lundi 7 décembre 2009
Loupé sur l'identité nationale, première victoire sur le sarkozysme ?
[...] Le sarkozysme est avant tout une technique de manipulation, qui masque une parfaite continuité sur le fond.
En 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait déployé avec talent et moult
renforts médiatiques cette technique d'enfumage. Les électeurs
s'étaient laissés prendre au piège, accordant massivement leurs
suffrages à un candidat dont ils croyaient qu'il allait incarner le
volontarisme politique et une certaine rupture idéologique, sur des
questions comme l'immigration, l'euro, la repentance, le pouvoir
d'achat ou la sécurité.
Pendant
les deux premières années du quinquennat, l'enfumage marcha à plein
régime, et à chaque fois les Français, en premier lieu les électeurs du
Sarkozy de 2007, tombaient dans le panneau : sur la gestion de la crise, présentée
comme exemplaire par les médias et le pouvoir, sur la guerre en
Géorgie, soi-disant réglée en une nuit par le chef de l'Etat, sur la
présidence de l'UE, réputée exceptionnelle, sur les G20, décryptés par
le bruit médiatique comme l'oeuvre du président français, sur la
sécurité et l'immigration bien sûr, thèmes sur lesquels le pouvoir
parut longtemps crédible et Nicolas Sarkozy combattif.
Les coups médiatiques succédaient aux coups médiatiques, et l'opinion
publique ne parvenait pas à sortir la tête de la fumée.
Mais le ressort s'est brutalement cassé.
A l'occasion du débat sur l'identité nationale, énième manoeuvre
électoraliste avant les élections régionales. Pour la première fois en
effet, les Français, très vite et dans des proportions massives,
déjouèrent la stratégie de communication élyséenne et perçurent la
supercherie.
On aurait pu craindre qu'une nouvelle fois les électeurs croient aux
beaux discours de fermeté, aux envolées patriotiques du pouvoir.
Il n'en fut rien heureusement.
Et
lorsque le pouvoir se rendit compte que le piège dans lequel il
comptait une nouvelle fois enfermer les Français se retournait contre
lui, il décida de couper court au débat, et de passer à autre chose.
Ainsi, Nicolas Sarkozy préféra
vendredi envoyer François Fillon prononcer un discours sur l'identité
nationale. Ce discours ressemblait d'ailleurs fortement à un
enterrement du sujet en bonne et due forme.
Le pouvoir
sortira probablement très vite de son chapeau un nouveau thème, un
nouvel enfumage. Les impôts certainement. Il tentera de manipuler en
faisant croire que l'explosion des impôts locaux s'explique simplement
par la mauvaise gestion socialiste des régions, alors qu'en réalité
c'est toute la décentralisation, portée par l'UMP et le PS depuis 30
ans, qui est en cause.
Le
loupé sur l'identité nationale démontre que, pour la première fois, la
machine à enfumer n'a pas fonctionné. Il révèle aussi à quel
point Nicolas Sarkozy est un imposteur, préférant passer à un autre
débat lorsque la manipulation ne prend pas,
affichant ainsi le peu d'intérêt qu'il porte en réalité au fond du
sujet. Les Français ont perçu que le chef de l'Etat se moquait
éperdûment de l'identité nationale, comme il s'en moquait déjà tout
autant en 2007. C'est en cela que le système est touché au coeur.
Une fois le ressort cassé, il est peu probable qu'il puisse
refonctionner. Un magicien ne peut pas refaire un tour quand le public
a perçu la ficelle.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faudra pas poursuivre sur la route du désenfumage.
Il faudra continuer d'expliquer inlassablement les techniques de
communication du pouvoir. Il faudra continuer à expliquer que la vraie
opposition n'est pas entre l'UMP et le PS, mais bien entre ceux qui
croient en la France, et ceux qui n'y croient plus, les mondialistes.
Il faudra être attentif aux stratégies de manipulation du pouvoir,
relayées par les médias.
C'est en oeuvrant en ce sens depuis des années, notamment sur la Toile,
que le brouillard de l'enfumage a fini par se déchirer. Ce n'est donc
pas le moment de relâcher l'effort [...]
(extraits)
mercredi 18 novembre 2009
Critique radicale de la valeur et critique du travail (Repenser la théorie critique du capitalisme)
Interview de Moishe Postone par Salih Selcuk, publiée dans YARIM, Istanbul, février 2005
Traduction L.M., novembre 2009 (publié sur http://www.principiadialectica.co.uk/blog/?page_id=2 )
1. Vous reformulez les catégories de base de la critique marxienne de l’économie politique. Selon vous, où le marxisme se révèle-t-il insuffisant de nos jours lorsqu’il tente d’expliquer la société capitaliste ?
2. Comme vous l’affirmez, le « travail » semble être la catégorie de base qui constitue la vie capitaliste. Peut-on formuler aujourd’hui une critique intelligente du capitalisme sans critiquer le travail ?
Ma reformulation des catégories centrales de la critique marxienne de l’économie politique a été en partie influencée par les immenses transformations historiques que le monde a connues depuis 1973. Avec le recul, à partir de la position que nous donne le début du XXIe siècle, nous pouvons voir plus clairement que le capitalisme a existé dans un certain nombre de configurations historiques différentes – par exemple, le capitalisme libéral du XIXe siècle, le capitalisme « fordiste » centré sur l’État du XXe siècle et, aujourd’hui, le capitalisme néolibéral global. Cela indique que l’histoire du capitalisme ne peut pas être saisie adéquatement comme un développement linéaire. Plus important : cela indique aussi très fortement que les traits les plus essentiels du capitalisme ne peuvent être identifiés complètement avec aucune de ces simples configurations historiques particulières.
C’est par une lecture attentive des catégories les plus fondamentales de la critique marxienne de l’économie politique que j’ai tenté de saisir les traits les plus essentiels du capitalisme : ceux qui caractérisent le noyau de la formation sociale à travers ses diverses configurations historiques. À partir de là, j’ai montré que le marxisme traditionnel avait pris les caractéristiques de base du capitalisme libéral – la propriété du marché et la propriété privée des moyens de production – pour les traits les plus fondamentaux du capitalisme en général. Ce marxisme a alors considéré la catégorie de travail comme le point de vue à partir duquel le capitalisme pouvait être critiqué. Le capitalisme a été identifié à la bourgeoisie, et le socialisme au prolétariat.
Cependant, selon mon interprétation, le travail sous le capitalisme, loin d’être le point de vue de la critique du capitalisme, constitue l’objet central de la critique de Marx et se trouve au cœur des catégories principales de Marx que sont la marchandise et le capital. J’ai montré que le noyau de la formation sociale était une forme historiquement spécifique de médiation sociale constituée par le travail – c’est-à-dire la valeur. Cette forme de médiation (qui est aussi une forme de richesse) est en même temps une forme historiquement spécifique de domination, qui peut s’exprimer à travers la domination de classe mais n’est pas identique à elle. Elle est abstraite, sans localisation particulière, et elle est aussi temporellement dynamique. Cette forme de domination, qui apparaît comme une nécessité extérieure plutôt que comme sociale, engendre aussi bien le mode de production propre au capitalisme que son caractère intrinsèquement dynamique. Il est bien sûr impossible de simplement commencer à entrer dans la complexité des questions que cela soulève, mais les implications les plus importantes sont les suivantes :
1. La production industrielle, qui surgit historiquement sous le capitalisme, ne représente pas la base du socialisme mais est intrinsèquement capitaliste ;
2. Le problème avec la croissance sous le capitalisme n’est pas seulement qu’elle soit porteuse de crises, mais que la forme de la croissance soit elle-même problématique ;
3. L’existence de la classe bourgeoise n’est pas le trait ultime qui permette de définir le capitalisme, et un capitalisme d’État (brièvement décrit par Marx dès 1844) peut exister et a existé ;
4. Le prolétariat est la classe dont l’existence définit le capitalisme, et dépasser le capitalisme implique l’abolition, et non pas la glorification, du travail prolétarien.
Le marxisme traditionnel était déjà devenu anachronique de multiples façons au XXe siècle. Il a été incapable de fournir une critique fondamentale des formes de capitalisme d’État appelées « socialisme réellement existant ». De plus, sa compréhension de l’émancipation s’est révélée de plus en plus anachronique au vu des nouveaux besoins, aspirations et motivations exprimés lors du dernier tiers du XXe siècle par les « nouveaux mouvements sociaux », comme ils se sont nommés eux-mêmes. Tandis que le marxisme traditionnel a eu tendance à affirmer le travail prolétarien et, partant, la structure du travail qui s’est historiquement développée en tant que dimension du développement du capital, les nouveaux mouvements sociaux ont, eux, exprimé une critique de cette structure du travail – même s’ils l’ont fait parfois sous une forme sous-développée et rudimentaire. Je soutiens que l’analyse de Marx est une analyse qui renvoie au-delà de la structure existante du travail.
mercredi 11 novembre 2009
Le vote! Tribune libre
Je lis depuis des mois des centaines d'articles: violence, haine, guerre, racisme, informations, désinformations etc. Et je m'aperçois que cela nous informe mais n'apporte aucune solution. Chacun veut une solution et personne ne sait comment faire. Les manifestations n'apportent rien de concret, et le fait de voter ne fait que continuer dans le même sens. Tous ces gens sont des accros à l'argent. Et écrire au Président, il me semble qu’à chaque fois qu’une personne écrit rien de concret n'est répondu, je l’imagine en train de rire de notre naïveté tel un diable avec ses oreilles en pointe.
Pour remettre notre propre autorité en place:
Informer
les personnes qu'ils sont leur propre autorité, aucun être humain autre
qu'elles-mêmes ne doit les gouverner, qu'elles peuvent s'auto-suffire, qu'elles peuvent
créer d'elles mêmes et qu'elles le font déjà, que chaque personne possède une
bonté intérieure qui se détériore avec le pouvoir de l'argent, que
personne n'est supérieur à personne ni plus grand ni plus royal car les
rois se sont autoproclamés depuis la nuit des temps. Et nous ne pouvons
plus voter pour ces gens car tout va de pire en pire: voter
veut dire continuer car se sont toujours les mêmes qui reviennent, la
place est bonne et ils s’entraident pour y rester puis ils se mordent
entre eux pour gagner une place de choix.
L’idée: Véhiculer à travers ce site et des milliers d'autres l'info suivante:
Dés
qu'il y a une élection, qu'on installe dans chaque ville, chaque
village, hameau une boite en carton destinée à insérer à l'intérieur un
bulletin de vote sur lequel chaque personne aura inscrit "je suis
libre" (ainsi nous n'aurons pas une entité avec un Nom capable de faire
n'importe quoi car il a soit disant été élu car si voter est un devoir je dis que présentement c'est aller à
l'abattoir) le simple fait de ne pas se diriger à la mairie aura valeur
de refus et comptabilisera réellement les votes blancs et ceux qui ne
savent plus que faire. Et ainsi les personnes se reconnaîtraient et
s’allieraient pour s’entraider: que faire et ne pas faire?
Si d’aucuns
pensent que c’est de l’utopie alors l’utopie actuelle est grandiose car
acceptée sous cape et sans effort par chacun qui ne doit pas pleurer
de la suite misérable de sa vie car devant toutes ces
horreurs dont nous sommes conscients car nous les lisons, nous les
voyons et nous nous habituons. Demandez aux
anciens: dans leur temps le travail était dur par manque de confort et
de technologie mais pas d’horreurs à ce point. Les guerres, qui les a déclarées ? Pas vous, mais quelqu’un qui dit que c’est
normal de faire tuer vos enfants pour défendre un pays: à croire que
leur soi disant intelligence n’excelle pas dans la diplomatie. C’est
surtout leur orgueil qui excelle.
Je ne sais ce que vous en
penserez, ma propre pensée est de faire en sorte que chacun se sente
vivant, se sente exister, se sente enfin considéré.
