Le jour du 14 juillet …

… je vois passer le défilé.

Et je pense à ces jeunes hommes tués, mutilés, handicapés à vie, parce que des ordres imbéciles les "projettent" sur des "théâtres d’opération" lointains où la France n’a rien à faire.

Contre des "cibles" improbables qu’ils ne peuvent atteindre, dans des guerres qu’ils ne peuvent que perdre.

Des cibles que désignent aux politiques des "intellectuels" irresponsables, gonflés de leur importance et pratiquant le "devoir d’ingérence", de leurs brasseries favorites des beaux-quartiers.

Ces jeunes hommes — et femmes — qui croient "servir la France" et qui ne servent en réalité que les intérêts de l’Empire, des marchands d’armes et des banquiers.

Je sais : on me dira que ce sont-là des accidents du travail, comme tant d’autres dont on ne parle jamais et qui n’ont droit, eux, ni aux drapeaux, ni aux hommages empoisonnés.

C’est vrai.

N’empêche, pendant que défilent les impeccables formations devant nos Importants qui mourront tous très vieux, très riches et dans leur lit …

… je pense aux jeunes hommes qui sont morts et à ceux qui vont encore mourir.

Bernard Langlois