A l'indépendant

Une révolution est d'abord, pour une société, ce qu'une conversion est pour l'individu: changer le but et le sens de la vie (Roger Garaudy)

mardi 10 novembre 2009

L'autre débat...

Un site dont je ne partage pas toutes les options politiques ou philosophiques mais intéressant pour répondre sur le fond au "débat" suscité par Eric Besson:

http://identiteinternationale.net/
 

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dimanche 8 novembre 2009

"Le peuple seul est souverain"

(Jules Nostag, 2 avril 1871)

Alors que se préparent des élections régionales en France, que les grandes manoeuvres de la Présidentielle de 2012 sont déjà lancées, tout cela dans une atmosphère de décomposition à gauche et de dérive "pétainiste" à droite, un bref rappel du positionnement politique du blog n'est pas inutile pour que chaque visiteur sache à quoi s'en tenir à ce sujet:

Il fut des temps où un grand parti politique français, le PCF pour ne pas le nommer, travaillait à "l'union de la nation française", à "l'union du peuple de France pour le changement démocratique" ou pratiquait une politique " de la main tendue", notamment envers les croyants en Dieu. Sous une forme nouvelle n'est-ce-pas cela qui est de nouveau à l'ordre du jour dans ce monde en crise non seulement économique mais aussi politique et morale ?  Voilà pourquoi "A l'indépendant" donne la parole à tous les courants progressistes, même ceux qui ne se réclament pas expressément de la gauche, du socialisme ou du communisme, dont nous pensons toujours pourtant - contre les perversions passées et présentes - qu'il porte en lui l'avenir de l'humanité. La démocratie, chose abondamment répétée sur ce blog, doit tendre à l'unanimité, c'est-à-dire à l'intérêt général, qui n'est ni la loi "capitalo-parlementaire" des 51% ni la somme des intérêts particuliers encore appelés corporatismes, dont ne semblent débarassés ni les partis actuels de "gauche" ni les syndicats. Il ne sert à rien de bêler "communisme, communisme", ce qui compte c'est le contenu du mot et les actes qui vont avec.Nous ne sommes pas pour la constitution d'un nouveau parti fût-il communiste mais pour un rassemblement agissant, non politicien (pour un politicien,de droite et "de gauche" la direction politique est l'apanage de "professionnels" de la politique),décentralisé, pour un socialisme autogestionnaire , rassemblement au sein duquel le courant communiste dans sa propre diversité organisée a sa place. La démocratie repose d'abord sur la participation de chacun aux décisions, et cette participation commence ici et maintenant dans tous les domaines de la vie sociale, et non sur l'attente d'une hypothétique victoire par le vote ou sur la pluralité souvent plus supposée que réelle des partis qui sollicitent ce vote.

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samedi 7 novembre 2009

Harcèlement médiatique anti-communiste

 

  Lettre du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (CISC)

à Monsieur le Président du Conseil supérieur de l'audiovisuel.

 Objet: protestation contre la campagne anticommuniste sur les médias publics. Demande d’intervention du CISC dans les médias au titre du pluralisme et du droit de réponse.  

 

   
    Monsieur le Président,
 

 

    Une indécente campagne totalitaire(1)et grossièrement manichéenne de diffamation contre l'histoire, les idéaux et les militants du Mouvement communiste international, est actuellement menée à l'occasion du 20ème anniversaire de la rupture de la frontière berlinoise de la RDA. A notre connaissance, le CSA, pourtant charger de faire régner le pluralisme sur les ondes, est resté silencieux devant cette infamie.  