Sylvie
mercredi 21 octobre 2009
Antifascistes encore un effort... si vous voulez l'être vraiment ! Par Jean Bricmont
| Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère) ? Le temps où une majorité de gens aimait réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme. « Pour guérir radicalement la censure, il faudrait la supprimer car l'institution est mauvaise et les institutions sont plus puissantes que les hommes. » Karl Marx (1) Divers amis se sont inquiétés du fait que mon nom soit cité dans un article (non signé) de REFLEX, intitulé « Procès Dieudonné - Faurisson : la Cour des Miracles négationnistes » et relayé par l'AFPS , Bellaciao. J'ai donc lu l'article avec attention ; il s'attaque à un certain nombre de gens qui ont assisté au procès de Dieudonné et Faurisson, suite au spectacle du Zénith (2) et particulièrement à Paul-Eric Blanrue, auteur du livre « Sarkozy, Israël et les juifs » dont j'ai recommandé la lecture. Cet article est intéressant parce qu'il illustre tous les défauts d'une certaine « gauche antifasciste ». Le fond de l'affaire tourne autour de la liberté d'expression. Ayant expliqué ailleurs mon point de vue à ce propos, je ne vais pas y revenir en détail. Et, avant de continuer, je voudrais souligner (même si cela devrait être inutile) que défendre la liberté d'expression de X ne signifie nullement approuver les idées de X. Cette défense découle seulement d'une réflexion sur les principes de droit sur lesquels repose une société démocratique. Et, dans une société réellement démocratique, il y aura nécessairement une telle multiplicité d'opinions qu'il est impossible de les approuver toutes - mais on peut néanmoins considérer que l'expression de toutes ces idées, aussi folles et mutuellement contradictoires qu'elles soient, doit être légale. La liberté d'expression est un principe fondamental de la démocratie, et pas, comme on le dit trop souvent, un « prétexte » pour « soutenir » X ou Y. Il est pour le moins étrange que des « antifascistes » approuvent le fait que l'on rende, comme l'a dit Chomsky à propos de l'affaire Faurisson, un triste hommage aux victimes de l'holocauste en adoptant la doctrine centrale de leurs bourreaux, à savoir qu'il appartient à l'Etat de déterminer la vérité historique et de condamner ceux qui ne s'y conforment pas. Mais, même si l'on ne partage pas ce point de vue, la question de la pente glissante se pose : jusqu'où ira-t-on dans la répression des opinions « scandaleuses » ? On requiert un an de prison (avec sursis) contre Dieudonné pour un sketch. On est évidemment libre d'estimer ce sketch de très mauvais goût, insultant, et le condamner moralement (3). Mais un an de prison (même avec sursis) ? Que répondra-t-on aux Noirs et aux Musulmans qui pourraient se sentir insultés par d'autres sketches (y compris certains sketches de Dieudonné) ? Comment éviter que les Musulmans, qui se considèrent insultés par les caricatures du Prophète, et l'impunité dont elles jouissent (heureusement), n'y voient une nouvelle preuve du « deux poids, deux mesures » à leur égard (4) ? Aujourd'hui, divers courants au sein de l'Union Européenne veulent sacraliser la mémoire des « victimes du communisme ». Où s'arrêtera-t-on? Une partie de la gauche s'inquiète de cette dernière sacralisation - mais peut-être aurait-elle été mieux avisée de ne pas entrer, justement à propos des victimes du fascisme, dans le jeu de la sacralisation. A mon humble avis, c'est cette constante restriction de la liberté d'expression qui devrait donner « froid dans le dos » aux antifascistes véritables. Par une pure coïncidence, cette affaire Dieudonné se produit en même temps que la levée de boucliers du monde intellectuel et artistique en faveur de Roman Polanski. Alors que, dans cette dernière affaire, le « talent artistique » semble tout permettre, même des miracles, comme le fait de commettre une erreur de jeunesse (dixit BHL) à 43 ans, ou d'avoir des rapports sexuels avec une mineure non consentante sans commettre de viol (dixit Costa-Gavras), pas un mot n'est prononcé par ce même monde intellectuel et artistique en faveur de Dieudonné qui, au cours de toute sa carrière, n'a jamais été « coupable » que de délit d'opinion. Dans le cas de Polanski, le fait qu'une fille pose nue (Finkielkraut) ou paraisse plus âgée qu'elle n'est (Costa-Gavras), ou que le violeur soit une victime (du nazisme et du communisme-Finkielkraut et BHL) sert de circonstance atténuante. Finkielkraut vit dans « l'épouvante ». Lelouch compare la police suisse à la Gestapo. BHL en appelle à l'esprit de tolérance suisse, mentionnant Voltaire, comme si c'était Polanski et non Dieudonné qui était poursuivi pour délit d'opinion. Etrange époque où la lutte contre « l'ordre moral » et contre le « fascisme », ou encore le « il est interdit d'interdire », mènent simultanément à la complaisance à l'égard du viol et au rejet de la simple liberté d'expression. L'article de REFLEXes soulève aussi le problème du « guilt by association », de la culpabilité par association, fortement dénoncée aux Etats-Unis, surtout dans la gauche, parce que c'était une des armes favorites du Maccarthysme. Que viennent faire dans cet article Michel Collon, la librairie Résistances et moi-même ? Michel Collon rien, à part le fait que j'en suis « proche ». Mais pourquoi le citer lui et pas Noam Chomsky, Alan Sokal, Régis Debray, Anne Morelli, ou quantité d'autres, dont je suis tout aussi « proche » ? La Librairie Résistances, elle, a été attaquée par des nervis sionistes et a tenu un meeting en plein air suite à cette agression, au cours duquel Me Bastardi Daumont, avocat de Blanrue et de Faurisson, a pris la parole. Où est le crime ? Que reproche-t-on à Me Bastardi Daumont ? Suggère-t-on que Faurisson ne doit pas avoir d'avocat, contrairement aux pires assassins ? S'il doit bien en avoir un, est-ce un crime d'être celui-là ? Pense-t-on qu'un avocat partage nécessairement les vues de son client ? Pourquoi cette coïncidence (être à la fois l'avocat de Blanrue, de Faurisson et participer au meeting de soutien à la librairie) ? Sans doute parce que, précisément à cause du climat de terreur intellectuelle « antifasciste » qui règne en France, les avocats prêts à défendre le principe de la liberté d'expression ne se bousculent pas au portillon. Et moi-même ? J'ai lu le livre de Blanrue et je l'ai trouvé salutaire. Bien que moins complet, il est un peu le « Mearsheimer et Walt » français, en ce sens qu'il met, pour la première fois, le doigt sur un problème fondamental de nos sociétés, à savoir l'extraordinaire influence sur notre vie politique des réseaux pro-israéliens (ou du lobby pro-israélien, comme disent Mearsheimer et Walt). Je le lui ai dit et je l'ai autorisé à me citer sur son site. Je ne lui ai pas trouvé d'éditeur, contrairement à ce qu'affirment nos spécialistes de l'antifascisme (et du renseignement), même si j'aurais été heureux de pouvoir le faire. Comme le dit Alain Gresh, le livre de Blanrue « mérite débat » ; mais le livre a été de facto censuré en France, vu que le diffuseur français de son éditeur belge a refusé de le distribuer (initiative extraordinaire de la part d'un diffuseur, si on y réfléchit : qu'est-il advenu du bon vieux capitalisme et de la « soif de profit » ?). De plus, bien que Blanrue soit un auteur relativement connu, aucun grand média ne parle de son livre. La puissance des réseaux sionistes est accrue par le tabou qui empêche de parler d'eux. Le terrorisme intellectuel « antifasciste » ne fait que renforcer ce tabou. Le grand mérite de Blanrue est de tenter de sortir de ce cercle vicieux qui, comme il le souligne d'ailleurs, n'est pas, à terme, « bon pour les juifs ». Bref, j'apprécie le livre de Blanrue et je le dis. Quelle relation entre cela et le fait qu'il assiste au procès Dieudonné-Faurisson (ce qui, vu les enjeux juridiques de cette affaire, est tout à fait compréhensible) ou qu'il ait eu dans sa jeunesse des activités « suspectes » (aux yeux de la police de la pensée) en Moselle ? Il a été chrétien ? Je vais l'avouer : moi aussi (ainsi, il existe encore des chrétiens en France et en Belgique ; quelle horreur ! Que fait la police ?). Il a été royaliste ? Moi pas, mais en tant que Belge, j'en ai rencontré beaucoup et je n'ai pas remarqué qu'ils mangeaient des enfants au petit déjeuner. Et j'ai connu assez de gens qui ont, dans leur jeunesse, fait une apologie sans nuance de Staline, de Mao, ou de toute forme de violence, pourvu qu'elle soit « révolutionnaire » (et dont certains se sont recyclés dans l'antifascisme), pour que le genre d'accusations portées contre Blanrue me laisse froid (est-il vraiment si fréquent de trouver des gens en France dont le parcours est, comme dit REFLEXes, « politiquement limpide et irréprochable » ?). De plus, quand il s'agit d'auteurs comme Heidegger, Céline ou Foucault (oui, oui, même Foucault), il est permis de citer, d'étudier, d'admirer une partie de leur œuvre sans se soucier de ce qu'ils ont dit ou fait par ailleurs, et qui est souvent plus étrange que ce que l'on reproche à Blanrue. Pourquoi ne pourrait-on pas avoir la même attitude par rapport au citoyen Blanrue ? Existe-t-il un principe de Polanski généralisé qui veut que pour des gens suffisamment célèbres (Heidegger et Co.), on puisse parler de leur œuvre ou d'une partie de celle-ci sans parler de la personne ou de l'ensemble de l'œuvre, mais pour les moins célèbres, non ? J'avoue également avoir un petit problème avec la notion d'extrême droite en France. Pour les « antifascistes », l'extrême droite, ce sont exclusivement les gens qui sont supposés être nostalgiques de Vichy, de la monarchie, de l'Algérie française, qui sont trop souverainistes à leur goût, ou encore, pour certains, les « islamo-fascistes ». Mais pourquoi la censure n'est-elle pas d'extrême droite ? Pourquoi l'apologie de la guerre (et la négation de crimes de guerre) à Gaza, au Liban, en Afghanistan et en Irak ne l'est-elle pas ? Pourquoi le fait de considérer qu'un peuple a le droit de s'installer sur la terre d'un autre et de l'en chasser à jamais (c'est-à-dire en lui refusant tout droit au retour) n'est-il pas d'extrême droite ? Pourquoi n'est-il pas d'extrême droite de célébrer comme démocratique (avilissant ainsi ce concept) un Etat défini explicitement sur une base ethnique (5) ? Pourquoi la notion de culpabilité collective (appliquée au peuple allemand, français etc.) n'est-elle pas de « l'essentialisme raciste » et donc d'extrême droite ? N'est-ce pas encore plus le cas quand cette culpabilité devient transmissible aux descendants ? Si l'on veut bien élargir ainsi la notion d'extrême droite (ce qui me semble justifié d'un point de vue conceptuel et historique), on se rend compte que le gouvernement français, la plupart des médias et des intellectuels, et bien sûr, une bonne partie de la « gauche antifasciste » sont d'extrême droite, ce qui complique considérablement la nécessaire « lutte contre l'extrême droite ». Il ne suffit pas de ne pas « ouvrir son antenne » à Soral ou à de Benoist, mais il faudrait la refuser à pratiquement tout le monde. De plus, l'extrême droite la plus dangereuse est-elle celle de la « nostalgie », ou celle qui influence la politique et la pensée occidentale actuelles ? Finalement, il est regrettable de voir que des articles comme celui de REFLEXes sont repris par des associations pro-palestiniennes comme l'AFPS (ou Bellaciao). Bien sûr, ils ont le droit de le faire, là n'est pas la question. Mais le fait de diffuser certains articles plutôt que d'autres est un choix politique, et ce choix peut être discuté. Or ce choix signifie que la priorité, pour ces organisations, n'est pas de défendre la liberté d'expression mais bien de hurler avec les loups dans la dénonciation des « méchants » (Dieudonné, Blanrue etc.). Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère) ? Le temps où une majorité de gens aimait réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme. La « solidarité avec la Palestine » commence ici, principalement dans la lutte contre les réseaux pro-israéliens. Diffuser et faire connaître le livre de Blanrue, ou celui de Mearsheimer et Walt, défendre la liberté d'expression, aider à libérer le discours et à ouvrir le débat, c'est réellement « aider la lutte des Palestiniens », et c'est l'aider de façon essentielle. Nous ne devons pas montrer aux sionistes que nous sommes « gentils », en nous « démarquant » sans arrêt de X ou de Y qui a eu une parole trop dure ou trop franche, mais montrer que nous sommes libres et que le temps de l'intimidation est passé. Heureusement, de même que les Palestiniens résistent, il existe encore des gens en France qui défendent les principes les plus élémentaires de la République et de la laïcité. Il ne reste plus qu'à souhaiter que les « antifascistes » se joignent à eux. Notes de lecture : 1. Remarque sur la récente réglementation de la censure prussienne, 1842, Textes philosophiques, 1842-1847, Cahier Spartacus, no 33, 1970. 2. Au cours duquel (en décembre 2008) Dieudonné fit remettre un « prix de l'infréquentabilité et de l'insolence» à Robert Faurisson, par son assistant déguisé en costume de déporté. Suite à cela, Dieudonné est poursuivi, entre autres, pour insultes à caractère raciste. 3. Il faut néanmoins rappeler que si la liberté d'expression était respectée en France, il n'y aurait jamais eu d'affaire Faurisson, ce dernier serait probablement inconnu et il n'y aurait probablement pas eu le show du Zénith. La censure incite toujours à la transgression et il n'y a aucune raison de penser que l'affaire du Zénith soit la dernière du genre, quelles que soient les peines qui seront prononcées. 4. Voir la vidéo pour une illustration de ce sentiment d'injustice. 5. Par exemple, où faut-il situer sur le spectre politique la citation suivante : « Si l’on regarde une carte du monde, en allant vers l’est : au-delà des frontières de l’Europe, c’est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s’arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c’est l’État d’Israël. Après, plus rien, jusqu’au Japon. [...] Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d’entretenir, chez des populations illettrées à 80%, une haine farouche de l’Occident, en tant qu’il est constitué de démocraties. » Elle est de Philippe Val (dans Charlie-Hebdo, 26 juillet 2006), ancien directeur de Charlie-Hebdo et actuel directeur de France Inter. Voir Le plan B, Frappes médiatiques sur le Liban, 5 janvier 2009 ; ce journal précise : « selon le Rapport des Nations unies sur le développement humain de 2003, seuls trois pays au monde avaient alors un taux d’illettrisme supérieur à 80%. Et aucun d’entre eux n’était situé entre Tel-Aviv et Tokyo, puisqu’il s’agissait du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ailleurs, entre Tel-Aviv et Tokyo, le taux d’illettrisme était de 23% en Iran, de 9% en Chine, de 7% aux Philippines. Et... de 13% au Liban. » Jean Bricmont |
jeudi 15 octobre 2009
Faut-il soutenir Villepin ?
La France est en danger,
par Eva R-sistons à l'intolérable
Vas-y Dominique ! S'il n'est pas condamné - alors qu'il s'agit d'un
combat d'ambitions (les deux hommes se détestent et pour cause, ils
sont diamétralement opposés, l'un a de la dignité, l'autre est un
roquet), mais Sarkozy est intouchable aujourd'hui, du fait de
sa fonction, alors qu'il est aussi responsable, sinon plus étant donné
sa hargne -, il pourra se présenter contre Sarkozy, il y aura donc deux
Droites et on peut supposer que celle de de Villepin supplantera
l'autre - celle de l'UMP qui aujourd'hui se vautre dans la fange.
Disons-le, ce gouvernement est non seulement inique, mais indigne.
Sarkozy est le fossoyeur de la France, je le répète, de son modèle
social, de ses services publics, de son indépendance, de ses
traditions, de ses valeurs... C'est honteux !
A-t-on
réalisé que nous allons peut-être vers un scrutin uninominal, à un
tour, avec une Droite unie (si de Villepin ne se présente pas) et une
Gauche dispersée ? Autrement dit, nous aurons au final une chambre introuvable, un parlement avec seulement les élus de la droite sarkozienne ! Nous serons dans une dictature ! D'ailleurs, toute la France appartient désormais à un seul homme, décidant de tout, même de détruire tout ce qui fait la
spécificité de notre pays ! Et cette France doit s'aligner sur l'Empire, adopter le mode de vie yankee,
celui des cows-boys, barbare, brutal, où le Droit est celui de la
force, où la loi est celle du colt (avec les shérifs Sarkozy et
Kouchner, la France sera au premier rang des bagarres, des bastons, des
guerres préventives, permanentes, nucléaires) ! Une France, de
surcroît, dirigée en réalité par Israël,
pour défendre ses intérêts, et au risque d'envoyer les jeunes Français
mourir pour Israël et même le Grand Israël (aux dimensions de la
région, du Moyen Orient, de la planète ? La question mérite d'être
débattue...) !
Et quelle France ! Celle des parvenus,
des nouveaux riches, insolents, vulgaires, méprisants, sacrifiant le
peuple et le pays à leurs ambitions, à leurs fastes, à leurs caprices !
