et trop doux dans les formes; la douceur est la première des forces, et la première peut-être des vertus, parmi celles qui se voient.
Pierre Teilhard de Chardin, Etre plus, Points Sagesse, Le seuil, p 11
dimanche 30 novembre 2008
Dieu chrétien et Dieu marxiste
Comme j'aime à le dire, la synthèse du Dieu (chrétien) de l'En-Haut et du Dieu (marxiste) de l'En-Avant: voilà le seul Dieu que nous puissions désormais adorer en esprit et en vérité. (Teilhard de Chardin, Lettre du 02/04/1952)
vendredi 28 novembre 2008
Foi et vérité
La Foi a besoin de toute la vérité.
Pierre Teilhard de Chardin, Etudes-mars 1921, in Oeuvres, Le Seuil, Tome II, p50
mardi 18 novembre 2008
Pierre Teilhard de Chardin, par P. Boudignon

Pierre Teilhard de Chardin est une figure majeure de la théologie au XXe siècle. Pourtant, il est aujourd'hui largement méconnu, surtout des jeunes générations qui n'ont pas connu la période d'engouement des années cinquante, au lendemain de la publication des premiers tomes de ses œuvres complètes.
Si, depuis une dizaine d'années, on note un timide regain des publications le concernant, il reste qu'aucun chercheur n'est venu renouveler l'inventaire des éléments disponibles. Il s'ensuit que, trop souvent, les études relatives à son œuvre se présentent soit comme des approches émotionnelles, soit comme des notes de lecture, laissant quelque peu en retrait la dimension humaine du personnage.
Or celui-ci, savant préhistorien tout autant qu'homme d'Église, fut aussi une personne qui sut s'entourer d'un incomparable réseau d'amitiés. Teilhard fut un personnage séduisant qui aima et sut se faire aimer. Obligé au silence par des supérieurs inquiets de ce qui leur paraissait être des audaces intellectuelles dangereuses, il trouva auprès de ses amis le soutien et l'écoute indispensables à l'élaboration d'une pensée majeure, pensée chrétienne authentique non moins que singulière et qui élargit le christianisme.
La biographie que propose Patrice Boudignon est établie à la lumière de la correspondance de Teilhard et bénéficie en outre de la publication récente d'autres documents.
Entre foi, science et amitié, Patrice Boudignon dessine le portrait de l'homme Teilhard.
http://www.editionsducerf.fr/home.asp
mardi 23 septembre 2008
Teilhard, sa vie, son oeuvre, sa réflexion
La vie, l'oeuvre et la réflexion du savant Pierre Teilhard de Chardin, dont la pensée fut notamment consacrée au sens de l'existence de l'homme. Il adhéra rapidement à la théorie du transformisme. En même temps naissait sa vocation religieuse. Il fut diplômé en géologie, minéralogie et zoologie. Il devint paléontologue et préhistorien de renom au Museum national d'histoire naturelle.
Quatrième de couverture
Pierre Teilhard de Chardin est une figure majeure de la théologie au XXe siècle. Pourtant, il est aujourd'hui largement méconnu, surtout des jeunes générations qui n'ont pas connu la période d'engouement des années cinquante, au lendemain de la publication des premiers tomes de ses oeuvres complètes.
Si, depuis une dizaine d'années, on note un timide regain des publications le concernant, il reste qu'aucun chercheur n'est venu renouveler l'inventaire des éléments disponibles. Il s'ensuit que, trop souvent, les études relatives à son oeuvre se présentent soit comme des approches émotionnelles, soit comme des notes de lecture, laissant quelque peu en retrait la dimension humaine du personnage.
Or celui-ci, savant préhistorien tout autant qu'homme d'Église, fut aussi une personne qui sut s'entourer d'un incomparable réseau d'amitiés. Teilhard fut un personnage séduisant qui aima et sut se faire aimer. Obligé au silence par des supérieurs inquiets de ce qui leur paraissait être des audaces intellectuelles dangereuses, il trouva auprès de ses amis le soutien et l'écoute indispensables à l'élaboration d'une pensée majeure, pensée chrétienne authentique non moins que singulière et qui élargit le christianisme.
La biographie que propose Patrice Boudignon est établie à la lumière de la correspondance de Teilhard et bénéficie en outre de la publication récente d'autres documents.
Entre foi, science et amitié, Patrice Boudignon dessine le portrait de l'homme Teilhard.