 

   
    Tous les jours, à chaque heure de la journée, sur toutes les chaînes privées et publiques payées par l'argent de tous les citoyens et de tous les consommateurs, est propagée une présentation caricaturale, foncièrement partiale et dénuée d’objectivité historique, des évènements qui entourèrent     l’érection puis la chute du mur de Berlin. Nul souci de montrer que ce mur, dont la signification tragique renvoie aux tensions planétaires des années soixante, fut érigé dans les conditions d'une guerre froide qui pouvait à tout moment dégénérer en conflit nucléaire mondial. Rien à notre connaissance, dans les présentations caricaturales qui ont été proposées jusqu’ici dans les médias, ne permet aux Français de savoir que la division de l'Allemagne résulta du refus des Occidentaux d'accepter la proposition soviétique de mettre en place une Allemagne unifiée, démilitarisée et sérieusement dénazifiée. Rien qui permette de comprendre que le "mur" fut une réponse tardive de la RDA et du camp socialiste à la tentative permanente de l'Occident de déstabiliser l'Allemagne socialiste. Rien qui permette de comprendre que la RDA était alors un pays pauvre, qui finissait de régler ses dettes de guerre à l'URSS, alors que la RFA fut dispensée par l’Ouest de régler ses réparations et que le "miracle allemand" dut beaucoup au plan Marshall et à la remilitarisation de l’Allemagne capitaliste en tant que pays de la « ligne de front » antisoviétique. Rien qui permette à la jeunesse d’apprendre que la création de l'OTAN a précédé de loin celle du Pacte de Varsovie, de même que la création unilatérale de la RFA par ses occupants occidentaux, suivie du rattachement illégal de Berlin-Ouest à la RFA capitaliste, a précédé et suscité la création de la RDA sur l'ex-zone d'occupation soviétique. Rien non plus pour indiquer aux usagers du service public que les acquis sociaux, éducatifs, sanitaires, culturels (le pays de Brecht !) et civilisationnels de la RDA (égalité hommes/femmes garantie par l’emploi massif des femmes et par les crèches d’entreprise) étaient très importants : c’est pourquoi la majorité d’« Ossis » qui juge positivement le bilan du socialisme, n’est pas constituée de "nostalgiques" sentimentaux ; comme en Russie, où selon les sondages, 80% des citoyens jugent le « socialisme supérieur au capitalisme », ces Allemands de l’est comparent, expérience faite, ce que leur a apporté le     capitalisme (chômage de masse, destruction acharnée de leur mémoire, disparition des solidarités, réunification vécue comme une annexion, chasse aux sorcières et licenciement pour délit d'opinion de milliers d' enseignants et de cadres "Ossis" remplacés par des "Wessis", « retraites de punition » pour les vétérans communistes, etc.) à ce que leur assurait le socialisme en matière de solidarité sociale. Et cela ne signifie pas qu’ils ferment les yeux sur les manquements, contradictions, défauts et déformations (E. Honecker a livré ses propres analyses sur ce point dans ses "Moabiter Notizen") dont ce socialisme de première génération fut porteur dans les conditions très
difficiles que l'Occident lui a constamment faites (course aux armements incessante, concurrence entre deux camps inégaux du point de vue de la puissance économique, pression anticommuniste permanente, pression permanente sur Berlin qui était la « ville-front » où s’affrontaient le plus directement le système capitaliste et le système socialiste).  

 