Une France qui ne songe qu'à l'avoir, plutôt qu'à l'être, quitte à
exiger qu'on travaille le dimanche, ou en changeant de région tous les
trois ans (et tant pis pour la famille, les projets, l'achat d'une
maison...), et jusqu'à la fin de sa vie (pas de retraités, ils sont
trop coûteux pour la société, et la rentabilité, - pardon, la modernité
-, sera bientôt le seul critère de cette société nauséabonde) ! Une
France où l'école et les facs seront payantes, les services publics
privatisés, les retraites et la SS abolies, une France où ce sera le
chacun pour soi, violent, cruel, bref la compétition féroce, une France
où chaque communauté essaiera de supplanter l'autre, une France, aussi,
sans paysans, sans villages, et pire que tout, inféodée à l'étranger,
privée de sa souveraineté, de ses traditions, de sa culture, vassale des Anglo-Saxons, un pion parmi d'autres au service
des Grandes Banques et des multinationales mafieuses....
Est-ce la société que nous voulons ? Une société où on achète la
sagesse des enfants ? Une société où le plus fort, le plus malin, le
plus cynique, impose sa loi aux autres ? Une société où l'on désigne
les enfants de pauvres comme futurs délinquants, alors qu'on exonère
les délinquants ayant une position sociale élevée et même les pervers ?
La liste serait longue...
Il est temps de tout faire pour arrêter la machine infernale. Il y a
des jusqu'aux boutistes, je ne suis pas de ceux-là: Je suis une
pragmatique. Et aujourd'hui, je le dis clairement : Soutenons de Villepin, lui
seul peut éviter à la France de sombrer dans une dictature effroyable,
SANS RETOUR, et une dictature héréditaire, ce que j'annonçais
déjà au début de ce blog. Oui, la France est en voie de destruction,
désormais. Alors, les états d'âme n'ont plus leur place. Nos
préférences ne comptent pas. Quand on voit la France couler, on dit:
Stop ! Et aujourd'hui, seul celui qui a défendu l'indépendance de notre
pays à l'ONU, peut freiner l'irrésistible ascension de celui qui a
décidé la perte de la France telle que nous la connaissons, quel que
soit le coût pour nous tous.
La
Gauche de Besancenot n'a aucune chance d'arriver au pouvoir. Si le PS
gagne les élections, on se demande d'ailleurs comment avec un scrutin à
un tour, il n' y aura pas de vraie politique de Gauche. Et peu
d'opposition syndicale... et l'indépendance de la France sera sacrifiée
! Car le PS est presqu'entièrement dirigé par des atlantistes et des
sionistes (DSK, Delanoë, Fabius, Hollande etc), et leurs options sont
contraires à l'intérêt de notre pays. Ségolène Royal est l'une des
rares à tirer son épingle de ce jeu joué d'avance. Mais jusqu'à quand ?
Il faut un Chevènement pour claquer la porte quand c'est nécessaire !
Si l'Opposition, quelle
qu'elle soit, ne triomphe pas, nous aurons à nouveau Sarkozy, qui
achèvera de détruire la France, même ses collectivités, et cela de
façon sans doute irréversible. Alors, je demande à chacun de voir la
situation en face. Un seul homme, aujourd'hui, peut nous éviter le
pire. Et il faut éviter le pire... un pire sans retour ! Avec de
Villepin, au moins, la souveraineté du pays sera préservée; aux
travailleurs, ensuite, de se faire entendre pour que leurs
revendications soient prises en compte. Et je parie que cette fois,
après ce qu'il a vécu, le gaullien de Villepin sera plus attentif aux
souhaits du peuple. Il n'aura pas le choix, d'ailleurs, s'il veut
gouverner.
Je sais que cette position ne plaira pas à nombre de mes lecteurs. Mais
je ne suis pas là pour plaire, mais pour faire réfléchir. Et la maison
France brûle de tous côtés... Nous sommes même la risée de l'étranger !
Eva R-sistons au pire, d'abord et avant tout
NB: J'alerte sur le fait que si de Villepin est blanchi, comme la
Justice le commande (ou alors, il faudra condamner Sarkozy comme de
Villepin), et qu'il prépare sa candidature, il n'est pas exclu qu'on
s'arrange pour se débarrasser de lui. Ce ne serait pas la première fois
! Les gêneurs, notamment dans le pays qu'on nous propose en modèle, les
USA, on les retire du circuit politique...les Kennedy, en particulier,
ont payé un lourd tribut !
jeudi 8 octobre 2009
Tribune libre de Djohar Khater - Parole d'enseignante, paroles irrévérentes
A Monsieur
le Recteur de l’Université Mouloud Mammeri
La présente mise au point, servira à exposer certains des dépassements abusifs du Chef de Département, à l’encontre d’une enseignante dont l’ancienneté avoisine le tiers d’un siècle, et à présenter en une rétrospective succincte, une expérience personnelle et un parcours des plus problématiques, débouchant sur une situation socio-professionnelle tragi-comique : l’absurde, en somme.
Suivra une vue d’ensemble sur l’état des lieux qui ont vu s’éclore et mourir cette expérience, puisque cette personne venue à l’enseignement par vocation et aujourd’hui usée, a décidé de mettre fin à sa carrière.
Peut-être,
permettrait- elle de cerner les causes profondes du mal qui ronge la
société algérienne et partant, de faire un éclairage sur une vision
des choses qui l’enchaîne, empêchant tout élan véritablement constructif,
condamnant ses majorités humaines à la mal vie.
Pour l’exemple
Concernant les tracasseries et humiliations de ces seules 03 dernières années, il est loisible de citer les faits suivants :
- Le Chef de
Département a forcé les étudiants à quitter la salle de
cours pendant le quart d’heure pédagogique, déclarant aux étudiants
qui voulaient attendre leur enseignante, qu’il porterait cette
dernière absente ; alors qu’arrivant d’Alger, elle s’était oubliée
avec une collègue qui l’avait retenue, tout prés de la salle et
qu’il était derrière elles, pendant ce temps là.)
- Il a annulé un examen programmé avec le service concerné et auquel 05 groupes d’étudiants avaient été convoqués par affichage la semaine précédente, avec l’accord du service concerné ; alors que les salles étaient disponibles ( puisqu’il y avait grève) que des enseignants étaient présents, disposés à la surveillance, et que les étudiants étaient venus par jour de neige.
- Il a transmis
aux services concernés, un arrêt de travail envoyé par fax d’Alger
pour justifier une absence de 02 jours, alors même qu’elle
avait coïncidé avec une grève des étudiants, et que la récupération
des séances de cours avait été fixée par affichage.
-L’année
suivante, il a refusé de signer sa demande de Chercheur- associé,
au motif qu’elle devait être présentée à travers un formulaire
du Centre recruteur, alors qu’il a signé celles des
autres collègues, pourtant manuscrites, sans rien exiger.
-Il l’a en début d’année 2007/2008 accusée de bluff, et à maintes reprises en pleine réunion des enseignants.
Il a en outre, et durant la même réunion, menacé de la rétrograder de son Grade de Maître - Assistante chargée de cours, en cas de refus d’assurer les cours magistraux des modules de Littérature occidentale.
La réalité, est qu’il ne pouvait douter de son refus, puisqu’il lui est arrivé de quitter la salle du cours ( de Français) au début ou au milieu de la séance pour des raisons de santé, maintes fois, bien avant qu’il ne l’informe de sa décision de la charger à nouveau du cours de Littérature étrangère.
Mais aussi, car elle avait enseigné La littérature étrangère pendant 05 ans (1982 / 1987) à travers 03 modules différents ( littérature européenne contemporaine ; littérature américaine contemporaine; Littérature européenne classique et contemporaine) et leurs T.D, avant que l’Administration à laquelle il appartenait ne l’obligea à assurer exclusivement le module de Français ( malgré 02 mois de grève ) parallèlement les années suivantes, à des T.D de modules de littérature, chaque année différents.
Ces Cours / T.D étaient pourtant de l’avis des étudiants de l’époque, les séances les plus intéressantes du programme de Licence du Département de Littérature et langue arabe. Elle s’était investie dans leur préparation, au quotidien. En outre, sa demande de recrutement mentionnait clairement qu’elle postulait pour l’enseignement de la Littérature étrangère, exclusivement. Un choix dicté certes par sa sensibilité, ses compétences, mais aussi par le manque flagrant de personnel spécialisé en la matière, quand les autres modules collectionnaient chercheurs ou diplômés.
- L’enseignante ayant, tout-à-fait en début d’année 2007/2008 rejeté la proposition dudit Chef de Département d’annuler les notes éliminatoires des étudiants de 3e année recalés au rattrapage de septembre 2007/2008 à l’examen du module de Français pour la 3e année consécutive, au profit d’une contre-correction, il ne fit rien pour régler le problème.
Paradoxalement, il l’a convoqua bien longtemps après les délibérations au cours desquelles il a pourtant été décidé que l’annulation ou le maintien de la note éliminatoire relevait de l’estimation du seul enseignant...pour valider la reproduction des copies en vue d’une contre-correction...
Mais, il n’en continua pas moins à la harceler pour la suppression des notes en question, en usant pour imposer sa décision d’intimidations multiformes, à savoir : l’instrumentalisation du Conseil Scientifique, la manipulation des étudiants et de leurs comités, la pression par les enseignants venus à la rescousse, qui pour la rappeler à la raison, qui à la sagesse, qui à lui faire peur, en sus de ceux sollicités pour faire jouer leur amitié...
Or, il ne pouvait
ignorer, que ces étudiants avaient été avertis l’année
durant, que les notes éliminatoires ne seraient pas annulées, comme
les années précédentes. Mais avant l’étape sus- citée, ce responsable,
lui a fait le chantage de choisir entre le retrait des notes éliminatoires
ou la promesse de ne pas en donner aux examens de l’année en cours
et sa reconduction dans le module de Français. Et ce n’est qu’après
avoir été insultée par les étudiants en A.G de la Faculté, prés
de 03 mois plus tard, qu’il s’est enfin décidé à soumettre
les copies reconstituées à la contre- correction.
Quant à sa demande maintes fois réitérée de reconduction dans le module de Français, motivée par de sérieux problèmes de santé, confirmés par les certificats d’un médecin spécialiste, elle est restée sans suites. Pis, la Représentante syndicale du Département, (elle-même longtemps absente pour cause de maternité, sans Certificat maladie ni arrêt de travail) est venue en personne lui demander de déposer un arrêt de travail, puisque son état de santé ne permet pas une activité normale.
- Il est à relever qu’à chacune des étapes du problème, il lui a été remis un emploi du temps ( 03 en tout), notifiant une matière différente à enseigner, selon l’humeur du moment.
La proposition
de réduire son emploi du temps avec le maintien du module de littérature,
lui a été faite après un rapport au Doyen; ce qu’elle a refusé,
parce que les séances de cours avaient déjà lieu depuis des mois,
et pour rappel du maintien de sa demande présentée sous recommandation
médicale de l’usage minimum de la parole, pour éviter les complications.
Il reste à signaler que la méthode adoptée pour le cours de Français - ce qui a été expliqué à Monsieur le Doyen - est la mieux adaptée, dans l’état actuel de sa santé, pour un rendement optima, pour toutes les parties, et en particulier pour l’étudiant qui devient l’acteur principal, durant toute la séance.
- Dans le même ordre d’idées, il faut rappeler la disparition de la salle des enseignants de ses textes de T.D. Ces derniers devaient être distribués aux groupes d’étudiants restants, après l’avoir été à ceux de la veille... Pourtant, tous les vieux paquets de polycopiés jaunis étaient là et semblaient y être depuis des années.
- Et pour finir, le Chef de Département l’a autorisée à la fin du 2e semestre de l’année passée, soit 2 semaines avant les arrêts de cours à s’absenter, devant témoins. Informé, son adjoint a confirmé cette décision, exigeant toutefois, une présence formelle de temps à autre.
Elle a donc continué à se présenter pour récupérer les exposés retardataires, remettre, afficher ou corriger des erreurs de report de notes ou assurer quelques surveillances d’examens et à la fin, assister aux délibérations.
Entre- temps,
l’adjoint du Chef de Département refusa d’accepter 02 Arrêts
de travail établis par son médecin, au motif que c’était la fin
de l’année et qu’elle n’était pas la seule à s’absenter.
Il reçut en mains propres, les 05 questionnaires d’absence dûment
remplis, rappelant l’autorisation des 02 responsables.
Cependant, 10 jours plus tard, le 09/06/2008, le Chef de Département l’appela par téléphone, menaçant de la priver de bourse et de lui faire une mise à pieds si elle ne réapparaissait. Elle s’est donc déplacée le 15/06/2008, mais il a foulé une fois de plus les limites de la déontologie de la façon la plus indigne d’un responsable, de surcroît enseignant.
En effet, ce responsable, l’a de prime abord – dés l’arrivée de la responsable du service de la pédagogie, qu’il a lui-même convoquée - agressée verbalement, la sommant de sortir de son bureau et de ne plus y remettre les pieds...
Il s’est ensuite lancé dans des accusations non fondées, en l’occurrence : elle aurait diligenté une commission d’enquête du ministère, la défiant de faire un rapport au cas où elle aurait des preuves...Qu’elle aurait menti, en disant l’avoir informé de son absence et qu’il y avait consenti, répétant que c’est parce qu’elle le haïssait ...qu’elle créait des problèmes.
Consécutivement à cette attitude, elle a donc fait un rapport à la Doyenne et établi un Certificat médical couvrant la période de présence irrégulière (en remplacement des Arrêts de travail, précédemment refusés). Cet arrêt de travail de 02 mois, déposé le 29 juin, à 3 jours des grandes vacances a été transmis aux services financiers pour une retenue sur salaire, effectuée sur les 02 mois suivants, soit la période des vacances.
- - Clôturant la série des humiliations les plus visibles, et suite à la demande de déchargement horaire complet, pour des raisons de santé, en fin d’année 2007/2008, il a sur proposition de la Doyenne, procédé à un allégement de son emploi du temps. Mais, défiant l’entendement, il a programmé les 4h 30 minutes de cours, un samedi (journée indésirable de tous) journée de déplacement massif d’Alger vers Tizi-ouzou, et vice-versa, de 9h à 17 heures.
- Ce qui a nécessité d’autres démarches en vue d’une solution...Quant au déchargement horaire sollicité, il a reçu des responsables contactés, soit le Chef de Département, la Doyenne, le Recteur et le Vice-recteur chargé de la pédagogie, une réponse négative pour non conformité avec la réglementation en vigueur.
Et pourtant,
un peu partout à l’Université et dans son propre Institut,
des collègues moins anciens ont en bénéficié, quand les conditions
requises pour l’année sabbatique ne sont pas réunies. Et ce, non
pas pour des raisons de santé ou d’études, ce qui aurait été normal,
mais pour se rouler les pouces dans les couloirs et les services administratifs.
