Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
A l'indépendant
Publicité
Publicité
  • De Marx à Teilhard de Chardin, de la place pour (presque) tout le monde...
Publicité
Newsletter
Archives
Visiteurs
Depuis la création 423 642
Publicité
11 mars 2009

Quand la France quittait l'OTAN

Réintégration de la France dans l’OTAN, à quel prix ?

Réintégration de la France dans l’OTAN, à quel prix ?

A en croire le blog de Jean Dominique Merchet, spécialiste défense proche des Etats-Unis, ainsi que des articles parus dans Le Monde et Le Figaro, les Etats-Unis auraient proposé à la France une place de choix dans l’OTAN, égale même en importance à celle de la Grande Bretagne ! Selon l’article d’Isabelle Lasserre dans Le Figaro (02/05), la France se serait vue proposer :1) le commandement stratégique ACT de Norfolk, en Virginie, chargé de la transformation des forces de l’OTAN, 2) le commandement de Lisbonne qui abrite la Force de réaction rapide, et enfin 3) une extension des responsabilités opérationnelles au sein de la structure de commandement, peut-être même au SHAPE, serait aussi à l’étude. « Considérée comme un allié essentiel par les Etats-Unis, la France, qui devrait être désormais placée au même niveau que les britanniques, gagnera en influence au sein de l’OTAN » écrit Isabelle Lasserre.

Dans ce qui ressemble fort à un ballon d’essai pour tester l’opinion des responsables politiques et de l’opinion publique française, l’offre est présentée de façon alléchante. Selon une analyse de Jean Jacques Mevel parue dans le même Figaro « Norfolk en Virginie, accueille l’un des deux commandements stratégiques de l’OTAN où se dessine en grande partie l’avenir de l’Alliance. …Sur le papier, c’est le maximum que Washington puisse faire. Il n’existe qu’un seul poste équivalent dans l’organigramme dans l’OTAN : le commandement suprême allié confié depuis 1997 au général Bantz J. Craddock, qui est aussi chef des forces américaines en Europe. Bref, Paris aurait obtenu le meilleur, au risque de faire blêmir des alliés moins remuants comme Londres, Berlin ou Rome. »

Mais, la mariée est, sans doute, un peu trop belle… Que demanderont les Etats-Unis en échange d’un strapontin aussi important ? Si la nouvelle administration américaine fait de l’Afghanistan son premier champ de bataille, comme Barack Obama l’a promis au cours de la campagne, on peut s’attendre à ce qu’elle demande plus d’efforts à ses alliés en termes des troupes déployées dans ce pays. Même si a priori rien n’empêcherait à la France de dire non, c’est clair qu’après avoir été propulsée à un tel niveau de responsabilités, il lui sera très difficile de se dérober.

Or rien, à l’heure actuelle ne justifie une réintégration de la France dans l’OTAN. On prétend qu’avec ce retour au sein du commandement intégré, les Etats-Unis auraient acquiescé à une « éuropéisation » de l’alliance et que celle-ci était la condition suffisante pour un retour dans l’organisation.

En réalité, seul un changement d’orientation politique et de doctrine militaire pourrait justifier un tel retour. Charles de Gaulle avait quitté l’alliance en signe de protestation contre les pratiques impériales des Etats-Unis et du Royaume Uni, les deux principaux dirigeants de l’alliance à cette époque. En raison aussi de l’absence de délibération démocratique au sein de l’organisation.

Depuis, la globalisation financière et son application au domaine militaire, par la création de capacités de projection des forces militaires capables de jouer les gendarmes aux quatre coins du monde, ont été la suite naturelle des pratiques d’empire ayant poussé de Gaulle à quitter le commandement intégré. Et si aujourd’hui, comme on le prétend, chaque Etat membre peut en principe choisir au sein de l’organisation le théâtre spécifique de son engagement, la réalité est que plus personne ne conteste le bien fondé de la culture impériale sous-jacente à cette organisation. Qui conteste les interventions « hors-zone » de cette organisation fondée pour assurer la défense uniquement de l’Atlantique Nord ? Qui conteste le fait qu’un gendarme militaire anglo-américain, ou anglo-américain et français soit nécessaire pour « sécuriser » le monde ? Qui conteste le « droit d’ingérence » dans les affaires d’un autre pays ?

Avant de poursuivre cette réintégration, il faudrait procéder à une refonte du système de valeurs sur lequel notre monde doit être fondé et donc aussi de ses missions militaires. Le krach financier en cours doit être l’occasion non seulement de transformer notre système monétaire en un système de crédit orienté vers les investissements dans l’économie physique utiles aux peuples, mais aussi d’un retour à un monde fait des nations indépendantes, et des alliances entre républiques souveraines.

Mardi 10 Février 2009
http://www.solidariteetprogres.org

de_gaulle

Cher Monsieur le Président, Notre alliance atlantique achèvera dans trois
ans son premier terme. Je tiens à vous dire que la France mesure à quel
point la solidarité de défense ainsi établie entre quinze peuples libres de
l'Occident contribue à assurer leur sécurité, et notamment quel rôle
essentiel jouent à cet égard les Etats-Unis. Aussi la France envisage-t-elle
dès à présent de rester, le moment venu, partie au traité signé à Washington
le 4 avril 1949. Cela signifie que, à moins d'événements qui, au cours des
trois prochaines années, viendraient à changer les données fondamentales
des rapports entre l'Ouest et l'Est, elle serait en 1969 et plus tard résolue,
tout comme aujourd'hui, à combattre aux côtés de ses alliés au cas où l'un
d'entre eux serait l'objet d'une agression qui n'aurait pas été provoquée.
Cependant, la France considère que les changements accomplis ou en voie
de l'être depuis 1949 en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l'évolution de
sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus, pour ce qui la
concerne, les dispositions d'ordre militaire prises après la conclusion de
l'alliance, soit en commun sous la forme de conventions multilatérales, soit
par accords particuliers entre le gouvernement français et le gouvernement
américain. C'est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire
l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamée par la présence
permanente d'éléments militaires alliés, (...) de cesser sa participation aux
commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de
l'OTAN. "

Charles de Gaulle, Lettre au Président Johnson, 7 mars 1966



Publicité
Commentaires
Publicité