    Nous sommes tout spécialement outrés de la décision des chaînes publiques de transformer le lundi 9 novembre en lundi brun de l'anticommunisme d'Etat obligatoire : ce jour-là, en tout « pluralisme anti-totalitaire», les auditeurs auront le « choix » entre l'anticommunisme et l'anticommunisme, toutes les chaînes offrant le même programme. Jamais dans ces ex-pays socialistes qu'on accuse de totalitarisme on n'est allé si loin dans le conditionnement idéologique. Cette charge totalitairement anticommuniste contre le "communisme totalitaire" serait risible si elle ne cachait une entreprise continentale de criminalisation du communisme, de chasse aux sorcières et de réhabilitation insidieuse du fascisme, qui prend de l'ampleur dans toute l'Europe supranationale et dans nombre d'Etats de l'UE, dont la France. On assiste en effet ces derniers temps, sans que les médias en disent rien, à la mise en place de lois scélérates amalgamant le communisme au nazisme, quitte à banaliser le second tout en avilissant le premier. Ce n'est pas seulement une insulte aux Soviétiques (près de 30 millions !), et spécialement de communistes soviétiques, qui donnèrent leur vie pour permettre à l'Armée rouge d'écraser les nazis, de prendre seule Berlin et d’y faire flotter le drapeau rouge, mais c'est une injure aux communistes français qui moururent par milliers pour libérer la France des nazis, et dont de nombreux monuments portent trace de Chateaubriand au Mont-Valérien en passant par la Citadelle d’Arras. C’est aussi une insulte aux victimes du génocide hitlérien qu’il est indigne de banaliser et dont maint survivant doit la vie aux libérateurs de l’Armée rouge. C'est une insulte aussi le Général De Gaulle qui déclara en 1966 : "les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération". Enfin, c'est une menace pour les libertés car à l'abri de cette campagne de négation de l'histoire, qui permet à Hitler de prendre une revanche posthume sur les "rouges" allemands qui furent ses opposants les plus déterminés, des mesures liberticides sont prises partout, ou sont sur le point d’être prises dans l’Europe de Maastricht, pour réprimer les partis communistes. A terme de telles mesures menaceront toute opposition à l'U.E., toute forme de syndicalisme de classe, toute forme de militance anticapitaliste, comme c’est déjà le cas en ex-RDA, en Hongrie, en Tchéquie, dans les pays baltes où les ex-Waffen SS bénéficient de la complaisance scandaleuse des autorités. Et quand chez nous on honore Guy Moquet, c’est en cachant aux lycéens qu’il fut réprimé en vertu de lois anticommunistes antérieures à l’Occupation (le décret Sérol), du même genre que celle que voudraient raviver en Europe des dirigeants italiens ouvertement nostalgiques de Mussolini.  

 

    De manière plus générale, comme de très nombreux     citoyens, nous sommes excédés par ces campagnes médiatiques harcelantes qui durent des semaines et où un seul thème bien-pensant est martelé en violation du droit à la différence, à la pensée libre et au droit de chacun d'entendre des arguments contradictoires pour forger sa propre conviction politique. Qui donc décide en haut lieu que pendant des semaines on martèlera sur les ondes, tantôt que le communisme est intrinsèquement pervers, tantôt (après le 11 septembre) que "nous sommes tous américains", tantôt que les     Français doivent toutes affaires cessantes se passionner pendant des jours aux présidentielles américaines, etc. Qui décide d’embrigader ainsi notre     jeunesse ? Trouverait-on en haut lieu que cette jeunesse est encore trop rebelle, trop anticapitaliste et insuffisamment « européenne » comme elle l’a certes montré lors du référendum de mai 2005, des luttes anti-CPE et des européennes…? Quand les médias se décideront-ils à laisser les gens penser par eux-mêmes au     pays de Descartes ? Qu'est-ce qui fait que, par ex., on consacre des milliers d'heures d'émission à sens unique au mur de Berlin alors qu'on évoque à peine, et sans les dénoncer franchement, ces "murs de la honte » bien réels et très actuels qu’ont érigés les puissances dominantes du monde capitaliste- : mur construit par Israël pour ghettoïser le peuple de Palestine, mur érigé pour empêcher la     réunification pacifique des deux Corée, barbelés séparant les riches USA des pauvres du Mexique, murs invisibles protégeant     « l’Europe-forteresse » des « dangereux immigrés » qui fuient la faim créée chez eux par les spéculateurs du monde capitaliste… Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » permanent sinon parce que les grands médias ne défendent pas les droits de l’homme, mais le     CAPITALISME ?  