Ainsi, si on
excelle dans l’invention de faux problèmes et la création d’obstacles
aux uns, il est clair que pour d’autres tout est permis.
En effet, cette
enseignante se demande ce qui serait arrivé, si elle avait
noté des examens avant de les avoir faits et si les notes fixées
arbitrairement, avaient été affichées lors du déroulement des examens
en question, ou si elle avait attribué des notes à des étudiants
qui étaient, l’un dans le coma, l’autre en congé de maternité...
Si elle s’était absentée à longueur d’année, en tant que permanente
ou en tant qu’associée, sans raison valable, ou si elle s’était
arrangée pour assurer l’enseignement ou la récupération des seules
heures supplémentaires...Comme certains ne se sont pas gênés de faire.
Il était une fois, un enseignant …
Les violences
sus-citées, sont venues s’ajouter à une situation socio-professionnelle
problématique. Elles sont en outre, venues renforcer des pratiques
insidieuses de harcèlement enclenchées, notamment depuis son recrutement.
Un jour sans doute, quand le courage et le besoin d’en parler lui viendront, elle abordera ce sujet qui a trait à l’un des moyens de contrôle et de manipulation les plus redoutables qui soient et que les hommes depuis la nuit des temps utilisent pour s’assujettir les autres et les engager dans la voie qu’on les voudrait prendre. Cette mise au point s’en tiendra, quant à elle, aux causes directes de ses problèmes, au côté visible de l’iceberg…
Car cette enseignante, a été arbitrairement déboutée du droit au logement, et ce depuis 1988. Ce qui l’a définitivement écoeurée, c’est que le rejet tantôt péremptoire, tantôt dilatoire, tantôt vicieux de sa demande, lors des années suivantes, avec accusation directe ou insinuée de passe–droit et d’abus, s’est laconiquement mû lors du dernier quota imparti à l’Université en 2003, en une unanime volonté de manipulation. Expressivement traduite cette fois-ci, par la Représentante de la Commission Logements du Département de L.L.Arabes et Représentante syndicale ci-dessus citée, le Porte parole du CNES et le Recteur, d’en référer à la Justice. Chaque représentant s’est dédouané, incriminant les autres et conseillant de faire un procès.
Or, la situation
étant on ne peut plus claire, il n’y a pas lieu de faire un procès,
car il n’y a pas de litige. D’abord, parce que le logement de fonction
est un droit inaliénable, ensuite parce qu’elle n’a pas de logement,
et que les enseignants ayant bénéficié de logement(s) à l’Université
même, alors qu’ils avaient des logements personnels individuels,
il est aisé d’en citer, et sans aller loin, au sein même
de son institut. Et pour finir, je me permets de rappeler, qu’elle
a habité jusqu’en 1993 en famille, un logement à vocation familiale.
Il ne serait pas fortuit de préciser que le Chef de Département ci –dessus cité, était membre des anciennes équipes administratives qui s’étaient acharnées contre cette enseignante en multipliant les pressions. Causes principales de sa décision de quitter l’enseignement en 1993 et de sa dépression en Octobre 1993, la veille de son départ, supposé alors, définitif. Dépression retentissante, puisqu’en pleine nuit, à deux pas de l’Université...Mais l’ultime sursaut de révolte n’est-il pas un affront de plus, décuplé par la disproportion du combat!?
Et pour preuve,
ses facultés mentales ayant été branlées, cette dernière s’est
opposée à ce qu’aucun dossier médical ne soit remis à l’université.
En effet, il était pensait-elle impossible, qu’elle y remette un
jour les pieds. Mais dés qu’elle eût retrouvé le calme,
elle consentit à ce que les arrêts de travail soient transmis à son
Directeur (aujourd’hui Recteur d’Université, et son précédent
Directeur, 2 fois député…). Ce dernier les reçut régulièrement
en mains propres, et dés la prescription du psychiatre.
Cela dura 02
ans, sans qu’il y en eût trace à la Sécurité Sociale. C’est
alors, que le responsable répondit à son père surpris, qu’il
n’avait rien transmis à la Caisse de sécurité, car la concernée
était en abandon de poste. Aucun avis de mise en demeure n’avait
pourtant été émis par son service ou réceptionné par la patiente
! Il n’a reculé et demandé à ce que le dossier médical soit reconstitué
que sous la menace de porter l’affaire devant les tribunaux.
Il s’en est
suivi une décision de mise en invalidité à partir de novembre 1996.
Son salaire et unique ressource ayant été suspendu, à partir de Novembre
1993, elle n’a perçu sa première pension qu’en 1998, sans effet
rétroactif pour les 02 années passées sous silence…
Pendant ce temps de mise en abandon de poste et donc de mise en absence délibérée, les notes que lui attribuait cet individu, sur les fiches d’évaluation, étaient au top ! Moralité : il faut disparaitre pour avoir du mérite !
La même hargne
l’attendait à sa reprise en 2001, huit (08) ans plus tard. Le même
responsable l’a délibérément et pompeusement privée de bourse
en 2003. N’ayant pu joindre son encadreur pour parapher sa demande
de stage, il a refusé toute autre signature, sachant que d’autres
enseignants ont signé le document eux – mêmes.
Lorsque le problème se régla le lendemain matin, il déclara close la période de dépôt des dossiers, au motif que le Conseil scientifique du Département allait siéger le jour suivant. Il rejeta de même, en tant que Président du Conseil scientifique de la Faculté, toute possibilité de recours par la voie hiérarchique. Ce « rigoureux » Conseil scientifique tint sa réunion plus d’un mois plus tard...
Ainsi, il est on ne peut plus clair, qu’un enseignant qui n’a pas « les aptitudes » requises par les seigneurs des lieux, n’ouvre droit à aucun droit : c’est un insecte, ...à écraser, dans la plus totale des jubilations. Tout ce qui bouge en vue de construire du sens - un sens différent, cela s’entend – ou à vrai dire, s’en fait l’illusion, est à abattre à boulets rouges. La méthode : en faire la bête noire et le bouc- émissaire à la fois, pour tous les malades mentaux à ciel ouvert. Et Dieu seul sait, comme ils sont légion !
Et pour cause: la concernée manquait de patriotisme, s’était-elle entendue dire (sous-entendu « traître » ) ; or, elle est la fille d’un miraculé des camps de la mort, sorti multi traumatisé de la guerre de libération, et duquel elle a appris que la vie, toute vie, est sacrée et a de ce fait droit au respect, tout le respect.
En outre, elle était à l’université, lieu sensé être voué au rayonnement du savoir, non au radotage ou à la surenchère politique ; et elle ne pouvait, enseignant la littérature, occulter les questionnements qui la portent depuis toujours, ni ses préoccupations contemporaines majeures et ignorer donc, ce qui en constitue l’essence, soit la condition humaine.
Partant de cela, elle se devait de transmettre un savoir, de développer une rationalité et une logique et d’esquisser, ceci faisant, une réponse aux dures et complexes interpellations de la vie. En vertu de quoi, aurait-il fallu reprendre le ronronnant discours officiel ou autre, et celui tout aussi trompeur, d’une culture occidentale exposée à travers une vulgarisation tendancieuse et un prisme qui visent à renforcer la prégnance de ce qui est présenté fallacieusement comme mode de vie occidental triomphant, pour mieux cultiver le repli sur soi et le rejet de l’autre, en l’occurrence ce qui est fécondant en son expérience et en sa culture ?
Ces discours avaient leurs tribuns, qu’elle respectait. Elle considérait pour sa part, que faire la promotion de ce que les consciences les plus aigues, les esprits les plus lucides, les sensibilités les plus hautes et la partie la plus large de l’opinion occidentale... réfutent, est un crime contre l’entendement et l’humaine intelligence : la plus haute des trahisons.
C’est pourquoi, elle s’était de tout temps astreinte, à travers des auteurs et des textes dûment choisis ( dans ce cadre des modules enseignés ) à dispenser un enseignement axé sur la vitale nécessité du respect de la vie, de l’autre tout court, et sur le devoir de résistance, de défi et de dignité devant la médiocrité des hommes et les vicissitudes de l’existence.
Refusant, dans la même veine, de cautionner certaines des décisions et pratiques de ses supérieurs directes, car démagogiques, anti-pédagogiques ou éminemment arbitraires.
Mais, bien
avant ce qui est relaté ci-dessus, soit depuis 1982, son travail de
recherche dans le cadre du diplôme Magistère, était porté par la
même motivation: apporter un éclairage sur l’état de l’institution
scolaire par le biais d’une analyse des manuels, mais surtout, dire
l’urgence d’une éducation à la rationalité et aux valeurs humaines
les plus sûres, seule garante contre les aveuglements…
Tu auras l’enfer, ici et maintenant, a été la réponse !
Une question capitale demeure. Comment et pourquoi, est-elle restée sur place, faisant fi du bon sens, et d’un malaise qui a au fil du temps tourné au calvaire, au point d’en perdre son modeste bagage initial et d’assister impuissante à l’effilochement de ses capacités de discernement... ?
Pourquoi a-t-elle assuré, malgré ses sempiternelles protestations, l’enseignement de 11 modules en 11 ans d’enseignement de 1982 à 1993, en s’en tenant au volume horaire réglementaire et sans une seule heure supplémentaire.
Comment a-t-elle
supporté d’être affectée à l’enseignement du Français,
contre son gré, dans un département où le module de la langue de
Molière est acquis d’office, et faire cours à un parterre d’étudiants
dont certains oeuvraient ouvertement à la déstabiliser ?
Oui, une question capitale demeure. Comment a-t-elle pu tenir, devant la foudre des services administratifs des institutions, voire des personnes connues ou inconnues qu’elle avait eu à contacter, la mauvaise foi avérée de ses encadreurs, et consécutivement à sa demande de logement, traverser le déluge de haine émanant de ses collègues et de l’environnement social immédiat, particulièrement; animosité du reste, tenace ce jour ?...Puis, reprendre comme si de rien n’était en 2001, dans des conditions pires que par le passé ? Là, est toute la question !
Nul doute,
qu’il n’est rien de ce qui précède qui ne soit connu des
responsables de l’Université Mouloud Mammeri.
Qu’ils soient aussi bien informés que conscients de la gravité de la situation, cela est sûr. Qu’ils aient optés pour des choix plutôt que d’autres, cela n’est pas étonnant. Là n’est pas le problème: il est de règle, que les plus vulnérables sont ceux-là même qui sont réfractaires à la médiocrité rampante et à l’idéologie dominante. Ils servent donc, aux uns et autres, à mieux afficher et donc affirmer leur alignement par rapport aux véritables maîtres du jeu et des lieux. Et pour ce faire, tous les moyens sont bons!
Sollicité une dernière fois pour la résolution de son problème de logement (1e semestre 2006), le Recteur lui proposa de contacter son homologue d’Alger pour un poste à l’Université ...
Aussi, a t-
elle continué à faire la navette Alger / Tizi-ouzou, hébergée durant
ses journées de travail, en Cité universitaire, puis par son ex- étudiante
à présent collègue, ou quand elle y est forcée à l’hôtel,
quand curieusement, on ne lui répond pas : « c’est complet… ».
Alerté par
écrit, le Ministre du secteur n’a pas daigné répondre.
C’est ainsi
qu’elle passe depuis la rentrée universitaire de 2001, son temps
sur les routes, quitte à en crever. Après avoir échappé de
1993 à 1994 à une multiple forme de mise à mort physique (agressions
meurtrières par des inconnus, tentatives de suicide sous pression)
et bien avant et après, à la folie…
Pour solution,
voilà maintenant 02 ans, que des collègues qui ont la faveur
de l’Administration ou d’autres, lui conseillent de se muter
sur d’autres universités. Or, elle déjà essayé, avant même de
reprendre en 2001 à Mouloud Mammeri, et pendant des années par la
suite, d’obtenir une mutation à Alger ou à Bejaïa, en vain.
Aujourd’hui,
excédée et usée, elle a pris la décision de partir en retraite,
si on veut bien lui concéder ce droit, sinon de quitter. Ce qu’elle
aurait dû faire depuis longtemps, si elle avait eu un minimum de bon
sens: il n’y a pas de raison de rester quand on vous chasse. Question
de dignité ? Non, elle serait certainement partie si elle
avait pris la mesure de la haine qui l’encerclait…
…En toute conscience…
Ce qui ressort
clairement de ce processus de déstabilisation amorcé bien avant
que le problème de logement sus-cité ne se pose par une ostracisation
multiforme, c’est la volonté délibérée de manipulation politicienne
par un déni de justice flagrant, qui perdurera...
Le programme :
clochardiser et mener à la déchéance une enseignante qui fut compétente
à ses débuts - avant que l’université ne lui fasse perdre ses moyens
- alors qu’elle n’avait d’autre ambition que de mériter son salaire...Son
crime ? Coupable de ne pas avoir l’esprit de chapelle.
Et pour cause ! Cette enseignante, j’en témoigne en mon âme et conscience, n’a rien fait d’autre que son travail, comme l’exige son rôle d’enseignante, de chercheur, de quelqu’un qui travaille sur les idées, qui ne peut agir avec quelque efficacité, que dans ce domaine précis.
En effet, elle n’a fait que faire son travail, pour un tant soit peu, honorer sa dette envers la vie, envers sa famille, et envers ces petits contribuables dont la plupart des enfants – souvent, tous les enfants - ont été éjectés du système scolaire, car trop intelligents ou trop sensibles pour se prêter au conditionnement d’une école débilitante, ou car ils ont manqué des moyens financiers élémentaires nécessaires à une scolarisation normale...
Son ambition
était des plus simples : rien de plus, que vivre dignement, simplement...
Si elle avait eu la possibilité de faire des poteries, de cultiver
des fleurs, d’élever des poussins, de fabriquer des meubles ou des
frigidaires ou d’exercer toute autre activité, elle aurait avec bonheur
et honneur, tout autant essayé de faire au mieux, de réaliser des
choses aussi utiles qu’agréables (à son humble sens) mais elle n’avait
quelque aptitude que dans ce cercle d’action, auquel elle s’est
accrochée, presque un tiers de siècle, durant...
Piétiner…une règle d’or
Comment dire
l’horreur de la chose? Etre sournoisement, activement et assidûment
harcelé, instrumentalisé durant des décades, et selon les besoins
du moment, se voir fabriqué et donné en tant que rebelle, hors-la-loi,
fou, débile, ou ...pour ne citer que les moins insultantes des étiquettes.
