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  • De Marx à Teilhard de Chardin, de la place pour (presque) tout le monde...
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17 janvier 2011

Alain Badiou: capitalisme et démocratie représentative vont de pair

 

Enquête sur les intellectuels contestataires: Dans la caverne d’Alain Badiou

 

Alors que l’idéal communiste semblait périmé, un philosophe qui s’en réclame trouve un écho remarquable, y compris à l’étranger. Or Alain Badiou, qui interroge les conditions de l’égalité véritable, affirme la nécessité d’une rupture radicale avec le consensus démocratique.

 

 

De Philosophie Magazine en « cafés philo », il y a déjà quelque temps que la philosophie sort de sa tour d’ivoire pour redonner sens à l’entreprise de vivre. D’abord requise dans le domaine rarement compromettant de la morale, elle l’est aujourd’hui aussi dans le champ politique. Signe des temps, des brèches cherchent à s’ouvrir dans l’impuissance mélancolique suscitée par le fameux duo loi du marché — fin des idéologies.

Rien d’étonnant donc au retour de la question de l’engagement, que corrobore le regain de curiosité pour Jean-Paul Sartre ou Albert Camus. En revanche, au-delà de la séduction exercée par la vigueur pamphlétaire du bref De quoi Sarkozy est-il le nom ?. le retentissement des œuvres récentes d’Alain Badiou était peu prévisible : non parce que s’y exprime une critique du capitalisme — ce n’est plus une anomalie en nos temps perturbés —, mais parce que celle-ci est reliée à un éloge du communisme, « ce vieux mot magnifique », selon ses termes, que l’histoire semblait avoir rendu synonyme d’échec et de despotisme. Le rayonnement actuel de Badiou indiquerait donc que les invocations à la moralisation du système ne suffisent plus, mais que le combat contre la résignation se cherche des rêves et des armes. Reste à examiner ce qui fonde cette alternative radicale dont il est aujourd’hui, de pair avec son grand interlocuteur Slavoj Žižek, l’énonciateur reconnu.

Badiou n’entend pas définir un programme, mais user de la philosophie comme d’une « puissance de déstabilisation des opinions dominantes », et en imposer la « pertinence révolutionnaire » en démontrant tout d’abord le « lien interne entre le capitalisme déployé et la démocratie représentative ». Parce que cette dernière admet « des adversaires, mais pas d’ennemi », personne ne peut « y être porteur d’une autre vision des choses, d’une autre règle du jeu que celle qui domine » — c’est-à-dire le respect des libertés individuelles, dont celle d’entreprendre, d’être propriétaire, etc...


Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique de janvier 2011 actuellement en kiosques.

Evelyne Pieiller.

Le Monde Diplomatique

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Commentaires
L
- J'approuve le commentaire précédent ; d'autant plus que l'égalité est un critère républicain et juridique sévèrement critiqué par Marx.<br /> - Le constat d'échec est dans Lénine lui-même d'un socialisme représentatif intermédiaire permettant la lente destruction de l'Etat.<br /> - La position de Badiou, quoi qu'il s'en défendra forcément, l'amène tout près d'un national-socialisme ou d'un libéralisme réformateurs, caractérisés par la nostalgie du moyen âge (Tocqueville, Benoît XVI, Hegel, Maurras, Adolf Hitler, etc.), c'est-à-dire d'un état antérieur plus ou moins fantasmé de capitalisme moins centralisé et totalitaire. <br /> - Il faut s'attacher surtout à la valeur historique et scientifique du marxisme qui n'a pas pris une ride. C'est une erreur ou un piège de faire croire que le marxisme se limite à la seule revendication d'un meilleur partage des richesses. Le souhait de Marx est tout au contraire de protéger le peuple des valeurs que la bourgeoisie s'efforce de lui inculquer, à commencer par la cupidité, particulièrement facile à inculquer à des nécessiteux avides d'un bonheur minimum et portés à le croire concrétisé dans la richesse. "Qui veut gagner sa vie la perdra" dit Jésus-Christ, condamnant ainsi non seulement l'avidité, mais toute forme de socialisme. Et le marxisme de Marx ne contredit pas ce message.
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B
Le niveau et la rigueur du propos d'Alain Badiou font que je ne me risquerai pas à débattre avec lui.<br /> Cependant, je me risque à deux observations:<br /> 1) La pureté du raisonnement conduit à sa désincarnation et laisse intactes à jamais, les forces réactionnaires en place.<br /> 2) Sa sortie de la "caverne de l'égo" ne sera, ni progressive, ni programmable, ce sera un"événement" soudain,dit-il, sans plus d'explication.<br /> Moi, ça ne me dérange pas , je suis calviniste.<br /> Mais Alain Badiou, il trouve où la poudre pour son explosion ?<br /> <br /> http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr
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