 

    Dans ces conditions, nous exigeons, en tant que     citoyens ayant droit à la libre expression de leurs opinions, que lopération     totalitaire de lundi 9 novembre (une journée entière sur le mur de Berlin avec programme unique et à sens unique de toutes les radios de Radio-France !), soit     annulée et qu’un débat contradictoire et « à armes égales » soit organisé à une heure de grande écoute sur les médias publics à propos du bilan comparatif du « socialisme réel » et de la restauration capitaliste à l’Est. Et qu’on n’inverse pas les choses en disant que notre modeste organisation, constamment censurée ou caricaturée depuis sa fondation, appelle à la censure : elle appelle au contraire au respect du PLURALISME et à la RUPTURE DE LA CENSURE qui     frappe les communistes (exceptés ceux qui font profession d’autoflagellant !).  

 

    Nous demandons aussi     que l'un ou plusieurs d'entre nous soi(en)t invité(s) à une heure de grande écoute lundi 9 novembre pour présenter le "livre noir de l'anticommunisme" édité par notre comité avec la participation de plusieurs PC : au nom de quoi les auteurs très controversés du « livre noir du communisme » (sic) bénéficieraient-ils d’un quasi-monopole d’expression ? Y aurait-t-il une vérité historique officielle en France ? Et qu'on ne nous dise pas que le harcèlement médiatique anticommuniste est mené sous le contrôle scientifique d’historiens au-dessus de tout soupçon : à notre connaissance, aucun historien NON ANTISOVIETIQUE n'a été récemment accueilli sur les chaînes ; à aucun moment on n'a entendu à une heure de grande écoute d’anciens dirigeants NON REPENTIS de la RDA évoquer leur bilan. Qu'est-ce donc que ce procès anticommuniste permanent où la parole n'est     jamais accordée qu'à l'accusation, sauf à dose homéopathique et en dehors des heures de grande écoute ?  

 

    Nous demandons aussi que les médias permettent à ses organisateurs d’annoncer le rassemblement du 7 novembre à Paris à 15 heures, devant le métro Stalingrad, en l'honneur du 92ème anniversaire de la Révolution d'Octobre et avec le soutien du PRCF, de l'URCF, du RCC, de G. Hage, de dirigeants locaux ou nationaux du PCF, et la participation des PC de Grèce, de Cuba, d’Algérie, du PC Brésilien, des défenseurs allemands du Mémorial Ernst Thälmann, le président du KPD assassiné par les nazis, un monument dont le démontage est en cours.  

 

    Cela ne compensera pas pour autant l'énorme déséquilibre médiatique qui est créé pour discréditer le communisme à une époque où le capitalisme fait chaque jour un peu plus, y compris dans notre pays, la preuve de sa nocivité pour les acquis sociaux, l'emploi, les conditions de vie des travailleurs, le pouvoir d’achat populaire, la souveraineté des peuples, les libertés et la paix.
    On connaît le mot célèbre: "quand ils s'en sont pris aux communistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste... Quand ils ont arrêté les Juifs, je n’ai pas bougé, je n’étais pas juif  (…) ; quand ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour me défendre"...
Que nul ne dise à nouveau un jour qu'il ne savait pas, surtout parmi ceux qui sont payés pour défendre le pluralisme et la liberté et qui propagent en réalité jusqu’à l’écoeurement la « pensée unique » anticommuniste.
 

 

    (1) Au sens que l’idéologie dominante donne à ce     mot.  

 

    Veuillez agréer, Monsieur le Président,     l'assurance de notre vigilance indignée.

  Vincent Flament et Georges Gastaud, avec le soutien de Landini Léon - Officier Lég. d'honneur – Méd. de la     Résistance - Grand Mutilé de Guerre - décoré par L'URSS - Officier FTP-MOI. Roussel René – Chev. Lég. d'Honneur – Méd. de la Résistance - Croix de Guerre – Resp. cadres FTP Zone Sud - Liquidateur Nat. auprès du ministère des Armées du Front National pour la Libération de la France - des FTPF et FTP-MOI. Tchakarian Arsène – Chev. de la Lég. d'Honneur -  Croix de Guerre – Compagnon de Manouchian aux seins des FTP-MOI de la RP. Pranchère Pierre, a. député, a. FTPF des Maquis de Corrèze ; Hage Georges, a. député     du nord ; Hemmen Jean-Pierre,  fils de Jean Hemmen membre du C.C. des J.C., commissaire pol. des Brigades Internationales,     commandant FTPF fusillé au Mont Valérien (médaille de la Résistance, médaille de C.V. de la Résistance à titre posthume).  