Ainsi construit-on des modèles et des contre-modéles. Ainsi mène-t-on les hommes pour embrigader, et donc pour mieux occuper la galerie. Etre blessé dans les tréfonds de son être ; être acculé à une forme d’action par réaction... ; voilà déjà un avant – goût de l’enfer qui prendra place dans le cercle vicieux, duquel sauf miracle, jamais on ne s’échappe.
A tout ce cirque démentiel, une justification : la nécessité d’avoir des leaders, des faiseurs d’opinion / de contre-opinion, mais aussi, des boucs-émissaires. La différence, entre les uns et les autres, c’est que certains ont / ou acceptent d’avoir les idées qui conviennent, quand les autres vont à contre-courant...
Le drame, c’est
quand ce jeu se fait à l’insu du vouloir et de la volonté des acteurs
qui se retrouvent dans la tourmente pour la seule raison qu’ils divergent
quelque peu avec les mentalités et les pratiques dominantes, ou quand
il se fait à l’insu de personnes simples et ordinaires.
Les unes considérées comme potentiellement dangereuses, alors qu’innocentes jusqu’à l’inconscience des intentions qu’on leur prête, mais surtout, ignorantes des moyens de dissuasion ou de mise au pas, mis en branle. Et très souvent aveuglées, pour que perdurent indéfiniment leur ignorance et souffrances. Les autres instrumentalisées pour diverses raisons, le plus souvent sans qu’elles le sachent.
Ce dont il s’agit là, précisément, c’est de cette répugnante propension à fabriquer des boucs-émissaires et des définitivement tarés, en un mot des loques humaines.
La vérité toute crue, pour revenir à notre sujet, est que d’une façon générale, d’une manière ou d’une autre, et aux motifs les plus intenables et les plus hypocrites, des enseignants de valeur (entre autres corps de profession) ont été vilement chassés, comme des malfrats, sur décision de leurs supérieurs directs et la complicité agissante ou silencieuse de leurs collègues; surtout quand leur qualité d’étrangers facilitait la tâche (la tache).
La compétence,
voire l’engagement de ces individualités, aurait servi à relever
le niveau scientifique, à même de promouvoir la réflexion et un débat
d’idées, qui auraient généré une créativité et un esprit d’émulation
si nécessaires à l’épanouissement humain, à l’action citoyenne
et donc à la réalisation d’un mieux- être collectif.
La valorisation
de réflexes et d’actions saines, qui portent au cœur le souci du
bien – être commun qui motivait ces enseignants et hors duquel,
aucun bien - être individuel véritable ne peut être réalisé, aurait
permis l’espoir d’une qualité de vie viable pour tous, les
intérêts des uns et des autres étant imbriquées et indissociables.
Ces efforts, ne leur auraient certes pas apporté la réussite ni l’épanouissement mérités ; ils n’auraient eu, non plus, ni l’impact ni l’apport attendus et sous-tendus par un investissement acharné, du moins dans le court terme. Par la force d’une conjoncture internationale défavorable aux pays du tiers-monde, des projections et des jeux de la géostratégie, et des calculs prédateurs des uns et des autres ; lesquels conjugués, amoindrissent les chances de développement durable des pays concernés.
Ils auraient
eu néanmoins quelque heureux résultat, et surtout, ces acteurs n’auraient
pas été touchés de plein fouet, et prioritairement, par le
revers des attitudes collectives auto -mutilantes, inhérentes à des
millénaires de vie sous le joug des impérialismes successifs,
de l’esprit tribal, du repli sur soi et de l’individualisme
outrancier qui en ont résultés en tant que réflexes de survie.
Démultiplié par le besoin effréné de biens et services, induit par le matraquage d’une culture de consommation mal assumée, et qui prend les allures d’une quête obsessionnelle d’identité, cet individualisme fait loi. Il n’a de limites que ses capacités de nuisance.
L’Etat de Droit sensé gouverner par la loi et veiller à la Justice dans l’égalité, étant resté au stade d’une virtualité sans prolongement sur le terrain de la réalité, n’a donc pu se substituer au contrôle social traditionnel. Lequel permettait autrefois, grâce à l’inculcation des principes moraux et aux strictes mesures de coercition, propres au groupe, d’y maintenir une certaine cohésion.
Ainsi, quand
la loi fait figure du grand absent, quand elle n’est tout simplement
défaillante, surviennent les pires des dépassements. Que l’anarchie,
dans ces conditions soit la norme, que la violence soit une arme, il
n’y a rien d’étonnant! C’est là, que les égoïsmes les plus
malsains et les plus destructeurs s’épanouissent.
Usant et abusant de leurs pouvoirs, leurs victimes seront sans nombre, tout autant que sans noms, car totalement démunies. Elles se compteront par voie de fait, sans équivoque, chez certains de ceux qui détiennent quelque pouvoir - grâce à quelque savoir, compétence ou intelligence - quand ils sont acquis à l’intérêt général, et qui directement et délibérément ou involontairement et juste par leur existence rappellent à leurs détracteurs les limites qui les aveuglent.
Le terrible constat, est que ces bonnes et lucides volontés, qui nagent vaille que vaille à contre-courant, assumant pleinement leur rôle d’intellectuel - ou tout bonnement et simplement, de personne quelque peu intelligente et intègre, quelle que soit sa fonction ou son action - finissent toujours, car minoritaires et minorisées, par reculer devant les assauts de l’hydre.
L’effroi
est tel qu’il ravage les énergies les plus tenaces et les performances
les plus avérées. Tantôt abrutis, tantôt foudroyés par la sauvagerie
d’une réaction inopportune, ces modèles du bon et bien vouloir,
stoppent leur élan pour rentrer échaudés et tétanisés dans les
rangs, la tête dans les épaules. Et ils ont, on ne peut plus
raison ; quant à en avoir le droit, toute la question est là.
Pourquoi s’entêter
en effet, quand la médiocrité vous submerge comme les eaux d’un
déluge; qu’elle inocule son venin au plus profond de votre
être et qu’elle veillera à vous empoisonner la vie jusqu’à ce
que « la tare » que vous constituez, s’efface... ?
Etant généralisée, érigée en culture et en mode de conduite idoine, ce n’est pas donc pas la médiocrité qui est à incriminer ou qui est en défaut. Ce sont ceux qui refusent de se soumettre à son dictat, qui anachroniques, sont à désigner à la vindicte publique, pour mieux les culpabiliser.
Ceux qui s’entêtent en auront donc, pour leurs frais. Ils ne devront en vouloir qu’à eux-mêmes et personne ne se souciera de leur devenir, quand ils ne sont pas publiquement reniés par instinct de conservation, par mesure de sécurité publique... On les chargera à volonté, en public cela s’entend - quel que soit le mérite qui leur est reconnu en privé - de tous les maux imaginables et inimaginables pour se donner bonne conscience et faire bonne figure...
Ceci se vérifie
par expérience, mais la seule observation autour de soi, en instruit
le moins averti...Un avertissement qui donne la chair de poule à ceux
qui sont déjà dans l’hésitation, pour lesquels vivre, c’est d’abord,
seulement ou à tout prix, jouir à fond des opportunités de
la vie ; tant cet avertissement est lourd de sens.
Quant à ceux, animés par la conviction de mériter le miracle d’exister, et donc du devoir d’humanité, ceux qui sont mus par un idéal, une transcendance, ils le payeront chèrement, par leur santé au mieux, mais aussi, nous l’avons vu, par leur vie...
On nous dira après, que la déferlante islamiste, alibi de la bestialité terroriste qui avait prioritairement ciblé l’intelligence et l’innocence, noyées dans la débâcle générale, est le produit de la génération spontanée et non pas d’un travail de formatage via l’école, la politique du livre, les institutions publiques... Ou que le musellement de la société, imposé dans les étapes précédentes grâce à la mobilisation des organisations de masse, des mouvements de la jeunesse, n’avait pas préalablement servi l’oeuvre de sape qui consistait à griller intelligence et intégrité.
Les membres
de ces organisations, de même que la plupart des fonctionnaires, ne
troquent – ils pas à ce jour, leur cerveau contre celui de leur supérieur
hiérarchique, pour ne pas voir leurs droits et les avantages afférents
à leur activité ou fonction, et l’opportunité de bénéficier du
sésame des relations du supérieur, se ratatiner ou se volatiliser
? Faisant la pluie et le beau temps, ce dernier se meut en poule aux
œufs d’or ou en boite de Pandore, selon la distance qu’on en prend.
S’il est notoirement reconnu que la qualité d’un produit dépend de la tonalité de la concertation et de la collaboration qui domine au sein du groupe, comment peut-on en toute quiétude, s’en remettre au seul vouloir du responsable, uniquement parce que représentant de l’Etat ?
Sachant que ce qui prévaut le plus souvent dans les nominations, c’est moins la compétence et l’intégrité que le zèle envers les supérieurs hiérarchiques et l’esprit d’allégeance secourus par les liens filiaux dans le sens le plus large et les dessous de table. Comment se démettre de ses responsabilités, quand cela relèverait de l’irresponsabilité, voir du crime, lorsque le supérieur est de la plus haute compétence, sous des latitudes où chacun est tenu de s’assumer, d’apporter sa part d’inventivité ?
Et ce,
d’autant plus qu’il est connu de tous, et constatable de visu, que
la plupart des responsables sont en poste pour expédier les affaires
courantes des services qu’ils ont en charge.
En contrepartie, ils ne se gênent pas pour se servir et servir leurs
créditeurs et leurs clientèles effectives et potentielles, comme s’il
s’agissait d’une propriété privée; mais qui, paradoxalement,
se gausse de sa productivité et de son nom parmi ses paires.
L’absence
de contrôle efficace, d’éthiques professionnelles opérationnelles,
balayant tout scrupule et garantissant l’impunité, consolide
ces pratiques. Ce qui justifie donc tous les reniements.
A l’ombre
de ce bras de fer des instincts où le dernier mot revient aux plus
nuisibles, où la compétence, le référent scientifique et le savoir
sont les grands absents, se profile un horizon des plus sombres. Et
ce, d’autant plus que le mode de sélection qui prévaut pour les
recrutements, les promotions, la réussite haut la main aux examens,
les orientations dans les filières...fonctionne tout azimut, là même
où la qualification scientifique (non pas le diplôme / reconnaissance,
octroyés pour connivence d’intérêts...) et le savoir devraient
être le critère sine qua non: l’Université.
Il n’y a rien de plus inquiétant, en somme, pour tous ces calculs additionnés, ces appétits aiguisés en instance, que la présence d’un trouble fête, serait-ce par une prise de distance silencieuse. Rien n’est moins dangereux non plus, pour ce beau monde qu’un concurrent vrai ou fictif, candidat inopportun à une part substantielle ou une miette du gâteau, et s’il est déjà dans l’œil du cyclone, quel bonheur !...
Et rien non
plus, n’est plus grossier au dire de ces sensibilités faussement
délicates, que cette grogne des outsiders, ces exclus du droit à la
dignité, qui ne peuvent réagir faute de mieux que par l’émeute.
Coupables de ne pas avoir su s’insérer dans un des réseaux
de récupération ou de clientélisation permanente ; coupables de se
permettre, en sus de ce lourd handicap, de crier leur détresse
et de sortir au grand jour leur colère, ces extra-muros des dividendes
de la rente n’en sortiront pas indemnes…
Les semences
de la guerre
Le sens du partage et de la solidarité étant rares pour ne pas dire absents, les désespérés de la modernité aux couleurs du Tiers-monde, se débattront jusqu’à ne plus en pouvoir. On fermera yeux et oreilles pour ni voir ni entendre. La devise ? « Après moi, le déluge »...suscitant la révolte après la tourmente, et l’acculant à son paroxysme le plus négatif : le suicide sous ses multiples formes… Et dans la dernière version duquel, des jeunes et des moins jeunes hurlent et signent : plutôt finir dans le ventre des requins, au fond des eaux bleu de la Méditerranée, que d’essuyer le mépris assassin du frère et vivre dans l’indigence sur une terre d’opulence!
C’est que la médiocrité en reine, veille jalousement sur son territoire ; oser s’y frotter, c’est commettre un crime de lèse-majesté, c’est- à- dire d’abord et avant tout, un crime contre soi ! Tant pis pour le coupable, il l’a bien cherché ! Que ne l’a-t-on entendu dire ! Quelle tristesse, dirions –nous, qu’une telle cécité puisse être prédominante chez l’élite d’une société! Quel gâchis, pour le devenir de cette dernière, quelle désolation attend ses générations futures!
En fait, l’énormité de l’ingratitude, de qui vit et respire de cette terre, relève sans conteste du pathologique. Ne dit-on pas, que le rapport à l’autre (serait-ce un bout de nature vivante ou morte, pourrait-on ajouter !) est d’abord l’expression du rapport à soi. Qu’attendre, alors de celui qui s’est mutilé de sa part transcendante, qui s’identifie par sa situation matérielle, dont la soif de possession est illimitée, et pour lequel tout autre nanti de ce qu’il n’a pas, fut-ce d’une vétille, est un ennemi à abattre ?
De la haine et rien d’autre, sous ses diverses facettes, qui vont de l’agression destructive programmée et caractérisée, à la complicité silencieuse ou active dans l’atteinte à l’intégrité d’autrui, à l’indifférence à la souffrance, au refus d’assistance à vie en danger, à l’agressivité injustifiée...Ce qu’aucun homme équilibré, aucun homme qui se respecte, ne peut se permettre. En pure et due forme, ce qui s’exprime là, c’est une haine de soi, visé à travers l’autre. Mais cet autre, qui dés le départ représente une menace, devient tel nécessairement, pour avoir été incessamment malmené.
La haine est donc l’impasse où débouche l’amour outrancier de soi, qu’il se soit réalisé ou qu’il ait été contrarié. Son avenir le plus certain... A l’échelle d’un pays, elle mène à la guerre.
Une question s’impose: cette terre ne mérite t’elle pas, mieux ? Non seulement, pour tous les atouts qui la distinguent, pour son entêtement à nous supporter, fardeau et morve, mais surtout pour le sang , les larmes et les vies d’innocents qui nourrissent son terreau et lui donnent ses caractéristiques les plus saillantes...
Beaucoup mieux en effet, qu’une pitoyable et bien inutile fuite en avant, devant les desiderata des leaders de la politique mondiale et la cécité d’une gestion anarchique et prédatrice des affaires publiques locales, qui chevillés l’un à l’autre, jettent de l’huile sur le feu; laquelle contribuera, par les moyens grossiers ou subtils de sa mise en œuvre, à l’apparition de réactions violentes de plus en plus fréquentes et incontrôlables et à l’installation de l’anarchie dans la durée .