 

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vendredi 6 novembre 2009

La violence faite aux femmes

S’il est un thème au cœur même de l’intime de notre société, c’est bien celui de la violence intrafamiliale faite aux femmes. Une réalité tout à la fois enfouie et omniprésente, refoulée et pourtant mise en exergue à la Une des médias, cataloguée comme “problème des femmes”, mais bien, en fait, “problème de société”, problème de notre société.

L’Union des femmes réunionnaises du Tampon avait ouvert, samedi après-midi 31 octobre, un débat sur ce thème. Un débat suivi par plusieurs centaines de personnes qui ont eu ainsi l’occasion d’entendre les interventions des invités, autant d’éclairages issus d’expériences concrètes, qu’elles soient professionnelles, associatives, familiales…

Beaucoup d’informations ont été ainsi données, beaucoup de réflexions ont été développées, toutes allant dans le sens d’une compréhension non simplificatrice de réalités relationnelles extrêmement complexes. De ces échanges très riches, que j’ai suivis non seulement avec intérêt, mais avec émotion, je choisirai de ne retenir qu’une petite partie de ce qui m’a le plus frappé, en laissant donc jouer ma subjectivité.

La femme, qui est « la moitié du ciel » (Mao Tse Toung), qui est « l’avenir de l’homme » (Louis Aragon), qui est le « poto-mitan » de la cellule familiale (sagesse réunionnaise), la femme est toujours aujourd’hui, et dans le monde entier, l’objet d’innombrables dénis d’existence. La cause de la femme dans le monde est en vérité celle de la libération des femmes ET des hommes sur notre Terre. De la même façon que Marx disait qu’un peuple qui en opprime un autre ne peut être un peuple libre, les hommes qui oppriment les femmes sont eux-mêmes sous le joug d’une servitude.

La dévalorisation est une arme de destruction massive exercée contre les femmes. Elle est dans la tête des hommes oppresseurs. Elle engendre une agression sur la femme, une agression qui vient en quelque sorte de l’extérieur. Mais elle ne s’arrête pas là et peut très souvent se muer en destruction de l’intérieur : dévalorisation intériorisée par la femme, souvent toute jeune, aliénation tragique qui consiste à se percevoir au travers du regard de l’autre, et de pas n’importe quel autre, de celui qui, précisément, vous déshumanise.

L’antidote à ce poison de la dévalorisation et de l’aliénation réside — cela a été répété par plusieurs intervenantes — dans L’ÉDUCATION. « L’éducation du respect », a dit Marylène Berne dans son introduction. L’éducation de l’égalité (ce qui n’exclut pas les différences). L’éducation qui doit sortir du formatage et du conditionnement aux rôles sociaux que la société impose aux filles, futures femmes, et aux garçons, futurs hommes (… et futurs “machos” ?). À propos de cette éducation, pierre angulaire du problème des violences faites aux femmes, une intervenante, la responsable de SOS Détresse, a dressé le tableau lourd de menaces du « ti coq de la famille, qui ne fait rien dans la case, à qui on ne forge pas le caractère. Le ti coq rencontre bien vite une jeune fille, il a besoin de cette jeune fille. Et il n’admettra pas qu’elle le quitte. Le problème est là : le petit garçon devenu grand attend tout de la femme réunionnaise ». Puis elle a poursuivi en lançant ce vibrant appel aux mamans présentes : « Mesdames, mettez les petits garçons aux travaux domestiques, comme les filles ! Et parlez, parlez à vos enfants ! ».

Qui dit problème d’éducation dit bien évidemment problème de société. Madame Baillif, qui figurait parmi les animatrices de ces échanges, a bien pu dire avec justesse : « Si les familles vont mal, la société va mal » . Et la réciproque est vraie, avec la même force. Quand notre société réunionnaise souffre des inégalités criantes, des injustices, des non-reconnaissances, des dénis d’existence sociale que l’on connaît, les familles souffrent elles aussi au plus profond, dans les relations entre parents et enfants, dans la violence entre conjoints, dans les addictions, dans les naufrages de vies…

Que d’observations à approfondir par la suite nous ont été données durant ce débat ! Voici quelques échantillons de ces vérités à méditer :

- les enfants ne vont pas naturellement vers leur mère battue, mais vont au contraire souvent vers le plus fort, interprétant la domination comme un plus.

- nombre de couples intègrent dès le début la violence dans ce qui est entre eux une sorte de contrat tacite, l’explosion survient quand la femme battue réalise que certaines conditions du contrat (ne pas frapper devant les enfants, ni en public…) n’ont pas été respectées. La violence dans ces cas est « un ingrédient présent depuis le début ». La loi familiale est parfois comme une loi mafieuse : une loi du silence.

- l’action à mener doit l’être en parallèle auprès des hommes, dont la prise en charge est nécessaire. Il faut des groupes de parole pour les hommes violents.
… et pour finir, ceci, dit par un homme présent, qui a rappelé à tous cette évidence si bien occultée : « Chaque homme a une partie féminine en soi » .

Alain Dreneau

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mardi 3 novembre 2009

Helder Camara, le centenaire

Faculté des Sciences Sociales et Économiques - Institut Catholique de Paris
21, rue d’Assas, 75006, Paris - Amphi René Rémond
Entrée libre

Colloque à l’occasion du centenaire de la naissance de Dom Helder Camara

Le choix des pauvres
Figures et engagements contemporains
Approches comparatives

Le vendredi 6 novembre 2009  - 9h à 18h

Le centenaire de la naissance et le dixième anniversaire de la mort de Dom Helder Camara offrent cette année l’occasion d’associer à son souvenir quelques uns au moins de ses contemporains qui, avec lui, ont marqué les mémoires et l’histoire pour avoir fait et vécu le choix des pauvres. Avec lui plutôt que comme lui : l’hypothèse proposée pour servir de fil rouge au colloque est que les engagements et témoignages d’hommes et de femmes comme l’Abbé Pierre, Jean Rodhain, Simone Weil, Joseph Wresinski, Leonardo Boff ou Louis Joseph Lebret, accentuent différemment les diverses acceptions, déterminations et implications que peut comporter le « choix des pauvres ».

Programme

9h  Ouverture : François Mabille  (Doyen de la FASSE) et E.Lasida (Maître de conférence à la FASSE)
9h30 Dom Helder Camara : figure emblématique du choix des pauvres ?
Michèle Jarton (Historienne,- Traductrice des Lettres conciliaires de Dom Helder)
10h Regards croisés
Leonardo Boff et la théologie de la libération par Luiz Carlos Susin (Professeur de théologie à l’Université Pontificale de Porto Alegre – Brésil)
Simone Weil par Maria Villela-Petit (Chercheur CNRS,- Association pour l’Etude de la pensée de Simone Weil)
Joseph Wresinski par Jean Tonglet (Directeur du Centre International J.Wresinski)
11h30 Echange avec la salle
12h Film sur Dom Helder Camara
12h30 Pause déjeuner
14h Regards croisés 
Louis-Joseph Lebret par Denis Pelletier (directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, auteur de « Economie et humanisme », fondé par L.Lebret)
Abbé Pierre par Axelle Brodiez (chercheur au CNRS, auteur de  « Emaüs et l’Abbé Pierre »)
Jean Rodhain par Luc Dubrulle (Directeur de l’Institut d’Etudes Religieuses – ICP, auteur de « Mgr Rodhain et la charité »)
15h30  Echange
16h  Pause
16h30 Relecture et confrontations 
Table ronde introduite et animée par Alain Durand (directeur pendant dix ans de DIAL-Diffusion de l’information sur l’Amérique Latine) avec José de Broucker (« Dom Helder : Mémoire et actualité »,) Antoine. Sondag (Secours Catholique et Pax Romana), François Mabille et Elena Lasida.