Une anarchie que l’irrationalisme dominant poussera à son ultime expression, du fait du rationalisme outrancièrement froid du capital et des technologies modernes, du pouvoir desquels il découle. Ce qui subséquemment et à revers, condamnera dans le court ou le long terme, selon que l’on en soit victime ou promoteur, les tenants de cette politique de la démesure et de la domination par la terreur, à la débâcle et au ridicule.
Car, indépendamment des inclinaisons et des actions d’individualités aussi puissantes soient – elles, des manipulations des faits et des mensonges d’époque, l’histoire se fait aussi sous l’impulsion des mouvements souterrains les plus larges, figurés par les laissés - pour compte de la planète, qui se comptent par milliards d’hommes et de celle conjointe des mouvements avant - gardistes ou simplement progressistes des sociétés avancées, sans oublier les plus dangereux de tous, ceux des extrémistes et illuminés de tous bords.
Et pour cause : faite de mouvement et d’actions antinomiques, de moments hauts ou bas de la vie des peuples, témoin et juge du déroulement des événements majeurs du cheminement de la vie des hommes et de la terre, l’histoire n’oublie jamais .
Le moment venu, elle prend sa revanche. Rétablissant les faits et les réalités à leur juste valeur, l’histoire pourfend alors, traîtres et bourreaux des peuples et ceux de ces derniers qui ont failli au devoir d’humanité, au risque de se retrouver au ban de l’histoire et de la société humaine. Elle rappelle entêtée, à qui veut apprendre : la vérité ne meurt pas, elle attend son heure pour voir le jour : c’est tout.
C’est une lapalissade de dire que le propre d’un régime politique bien installé ou à son stade primitif (car sans traditions ancrées) est de se maintenir par toutes les recettes que l’imagination puisse permettre.
Celui des
élites, par contre, éclaireurs par les savoirs qu’ils détiennent
est de constituer d’une part un contre- pouvoir, dont la vocation
est de garantir un équilibre des rapports, qui fait barrage contre
les dépassements et l’arbitraire et d’autre part, une force de
proposition, qui permettrait une performativité bénéfique à
tous, grâce à la diversité et la teneur des apports de toutes
les catégories actives et créatives...Mais autant rêver de voir
fleurir le sel : l’une des pathologies mentales, bien de chez nous.
C’est pourquoi, on ne le dira jamais assez, le désastre est à la mesure de la démission collective mais surtout à l’aune de la démission des acteurs les mieux placés pour impulser une dynamique d’humain progrès : rien n’étant plus grave et criminel que de tourner le dos à ses responsabilités.
Malek Bennabi,
Gustave Lebon, et bien avant, le grand Abderrahmane Ibn Khaldune,
n’ont eu de cesse d’avertir : des sociétés, des peuples, des civilisations
ont creusé leur tombeau et entamé la descente dans les bas-fonds de
leur époque, pour avoir omis de se projeter dans l’avenir. Et ce,
à travers un projet social cohérent et concerté, impliquant une participation
collective et une juste répartition des richesses.
En un mot,
simplement et crûment, pour avoir failli, tout un chacun à sa place.
Pour finir,
que ces sinistres seigneurs le sachent, cette enseignante ne regrette
aucun de ses choix et décisions, pas même les erreurs
qu’elle a bien pu commettre, car n’ayant jamais été délibérées.
Son seul et unique regret: avoir fait preuve d’humanité et de compassion,
là où il ne fallait pas.
D.K : la psychiatrée de l’Université Mouloud Mammeri
dimanche 27 septembre 2009
Les masques de guerre, par Michel Peyret
Les peuples ont la nausée de vos masques , chants , tam-tam et danses de guerre !
Ils ont dit maintes et maintes fois : « Maintenant , c'est la Der , la Der des Der ! »
Et chaque fois , vous avez « remis le couvert » , de façon toujours plus ignoble , toujours plus mensongère , toujours plus dramatique , toujours plus horrible .
Ils auraient pu rire du spectacle de vos pantomimes de plus en plus médiatisées , bassement , piètrement exécutées et répercutées par des médias toujours plus domestiqués et abêtissants .
La politique du spectacle n'en finit pourtant pas , même dans sa dégénérescence de plus en plus accentuée .
CERTES , ON SAIT BIEN...
Certes , on sait bien que les productions , ô combien coûteuses , des complexes militaro-industriels ont besoin d'être détruites , et donc utilisées , pour pouvoir être renouvelées et donner naissance à de nouvelles sources de profit !
Certes , on sait bien que la Courbe de Hubbert de la production pétrolière et gazeuse a pris son option descendante et qu'il convient en conséquence de s'assurer le contrôle des réserves qui n'ont pas encore été gâchées par votre productivisme acharné alors même qu'aucune alternative énergétique sérieuse n'est encore programmée !
Certes , on sait bien que votre système et la « civilisation » qu'il a générée sont en crise , celle que provoque la baisse tendancielle du taux de profit quand toutes les contre-tendances , y compris les plus tordues financièrement , ont fini par l'approfondir dans les plus éloignés de ses dessous !
Certes , on sait bien que la sur-accumulation des capitaux qui en résulte a besoin d'une dévalorisation massive de ces capitaux , c'est-à-dire jusqu'à leur destruction massive sous toutes ses formes !
Certes , on sait bien que la guerre , les guerres , peuvent être le prétexte rêvé , sinon la cause réelle de cette destruction-dévalorisation de capital qui permet au capital survivant de retrouver un taux de profit convenable et la reprise de l'accumulation... jusqu'à la crise suivante !
Certes , on sait bien que le prochain affrontement a de fortes « chances » d'être le dernier si l'on considère les stocks d'armes nucléaires accumulées... et non détruites selon ce que prévoyaient les accords internationaux que vous avez vous-mêmes signés...!
Certes , on sait bien que le Ben Laden , issu de l'une des plus estimées et riches familles d'Arabie saoudite , a terminé son rôle dans une certaine décrépitude alors que ses débuts florissants avaient pu justifier la destruction du World Trade Center... et les guerres punitives qui en étaient résulté .
Certes , on sait que vous avez besoin d'un nouvel « bouc-émissaire » qui permettrait de donner l'ordre de départ aux bombardiers et autres sous-marins israéliens porteurs d'armes nucléaires destinées à vitrifier les témoignages d'une des plus anciennes civilisations de notre humanité .
NOUS SORTONS DU SIECLE DES GENOCIDES
Nos souffles restent « suspendus » tant vous avez l'art et la manière d'accommoder cette sauce guerrière aux meilleurs épices régionaux dans la variété de leurs arômes !
Ils n'oseront pas , me dit-on .
Mais ils ont déjà osé dans la passé bien qu'ils aient bien mesuré l'ampleur des dégâts que permettaient les technologies existantes !
Ne sortons-nous pas du « siècle des génocides » ?
Aussi , après ces quelques rappels en manière d'introduction , nous allons examiner quelques données sur l'ampleur de l'armement nucléaire de quelques pays et les comparer avec celles de ce « pelé , ce galeux d'où venait tout le mal » .
LES PAYS SIGNATAIRES DU TNP
Parmi les signataires du Traité de Non Prolifération Nucléaires , on trouve :
-
la Russie dotée de 16 000 armes , dont 5830 actives ,
Les Etats-Unis : 9962 dont 5735 actives ,
La France : 348 têtes actives ,
-
Le Royaume-Uni : plus de 200 dont un peu moins de 200 actives ,
la République populaire de Chine :environ 200 , dont environ 145 actives .
Pour les pays détenteurs non-signataires du TNP :
- L'Inde : 40 à 50 têtes , presque toutes actives ,
- Le Pakistan : 50 à 60 , presque toutes actives
LE PROGRAMME NUCLEAIRE D'ISRAEL
Selon Wikipédia , Israël dispose d'armes nucléaires dont une centaine seraient actives .
Selon un ancien technicien de la Centrale nucléaire de Dimona , Mordechaï Vanunu , Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques .
Cette déclaration lui a valu une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans .
Selon certaines sources , Israël aurait procédé , avec l'aide de l'Afrique du Sud , à un essai sous-marin dans l'Océan Indien le 22 septembre 1979 , connu sous le nom de l'Incident Vela , mais aucune certitude n'existe à ce sujet .
La position officielle israélienne a toujours été de ne pas confirmer ni infirmer les spéculations relatives à sa possession de l'arme atomique .
Le 6 décembre 2006 , Robert Gates , secrétaire à la défense américain déclarait lors de son audition au Sénat : « L'Iran est entouré de pays dotés de l'arme nucléaire : Le Pakistan à
l'Est , Israêl à l'ouest... » , une première pour un haut fonctionnaire américain .
Quelques jours plus tard , le 11 décembre 2006 , lors d'une interview de la chaîne de télévision N24 à propos des ambitions nucléaires iraniennes , Ehud Olmert déclarait : « Pourriez-vous dire que c'est la même chose que pour l'Amérique , la France , Israël et la Russie ? » .
Il a été obligé de corriger le déclaration de Robert Gates ainsi que son lapsus et a rappelé la position d'Israël sur le sujet : « Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient . C'était notre position , c'est notre position , cela restera notre position . »
ET L'IRAN ?
L'Iran fait partie avec le Brésil , l'Algérie , l'Arabie saoudite , la Syrie , des pays soupçonnés de développer un programme militaire ;
Wikipédia précise :
« L'Iran essaye depuis plusieurs années de se procurer l'énergie atomique à des fins , officiellement , civiles .
« Cependant plusieurs membres de la Communauté internationale pensent que ce programme peut être utilisé pour développer l'arme nucléaire , notamment depuis la découverte de l'installation de recherche de Natanz , en août 2002 , qui n'avait pas été déclarée à l'AIEA .
« Une troïka européenne , composée de l'Allemagne , de la France et du Royaume-Uni , s'est formée et tente de pousser l'Iran à accepter un contrôle strict de son programme civil par des experts de L'AIEA .
« Israël et les Etats-Unis pour leur part laissent planer le déclenchement de représailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait à être confirmé
« Au début du mois de janvier 2006 , l'Europe et les Etats-Unis se sont mis d'accord pour présenter l'affaire devant le Conseil de Sécurité de l'ONU . »
UNE LOGIQUE DE GUERRE
Dès décembre 2006 , Bernard Ravenel , dans « Pour la Palestine » , montrait que dès 2002 les Etats-Unis ont opté pour une politique de guerre active et « préventive » , de la péninsule arabe à l'Asie centrale .
« Dans ce contexte , précise-t-il , Israël doit jouer un rôle important sinon décisif .
« Déjà en 1982 , devant la guerre menée au Liban , le gouvernement du Likoud proposait une intervention contre l'Iran , après avoir bombardé le réacteur nucléaire de Tamouz en Irak .
« Mais avec l'existence de l'URSS , Washington hésitait .
« Aujourd'hui , entre la guerre en Irak et le soutien aux guerres israéliennes au Liban et en Palestine , les Etats-Unis de G.W. Bush visent à créer une situation de conflit permanent au Moyen-Orient .
« En fait , à partir de la non-résolution de la question palestinienne .
« Et l'Iran est devenu la cible centrale reposant , après Israêl , la question de la nucléarisation de la région avec toutes ses conséquences , y compris dans l'évolution de la stratégie des Etats-Unis et d' Israël .
« Comment arrêter la marche vers une catastrophe dont seraient victimes tous les peuples de la région ? »
POUR UNE ZONE LIBRE D'ARMES NUCLEAIRES AU MOYEN-ORIENT
Face à la logique de guerre , poursuit Bernard Ravenel , « risquant de devenir nucléaire , la seule réponse est celle d'une logique de paix construite par la négociation politique fondée sur l'application du droit.
« Mais dans l'immédiat , face au risque imminent , même reporté , de guerre nucléaire , la reprise de la proposition d'une zone libre d'armes nucléaires au Moyen-Orient devient une nécessité politique vitale .
« Cette proposition a été votée , à la demande pressante de l'Egypte en 1995 , à la conférence de révision du TNP , revotée en 2000 .
« En février 2006 , l'AIEA en a rappelé la nécessité , tout en rencontrant l'hostilité farouche d'Israêl soutenu par les Etats-Unis .
« Pour leur part , les pays européens l'ont promis aux Iraniens .
« Ils n'ont rien fait pour tenir leur engagement . »
L'IRAN POUR UN PLAN DE SECURITE
En diverses circonstances et avec détermination , les dirigeants de l'Iran ont fait des propositions allant en ce sens .
On comprend bien pourquoi ce pays , qui n'en a jamais agressé un autre , au moins dans les temps « modernes » , soit le plus en mesure d'être à l'initiative concernant la sécurité dans le Golfe Persique .
Ainsi , par exemple , en 2007 de nouveau , à l'occasion d'une réunion du Forum Mondial économique de Doha , un haut représentant du chef suprême de l'Iran a présenté un plan de sécurité en 10 points dont un prévoit expressément , et entre autres propositions , de mettre fin à la course aux armements dans la région « et d'établir une coopération sérieuse parmi les pays régionaux pour un Moyen-Orient libre de tout ADM ( armes de destruction massives ) .
QUAND LA FRANCE TENAIT UN AUTRE LANGAGE
Il fut aussi un temps où les représentants de la France , moins inféodés , tenaient un autre langage que celui que l'on entend aujourd'hui .
Ainsi , par exemple , l'ambassadeur permanent de la France auprès de la Conférence du désarmement déclarait-il à propos de la Résolution sur le Moyen-Orient le 4 mai 1998 que « la France est également convaincue que le création de zones exemptes d'armes nucléaires , internationalement reconnues sur la base d'arrangements librement négociés entre les Etats de la région considérée , renforce la paix et la sécurité mondiales et régionales . »
Et il se félicitait de la résolution 52/34 sur la création d'une telle zone dans la région du Moyen-Orient ….
DONNER TOUTE SA FORCE AU COMBAT POUR LA PAIX ET LE DESARMEMENT
Ainsi quelques repères sans entrer dans l'évolution récente dont nous avons dit toutefois qu'elle pourrait rapidement devenir aiguë .
Le peuple français a une longue tradition dans les luttes contre les guerres , pour la paix et le désarmement et certainement l'évolution de la gravité de la situation justifierait-elle à nouveau un engagement fort .
Il a aussi fait l'expérience que ces luttes-là sont également constitutives de l'ensemble des luttes sociales et politiques contre le capitalisme et sa crise .
Leur redonner toute leur dimension de lutte contre l'impérialisme aujourd'hui quand les périls ressurgissent ne peut que contribuer à renforcer leur caractère global visant à la transformation de la société.
Michel Peyret
mardi 22 septembre 2009
Un système économique structurellement irrécupérable, par Gilles Bonafi
La
récession est terminée, c’est vrai. La dépression commence juste et le
chômage de masse en est le révélateur. Nous ne sommes pas en 1929,
c’est bien plus grave. Je ne reviendrai pas sur mes différentes
analyses car bientôt les évènements vont s’enchaîner (guerres,
faillites, krach boursier, etc).
Pour comprendre pourquoi la bourse fonctionne encore il suffit de lire ce que Pierre Jovanovic écrit sur son blog (http://www.jovanovic.com/blog.htm).
Il explique ainsi que « 40%
du volume du NYSE est généré par 5 titres » ce qui a été confirmé par
l’analyste financier Olivier Crottaz qui a même publié le graphique
idoine. Source : http://blog.crottaz-finance.ch/wp-content/uploads/2009/09/volume-journalier-contre-nyse1.jpg.
Pour
résumer, ils se refilent des paquets d’actions en faisant monter la
mayonnaise et tout ceci déconnecté de toute réalité économique.
Ubuesque!
J’ai
donc décidé d’écrire une série d’articles afin de démontrer que ce que
certains nomment le capitalisme est non seulement une monstruosité mais
de plus est totalement irrécupérable.
J’ai souvent employé le terme crise systémique pour analyser le crack actuel, il faudrait plutôt parler de crise structurelle.
En
effet, on a énormément commenté l’échec du communisme et ses dérives
dictatoriales (Staline, Mao), mais il existe très peu d’analyses de
fond concernant notre système économique actuel qui, lui aussi, ne peut
que nous conduire au désastre et à la dictature.
Tout d’abord, il convient de noter que Karl Marx a commis 2 erreurs fondamentales.
Premièrement, son analyse repose sur l’idée que c’est « la baisse tendancielle du taux de profit qui est à l’origine des crises qui ponctuent l’histoire du capitalisme. »
Or, l’économiste Philippe Simmonnot a réfuté formellement cette théorie. Pour ceux qui veulent approfondir, l’explication de L'erreur de Marx est sur mon blog.
Deuxièmement, Marx a « oublié » Freud (il est arrivé plus tard) et ses travaux sur l’inconscient, ce que Bernard
Stiegler résume en affirmant que « le capitalisme du XXe siècle a capté
notre libido et l'a détournée des investissements sociaux. » Je peux
ajouter qu’il a fini par nous formater au travers du fétichisme de
l’objet.
L’ensemble
des médias appartenant au petit groupe dominant, la réalité a fini par
nous échapper et nous ne voyons plus le monde tel qu’il est. Ce « psycho-pouvoir »
qui permet de fabriquer notre conscience collective est le seul qui
soit véritablement à détruire car « la vérité seule est
révolutionnaire. »
D’ailleurs, pour Hannah Arendt, le totalitarisme est avant tout une dynamique de destruction de la réalité et des structures sociales.
Pour mieux comprendre, il faut relire « Le Meilleur des mondes », d’Aldous Huxley qui n’est pas un roman, mais un programme politique résumé dans la préface de 1946 :
« Un
Etat totalitaire vraiment « efficient » serait celui dans lequel le
tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de
directeurs auraient la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre, parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude. »
Il fait d’ailleurs la synthèse de notre époque : «À mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation. »
Claude Lévi-Strauss avait lui aussi donné le ton : « La fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l'asservissement. »
Nous sommes donc une population d’esclaves, une idée que met en avant le film de Jean-François Brient « De la servitude moderne ».
Source : De la servitude moderne n°1, De la servitude moderne n°2, De la servitude moderne n° 3 (sur mon blog).
Pourtant, il convient d’analyser pourquoi le capitalisme nous conduit in fine à la dictature.
En
effet, les économistes qui sont devenus des mathématiciens ont oublié
que ce qui caractérise notre système économique est son caractère
mafieux régit par une seule loi, celle du plus fort.
Pots de vin, menaces, assassinats font partie intégrante du processus de conquête des marchés. Le livre « Gomorra » de Roberto Saviano est l’exact reflet de notre société.
Sur
le plan mathématique (car le monde est écrit en langage mathématique)
ceci est illustré par la loi de Pareto (que l’on nomme aussi loi de puissance) qui démontre que les
revenus se répartissent toujours selon une loi mathématique
décroissante d’allure exponentielle. L’économiste Moshe Levy explique
que « la loi de Pareto, loin d’être universelle et inéluctable, ne serait que le mode de fonctionnement particulier d’une société égocentrique »
et que «ce sont les effets stochastiques (et non l’intelligence et le
travail) de la concurrence qui enrichissent certains au détriment de la
majorité, menant à la répartition de Pareto. » (Source :http://bschool.huji.ac.il/segel/moshe-l/SF.pdf.)
Or, pour rester dans le cadre des mathématiques, il est important de comprendre ce que l’on nomme les fractales. Les objets fractals s’apparentent à des structures gigognes ce qui s’applique à la loi de puissance. Pour faire simple, 20% des plus riches détiennent 80 % du capital mais au sein de ces 20 % la loi de Pareto s’applique aussi, etc, etc.
D’ailleurs, les 20 personnes les plus riches du monde ont une fortune personnelle estimée en 2009 à 415 milliards de dollars soit un peu moins que le PIB de la Suisse (500 milliards de dollars)! (Source : Liste des milliardaires du monde en 2009)
Les 1% les plus riches représentaient 10% du PIB en 1979 et 23% aujourd’hui. 53 % en 2039 ?
Il
faut donc comprendre que la tare fondamentale de notre système
économique réside dans l’accumulation du capital. En effet, le
capitalisme conduit structurellement à la dictature par une
accumulation colossale de richesses par un petit nombre.
Il est donc par essence non redistributif. En effet de par sa structure basée sur la dette il favorise le capital et place la banque et la finance au coeur du système. Or, l'essentiel des intérêts sont perçus in fine par un petit nombre de personnes qui finissent par s'emparer du système. Je nomme cela l'effet Monopoly (célèbre jeu dans lequel ne subsiste qu'un seul vainqueur ayant ruiné les autres).
Ceux qui croient encore dans les bienfaits de la main invisible du marché, devraient se rendre compte qu’elle est en train de fouiller dans nos poches au profit de quelques-uns. L’actualité nous le prouve tous les jours.
De plus, un placement d’argent est sur le plan mathématique une exponentielle. Vous pouvez d’ailleurs le constater en cliquant sur Exponentielle et capital ».
Cette
accumulation de capital a une contrepartie : l’accumulation de dettes,
car au final l’argent n’est pas créé ex nihilo contrairement à ce que
l’on essaie de vous faire croire (seules les banques centrales peuvent
faire cela). Notre système économique est donc devenu une vaste
pyramide de Ponzi, ce que confirme Nouriel Roubini lui-même : « Américains, regardons-nous dans le miroir : Madoff, c’est nous, et Monsieur Ponzi, c’est nous !»
J’avais déjà montré du doigt ce problème dans mon article Crise systémique – Les solutions (n°5 : une constitution pour l'économie)
et affirmé que ce système qui fonctionne sur la dette et la captation
par quelques-uns de l’essentiel des intérêts impose au fil des ans
d’élargir la base de crédit. Et, lorsque l’on commence à prêter à des
gens qui ne peuvent rembourser (les pauvres), le système s’écroule.
Pourtant, toutes les religions ont condamné (avec des nuances parfois) le prêt à intérêt car elles le considéraient comme amoral ce que l’on retrouve dans le verset 275 de la 2ème sourate du Coran : « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. »
N’oublions
pas que tout le système actuel repose sur la formule : dette =
consommation = travail. Et donc sans dette, pas de travail ! C’est
d’ailleurs pour cette raison que les états soutiennent à fonds perdus
les banques.
Robert
H. Hemphill, gestionnaire de crédits à la Fed d’Atlanta avait déclaré :
« Si les banques créent assez d’argent synthétique, nous prospérons ;
sinon, nous sombrons dans la misère. »
Face à une exponentielle du capital accumulé nous nous retrouvons avec une exponentielle de dette. Par exemple, pour les Etats-unis, nous avons une dette totale (publique et privée) de 52 859 milliards de dollars soit 375 % du PIB US et plus que le PIB mondial. Source: http://www.federalreserve.gov/releases/z1/Current/z1r-2.pdf.
La dette, il faut le rappeler conduit à l’esclavage, ce qu’à résumé Jean Baudrillard : « on
revient avec le crédit à une situation proprement féodale, celle d'une
fraction de travail due d'avance au seigneur, au travail asservi. »
Le
sociologue Immanuel Wallerstein a raison lorsqu’il affirme que » nous
sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système
capitaliste ».
Ivan Illich un des premiers penseur de l'écologie politique a développé la notion (appelée illichienne) de contre-productivité qui démontre que lorsque les entreprises atteignent une taille critique en instaurant une situation de monopole, elles finissent par nuire au fonctionnement normal de l’économie. On peut même ajouter qu’elles finissent par s’emparer du pouvoir. Le 4 juin 1943, le sénateur Homer T. Bone déclarait au comité du sénat américain pour les affaires militaires : « Farben était Hitler et Hitler était Farben. »
Albert Einstein, en mai 1949, dans un article paru dans la Monthly Review reprenait la même idée : « Le capital privé tend à se concentrer entre quelques mains, en partie à cause de la compétition entre capitalistes et en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation d’unités de production plus grandes au détriment des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capital privé dont le pouvoir exorbitant ne peut effectivement pas être contrôlé même par une société dont le système politique est démocratique. »
Aujourd’hui, 500 entreprises transnationales contrôlent 52 % du PIB mondial ce qui fait dire à Jean Ziegler ((membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des Nations unies) que nous allons vers « une reféodalisation du monde. »
J. K. Galbraith économiste et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy nous avait pourtant mis en garde :
« L’économie de marché est volontiers décrite comme un héritage ancien. En l’occurrence, c’est une escroquerie , ou plus exactement une erreur communément admise.
Trop de gens apprennent l’économie dans des manuels qui entretiennent
encore les dogmes de la production concurrentielle des biens et des
services et de la capacité d’acheter sans entraves. En fait, il peut
n'y avoir qu'un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour
déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent ». Source : « Les nouveaux mensonges du capitalisme » Publié dans le Nouvel Observateur (4/11/05) Interview de John Kenneth Galbraith par François Armanet.
Quelles
sont les solutions ? Ne vous inquiétez pas, nos maîtres ont tout prévu.
Pour comprendre, il faut savoir que la dialectique Hégélienne est
maîtrisée sur le bout des doigts avec maestria. Ainsi, la thèse étant
le capitalisme, l’antithèse, le communisme, nous finirons par avoir la
synthèse : un socialisme corporatif ou social fascisme (mondial).
Je
le rappelle ici, Benito Mussolini avait donné sa définition du fascisme
: «Le fascisme devrait plutôt être appelé corporatisme, puisqu'il
s'agit en fait de l'intégration des pouvoirs de l'état et des pouvoirs
du marché. » Or, le corporatisme peut être assimilé à une entreprise
criminelle car, comme l'affirme l'économiste Howard Scott : «Un criminel
est une personne avec des instincts prédateurs qui n'a pas suffisamment
de capital pour former une corporation. » Source : Une constitution pour l'économie, pourquoi ?
Associer socialisme et fascisme, deux principes opposés peut sembler étonnant mais Edgar Morin nous explique ce qu’il nomme le principe dialogique :
« il
unit deux principes ou notions antagonistes, qui apparemment devraient
se repousser l'un l'autre, mais qui sont indissociables et
indispensables pour comprendre une même réalité ».
Vous pensez que cela est impossible ? Voici mon analyse.
Il
convient tout d’abord de remarquer que tout le monde tire à boulet
rouge sur les méchants banquiers (la thèse) et met en avant la
nationalisation des banques (l’antithèse). Nous aurons donc un FMI, une
BRI et une banque mondiale (la synthèse) qui contrôleront la future
monnaie mondiale {les DTS qui remplaceront le dollar : Crise systémique – Les solutions (n°5 : une constitution pour l'économie)} et réguleront le système. Or, ces organismes sont contrôlés par une petite poignée de personnes.
En
effet, la crise actuelle aura pour conséquence directe la destruction
des nations car les sommes perdues dépassent les capacités des états et
les taux d’endettement s’envolent. Des pôles continentaux avec des
structures régionales se développeront partout : le glocal. J’ai
d’ailleurs réalisé une étude précise à ce sujet : Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires).
L’avenir
est au « socialisme » a dit Schumpeter, un socialisme sans servitude,
mais avec une liberté limitée. Il faudrait plutôt employer le terme
exact : social fascisme et préciser que la liberté disparaîtra si nous
ne faisons rien. Quoi qu’il en soit, une dictature échouera.
N’oublions pas le principe « hologrammatique » d’ Edgar Morin : la partie est dans le tout, mais le tout est dans la partie, car toutes les formes d'existence sont liées les unes aux autres, ce qui est la définition exacte de ce que Bouddha, Rabbi Jeschuth-notzerith (le vrai nom de Jésus,
encore un mensonge !) et Mahomet ont défini par le mot amour. Fascisme
et socialisme n’étant au final que les reflets de notre dualité qui
nous pousse soit vers les autres, soit vers le repliement sur soi,
l’égoïsme et la violence. Nous devons donc changer nous-mêmes si nous
voulons changer le monde, ce que l’Islam nomme le djihad, la kabbale
juive le combat par le zaïn (le combat intérieur) et que Bakounine
résume en quelques mots : « Pour se
révolter contre cette influence que la société exerce sur lui, l'homme
doit au moins en partie se révolter contre lui-même. »Gilles Bonafi est professeur et analyste économique.
Gilles Bonafi est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Gilles Bonafi publiés par Mondialisation.ca
dimanche 13 septembre 2009
Le mot "socialisme"
Le mot "socialisme" ne manque pas de beauté, car, si je ne m'abuse, il évoque l'idée d'une société dont tous les membres sont égaux sans qu'aucun ne soit grand ni petit. Dans le corps humain, la tête n'est pas supérieure au reste parce qu'elle oocupe la position la plus haute. Il en est ainsi pour les membres d'une société.
Dans l'esprit du socialisme, le prince et le paysan, le riche et le pauvre, le patron et l'ouvrier sont sur un pied d'égalité. Pour reprendre un terme religieux, on pourrait dire que le socialisme ignore tout dualisme. Il veut l'unité parfaite. Si on jette un coup d'oeil sur les différentes sociétés qui existent dans le monde, on ne voit que dualité ou pluralité. L'unité, elle, brille par son absence...L'unité, selon mes propres vues, peut être parfaite sans empêcher une pluralité de modèles.