http://jeanmouttapa.blog.lemonde.fr/

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dimanche 1 novembre 2009

Identité française ? Contribution au débat

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirais pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

http://www.dailymotion.com/video/xyrzk_ferrat-ma-france_musica
Ma France
, chanson de Jean Ferrat

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samedi 31 octobre 2009

D'en haut

Il faut bien que la vérité monte des bouges, puisque d'en haut ne viennent que des mensonges.

images

Louise Michel, Prise de possession, 1890

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vendredi 30 octobre 2009

Le "pétainisme" et l'identité française

On peut décrire ainsi la situation subjective de notre pays: la désorientation des esprits, facteur d'impuissance, chemine de longue date, au moins depuis Mitterrand, savant organisateur de la confusion. Mais avec l'élection de Sarkozy, le ralliement des rats et l'inertie de tous, elle a enfin trouvé son symbole, les formes de rupture qui font désormais la loi de la situation...
Nous cherchons un élément analytique concernant la nature particulière de la désorientation des consciences, désorientation dont Sarkozy est le nom. Je voudrais sur ce point reprendre...une hypothèse qui énonce que cette désorientation, saisie dans sa dimension globale, son historicité, son intelligibilité, impose de remonter jusqu'à ce qu'on doit nommer son transcendantal pétainiste...

Je ne suis pas en train de dire que les circonstances ressemblent à la défaire de 1940, et que Sarkozy ressemble à Pétain. Pas du tout. Je dis que la subjectivité de masse qui porte Sarkozy au pouvoir, et soutient son action, trouve ses racines inconscientes, historico-nationales, dans le pétainisme. C'est ce que j'appelle un transcendantal: quelque chose qui, sans apparaître à la surface..., configure de loin, donne sa loi et son ordre, à une disposition collective...
Dans le cas de notre pays, nommer ce transcendantal "pétainiste" évite de le nommer, soit, faiblement, antidémocratique ou bonapartiste (ce sont des qualifications "de gauche"), soit de le qualifier de fasciste, ou de pré-fasciste, ce qui serait excessif, ultra-gauche.
Je propose de dire que "pétainiste" est le transcendantal, en France, des formes étatisées et catastrophiques de la désorientation...
Premièrement, la désorientation obtenue par le renversement explicite du contenu réel de l'action de l'Etat: révolution là où il y a réaction noire, régénération quand on capitule, nouvelle liberté quand on est au comble de la servilité. Deuxièmement, le thème antipolitique de la crise morale, qui accable le peuple, et donne les mains libres à l'Etat pour organiser de nouvelles formes de répression. Troisièmement, le motif de l'évènement néfaste, origine et symbole du déclin moral, évènement qui est toujours un épisode marquant des tentatives politiques ouvrières et populaires (Révolution dans sa phase robespierriste, Commune de Paris, Front Populaire, Mai 68). Quatrièmement, la fonction paradigmatique, la valeur de modèle du redressement, des figures les plus marquantes de l'extrême réaction à l'étranger. Cinquièmement, les différentes variantes de la supériorité de notre civilisation sur des populations étrangères (les Africains par exemple), mais aussi sur des "minorités" internes (les jeunes Arabes, par exemple).
Au vu de ces critères, nous dirons sans hésiter que Sarkozy relève du transcendantal pétainiste.

Alain Badiou, "De quoi Sarkozy est-il le nom ?", Editions Lignes, Extraits des chapitres cinq et six.

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jeudi 29 octobre 2009

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mercredi 28 octobre 2009

Identité française

petain11polign10

 

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