Pour atteindre ce but, il ne s'agit pas de prendre les choses avec philosophie et de se dire qu'il ne faut pas bouger aussi longtemps que tout le monde n'est pas converti au socialisme. On peut évidemment, sans changer de vie, continuer de faire des discours, constituer des partis et, comme le faucon, fondre sur sa proie lorsqu'elle se présente. Cette attitude n'a rien à voir avec le socialisme. Dans ce domaine, plus on se comporte en rapace, plus le gibier nous échappe...
Le socialisme, tel que je le conçois, a la pureté du cristal. Il exige par conséquent des moyens tout aussi purs pour arriver à ses fins. Des moyens impurs ne peuvent conduire qu'à une fin impure. Ce n'est pas par l'échafaud qu'on peut établir une véritable égalité entre le paysan et le prince, ou entre le patron et son employé. Le mensonge ne saurait conduire à la vérité. Seule une conduite véridique peut aboutir à la vérité.Peut-on dire que la non-violence et la vérité se ressemblent comme des frères jumeaux ? Absolument pas. L'une et l'autre sont indispensables pour former un tout unique. C'est pourquoi, parfois, on les compare aux deux faces d'une même pièce de monnaie. L'une est indissociable de l'autre. La valeur de la pièce est la même quel que soit le côté qu'on regarde et pourtant, d'une face à l'autre, les inscriptions diffèrent. Mais pour arriver à cette parfaite unité il faut une grande pureté. Que l'esprit ou le corps recèle une seule impureté et aussitôt le mensonge et la violence viennent y faire leur demeure.
En conséquence, seuls des socialistes purs de coeur, non-violents et véridiques sauront bâtir une société authentiquement socialiste en Inde et dans le monde.
Gandhi, Tous les hommes sont frères, Choix de textes, Folio Essais 130, pp 149 à 151
dimanche 23 août 2009
Mohammed Dib, un écrivain universel
par Mohamed Ghriss
Né le 21 juillet 1920 à Tlemcen, Mohammed Dib a
effectué ses études primaires et secondaires à Tlemcen, et un passage à
l'Ecole normale supérieure d'Oran avant de devenir instituteur à Zoudj
Beghal en 1939 et, entre autres, interprète anglais-français auprès des
bureaux des armées alliées à Alger durant 1943-44.
Recruté par Alger Républicain en 1950, il se distingue par ses
reportages sociaux et publication de textes poétiques et chroniques
littéraires et artistiques. Publie son premier roman La grande maison
aux éditions du Seuil en 1952, juste une année après son mariage avec
Colette Bellissant. Les allusions qu'il suscite dans ses écrits à
propos de la question nationale, surtout après la publication du roman
L'incendie, en 1954, coïncidant avec l'année du déclenchement de la
Révolution algérienne, sont sous l'œil des services des autorités
coloniales. Et aux lendemains de la publication de Un été africain, en 1959, au paroxysme de la guerre de libération nationale,
Mohammed Dib est expulsé d'Algérie et se voit contraint de se réfugier
chez ses beaux-parents, dans les Alpes Maritimes, en France. Il
entreprend par la suite plusieurs voyages, notamment dans les pays de
l'Est, sensible à un certain idéal social et anti- impérialiste, prôné
par l'internationalisme prolétarien en cette époque particulière des
empires coloniaux. Dans Qui se souvient de la mer, roman publié en
1962, Dib dresse un sombre tableau de la nuit coloniale.
Après l'indépendance, et avec Cours sur la rive sauvage (1964), l'écrivain amorce une autre étape littéraire, empreinte d'une nouvelle esthétique qui rompt avec le style descriptif - narrataire classique , se confirmant , après son installation dans la région parisienne, avec La danse du roi, paru en 1968, suivi de Dieu en Barbarie (1970), Le maître de chasse (1973), et des recueils de poèmes Formulaires (1970); Omnéros (1975), qui lui valent d'accéder nettement à la dimension universelle : l'Algérie n'est plus le pôle d'intérêt privilégié de l'auteur qui déterritorialise sa thématique vers d'autres espaces de l'humaine condition, que ce soit en France, en Finlande, ou ailleurs, sans pour autant exclure le regard indispensable sur le rétroviseur de la mémoire., les recoupements des croisements Orient -Occident, etc. Ainsi Sa trilogie nordique, dans les années quatre-vingt, composée de : Les terrasses d'Orsol, Le sommeil d'Eve et Neiges de marbre, ou des procédés stylistiques puisant dans le patrimoine ésotérique Soufi insufflant à l'œuvre une dimension ontologique, selon le critique Bachir Adjil, (Espace et écriture chez Mohammed Dib, L'Harmattan, Paris 1995), participent de l'affirmation d'une originalité typiquement Dibienne. Particularité faisant cas, convient-il de préciser, de l'errance identitaire, qui s'accentuera avec L'Infante maure (1994), notamment, à travers les chemins de l'exil et de l'éloignement mais aussi des heureux croisements, à l'image de la petite fille Lily Belle issue d'un couple mixte franco-mauritanienne, ou encore la jonction métaphorique des espaces sable-neige, symbolisant, en quelque sorte , une reconstruction identitaire qui transite du clos autocentré à l'ouvert de la modernité universelle charriante de toutes odeurs et couleurs des particularités locales raccordées au grandiose tout humanitaire mosaical.
Recevant en 1994 le grand prix de la Francophonie, haute distinction de l'Académie française, Mohammed Dib avait tenu à préciser qu'il a été distingué en tant qu'auteur étranger écrivant en français, demeurant toujours Algérien, n'ayant pas pris la nationalité française. En 1995, alors que l'Algérie est plongée dans une sanglante tragédie, Mohammed Dib fort préoccupé par ce qui déchire son pays natal, l'Algérie toujours au coeur, publie La nuit sauvage, ou il témoigne, à un autre niveau de l'évolution de l'histoire, de ce qui l'a caractérisé lors de ces premiers pas de romancier : un certain engagement, consistant à ne pas disjoindre «écriture et responsabilité», comme il l'écrit en post-face de son ouvrage. Ce dernier sera suivi par d'autres ouvrages ,entre autres les romans Si diable veut (1998); Comme le bourdonnement d'une abeille (2001), qui reprennent la thématique humaniste d'ordre général, alors que l'auteur se distingue également par une production prolifique de nouvelles, poésies, contes et notamment d'œuvres théâtrales (Les fiancées du printemps, 1963; Mille hourras pour une gueuse, 1979…) et autres écrits monographiques sur la ville de Tlemcen, articles de presse, etc., autant de textures variées qui font que Mohamed Dib a été un véritable miroir - témoin de la succession et entrecroisement de plusieurs générations, des deux cotés des rives de la Méditerranée. Le 2 mai 2003, l'écrivain tire sa révérence mais l'abondance de ses écrits épars, a surpris agréablement son vaste lectorat cosmopolite par une œuvre posthume : Laezza, sa dernière création publiée aux éditions Albin Michel, Paris mars 2006, comprenant les parties Laezza; El Condor pasa; Autoportrait; Rencontres : termes en exergue profondément significatifs de par leur référence aux connotations allusives subrepticement aux curieux rapports entre cultures et civilisations du monde, en général, les mots Laezza et El Condor, par exemple, n'ayant rien à voir avec le latin, le français ou l'arabe, de l'avis clarificateur de l'écrivain lui-même, répercuté par les échos de presse, mais qui dérivent tout simplement du parler finnois, de l'espagnol, etc., et se rapportant à des significations contextuelles. Et c'est à juste titre qu'on a pu dire que Laezza est le texte des proximités de Mohammed Dib (dixit l'écrivain -critique Wacinny Laaredj). Et beaucoup plus que cela, la texture Dibienne approfondissant l'option stylistique amorcée auparavant d'un renouvellement net puisant dans le ressourcement et l'altérité, semble avoir opéré, cette fois, un bond qualitatif de l'écrivain aspirant de son vivant, vraisemblablement, à un au-delà d'une rare esthétique transnationale- universaliste, typique, tendant à transcender la dimension contraignante de la dualité binaire limitative : «latinité moderniste occidentale / cyrillité - traditionaliste - orientale». Cette dernière rendant compte mal de la pensée fluide et complexe de l'écrivain, véritablement internationaliste, et qui en est arrivé ,après un long et riche parcours d'intellectuel constamment à l'écoute des métamorphoses de l'Histoire et péripéties des êtres, proches et lointains, à appréhender le monde sous des yeux neufs : l'esprit de son écriture cosmopolite, concourant, in fine, à restituer lucidement le fin fond de l'unité et multiplicité de l'orange bleue terrestre et ses morceaux épars constitutifs, ou parties prenantes indissociables d'une même et indivisible espèce Humaine.
Mais n'est-ce pas là l'expression naturelle inhérente à la nature spécifique du discours esthético - artistique -émotionnel relevant de la quintessence humaniste et spirituelle de la littérature proprement dite ?
L'œuvre impressionnante du grand maître Mohammed Dib est aujourd'hui enseignée dans les plus grandes universités du monde, et de l'avis d'observateurs aguerris qui connaissent le parcours littéraire prodigieux de Mohammed Dib couvrant toute une vie de résistance-combat, allant de l'exaltation d'un idéal patriotique anticolonial, à celui de l'insertion dans une dimension humaniste mondialiste, en passant par ces écrits provençaux, dirait-on, du droit de cité des cultures négligées des autres, allant jusqu'à déterrer ce qui relève de l'Abrahamisme des trois religions universelles et les tréfonds,entre autres ,de la méditérranéité et une certaine africanité ancestrale. Autant de carrefours de richesses plongeant le lecteur dans le labyrinthe d'une authentique culture universaliste, avec ces marques de repères et signes particuliers d'un écrivain complet, assurément, et qui, n'était ce certaines considérations extralittéraires de surcroît, aurait amplement mérité le Nobel couronnant une carrière époustouflante rarement égalée. C'est l'ex ministre Algérien de la culture, M. Rahabi, qui lui a rendu un des plus grands hommages qu'on puisse faire à un écrivain, en déclarant notamment, à l'annonce de sa disparition, que Mohammed Dib resterait toujours vivant dans la mémoire des Algériens Libres : «Il a initié, par ses écrits, les hommes de son temps à l'idéal patriotique de liberté».
Flash-back, on est en 1952, Mohammed Dib publie La grande maison, quelque part, en parcourant l'ouvrage, on peut lire, entre autres, ce passage :
«(…) Omar pensait au goût du pain dans sa bouche : le maître, près de lui, réimposait l'ordre. Une perpétuelle lutte soulevait la force animée et liquide de l'enfance contre la force statique et rectiligne de la discipline. M. Hassan ouvrit la leçon.
- La patrie est la terre des pères. Le pays où l'on est fixé depuis plusieurs générations.
Il s'étendit là-dessus, développa, expliqua. Les enfants, dont les velléités d'agitation avaient été fortement endiguées, enregistraient.
- La patrie n'est pas seulement le sol sur lequel on vit mais aussi l'ensemble de ses habitants et tout ce qui s'y trouve.
Impossible de penser tout le temps au pain. Omar laisserait sa part de demain à Veste- de- kaki. Veste - de- kaki était il compris dans la patrie? Puisque le maître disait…
Ce serait quand même drôle que Veste - de - kaki… Et sa mère, et Aouicha, et Mériem, et les habitants de Dar-Sbitar? Comptaient- ils tous dans la patrie? Hamid saraj aussi?
- Quand de l'extérieur viennent des étrangers qui prétendent être les maîtres, la patrie est en danger. Ces étrangers sont des ennemis contre lesquels toute la population doit défendre la patrie menacée. Il est alors question de guerre. Les habitants doivent défendre la patrie au prix de leur existence.
Que était son pays? Omar eut aimé que le maître le dit, pour savoir. Ou étaient ces méchants qui si déclaraient les maîtres? Quels étaient les ennemis de son pays, de sa patrie ? Omar n'osait pas ouvrir la bouche pour poser ces questions à cause du goût du pain.
- Ceux qui aiment particulièrement leur patrie et agissent pour son bien, dans on intérêt s'appellent des patriotes.
La voix du maître prenait des accents solennels qui faisaient résonner la salle.
Il allait et venait.
M. Hassan était il patriote? Hamid Saraj était- il patriote aussi? Comment se pouvait- il qu'ils le fussent tous les deux? Le maître était pour ainsi dire un notable; hamid saraj, un homme que la police recherchait souvent. Des deux, qui le patriote alors ? La question restait en suspens. (…)» (Mohammed Dib, La grande maison, Paris, Le Seuil, 1952 p 19-23).
Ainsi Mohammed Dib, combattait l'oppression coloniale bien avant la révolution de 1954, et une fois l'indépendance acquise, ne s'était point tu face à la bêtise humaine, ni qu'il a abdiqué, une fois installé ailleurs en exil : ses écrits ont simplement accédé à d'autres formes esthétiques de combat pour la dignité et liberté humaines , incluant une dimension universelle, comme indiqué ci-dessus., et aux dernières nouvelles, ce sont les départements littératures des universités américaines qui le redécouvrent avec émotion, non sans rappeler, à certains égards, à bien des esprits l'écrivain John Steinbeck des jours fastes, répercutant aux lointains la parole des humbles. Ceux -là mêmes qui, disséminés partout à travers le globe, se reconnaissent dans les jets de ces plumes si familières. Quoique trempées dans des encriers des quatre coins du monde. Mais désormais grand village, en fait, avec lequel Mohammed Dib avait été parmi les premiers à s'y accoutumer avec ses diversités. La preuve : il est lu aujourd'hui en plusieurs langues, et apprécié autant par les jeunes que les adultes de toutes contrées, figurant même dans plusieurs programmes d'enseignements. L'ex ministre Algérien de la culture avait raison : Mohammed Dib fait retentir le nom de l'Algérie mieux qu'un homme politique aguerri , et mieux encore, il a contribué à jeter tôt ces passerelles entre l'Orient et l'Occident, ou ce qu'on appelle aujourd'hui le dialogue des cultures et civilisations. Et c'est ça son Nobel, à lui, l'Algérien Mohammed Dib, dont rares peuvent se targuer de toucher le coeur des humains des diverses provinces du monde comme il le fait lui. Avec ses touches particulières et cette intensité saisissante que traduisent les mots innocents du petit Omar qui, depuis son berceau de Tlemcen aux tréteaux jouxtant la place publique de l'Unesco, est devenu bien grand, très grand même au point d'être considéré aujourd'hui, à juste titre comme un géant immortel de la littérature mondiale.
Le quotidien d'Oran du 25 mai 2009

